Résiliation, exultation

Y a des jours où je me demande qui j’ai pu taquiner dans une vie antérieure pour tout me reprendre aujourd’hui. Oh, rassure-toi, il ne m’arrive rien de dramatique non plus mais je suis un peu fatiguée par les petits mesquineries qui ne me facilitent pas la vie.


Hier soir, je cartonne puisque je déménage samedi et autant te dire que je suis en retard. A un moment, la télé qui tournait en fond se bloque : vive la freebox. Je débranche et rebranche as usual et là, nouveauté : la box ne s’allume carrément plus. La prise a un mois. Je reteste avec les 4 autres prises en ma possession (oui, chez free, il paraît tout à fait normal qu’on change de prise tous les 3 mois et là, ça s’accélère). Rien. Ca tombe bien, j’avais prévu de partir à la concurrence.


Donc voilà, free, je te quitte et je te jure que j’en jouis. Carrément. Pourtant, notre première année fut sans nuage. Je surfais, je regardais la télé, je téléphonais… Une première fois, le téléphone m’abandonna mais une gentille conseillère m’expliqua qu’il fallait réiniatiliser la box de temps en temps. Aaaaaaaaah ok. Mais la crise commença en août 2007 quand après un plantage, la box ne repartit pas. Inquiète, j’appelais la hotline et un monsieur qui semblait parler de très très loin m’expliqua qu’il fallait changer la prise d’alimentation. Ouais, c’est ça. 3 semaines plus tard (ahem), je recevais une nouvelle prise. Ah oui, ça remarche mais plus le wifi par contre. Et cette petite rigolade se renouvela plusieurs fois. La dernière fois, il y a même pas deux mois, re panne donc là, j’en peux plus, j’appelle la hotline en hurlant que je voulais une nouvelle box. Ca fait presque trois ans que je suis cliente chez eux, la mienne est manifestement en train de mourir, je ne vois pas pourquoi on persiste à m’envoyer une nouvelle prise secteur tous les deux mois alors qu’il serait plus simple de changer simplement la box.


Le lendemain, à force de hurler, j’obtiens un technicien. 49 euros ça m’a coûté pour entendre le mec m’expliquer que le problème venait de la prise secteur… Et là, attention, le gentil technicien (car il était sympa, heureusement pour lui car il aurait pris tout le mépris que j’ai pour sa boîte dans la gueule, sinon) m’explique pourquoi je change de prise tous les deux mois : « Elle est fragile la box puis ce n’est pas bon de la brancher sur une multiprise, c’est ça qui l’abîme ». Ah mais oui, bien sûr, suis, je bête, comment n’ai-je pas pensé à prendre une prise rien que sur la box, j’ai teeeeeeeeeeellement de prises alimentation chez moi, pfiou. Rappelons un peu à quoi sert la box : d’abord à aller sur Internet avec un ordinateur, ce qui implique un écran et un pc. Deux prises. En général, avec un ordinateur, on a une imprimante et des enceintes vu qu’elles ne sont pas intégrées dans l’écran, on en est à quatre prises. La freebox fait aussi téléphone, cinq prises. Et elle donne aussi plein de chaînes de télé, six prises. Je vous ferai grâce d’un éventuel lecteur DVD, d’une console de jeu et même de la lampe de bureau.


Conclusion : Free s’engage à me fournir un accès à Internet mais son matériel pourri m’en empêche car là bas, personne n’a pensé au fait qu’à côté d’un boîtier qui donne accès à Internet, à la téléphonie et à des chaînes de télé, il y aurait forcément plusieurs appareils branchés sur la même prise secteur. C’est tellement logique que même moi, j’y pense. Et quand on réclame une nouvelle box, ce qui est logique dans la mesure où je n’ai plus le wifi (j’ai quand même payé 30 euros pour cette foutue carte) et que je suis quand même cliente
depuis 3 ans. Mais non, je reste avec ma rougne.

Alors aujourd’hui, free, je suis ravie, mais alors ravie de t’envoyer ma lettre de résiliation (du con) et j’hésite à y adjoindre cet article (ou équivalent). Je te jure que désormais, quand on me parlera de toi, je n’hésiterai pas à te faire une pub digne de ce nom. Quoi que n’étant pas la seule mécontente, je ne suis qu’une voix de plus dans le brouhaha de tes usagers insatisfaits.

Je ne te salue pas et ne t’envoie pas de salutations distinguées. Je te dis juste que j’ai un peu envie de fracasser ta box pour me défouler et t’envoyer des photos de ma future Neufbox. Non mais…

PS : Je te félicite pour ta dernière campagne de pub qui illustre à quel point tu prends les gens pour des cons à exploiter.


Le politiquement correct nuit-il à la liberté d’expression ?

Au départ, j’avais prévu de te parler d’un sujet léger où il serait question de levrette dans les séries télé mais finalement, ce sera pour la semaine prochaine. Là, je vais plutôt évoquer un sujet qui m’a fait bondir et quand un truc m’énerve, faut que ça sorte.

 

Actuellement à Paris se tient l’exposition « Paris sous l’occupation », des photographies idylliques d’un Paris pendant la guerre prise par le photographe du journal collabo Signal André Zucca. Et voilà que ça polémique : on ne prévient pas assez le visiteur de cet aspect propagandiste et même qu’on voudrait nous faire croire que la France sous l’occupation, c’était pas si horrible. Alors là, ça me gonfle. De un, figurez-vous que pendant la guerre, les gens sortaient aussi de leur maison, avaient une vie… Oui, c’était pas la période la plus heureuse de leur vie mais ces photos montrent aussi une réalité. Sans parler de l’intérêt pédagogique : selon l’angle de vue, on peut montrer tout un tas de réalités. De deux, faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Le contexte de l’époque, on le connaît, c’est même écrit sur l’affiche OCCUPATION. Si les gens qui vont voir l’expo prennent ce qu’ils voient pour argent comptant, on n’y peut rien non plus mais je pense qu’on est tous capables d’avoir suffisamment de recul pour comprendre le choix du photographe.

Cette histoire est une nouvelle anecdote à rajouter au lourd dossier du « le politiquement correct rend con ». J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on vit dans une espèce de parano : quoi que tu dises, fais gaffe car on aura vite fait de te prendre pour un raciste, un homophobe ou pire, un nazi. Ce qui fait que le catalogue des blagues qu’on peut raconter se réduit à peau de chagrin, il nous reste les Totos et les blagues carambar, le reste est choquant. Je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas tout dire et tout faire mais faut
arrêter de pousser mémé dans les orties. Quand je dis par exemple : « ahlala, ces Italiens, tous des dragueurs », je pense qu’il est facile de comprendre que c’est une vanne et ne sort en général pas de nulle part mais je ne pense pas réellement que tous les Italiens sont comme ça. Allez, j’écluse les clichés, comme ça, ce sera fait : les Français sont sales et râleurs, les Ecossais radins, les Anglais boivent du thé at five o’ clock, les Noirs et les Corses sont feignants, les Arabes voleurs, les Asiatiques fourbes, les Espagnols fiers, les Portugais
fort en ménage et maçonnerie, les Grecs sont tous pédés (à se demander comment on peut encore croiser des Grecs, ce doit être héréditaire), les Scandinaves disciplinés, les Japonais racistes… Bon, je vais pas épiloguer 107 ans. Mais la phrase précédente est une horreur : tuez la, elle est xénophobe !

Bon, si on peut se passer des blagues vaseuses sur les nationalités (ou les pédés, les hommes, les femmes…), le cas de cette expo me paraît scandaleux. Il est vrai qu’en France, on a du mal à parler de la collaboration : tous résistants, c’est bien connu ! Montrer que beaucoup de Français continuaient leur vie pendant la guerre, sans résister, mais quel scandale, mon Dieu ! D’ailleurs, tant qu’on y est, on devrait brûler tous les films et tableaux tournés par les Allemands sous le IIIe Reich, des fois que des musées ou des chaînes de télé décideraient de les montrer. Le juif Süss ne doit jamais être montré, c’est une pure horreur. Tant pis si, analysé en cours, ce serait un exemple très pertinent de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. On ne sait jamais, on est tellement cons qu’on est condamné à tout prendre au premier degré.

Bref, y a des jours où la société clean, ça me fatigue un peu. Déjà qu’on n’a plus le droit de critiquer les artistes sans risquer de se prendre un pain dans la gueule, surtout quand c’est Cali. On ne doit plus dire du mal de personne et dès que tu sors des lignes, tu es prié de présenter des excuses. Récemment, Cauet s’est un peu déchaîné contre l’attachée de presse de Sheryfa Luna. En gros, la demoiselle était venue à son émission radio et s’est tirée en plein milieu à la demande de son attachée de presse lui faisant remarquer que c’était l’heure de partir. Or la chanteuse était arrivée une heure en retard et a dû partir avant l’heure prévue. L’animateur s’est énervé, tapant au passage sur les attachées de presse. Bon, ok, c’est du Cauet et ce n’était pas fin mais voilà, on lui demande de présenter publiquement des excuses, ce qu’il a fait. Or pour le coup, même si mettre toutes les attachées de presse dans le même panier n’est pas intelligent du tout, il a raison sur le fond : la chanteuse s’était engagée à être là de telle heure à telle heure et son attachée de presse ne lui a pas permis de respecter son engagement. Et elle, elle n’a pas eu à présenter des excuses publiquement alors que c’est son métier de respecter ce genre d’engagement.

Bref, aujourd’hui, ne dis plus de mal de personne, même si tu le penses, c’est politiquement incorrect. Ne fais pas d’exposition sur la France sous l’occupation, pas plus que sur l’esclavage, la colonisation, on va dire que t’es collabo. Ah, tant qu’à faire, ne fais pas de reportage sur la Chine actuellement, on va dire que tu soutiens ce pays qui nie les droits de l’homme. Heureusement, il nous reste un havre de paix : le dimanche après-midi, regarde Drucker, le pays où tout le monde est beau, gentil, et roupille sur un canapé à côté du
chien de l’animateur.

Pauvre France.