Hommes-femmes : condamnés à s’’affronter ?

Cet été, j’ai lu un petit roman délicieux écrit par l’hilarant François Reynaerts que je porte aux nues. Ce livre, « Nos amis les hétéros », met en scène un journaliste, Basile, pédé de son état, qui rencontre l’Amour avec un grand A. Bon, je vais pas vous raconter le roman, zavez qu’à le lire, il est très drôle en plus et pas mal subtil. Dans ce roman, cependant, Basilou (oui, j’aime les surnoms en ou) observe les couples hétéros qui évoluent autour de lui et se désespère de cet antagonisme perpétuel qu’on essaie de créer et de recréer entre les hommes et les femmes. Et en lisant, je me désespère avec lui.
 
 amis-heteros
Prenons le cas d’un couple hétéro. Physiologiquement, les deux individus sont différents : elle a des seins et un vagin, il a un pénis et des testicules… Bon, bref, hommes et femmes, c’est pas pareil, ça se voit au premier coup d’œil. Mais bon, je vais pas te faire un dessin, je sais que tu es intelligent, lecteur, tu aurais pu trouver ça tout seul. Mais caractériellement parlant, c’est pas forcément non plus la même chose. On nous dresse une liste des caractéristiques typiquement masculines et féminines, la science nous explique même qu’on n’utilise pas le cerveau de la même façon. J’en ai déjà parlé, je vais pas reprendre la théorie. Seulement, aujourd’hui, je n’ai plus la sensation que les rôles soient bien arrêtés dans les couples : les hommes cuisinent, les femmes bricolent et vice et versa. Bref, aujourd’hui, l’attribution des tâches dans le couple ne se fait plus forcément par rapport au sexe mais par rapport aux appétences de chacun. Après tout, si la femme adore passer la tondeuse et trafiquer le moteur de la voiture alors que monsieur est un dieu de la blanquette de veau, autant que chacun s’exprime là où il est doué. Y a bien qu’Eric Zemmour pour s’en alarmer. D’ailleurs, faudra un jour que je lise son bouquin, histoire de m’énerver un peu !
 
En plus, aujourd’hui, un couple ce n’est plus forcément un homme et une femme et je parle pas de triolisme ! Et quand je parle à Gauthier de ses hommes, il a les mêmes problèmes que moi avec les miens (enfin, à peu près), il ne les comprend pas mieux que moi. Et si on comprenait enfin que les problèmes de couple ne viennent pas d’une question de genre mais une question de deux caractères qui cohabitent avec les soucis que ça peut parfois engendrer ? Des fois, après une déception amoureuse, je dis « bouhouhou, je vais me faire lesbienne ! Quoi que non, je tomberais sur une garce ». Parce que le problème, ce n’est pas l’Homme mais l’individu qui partage ma vie. On peut pas s’accorder avec tous les caractères, c’est comme ça mais si je sortais avec une fille qui a un caractère totalement contraire au mien, ça ne marcherait pas mieux.
 
Et pourtant, et pourtant… L’autre soir, je me baladais sur le net et je suis tombée sur les blogs des nanas de Ladys’ night, l’émission pseudo Sex and the city de Paris-Première.
L’une d’elle a d’ailleurs avoué que tout était bidonné et qu’elles jouaient des rôles et franchement, ça m’étonne pas, ça sonnait super faux. Bon, c’est pas le sujet. L’une d’elle, Marie-Laurence, celle qui avait une voix super pénible, va sortir un livre sur les hommes. Bon, déjà, une nana qui explique par A+B sur son blog que la sodomie, une fille ne l’accepte que pour faire plaisir à son homme car elle n’en retire aucun plaisir et que ça lui fait mal, j’ai un peu peur… Bon, donc, cette demoiselle a rédigé un ouvrage « tout savoir sur le femmes » et prépare la version masculine avec des questions aussi existentielles que, je cite (oui, je caricature même pas !) : « Pourquoi sifflent-ils? » ou encore « Pourquoi ne déboutonnent-ils par leur chemise avant de l’enlever? ». Oh putain, des questions vraiment essentielles ! Je suis sûre que si je sais pourquoi un mec déboutonne pas sa chemise, je pourrai vivre avec un individu de sexe masculin sans problème.
 
Et notre amie Marie-Laurence n’est pas la seule. Déjà, ado, dans les ok podium et autre Jeunes et jolies, on nous expliquait les garçons. Pourquoi il font ça et pas ça et pourquoi
ils disent ça et pas ça. Des fois, je lisais et je me disais « merde, je suis un vrai mec ! ». Parce que moi aussi, des fois, je m’endors après une brouette, parce que moi aussi, des fois, j’ai des « je t’aime » qui ne veulent rien dire qui peuvent m’échapper pendant l’acte, parce que moi aussi, des fois, je siffle (mal), que je marche les mains dans les poches et que même, il m’arrive de pas déboutonner ma chemise et que je l’enlève par la tête.
Alors pourquoi on veut toujours dresser les hommes comme les femmes, nous expliquer qu’on est pas faits pour s’entendre mais qu’il faut faire des concessions pour mieux nous
entendre. Parce que comme dirait Sophie Marceau dans L’Etudiante « tous les hommes sont menteurs, toutes les femmes jalouses… » et je sais plus quoi. Oui, j’ai des références culturelles qui tuent. Mais à force de toujours dresser les hommes contre les femmes, ne risque-t-on pas d’inventer des incompréhensions et conflits qui n’existent pas. Ne pourrait-on pas admettre que les hommes et les femmes ne sont pas radicalement différents ? Et qu’on arrête un peu de lister nos différences pour essayer de nous aider à vivre ensemble. Des hommes et des femmes vivent ensemble depuis des siècles et des siècles, pourquoi les pseudos-psys de librairie viennent tout compliquer avec leurs théories fumeuses ? Je vous le demande !

La télé nous prend-elle pour des cons ?

Il y a des jours où je suis émerveillée par la télé française, en particulier les émissions genre télé réalité mais pas comme la Star Ac (déjà que…) mais ces espèces d’émissions documentaires avec de vrais gens dedans comme « on a échangé nos mamans » ou je ne sais plus quoi d’autre. Facile à faire, pas cher, tout bénef’ pour la chaîne.

 
L’autre soir, je regarde distraitement la fameuse « on a échangé nos mamans », une émission qui me fascine, ou presque. Ce n’est pas l’émission en elle-même, c’est le
concept. Comment on peut décemment accepter de se prêter au jeu ? Comment peut-on accepter de faire subir à ces gamins (souvent petits) ce traumatisme ? Je me souviens d’une femme qui pleurait toutes les larmes de son corps car elle abandonnait son bébé. Oui, il faut savoir que dans cette émission, on aime les femmes qui pleurent. Mais là, désolée, je vais pas être triste pour elle, je n’ai jamais entendu dire que les gens participaient de force à cette émission. Donc je me demande ce qui pousse les gens à faire ce genre de truc, d’autant qu’on sait très bien que les deux familles seront montrées du doigts : parents trop laxistes contre parents trop autoritaires, toujours ! Il y a plus ou moins les gentils et les méchants. A la limite, je veux bien croire que ces familles veulent montrer leur façon de vivre et devenir un modèle du genre mais je crois surtout que c’est la seule volonté de passer à la télé. Vous noterez que j’ai pas d’enfants mais je crois que je ne voudrais absolument pas les foutre devant une caméra. Non mais ils doivent être un peu traumatisés, quand même…

Ceci étant, je me demande dans quelle mesure tout ça n’est pas complètement bidon. Dans l’émission que j’ai vue, deux familles sur les quatre (sur deux épisodes) n’avaient pas la télévision. Et là, je tique : mais comment ils peuvent participer à une émission de télévision qu’ils ne regardent pas ? En connaissent-ils même l’existence ? Y avait par exemple un couple avec dix enfants très vieille France (mais alors vieille, même Jeanne Calmant n’a pas connu) : mais comment ces gens ont-ils pu avoir vent d’une telle émission ? Arrêtez de vous foutre de nous, là, c’est trop gros. Et puis, le schéma est toujours le même : les nouvelle mamans ne s’entendent pas avec le conjoint de leur remplaçante, elles passent leur temps à dire : « je ne comprends pas comment ils peuvent vivre comme ça ! » mais elles adorent les enfants qui, en général, le leur rend bien. Enfin, les petits, les ados, ils sont plus cons. En général, les enfants des « méchants » adhèrent aux principes de vie de la gentille maman mais l’inverse n’est pas vrai. Et puis les mamans, elles pleurent, elles pleurent, tout le temps. Et qu’est-ce qu’on aime les montrer ses larmes de crocodile, on les passe même au ralenti, au cas où le spectateur n’aurait pas compris. Déjà, là, oui, la télé nous prend pour des cons. Sur cette émission, j’avais vu un arrêt sur image avec un participant qui expliquait que le montage ne montrait que les conflits, les engueulades, les personnes sont caricaturées au possible. Exemple : la scène importante de l’émission, c’est quand les mamans arrivent dans la maison vide et découvrent leur nouvel univers. Mais comment on peut laisser une inconnue pénétrer notre univers comme ça ? Ça me dépasse. Et même, pour la bonne femme qui se retrouve dans une maison inconnue toute seule, c’est d’un glauque… Donc l’équipe tourne et pousse la maman à commenter la décoration et le « manuel de vie », un petit texte présentant la vie quotidienne de la famille, soigneusement rédigée par l’équipe qui souligne bien les différences de vie. Genre la maman athée lit le manuel de vie : « nous faisons la prière tous les soirs avant le repas, c’est impératif. » Et là, forcément : « Non mais c’est quoi cette famille ? ». Et si la nouvelle maman peut dire que l’autre famille a une déco de merde, c’est génial, c’est vendeur, c’est top. Tout ça est trop gros pour être vrai.

Autre émission qui m’a interpellée, un truc tout nouveau appelée « les bonnes manières ». Alors, là, c’est le défilé des clichés ! En gros, on prend des nanas totalement vulgaires pour en faire des demoiselles de la haute société. Les trois quarts sont blondes décolorées, elles se maquillent à la truelle et disent « putain, ta race comme je le kiffe trop » toutes les trois minutes. Evidemment, elles sont coiffeuses, vendeuses ou secrétaires et mâchent du chewing gum, ce qui donne : « Oh putain, gniak gniak, comme elle me prend trop la tête, gniak gniak. Ça me saoule, gniak, gniak, putain ta mère ! ». Et puis ces pauvres filles sont moches. C’est pas charitable de dire ça, je sais, mais c’est vraiment le prototype de nanas que je trouve pitoyable, qui croient qu’un haut pailleté moule-bourrelet et des bottes rend sexy. Aucune classe, aucun charme. Mais que de rimmel ! Je suis sûre qu’elles perdent trois kilos au démaquillage. Et puis alors les deux coiffeuses ont une coupe de cheveux, aïe ! Moi, ma coiffeuse, elle est classe, j’adore sa façon de s’habiller (dans le style cop copine) elle a une coupe parfaite… orange mais ça lui va bien. Là, nos deux coiffeuses ont des cheveux épouvantables, fourchus, coupés à la tronçonneuses avec des racines très visibles. Je veux pas dire mais si une fille m’accueille comme ça dans un salon, je pars en courant. Enfin, quand je vois ça, je me dis que je suis contente de pas être coiffeuse, je pense que je l’aurais mal pris…

Et alors on y va dans les clichés : la fille de Marseille qui rêve de se marier et de faire des enfants, la lesbienne de Montauban, la nana du 9-3, la merdeuse parisienne qui allume tout ce qui bouge, même la plante verte, la beurette de Barbès qui fout la merde. Oui parce que la sauvageonne est forcément colorée, c’est M6… Et là, je me dis : non mais ils se foutent de nous ! Prenons le cas de Céline, la tellement garçon manquée qu’on dirait vraiment un mec, elle n’a même pas de seins. Ceci étant, dommage que ce soit pas un mec, il aurait été bien mignon. Cette demoiselle est l’une des plus sympathiques du lot, essentiellement parce qu’elle ne parle pas, ce qui lui évite de dire « putain sa race » tous les deux mots. Ceci étant, qu’est-ce qu’elle fout là ? La gagnante de l’émission doit participer à un super bal genre le bal des débutantes… Notre amie masculine n’a jamais mis une robe de sa vie, j’ai du mal à croire qu’une telle personne ait envie de participer à cette émission. Des 8 candidates, y en a qu’une qui me paraît vraiment jolie et peu vulgaire, mais elle ne parle pas beaucoup non plus.

Côté « aristocratie », que dire ? Les profs ont tous un balai dans le cul et puent la naphtaline. Y a une dame qui les invite à un cocktail dans un château voisin, c’est vraiment la vieille aristo cliché, qui ouvre la bouche en rond quand elle est choquée, qui ne cesse de reprendre les candidates gentiment. Alors, il faudra qu’on m’explique, au passage, pourquoi il ne faut pas dire « bonne journée » avant de couper court à une conversation téléphonique. Moi, quand on me le dit pas, je trouve ça impoli. Mais le mieux, ce sont les aristos invités au cocktail de la vieille, des hommes libidineux qui sont « princes de Russie » comme moi, je suis duchesse de Pologne et qui ne sont là que pour se sauter les candidates. D’ailleurs, celles-ci se feront traiter de « filles faciles » par les profs car elles ont fait la bise à nos princes libidineux. Pourtant, aucune coucherie n’a été signalée dans le jardin de la vieille.

Toutes ces émissions me font l’effet d’un « trop ». Trop gros, trop caricatural, c’est pas possible. Bien sûr, une vendeuse de fringues vulgaire à Barbès, ça existe. Evidemment, une famille très vieille France, ça existe aussi. Mais tous ces clichés collés les uns sur les autres dans une même émission, ça me fait douter. Alors je scrute, je cherche la faille. Le travail de montage est nickel, le tout porté par la BO de Requiem for a dream (non mais quel gâchis). Déjà, à l’époque, il avait été démontré que des acteurs participaient à « C’est mon choix ». Non, sans blague ? Je me serais pas doutée, tiens ! Idem pour l’émission de déballage sur une chaîne du câble (RTL9, je crois), des Belges qui récitent bêtement leur texte : « quoi-tu-m’as-trompé ? » « Oui-je-t’ai-trompé. » « Que-je-suis-malheureux, je-ne-pensais-pas-que-tu-me-ferais-ça » « Oui-mais-tu-as-une-petite-bite ». C’est tellement mal fait que c’est même pas drôle.

La télé nous prend-elle pour des cons ? Oui ou alors je ne suis pas en phase avec les gens qui ne ratent aucun numéro de cette émission, en tirant des leçons pour leur vie. La seule leçon que je retiens, moi, c’est que je n’exposerai jamais mes gamins comme ça. Enfin, ces émissions marchent, c’est donc que les gens y croient… A moins que ce soit moi qui suis trop parano.