L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine de Ruwen Ogien

Je me pique parfois de philosophie, comme ça, pour le plaisir. Ainsi, j’aime errer dans les rayons dédiés de la FNAC, laissant mes yeux glisser sur les couvertures en quête d’un ouvrage qui me ravirait les neurones. C’est ainsi qu’en mai ou juin (peu importe), je tombe sur un livre au titre étrange “l’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine”. Etant dans une recherche perpétuelle de bonté humaine, je le pousse dans mon panier.

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Je ne vais pas jouer le suspense. Il FAUT lire ce livre. Je l’ai dévorée comme j’aurais avalé un délicieux croissant chaud au beurre sorti tout juste du four : avec plaisir et délectation. Ce livre pose la question des comportements humains au regard de la morale et de l’éthique : que doit-on faire ? De part cette question essentielle, au coeur notamment de l’oeuvre de Spinoza, nous nous retrouvons face à d’incroyables dilemmes qui feront les belles heures de vos dîners en ville. Ma mère a beaucoup réfléchi au dilemme du tramway que je lui ai raconté alors que je lisais ce livre lors de mes vacances à l’Ile de Ré (oui, je suis très en retard dans mes comptes rendus de livre, lalala). En voici quelques uns de fascinant :
– à propos du végétarisme : ne pas manger de viande pour protester contre le traitement inhumain des animaux, ok. Sauf que si nous devenons tous végétariens, que vont devenir les boeufs ? C’est vrai, ça sert à quoi un boeuf à part faire de la viande ? Peut-on militer pour la cause animale alors que nous risquons, de fait, de nuire à la diversité animale sachant que ces espèces ne pourront survivre hors domestication ?
– à propos de l’avortement. Principe de base : l’avortement est mal car le foetus est une vie autonome de celle de la mère sur laquelle elle n’a de fait aucun droit. Ogien nous propose alors l’exercice suivant : imaginez que vous vous réveilliez un beau matin recouverts d’appareils médicaux au bout desquels se trouve un brillant violoniste. Ce dernier est très malade et doit rester connecté à vous pendant 9 mois pour survivre. Trouvez-vous normal d’être ainsi appareillé pendant 9 mois pour sauver une autre vie sans pouvoir donner votre avis ?

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Ces dilemmes ne servent pas juste à poser des questions pas évidentes, ils démontrent que l’éthique chez l’homme n’est pas si logique et évidente que ça. Prenons par exemple le fameux dilemme du tramway qui a été décliné plusieurs fois depuis et qui fait limite office de philosophie à lui tout seul. Imaginez : un tramway fou est lancé, il arrive à une intersection : sur la voie principale, 5 ouvriers travaillent, ils n’entendent pas le tram arriver. Sur une voie annexe, seul un ouvrier travaille. Dériverez-vous le tram vers la voie annexe car mieux vaut un seul mort que 5. La plupart agiraient de la sorte. Par contre, le même dilemme : le tramway fou, 5 ouvriers. Vous êtes sur un pont et assistez à la scène. A côté de vous, un gros monsieur qui est penché pour regarder : si vous le poussez, il bloquera le tram : une vie contre 5. Là, personne ne veut pousser l’homme. Redéclinons cet exemple : en tuant un homme en bonne santé pour donner ses organes à 5 malades, vous sacrifiez une vie pour en sauver 5. Là, personne ne veut en entendre parler. Sauf si l’homme sain est un tueur en série, la question se pose différemment…

Bruxelles 406

Bref, le contexte influe sur la décision « morale » selon ce que l’on regarde. Sacrifier une vie, oui, mais comment ? Sauver tous les animaux en en sacrifier pour assurer la dignité à d’autres ? Ogien nous rajoute de nouveaux dilemmes et éléments dont un que j’adore par dessus tout :
– imaginez qu’on vienne vous voir et qu’on vous propose d’abandonner votre vie actuelle pour vous brancher sur une machine qui vous créérait l’illusion d’une vie parfaite. Accepteriez-vous ? La plupart des gens refusent. Par contre, si on vient vous voir demain pour vous expliquer que votre vie n’est qu’une fiction créée par une machine et qu’on vous propose de vous débrancher pour découvrir votre vraie vie, accepteriez-vous ? La pilule rouge ou la pilule bleue ? Là, la majorité refuse le débranchage. Ce n’est pas l’illusion ou non qui les dérange mais le changement.

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Enfin, les éléments extérieurs jouent naturellement sur la bonté, nous en revenons au titre. Selon des études sociologiques, une bonne odeur de croissant chaud rend les personnes exposées naturellement plus affables et de bonne humeur, plus enclines alors à aider leur prochain. Et ça, j’y crois à mort. Prenons une polémique qui date d’il y a 6 mois ou un an, je ne sais plus. La SNCF était accusée de vouloir diffuser de la musique classique dans les gare de banlieue car ça fait baisser la délinquance. Sous entendu, ça fait fuir les racailloux. Vraiment ? Personne n’a imaginé trente secondes que c’était surtout que ça apaisait un peu les âmes. Perso, rien ne me plaît plus que d’entendre des notes de piano s’élever gare St Lazare ou Gare de Lyon grâce aux pianos posés en libre service. Et je crois que je ne suis jamais passée sans que quelqu’un en joue.

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C’est ce qui est finalement fascinant dans ce livre, c’est qu’on réalise que la morale et l’éthique ne sont pas innés et que beaucoup d’éléments peuvent influer sur le comportement humain. Et comme c’est écrit simplement, c’est facile à comprendre.

Mais la vraie question, reste : vous auriez poussé le gros monsieur sur les rails du tram, vous ?`

Meurtrière !

Cette semaine, je me sens un peu d’humeur féministe donc je vais vous gratifier non pas d’un mais au moins de deux voire trois articles sur le sujet. Je suis comme ça, moi. Entamons donc cette dilogie/trilogie avec un sujet déjà évoqué par le passé mais apparemment, rien ne change : l’avortement.

Lundi, un compte intitulé “pro vie” quelque chose a débarqué sur Twitter. Je m’abstiendrai de vous le linker, pas besoin de faire de la pub à ce compte qui, rien que par son intitulé me débecte. Pro vie, ça veut dire quoi ? Qu’une femme qui choisit de ne pas poursuivre une grossesse est une anti vie ? Une meurtrière ? Tout noir, tout blanc, le gris est parti en vacances. Je vomis ce terme comme je vomis ceux qui refusent le droit de choisir, un droit voté il y a 40 ans mais qui peut vite se révéler compliqué à appliquer.

Je n’ai jamais avorté. Des amies, des membres de ma famille ont dû y avoir recours par contre et selon les cas, c’est pas toujours si simple. Les praticiens pratiquant l’avortement ne sont pas légion, les plannings familiaux ferment à tour de bras et je ne vous parlerai même pas de certains regards réprobateurs. Pourtant je ne peux qu’applaudir ces femmes qui ont eu le courage de ne pas faire naître un malheureux de plus. Quel enfant peut s’épanouir dans un contexte où il n’était pas désiré ? Je me dis que si demain, je tombe enceinte et que je donne vie à ce foetus, le pauvre gosse part avec un sacré handicap dans la vie. Même si le fait qu’il existe malgré les capotes et le stérilet fait que dès le départ, je l’appellerai Jésus. Je ne suis pas actuellement quelqu’un capable d’assumer et d’élever un enfant. Droit à la vie, super, mais droit au bonheur ?

En fait, ce que je trouve dramatique, c’est que 40 ans après, je me rends compte que ce droit reste toujours aussi discuté. Prenons le débat typique pro/ anti avortement. Le pro avortement se sentira toujours obligé de sortir un argument à base de “et si elle se fait violer et qu’elle tombe enceinte, tu trouves pas horrible qu’elle doive le garder ?” ou le moins extrême et tellement plus probable : “50% des femmes qui avortent le font car leur moyen de contraception était défaillant”. Ca, ok, c’est un fait. Sauf que j’ai envie de dire qu’on chercher à justifier un acte censé être légal, reconnu. Un droit. DROIT. On n’a pas à placer le choix de la femme dans un contexte particulier. Peu importe que l’avortante ait été violée, ait connu un problème de contraception ou n’avais juste aucune info sur la reproduction (ça arrive aussi), y a pas à légitimer. C’est son histoire, son choix, il n’y a pas à lui demander pourquoi elle a décidé ceci ou cela. Ca ne nous regarde pas.

La femme est seule maîtresse de son corps et de sa vie. Avoir un enfant implique une masse de responsabilités et nous ne nous sentons pas toujours à la hauteur pour les assumer. Moi, en tout cas, je ne me sens pas d’attaque et j’ai pas envie qu’un enfant souffre de mon immaturité sur ce point. Ce serait un choix raisonnable. Dieu Merci pour moi, Durex et Gudrun m’ont toujours protégée de cette éventualité. Mais si un jour, je choisissais de ne pas donner vie à cet amas de cellule dans mon ventre, je refuse de justifier quoi que ce soit. Ni les circonstances de cette grossesse accidentelle ni ma décision de ne pas la mener à terme. C’est mon histoire intime, la seule personne avec qui je devrai éventuellement en débattre c’est le géniteur.

Aujourd’hui, on légifère sur tout. Sur la reconnaissance de certains faits et on pénalise le fait de nier cette reconnaissance. Aujourd’hui, si je nie le génocide arménien, je suis condamnable. Par contre, si je fais la guerre à des femmes qui utilisent un droit qu’on leur a donné y a près de 40 ans, c’est complètement normal.

PS : Quand je vois les horreurs postés par les « pro vies », ces monceaux de désinformation dans google images quand tu tapes avortement, je me dis qu’il serait largement temps de légiférer sur le sujet.

PPS : Vu la mésaventure de la dernière fois, si un forum pro vie s’amuse à me linker comme un blog « anti vie » (oui, je suis une serial killer) et que tous ses membres viennent pourrir mes comms :  ceux-ci sont automatiquement modérés et je ne les publierai pas. On a le droit d’avoir son avis, je veux bien débattre mais à 100 contre une, c’est pas du débat, c’est de la propagande.

Touche pas cette capote, tu vas attraper le sida

Y a des fois, je me demande si je vis bien sur la même planète que les autres et si j’entends bien ce que j’entends. Je force peut-être un peu trop sur le coton tige, c’est pas possible autrement. Notre ami le Pape est en goguette, grand bien lui en fasse, mais voilà que soudain, il ouvre la bouche et dit : « l’utilisation du préservatif en Afrique ne règlera pas le problème du sida, il l’aggrave ». Allo ? Allo ? Y a un pilote dans l’avion ?

Alors il est certes vrai que l’abstinence, c’est le nec plus ultra de la prévention contre le SIDA. A condition bien sûr que l’abstinent n’ait pas l’idée saugrenue de naître d’une mère séropositive  ou d’aller se frotter à la seringue d’un autre. Les gens sont joueurs des fois. Ceci étant dit, la capote, ça reste quand même bien fiable même si parfois, ça se déchire et comme dirait ma blogueuse djeunz qui, hélas, n’écrit plus : « tu peux etre cool et sexy a la fois mais baizé c encore plus debile si tu suce c pire si tu te fais enculer alors la tu es dans une erde mais le pire dans tout sa c’est que si tu baize et que le preservatif éclate sa jte jure tu vas kiffé mais faudrait pas etre mére à 14,15,16,17;mais plutôt à18,19,20,21,22etc…. ». Voilà comme ça, ça restera sur ce blog à vie. Ceci étant dit, si on sait s’en servir, ça se déchire rarement (pour ma part, j’en compte deux sur je ne sais combien d’utilisées).

Vous allez me dire que le Pape, y a plus grand monde qui l’écoute et ceux qui le font pratiquent la virginité avant le mariage, tout ça. Non ben je ne suis pas d’accord. Je trouve dramatique qu’un homme médiatique tienne de tels propos, même si c’est essentiellement pour prêcher pour sa paroisse et qu’on sent bien la mauvaise foi. Deux jeux de mots dans une seule phrase, c’est violent. C’est dans ces moments là que je vomis la religion. Pas le fait de croire, ça, je dirais que ça ne me regarde pas et chacun sa spiritualité mais les dogmes. Déjà, y a un truc que je ne comprends pas. Comment un Dieu si miséricordieux nous impose-t-il des règles aussi drastiques, pour commencer ? Hein ? Bref, on n’est pas là pour avoir un débat théologique, ça importe peu dans cette histoire, au fond. Ce que je trouve gravissime, c’est le discours, la culpabilisation permanente du sexe (coucher, c’est le mal et tu seras puni, c’est comme ça et pas autrement). Evidemment que ce que dit le Pape ne m’empêchera pas de coucher avec capote (voire sans si je me mets en couple après le test adéquat mais ce n’est pas la question). Je ne donne pas foi à tout ce qu’il dit, surtout que mon catholicisme, je l’ai un peu oublié.

Mais quand même, un homme disposant d’une quelconque autorité peut-il réellement dire de telles sornettes ? Est-ce que ce n’est pas un crime de proférer une telle connerie monumentale ? Un homme politique aurait dit ça, il aurait été poussé rapidement vers la sortie (appelée « élections européennes »). Là, le Pape dit ça, les gens disent « ohlala, pas bien » mais le mec reste investi de son autorité. Mais au fond, y a quand même un truc qui me fait marrer (jaune) : on n’arrête pas de cracher sur l’Islam en la présentant comme une religion arriérée mais franchement, le christianisme, avec son « le préservatif aggrave l’épidémie du sida » ou « excommunions ceux qui ont avorté la petite fille de 9 ans enceinte suite aux viols répétés de son oncle », c’est pas mieux. C’est une honte, vraiment. Surtout que même si en France, on est un peu moins sous la coupe des religieux chrétiens, il n’en reste pas moins que dans de nombreux pays,  les dires du personnel religieux reste parole d’évangile. Et là, j’ai peur.

Conclusion : si vous n’avez pas envie de choisir la voie de l’abstinence (je ne vous en veux pas, moi-même, je ne le fais pas), les capotes, c’est le top.

Et on va lire cet article de Charles Mouloud sur le sujet. Je crois que j’aime de plus en plus Rue 89.

Obama va casser la baraque… ?

Commencer un article par un jeu de mot totalement vaseux et éculé, c’est un peu du suicide mais j’ai la forme, moi, en ce moment, je suis la reine du calembour niveau Grosses Têtes. Mais soyons sérieux, un peu, cette nuit, la face du monde va changer… veut-on nous faire croire.

Ce matin, mon réveil (réglé par erreur sur Nostalgie suite à un violent vol plané pré déménagement) sonne et un monsieur m’explique que ce soit, y a les élections américaines et qu’Obama a 10 points d’avance dans les sondages, ce qui semble le remplir de joie et d’allégresse. Le monsieur, pas Obama. Lui, il vient de perdre sa mamie. Imagine qu’il soit élu ce soir, on pourra dire que la vie est une garce quand même : elle te caresse et te griffe en même temps. Calembour nase plus philosophie à deux francs six sous, je vais perdre mes lecteurs, moi, va falloir que je parle cul en fin de semaine. Donc, voilà, la messe est dite, Obama va gagner et c’est tout. Après tout, le monde entier vote Obama, ils vont pas nous emmerder les Américains, vont pas voter pour le Vieux et la Catho intégriste au sourire Ultrabrite.


Evidemment, je ne vais pas dire que je serais plutôt pro McCain, ce serait un affreux mensonge. Mais même si Obama est élu, je crois qu’on s’emballe un peu trop sur le côté la face du monde va changer. Il est Noir ? Et alors ? D’abord, il ne l’est qu’à moitié mais surtout, je ne vois pas bien ce que c’est censé changer. Ca nous fait bien plaisir, on fait la liste des films et séries qui ont mis un Noir comme président et après ? Le fait qu’il soit Noir va-t-il lui permettre de régler la crise d’un claquement de doigts et d’un pas de danse. Comme il est Noir, il va rapatrier les soldats en Irak d’une pirouette ? L’Irak, tiens, parlons en. Pensez-vous réellement que les Américains peuvent se barrer maintenant, comme ça ? On vient, on destitue un dictateur sous de faux prétextes, on met le pays à feu et à sang et on va voir ailleurs si on y est ? Cette guerre, j’étais contre mais maintenant, faudrait voir à assumer les conneries. Un peu comme en Afghanistan aussi, puisqu’on en parle…

Bref, un Démocrate, ça nous changera d’un Républicain, c’est sûr et certain, certaines trajectoires seront déviées, certaines choses seront faites différemment mais même si Obama est effectivement élu, faut arrêter de rêver que tout sera rose. Y en a qui ont voté Sarkozy en espérant qu’il changerait le visage de la France, je nous trouve guère avancés. La crise aurait eu lieu quoi qu’il arrive, ok, mais on est loin de l’Homme providentiel. Donc calmons nous un peu sur nos délires de changement du monde. Et ce qui me ferait plaisir, aussi, c’est que les Français se passionnent autant pour leur démocratie que pour celle de leurs voisins. Je crois que si on avait la possibilité de voter pour les élections américaines, la participation serait plus forte que pour nos élections présidentielles à nous alors qu’on ne s’intéresse qu’à des détails des programmes de nos candidats américains. Ah, les Républicains, ils aiment pas trop
l’avortement, bouh ! Obama veut partir d’Irak, ouéééé ! Ce qui concerne l’économie, le système social, les logements, la pauvreté, l’éducation, l’écologie… on s’en fout un peu, hein.
Puis Obama, il est Noir, ouéééééééé !

Et si Obama est élu, j’entends déjà les gens qui vont dire : « Ouais, les Américains, ils ont élu un Black, c’est pas chez nous que ça arriverait ». Ouais, merci, aucun rapport. D’abord, Obama, il est métis (je le rappelle) et c’est quand même pas un Noir du Bronx non plus. Il a fait de hautes études, vient d’un milieu aisé, sa couleur n’est pas un réel critère. Finalement, on verra cette nuit (ou demain) si Obama a été victime de l’effet Bradley (différence entre les intentions de vote dans les sondages et vote réel du fait de la couleur du candidat. Cf article sur wikipedia, vous aurez tous les détails) ou non. Mais s’il est élu, qu’il soit Noir ou Blanc, franchement, ça ne changera pas le principal. A savoir qu’on est mondialement dans la merde.

Et une petite caricature bien marrante de Martin Widberg, au passage.

Ce moment si glamour après l’amour

Spécial kass-dédi au Kinder de Summer qui m’a fait l’illustration de cet article et l’a d’ailleurs inspiré.

Le sexe, tout le monde aime ça (ou presque), deux corps qui s’emboîtent l’un dans l’autre, que la nature est bien faite. Seulement, de nos jours, on pratique le safe sex et qui dit safe sex dit capote et on a connu franchement plus glamour. Mais une MST l’étant encore moins, on ne fait pas l’impasse. Donc monsieur jouit et éjacule dans un grand aaaaaaaaaaarghhhh
libérateur et voilà, les corps s’apaisent et là, l’instant magique retombe à plat. Parce que le bout de plastique, là, il pend et il faudra bien l’enlever.

 

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Il y a fort longtemps, avant que Kinder ne soit Kinder (je parle du jeune homme, pas du chocolat), il avait eu une idée : pourquoi ne pas recycler les œufs de Kinder en
réceptacle à capote usagée : juste à côté du lit, ça évite les déplacements. Je croyais donc que ça venait de là son surnom mais j’ai appris que non. J’avais trouvé l’idée marrante car en effet, rien ne brise plus la magie post coïtale de la capote. D’abord, à peine monsieur a-t-il joui qu’il se retire, des fois que la capote préfère rester en moi que sur lui. Ca m’est arrivé, une fois. M’étant levée précipitamment après le coït car Kenya faisait des bêtises, je me retrouve avec un étrange liquide sur les cuisses. Merde, ça sort d’où ? Et c’est quoi ce bout de plastique qui dépasse là ? Ah ok, j’ai embarqué la capote. Je m’excuse platement de ce passage totalement anti glam. Bref, monsieur se dépêche de sortir et se retrouve avec un bout de plastique visqueux au bout du pénis, je peux concevoir qu’il ait pas trop envie de garder ça. Dans mon appartement, il y a deux poubelles : dans le coin cuisine et dans la salle de bain. Même si je vis dans 27m², aucune poubelle à côté de mon lit, donc le monsieur est obligé de se lever pour la jeter. Oui parce que le côté capote usagée sur moquette, c’est encore pire, je crois. Donc monsieur se lève et jette sa capote. Et quand il revient, la magie est un peu brisée.

Il est vrai que des fois, je me prends à rêver d’être en couple juste pour pouvoir passer les tests VIH et ciao le préservatif. Non parce que j’aime pas que le mec se retire juste après mais surtout, la séparation des corps est désagréable à mon sens. Pour moi, le post-coït (et encore plus le post-orgasme) est un moment de plénitude que j’aime savourer pleinement.
J’aime sentir nos cœurs et nos souffles reprendre des rythmes normaux, ce silence car il n’y a rien à dire, cette plénitude béate, les palpitations erratiques de notre corps qui vient de subir une émotion violente mais si bonne. Alors oui, je n’aime pas qu’il se retire, je n’aime pas que nos peaux se séparent. Bien sûr, ça m’évite de choper des saletés ou de subir un avortement tous les 3 mois (ou de me déglinguer à la pilule du lendemain) mais bon.

Alors, Kinder n’avait pas une mauvaise idée en essayant de pallier à ce problème même si les œufs Kinder, c’est un peu petit et en plus, j’ai pas mangé de Kinder Surprise depuis chais même pas quand. Les Ra7or s’étaient demandé y a quelques temps où cacher ses capotes (moi, j’ai une boite sous le lit, très pratique), moi, je me demande comment s’en débarrasser sans être obligé de quitter le nid de nos ébats ou de l’abandonner négligemment sur la table de nuit (beurk) en attendant. Alors certains me diront : une mini poubelle à côté du lit. Ah, comme je vous ai niqué vos commentaires, là ! Oui, ce serait un petit investissement utile. Mais attention, à vider très régulièrement… surtout en période de multi amants ou one shots, je ne pense pas qu’un monsieur apprécierait de trouver dans ma poubelle de lit une capote ne l’ayant pas orné.

Faut-il assumer ses opinions politiques ?

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, commençons par un petit message à caractère politique : nous sommes le 22 avril, c’est le 1er tour des élections présidentielles donc bouge ton cul et va voter. Maintenant que j’ai fait ma petite mission civique, parlons politique mais pas des élections. Non, je ne ferai pas de prosélytisme pour ma candidate parce que votez pour qui vous voulez.

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Mercredi, au boulot, on s’est amusés à voter. Vendredi midi, on en reparle avec Kevin et Gwenaëlle qui n’étaient pas là quand on a fait l’élection et avec eux, on se retrouve avec 5 Sarko, 4 Royal et 4 Bayrou. Bon du coup, on sait pas comment ça marche là. A un moment, je dis que moi, j’ai voté Royal et les deux inséparable Rémi et Sébastien me regardent avec des yeux ronds : « t’as pas voté Bayrou, toi ? Merde,on s’est plantés dans nos estimations mais le prend pas mal, hein, on te connaît pas ! ». Je rigole et leur fais remarquer que je sais qui a voté quoi autour de la table. Rémi me met au défi de trouver son vote mais c’est pas bien dur, je l’ai classé, à raison, Royal. De là, il me fait : « de toute façon, j’assume totalement mes opinions politiques, je vois pas pourquoi je le cacherais ! Moi, ça me dépasse qu’on fasse des secrets autour de ça ».

Rémi a-t-il raison ? Pour ma part, je suis en partie d’accord avec lui, je m’explique. Je n’ai jamais caché mes opinions politiques, vous les connaissez, je l’ai encore dit dans le paragraphe précédent. Evidemment, moi, je vote politiquement correct, y a pas grande honte à voter PS. En 2002, j’ai voté extrémiste au 1er tour mais j’étais dans une fac anar donc c’était une normalité quelque part. Là, le Nouvel Obs m’a expliqué que, moi, j’étais une traumatisée du 21 avril, c’est pour ça que je voterai Ségo. En fait, moi, je voterai pour elle juste parce que son programme, assez réaliste, me plaît bien alors tant pis si, elle, elle m’a beaucoup déçue et pas que pendant la campagne. Enfin, grâce à Kevin, je sais qui elle se tape, Ségo, huhuhu. Ca changera pas mon vote, je vous rassure. Donc selon notre vote, c’est facile à assumer ou pas. C’est selon le milieu social que l’on fréquente aussi. Ainsi, en 2002, assise sur la pelouse de ma
fac anar, je discutais avec des amis disposant d’un droit de vote et ça donnait (en gros) :

« Moi, j’ai hésité entre Laguiller et Besancenot, j’ai choisi Besancenot, finalement.

– Moi aussi !
– Oh, moi aussi ! ».

Voilà. Aujourd’hui, je sais que ces deux personnes voteront comme moi. Est-ce parce qu’on est sortis de ce milieu extrémiste ou est-ce parce qu’on a grandi ? Par contre, dans ce même milieu, ça aurait été la lose intégrale de voter Chirac. Si j’avais eu un tel votre, l’aurais-je assumé ou me serais-je fondu dans la masse ? Aurais-je invoqué mon droit à ne pas dire pour qui je vote ? Je sais pas…

Quelles sont les raisons de cacher pour qui on vote ? Par peur de détonner, je l’ai déjà dit. De façon toute personnelle, je trouve que se conformer à un modèle de normalité après l’adolescence, c’est ridicule. Si on me reproche mes opinions politiques, autant laisser tomber surtout que je suis pas du genre militante. Sinon, je pense que dans certains milieux, il n’est pas forcément bien vu de se prononcer sur le sujet. Moi, dans ma boîte, on est moite-moite et tout le monde s’en fout. Mais ma sœur m’expliquait qu’elle, au boulot, elle avait du mal à assumer son sarkozysme (ce qui, quand on la connaît, est loin d’être une révélation). De la même façon, il semble que ma mère ne la ramène pas à son boulot puisque des rumeurs circulent comme quoi elle serait communiste. J’avoue que ça me fait toujours rire quand elle me dit ça. Ma mère communiste, c’est comme si on disait de moi que je faisais 1m80 ! Mais bon, voilà, déjà, ma mère, elle est la femme du docteur et ça passe pas avec tout le monde donc crier haut et fort ses opinions extrémistes (mais pas à gauche, à mon plus grand regret), ça l’aiderait pas à récolter de bonnes opinions.

Enfin, il y a le vote honte, souvent celui assimilé à Le Pen, ce qu’il fait qu’il se retrouve toujours à 10-12% dans les sondages et se retrouve à 18 le jour du scrutin. Là, j’avoue que ça me dépasse un peu. Si ces gens n’assument pas leur vote, c’est que, quelque part, ils ont conscience que c’est « mal ». Non parce que sans faire de manichéisme politique, voter Le Pen, c’est revenir 40 ans en arrière et je pense que si les gens qui votent pour lui se rendaient compte que ça voulait aussi dire suppression de l’euro pour revenir au franc et interdiction de l’avortement (entre autres), ils y penseraient peut-être à deux fois avant de glisser leur bulletin dans l’urne. Donc si ces gens ont honte de leur choix, pourquoi ils votent ça ? Je suis dépassée, là…

Bref, il est toujours plus facile d’assumer son vote selon le milieu où on évolue. Quoi qu’il en soit, que vous assumiez publiquement votre choix ou pas, merci d’aller voter. Moi, je suis contente, le bureau est à 15m de chez moi, je pourrais presque y aller en pantoufles, huhuhu !

PS : Ouais, je suis chiante avec mes huhuhu mais au boulot, un de mes persos rigole comme ça.

Pour qui avez-vous voté?
Pour qui avez vous voté?

Royal

Sarkozy

Bayrou

Le Pen

Besancenot

Buffet

Voynet

Bové

De Villiers

Nihous/Schivardi (pas assez de choix, sorry)

Résultats

Vous reprendrez un peu de féminisme ?

Bon, aujourd’hui, j’ai pas envie de parler sexe ou amour. Pas du tout parce que je suis frustrée ou aigrie, juste qu’il faut savoir varier les plaisirs quand même. Une récente conversation avec un ami a dérivé sur le féminisme, je me dis qu’il est temps d’aborder ce sujet.

 

En tant que femme libérée des années 2000, je me dois d’être féministe. Mais quand je vois les hystériques des chiennes de garde, j’avoue que je ne suis pas très emballée… Ouais, certaines pubs sont sexistes mais y a quand même des sujets plus graves à traiter en priorité. J’ai parfois l’impression que nos chiennes se contentent de couper les branches mortes plutôt que de soigner l’arbre. Ces combats sont hyper médiatiques, c’est sûr qu’interdire une pub Babette (je la lie et je la fouette), ça fait du bruit. Mais bon, ces bonnes femmes se penchent-elles sur des problèmes plus graves comme les femmes battues ou les pauvres gamines dans les cités qui se mettent à porter le voile pour pas être emmerdées par les garçons. Pour ça, y a « ni putes, ni soumises », mouvement né dans la cité, Dieu merci.

 

Dans les années 60 et 70, la cause féminine a été défendue par le MLF, « Mouvement de Libération des Femmes » dont on a pu mesurer la réussite : légalisation de la
pilule et de l’avortement, criminalisation du viol… Donc un bilan positif. Mais les méthodes ne sont-elles pas discutables ? Lors d’une conférence d’un médecin anti-avortement, elles avaient
débarqué dans la salle et lui avaient jeté de la viande à la figure pour représenter des fœtus. Pas très fin… Ceci étant, si on regarde en arrière, toutes les grandes causes n’ont pas toujours
fait dans la dentelle. Personnellement, je ne me permettrai pas de remettre en cause leurs méthodes puisque j’étais pas née et rien n’indique que je n’aurais pas applaudi des deux mains ce genre
d’agissements à l’époque. Mais ce qui me dérange dans le féminisme de la vieille école (dans lesquelles je range les chiennes de garde), c’est que pour obtenir des droits pour les femmes, on se
bat contre les hommes. Eradiquons le dictateur phallocrate ! Il est évident que le combat féministe se fait contre une société machiste et il y a encore beaucoup à faire. Ceci étant, au lieu
de mettre en place une guerre des sexes systématique et stérile, pourquoi ne pas tendre la main aux hommes ? De nombreux hommes sont préoccupés par la cause féministe et veulent faire
changer les choses comme nous. Pourquoi les foutre en dehors du coup sous prétexte qu’ils ont un pénis entre les jambes ? « Ni putes ni soumises » l’a bien compris mais le problème
de ce mouvement, c’est qu’on le cantonne aux cités. Or les problèmes que le mouvement souligne dépasse le simple contexte de cité.

 

Car c’est pas toujours facile d’être une femme aujourd’hui. Bon, en France, on n’est pas les plus mal loties mais c’est pas une raison pour ne rien faire. Bon, sans parler du côté pénible du « je peux pas mettre une jupe sans le faire emmerder », il y a quand même un sacré problème sur le marché de l’emploi. Outre la question des salaires, il y a une vraie discrimination à l’embauche. Au début de l’été, je déjeunais avec Simon, le président de l’asso, et Gabrielle, une attachée de presse qui bosse avec nous. Gabrielle a 30 ans, mariée depuis peu. Et là, elle m’explique qu’elle a eu beaucoup de mal à trouver du boulot car pré-trentenaire et jeune mariée, les recruteurs prenaient peur : celle-là, elle va faire un bébé ! Elle a même fini par remplacer le « mariée » par « célibataire » sur son CV pour trouver un emploi. Et là, j’ai peur car je vais bientôt rentrer dans la zone fatidique des 27-30 ans où on n’embauche pas de femmes de peur d’une grossesse. Je veux pas dire mais c’est pas parce que je suis en âge de me reproduire que je vais le faire ! Par ailleurs, le congé parental, c’est plus forcément la mère qui le prend. Enfin, qu’est-ce que c’est que ce procès d’intention ? Comme je disais à l’ami avec qui j’en parlais l’autre jour : « est-ce qu’on refuse d’embaucher un automobiliste car il risque de mourir dans un accident ? ». Ouais, j’assume mes comparaisons pourries. C’est quand même hallucinant aujourd’hui que dans une société où on a tous les outils pour maîtriser notre fertilité, on nous colle encore dans le rôle traditionnel de la maternité.

 

Et pourtant. L’autre jour, je lisais « Génération 69 » qui consacre un paragraphe au féminisme, justement, et qui rapportait le témoignage d’une jeune femme qui avait quitté le MLF car elle désirait avoir un enfant et que ses copines la regardaient avec dédain : un enfant ? Beurk ! Alors outre le rejet des hommes, le féminisme doit aussi faire fi de nos envies personnelles ? Ce n’est pas parce que je suis une femme que je veux forcément un enfant. Mais ce n’est pas parce que je suis une féministe que je n’en veux pas. Parce que le côté féministe « je rejette tout ce qu’il y a de féminin en moi », je trouve ça un peu ridicule. Le but n’est pas de nier notre statut de femme mais de promouvoir notre place dans la société ! Alors après, je pourrais refuser de m’épiler pour ne pas obéir aux canons de beauté imposés par la société (comprenez, les hommes) mais moi, je trouve mes jambes plus jolies sans poil. Je me souviens d’un cours de sociologie des femmes quand j’étais en licence, une hystérique expliquait fermement qu’elle refusait de repasser les affaires de son mec et de faire la cuisine, suivant ses idéaux féministes. Ben, moi, c’est con, mais cuisiner un petit plat pour mon chéri, ça me fait plaisir. Ca veut pas dire que ça doit être à moi de le faire systématiquement mais cuisiner (et réussir) un plat pour deux, je trouve ça assez agréable.

 

Bref, quand je vois certains combats d’arrière-garde, je comprends que certaines (et certains) ont du mal à se définir comme féministes. Car après tout, le combat ne devrait-il pas permettre à toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur milieu social, de pouvoir vivre normalement et d’avoir les mêmes droits que les hommes ? Si, évidemment. Mais y a des jours où c’est pas évident. Mon féminisme à moi, c’est juste de pouvoir faire ce que je veux sans être gênée parce que j’ai un vagin. Et si un jour je veux un enfant, qu’on me laisse faire.

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La guerre des sexes

Par Gauthier

Nina nous a pondu hier un très bel article sur les méandres de la psychologie masculine. C’est de bonne guerre. Elle conclut par ceci « parce que, finalement, ce que l’on prend pour une incompatibilité entre les sexes n’est ni plus ni moins que deux personnalités différentes qui se rencontrent ». Et bien moi je dis non ! Pourquoi ? Mais je m’en vais vous l’expliquer. Avant de commencer, je rappelle que je n’ai aucun diplôme de psychologie et que tout ceci est uniquement la conséquence de mon vécu et de mon ressenti.


Passons outre le fait que naturellement deux personnes qui se rencontrent ont du mal à se comprendre. Il faut passer par un long travail d’apprentissage de l’autre, je suis entièrement d’accord avec cette affirmation. Bien entendu ça ne vient pas uniquement de la différence de sexe, j’ai du mal à comprendre les hommes, alors que je suis pénissalement équipé (oh il me plait ce néologisme !!!!). Mais revenons à nos moutons.

L’homme a changé, pour plusieurs raisons, mais surtout parce que la femme a changé avant lui. Je suis un féministe convaincu, par moment je suis plus féministe que les femmes. Certaines de mes amies me hérissent le poil quand elles me disent « c’est une salope, elle couche avec tout le monde », moi aussi je couche avec tout le monde, « mais toi c’est pas pareil t’es un mec ! ». ET ALORS ???? Oui bon je me bats à mon niveau pour faire avancer les choses, même si je suis d’accord avec vous, ça semble plutôt futile…

Aujourd’hui les femmes travaillent, sans l’accord de leur mari (et seulement depuis 1967 ou 1969, là j’ai un trou, j’avoue), elles peuvent avorter, elles élèvent seules des enfants, elle sont carriéristes, elles peuvent même se présenter à l’élection présidentielle en étant crédible (n’est ce pas Madame Royal ?). Bref que de chemin parcouru en un demi-siècle d’émancipation du « sexe faible » ! Oui « sexe faible », c’est bien là que réside le problème. Parce que si tout le monde se réjouit de l’évolution de nos sociétés occidentales, les préjugés et les stéréotypes sont coriaces. Je ne vous referais pas ici le cours de communication sur les préjugés et les stéréotypes que j’ai eu le bonheur de suivre cette année. Tout ce que je vais vous dire c’est que l’image que nous avons des femmes (tout sexe confondu) dans la société actuelle ne représente plus la réalité. Pourquoi doit-on s’extasier devant une cadre sup’ qui allie parfaitement une vie de famille (trois enfants) et un salaire annuel supérieur à 50 K€ ? « Quelle femme « ! ». Je ne vois pas où il est impossible pour une femme de réussir ça ! Je ne vois pas pourquoi je devrais être admiratif, elle a travaillé, elle a réussi. Point barre ! Ah mais oui bien sûr c’est une femme, le « sexe faible »…

Alors que se passe-t-il concrètement chez les mâles ? Et bien ils changent aussi. Combien de magazines de société ont consacré des unes à ces « hommes nouveaux », à « l’homme beau », ou au « métrosexuel » ? L’homme assume son corps, assume ses faiblesses, et surtout il assume sa « féminité ». Aujourd’hui quoi de plus naturel qu’un homme de 30 ans qui passe deux fois par semaine dans un club de gym, qui met des crèmes de jour, et qui assume pleinement d’avoir un jour recours à la chirurgie esthétique. Et je ne parle pas que des stars de cinéma ou des hommes politiques, non, toutes les csp sont concernées. Mais surtout ce qui change c’est son rapport à la femme, à l’autre sexe, à cet ex « sexe faible » que l’on ne comprend plus.

Mes parents sont nés dans les années 50, bien qu’ils soient de la génération post-soixante-huitarde, ils sont relativement conventionnels. Par exemple ma mère s’est mariée, elle a eu deux enfants, elle a arrêté de travailler, et elle a consacré sa jeunesse à nous élever, mon frère et moi. Par la suite elle a repris un travail « quand nous sommes devenus assez grand », comme elle nous dit. Et il y a 4 ans lors d’un déjeuner, elle m’avoue ceci :
– Tu sais je ne suis pas heureuse avec ton père !
– Tu veux divorcer ?
– Non… (gros blanc) Je me suis mariée jeune, je vous ai eu jeune, je suis très heureuse de vous avoir tous les deux, mais avec ton père ça ne se passe pas bien.
– Je ne comprends pas pourquoi tu restes alors !
– Je ne suis pas heureuse, mais je ne suis pas malheureuse, ton père est gentil, il subvient à nos besoins, si j’étais malheureuse je partirais, si je tombe amoureuse de quelqu’un d’autre je partirais.
– Tu n’es plus amoureuse ?
– Je ne le suis plus depuis que j’ai 17 ans…
Pour l’histoire ma mère a rencontré mon père à 16 ans, elle s’est mariée à 18, et à l’heure actuelle ils sont toujours ensemble.

J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi elle restait, à présent je suis assez grand pour supporter le divorce de mes parents, mon frère aussi, alors pourquoi ? Parce que ma mère estime que sa place est auprès de mon père, de même que mon père ne pourrait pas vivre sans sa femme. C’est un compromis, une sorte d’accord qu’ils ont passé tacitement, tant que ça tient, ça tient. Qui à l’heure actuelle se verrait dans ce genre de situation ? Quelle fille de mon entourage verrais-je faire ça ? Franchement personne !

Les femmes ont changé, et les hommes aussi. Maintenant le fond du problème est le suivant : messieurs, ces dames n’ont plus besoin de vous. Une femme aujourd’hui a envie d’un mari, elle a envie d’avoir des enfants, elle a envie de réussir sa vie professionnelle. Mais elle n’a plus besoin d’un mari pour exister, elle n’a plus besoin d’être mère pour être reconnue. Là réside le fond du problème, les relations ne peuvent plus être les mêmes quand on remplace le besoin par l’envie. Alors on cherche des solutions pour se comprendre, pour pouvoir s’aimer comme se sont aimées des générations avant nous. Mais l’amour n’est qu’une illusion, on ne peut plus reproduire ce que faisaient nos aïeux, pourtant on s’y accroche.

Outre les changements dans les mentalités des deux sexes, ce sont les changements dans leurs rapports qui vont encore faire couler beaucoup d’encre. Surtout en France où nous sommes si cartésiens, et où tout semble décorticable et compréhensible pour peu qu’on veuille vraiment comprendre. À mon sens, le vrai défi de ce siècle naissant n’est pas de percer les mystères de la psychologie, mais de savoir comment nous allons interagir. De là découle une nouvelle conception du couple, de l’amour, et, bien entendu, de la famille.

La nécessaire éducation sexuelle

Parfois, je suis effarée quand j’entends les jeunes de 16, 17 ans parler de leur sexualité. Le préservatif ? C’est quoi ce machin ? C’est moche, ça pue, c’est visqueux, beurk ! Le coïtus interruptus, c’est tout aussi bien !

Jeunes gens, d’une part, vous n’avez rien inventé, le coïtus interruptus, ça existe depuis la nuit des temps et ce n’est pas fiable. Ensuite, le préservatif n’est pas un engin de torture, ça sert à vous protéger non seulement des grossesses indésirées mais aussi de tout une batterie d’IST (infections sexuellement transmissibles). Mais le problème ne vient pas, à mon avis, d’une insouciance soudaine de la nouvelle génération mais d’un manque total d’éducation sexuelle. Cet article est militant : je me prononce pour l’éducation sexuelle au lycée ! En effet, nous, durant notre adolescence, nous avons eu beaucoup de discours sur le SIDA (nous sommes la « génération sacrifiée »), souvenons-nous des émissions de doc et difool, des préservatifs à un franc ou de la capote géante glissée sur l’obélisque de la Concorde. Souvenons-nous de Clémentine Célarié qui roule une pelle à un séropositif. Aujourd’hui, le ruban rouge est rentré dans les mœurs, le symbole est beaucoup moins fort.

Le préservatif dès la première fois

Retour en arrière. 1994, je finis mon année de quatrième. Comme je suis en collège privé on a des séance de « catéchisme » qui sont plutôt des forums de discussion. On a le choix entre plusieurs ateliers et je m’inscris à un sur le SIDA. Deux personnes de ma paroisse (oui, j’ai une paroisse, je n’y vais jamais mais j’en ai une quand même) viennent nous parler SIDA et prévention et, à la fin de la séance, ils nous donnent à chacun un préservatif. Voilà qui est courageux ! Au lycée, nous avons également un cours sur la contraception très
intéressant. Bon, sur le coup, Cécile et moi sommes un peu traumatisées : pilule ou capote, sinon rien ! Le stérilet, c’est vraiment trop… Alors, certes, c’est super efficace mais ça a une tête d’engin de torture. Enfin, toujours est-il que la gentille dame nous explique que sans protection, aucune contraception n’est fiable. Oublions de suite la fameuse méthode Ogino qui a permis à de nombreux êtres de voir le jour. Grâce à ma super prof de biologie de première, j’ai complété mes connaissances sur la question. Oui, comme j’étais en littéraire, la classe était très majoritairement féminine, ce qui permettait de parler facilement sexualité avec elle.

 

Alors, mesdemoiselles et messieurs, voici quelques petits cours d’éducation sexuelle. Si j’empêche au moins un avortement grâce à cet article (en empêchant une jeune fille de tomber enceinte, je ne suis pas anti-IVG), ça n’aura pas été vain. Alors, imaginons. Sarah et Paul sont jeunes, ils ont quinze ans, mettons, et les hormones qui commencent à bouillonner. Ils sont vierges tous les deux et veulent franchir le pas MAIS première épreuve : acheter des capotes. A cet âge-là, ce n’est pas forcément évident, on a un peu honte d’aller au distributeur dans la rue ou dans la pharmacie. Après tout, Mme Crochon connaît bien la maman de Sarah, elle pourrait cafter. Aveuglés par leur désir et leur envie de copuler, Sarah et Paul décident de s’en passer. Après tout, ils sont vierges tous les deux donc aucun risque d’attraper le SIDA et on ne peut pas tomber enceinte la première fois…

Et bien c’est faux ! La première fois est justement un acte hautement risqué au niveau de la fécondité. En effet, l’ovulation est un mécanisme curieux : normalement, la plupart des filles sont bien réglées et ont leurs règles tous les 28 jours. Sauf que c’est très lié au psychique : un stress peut enclencher l’ovulation et on trouve difficilement plus stressant qu’une perte de virginité. D’ailleurs, c’est pour ça que dans les siècles passées, les femmes tombaient souvent enceintes dès la nuit de noce.

Donc notre ami Sarah compte : normalement, y a pas de risque, elle a eu ses règles il y a peu. Donc Sarah et Paul se découvrent, font l’amour, Paul a promis de se retirer « à temps ». Sauf qu’à temps, c’est souvent trop tard et les premières gouttes de spermes sont aussi les plus concentrées. Donc les plus fertiles. Donc entre les trois gouttes de Paul et l’ovulation soudaine de Sarah, la catastrophe n’est pas loin. Par ailleurs, qu’est-ce qui prouve à Sarah que Paul est vraiment puceau ? Et vice versa, d’ailleurs… Donc la capote est vraiment utile. Pour éviter ce genre de mésaventure, un distributeur de capotes dans les toilettes des lycées ne serait vraiment pas du luxe mais c’est encore un autre débat.
 

Donc si vous ne voulez pas tomber enceinte, oubliez de suite le coïtus interruptus et l’étude appuyée de votre calendrier menstruel, ces méthodes sont généralement peu efficaces. Et l’avortement n’est en aucun cas un moyen de contraception. Pas plus que la pilule du lendemain, d’ailleurs. D’une part, ça coûte cher et d’autre part, c’est très violent pour l’organisme. En effet, une pilule du lendemain est douze fois plus forte qu’une pilule normale et peut provoquer des vomissements. Si tel est le cas, vous pouvez faire une croix sur les vertus contraceptives de cette pilule.

Bien sûr, il y a l’avortement, au cas où… Mais franchement, ce n’est pas facile à vivre, ni physiquement ni moralement. Aujourd’hui, il y a des pilules avortives mais d’après ce que j’en sais, ça rend malade et provoque des règles très abondantes et douloureuses. Donc si on peut éviter, on évite.

Non, IST n’est pas un jeu vidéo

Le préservatif protège aussi des IST, c’est quand même bien pratique. Prenons le cas du SIDA. Non, il n’existe pas de vaccin, on ne guérit pas du SIDA. La trithérapie ? Alors d’une part, ça n’élimine pas le virus d’autant qu’une fois qu’on est séropositif, on l’est à vie. En effet, la séropositivité veut dire que le corps a été en contact avec le virus et a crée des anticorps pour se protéger. Par exemple, si vous attrapez la grippe, vous fabriquez des anticorps de la même façon et vous êtes séropositif au virus de la grippe. Ainsi, il est totalement
impossible de redevenir séronégatif. Ensuite, on ne meurt pas du SIDA. Non, on meurt des complications liées à l’affaiblissement du corps. Le système immunitaire faiblit et on est la proie de toutes les infections, des plus bénignes au plus graves. Donc à partir du moment où on se découvre séropositif, nous voilà avec une merveilleuse épée de Damoclès au dessus de la tête et la
trithérapie, si elle allonge l’espérance de vie, elle le fait de façon très violente : on est malade en permanence. Là encore, si on peut éviter… Et encore, je ne parle pas de la syphilis en recrudescence (Maupassant en est mort), les herpès génitaux ou la célèbre chaude-pisse. Je vous invite à aller jeter un œil sur google, je pense que ça va calmer vos ardeurs.

Evidemment, la théorie est simple, parfois, en pratique… Quand j’ai débuté ma vie sexuelle avec Pierre le pervers, ses treize ans de plus que moi m’ont rapidement convaincue de pas mettre de préservatifs. Enfin, convaincue, non, mais j’ai pas osé protester, il avait trop d’ascendant sur moi. Résultat : un gros retard de règles le mois suivant et le flip de ma vie : Seigneur, me voilà enceinte ! Bon, ce ne fut pas le cas mais 40 jours sans règles, c’est quand même long. Sans parler de l’angoisse quelques temps plus tard quand j’ai passé le
test du SIDA car mon nouveau petit copain (c’était Guillaume) et moi voulions nous passer de capotes. D’ailleurs, anecdote amusante : on a décidé de se passer de capotes le jour où sa mère
nous a donné une boîtes de préservatifs « avec applicateur » (oui, ça existe). Chaque préservatif était enserré dans une bague en plastique qui se distendait et s’enlevait une fois la capote mise, pour éviter de se mettre de la vaseline partout. Bon, je rigole beaucoup en la mettant, beaucoup moins pendant le coït : le préservatif était ultra épais, on ne sentait rien du tout. Ceci étant le préservatif est parti APRES le test (négatif) et parce que je prenais la pilule.

Par la suite, je n’ai pas eu une conduite irréprochable donc je ne me permettrai pas de juger les gens. Certes, chacun prend les risques qu’il veut mais prendre un risque par manque d’information, c’est tout de même idiot. Et prendre un risque, d’accord, mais pensons aussi au partenaire : si j’ai eu un rapport à risque avec X, dois-je en faire autant avec Y ? Je pense que jouer avec sa propre vie nous regarde, menacer celle de l’autre est bien plus blâmable.

Alors engageons-nous ! N’hésitons pas à parler de sexe avec les adolescents de notre entourage, militons pour les cours d’éducation sexuelle à l’école et aux distributeurs de préservatifs dans les lycées. Après tout, ce n’est pas parce qu’on parle sexe à des jeunes ou qu’on met des préservatifs à portée de main qu’ils vont copuler comme des bêtes. Au contraire, leur parler de sexe permettra de les responsabiliser et d’éviter qu’ils se lancent dans l’aventure dans l’ignorance.

Duo comique

En ce moment en représentation sur la capitale, le duo comique toulousain : Gauthier et Nina ! Oui, nous sommes comme un couple de perruches, inséparables. Depuis que le jeune homme est arrivé sur Paris, nous avons fait je ne sais combien de soirées ensemble, intégrant en général une tierce personne qui « subit » nos délires à la con et nos vieilles histoires de fac. Nos victimes actuelles : Banana, Tink, Sab, la « frisée » et Nicolin (par téléphone).
 will-and-grace
 
Tout a commencé avec Banana, qui voulait à tout prix me rencontrer (que c’est bon d’être une idole !). Je lui demande si ça ne la gêne pas de rencontrer l’autre star des vingtenaires : elle en est ravie, au contraire. Nous voilà partis dans un bar qui va devenir notre repère : happy hour, deux verres pour le prix d’un, on en prend donc 4 (chacun). Ce qu’il faut savoir, c’est que la qualité que Gauthier et moi n’avons pas, c’est la discrétion. On se retrouve souvent à hurler des mots comme « sexe, bite, couille, pipe, fellation » (ça va me rapporter des lecteurs, ces quelques mots). Il faut savoir qu’avec Gauthier, on aime parler sexe et expériences vécues. Ce qui est amusant, c’est que ce genre de soirées est riche en révélations. C’est ainsi que j’ai appris, au cours de cette soirée avec Banana, que j’avais été draguée par une fille. Replaçant les choses dans leur contexte : mois de mars, Toulouse, une boîte gay comme il en existe d’autres. On n’a pas trop le moral : Gauthier a passé sa soirée à consoler Océane en pleine rupture avec son ex colocatrice, j’en ai fait autant avec Anne en pleine rupture amoureuse. Nous voici donc au bar de cette boîte pour le before. Un verre de vodka sunrise, puis deux, puis trois. C’est soirée facteur, ça donne du n’importe quoi : la barmaid (fascinée par mes seins, paraît-il), m’envoie des messages à caractère sexuel en signant du nom du barman : « je voudrais mettre ma tête entre tes seins ». Cuite et joyeuse, je réponds (avec l’aide de Gauthier) : « j’aimerais que tu me mettes autre chose autre part », quelque chose de romantique, comme ça. Forcément, le barman, il comprend rien… On prend une bouteille que l’on paye (contrairement aux verres précédents) et on descend dans la boîte. Je suis saoule au point que je rebondis contre les murs pour arriver en bas. Je m’affale sur une banquette et on continue à boire. A un moment, arrive une fille avec qui je commence à discuter, je lui raconte je ne sais quelle connerie avec une élocution étrange. Gauthier est mort de rire, il vient nous voir de temps en temps et je lui confie :: « comme elle est trop sympa, cette fille ! ». Quelques jours plus tard, je me demande comment la jeune a pu supporter mes discours éthyliques, réponse : « elle avait pris de l’exta ». Et ce soir là, avec Banana, Gauthier me fait : « non mais tu sais qu’elle m’a demandé ton numéro quand on est parti ? J’ai dû lui expliquer que tu n’étais pas lesbienne. » Ah ben, mince, moi qui croyais qu’elle ne m’avait pas décollée parce qu’elle me trouvait intéressante…
 
Avec Gauthier, nous avons nos histoires récurrentes, on aime bien parler de Rachel, notre copine qui était vierge la dernière fois qu’on l’a vue (à 25 ans) et prude au possible. Forcément, elle n’appréciait pas du tout notre duo comique. Une fois, par exemple, on parlait d’avortement et j’expliquais que je ne pouvais pas dire de façon certaine si oui ou non j’avorterais si je me retrouvais enceinte, tout dépend du contexte. Donc Gauthier me fait :
« Bon, on sort ensemble, tu tombes enceinte, tu fais quoi ?
– Non mais tu crois que je vais coucher le premier soir avec toi, chéri ? (j’aime bien faire ma chieuse)
– Bon, ça fait deux mois qu’on est ensemble, tu tombes enceinte, tu fais quoi ?
– Oui, bon, là, effectivement… »
Et la Rachel qui nous sort : « Deux mois, c’est du rapide, quand même ! ». Bon soit.
 
Gauthier adore aussi raconter comment il s’est rendu compte que je n’étais pas la petite fille sage que je semblais être, au départ. En effet, en première année de fac, il y avait une fille Sandrine, qui monopolisait les conversations en matière de sexe. En fait, cette fille rentrait le jeudi soir dans sa campagne natale et forniquait tout le week-end dans la 106 verte de son copain. Chaque lundi, elle nous hurlait le résumé de sa brouette : « ALORS TU VOIS, ON ETAIT DANS LA 106 ET ON A TELLEMENT BOUGE QU’ON A FAIT AVANCER LA VOITURE ET ON A DECLENCHE L’ECLAIRAGE AUTOMATIQUE DU PARKING !!!!! ». Bon, au niveau discrétion, je crois qu’elle nous bat tous, elle. Du coup, nous, les autres filles, on restait plus mesurées, on riait plus qu’on ne parlait. Un jour, on discutait à table avec Gauthier et un de ses amis du lycée, Guillaume (ils nous ont envahis !) et Gauthier fait : « de toute façon, le sperme, ça rend la peau douce. » Et là, je pose mon magazine que j’étais en train de tranquillement feuilleter, je me frotte le coin de la bouche et dit : « ah ouais ! ». C’est beaucoup plus drôle quand c’est Gauthier qui le raconte.
 
Le truc, c’est qu’on se connaît par cœur et des fois, on rigole avant les blagues, du genre : « et, tu te souviens de Ginette ?
– Ah Ginette, ahahahahah ! »
Bon, après, on raconte mais sur le coup, les gens ne doivent pas comprendre ce qu’il y a de si drôle chez Ginette. En plus, on a un côté vieux couple ; à s’appeler moumour et à s’insulter gentiment :
« Vivement que je me fasse des amis sur Paris, je me demande pourquoi je passe mon temps avec toi.
– Parce que tu m’aimes
– Heu… Oui, ça doit être pour ça ! »
 
Après, on parle sexe, souvent, tout le temps. Et avec la discrétion qui nous caractérise. La semaine dernière, La frisée monte sur Paris, on se réunit dans un petit restaurant feutré du Marais, il y a un peu de musique et on parle. Fellation, sodomie, bondage, expérience lesbienne, tout y passe. A un moment, je sais plus comment ça vient, on parle de fesses et de ce qui va avec, je commence à m’emballer et pile au moment où je prononce d’une voix forte : « anulingus », la musique se coupe et les serveurs explosent de rire… On rit, à ne plus pouvoir s’arrêter. Là, c’est quand même la honte.
 
Le pire du pire fut atteint samedi soir, lors de la crémaillère de monsieur où l’on but… Et pas qu’un peu. Avec nous, Banana (on va virer trio comique). Avec la demoiselle, on s’amuse à faire des photos un poil provocantes (vraiment un poil) et Banana décide de les envoyer à Nicolin : il est quelque chose comme 2h30 ou 3 heures du mat. Pas de chance pour lui, j’ai son numéro donc j’appelle, on papote, tout le monde lui parle en même temps, Gauthier lui dit qu’il adore l’accent marseillais, ça l’excite… D’ailleurs, s’il connaît un pédé sur Marseille… Après, Banana lui raconte que Gauthier est en train de violer mon oreille (oui, l’inconvénient d’un meilleur ami, c’est qu’il connaît notre zone érogène la plus sensible)… Depuis, Nicolin a changé de numéro et fermé son blog. Non, je plaisante mais je me demande s’il a compris un traître mot de ce qu’on lui racontait.
 
Bref, Gauthier et Nina, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Inséparables et radoteurs, ils se connaissent par cœur et se plaisent à raconter des anecdotes croustillantes sur l’autre. J’adore en rajouter une couche en racontant des détails crus de brouette car il s’écrit : « non, je veux pas savoir ! » mais que ne sait-il pas, au fond ? Des fois, on apprend des trucs durant ses soirées, des vieux détails qu’on avait omis de préciser mais pas grand chose, finalement.
 
Si vous souhaitez assister à une représentation, veuillez m’envoyer un chèque au montant suffisamment élevée car l’alcool, ça coûte cher et moins on est sobre, plus on est drôle.