La tradition du bilan

Je me fiche de ne pas manger de dinde, j’aime pas ça, je me fiche de pas manger de bûche : si elle est pas glacée, j’aime pas ça non plus. Mais s’il est une tradition que j’adooooore et à laquelle je tiens, c’est celle du bilan (et celle des résolutions mais c’est pour lundi, hihi). Alors, 2013, ça a géré ?

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Et bien après le cataclysme 2011 et le pas vraiment mieux 2012, enfin, j’ai eu une année cool. Rah putain, ça fait du bien !! Cette année, je me suis retrouvée, une sensation de renaissance qui fait du bien au moral. Déjà, parlons boulot. J’ai enfin réglé mon problème de syndrome de l’imposteur. Oui, je n’ai pas fait d’études de marketing mais je suis douée, je pige vite. En un an, je suis devenue la reine des campagnes de pub Facebook et j’ai enfin trouvé ma voie, mon objectif. Ca, ce sera pour 2014 mais ça fait du bien de voir enfin la prochaine marche, de chercher à mettre en place une échelle pour l’atteindre. Enfin, mes qualités sont reconnues et louées. Une sorte de vengeance sur des expériences passées où j’ai été punie de pas avoir été élue par la Reine Mère, d’être tombée sur une manager qui ne fait rien à part chercher les responsables de sa propre incompétence ou encore une équipe où ça se passe entre couilles et, pas de bol, j’en ai pas. Ah et cette année, aussi, j’ai été félicité à plusieurs reprises pour ma grande organisation dans mon travail. Ahah, moi, organisée ? Et ben oui. Avec ma to do list, je suis devenue über performante. Comme quoi, rien n’est jamais définitif dans la vie, on peut changer.
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Bon, fin du chapitre boulot. Et les amours ? Mmmm, quelques rencontres sympas, de jolis moments mais rien de définitif. Des mecs bizarres aussi : un beau mythomane et je crois qu’un autre a essayé de me soutirer du fric mais rien de traumatisant non plus. Ca restera pour l’anecdote. Eventuellement, mon petit English one arrivé en fin d’année, je m’y attache un peu… Mais rien d’incroyable, je me suis bien amusée, merci.

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Côté activités annexes, je me suis inscrite nulle part finalement. J’avais des envies et puis finalement, en septembre, plus rien. Du coup, je passe ma vie à la piscine, j’y vais quand je peux/veux, c’est pas si mal. Cette année aura surtout été l’année de la déconvenue associative mais en fin de compte, ça se digère très bien. De toute façon, je repars avec mon ancien club de plongée en mai, on ne change pas une équipe qui gagne.

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Côté amitié, pas de changements, on reste sur les bons basiques. En même temps, c’est déjà pas toujours si simple de se voir donc c’est pas forcément la peine de chercher de nouveaux amis puis pourquoi faire ? Ah oui, si, j’ai ma théorie de jouer sur l’amitié pour trouver l’amour, à savoir : tu deviens pote avec une fille maquée dont le mec a plein de potes. Avec de la chance, parmi ses amis à lui, se trouve la perle rare… Mais bon, pffff, la flemme. Notons quand même que certaines personnes ont fait leur entrée dans ma vie grâce au boulot, des gens que j’apprécie énormément et qui rendent les déjeuners à la cantine plus savoureux. Non pas pour le contenu de l’assiette mais pour la teneur épicée de nos conversations.

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Mais surtout 2013, c’est l’année où je suis réellement devenue une super Tatie. Mon neveu et moi, on s’adore. Ma soeur m’en confie la garde de temps en temps, je le change, je le lave, je le nourris, je le couche, je joue avec. Quand il me voit, il est tout content et même que pendant les vacances, spontanément, il m’a fait un câlin alors qu’il en fait jamais. Ce petit bonhomme, c’est un concentré d’amour à haute dose et puis il est beau ! Mais vraiment, hein, tout le monde le dit, on dirait un bébé de la télé. Il est drôlement dégourdi aussi, il marche déjà (il a commencé pour ses un an), papote dur même si on comprend rien. Bon, du fait de sa grande mobilité, il fait pas mal de conneries aussi, ahem… Mais bon, c’est l’amour de ma vie.
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Et puis en 2013, j’ai arrêté de fumer et lu le livre le plus chiant de la planète (enfin, non, le 3e), preuve de ma volonté sans faille « quand je veux » et qui va me servir de base : je peux tout réussir puisque j’ai déjà réussi ça.
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Voilà, voilà. Une année bien remplie qui m’a permis de faire un peu la paix avec la « vie ». Non que je voulais me balancer par la fenêtre mais j’ai arrêté de soupirer en me demandant quelle serait la prochaine merde à me tomber dessus. Et puis après deux années de merde, je méritais une année à la cool. Maintenant, on va travailler pour que 2014 soit exceptionnelle avec les bonnes résolutions…

La liste de la fille qui sait pas trop ce qu’elle va raconter

En ce moment, c’est très métro-boulot-dodo chez moi. Alors du coup, je suis pas sûre que cette liste soit très longue…

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– Mardi soir, j’ai un rendez-vous très VIP dont je vous parlerai lundi. J’ai rendez-vous avec PinkLady et Vicky mais en arrivant au boulot, je ne trouve plus mon portable. Or Vicky étant en formation, elle n’a pas le net et je ne lui ai pas dit où on se retrouvait. Là, je commence à me maudire genre « je suis trop cooooooooooooooonne ». Alors que j’envisageais une pendaison avec mon string, j’entends une vibration dans mon sac. Vu que je n’étais sortie ni avec Kenya ni avec un vibro, ça ne pouvait être que… mon téléphone !! En fait, il s’était glissé dans mon chapeau pour la pluie. Du coup, moi qui étais d’humeur massacrante, me revoilà de bonne humeur.

– Dans la série boulet again, mercredi, je veux fermer le plateau du lecteur CD de mon pc et évidemment, je clique sur le bouton d’allumage… Qui sert aussi de bouton pour
l’éteindre. Ben, là, je me suis sentie très très blonde quand même.

– Cette semaine, j’ai l’impression que le métro a été le théâtre de beaucoup d’incidents voyageurs… Lundi matin, RER en retard à cause d’un incident voyageur (alors que moi,
j’étais en avance), mercredi et jeudi soir, trafic perturbé à cause d’un incident voyageur…Par contre, vendredi, je n’ai jamais su pourquoi il n’y avait ni train ni RER… J’espère quand même que c’est pas moi qui porte la poisse !

– Quand je suis saoule, je suis super bon public vu que le fait qu’une brochette de 3 nanas un peu pétées manquent de se casser la figure parce qu’elles n’ont pas vu la marche, ça
me fait marrer deux minutes non stop.

– Rêver qu’on s’occupe d’un bébé (mon cousin dans le rêve alors que mon cousin le plus jeune aura 20 ans cet été) et qu’en plus, je suis douée pour ça et que j’aime bien, ça veut
dire que cette counasse d’horloge biologique est en train de se réveiller ? Je tiens quand même à dire que le bébé en question était un téléphone portable avec la tête de bébé en fond d’écran et des bras qui m’attrapaient le doigt…

– Element croustillant de la semaine (attention, vous allez voir à quel point ma semaine a été passionnante) : le retour de semi-russe. Bon, je l’ai un peu bloqué sur MSN y a
2 ou 3 mois et je l’ai un peu oublié depuis. Du coup, lundi, SMS de sa part : « t’es libre ce soir ? ». Je rappelle que je l’ai pas vu depuis mai celui-là. Je lui explique que j’ai du boulot par-dessus la tête en ce moment et que je suis claquée et il me répond : « je te ramènerai pas tard ou si tu veux, tu pourras dormir ici ». Quel grand prince ! J’insiste sur le fait que je suis inopérationnelle mais il insiste : « non mais c’est juste pour boire un verre ! ». Il me prend donc pour une buse. Donc lundi, je lui dis non. Mardi, je reçois le texto « salut miss gros seins, t’es libre ce soir ? ». Faudrait que je l’épouse celui là. Bon, va falloir que je lui explique très officiellement que je veux plus le voir car j’ai pas répondu à ses derniers textos et le silence radio, c’est mal, même avec un connard.

– Je me suis fait plein de potes chez les développeurs donc la pause clope devient de plus en plus longue. Mais voilà, j’ai une drôle de réputation à base je suis la pro des
sextoys. Hu ?

– Vendredi, à propos de sextoys, je suis en train de taffer quand je me retrouve avec un vrai vibro rabbit sous le nez. Explications : souvenez-vous, le concours sextoys que j’ai fait y a deux ou trois semaines, c’était Sasha qui avait gagné. Or, Sasha est une de mes collègues qui méritait de gagner car elle a compté les comms à la mano (mais certains articles étant
passé hors ligne, elle n’a pas trouvé le chiffre exact mais vraiment pas loin) et je lui ai demandé de me montrer la bête car je croyais qu’il s’agissait d’un mini rabbit et elle a eu peur quand je lui ai dit que le sien était petit, elle se demandait ce que j’entendais par petit. En effet, 17.5 cm de long pour 4 cm de large, c’est pas petit !

– Finissons sur une note positive genre « des fois, je dis du mal de la Poste mais quand ils font un effort, je le reconnais ». Mercredi matin, je vais chercher mon fameux recommandé, les places pour le match de rugby. Sauf qu’en fait, il était sur le point de repartir et déjà dans le bac des retours. Ben, le guichetier, au lieu de m’envoyer bouler genre
« non mais trop tard, fallait passer avant », il a fouillé le bac pour me le récupérer en m’expliquant que je devais venir plus tôt la prochaine fois. Mais j’ai mes places, lalalère.
Merci M. le guichetier.

 

Voilà, semaine très calme mais vu que je dors tout le temps, forcément, il pouvait pas se passer grand-chose. D’ailleurs, là, ce week-end, j’ai décidé de ne faire que ça. Je visais
un 20h par jour mais rester que 4h debout, ça me paraît quand même pas beaucoup… Allez de la musique !

Le jour où je suis tombée

(mais j’ai fini par me relever)

Jeudi 22 mars. Une de ces journées tellement pourries qu’on aimerait pouvoir rembobiner le film pour pouvoir la revivre et changer le truc qui fait qu’on est tombée et qu’on s’est fait très mal. Tellement tombé qu’on n’a plus envie de se relever.

(c) Saro23

Mais que s’est-il passé ? La veille, j’ai eu un entretien d’embauche de type idyllique : très bonne entente avec le recruteur, on dépasse le simple cadre de l’entretien pour parler rugby et état de la France, le mec me fait passer en étape 2 m’expliquant que j’étais bien partie. Oh yeah. Le lendemain, étape 2, donc, je le sens mal : le poste est trop beau pour que je le décroche, un 4/5e payé 2000 euros brut. Je me prépare néanmoins, habillée, maquillée, parfumée, bijoutée, j’avale un petit café et hop, on s’en va. J’avais prévu 15 mn de battement. Déjà, le train a 10 mn de retard, je bous ! D’autant que ce train n’a JAMAIS de retard ou presque. Bon, le week-end, il arrive qu’il y en ait de supprimé mais jamais la semaine ! Bon, arrivée au RER, mon pied droit décide de tailler sa route tout seul, je le récupère au prix d’une torsion douloureuse de la cheville. Je me rends compte pour l’occasion que mon talon est cassé, c’est comme si j’avais collé une savonnette sous le pied, top. Clopin clopant, je monte dans le RER qui met bien sa plombe à arriver. Là, j’ai le choix : où je descends à une station, je prends le métro et je finis à pied mais 10 à 15 mn à pied avec ma cheville douloureuse, non. Donc je vais prendre le RER et ensuite, le bus. Sauf que sortie du RER, je pars pas dans le bon sens et quand je retrouve le bus, je dois encore l’attendre 10 bonnes mn. Oui parce que normalement, y en a toutes les 10 minutes mais en fait, c’est pas vrai… Bon, ben voilà, j’arrive à mon entretien avec 20 minutes de retard et une bonne grosse envie de pleurer. Je sauve les meubles en faisant un bon entretien mais 20 minutes de retard, c’est mort. On n’était plus que trois en finale et j’ai lamentablement ruiné mes chances. Même si c’est pas ma faute si les transports en commun ne respectent pas les horaires, je devrais savoir qu’il n’y a rien de moins fiable que la RATP. Enfin, même si nous n’étions que trois, ils n’ont même pas pris la peine de me rappeler, ça me rend dingue, ça ! Je les rappellerai aujourd’hui par acquis de conscience, j’ai pas eu le temps vendredi entre le train et la clinique mais vraiment, ils sont d’une incorrection ! (le job commence aujourd’hui ou demain donc bon…).

Bref, je rentre enfin chez moi (après un nouveau problème de train) et je pleure toutes les larmes de mon corps. Je suis désespérée, je n’y crois plus. On n’était plus que 3 ! Déjà que c’est pas facile de trouver du boulot, si en plus, la malchance s’y met, je m’en sortirai jamais. Je pleure, je pleure, ma sœur essaie de me remonter le moral mais j’ai qu’une envie : tout plaquer et rentrer dans mon pays. Celui où quand on part avec 15 mn d’avance, on arrive avec 15 mn d’avance. Non mais c’est vrai, c’est impossible d’être ponctuel dans cette fuckin’ capitale et j’ai pas non plus le temps de prendre une heure d’avance à chaque fois. Si on prend l’entretien bidon que j’ai eu y a 15 jours ou trois semaines, heureusement que je suis pas partie une heure plus tôt, j’aurais vraiment pété les plombs. Mais je m’en veux terriblement. Si seulement j’avais pas pris ce chemin là… Si j’avais pas perdu 5 minutes de plus à me perdre dans ses rues qui se ressemblent toutes. Je me déteste, mais à un point…

Jeudi, je suis tombée. Le nez dans la poussière, la déprime me plaquant les épaules au sol, j’ai plus envie de me relever. J’en ai marre de me battre, marre de nourrir d’illusions à longueur de temps. Car ma vie, c’est même pas qu’il ne se passe rien : toutes les semaines ou presque, j’ai des espoirs, des entretiens, des pistes à explorer, j’arrive loin dans la sélection mais à chaque fois, alors que je finis par croire, encore un nouvel échec. Moi, je suis pas en acier trempé, je peux plus supporter tout ça, j’en ai marre. Jeudi, j’avais envie de prendre mes verres et de les fracasser contre un mur, de les voir tomber en petits morceaux, juste pour me défouler. Mais y a que dans les films qu’ils tombent en poussière, en vrai, ça fait de gros morceaux. Tout le monde me dit que je suis douée, brillante, talentueuse. Mais franchement, qu’est-ce que j’en ai foutre ? Je veux un boulot, moi, juste ça, c’est quand même pas demander grand-chose. Quand je passe des entretiens, les recruteurs reconnaissent toujours mon talent et mes compétences mais c’est jamais moi qui suis prise à l’arrivée.

Alors j’avais plus envie. Je me suis traînée vendredi jusque dans le train et je suis rentrée chez mes parents. Allons voir la grand-mère à la clinique, histoire de bien finir de m’achever. Ô surprise, elle est devenue charmante, j’ai presque plaisir à aller la voir (petit bémol car y a plus sympa que l’hôpital quand même pour voir quelqu’un). En rentrant le soir, ô surprise again, un bonhomme veut me voir en entretien. Donc retour précipité sur Paris lundi. Espérons que cette fois-ci sera la bonne car, sincèrement, je commence à croire que je devrais choisir une autre voie. Mais vraiment.