Le cinéma fait-il encore rêver ?

Comme je suis une nana au top de l’actualité ou presque, en cette période de festival de Cannes, je me sens obligée de parler cinéma. Enfin, obligée, non, c’est juste que ça m’interroge. Je me demande si le cinéma d’aujourd’hui fait toujours autant rêver qu’autrefois. Non parce qu’à première vue, j’aurais tendance à dire que non.
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Quand on parle cinéma, on pense souvent aux films et acteurs d’un autre temps. Par exemple, je lisais dans un vieux Technikart que le cinéma français peinait à trouver ses nouvelles stars masculines. Qui sont les nouveaux Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon ? Ben… Personne. Le cinéma d’aujourd’hui nous donne beaucoup de stars (en ce moment Dujardin, Cornillac, Cassel, Canet, Magimel) mais ce sont des consommables, ils font deux ou trois films et disparaissent. Ou retournent à la télé. Genre Frédéric Diefenthal. Du côté féminin, c’est pas forcément mieux, ça défile mais ça ne reste pas bien longtemps. Quant aux films actuellement, on ne sait plus bien ce qui fait leur aspect mythique. Par exemple, y a 5 ans, le super film culte, c’était Matrix. Aujourd’hui, je n’en entends plus du tout parler. Y a quelques temps, on avait Mélanie Doutey qui était incontournable, je ne sais pas ce qu’elle devient. Comme Alexandra Lamy, Marina Fois ou même Monica Bellucci.

De fait, la production cinématographique s’emballe, de plus en plus de films sortent donc il devient de plus en plus difficile de tirer son épingle du jeu, certains ne restant pas un mois à l’affiche. L’autre jour, je lisais la chronique hilarante de François Reynaerts sur Spiderman 3. Oui, je sais, suis chiante avec mon François Reynaerts mais c’est mon idole en matière de chronique hilarante. Il disait donc que ce qui était dramatique dans ce genre de film, c’est que le principal argument vente c’est « c’est le film le plus cher de l’histoire du cinéma ». Avant lui, on avait eu Independance Day, qui s’en souvient, sans déconner ? Je crois qu’il y a eu le Seigneur des Anneaux, aussi. Là, par contre, je pense que ces films resteront plus dans les annales mais est-ce dû au film seul ou au fait que ce sont des adaptations de livres cultissimes ? Je me pose la question.
 

Quand vous demandez à des cinéphiles quel est leur film préféré, on vous répond rarement un film sorti ces 5 dernières années. Voire ces 10. Est-ce parce que les films récents ne sont plus de l’art ou est-ce parce qu’on ne gagne le titre de culte qu’après quelques années ? Pourtant quand on regarde des acteurs mythiques comme James Dean, ils n’ont pas tourné 150 films. Bon, ok, Dean, il est mort, Marilyn aussi, c’est peut-être pour ça qu’ils sont mythiques. Mais je sais pas, j’ai globalement l’impression que le cinéma fait moins rêver. Si on regarde le Festival de Cannes, y a quelques années, c’était le rendez-vous incontournable du cinéma mondial, on avait droit à un plateau quotidien de Nulle Part Ailleurs… Aujourd’hui, le festival est de plus en plus boudé par les artistes qui lui préfèrent Berlin, par exemple, ou Venise. Cette année, j’ai pas l’impression qu’on en parle plus que ça, Paris Première a bien mis sa chaîne à l’heure de la croisette mais en dehors de ça…

Je me demande si, globalement, trop de cinéma tue le cinéma, en gros. On a une telle offre qu’on ne peut plus voir tous les films à moins d’y passer ses journées mais pour ça, faut soit être critique ciné, soit chômeur et vu le prix du cinéma… Les films balancés cultes avant même de sortir sont vite oubliés car remplacés très vite par un nouveau « film culte de toute une génération ». Ouais, ma génération, on a tellement de films cultes qu’on sait plus quoi faire des DVD, ensuite. Ok, on est la génération zapping mais nous filer un film culte tous les mois, c’est pas un peu too much ? Faut dire qu’on n’attend plus l’avis du public pour donner ce qualificatif de culte. Sauf que vu qu’on peut pas tout voir, certains films attendus comme le succès de l’année sont de fantastiques fours. Moi j’avoue que ça me fait un peu marrer quand même.
 

Pourtant, des films récents et bons, y en a. Genre Requiem for a dream qui est le seul film à l’heure actuelle à m’avoir fait pleurer. Y a eu pas mal de films de Burton (mais pas tous quand même) qui sont de petits bijoux, d’autres films que j’ai vraiment aimé. Mais souvent, ils sont noyés dans la masse, oubliés à peine sortis de l’affiche. Alors, le cinéma est-il en train de perdre sa capacité à nous faire rêver ?

Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

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Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.

Hommes-femmes : condamnés à s’’affronter ?

Cet été, j’ai lu un petit roman délicieux écrit par l’hilarant François Reynaerts que je porte aux nues. Ce livre, « Nos amis les hétéros », met en scène un journaliste, Basile, pédé de son état, qui rencontre l’Amour avec un grand A. Bon, je vais pas vous raconter le roman, zavez qu’à le lire, il est très drôle en plus et pas mal subtil. Dans ce roman, cependant, Basilou (oui, j’aime les surnoms en ou) observe les couples hétéros qui évoluent autour de lui et se désespère de cet antagonisme perpétuel qu’on essaie de créer et de recréer entre les hommes et les femmes. Et en lisant, je me désespère avec lui.
 
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Prenons le cas d’un couple hétéro. Physiologiquement, les deux individus sont différents : elle a des seins et un vagin, il a un pénis et des testicules… Bon, bref, hommes et femmes, c’est pas pareil, ça se voit au premier coup d’œil. Mais bon, je vais pas te faire un dessin, je sais que tu es intelligent, lecteur, tu aurais pu trouver ça tout seul. Mais caractériellement parlant, c’est pas forcément non plus la même chose. On nous dresse une liste des caractéristiques typiquement masculines et féminines, la science nous explique même qu’on n’utilise pas le cerveau de la même façon. J’en ai déjà parlé, je vais pas reprendre la théorie. Seulement, aujourd’hui, je n’ai plus la sensation que les rôles soient bien arrêtés dans les couples : les hommes cuisinent, les femmes bricolent et vice et versa. Bref, aujourd’hui, l’attribution des tâches dans le couple ne se fait plus forcément par rapport au sexe mais par rapport aux appétences de chacun. Après tout, si la femme adore passer la tondeuse et trafiquer le moteur de la voiture alors que monsieur est un dieu de la blanquette de veau, autant que chacun s’exprime là où il est doué. Y a bien qu’Eric Zemmour pour s’en alarmer. D’ailleurs, faudra un jour que je lise son bouquin, histoire de m’énerver un peu !
 
En plus, aujourd’hui, un couple ce n’est plus forcément un homme et une femme et je parle pas de triolisme ! Et quand je parle à Gauthier de ses hommes, il a les mêmes problèmes que moi avec les miens (enfin, à peu près), il ne les comprend pas mieux que moi. Et si on comprenait enfin que les problèmes de couple ne viennent pas d’une question de genre mais une question de deux caractères qui cohabitent avec les soucis que ça peut parfois engendrer ? Des fois, après une déception amoureuse, je dis « bouhouhou, je vais me faire lesbienne ! Quoi que non, je tomberais sur une garce ». Parce que le problème, ce n’est pas l’Homme mais l’individu qui partage ma vie. On peut pas s’accorder avec tous les caractères, c’est comme ça mais si je sortais avec une fille qui a un caractère totalement contraire au mien, ça ne marcherait pas mieux.
 
Et pourtant, et pourtant… L’autre soir, je me baladais sur le net et je suis tombée sur les blogs des nanas de Ladys’ night, l’émission pseudo Sex and the city de Paris-Première.
L’une d’elle a d’ailleurs avoué que tout était bidonné et qu’elles jouaient des rôles et franchement, ça m’étonne pas, ça sonnait super faux. Bon, c’est pas le sujet. L’une d’elle, Marie-Laurence, celle qui avait une voix super pénible, va sortir un livre sur les hommes. Bon, déjà, une nana qui explique par A+B sur son blog que la sodomie, une fille ne l’accepte que pour faire plaisir à son homme car elle n’en retire aucun plaisir et que ça lui fait mal, j’ai un peu peur… Bon, donc, cette demoiselle a rédigé un ouvrage « tout savoir sur le femmes » et prépare la version masculine avec des questions aussi existentielles que, je cite (oui, je caricature même pas !) : « Pourquoi sifflent-ils? » ou encore « Pourquoi ne déboutonnent-ils par leur chemise avant de l’enlever? ». Oh putain, des questions vraiment essentielles ! Je suis sûre que si je sais pourquoi un mec déboutonne pas sa chemise, je pourrai vivre avec un individu de sexe masculin sans problème.
 
Et notre amie Marie-Laurence n’est pas la seule. Déjà, ado, dans les ok podium et autre Jeunes et jolies, on nous expliquait les garçons. Pourquoi il font ça et pas ça et pourquoi
ils disent ça et pas ça. Des fois, je lisais et je me disais « merde, je suis un vrai mec ! ». Parce que moi aussi, des fois, je m’endors après une brouette, parce que moi aussi, des fois, j’ai des « je t’aime » qui ne veulent rien dire qui peuvent m’échapper pendant l’acte, parce que moi aussi, des fois, je siffle (mal), que je marche les mains dans les poches et que même, il m’arrive de pas déboutonner ma chemise et que je l’enlève par la tête.
Alors pourquoi on veut toujours dresser les hommes comme les femmes, nous expliquer qu’on est pas faits pour s’entendre mais qu’il faut faire des concessions pour mieux nous
entendre. Parce que comme dirait Sophie Marceau dans L’Etudiante « tous les hommes sont menteurs, toutes les femmes jalouses… » et je sais plus quoi. Oui, j’ai des références culturelles qui tuent. Mais à force de toujours dresser les hommes contre les femmes, ne risque-t-on pas d’inventer des incompréhensions et conflits qui n’existent pas. Ne pourrait-on pas admettre que les hommes et les femmes ne sont pas radicalement différents ? Et qu’on arrête un peu de lister nos différences pour essayer de nous aider à vivre ensemble. Des hommes et des femmes vivent ensemble depuis des siècles et des siècles, pourquoi les pseudos-psys de librairie viennent tout compliquer avec leurs théories fumeuses ? Je vous le demande !