L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine de Ruwen Ogien

Je me pique parfois de philosophie, comme ça, pour le plaisir. Ainsi, j’aime errer dans les rayons dédiés de la FNAC, laissant mes yeux glisser sur les couvertures en quête d’un ouvrage qui me ravirait les neurones. C’est ainsi qu’en mai ou juin (peu importe), je tombe sur un livre au titre étrange “l’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine”. Etant dans une recherche perpétuelle de bonté humaine, je le pousse dans mon panier.

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Je ne vais pas jouer le suspense. Il FAUT lire ce livre. Je l’ai dévorée comme j’aurais avalé un délicieux croissant chaud au beurre sorti tout juste du four : avec plaisir et délectation. Ce livre pose la question des comportements humains au regard de la morale et de l’éthique : que doit-on faire ? De part cette question essentielle, au coeur notamment de l’oeuvre de Spinoza, nous nous retrouvons face à d’incroyables dilemmes qui feront les belles heures de vos dîners en ville. Ma mère a beaucoup réfléchi au dilemme du tramway que je lui ai raconté alors que je lisais ce livre lors de mes vacances à l’Ile de Ré (oui, je suis très en retard dans mes comptes rendus de livre, lalala). En voici quelques uns de fascinant :
– à propos du végétarisme : ne pas manger de viande pour protester contre le traitement inhumain des animaux, ok. Sauf que si nous devenons tous végétariens, que vont devenir les boeufs ? C’est vrai, ça sert à quoi un boeuf à part faire de la viande ? Peut-on militer pour la cause animale alors que nous risquons, de fait, de nuire à la diversité animale sachant que ces espèces ne pourront survivre hors domestication ?
– à propos de l’avortement. Principe de base : l’avortement est mal car le foetus est une vie autonome de celle de la mère sur laquelle elle n’a de fait aucun droit. Ogien nous propose alors l’exercice suivant : imaginez que vous vous réveilliez un beau matin recouverts d’appareils médicaux au bout desquels se trouve un brillant violoniste. Ce dernier est très malade et doit rester connecté à vous pendant 9 mois pour survivre. Trouvez-vous normal d’être ainsi appareillé pendant 9 mois pour sauver une autre vie sans pouvoir donner votre avis ?

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Ces dilemmes ne servent pas juste à poser des questions pas évidentes, ils démontrent que l’éthique chez l’homme n’est pas si logique et évidente que ça. Prenons par exemple le fameux dilemme du tramway qui a été décliné plusieurs fois depuis et qui fait limite office de philosophie à lui tout seul. Imaginez : un tramway fou est lancé, il arrive à une intersection : sur la voie principale, 5 ouvriers travaillent, ils n’entendent pas le tram arriver. Sur une voie annexe, seul un ouvrier travaille. Dériverez-vous le tram vers la voie annexe car mieux vaut un seul mort que 5. La plupart agiraient de la sorte. Par contre, le même dilemme : le tramway fou, 5 ouvriers. Vous êtes sur un pont et assistez à la scène. A côté de vous, un gros monsieur qui est penché pour regarder : si vous le poussez, il bloquera le tram : une vie contre 5. Là, personne ne veut pousser l’homme. Redéclinons cet exemple : en tuant un homme en bonne santé pour donner ses organes à 5 malades, vous sacrifiez une vie pour en sauver 5. Là, personne ne veut en entendre parler. Sauf si l’homme sain est un tueur en série, la question se pose différemment…

Bruxelles 406

Bref, le contexte influe sur la décision « morale » selon ce que l’on regarde. Sacrifier une vie, oui, mais comment ? Sauver tous les animaux en en sacrifier pour assurer la dignité à d’autres ? Ogien nous rajoute de nouveaux dilemmes et éléments dont un que j’adore par dessus tout :
– imaginez qu’on vienne vous voir et qu’on vous propose d’abandonner votre vie actuelle pour vous brancher sur une machine qui vous créérait l’illusion d’une vie parfaite. Accepteriez-vous ? La plupart des gens refusent. Par contre, si on vient vous voir demain pour vous expliquer que votre vie n’est qu’une fiction créée par une machine et qu’on vous propose de vous débrancher pour découvrir votre vraie vie, accepteriez-vous ? La pilule rouge ou la pilule bleue ? Là, la majorité refuse le débranchage. Ce n’est pas l’illusion ou non qui les dérange mais le changement.

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Enfin, les éléments extérieurs jouent naturellement sur la bonté, nous en revenons au titre. Selon des études sociologiques, une bonne odeur de croissant chaud rend les personnes exposées naturellement plus affables et de bonne humeur, plus enclines alors à aider leur prochain. Et ça, j’y crois à mort. Prenons une polémique qui date d’il y a 6 mois ou un an, je ne sais plus. La SNCF était accusée de vouloir diffuser de la musique classique dans les gare de banlieue car ça fait baisser la délinquance. Sous entendu, ça fait fuir les racailloux. Vraiment ? Personne n’a imaginé trente secondes que c’était surtout que ça apaisait un peu les âmes. Perso, rien ne me plaît plus que d’entendre des notes de piano s’élever gare St Lazare ou Gare de Lyon grâce aux pianos posés en libre service. Et je crois que je ne suis jamais passée sans que quelqu’un en joue.

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C’est ce qui est finalement fascinant dans ce livre, c’est qu’on réalise que la morale et l’éthique ne sont pas innés et que beaucoup d’éléments peuvent influer sur le comportement humain. Et comme c’est écrit simplement, c’est facile à comprendre.

Mais la vraie question, reste : vous auriez poussé le gros monsieur sur les rails du tram, vous ?`

Ressusciter ?

Par Pink Lady

Magie d’un pseudo web. On l’endosse, on le fait vivre puis un jour, si on en a assez, on le fait taire. C’est facile : plus un mot sur Twitter, Facebook ou sur votre blog et les gens vous oublient. Ô, gloire éphémère que celle des « blogueurs influents ». Pendant 3 ans, j’ai été Pink Lady, blogueuse parmi d’autres, invitée aux soirées blog et tout.

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Puis cette blogosphère là m’a gonflée. Vous n’imaginez pas comme certaines blogueuses «  » » »stars » » » » sont de vraies connasses manipulatrices, prêtes à lécher le premier cul passant au dessus d’elles pour grappiller un backlink ou une invitation en soirée blog. Je le sais, j’avais à un moment ce [vague] pouvoir d’offrir de l’argent contre des articles. Jamais eu autant d’amies blogueuses. Le jour où j’ai changé de travail, tout le monde m’a oubliée. Je n’en ai pas souffert, j ‘ai de vrais amis par ailleurs. Après, sauvons quelques têtes, il y a aussi de belles personnes dans le lot. Mais ça taille sec au pays des macarons.

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Les macarons, tiens. Grot it gourmand des années 2005, avant les cupcakes, pop cakes et mug cakes… Oui, nos goûters aussi sont fashion, que voulez-vous. La blogosphère féminine s’est scindée en deux à l’ère du macaron : les blogueuses mode, celles qui ont leur carte de fidélité chez Ladurée et Pierre Hermé sont devenues les cibles de toute une autre blogosphère féminine. Drôle au départ, celle-ci est devenue répétitive, souvent aigrie et surtout sacrément faux-cul : il suffisait qu’une marque leur fasse les yeux doux pour qu’elles prennent, elles aussi, leur part du gâteau et n’hésitent pas à partager aux internautes leur photo de Look « mais c’est pas pareil, c’est pour se moquer, c ‘est du second degré ». Oui, oui, oui… Mais bon, la haine est un bon fédérateur, taper sur de la blogueuse mode rapporte RT sur Twitter et nouveaux lecteurs sur votre blog. La win quoi !

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Tout ça m’a filé la nausée. Et je vous raconte même pas les ennemies que j’ai pu me faire juste en me moquant de cet état de fait… Il faut comprendre que la blogosphère, c’est comme le lycée (voire le collège) avec ses bandes, ses populaires et toutes celles qui se rêvent reine de la promo même si elles s’en défendent. Collège ou lycée de petite ville, la plupart d’entre elles sont strictement inconnues hors de leur petit cercle mais chut, ne leur dites pas que j’ai dit tout ça, je vais encore me faire détester.

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Mais j’ai mes torts. Celui en premier lieu de penser que les reines de la blogosphère puissent avoir un soupçon de recul sur ce que tout ceci représente (rien ou si peu). Mais surtout je me suis perdue. Au départ, Pink Lady se voulait surtout une satire des filles des magazines, celles qui mangent des graines germées en passant du pilates au krav maga en passant par l’aqua bike selon le dernier magazine qui en a parlé en disant que c’était ultra top. Celles qui baisent pas le premier soir. Ah si. Ah non… Et qui trouve que se taper une fille est très bon pour sa crédibilité Swag (c’est de Elle pour ceux qui ont raté la polémique). J’ai vite, trop vite, intégré la vie de cette fille des magazines pour la faire mienne, je parlais trop de moi et j’ai perdu de vue l’existence même de Pink Lady. Qui a fini par disparaître. Mais j’ai un peu envie de la ressusciter en gardant en tête cette fille des magazines. Histoire de se marrer un peu.

Si Adriana n’est pas là, c’est Nina qui s’en occupera

Dans la série « je ne sais pas dire non à une nouvelle expérience (n’impliquant pas un saut à partir d’un pont ou d’avion) », dimanche, j’ai testé pour vous la quête pour la Croix Rouge. Et sociologiquement, c’est passionnant. A noter avant de continuer que cette collecte concerne les antennes locales de la Croix Rouge donc je préfère que les commentaires ne se transforment pas en débat sur la Croix Rouge en général, merci.

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Faire la quête pour la Croix Rouge est une chose relativement aisée puisqu’il s’agit d’une institution connue, les gens ne sont pas dans un rapport de méfiance, surtout que je portais une sublime chasuble orange fluo. Plus sexy tu meurs surtout qu’elle était évidemment trop grande pour moi. Rendez-vous était pris à 15h avec Matthieu, le pote qui allait m’initier à la quête. Avec lui Josseline, la coordinatrice qui m’explique quelques trucs. Sourire, politesse, inciter sans trop insister, le but n’est pas non plus d’énerver les gens. Et c’est parti, on se pose dans l’utilitaire Croix-Rouge, Josseline nous cherche un bon point de chute pour ramasser un max de tune. Premier essai : juste à côté du métro Courcelles. Nous faisons normalement la quête mais ce n’est guère juteux, peu de voitures au feu. Alors on vient nous récupérer et là, on nous jette direct sur les Champs-Elysées. Enfin moi sur la rue de la Boétie et Matthieu sur les Champs vu qu’il est plus expérimenté et surtout qu’il fait 1m95 donc on le voit de plus loin.

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Là, les choses sérieuses commencent, y a beaucoup de voitures. Règle n°1 : on se met côté conducteur, on sourit, on se présente, on demande des sous, on remercie, on sourit, on salue. On ne rentre dans aucune polémique, on n’a pas le temps mais pour ma part, je n’y ai pas eu droit, à peine un jeune homme qui m’a dit qu’il fallait soutenir Israël (je suis pas sûre que la Croix Rouge du 8e se sente particulièrement concernée mais bon…) et un qui m’a dit « Donner à la Croix-Rouge ? Surtout pas ! ». Okayyyy ! Mais à part ça, rien.

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On peut observer de façon très précise les comportements humains. Première constatation : être une jolie fille avenante, ça aide. Et non, je ne me la raconte pas. Ceci étant, j’ai pu noter que Matthieu avait quant à lui son petit succès auprès des femmes et jeunes filles, comme les deux qui lui couraient après en gloussant pour lui donner des pièces. Mais du coup, j’ai pu pas mal récolter, je dirais dans les 300 € même si j’ai pas eu mon résultat final. Et figurez-vous que 300 € en pièces, ça pèse beaucoup. A la fin de la journée, j’avais mal au bras, mal aux jambes (pendant 4h, remonter et descendre les files de voitures, ça fait du kilométrage quand même), je suis sale comme un peigne, j’ai du dépôt sableux sur la peau, je pue. Mais curieusement, malgré ma crasse et ma chasuble orange, certains me font encore du charme, me demandant mon numéro. Y a même un cycliste qui s’est arrêté juste pour me dire que j’étais très jolie
(mais je m’en fiche, il n’a rien donné). Donc la quête de la Croix-Rouge peut être une façon intéressante de rencontrer un homme, notez.

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La quête permet aussi de prendre la mesure de l’effet incitatif. En gros, si la première voiture donne, vous savez que les suivantes vont suivre : effet incitatif. Par contre, si la première et la deuxième ne donnent rien, ce feu s’avèrera peu fructueux. Il y a des comportements humains fascinants. Ceux qui s’excusent sincèrement de ne donner que quelques euros (moi, je trouve ça déjà très bien), ceux qui sont sincèrement désolés de ne pas avoir de monnaie. Il y a aussi ceux qui refusent de donner avec un « non merci » qui m’amuse beaucoup. Je ne veux pas te donner d’argent, mec, je veux que, toi, tu m’en donnes ! Mais le must, ce sont ceux qui nous ignorent avec la grande technique du « je tripote mon téléphone » ou « je parle à mon voisin et je suis très très concentré sur lui/elle ». Sachant que je portais une chasuble orange fluo, j’ai du mal à croire qu’on ne m’ait pas vue… Mais le must de l’indélicatesse reste les fenêtres que l’on voit se fermer au fur et à mesure qu’on s’approche. Je comprends que les gens ne donnent pas, c’est un choix, pas de soucis, je ne juge pas. Par contre, un petit sourire ou même un signe de tête serait plutôt le bienvenu car le plan du « lalala, je ne te vois pas » ou « je refuse même que tu puisses me parler » me gonfle légèrement.

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Enfin, quelques phrases entendues plusieurs fois : « non merci », « bon courage mademoiselle », « tu me donnes ton numéro et je te
donne des sous », « j’ai pas grand-chose (et vlan, une pièce de 2 €) », « il est où l’autocollant ? Ouééééé ! » et j’ai eu droit à peu près 38 fois à la blague « hééééé, elle est où Adriana », ce à quoi je répondais : « j’en suis la version minuscule ». Après tout, je suis presque blonde et presque grande…

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Bref, une expérience intéressante qui m’a légèrement laissée sur le carreau, j’étais littéralement épuisée dimanche soir quand j’ai déboulé chez mon amant chouchou du moment (mais j’ai eu le droit de me reposer pendant qu’il passait la serpillère et même à manger une tarte à la fraise meringuée qui remettrait d’aplomb n’importe quelle quêteuse). Deux jours après, j’ai lamentablement mal au biceps droit, ce qui me fait penser que je dois retourner rapidement à la salle de sport. Mais ça reste un bon moment, un chouette souvenir car au-delà des sous rapportés, ce que je retiens, c’est surtout les sourires, les gentilles attentions des gens. Ca, d’un point de vue égoïste, ça fait un bien fou. Même si j’étais épuisée physiquement (enfin, bon, j’exagère peut-être un peu), moralement, ça m’a bien reboostée.

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L’an prochain, je remets ça !

Carla Bruni me rend réac

Cet article est en gestation dans ma tête depuis des jours, des jours et même un mois ou deux donc veuillez m’excuser du manque d’actu de la news mais quand même, j’ai envie d’en parler. Voilà, il y a quelques temps, nous avons appris à travers quelques brèves que Carla Bruni allait jouer dans le prochain Woody Allen. Et ma réaction première fut : « ah mais quelle honte quand même ! ». Ciel, je suis réactionnaire.

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Evidemment, le contexte est particulier : notre Président ayant choisi une people comme épouse, ça donne des situations pour le moins cocasse. Oui, je dis cocasse parce que le but n’est pas de polémiquer sur Sarkozy, Carla, tout ça mais vraiment de traiter de ma réaction qui consiste finalement à « Non mais l’épouse du Président, elle reste à sa place ». Sa place étant donc selon ma réaction première l’ombre de son mari. Et c’est là que ma réaction est odieusement réactionnaire : depuis quand l’épouse de notre Président (ou
l’époux de notre Présidente, ça finira bien par arriver) ne devrait plus exercer aucune profession ? Evidemment, tout dépend de la dite profession, s’il peut y avoir conflit d’intérêt mais là, on se rend compte du merveilleux réactionnisme de notre République : le mari au turbin, la femme à  la maison. Ahem.

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On peut débattre de la « qualité » du travail, estimer que jouer dans un film n’est pas vraiment brillant, c’est pas comme Michelle Obama qui est avocate, le show bizz et la politique, ça se mélange pas. Ouais, enfin, sur le papier alors parce que dans les faits, ça se croise sévère, y a qu’à voir la liste des aventures artistes-présidents, on en a des tas. De ce point de vue là, Sarko n’est que le digne suiveur. Mais je dirais que quelque part, si on pouvait intégrer en hautes sphères le principe du « l’homme travaille… et la femme
aussi, d’ailleurs », ce ne serait pas si mal.

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Bon, peut-être que ma réaction première n’est pas tant un réactionnisme qu’une allergite aiguë à Carla. Non pas parce qu’elle est première dame, juste parce qu’elle m’énerve et ça date pas d’hier. Je la trouve trop empruntée et l’idée de la voir dans un film ne me fait pas sauter au plafond de joie. Rien que de l’entendre parler, ça sent tellement le calculé, le trafiqué, la fausse sincérité que j’ai un peu envie de la taper.  Déjà, le fait qu’elle refasse un disque l’an dernier, j’avais au moins osé espérer que son statut de nouvelle épouse de notre Président nous empêcherait un tel crime mais Dieu merci, personne ne l’a acheté.

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Mais il n’en reste pas moins que j’ai un instant trouvé discutable que notre Première Dame participe à un film, qu’il soit de Woody Allen importe peu. Bien que ça aurait été encore plus la lose si elle avait été embauchée par les frères Wayans mais bon… Alors qu’on pourrait au moins voir du positif dans ce mandat : niveau moeurs, notre président est rock n’ roll : multi divorcé, avec une people et une people qui travaille en plus… Il aurait été noir (ou arabe, peu importe), on aurait été le pays le plus progressiste du monde. Là, on est juste un peu en avance sur Berlusconi qui ne s’est pas encore remarié avec une bimbo comme il les aime.

Liberté d’expression, ça marche à tous les coups ?

Depuis quelques jours, je réfléchis à la liberté d’expression. Pas la mienne, non, en général. Premier cas soumis à ma réflexion : le vilain Stéphane Guillon. Puis deuxième cas : le poète très fleuri Orelsan qui voudrait avorter sa copine infidèle avec son opinel. Entre autre.

Guillon d’abord. Autant le dire de suite, il ne me fait pas rire du tout. Je trouve qu’il se vautre dans la vanne facile et l’autosatisfaction, pile tout ce qui m’énerve. Le fait de savoir qu’il n’animera plus sa chronique sur France Inter l’an prochain ne m’émeut pas vraiment dans la mesure où je ne l’écoutais déjà pas. Ceci étant dit, je tique un peu quand même. Même si je n’aime pas ce qu’il fait, je n’aime pas vraiment la polémique qu’il y a autour de lui. Strauss Kahn n’a pas aimé la chronique que Guillon lui a réservé. C’est pas le premier et sans doute pas le dernier donc pourquoi en faire un tel foin ? Il est vrai que la chronique était trèèèèèèèèèès lourde mais bon, pourquoi ça a été monté en épingle comme ça ? Ca m’échappe. Quoi qu’il en soit, ça me navre qu’une chronique soit arrêtée parce qu’elle fâche les « puissants ». Si c’est la réelle raison de l’arrêt de la chronique parce que là, on arrive un peu dans une impasse : si les gens se mobilisent pour qu’elle reste parce qu’elle gratte justement ceux qui ont du pouvoir, Guillon va devenir indéboulonnable et pas forcément pour de bonnes raisons.

Maintenant, arrivons-en à Orelsan, le monsieur qui chante de belles chansons intitulées sale pute et suce ma bite à la St Valentin. Quand j’ai vu le clip de Sale Pute (que je vous laisse chercher, je vais pas diffuser ça ici), j’ai vraiment cru à une blague. Le mec qui chante avec sa bouteille d’alcool dans la main, c’est sérieux ? Ah oui. Tellement que des blogueuses ont lancé une pétition pour retirer la chanson du net. Chanson tellement assumée par son auteur qu’il a préféré ne pas la mettre sur son album. Premier abord : c’est clair que cette chanson est atroce et qu’il faut arrêter d’encenser un mec qui dit « on verra comme tu suces quand je t’aurai défoncé la mâchoire » ou à peu près. Puis j’ai regardé un peu les débats sur le net et me voilà moins tranchée. D’abord, je rejette l’argument du « ça encourage la violence envers les femmes ». La banaliser, oui, l’encourager, non.  Disons que je
pense qu’il est toujours un peu trop facile d’aller chercher les causes d’une femme battue ou de n’importe quel délit ou crime ailleurs. C’est pas la faute à un chanteur ou à un jeu vidéo, faut
accepter à un moment que les gens sont pleinement responsables de leurs actes. Mais il n’en reste pas moins que ça banalise.

Et la liberté d’expression dans ce cas, on fait quoi ? Pourquoi cette chanson est condamnable et les chansons appelant à casser du flic sont adulées ? En gros, où poser la limite ? C’est vrai que si sale pute s’appelait sale arabe, hop, raciste, ça ne serait pas passé. Alors qu’un sale pute, sale pédé ou sale gouine, ouais. Sale fils de pute aussi. Mais justement, il y a la limite par rapport au racisme, pourquoi les autres injures sont tolérées ? Après réflexion, je trouve que cette chanson devrait juste terminer à la poubelle, d’abord parce qu’elle est mauvaise mais surtout car elle est inutilement violente et agressive. C’est de la haine à de l’état pur et je pense qu’on peut tous s’en passer. Parce qu’au fond, ce qui me dérange le plus là dedans, c’est cette sensation de haine gratuite et nauséabonde qui ne sert et ne dessert rien. Au moins, ça a fait du buzz autour du chanteur mais ça risque de lui coûter. Le gars, qui n’a pas mis cette chanson dans son album est actuellement en tournée et je lui souhaite bien du courage.

Rachida, tu m’épuises

Allez, moi aussi, je me jette dans la polémique top fascinante du moment et même si mon avis arrive plus tard que tout le monde, je ne peux m’empêcher de l’exprimer car on touche là à un sujet qui me tient à cœur : les droits des femmes.


Résumons un peu la situation : une femme d’une quarantaine d’années financièrement indépendante tombe enceinte d’on ne sait qui et décide de zapper son congé maternité. Et là, tout le monde se sent obligé de commenter ce fait. Evidemment, cette femme est une Ministre mais l’identité de son père ne changera pas la face du monde, ça ne changera même pas ma journée si un jour, on apprend qui c’est. Je dirai : « Ah ouais ? C’est ce que j’avais entendu dire » ou « Ah ben j’aurais pas cru ! » et j’oublierai aussi sec. Parce que globalement, j’en ai rien à faire de l’identité du père, elle couche et se reproduit avec qui elle veut. Quoi qu’apparemment, d’après mes sources peu fiables, ce serait bien Aznar.

Mais pour ma part, j’aime avoir des théories surréalistes qui seraient :

– y a pas vraiment de papa, c’est un bébé éprouvette pour se rendre plus sympa auprès du public

– d’ailleurs, en vrai, elle n’a jamais été enceinte et n’a pas eu de bébé, d’où le retour aux affaires après 5 jours du faux accouchement (très Sunset
Beachien)

– pour qu’elle taise le nom du père comme ça, c’est que c’est trop la honte de donner son nom. C’est donc George W. Bush.


Bon, on rigole (on va pas pleurer non plus) mais je reviens à cette histoire d’accouchement et de reprise de boulot au bout de 5 jours et de la polémique qui en découle. Perso, qu’elle reprenne ou non le boulot ne m’intéresse absolument pas, c’est son problème et pas le mien. Ce qui me turlupine plus, c’est ce qu’on en dit, en fait, parce que je me rends compte que là aussi, le féminisme a encore de beaux jours devant lui.



D’un côté, on s’insurge qu’elle reprenne le boulot si vite parce qu’elle a besoin de créer un lien avec son bébé, gna gna gna. Ben, oui, justement, c’est SON bébé. Evidemment, elle a les moyens de faire garder la petite mais est-ce qu’on peut déjà la cataloguer comme mauvaise mère ? Dati n’est pas la seule à reprendre le boulot à peine l’accouchement terminé, c’est le cas également des commerçantes, certaines ne prennent pas le congé parental et c’est leur compagnon qui le fait… Bref, il n’y a pas une façon d’être mère mais des dizaines, ce n’est pas parce qu’elle a choisi d’être mère de cette façon qu’elle en sera forcément une mauvaise, c’est peut-être un peu trop tôt pour être si affirmatif.

De l’autre côté, les ultra féministes se gaussent : « ouais, enfin une femme qui, à peine sortie de la salle d’accouchement, reprend le travail, quelle executive woman ! ». Ouiiiiiii mais moi, ce que je crains légèrement, c’est que ça vire au « le congé maternité ne sert à rien, la preuve ». Parce que si Rachida Dati a choisi de reprendre le travail de suite, c’est un choix. D’autres femmes ont envie ou besoin de se remettre de l’accouchement et de bichonner leur bébé, s’occuper de lui. Je pense que la maternité n’est pas vécu par chacune de la même façon. D’ailleurs, à chacune de choisir sa priorité, certaines sont à fond sur le travail, plus sur la vie privée.


Bref, au fond, ce qui m’énerve le plus, c’est que tout le monde se permet d’avoir un avis sur un choix de vie privée qui fait parler essentiellement parce que ça parle de maternité. Un homme reprendrait le travail à peine quelques jours après une grosse opération, par exemple, personne n’aurait l’idée de commenter réellement la nouvelle. Alors que là, affaire d’Etat entre les pro maternité et anti maternité. D’ailleurs, on notera qu’apparemment, être féministe, c’est refuser d’envisager que la femme peut vouloir être mère à temps plein aussi. Mais enfin, le féminisme devrait se battre pour nous laisser avoir le choix, qu’on puisse profiter de notre congé maternité ou y renoncer sans que personne ne trouve rien à redire. Si un homm prend son congé parental, personne ne trouve rien à redire. C’est un droit qu’il a. Evidemment qu’il s’agit d’une Ministre et que ça nous concerne un peu mais la Rachida mère, on n’a pas à s’en mêler. Ça ne regarde qu’elle et éventuellement le père s’il est dans les parages. Mais ne commençons pas à plaindre son bébé. Même pas 15 jours et déjà, Rachida est qualifiée de mauvaise mère…


Encore un bel exemple de tolérance.

Jésus, ou le succès d’une secte

Par Lucas

Rappelez-vous.

C’était il y a quelques semaines.
Je vous quittais sur un laïus avec cette promesse d’article sur la religion et Tatiana avait marqué sa désapprobature  sur le sujet, en sentant venir Victor (vous ne connaissez pas polémique Victor ?)
Bref, venons-en aux faits au lieu de faire de fulgurants traits d’esprits qui ne lassent pas de lasser Diane laissée esseulée, si si, cela se lit sans lazis.


Bref disais-je,

Lucas est un intégriste.
Pardon je vous la refais.
Je suis un intégriste (autant assumer).
Intolérant au possible,
Fermé à tout débat,
Incapable de subtilités pour convaincre le croyant,
Brut de décoffrage,
Et je le vis trrrrrrrrrès bien.

Cette attitude est le résultat de 15 ans de discussion avec des cathos.
Ceux qui ne sont pas d’accord avec moi peuvent rester dans leurs convictions, moi je nage dans l’absurde et j’y suis fort aise. Vous savez l’absurde, la philosophie de Camus. Cette idée comme quoi notre présence sur Terre n’a aucun sens et…
mais je m’écarte du sujet…

Je suis un intégriste disais-je.
Pratiquant forcené.
Je suis athée.
Non, pas agnostique, athée.
Sur Jésus Christ, j’ai fait une croix. (merci Vincent Baguian pour cette canzone)

Voila 20 ans que je parle religion avec des croyants sans qu’on réussisse à faire avancer le débat.
J’ai donc renoncé à avoir une discussion intelligente sur le sujet.
J’ai surtout renoncé à avoir une tolérance.
Car  je ne comprends pas.

Je ne comprends pas le fait que moult personnes croient qu’il y a un Dieu là haut.

ATTENTION !
Je précise tout de suite.
Je ne veux même pas admettre l’existence d’un créateur omnipotent.
Tous les scientifiques s’accordent sur le fait que notre voie lactée, voire même plus largement l’univers connu n’est qu’un atome d’un ensemble encore plus immense, un ensemble même pas concevable à notre échelle humaine. Comme si un acarien voulait s’imaginer la planète Terre, toute proportion gardée c’est un peu ça et encore, je minimise…

Mais quand bien même une force indescriptible et incommensurable serait à l’origine de tout ça,
Pourquoi faire d’elle une divinité à qui il faudrait donner allégeance et / ou respecter les règles instaurées avec des ppes de vie à la con et des impératifs dénués de fondements ?

Même si on admet qu’il y a un Dieu là haut, quess qui nous dit qu’il n’a pas crée notre univers comme d’autres mâchent leurs crottes de nez ou font des sudoku : pour s’occuper…

Ce que je comprends encore moins avec les gens qui croient en un Dieu quelconque, ce qui me rend fou furieux, c’est cet enrobage chrétien, musulman, bouddhiste, que sais-je encore. Hey les gens, Allah, Dieu le père, etc, sont-ils tous une seule et même personne ou se font-ils des belotes entre potes ?
Parfois je me dis que Jesus, Marie et Joseph, ont été inventé par Raoul, le précurseur des sectes et que la sienne a graaaaaave marché. Ou tout simplement un mec qui voulait assoir son pouvoir sur les autres avec un c’est pas moi qui le dit moi chuis qu’un instrument, un messager…

Aujourd’hui en 2008 j’ai l’impression d’assister à un retour à la religion, comme les américains l’ont fait il y a 10 ans, comme si ca rassurait la population de se dire qu’une force au dessus va peut-être… (mais faire quoi au juste ?)
Quand je vois l’évolution de l’humanité, les millions d’années pendant lesquelles l’être humain s’est façonné, de Lucie à Neanderthal, je me pose des questions. Tiens, je vais les poser seulement aux chrétiens…

Pourquoi Dieu ne nous a pas fait parfait dès le départ et qu’il a attendu ses millions d’années pour que notre cerveau progresse ?
Pourquoi Dieu nous a-t-il fait croire à ces personnages loin des australopithèques et d’ores et déjà formés, ces êtres que sont Adam et Eve ?
Pourquoi les chefs de la religion catho ont-ils toujours stigmatisé le plaisir et notamment le sexe ?
Pourquoi Dieu a-t-il attendu Cro Magnon pour envoyer Jicé faire son David Copperfield ?
Je pourrais continuer les questions ad libitum mais on n’a pas que ça à faire.

En fait, à mes yeux, une religion c’est une sorte de système conçu par un être humain, un mec (ou une nana) qui invente des règles, des principes, tout ça, et qui a lu et compris « Petit Traité de Manipulation à l’usage des Honnêtes Gens ».
Après tout, le catholicisme à Rome, n’est ce pas le triomphe d’une secte sur la religion d’Etat ?

Car enfin si le Dieu catho existait pourquoi aurait il laissé les Romains, les Grecs, les Phéniciens, tout ça, balancer leurs Junon, leurs Hera et tout le bazar pdt des années et des années avt de se dire : ça suffit maintenant, JC tu descends mettre le holà…
(ce que la bible ne dit pas c’est que à ce moment là, Dieu était tellement vénère qu’il a fait un dobeul jeu de mot, mythique, en disant : « Purée, ça va chier, j’vous prie d’me croire ! » [merci Vincent Baguian]

Je pourrais aller plus loin.
Et parler de toutes ces personnes qui se disent non croyantes mais qui vont se marier à l’église parce que tu comprends c’est plus festif et grandiose qu’à la mairie. Bah non j’comprends pas et je trouve que c’est une hypocrisie odieuse qui vient dénaturer la pureté de l’engagement.

Parfois je me dis que la seule chose qui pourrait nous faire croire en Dieu c’est l’invention de l’orgasme. Ce qui nous pousse à nous reproduire et maintenir l’espèce : c’est peut-être par fainéantise qu’un dieu a inventé ce stratagème de l’orgasme pour en faire un automatisme.

Je vous laisse sur ce grand n’importe quoi et je vais aller me pencher sur la possibilité de me faire du fric en commercialisant des osties au gout malabar.

Le politiquement correct nuit-il à la liberté d’expression ?

Au départ, j’avais prévu de te parler d’un sujet léger où il serait question de levrette dans les séries télé mais finalement, ce sera pour la semaine prochaine. Là, je vais plutôt évoquer un sujet qui m’a fait bondir et quand un truc m’énerve, faut que ça sorte.

 

Actuellement à Paris se tient l’exposition « Paris sous l’occupation », des photographies idylliques d’un Paris pendant la guerre prise par le photographe du journal collabo Signal André Zucca. Et voilà que ça polémique : on ne prévient pas assez le visiteur de cet aspect propagandiste et même qu’on voudrait nous faire croire que la France sous l’occupation, c’était pas si horrible. Alors là, ça me gonfle. De un, figurez-vous que pendant la guerre, les gens sortaient aussi de leur maison, avaient une vie… Oui, c’était pas la période la plus heureuse de leur vie mais ces photos montrent aussi une réalité. Sans parler de l’intérêt pédagogique : selon l’angle de vue, on peut montrer tout un tas de réalités. De deux, faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Le contexte de l’époque, on le connaît, c’est même écrit sur l’affiche OCCUPATION. Si les gens qui vont voir l’expo prennent ce qu’ils voient pour argent comptant, on n’y peut rien non plus mais je pense qu’on est tous capables d’avoir suffisamment de recul pour comprendre le choix du photographe.

Cette histoire est une nouvelle anecdote à rajouter au lourd dossier du « le politiquement correct rend con ». J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on vit dans une espèce de parano : quoi que tu dises, fais gaffe car on aura vite fait de te prendre pour un raciste, un homophobe ou pire, un nazi. Ce qui fait que le catalogue des blagues qu’on peut raconter se réduit à peau de chagrin, il nous reste les Totos et les blagues carambar, le reste est choquant. Je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas tout dire et tout faire mais faut
arrêter de pousser mémé dans les orties. Quand je dis par exemple : « ahlala, ces Italiens, tous des dragueurs », je pense qu’il est facile de comprendre que c’est une vanne et ne sort en général pas de nulle part mais je ne pense pas réellement que tous les Italiens sont comme ça. Allez, j’écluse les clichés, comme ça, ce sera fait : les Français sont sales et râleurs, les Ecossais radins, les Anglais boivent du thé at five o’ clock, les Noirs et les Corses sont feignants, les Arabes voleurs, les Asiatiques fourbes, les Espagnols fiers, les Portugais
fort en ménage et maçonnerie, les Grecs sont tous pédés (à se demander comment on peut encore croiser des Grecs, ce doit être héréditaire), les Scandinaves disciplinés, les Japonais racistes… Bon, je vais pas épiloguer 107 ans. Mais la phrase précédente est une horreur : tuez la, elle est xénophobe !

Bon, si on peut se passer des blagues vaseuses sur les nationalités (ou les pédés, les hommes, les femmes…), le cas de cette expo me paraît scandaleux. Il est vrai qu’en France, on a du mal à parler de la collaboration : tous résistants, c’est bien connu ! Montrer que beaucoup de Français continuaient leur vie pendant la guerre, sans résister, mais quel scandale, mon Dieu ! D’ailleurs, tant qu’on y est, on devrait brûler tous les films et tableaux tournés par les Allemands sous le IIIe Reich, des fois que des musées ou des chaînes de télé décideraient de les montrer. Le juif Süss ne doit jamais être montré, c’est une pure horreur. Tant pis si, analysé en cours, ce serait un exemple très pertinent de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. On ne sait jamais, on est tellement cons qu’on est condamné à tout prendre au premier degré.

Bref, y a des jours où la société clean, ça me fatigue un peu. Déjà qu’on n’a plus le droit de critiquer les artistes sans risquer de se prendre un pain dans la gueule, surtout quand c’est Cali. On ne doit plus dire du mal de personne et dès que tu sors des lignes, tu es prié de présenter des excuses. Récemment, Cauet s’est un peu déchaîné contre l’attachée de presse de Sheryfa Luna. En gros, la demoiselle était venue à son émission radio et s’est tirée en plein milieu à la demande de son attachée de presse lui faisant remarquer que c’était l’heure de partir. Or la chanteuse était arrivée une heure en retard et a dû partir avant l’heure prévue. L’animateur s’est énervé, tapant au passage sur les attachées de presse. Bon, ok, c’est du Cauet et ce n’était pas fin mais voilà, on lui demande de présenter publiquement des excuses, ce qu’il a fait. Or pour le coup, même si mettre toutes les attachées de presse dans le même panier n’est pas intelligent du tout, il a raison sur le fond : la chanteuse s’était engagée à être là de telle heure à telle heure et son attachée de presse ne lui a pas permis de respecter son engagement. Et elle, elle n’a pas eu à présenter des excuses publiquement alors que c’est son métier de respecter ce genre d’engagement.

Bref, aujourd’hui, ne dis plus de mal de personne, même si tu le penses, c’est politiquement incorrect. Ne fais pas d’exposition sur la France sous l’occupation, pas plus que sur l’esclavage, la colonisation, on va dire que t’es collabo. Ah, tant qu’à faire, ne fais pas de reportage sur la Chine actuellement, on va dire que tu soutiens ce pays qui nie les droits de l’homme. Heureusement, il nous reste un havre de paix : le dimanche après-midi, regarde Drucker, le pays où tout le monde est beau, gentil, et roupille sur un canapé à côté du
chien de l’animateur.

Pauvre France.

Rackham le rouge

Par Enzo

« Suis-je normal ? » La question que beaucoup de monde se pose souvent. Enfin je crois. Il parait que c’est normal d’ailleurs ! Bref, cette fois ci, la grande
question existentielle m’est apparu suite à la lecture récente d’un article de Naughty Girl ainsi qu’un de Nina. Non pas que leurs articles ont provoqué une révélation, mais plutôt car ce sont les gouttes qui ont fait débordé le vase étiqueté « l’amour pendant les menstruations ».

Dans ces derniers articles et dans bien d’autres, ainsi que dans la culture télévisuelle, il semble que l’amour pendant les règles soit proscrit, avec une grande raison tellement logique qu’elle n’est jamais explicité. D’où mon désarroi. Et la question existentielle « suis-je normal à ne pas trouver cela logique ? ». Suis-je un serial killer en herbe à ne pas crier au dégout du contact sanguinolant ?

Reprenons les choses de manière logique (enfin de la manière de mon esprit) :

  • – Les menstruations ne provoquent pas a priori d’obligation de ne pas sexer (à moins que j’ai loupé des cours de biologie)

A partir de là, la chasteté prétendue de ces périodes seraient dues à :

  • – Des règles douloureuses. Mais il ne me semble pas que cela soit la majorité.
  • – Une envie moindre. Mais là encore il ne me semble pas que cela soit la majorité, certaines mêmes racontent que c’est le contraire.

D’où peut venir donc cet avis unanime alors ?

  • – Un dégout. J’ai l’impression qu’il s’agit de cela. Encouragé culturellement. Et notamment publicitairement (vous vous souvenez les trucs contre les
    menstruations aux trente-six parfums ?).

Mais on peut avancer que ce dégout est une grande hypocrisie : comment peut-on être dégouté par un peu de sang quand d’un autre coté on pratique la sodomie par exemple ? Est-on dégouté lorsque l’on se coupe le doigt et qu’un peu de sang perle ? Bien sûr, on pourrait dire qu’il s’agit juste de protéger le lit/canapé/tapis/autre d’un produit tachant. Mais même là il est possible d’utiliser une serviette ou tout autre objet protecteur.
Bref je suis dans l’incompréhension quant à l’évidence de ces multiples réactions. Dites-moi, suis-je normal ? Ou suis-je juste un pervers qui ne recule devant rien pour sexer ?

P.S. : je ne me lancerais pas sur le thème comme quoi il n’y a aucune contre-indication médicale à la prise en continu de la
pilule
(et donc qu’il s’agit peut-être d’un asservissement culturel), la polémique sera pour une autre fois !

Les polémistes sont-ils des génies ?

 Semaine dernière, je tombe sur Pif-Paf, l’émission sur la télé de Paris Première présenté par Philippe Vandel avec, entre autre Isabelle Morin-Dubosc que j’aime bien. Le
dossier de la semaine portait sur les polémistes et, évidemment, sur le plateau, il y avait Eric Zemmour pour qui j’ai toujours eu beaucoup de mépris. Mais finalement, en l’écoutant parler, je me suis demandée si, quelque part, c’était pas un génie. Continuez l’article avant de me taper, hein. Parce que moi-même, de dire ça, j’ai envie d’aller me mettre la tête dans les toilettes et de tirer la chasse mais vous allez voir.
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Qu’est-ce qu’un polémiste ? C’est un mec qui squatte un plateau télé et qui n’est jamais d’accord. Parce que ça fait de la bagarre, des cris, parfois même des invités qui quittent le plateau et après, on passe au zapping, huhuhu. Par exemple, chez Ruquier, on a (ou avait, j’ai pas regardé depuis plus d’un an) Zemmour, donc, à côté de Michel Polac, ce qui fait que parfois, l’invité ne peut même plus parler tant les deux rhétorisent joyeusement sur le sujet. Les polémistes aiment astiquer les inviter, les pousser dans leurs derniers retranchements. Par exemple, dans Pif Paf, ils montrent une passe d’arme entre Romane Bohringer venue défendre le DAL (droit au logement) et le fameux Zemmour qui part sur le « non mais le DAL, ils font venir des gens, c’est du faux ! ». Et Romane de s’énerver et comme elle n’arrivait pas à argumenter, de se lever en secouant les bras. Retour sur le plateau de Pif Paf, Zemmour s’explique : « ce que je veux, c’est qu’elle m’explique pourquoi elle défend cette cause et comme elle n’y arrive pas, elle fait son actrice. » Et là, pour la première fois de ma vie, je me dis que, merde, il a raison. Bien sûr, sur le fond, même si les SDF du DAL n’en sont pas vraiment, j’ai tendance à dire que ce n’est pas le problème. Les SDF, ça existe hors caméra, j’en croise (hélas) tous les jours et je peux comprendre qu’ils aient pas envie d’être exhibés devant les caméras. Mais là, Romane a été incapable de rétorquer quoi que ce soit, de sortir du discours appris par cœur. Bien sûr que la cause du DAL est noble et personne ne peut décemment dire « s’ils n’ont plus de logement, c’est leur faute, au fond, laissons les crever ! ». Justement, défendre une cause entendue veut-il dire qu’on ne doit pas réellement la défendre ? Chaque people a sa noble cause. Après tout, avec toute la tune qu’ils touchent, qu’ils en rendent à ceux qui en ont besoin, c’est limite la moindre des choses. Nos stars défendent tous un truc, chantent tous aux restos du cœur mais parfois, on peut se demander les réelles motivations. Les enfoirés, par exemple, on leur reproche souvent d’en profiter pour faire un peu de promo pour leur dernier album, se faire une image de people soucieux de son prochain et généreux. Ok mais au fond, on peut aider les restos du cœur autrement qu’en achetant leurs CDs.

Mais revenons à nos polémistes. Il est des causes qu’on pense ne pas avoir besoin de défendre, tout comme des opinions dans certains milieux. Par exemple, dans une fac de sciences humaines, sortez un « Sarko est un enfoiré », on vous approuvera. Vous pouvez même le dire sans le penser ou sans savoir bien pourquoi, on vous demandera pas d’argumenter. Et ça m’énerve un peu. J’aime bien que les gens m’expliquent pourquoi ils pensent ceci ou cela. Je suis bien consciente qu’en matière de politique, l’opinion ne se forme finalement que sur une interprétation des faits mais ça n’empêche pas qu’on dépasse le slogan vide de sens pour expliquer un peu pourquoi on en vient à penser ça. Surtout que c’est pas les arguments et exemples qui manquent hein…Et ça marche pour les SDF. Evidemment qu’on veut les aider à avoir un logement décent mais c’est pas tout de le dire. Qu’as-tu à proposer ? As-tu autre chose à dire que c’est dramatique comme situation ? Parce que juste dire ça, c’est à la portée de n’importe quel abruti venu. Et là, je comprends le principe de Zemmour qui s’oppose toujours pour pousser l’artiste qui défend sa cause à dépasser la simple déclaration lénifiante.

Evidemment, pour Zemmour, ses positions anti conformistes et hyper réac font parler de lui. De ce point de vue là, il a tout compris au système. Ceci étant, deux questions se
posent à moi : est-il un hyper réac ou un opportuniste médiatique ? Mais surtout, peut-on soutenir n’importe quelle position juste par jeu polémique ou arrive un moment où notre volonté d’en découdre rentre en conflit avec nos opinions ? Parce que moi, j’aime bien polémiquer, pousser les gens à aller au-delà de la simple phrase choc finalement vide de sens mais je n’arrive pas à aller trop loin, défendre ce qui me paraît indéfendable juste par principe.