Professeur Nina Bartoldi

J’en rêvais. A 33 ans, je pénétrais enfin dans l’arène, clé USB en main, le discours rodé. Le 17 octobre 2013, sur le tableau blanc d’une école de comm était inscrit « 13-14h / cours de social media management / professeur : N. Bartoldi ». Ça, c’est moi. J’ai failli prendre le tableau en photo. Voilà, le 17 octobre, professeur Nina Bartoldi était dans la place et c’était trop cool.

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Je ne cesse de vanter l’importance du réseau. Son absence a plombé ma première année et demie de « jeune diplômée » (ma période chômage donc), son existence m’ouvre toujours des portes. Par exemple en avril ou mai, par là, je recevais un mail de Jeanne, l’ex rédactrice en chef de TMF avec qui j’ai donc travaillé de 2007 à 2009, à peu près. Elle donne des cours dans une école de comm et cherche quelqu’un dans le community management pour évangéliser son chères têtes blondes (en vrai, ce sont des 5e année, j’ai à peine 10 ans de plus qu’eux). C’est naturellement qu’elle a pensé à moi même si, je dois l’avouer, j’étais bien moins bonne à l’époque que maintenant. Je parle sur le plan professionnel, bien entendu ! J’ai évolué, j’ai appris, j’ai grandi, j’ai pris du recul. Et justement, préparer un petit cours sur son métier permet de réfléchir un peu sur ce que l’on fait au quotidien. Pourquoi je vais quotidiennement sur Facebook parler au nom d’une marque, répondre à des gens qui viennent pour râler (ce qui me saoule puissance mille, ça, surtout quand on nage en pleine mauvaise foi). Pourquoi je fais de même sur Twitter, Youtube, Tumblr, Pinterest, Instagram, Google+, LinkedIn… C’est quoi mon métier et pourquoi c’est chouette des fois. Souvent.

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Je prépare donc mon petit Powerpoint histoire de pas débarquer les mains vides, j’attends Jeanne dans le couloir, en relisant trois ou quatre fois le fameux tableau. Des jeunes passent, d’autres sont installés dans un coin avec un laptop. Jeanne me récupère et m’amène dans les tréfonds de l’école, tout en haut, dans une petite pièce sous les toits où végètent trois élèves et demi. Bon, ayant été dans une promo de 12 lors de mon master de journalisme, je m’attendais pas à un amphi bourré à craquer mais bon… Il faut savoir commencer petit. Je doute que Rihanna ait débuté de suite dans un stade immense, par exemple. La comparaison avec Rihanna est audacieuse, là, non ? Bon breeeef ! Comme tous les élèves ne sont pas présents, on redescend au rez de chaussée chercher un café puis on remonte (3 étages, ça fait les fesses et les cuisses). Bon, il est temps de commencer. Mon petit coeur tape un peu mais ça va aller, respire par le nez, fillette, tout ira bien.

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Après quelques instants avec le souffle court, je prends mes aises. Je déroule ma prés, je réponds à une ou deux questions, tout va bien. Je repère un élève particulièrement intéressé par les réseaux sociaux, il me bombarde de questions en fin de présentation sur de nombreux réseaux sociaux comme Google+ ou Path, ce qui démontre une connaissance du sujet, un autre veut bien récupérer mon powerpoint que je trouve pourtant très trèèèèèèèèès basique. Trop même mais pour une présentation d’une heure, ça fait le job. Je reste debout tout le temps, je montre des choses sur mon powerpoint même si la projection est floue, j’occupe un peu l’espace, je me sens bien. En fait, je l’avoue : je kiffe. Une heure, ça passe bien trop vite…

Maintenant, j’ai envie de remettre ça pour devenir de plus en plus bonne professeure. Enseigner, ça me plaît bien parce que d’une part, ça permet de réfléchir trente secondes à ce que l’on fait au quotidien (j’ai pas super le temps de jouer les contemplatives en ce moment) mais surtout, ça fera peut-être naître quelques vocations. Non parce que le community management/social media management reste toujours le parent pauvre de la comm, le « oh ben tu vas pas étudier pour écrire des statuts Facebook quand même… ». Ben si. Même si les cours sont à réécrire au quotidien vu que nos chers réseaux sociaux changent les règles tous les deux jours et que la seule façon d’apprendre est finalement de tester et de valider ou non nos choix. Genre le hashtag sur Facebook, en fin de compte, c’était pas une si bonne idée que ça, ça ne sert qu’à baisser mon reach. Mais demain, qui sait… ? Et Google+, on n’est pas à l’abri que ça finisse par décoller un jour. Guettons.

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Quoi qu’il en soit, je rêvais de donner des cours depuis des années, c’est enfin fait et j’en fus fort satisfaite. Je vais envoyer un mail à mon ancien IEP pour voir s’ils voudraient pas que je vienne donner quelques cours…

La droite ou l’apprentissage de la rébellion

Je suis fascinée. En bien ou en mal, je ne suis pas sûre. Mais avez-vous seulement conscience de l’incroyable révolution que nous sommes en train de vivre. De mémoire de Nina, on n’avait jamais vu ça (mais ok, j’ai que 33 ans et je me souviens que peu de l’opposition au PACS, c’était peut-être aussi violent mais je crois pas). La droite découvre la révolution. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.

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Je n’ai pas aimé le débat sur le mariage gay, pas du tout. Ca m’a rendu allergique à l’expression des idées quelles qu’elles soient, voyez vous car quand je lis des vomis de haine sur des pauvres individus qui n’ont pour seul “tort” (j’insiste sur les guillemets) que d’aimer une personne du même sexe qu’eux, ça me donne plutôt envie de pleurer. En tant que Bisounours en chef, je croyais qu’on avait dépassé le stade de l’homophobie en général (je ne pouvais nier la survivance de quelques abrutis arriérés), que l’on ne considérait plus les gays et lesbiennes en fonction de leur orientation sexuelle mais qu’on les considérait comme des individus. J’ai du mal à comprendre qu’on puisse hiérarchiser les amours, qu’on trouve une union légitime et une autre non simplement en fonction du sexe des personnes concernées. Qu’on affirme qu’à priori, une personne sera forcément meilleur(e) père/mère de par ses préférences sexuelles. J’ai dû rater la découverte scientifique liant hétérosexualité et instinct paternel/maternel, sans doute. Bref, comprenez bien que les propos de cette droite estampillée “Manif pour tous”, “printemps français”(assez drôle quand on pense qu’il y a deux ans, ce terme était revendiqué par des indignés plutôt de gauche) et qui scande “on ne lâche rien”, me donnent la nausée. Mais à côté de ça, je ne peux m’empêcher de regarder les yeux grands ouverts leur apprentissage de la révolte et de la manifestation. Et comme tous les “convertis”, ils en font toujours trop.

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Traditionnellement, on associe la droite à l’ordre. Enfin, moi, en tout cas : les gens de droite que je connais ne manifestent pas. Les gens de gauche pas vraiment non plus remarque, je ne connais que peu de batteurs de pavés, maintenant que j’y pense… Ma tante m’avoua même un jour qu’elle avait manifesté comme une petite fille entraînée par les autres. Même si elle est de droite, elle est allée manifester pour protester contre les paroles indignes d’une élue UMP assimilant le mariage homo au mariage entre animaux. Oui, quand je vous dis que ce débat a généré beaucoup de propos classes et subtils… Bref, les gens de droite, c’est pas super leur truc de manifester. Lors du dernier gouvernement Jospin, les manifs étaient plus remplies de syndicalistes et de “gauchistes” que de fiers membres du RPR. Mais là, nos petits Charles-Henri et Marie-Bertille découvrent, héberlués, la révolte et ils y vont franco : provocation des forces de l’ordre, interpellations, dégradations des biens publics, appel à la violence. De vrais sauvageons, finalement.

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Evidemment, tout cela est très triste quant aux propos tenus, au déni de démocratie, aux parallèles historiques et géopolitiques plus que douteux (entre ceux qui hurlent à la dictature socialiste et qualifient un gosse de prisonnier politique et ceux qui se réjouissent que les militants d’Act up aient déjà le triangle rose pour les reconnaître plus vite), aux attaques physiques des plus minables fleurant bon le racisme et l’homophobie. Oui, faire défendre une loi élargissant le droit du mariage par une femme Noire, y en a qui ont eu beaucoup de mal. Les gens de droite qui se revendiquent de la manif pour tous, du printemps français, des veilleurs… apprennent dans la violence et la douleur ce que signifie être dans l’opposition, être la minorité parlementaire. Mais finalement, est-ce que ça ne démontre pas que l’opposition finit toujours par se réfugier dans l’agressivité et la bêtise la plus totale ? Pendant 15 ans, j’ai soufflé par le nez en lisant certains propos de mes amis de gauche sur la droite. Non que je ne tolère pas la critique, bien au contraire, mais la taille de Sarkozy ou l’identité de l’époux de Boutin ne sont et ne seront jamais un argument. Critiquer des projets de loi, des chiffres erronés, des distorsions des faits, oui. Balancer des Sarko facho (même si ça nous fait une jolie allitération) ou taguer des murs pour dire qu’on l’aime pas, non.  Quelque part, ça me rassure de voir que dans l’opposition quelle qu’elle soit, les réflexes sont souvent mauvais, qu’on se roule avec délectation dans la mauvaise foi, les non arguments, les propos délirants. La société change, la droite se rebelle. Bientôt, le gilet noué autour des épaules aura plus de sens que le béret étoilé de Che Guevarra. Ou pas !

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Peut-être qu’il ne peut y avoir d’intelligence dans un débat de société, au fond. Pas la plupart du temps, du moins.  Par contre, je rêve encore et toujours de balancer tous les petits cons qui gueulent au fascisme et à la dictature dans les pays reconnus pour leur manque total de liberté d’expression, histoire qu’ils prennent conscience des conneries qu’ils profèrent.

BFM TV, ils sont pro/anti mariage pour tous (choisis ton camp)

Sur la question du mariage pour tous, j’ai beaucoup lu, vu, entendu. Des choses qui m’ont fait du mal en tant qu’être humain, des choses plus belles, aussi. Mais au milieu du débat flottait l’éternelle question de l’objectivité des médias, notamment BFM TV. Alors que les pro mariages diffusaient en hurlant l’image d’un motard de la chaîne trimballant la Frigide Barjot, les anti dénonçaient la même chaîne comme un suppôt de Satan (aka Taubira et les pro). Ah woké.

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Si le débat commence déjà un peu à dater, bien que les Veilleurs veillent toujours Place Vendôme (amusant comme choix de lieu, ils ont pas choisi le pire…), je trouve cet exemple particulièrement intéressant. De la même façon, selon si vous demandez à mes parents ou moi l’orientation politique de David Pujadas, je le place à droite et eux à gauche. Je suppose que ça marche pour la quasi majorité des journalistes en fait. A gauche, je ne place qu’Elise Lucet suite à l’immense banane qu’elle avait le soir des élections présidentielles et Audrey Pulvar bien que je ne sois plus très sûre qu’elle soit encore journaliste… Bref, les journalistes sont tous suppôt de Satan, la définition de Satan variant selon votre propre camp politique.

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La vraie question est pourquoi ? L’idée de la neutralité journalistique a fait long feu, on admet tous, je pense, qu’un journaliste reste avant tout un être humain et qu’il a très vite fait d’angler un sujet pour le mener vers la direction qui lui parle le plus. Après tout, on choisit ses médias : si vous lisez le Figaro, faut pas s’étonner qu’ils soient à la limite de la mauvaise foi sur tout ce qui touche aux actions du gouvernement tandis que Libé va se régaler avec les récents déboires de l’UMP. Bref, je l’avoue sans honte, je choisis quand même des médias plutôt de gauche pour éviter de m’énerver en lisant quelques éditos qui me hérissent le poil. Même si parfois, ça me démange de piquer un des Valeurs Actuelles qui traînent au bureau et que personne ne lit jamais pour savoir… Mais j’ai peur de le balancer par la fenêtre au bout de 5 minutes et de faire peur à mon chat.

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On peut éventuellement se poser la question sur les chaînes télé d’infos en continu dont le principal travail est de mettre en image des dépêches AFP. De droite ou de gauche ? Pro ou anti mariage gay ? Je n’ai pas de réponses. Je veux dire, on peut sortir un fait pour prouve que la balance penche d’un côté ou de l’autre, je ne vois rien de si évident sans un examen approfondi. Ca pourrait être un sujet intéressant de mémoire, d’ailleurs (j’ai des idées de mémoire tous les deux jours, je pourrais faire trente masters d’info/comm). A dire vrai, sur ce sujet, je m’en fous, je ne compte ni défendre ni enfoncer BFM TV, surtout que je regarde que très peu. Mais cette semi hystérie autour de l’opinion d’une chaîne de télé info me fait surtout penser à une sorte de délire de persécution. On se bat pour une cause contre vents et marées, on reste debout face à la tempête. Les médias ont choisi le camp adverse mais nous ne céderons pas !

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Je ne me moque pas, je crois que c’est juste humain. Quand on croit à une cause, quand on s’engage, on est très réactif sur le sujet, parfois un peu à tort et à travers. Pour peu que la chaîne de télé donne un peu trop d’antenne (au goût du camp adverse) à l’un ou l’autre des acteurs du débat et on lui prête un parti pris. Quelqu’un a-t-il vraiment pris la peine de mesurer le temps de visibilité accordé à chacun des camps sur BFM TV ? Je n’ai rien vu de tel. Et ça m’intéresserait de le savoir au passage… C’est là qu’on se rend compte qu’Arrêt sur Images manque !

BFM TV, suppôt de Satan. Reste à savoir de quel diable on parle réellement (et I-télé alors ?).

Prends ta pilule et tais toi

Oui en ce moment, je suis un peu branchée contraception.

Petite discussion sur Twitter l’autre jour autour du stérilet, solution de plus en plus prisée par la femme du XXIe siècle. Moi, franchement, passé les 3 premiers mois un peu douloureux, je suis ravie. Pas de risque de mini moi et pas de gavage aux hormones, que demander de plus ? Ah oui : que les gynecos arrêtent de nous prendre pour des connes.

Le stérilet a certes quelques contre indications. Ceci étant, on devrait éviter de filer la pilule aux fumeuses mais ça, ça ne dérange pas trop les gynecos peu consciencieux. Mais les contre indications sont très peu nombreuses, ça me paraît même moins violent pour le corps que la pilule. Ce n’est qu’un bout de cuivre dans l’utérus, j’ai bien 2 vis dans le genou et c’est pas dérangeant… Alors comme je l’ai déjà dit, Gygy veut surtout pas mettre un stérilet sur une nullipare, des fois qu’une grossesse extra-utérine accidentelle nuise à notre fertilité. Oui enfin, c’est un risque minime, je le connais et je le prends, merci.

Le pire, c’est que la demande d’un stérilet semble passer chez certains gynecos pour un caprice. Oui, je réclame souvent à un thérapeute de m’implementer des bouts de cuivre par pure flemme d’avaler quotidiennement une pilule, je fais ma princesse. Car il semble que les effets secondaires de la pilule ne soient rien d’autre que psychosomatisation de notre part, exagération et mauvaise foi. À les entendre, les filles qui ne supportent pas la pilule n’existent pas et si je m’en plains, c’est donc que je mens.

Une négation de la douleur des femmes à grande échelle et tout ça pour quoi ? Intérêts pharmaceutiques ou duree de la consultation, je ne sais… Mais comment peut-on traiter de malade imaginaire ces femmes qui se plaignent de douleurs réelles ? Ça m’échappe… Et ça m’énerve. Non, nous ne sommes pas des chochottes capricieuses qui cherchons le confort à la première crampe utérine. Nous demandons juste à bénéficier de ce droit qui est notre de choisir un moyen de contraception qui nous convient et ne nous rend pas malade. Je comprends même pas que ça puisse être sujet de débat.

Le syndrome « Les petits mouchoirs »

Dimanche soir de Noel, mes parents m’ont proposé de voir « Les petits mouchoirs » film dont j’avais entendu de tout, surtout du bien mais je connaissais son potentiel émotionnel. A posteriori, le mater à trois jours de l’enterrement de ma mamie, je suis pas sûre que ce fut l’idée du siècle. Passons.

Je crois que j’ai encore été victime du fameux syndrome de « on m’en a trop parlé, j’ai finalement été déçue ». Je l’appellerai désormais le syndrome des petits mouchoirs. Ce film, j’avais bien envie de le voir et finalement, je n’ai quasi pas ri (sauf à la réplique : »prends un Lexomil avant d’aller embrasser tes enfants »). J’étais surtout occupée à me demander lequel j’avais envie de tuer en premier (en fait, je n ‘aurais sauvé que Magimel et Bonneton dans les personnages, les autres m’ineupportaient) et à admirer les paysages également. J’y achèterais bien une baraque par là-bas aussi. Je passerai sur l’hystérie des personnages en opposition aux provinciaux toujours si purs… Ouais bon, ok, j’ai pas aimé puis y avait trop de personnages, le grand dadais et sa Juliette ne servaient à rien, les guests se tapant Cotillard non plus. En fait, je déteste les films chorale, aucun personnage n’est creusé, tu comprends rien et je trouve le scénario de départ complètement bancal. Non mais sérieux qui partirait en vacances avec un pote à moitié mort à l’hosto ?

Mais revenons au syndrome des petits mouchoirs, celui là même qui m’a empêchée d’aller voir Intouchables et qui le fera boycotter Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus. Parce que je suis forcement sur un terrain défavorable pour recevoir ces productions : on m’en a dit trop de bien, je serai forcement déçue. Pire, j’ai tellement été saoulée par les commentaires dithyrambiques des uns et des autres que je cherche le moindre élément de critique. Attention, je ne serai pas de mauvaise foi non plus mais si j’aime pas, je vais tailler le truc à la tronçonneuse. Cf paragraphe précédent.

Je me demande toujours d’où viennent ces quasi unanimités ? Je veux dire comment se fait-ce que tout le monde ou presque ait adoré Les petits mouchoirs alors que je le trouve profondément mauvais ? Est-ce dans une sorte de mouvement général, de quasi hystérie collective qui entraîne ceux qui découvrent ce film au moment de sa sortie ne peuvent qu’être emportés par la vague, ceux qui ne suivent pas le mouvement ne sont que des pisse-froid snobs et un peu aigris ? Ou à l’inverse, les critiques dithyrambiques conduisent-elles ceux qui n’ont pas vu le film à s’en construire une représentation qui sera forcément loin du film qui paraîtra alors décevant ? Ceci étant, ça ne me donne pas envie de voir certains grands succès, de risque d’être inévitablement déçue.

Mais sinon, vous trouvez vraiment qu’un film sur une bande de copains qui commence par l’abandon de celui qui s’est fait démolir par un camion à l’hôpital est crédible ?

Engagement ou dissonance cognitive

Je vous parlais l’autre jour de la théorie de l’engagement qui me tient fort à cœur et qui permet d’expliquer certains comportements qui me dépassent. Mais depuis j’ai trouvé une explication encore mieux : la dissonance cognitive. Bon sang mais c’est bien sûr !

C’est en lisant cet article de Justine sur Madmoizelle que j’ai eu la révélation. Je vous résume : cet article comment un croyant réadapte ses croyances au fur et à mesure des faits pour marier la réalité et sa foi tout en annihilant les contradictions. Par exemple : je crois en la fin du monde à telle date, elle ne survient pas, je trouve une explication pour expliquer ce phénomène sans pour autant perdre la foi. Ceci est réalisé en toute inconscience, il ne s’agit en aucun cas de mauvaise foi.


Ainsi donc ce processus peut être appliqué à tout dans la vie. Je suis un peu la pro de la dissonance cognitive, je le confesse. Par exemple mes histoires de cycles Kitchin où l’un chassait l’autre. Ou quand un mec me plait, je trouve des signes comme quoi il pourrait etre un homme important dans ma vie amoureuse : il a le même prénom que mon ex (penser à trouver des petits copains à prénom rare), le même signe astro que mon ex (une chance sur 12, incroyable ! Oui en fait, j’ai aussi plusieurs ex donc ça finit par marcher pour presque tous les signes), il aime la même musique que moi, on a fréquenté le même resto avant de se connaitre, on était à la même soirée sans le savoir… Bref, je prends ce qui m’arrange et j’oublie ce qui ne rentre pas dans mon système magique. Du genre « il est pris », « il a 23 ans et tu peux même pas prétendre être une MILF », « il est gay ». A l’inverse, je peux me persuader qu’une chose n’arrivera pas car ça coïncide pas avec la période. Exemple : je ne pensais pas décrocher le job chez Pubilon car je passais les entretiens en février et la période faste est plutôt en avril. Quoi que vu le résultat (lexomil), ça marche un peu finalement.

Si je crois en bonnes ou mauvaises périodes en fonction de cycles divers et variés, ça marche aussi pour les mecs. Exemple type et je pense que vous allez vous reconnaître pour la plupart : mon mec ou assimilé part en vacances, par exemple. Pendant les premiers jours, je n’ai aucun texto qui me dirait à minima qu’il est en vie. Je commence à fulminer genre « oh mais quel connard, à peine il s’éloigne que déjà, il m’oublie, je le déteeeeeeeeeste! ». Quand soudain arrive le texto du type « je pense à toi, bisous » et là, vous planez à 100 000 au pays des Bisounours « hiiiiiiii, c’est donc qu’il m’aime! ». Hop en un texto, vous reprenez que ce qui vous arrange (le texto) en oubliant le reste (il a un peu omis de penser à vous les autres jours) pour renforcer votre croyance, en l’occurence son amour pour vous. Ca peut aller très loin, pour peu que le mec soit un peu manipulateur (« il m’a trompée mais il m’a dit qu’il m’aimait et c’est tout ce qui compte » « oui, il me fait pleurer 6 jours sur 7 mais le 7e jour, il me dit qu’il m’aime ! », « je dois assumer toutes les finances du couple avec mon seul salaire mais une fois par mois, il m’invite dans un beau resto, c’est si romantique ! », « Oui, c’est moi qui fait tout à la maison mais c’est parce qu’il est fatigué de m’aimer »), jusqu’à vous pousser à croire que quand il lève la main sur vous, c’est pour votre bien. Fascinant. Triste, effrayant mais fascinant.

Revenons en donc à l’interrogation de départ. Théorie de l’engagement ou dissonance cognitive ? Pour ma part, la différence entre les deux réside dans la prise de conscience de la situation. La théorie de l’engagement implique de poursuivre malgré tout alors que nous avons conscience de commettre une erreur mais il est trop tard pour reculer, ça signifierait perdre la face. A l’inverse, la dissonance cognitive implique une réinterprétation des faits inconsciente afin de se persuader que l’on a raison mais on ne doute pas. On croit. De ce point de vue, je suis pas une vraie victime de la dissonance cognitive car j’ai assez conscience que mes histoires de cycles et de signes de la vie sont pourris mais ils m’amusent et me rassurent un peu. C’est plutôt cool de penser qu’il va forcément m’arriver un truc cool prochainement parce que… surtout que je me réfugie pas dans la passivité pour autant. Ca permet de tenir quand tu traverses un Marasme qui n’en finit pas et que tu te dis que tout ça ne peut pas être vain et que quand reviendra le soleil, tu en savoureras le moindre rayon. C’est pas de la dissonance cognitive, c’est de la survie !

Je m’en foot plus du tout

Dans la vie, on change, on évolue. Par exemple, depuis que j’ai 30 ans, je prends des couleurs dès que je fais coucou au soleil, révolution. Mais surtout, depuis que j’ai 30 ans… Je regarde le foot. Un peu. Mais quand même, quelle évolution depuis le dernier Mondial.

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Bon, ok, mon soudain intérêt pour le foot est malsain, un besoin glauque de mater l’agonie en direct, celle de pas mal de bouffons surpayés et de leurs compagnons d’infortune. Celle d’un entraîneur qui préfère répondre aux questions sur les mauvaises performances de son équipe par un « ah, vous aimez le sang, vous, les journalistes ! » Ce en quoi il n’a pas tort, Aimé Jacquet est passé de paria à héros national en un Mondial. Domenech restera le sourcilleux qui demande sa fiancée en épousailles pour ne pas parler de la mauvaise performance des Bleus à l’Euro et qui ne serre pas la main de son adversaire parce qu’il a dit du mal de son équipe. Comme tout le monde…

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Alors on s’agite, on titre et surtitre sur les insultes d’Anelka, la taupe, Evra qui s’engueule avec un préparateur physique, la grève des joueurs, le jeu individuel de ce qu’on ne peut plus appeler une équipe. On saupoudre ça de propos limite racistes sur les clans de couleur, on déifie le petit Gourcuff qui est mignon, poli mais esseulé (et blanc). Bref, la France black blanc beur, on a bien zappé. Tout comme la réforme des retraites…

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Et pourtant, j’ai zieuté France Afrique du sud et de mon plein gré en plus. Et là, je me suis éclatée. Non à cause de la débâcle française mais grâce aux commentateurs. J’avais mon amour inconditionnel de ces professionnels de l’emphase, de la dramatisation, du parisianisme mais surtout, surtout, du retournage de veste. Parce que mardi, Larqué aurait mérité la médaille d’or olympique de la discipline. Quand il a vu les performances de son équipe, il a commencé à saluer les performances du goal Joseph et des joueurs dont Tshabalala (oui, j’ai retenu son nom parce que je le trouve magique), Pinard (pourquoi il joue pas en France, lui ?), Kiabi et je sais plus qui. A la fin, son léchage de cul pro-Bafana Bafana en devient limite gênant surtout qu’il fayote auprès d’Arsène Wenger qui aurait acheté un joueur Sud-Africain genre « mais quel bel achat Arsène, huhuhu ». En même temps, il tire à boulets rouges sur l’équipe de France qui est indigne de nous représenter et je ne sais plus quoi. Des fois, je me dis que je devrais enregistrer les commentateurs sportifs pour en faire une analyse de texte. Car Larqué a réagi en la matière comme le Français lambda, déçu de son équipe. Ce qui est à la limite légitime, on a vraiment été ridicule (mais faudrait pas oublier qu’il y a bien plus dramatique dans la vie…) mais quand même, il me semble qu’en temps que professionnel, le commentateur sportif se doit d’être objectif. Je sais, ahahah.

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Bref, je pourrais me désoler de la débâcle, mais en fait, je m’en fous. Il y a des défaites qui font du bien, je pense que si on pouvait dégonfler quelques chevilles (pas pratique pour courir) et quelques salaires, on ne s’en porterait que mieux mais au fond, peu importe. Je ne commenterai pas le racisme latent de toute cette histoire et le plaisir manifeste qu’ont certains à souligner que l’équipe est trop noire et que Gourcuff, il est mis de côté car il est blanc. Notons au passage que le principal anti-Gourcuff serait Ribéry, un mec très noir, donc. Bref, je préfère ne pas aborder ce chapitre là, hautement casse-gueule même si ça ne me laisse pas indifférente. Non moi, je ne garde que ce qui m’intéresse : les commentateurs sportifs. Rien que pour ça, j’ai envie de continuer à regarder, à noter toutes les preuves manifestes de subjectivité, les retournements de veste en triple lutz piqué, la mauvaise foi, tout
ça…

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(c) Guillaume de Trimtab, un gars qu’il est bien

Dans une prochaine vie, faudra que je sois commentateur sportif

Pour rigoler, une vidéo qui m’a bien fait rire.

Football Story (Parodie) – Les Missionnaires TV
envoyé par ltvprod. – Regardez plus de vidéos comiques.

Chroniques d’une râleuse

Par Ella Sykes

I) Entourage

Bien voilà, ça y est ! J’y suis ! J’ai le mal du pays. Oui ça devait bien arriver un jour où l’autre,n’est-ce pas ? À priori, je m’étais toujours dit que c’était encore un de ces maux totalement imaginaires que s’inventent les gens misérables incapables de gérer leurs émotions, à la recherched’un bouc-émissaire. Me voilà contrainte d’admettre le contraire.

En fait, il se passe tant de choses dans ma vie depuis que je suis arrivée, que je me fais l’impression d’être un second rôle dans une tragédie grecque. Je résume : au cours de ce programme universitaire dans lequel je suis inscrite, j’ai fait la connaissance de 5 filles. Je peux déclarer sans ambages que nous sommes devenues amies à force de travailler dur ensemble (suer collectivement nous a probablement rapproché ?) et plus proches encore suite aux nombreuses mines que nous nous sommes payées tous les samedis soirs dans différents bars de la ville au son des
groupes pop/rock plutôt nuls qui s’y produisaient (mais le vomi et les délires alcooliques aussi solidifient les relations entre humains ?).

Il y a donc une petite blonde aux cheveux longs cuivrés, plutôt rondelette mais terriblement sexy. On aurait envie de croquer dans sa peau tant elle est charmante. Elle s’habille toujours avec ce soupçon de classe et d’élégance empreinte d’humilité qui donne envie à celui qui la regarde, de l’embrasser fougueusement. Pourtant, elle est gênée par ses kilos supplémentaires, rêverait de maigrir pour choper tous les Jude Law de la planète, tout en n’ayant pas le courage ni la volonté nécessaires pour aller courir et acquérir le statut de sex symbol. C’est la fillette qui est
toujours de bonne humeur, toujours optimiste, toujours souriante et prompte à s’amuser. On s’imagine qu’elle est fondamentalement droite et honnête.

Puis, il y a une française amoureuse d’un québécois. Toute en finesse, elle a un sourire, une peau et une silhouette d’enfant qui ferait craquer n’importe lequel d’entre vous messieurs. Elle a acquis un accent qui se situe à mi-chemin entre l’accent québécois et français. Du coup, on aurait presque l’impression qu’elle parle comme une Belge. Dommage. Cependant, elle est brillante, douée et parfaite. Elle s’avance dans la vie avec un sérieux et une légèreté tranquilles, un respect des autres et une humilité qui frisent l’insoutenable. Elle est irréprochable.

Vient ensuite cette grande brune aux cheveux sombres magnifiques, un sourire tendre, des yeux rieurs et une silhouette sportive et énergique. Elle vit avec son petit ami et a tout de la jeune fille québécoise type, c’est-à-dire rangée à 23 ans, sûre d’elle et de ses projets futurs : un mariage, des enfants par douzaine, un bon job, et une maison dans un coin sympa histoire de pouvoir se réveiller avec le bruit des oiseaux en arrière fond et le soleil à portée de main. Elle est sans doute la personne la plus généreuse, honnête et gracieuse que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Il y a aussi une autre brune. Elle et moi c’est l’histoire des meilleures ennemies, un jour c’est l’amitié folle et les soirées délirantes à picoler, sortir, et rire. Et le lendemain, sans trop que l’on sache comment ni pourquoi, c’est la guerre froide. Elle me fait penser parfois à ma soeur : ombrageuse comme un cheval effrayé, peu sûr d’elle même mais en temps, qui rêve de tout exploser, de tout explorer et de tout conquérir. Elle aime les relations humaines et approche les autres avec une naïveté, une soif et un désir enviables. Elle tombe toujours sous le charme du
mauvais gars, en souffre, puis m’en veut lorsque je lui fais remarquer que les hommes sont des misérables petites choses non fiables.

Et enfin, il y a la rebelle du groupe. Elle me ressemble trop, nous réagissons de la même manière et ce, sur tous les sujets. Lorsqu’elle est triste ou en colère je sais toujours comment lui parler, car au fond, je m’adresse à elle comme si je me parlais à moi. Elle donne l’image d’une fille forte, inébranlable dans ses convictions, intouchable, insensible parfois, orgueilleuse, intransigeante alors qu’elle n’est qu’une petite fille qui a besoin d’être constamment rassurée. Elle est cependant irrésistible dans une certaine mesure. Et elle, là où elle a du bol, c’est qu’elle a trouvé le seul me sur terre capable de lui parler et de l’accepter comme il se doit. Je sais bien la plaie que ce genre de fille pourrait représenter pour un mec puisque je suis comme elle, Sauf que moi, je n’ai pas eu sa chance, et que je n’ai pour l’heure pas encore rencontré ce type extraordinaire qui aurait des couilles suffisamment monumentales pour me supporter et venir à
bout de ma mauvaise foi et de mon caractère imbuvable.

Je pourrais aussi mentionner l’existence d’un homme que j’ai l’occasion de rencontrer de temps à autre dans le cadre de mon stage. Il est professeur à l’université et je dois dire qu’il est parfaitement charmant. Mais ce qui tyrannise ma curiosité et excite mon intérêt est qu’il possède pas moins de 2 doctorats alors qu’il n’a que 31 ans. Oui, parce que ce qui me fait bander moi, ce sont les hommes brillants. Il est brun et s’habille comme les métrosexuels parisiens, chose plutôt rare dans une ville où tout le monde se contente de porter des baskets et des jeans et où sexy
pour une meuf équivaut à se ballader à moitié à poil dans un tee shirt à bretelles riquiqui et un short jean bariolé.

Tout ce joyeux petit monde anime ma petite vie depuis presqu’une année entière.

Évidemment, je passe sous silence le pote canon de mon colocataire et son sourire ravageur avec qui il pourrait bien se passer quelque chose s’il n’y avait pas cette échéance au bout du chemin. En octobre, il part 6 mois en Europe pour se retrouver seul avec lui-même comme il l’a si bien dit. Je passe encore sous silence l’affreux collègue de travail que je me tape. Oui, un gros tas de geek passionné de jeux de rôles médiévaux qui se prend pour le roi du pétrole et qui a décidé que le travail allait se partager comme lui il avait décidé. Et bien sûr, il a décidé d’en faire le moins
possible, oui parce que vous comprenez, un gros porc, ne peut pas trop faire d’efforts sinon il est épuisé le pauvre chou. Du coup, qui se tape le plus gros du boulot ? Allez quoi, un effort, merde !

Bah oui c’est moi, c’est Bibi !

La fine limite entre le cynisme et l’aigreur

Si je devais me comparer à un personnage de fiction, ce serait sans hésitation Miranda de Sex and the city : carriériste, décomplexée, directe et cynique. Sauf que parfois, force est de constater que le cynisme de Miranda a des odeurs un peu aigres parfois et que sous sa volonté de sarcasme se cache un vrai sujet de frustration. Mince, est-ce que c’est pareil pour moi ? Puis-je déjà être aigrie avant 30 ans ?


Prenons un cas : les amoureux qui se bécotent en public. Les réactions cyniques fusent toujours sur ce genre de comportements : « roh, mais non, ça devrait être interdit en public ! ». Mais souvent, être énervée face à un couple du genre n’est ni plus ni moins que de la jalousie et un rejet de notre propre célibat, voire solitude. Bon alors, concrètement, quand un couple s’embrasse, je réagis comment ? Bon, déjà, il faut que je les voie, ce qui élimine facilement 50% des cas vu que dans les lieux publics, j’ai souvent la tête dans les nuages. Pour le reste, tout est fonction de la situation : certains m’amusent car ils ont tatoué sur leur comportement « couple illégitime » (on les trouve généralement au fond d’un bar à se rouler des pelles à n’en plus finir). D’autres m’ énervent car un peu de décence n’a jamais nui à personne et que voir des amygdales de parfaits inconnus tâtés par des langues inquisitrices tandis que l’on sent une excitation des corps, bof. J’ai envie de dire, prenez une chambre. Mais par contre, ceux qui m’énervent le plus au monde, ce sont ceux qui s’embrassent en plein milieu du passage, ce plein milieu étant par exemple une entrée/sortie de station de métro. Qu’ils aiment se faire bousculer est une chose mais un individu statique au milieu d’une foule est toujours un boulet… Alors deux…


Autre cas intéressant : notre réaction quand un(e) ami(e) nous annonce triomphalement qu’enfin, ça y ‘est, il/elle est en couple. Si la première réaction est un « mais pourquoi elle ? Je suis quand même mieux », là ok, on se vautre dans l’aigreur la plus complète. Surtout si la fille en question est de l’acabit d’Halle Berry, non, on n’est pas mieux qu’elle (est-ce que tous les mecs fantasment sur Halle Berry ?). Si vous balancez un cynique : « c’est le début des emmerdements » cynique mais que vous le pensez, ce n’est pas bon non plus. Par contre, si vous dites ça pour taquiner votre amie car vous êtes sincèrement heureuse pour elle, c’est bon, vous restez du bon côté de la ligne.


Mais finalement, est-ce qu’être cynique, ce n’est pas marcher sur un filin et risquer de tomber dans l’aigreur justement ? Pour éviter l’aigreur, soyons Bisounours ? Non, je ne crois pas que ce soit le cas. Je pense d’abord que c’est une question de personnalité. La guimauve m’a toujours plus ou moins écoeurée alors que le cynisme, j’adore. Surtout quand il est clairement et volontairement mâtiné de mauvaise foi.  De plus, à trop croire en une vie idéale, la chute n’est-elle pas trop dure quand on ouvre les yeux et qu’on voit le monde tel qu’il est ? Ca me rappelle un épisode des Bisounours, justement, un des seuls que j’ai vus de toute ma vie car ma grand-mère avait la cassette vidéo. Ca se passait dans une ville où tout était en noir et blanc à part quelques enfants menacés eux aussi de la grisaille mais les bisounours remettaient de la couleur et tout allait mieux, youpi ! Ben voilà, là, c’est découvrir que la vie, c’est juste gris et qu’aucune peluche ne descendra du ciel pour corriger ça. Donc ouvrir les yeux sur ce monde sinistre ne risque-t-il pas de pousser notre ami guimauve dans les tréfonds de l’aigreur et de la frustration, là où aucun cynique n’a mis les pieds ?




Je ne sais pas. En attendant, va falloir que je fasse gaffe, une aigreur est vite arrivée

Touche pas cette capote, tu vas attraper le sida

Y a des fois, je me demande si je vis bien sur la même planète que les autres et si j’entends bien ce que j’entends. Je force peut-être un peu trop sur le coton tige, c’est pas possible autrement. Notre ami le Pape est en goguette, grand bien lui en fasse, mais voilà que soudain, il ouvre la bouche et dit : « l’utilisation du préservatif en Afrique ne règlera pas le problème du sida, il l’aggrave ». Allo ? Allo ? Y a un pilote dans l’avion ?

Alors il est certes vrai que l’abstinence, c’est le nec plus ultra de la prévention contre le SIDA. A condition bien sûr que l’abstinent n’ait pas l’idée saugrenue de naître d’une mère séropositive  ou d’aller se frotter à la seringue d’un autre. Les gens sont joueurs des fois. Ceci étant dit, la capote, ça reste quand même bien fiable même si parfois, ça se déchire et comme dirait ma blogueuse djeunz qui, hélas, n’écrit plus : « tu peux etre cool et sexy a la fois mais baizé c encore plus debile si tu suce c pire si tu te fais enculer alors la tu es dans une erde mais le pire dans tout sa c’est que si tu baize et que le preservatif éclate sa jte jure tu vas kiffé mais faudrait pas etre mére à 14,15,16,17;mais plutôt à18,19,20,21,22etc…. ». Voilà comme ça, ça restera sur ce blog à vie. Ceci étant dit, si on sait s’en servir, ça se déchire rarement (pour ma part, j’en compte deux sur je ne sais combien d’utilisées).

Vous allez me dire que le Pape, y a plus grand monde qui l’écoute et ceux qui le font pratiquent la virginité avant le mariage, tout ça. Non ben je ne suis pas d’accord. Je trouve dramatique qu’un homme médiatique tienne de tels propos, même si c’est essentiellement pour prêcher pour sa paroisse et qu’on sent bien la mauvaise foi. Deux jeux de mots dans une seule phrase, c’est violent. C’est dans ces moments là que je vomis la religion. Pas le fait de croire, ça, je dirais que ça ne me regarde pas et chacun sa spiritualité mais les dogmes. Déjà, y a un truc que je ne comprends pas. Comment un Dieu si miséricordieux nous impose-t-il des règles aussi drastiques, pour commencer ? Hein ? Bref, on n’est pas là pour avoir un débat théologique, ça importe peu dans cette histoire, au fond. Ce que je trouve gravissime, c’est le discours, la culpabilisation permanente du sexe (coucher, c’est le mal et tu seras puni, c’est comme ça et pas autrement). Evidemment que ce que dit le Pape ne m’empêchera pas de coucher avec capote (voire sans si je me mets en couple après le test adéquat mais ce n’est pas la question). Je ne donne pas foi à tout ce qu’il dit, surtout que mon catholicisme, je l’ai un peu oublié.

Mais quand même, un homme disposant d’une quelconque autorité peut-il réellement dire de telles sornettes ? Est-ce que ce n’est pas un crime de proférer une telle connerie monumentale ? Un homme politique aurait dit ça, il aurait été poussé rapidement vers la sortie (appelée « élections européennes »). Là, le Pape dit ça, les gens disent « ohlala, pas bien » mais le mec reste investi de son autorité. Mais au fond, y a quand même un truc qui me fait marrer (jaune) : on n’arrête pas de cracher sur l’Islam en la présentant comme une religion arriérée mais franchement, le christianisme, avec son « le préservatif aggrave l’épidémie du sida » ou « excommunions ceux qui ont avorté la petite fille de 9 ans enceinte suite aux viols répétés de son oncle », c’est pas mieux. C’est une honte, vraiment. Surtout que même si en France, on est un peu moins sous la coupe des religieux chrétiens, il n’en reste pas moins que dans de nombreux pays,  les dires du personnel religieux reste parole d’évangile. Et là, j’ai peur.

Conclusion : si vous n’avez pas envie de choisir la voie de l’abstinence (je ne vous en veux pas, moi-même, je ne le fais pas), les capotes, c’est le top.

Et on va lire cet article de Charles Mouloud sur le sujet. Je crois que j’aime de plus en plus Rue 89.