La femme derrière l’homme

Ca fait un petit moment que je voulais écrire cet article, je perds un peu la fraîcheur de l’actualité mais vu qu’il s’agit d’un sujet intemporel, poursuivons. Je voulais parler d’Audrey Pulvar. Oui, la journaliste compagne d’Arnaud Montebourg. Ce point est à retenir car c’est précisément de ça dont je veux parler et plus généralement “la femme est-elle forcément l’alliée politique de son homme ?”. Vous avez 4 heures.

Les connivences sexualo-amoureuses entre journalistes et politiques ne datent pas d’hier, je citerai trois cas célèbres me revenant en mémoire : Anne Sinclair, Béatrice Schönberg et Christine Ockrent. Les deux premières ont dû sacrifier plus ou moins leur carrière par amour, la dernière non. Lorsque Schönberg était présentatrice du JT de France 2, elle a dû céder sa place car on criait au conflit d’intérêt. Quand je dis on, je devrais dire Arnaud Montebourg. Arnaud lui même compagnon d’Audrey Pulvar qui a vu son émission politique radio sauter parce que bon, son mec se présente aux primaires socialistes et qu’il y a conflit d’intérêt. On appelle ça communément un retour de bâton mais peu importe.

Résumons donc un peu la situation telle que je la comprends : toi femme, toi amoureuse, toi avoir abandonné tes propres opinions et libre arbitre. Toi forcément voter pour ton compagnon, toi forcément faire sa promotion. Et de l’autre côté, le spectateur, con comme un balai, va avaler tout ce que tu lui racontes et Montebourg deviendra Président. Ah non… Bon, là, j’ai un peu mal à la tête. Reprenons les choses dans l’ordre :

– avant d’être femme de, une journaliste peut être professionnelle. Et comme tout journaliste, quel que soit son sexe, elle a des opinions préexistentes. Voyez quand j’ai fait des études de journalisme, j’ai pas appris à ne plus avoir d’avis de rien pour être objective. L’objectivité n’existe pas les enfants, c’est un fait. D’ailleurs, on choisit souvent son journal (papier, web ou tv) en fonction de ses affinités. Un pur libéral n’ira pas s’abonner à L’Huma tout comme Philippe Poutou ne s’abonnera sans doute pas au Figaro. Sauf s’ils n’ont que ça à faire de lire la presse mais pour ma part, ce n’est pas mon cas donc j’irai naturellement plus vers des journaux dans ma mouvance politique. Puis j’ai essayé de lire le Figaro Magazine durant ma convalescence l’été dernier, ça a fini par trop m’énerver (j’aime monter sur mes grands chevaux).

– un journal télé est quand même réalisé par une équipe, le présentateur ou la présentatrice n’en est que la représentation visible. Je crois pas qu’Audrey puisse arriver dans une rédaction et dire “bon, on ne parle plus que d’Arnauchounet et de son programme que je trouve forcément parfait parce que je suis sa compagne donc j’ai foutu mes opinions et ma personnalité à la poubelle”.

– si les gens votent pour un homme politique parce qu’ils en apprécient la compagne, la priver d’émissions politiques ne changera rien. Un con reste un con, j’ai envie de dire. Puis je sais pas mais apprécier une personne ne veut pas dire qu’on en apprécie le compagnon ou la compagne.

– Quand est-ce qu’Audrey parle d’Arnaud ? Quand on lui pose des questions dessus. Donc niveau propagande, c’est léger.

Alors revenons sur cette histoire de conflit d’intérêt. Oui même si elle est très professionnelle et qu’elle peut avoir des opinions différentes de celle de son compagnon, c’est dur de faire le distingo entre vie privée et vie professionnelle, non ? Heu bah ça dépend pour qui, Audrey n’avait pas demandé à cesser ses activités de journaliste politique donc je suppose qu’elle arrivait à faire la part des choses. Et puis si le journaliste impliqué dans un couple politico-journalistique était un homme, se poserait-on la même question ? Et quid des journalistes politiquement engagés ? Devrait-on les interdire d’écrire des articles politiques sous prétexte qu’il y a également conflit d’intérêt. Non parce qu’une Audrey qui ne met pas sa vie privée en avant et un journaliste militant, finalement, je me demande lequel est le moins objectif. On s’indigne que mollement qu’un patron d’un grand groupe de presse invite sur son bateau le nouveau président de la République mais une femme qui fréquente un politique n’a plus le droit d’exercer dans ce domaine ? Bah tiens.

Mais c’est bien connu, les femmes épousent forcément la cause de leur homme. Comme Cécilia Sarkozy qui est allée voter pour son mari au 2e tour des présidentielles 2007… Oh wait…

Que ta volonté soit fête!

Par Diane

Attention mesdames et messieurs dans un instant…..
(normalement, si vous n’êtes pas trop jeune, votre cerveau a du automatiquement répondre: « ça va commencer! »)

Vingtenaires, vingtenairettes, j’ai à vous parler aujourd’hui d’un sujet j’oserais dire sérieux, si je ne craignais l’antithèse. La fête. La teuf. La chouille. La nouba et tutti quanti.


Nous vivons une époque étrange, chers lecteurs. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a quelques jours se tenait un peu partout dans nos immeubles une « fête des voisins » (qui soit dit en passant fêtait ses 10 ans, c’est pas formidable ça?).


Dans l’idée: mettons des tables, faisons à bouffer, mangeons, discutons, faisons faire à nos moutards des dessins pour qu’ils en foutent partout dans les couloirs de l’immeuble. Bref, a priori, pas une mauvaise idée en soi. 


Cependant, je n’ai pas eu la moindre demi velléité de m’y rendre et j’ai préféré je l’avoue la compagnie de mon canapé et d’un bouquin. Peut-être n’étais je pas frétillante d’envie de rencontrer les sales mômes qui hurlent et m’empêchent de dormir tous les matins à 6h du mat, ou les atrophiés du bulbe qui prennent les couloirs et l’ascenseur de mon immeuble pour une décharge publique, certes.


Mais il est aussi possible après réflexion que mon manque d’enthousiasme soit dû à autre chose. I’m full.


Je crois que je suis en overdose de festivités.


Sérieusement, posez votre verre de champagne, enlevez le chapeau fluo de votre tête et pensez y deux minutes. Partout où l’on pose les yeux: panneaux urbains, télé, journaux, pubs….. elle est là. Love parade, techno parade,Mickey parade, fête de la seine, fête des voisins, fête du slip, fête de la musique, du théâtre, du cinéma, des philatélistes lapons et numismates auvergnats, les
journées du patrimoine, le centenaire de l’aéro club de Juvisy, l’anniversaire de la naissance du frère de  Rock Voisine, les 40 ans de Voici (dl’a merde), les 50 de Voila (du vent), festival des arts de la rue, de la danse portoricaine ou fête à neu-neu, la foire au vin et à la merguez… Le monde est en train de se transformer en orgie géante. Il fut un temps où l’ordinaire de l’homme était le travail ponctué de quelques fêtes ici et là, et j’ai l’impression que cette tendance est en train de se retourner, et fait de la fête l’ordinaire de l’homme du XXIème siècle. 


Le champagne, tiens. J’ai souvenir que dans ma prime enfance, c’était la boisson « fête », et qu’on buvait du champagne une ou deux fois par an, dans les jolies flutes pour rendre ça officiel. Eh bien étant à la moitié de l’année, j’ai déjà dû voir circuler une soixantaine de bouteilles devant mes yeux depuis janvier! Dès que je dine quelque part, « champagne! » 


Et je vois arriver avec une angoisse certaine cet événement qu’on ne se lasse pas de qualifier de « pluriculturel, intergénérationnel, fédérateur et unificateur » et qui personnellement me file la gerbe: cette orgie festive qu’est la coupe du monde de football. Rien ne plus éloquent comme exemple. Souvenez vous la folie furieuse, l’extase absolue qui s’est emparée de toute la france en 98
(date tellement évocatrice qu’il n’est même pas nécessaire de préciser à quoi l’on fait référence…). ça gueulait dans tous les sens, le pays entier s’était peinturluré les joues en tricolore et arborait le drapeau « travail famille football » aux fenêtres en clamant sa fierté d’être français, au point que la date du 12 juillet a littéralement pulvérisé dans les esprits celle du 14 juillet, la bastille ne faisant pas le poids face au stade de saint-Denis.


Les journalistes sportifs s’étaient alors gargarisés en évoquant le triomphe de l’esprit sportif, de l’universalité du football, alors qu’il est plus que certain qu’ils devaient être au plus 2 % à s’intéresser au sport. La fête, ça fête la fête, et puis basta, qu’importe le support. Nombres de femmes se sont en 98 tout d’un coup passionnées pour le football le temps d’une coupe du monde
pour bien vite revenir sur la terre ferme une fois l’extase retombée.

Et pourquoi alors cette superposition, ce gavage de festivités à n’en plus finir? Est ce que ça nous tiendrait pas occupés pendant que les gens sérieux nous pondent des grosses conneries de réformes qu’on est trop fatigués option gueule de bois pour aller gueuler contre après? (syntaxiquement sublime, cette phrase, non?) Est ce que ça nous ferait pas regarder ailleurs? La fête est
une belle façon de détourner le regard, d’endormir sous l’ivresse et d’empêcher de réfléchir ceux qui pourraient s’opposer, elle est l’aboutissement concret et digéré de la non-pensée, du laisser aller des neurones. Il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser, la rue dégueule de cotillons et de ballons de baudruche qui nous attirent le nez en l’air pour ne pas voir qu’on marche dans la
merde.

Tiens, une petite citation de Bernanos, ça fait jamais de mal: « L’affreux instrument d’abêtissement égalitaire, d’universel nivellement de l’esprit que sont les propagandes, multiplie les idées simplistes aux dépens des idées simples, les deux termes n’étant pas plus synonymes que ceux d’infantile et d’enfantin. Hélas! tout le diabolisme du monde moderne est infantile et simpliste à faire crever de rire les Mauvais Anges. La civilisation Mécanique finira par promener autour de la terre, dans un fauteuil roulant, une humanité gâteuse et baveuse, retombée en enfance et torchée par des robots. »

Bref, c’est bien joli les ballons, mais j’ai l’impression qu’on s’enfonce sérieusement et de plus en plus dans quelque chose qui sent vraiment pas bon.

p.s: Sources> un bouquin d’un monsieur qu’il s’appelle Philippe Muray et qui décrit tout cela en verve et en couleurs.

Front de libération du cunnilingus

A l’occasion de la sortie ultra médiatisée de Sex and the city, le film, les journalistes français ont trouvé un nouveau sujet hyper original : les Françaises ont du sexe. Mais pas juste un missionnaire le jeudi soir à 22h37, non, ce sont des coquines. Elle font des fellations et même pratiquent la sodomie, la bisexualité et tout. Un bloggeur parlant de ça rapidement dans un article, je réponds en comm un « rien de nouveau sous le soleil », en gros. Ça m’amuse toujours l’idée de révolution sexuelle alors que je pense sincèrement que nous sommes bien plus prudes qu’à une certaine époque. Or un commentateur me répond à son tour : « ok Nina mais note quand même que le cunnilingus n’est pas pratiqué par 85% des hommes ».


85% ? Est-ce même possible ? Je calcule… Youpi, moi, j’en suis qu’à 80… Là, c’est le drame. Sous l’impulsion du commentateur, je crée un groupe facebook (front de libération du cunnilingus) mais quand même, cet état de fait m’interroge énormément. Beaucoup de
filles font remarquer que souvent, le mec réclame sa pipe et on est priée de s’exécuter. Fille qui ne suce pas = mauvais coup, c’est mathématique ou presque. Par contre la réciproque est rarement vraie, allez savoir pourquoi. Ben, je veux savoir, justement, pour ne plus être victime d’une telle injustice même si je suis pas pour le « donnant donnant en la matière ». J’ai pas envie d’un cunni bâclé, moi, messieurs.

Bon, penchons sur les excuses avancées par ces messieurs. En premier lieu, l’hygiène. Alors, je ne sais pas qui vous fréquentez mais par chez moi, les filles sont propres. Personnellement, je prends au moins une douche par 24h et si je dois aller dormir chez un monsieur, j’en prends systématiquement une avant. Et je connais énormément de filles comme ça. Donc ça ne compte pas. Et puis pardon mais nous aussi, on peut avancer l’argument de l’hygiène. Sinon, argument ultime qui m’exaspère : les poils. « Non mais tu comprends, j’ai ça sous le nez, c’est pas agréable ». Parce que tu crois que je me suis jamais retrouvée avec un poil entre les dents ou, pire, coincé au fond de la gorge, moi ? Et ben si et j’en suis pas morte. Surtout que ça va, c’est pas parce qu’il reste du poil que je taille pas dans la masse donc ça passe pas. Quant à évoquer une question de goût, je ne suis vraiment, mais alors vraiment pas convaincue que ce soit plus mauvais que votre sperme donc je ne veux même pas entendre cet argument.

Autre idée qui me vient assez spontanément à l’esprit : la délicate localisation du clitoris. C’est petit, mignon mais certains n’ont pas encore compris où ça se trouvait (ou à quoi ça servait, apparemment). Mais alors là, je suis pas sûre de comprendre : la meilleure façon de trouver n’est-elle pas justement d’aller voir de plus près ? Parce que quand on y regarde, il est facile à trouver quand même…

Puis en poussant la réflexion plus loin, je me suis demandée dans quelle mesure je n’étais pas fautive, moi aussi. Je ne parle pas de mon hygiène et de mes poils, non, je parle d’une raison tellement évidente… Tout simplement, je ne le réclame que rarement. Si je me souviens bien, s’il arrive que j’offre une gâterie buccale sans qu’on me le demande, il arrive régulièrement qu’un mec me dise clairement qu’il en a envie. Pourquoi, moi, j’en ferais pas autant. On est quand même deux dans l’histoire et deux à vouloir prendre notre pied.

Maintenant, ultime propagande pour convaincre les récalcitrants qui se cachent parce que les mecs qui veulent choper affirment toujours adorer les cunnis. Mais dans les faits, y en a pas beaucoup qui le font réellement, hein. Donc argument ultime, je disais : ne trouvez vous pas plaisant, messieurs, l’idée de faire jouir une fille juste avec une langue et quelques doigts ? Personnellement, en tant que fille, c’est l’intérêt principal de la pipe : avoir le contrôle total du plaisir du monsieur, le tenir tout entier dans ma main. Le
cunni, c’est vraiment l’outil ultime du mâle dominant.

Allez, tous ensemble, faisons avancer la cause !

Le politiquement correct nuit-il à la liberté d’expression ?

Au départ, j’avais prévu de te parler d’un sujet léger où il serait question de levrette dans les séries télé mais finalement, ce sera pour la semaine prochaine. Là, je vais plutôt évoquer un sujet qui m’a fait bondir et quand un truc m’énerve, faut que ça sorte.

 

Actuellement à Paris se tient l’exposition « Paris sous l’occupation », des photographies idylliques d’un Paris pendant la guerre prise par le photographe du journal collabo Signal André Zucca. Et voilà que ça polémique : on ne prévient pas assez le visiteur de cet aspect propagandiste et même qu’on voudrait nous faire croire que la France sous l’occupation, c’était pas si horrible. Alors là, ça me gonfle. De un, figurez-vous que pendant la guerre, les gens sortaient aussi de leur maison, avaient une vie… Oui, c’était pas la période la plus heureuse de leur vie mais ces photos montrent aussi une réalité. Sans parler de l’intérêt pédagogique : selon l’angle de vue, on peut montrer tout un tas de réalités. De deux, faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Le contexte de l’époque, on le connaît, c’est même écrit sur l’affiche OCCUPATION. Si les gens qui vont voir l’expo prennent ce qu’ils voient pour argent comptant, on n’y peut rien non plus mais je pense qu’on est tous capables d’avoir suffisamment de recul pour comprendre le choix du photographe.

Cette histoire est une nouvelle anecdote à rajouter au lourd dossier du « le politiquement correct rend con ». J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on vit dans une espèce de parano : quoi que tu dises, fais gaffe car on aura vite fait de te prendre pour un raciste, un homophobe ou pire, un nazi. Ce qui fait que le catalogue des blagues qu’on peut raconter se réduit à peau de chagrin, il nous reste les Totos et les blagues carambar, le reste est choquant. Je suis d’accord sur le fait qu’on ne peut pas tout dire et tout faire mais faut
arrêter de pousser mémé dans les orties. Quand je dis par exemple : « ahlala, ces Italiens, tous des dragueurs », je pense qu’il est facile de comprendre que c’est une vanne et ne sort en général pas de nulle part mais je ne pense pas réellement que tous les Italiens sont comme ça. Allez, j’écluse les clichés, comme ça, ce sera fait : les Français sont sales et râleurs, les Ecossais radins, les Anglais boivent du thé at five o’ clock, les Noirs et les Corses sont feignants, les Arabes voleurs, les Asiatiques fourbes, les Espagnols fiers, les Portugais
fort en ménage et maçonnerie, les Grecs sont tous pédés (à se demander comment on peut encore croiser des Grecs, ce doit être héréditaire), les Scandinaves disciplinés, les Japonais racistes… Bon, je vais pas épiloguer 107 ans. Mais la phrase précédente est une horreur : tuez la, elle est xénophobe !

Bon, si on peut se passer des blagues vaseuses sur les nationalités (ou les pédés, les hommes, les femmes…), le cas de cette expo me paraît scandaleux. Il est vrai qu’en France, on a du mal à parler de la collaboration : tous résistants, c’est bien connu ! Montrer que beaucoup de Français continuaient leur vie pendant la guerre, sans résister, mais quel scandale, mon Dieu ! D’ailleurs, tant qu’on y est, on devrait brûler tous les films et tableaux tournés par les Allemands sous le IIIe Reich, des fois que des musées ou des chaînes de télé décideraient de les montrer. Le juif Süss ne doit jamais être montré, c’est une pure horreur. Tant pis si, analysé en cours, ce serait un exemple très pertinent de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. On ne sait jamais, on est tellement cons qu’on est condamné à tout prendre au premier degré.

Bref, y a des jours où la société clean, ça me fatigue un peu. Déjà qu’on n’a plus le droit de critiquer les artistes sans risquer de se prendre un pain dans la gueule, surtout quand c’est Cali. On ne doit plus dire du mal de personne et dès que tu sors des lignes, tu es prié de présenter des excuses. Récemment, Cauet s’est un peu déchaîné contre l’attachée de presse de Sheryfa Luna. En gros, la demoiselle était venue à son émission radio et s’est tirée en plein milieu à la demande de son attachée de presse lui faisant remarquer que c’était l’heure de partir. Or la chanteuse était arrivée une heure en retard et a dû partir avant l’heure prévue. L’animateur s’est énervé, tapant au passage sur les attachées de presse. Bon, ok, c’est du Cauet et ce n’était pas fin mais voilà, on lui demande de présenter publiquement des excuses, ce qu’il a fait. Or pour le coup, même si mettre toutes les attachées de presse dans le même panier n’est pas intelligent du tout, il a raison sur le fond : la chanteuse s’était engagée à être là de telle heure à telle heure et son attachée de presse ne lui a pas permis de respecter son engagement. Et elle, elle n’a pas eu à présenter des excuses publiquement alors que c’est son métier de respecter ce genre d’engagement.

Bref, aujourd’hui, ne dis plus de mal de personne, même si tu le penses, c’est politiquement incorrect. Ne fais pas d’exposition sur la France sous l’occupation, pas plus que sur l’esclavage, la colonisation, on va dire que t’es collabo. Ah, tant qu’à faire, ne fais pas de reportage sur la Chine actuellement, on va dire que tu soutiens ce pays qui nie les droits de l’homme. Heureusement, il nous reste un havre de paix : le dimanche après-midi, regarde Drucker, le pays où tout le monde est beau, gentil, et roupille sur un canapé à côté du
chien de l’animateur.

Pauvre France.

Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

paris_hilton-vote

Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.