Pas de vertu, pas de viol

A présent que cette histoire DSK ne fait plus la une des journaux, j’aimerais revenir sur un point qui m’a rendue dingue : le lien entre la vertu supposée d’une victime de viol et la probabilité qu’elle soit réellement victime.

vierge-marie.JPG

Parce que Nafissatou Diallo a des relations troubles, elle passe du statut de victime à celui de pute, littéralement. Oui, la présomption d’innocence est une donnée aléatoire, ça s’applique plus facilement à un ex futur Président de la République qu’à une femme de ménage noire et musulmane. Oui Nafissatou a un passé trouble, elle n’est pas irréprochable. Est-ce pour autant qu’elle est protégée de toute tentative de viol ? De la même façon, un de mes contacts Facebook a diffusé une photo de Tristane Banon avec des amis dont un qui lui touche les seins. Et donc ? C’est une chaudasse ? Ça disculpe automatiquement son présumé agresseur ?

chaudasse.jpg

En 2011, on n’avance pas. Une victime de viol ne peut etre crédible que si elle a un comportement chaste avant et après l’agression. Avant, on le sait tous, une mini-jupe est forcément un appel au viol. Qu’une femme ait envie d’être jolie est un droit, de même que celui de dire non quelles que soient les circonstances et les personnes en présence. Le corps d’une femme (mais aussi d’un homme, ne les oublions pas) n’appartient qu’à elle et elle en dispose comme bon lui souhaite. Si elle souhaite en exhiber une partie, est-ce une raison pour nier l’horreur dont elle a été victime ? Une femme violée, quelles que soient les circonstances, ressent toujours une culpabilité : pourquoi me suis-je habillée ainsi ? Pourquoi n’ai-je pas plus résisté ? Elle n’a pas besoin des regards réprobateurs à la limite du « tu l’as bien cherché ».

JOUR-JUGEMENT.jpg

Et après ? Et après Dieu Merci la vie continue. Il y a un traumatisme à surmonter, avec ou sans aide. Seulement une victime de viol a aussi le droit d’avoir une vie sexuelle. Même si son corps a été pris de force, il lui appartient toujours et le fait qu’elle reprenne une vie sexuelle, qu’elle parle de sexe de façon badine ne signifie pas qu’il n’y a pas eu agression par le passé.

plastie_abdominale_longue_cicatrice.jpg

J’ai dans mon entourage des femmes qui on été victimes et qui porteront toujours une blessure dans leur chair, une cicatrice. J’en ai connu aussi (enfin une) qui m’ont inventé une histoire de viol pour gagner mon affection (raté, j’ai un détecteur à mythos et je ne me trompe jamais). De prime abord, les victimes sont des filles comme moi avec leurs histoires de cul et de cœur. La page n’est jamais totalement tournée mais elles vont de l’avant.

livre-corne.jpg

Alors dans la mesure où rien n’est prouvé ni dans un sens ni dans un autre, un peu de décence serait la bienvenue. Il y a des douleurs suffisamment fortes pour ne pas y rajouter un manque de tact renforcé par un machisme primaire vomitif.

Le concept du hug friend

Il y a des jours où la vie nous éreinte un peu. Dossier interminable, pigeon chieur (je me suis faite agresser deux fois en à peine plus d’un mois par ces foutus volatiles, je sens qu’il y a conspiration), grosse fatigue, grosses contrariétés… Bref, je vous fais pas de topo, on a tous vécu ces journées où on rentre chez soi lessivé avec la seule envie de trouver des bras amis pour vous faire un câlinou. Quand on a une moitié, c’est facile mais quand on est célibataire, hein ?

LASSITUDE.jpg

Evidemment, on a un vecteur de câlin tout trouvé : le chat. Le chat est câlinou mais le chat est aussi très caractériel. S’il a décidé que ce n’était pas l’heure de faire des câlins, tu peux te brosser Martine. Force est de constater que chez moi, c’est elle qui décide quand faire un câlin (plutôt à 7h du matin quand je dors du sommeil du juste que quand je sors de la salle de bain parfumée, elle a horreur de ça) et je dois m’y plier. Combien de fois j’ai voulu lui faire un câlin parce que je pleurais et que j’avais besoin d’un chouia d’affection mais non, tu me mouilles avec tes larmes vilaine humaine, lâche-moi ! Donc le chat est un bon plan sur le papier mais dans les faits, c’est foireux.

chat-veste.jpg

L’autre soir, alors que mon coeur saignait encore un peu après un nouveau coup de poignard, je réfléchissais à ce concept. J’ai dans mes contacts un ex qui préfère les câlins à la bagatelle et j’ai hésité à lui proposer une soirée « juste câlins ». Je trouve l’idée sympa sur le papier : on passe une soirée tranquille à se câliner mais rien de plus. Enfin, on
peut aussi parler, boire un verre, mater un DVD mais le but n’est pas le sexe. Parce que des fois, t’es tellement vidée que l’idée de remuer ton corps au rythme des coups de butoir de ton partenaire te donne envie de t’évanouir de fatigue.

grosse-fatigue.jpg

Le concept est sympa mais il comporte pas mal de petits vices. En premier lieu et pour faire une transition parfaite avec le paragraphe précédent : le sexe. Déjà, va trouver un hug friend. Ce n’est pas si facile d’autant que les adhérents des sites de rencontre en ligne sont plus intéressés à l’idée de remplir leur carnet de conquête que par celle de faire un câlin chaste et pur. Pas tous mais 95%. Evidemment, l’un n’empêche pas l’autre sauf que d’expérience, la plupart des queutards du web tirent leur coup et se barrent la capote encore humide autour de la queue. Mais le problème inverse se pose aussi. Reprenons le « je m’évanouis de fatigue à l’idée de faire du sexe ». Je me connais, je sais que je suis une victime quotidienne du coup de barre post job. Et encore, je ne prends pas les transports en commun pour rentrer chez moi… Sauf qu’une fois ce coup de barre passé, me revoilà en forme. Et pour peu que mon hug friend soit appétissant, je risque d’être émoustillée par lesdits câlins. Ce qui ferait de lui un sex buddy (j’aime cette expression). Sans parler du fait que sexe+câlin, ça brouille la donne, on ne sait plus bien à la fin si on est copains de câlin, amants, amoureux…

dormir_deux.jpg

Mais surtout, c’est un concept réconfortant mais égoïste. Comme se gaver de chocolat ou boire pour oublier mais la différence majeure, c’est que ça n’ennuie personne (pour peu que je le fasse seule mais je ne partage pas mon chocolat). Là, ça suppose que mon hug friend doit me réserver la soirée pour me consoler de ma duuuuure journée sans même être
sûr d’avoir une récompense physique. Bon, normalement, c’est un échange de bon procédé (moi aussi je viendrai te câliner) mais y a des soirs où on a juste envie d’avoir la paix et à moins de faire partie de mon top of the top de mes amis, y a peu de chance que j’annule ce que j’avais prévu pour te câliner. Et je ne suis guère dispo en ce moment.

droste_clock-300x300.jpg

Alors, je crois que j’ai trouvé la solution ultime :

huge-teddy.jpg

Un vrai attrape-poussière ok mais aucun risque de désaffection pour cause de parfum ou de « tu m’as déjà donné mes croquettes », pas de risque de dérapage sexuel alors que t’as pas envie, pas de situation compliquée et il est toujours dispo.

Mon anniversaire venant de passer, tu as le droit de me l’offrir quand tu veux.

Rackham le rouge

Par Enzo

« Suis-je normal ? » La question que beaucoup de monde se pose souvent. Enfin je crois. Il parait que c’est normal d’ailleurs ! Bref, cette fois ci, la grande
question existentielle m’est apparu suite à la lecture récente d’un article de Naughty Girl ainsi qu’un de Nina. Non pas que leurs articles ont provoqué une révélation, mais plutôt car ce sont les gouttes qui ont fait débordé le vase étiqueté « l’amour pendant les menstruations ».

Dans ces derniers articles et dans bien d’autres, ainsi que dans la culture télévisuelle, il semble que l’amour pendant les règles soit proscrit, avec une grande raison tellement logique qu’elle n’est jamais explicité. D’où mon désarroi. Et la question existentielle « suis-je normal à ne pas trouver cela logique ? ». Suis-je un serial killer en herbe à ne pas crier au dégout du contact sanguinolant ?

Reprenons les choses de manière logique (enfin de la manière de mon esprit) :

  • – Les menstruations ne provoquent pas a priori d’obligation de ne pas sexer (à moins que j’ai loupé des cours de biologie)

A partir de là, la chasteté prétendue de ces périodes seraient dues à :

  • – Des règles douloureuses. Mais il ne me semble pas que cela soit la majorité.
  • – Une envie moindre. Mais là encore il ne me semble pas que cela soit la majorité, certaines mêmes racontent que c’est le contraire.

D’où peut venir donc cet avis unanime alors ?

  • – Un dégout. J’ai l’impression qu’il s’agit de cela. Encouragé culturellement. Et notamment publicitairement (vous vous souvenez les trucs contre les
    menstruations aux trente-six parfums ?).

Mais on peut avancer que ce dégout est une grande hypocrisie : comment peut-on être dégouté par un peu de sang quand d’un autre coté on pratique la sodomie par exemple ? Est-on dégouté lorsque l’on se coupe le doigt et qu’un peu de sang perle ? Bien sûr, on pourrait dire qu’il s’agit juste de protéger le lit/canapé/tapis/autre d’un produit tachant. Mais même là il est possible d’utiliser une serviette ou tout autre objet protecteur.
Bref je suis dans l’incompréhension quant à l’évidence de ces multiples réactions. Dites-moi, suis-je normal ? Ou suis-je juste un pervers qui ne recule devant rien pour sexer ?

P.S. : je ne me lancerais pas sur le thème comme quoi il n’y a aucune contre-indication médicale à la prise en continu de la
pilule
(et donc qu’il s’agit peut-être d’un asservissement culturel), la polémique sera pour une autre fois !

La nouvelle vierge

C’est moi. Rassurez-vous, respirez, je n’ai pas décidé de me faire recoudre l’hymen : de un j’ai pas les moyens, de deux, je vois pas l’intérêt. Et de trois, je sais même pas si j’avais un hymen au départ car s’il s’est déchiré, il l’a fait tout en douceur et je n’ai rien senti. Oui, ça existe des filles qui n’ont pas d’hymen ou plutôt qui ont un hymen sans membrane. Mais peu importe, le sujet de cet article n’est pas mon hymen. (vous êtes rassurés, je suppose).
 
Comme j’expliquais l’autre jour, en ce moment, ma libido frôle le néant absolu. Normal, c’est l’hiver et j’ai la tête à autre chose. Je n’ai aucune envie de partir à la conquête de qui que ce soit et de tenter de nouvelles expériences à l’heure actuelle. Moi, je veux me glisser dans mon lit le soir avec mon pyjama en pilou pilou (je n’en ai pas mais c’est pour l’image) avec un bouquin, une tisane et mon chat, même pas épilée. De plus, avec Guillaume, on a décidé de passer d’une amitié brouettesque à une amitié tout court donc les possibilités de brouette pour les prochains jours, semaines ou mois sont réduites à néant. Certes, il me reste encore Laurent, un coup de fil et il vient m’honorer comme il se doit mais je n’en ai pas envie, mais alors pas du tout.
 
J’ai donc décidé de me refaire un peu une virginité. D’abord, j’ai besoin de mon énergie pour trouver du travail, leitmotiv obsédant de ces dernières semaines, voire mois. Je ne crois pas que brouetter toute une nuit va m’aider à me lever tôt le matin pour chercher du travail ou écrire des articles (sérieux, pas pour le blog). Et puis si je regarde la chronologie des derniers mois, je n’ai pas passé un mois sans avoir de rapports sexuels réguliers ou non, j’ai enchaîné deux relations plus ou moins exclusives (Arnaud puis Guillaume) donc une petite pause s’impose. Le travail d’abord, le sexe ensuite.
 
Par ailleurs,si on prend l’adage : plus je le fais, plus j’ai envie de le faire (ce qui est plutôt vrai), je perdrais un temps fou à courir après de nouvelles brouettes. Pas le temps, pas le temps. Puis j’ai envie de me poser un peu, passer de bras en bras, c’est bien un temps, c’est éminemment flatteur mais en ce moment, c’est pas du tout ce que je veux. Dans l’idéal, j’aimerais une vraie relation pas trop prise de tête mais j’ai totalement la flemme de chercher et je ne suis pas sûre que ce soit le moment idéal pour construire quoi que ce soit dans ma vie privée. Le boulot d’abord, le boulot d’abord.
 
Et puis, toute cette énergie que je dépensais en brouette, je vais la mettre dans le sport ? Oui, la brouette, c’est du sport mais une brouette par semaine ou par mois ne vaut pas une heure de stepper par jour.
 
De plus, l’abstinence, parfois, ça fait du bien. Sur le forum JNSM, beaucoup de filles sont en « abstinence volontaire » et je les comprends. Le sexe, c’est bien, je ne dirai jamais le contraire, mais c’est tout aussi bien de se poser à un moment et de ne plus pratiquer. D’abord parce que les soirées à bouquiner, c’est tout aussi bien. Ensuite vaut mieux faire une pause que se jeter au cou du premier venu pour quelques galipettes qui ne seront pas forcément divines. J’ai fait ça il y a quelques temps, je sais très bien de quoi je parle. Quand je vois le plaisir que j’ai eu avec Guillaume avec qui j’avais une réelle complicité, je me dis que c’est dommage de se donner à n’importe qui. Le sexe, c’est trop bon pour être bâclé. Et puis reprendre une activité sexuelle après une (petite) pause, c’est redécouvrir certaines sensations, c’est bon. C’est comme la première tartine de Nutella ou la première cuillère d’Haagen Dasz après un régime : c’est tout simplement orgasmique. Et oui, pour apprécier les bonnes choses, il faut savoir s’en priver parfois. Je sais, se jeter sur un pot de Nutella après un régime, c’est idiot mais c’est juste une image.
 
Cette pause, j’en ai besoin. Je crois que quelque part, la frénésie sexuelle des derniers mois m’a un peu fatiguée et j’ai envie de me refaire une santé. Je ne regrette rien mais je dois me recentrer un peu, voir de quoi j’ai envie et avec qui, ne pas me donner au premier venu parce que « une brouette, c’est une brouette ». Ces derniers mois m’ont prouvé que je plaisais, que j’étais jolie et désirable (oui, avant, j’en doutais) et de vivre de jolies histoires. Même les histoires les plus glauques sont matières à enseignement donc pas de panique. J’ai encore des désirs et fantasmes que j’aimerais assouvir (sans que ce soit une obsession) mais nous verrons ça plus tard.
 
Et puis curieusement, je me sens séduisante en ce moment donc aucun besoin de séduire pour me rassurer. Samedi, je me regardais dans la glace, cheveux pas peignés, pas maquillée… Ben je me trouvais jolie quand même. Ça peut paraître bizarre mais pas besoin d’homme dans ma vie, je suis belle sans eux, aussi. Par ailleurs, j’ai la sensation inexplicable que ma prochaine histoire sera quelque chose d’énorme, autant pas me précipiter sur le premier venu… Surtout que Guillaume est passé de la case « amant » à la case « meilleur ami hétéro qui veut pas que je sorte avec n’importe qui ». Il va falloir que je lui communique le pedigree de tous mes prétendants, maintenant… En même temps, c’est réciproque, je vais surveiller ses histoires aussi, j’ai pas envie que n’importe qui me succède dans ses bras.
 
Bref, en somme, je vais profiter un peu de cette période de solitude pour devenir une fille géniale (je le suis déjà un peu, hein) et irrésistible, avec un métier qui rapporte des sous, une femme active des années 2000 comme on les désire. Et parce qu’une fille géniale ne peut attirer qu’un mec génial, mon prochain mec sera forcément bien.
 
Enfin, comme j’ai dit à Gauthier hier : « je me demande combien de temps je vais avoir envie de rester chaste » !

Julien, épisode 2

(J’ai commencé cet article il y a un mois, je le termine aujourd’hui. Le premier épisode : Julien)
 
Samedi soir, je suis seule avec ma télé et mon chat, c’est pas la joie mais on fait avec… Dire que la semaine dernière, à cette heure-ci, j’étais au resto japonais avec trois copines (dont Linga et Athéna), on rigolait, mon humeur était au zénith. Ce soir, mon humeur n’est pas franchement au top, j’ai comme une envie d’exploser mais j’ai beau engueuler ma télé, elle s’en fout (je vais pas crier après mon chat, quand même !). Evidemment mon humeur fluctuante a une principale cause, pour ne pas dire unique : Julien.
 
Ben merde, me voilà « in love » !
Nous en étions resté à notre première rencontre meetic qui fut pour le moins ratée. Suite à ce fiasco, je lui avais écrit un mail pour m’excuser de mon attitude… Pourquoi j’ai agi comme ça ? Je ne suis même pas sûre mais je crois que de voir ce grand gaillard tout mal à l’aise m’a touchée, ça m’a remuée plus que je n’aurais cru. Le week-end suivant, je retourne dans ma région natale pour couvrir un match, dans le cadre de mon stage : je me dis qu’à quelques 700 kilomètres de lui, je vais bien finir par y voir plus clair. Mais, raté, il m’obsède ! Est-ce que c’est parce qu’il m’a repoussée ? Est-ce juste une simple question d’ego ou c’est plus que ça ? Un mois plus tard, je n’en sais toujours rien.
 
Le dimanche, je me mets sur Internet et voit Gauthier, je me trouve inspirée et je mets comme pseudo : « Mon cœur est en proie au désarroi » (oui, je suis poète à mes heures perdues). Quelques temps après, qui vient me parler ? Julien ! Au départ, je ne souhaitais pas lui parler, j’avais écrit un mail de « déclaration » que je comptais lui envoyer le mardi car le lundi soir, j’avais un rendez-vous crapuleux… On commence à discuter d’amour et il me dit des choses magnifiques, je suis encore plus troublée qu’avant, je ne sais plus du tout quoi faire. Ce qu’il me raconte me fait vibrer, je montre cette conversation avec Victoire qui partage mon opinion.
 
Retour chez moi et, comme par hasard, mon rendez-vous crapuleux s’annule de lui-même, le monsieur étant balancé dans une autre ville pour la semaine, pour son travail. Ainsi, le soir, plutôt que de faire des folies de mon corps, me voilà à nouveau sur MSN. Julien se connecte tard, je vais lui parler et nous avons une conversation assez amusante, un peu coquine mais ça reste relativement soft. On s’échange des photos et, au cours de la discussion, je lui propose de se charger de mon chat lors de mon prochain week-end en vadrouille.
 
Mon atout drague : mon chat
Le lendemain, j’arrive au boulot et j’apprends que je suis réquisitionnée le week-end pour couvrir un match à Clermont-Ferrand donc je me connecte aussitôt sur meetic pour envoyer un mail à ce cher Julien (je n’avais pas d’adresses mail valide), il me répond le soir même qu’il en sera ravi. On se donne donc rendez-vous le samedi matin pour qu’il vienne chercher mon chat à domicile (on habitait à 500 mètres l’un de l’autre, à ce moment-là). Il arrive à 11h30, je lui propose gentiment de boire quelque chose, on discute un peu tandis qu’un drame se joue dans ma cuisine. Pour les gens qui n’ont jamais mis les pieds chez moi, j’ai une machine à laver très…bruyante et mouvante, on dira. Donc on hurle pour couvrir le bruit de ma machine quand il me propose : « tu veux passer chez moi voir où ton chat va habiter pendant le week-end ? » Pensez bien que j’ai accepté ! Je me lève et, là, je découvre le drame : ma machine à laver a quitté son emplacement pour se placer devant le frigo, arrachant au passage les tuyaux et un panneau de bois de mon placard, la catastrophe intégrale. Il me propose gentiment de m’aider à réparer les dégâts mais je préfère qu’on aille chez lui, histoire de pas casser l’ambiance.
 
Et nous voilà partis avec le chat et ses affaires, on arrive chez lui, appartement super sympa mais vide. En fait, son ex était partie 3 mois plus tôt avec ses affaires, à savoir tous les meubles de l’appart ou à peu près… Il me propose gentiment un verre, on s’installe sur sa terrasse et on commence à parler en regardant la pluie tomber, il me remplit mon verre et me voilà vite pompette, malgré les pop corn qu’il a préparés pour éponger un peu tout ça. Il faut savoir que ce jeune homme fait 30 bons centimètres de plus que moi et autant de kilos donc forcément, je ne faisais pas le poids. Il me dit des jolies choses, m’avoue qu’il me fait confiance… Je me sens tellement bien avec lui, j’aime la façon dont il me regarde, me sourit. Il me glisse pas mal de sous-entendus coquins, par exemple : je lui expliquais que, pour les femmes, le strip-tease masculin n’a rien de bien excitant vu que ça a toujours un côté « spectacle pour hommes qui aiment les hommes ».
 
Il y a quelques années, j’étais allée en boîte avec Gauthier et sur des écrans géant passaient des vidéos des Chippendales. A un moment, l’un des deux mangeait avec délectation une grappe de raisin sur le ventre d’un autre (quand je vous dis que ces spectacles n’ont rien d’hétéro !). Je raconte donc ça à Julien qui me répond du tac au tac, avec un regard franchement troublant : « Et toi, ça te plairait de manger du raisin sur le ventre d’un mec ». Je ne sais pas exactement quelle tête j’ai fait à ce moment-là mais ça devait être très drôle, je devais être rouge comme une tomate, le regard vitreux à cause de l’alcool et je sors bafouillante : « Heu…ben…euh, je sais pas, c’est pas trop mon truc… » En fait, c’est un peu une erreur car lui, c’est franchement son truc ! Bon, on continue à papoter comme ça puis on repart, lui au supermarché, moi chez moi. Arrivé devant le supermarché, on continue encore à discuter, je suis franchement saoule et rigole pour un rien. On se fait une première bise mais on continue à parler et soudain, il se penche sur moi pour me faire une bise, j’ai été un peu surprise et perds un peu l’équilibre, je m’appuie contre lui, mes mains sur ses épaules… On finit notre conversation, il me promet de m’appeler dimanche pour me donner des nouvelles de mon chat, on se dit à nouveau au revoir mais définitivement, cette fois-ci : il a rendez-vous à 15 h avec un ami…et il est 15h ! Je rentre chez moi, saoule et heureuse.
 
C’est qui, cette pouffe ?
Le dimanche, je couvre mon match puis je m’installe à l’hôtel pour la nuit, j’attend son coup de fil qui ne tarde pas… Mmmmm, sa voix, je l’adore, elle est grave et douce à la fois, mmmmm… On discute normalement et là, je me prends une claque monumentale : il me glisse dans la conversation qu’il n’a pas dormi seul la nuit précédente (et il ne parlait pas de mon chat).  On finit la conversation et je raccroche, je me retrouve seule dans une ville que je connais pas… Je me jette sur le téléphone et appelle Victoire qui me dit que je me fais peut-être des idées, il a peut-être partagé sa couche avec une copine sans qu’il se soit rien passé, Gauthier va dans ce sens-là aussi mais je suis sûre qu’il a couché avec une fille.
 
Je rentre dans ma ville super énervée, décidée à avoir une explication. J’attends donc qu’il me ramène mon chat mais aucune nouvelle de lui donc je finis par lui envoyer un texto pour savoir quand il comptait passer. Quelques temps plus tard, je reçois un coup de fil de sa part : il est encore au boulot, il ne sait pas quand il sortira mais il me tient au courant. 23h30, coup de fil : « je sors du boulot, je passe te rendre ton chat ou pas ? » Oui, merci. En attendant, je trafique sur Internet.  Soudain, j’entends des bruits bizarres, au dehors (j’habite au rez-de-chaussée côté rue), je crois en connaître l’origine : effectivement, c’était Julien qui s’amusait à miauler devant ma fenêtre. Bon, dès qu’il me sourit, je n’ose plus rien lui dire. Il rentre un petit quart d’heure et, évidemment, à ce moment-là, son téléphone : c’est sa pouffe. Je tire une gueule pas possible pendant les 2 minutes que durent l’appel puis je lui dis poliment que s’il veut passer, il sait où j’habite et là, il me fait : « ouais, je m’incrusterais et je resterai sur le canapé quand tu seras avec ton mec. Au pire, je tiendrai la caméra ». Selon Gauthier, j’aurais dû répondre : « mais je n’ai personne ! » mais comme j’étais édifiée, j’ai dit : « non, ça ira ! ».
Il part et je suis énervée contre moi, je joue avec mon chat puis je me dis que je dois lui écrire un mail pour lui demander à quoi il joue avec moi mais pas de suite : j’ai planifié une brouette avec Benoît, mon plan cul régulier. Oui car quand je suis déçue par quelqu’un, je me venge comme je peux. Je sais, c’est nul mais c’est ma façon d’agir, je n’en rougis pas. D’ailleurs, après ma brouette (pas forcément très brillante), ça m’a permis de relativiser les choses, je n’ai pas envoyé mon mail, finalement. Que me doit-il ? Rien. Comment pourrais-je lui reprocher d’avoir couché avec une fille alors que, moi même, je n’ai pas été d’une chasteté exemplaire ? Pourtant, le vendredi soir, je le vois sur le net et comme je dois à nouveau quitter ma grotte, on convient qu’il passera récupérer mon chat chez moi, je planque un double des clés à son intention dans mon immeuble.
 
Je plane…
Le dimanche soir, il m’appelle pour me demander le code de ma porte d’entrée et où se trouvent mes clés, puisqu’il n’a pas eu le temps de lire mon mail… Moi qui avait fait l’effort d’être spirituelle, pffffff !
 
Nous voilà reparties dans une grande discussion comme à notre habitude puis il me demande si je dois redescendre dans ma région d’origine à la mi-août car il a de la famille par là et descendra à ce moment-là. Je nous imaginais déjà, cheminant côte à côte sur MON territoire, dans la ville où j’ai tant de souvenirs…
 
Je raccroche, toute guillerette, cette perspective de se promener ensemble dans ma ville me donne des ailes. Je rentre trois jours plus tard chez moi, après avoir vu mes amis blogueurs (Anne, Lucie, Clara et Gauthier), j’essaie de joindre Julien mais la voix métallique et impersonnelle d’une dame (la même qui me parle à la gare) m’explique que le numéro n’est plus attribué. Commençant à stresser, je l’appelle directement chez lui et tombe sur son répondeur (mmmm, cette voix). Le temps passe et je commence sérieusement à m’inquiéter, tous mes contacts MSN (Victoire, Linga, Gauthier, Louis et même Benoît) sont mis au courant de mon désarroi : où est passé Julien ? Victoire et Linga échafaudent les pires théories pour me rassurer (il l’a vendue au restaurant chinois du coin, elle est morte et il a tué son portable pour plus que tu arrives à le joindre…), je commence à imaginer les miennes (un méchant a voulu lui voler son portable, il s’est fait renverser par une voiture, il est mort et mon chat se retrouve tout seul…)… Bref, c’est la panique totale ! Enfin, vers 22h30-23 heures, je le vois qui débarque sur MSN (mon pseudo lui était déjà dédié), il branche la webcam et je le vois en train de faire des câlins à mon chat, bien vivant et en pleine forme.  Le drame est donc évité de peu !
 
Il finit par me la ramener et je ne sais comment, me voilà en train de lui tirer les cartes pour son avenir professionnel et sentimental. Bon, lecteur, je ne te cache rien : pour son avenir professionnel, quelques obstacles, pour son avenir amoureux, tout irait bien s’il patientait encore un peu. Ce tirage me ravissait car il n’était pas question de rencontre et qu’à ma connaissance, il ne fréquentait personne. On discute, il me gratifie de nombreux compliments dont le plus beau : à un moment, on parle de mon chat et je lui dis qu’elle est mon portrait craché : minuscule, merdeuse, bavarde et câline. Et il rajoute : « et puis, elle est super belle ». Moi, modeste : « Je ne sais pas si je peux dire que je suis super belle… » « Si, tu peux. » Là, j’ai dû visiter toutes les couleurs de l’arc en ciel ayant de bafouiller un : « merci ». Puis on continue à discuter de choses et d’autres, il me demande si je porterais une bague s’il m’en offrait une… Seigneur, je plane, je suis aux Anges ! Mais toujours rien, on se fait la bise, il part.
 
…Et je tombe.
Ensuite, c’est la chute. Pendant une quinzaine de jours, on ne communique plus : il déménage, il n’a plus le net. Un soir, je reçois un mail de sa part très courtois me demandant de mes nouvelles et me racontant son déménagement, je suis folle de joie car Victoire me disait qu’il n’était pas correct de pas me donner signe de vie. Le voilà qui arrive sur MSN et nous parlons encore d’amour avec un A majuscule. Il me dit qu’il veut m’inviter à manger pour que je vois son nouvel appartement…Seigneur, c’est donc qu’il m’aime ! Il se déconnecte et là, plus de nouvelles donc prenant mon courage à deux mains, je lui envoie le texto suivant (sous les conseils de miss Victoire) : « Bon, qu’est-ce que tu attends pour m’inviter à dîner ? 😉 Bisous ». Réponse : il n’y en a pas eu. Je lui avais également envoyé un mail quelques jours plus tôt au sujet de la garde de mon chat pour le week-end suivant et rien, pas de réponse. Or, en traînant sur meetic, j’ai vu qu’il s’était connecté sur le site donc, là, je deviens folle de rage et je mets comme pseudo MSN : « Les individus à pénis m’exaspèrent ». Je le bloque mais Gauthier m’explique qu’il ne peut pas voir mon nouveau pseudo MSN puisque je l’ai bloqué… Donc je le débloque et comme je le vois en absent, je me dis : je le laisse quelques minutes puis je le rebloque (mon pseudo s’étant remis à jour entre temps sur sa liste de contacts). Sauf que son absent était un faux, le voilà qui me parle gentiment et branche sa webcam pour me faire des grimaces… Et voilà comme toute mon agressivité envers lui se disloque.
 
J’en étais là lorsque j’ai commencé à écrire cet article mais le lendemain, mon cœur a volé en mille éclats. Il revient me parler sur MSN, je ne sais plus comment ça vient mais voilà soudain qu’il me lâche : « oui, tu vois, moi, avec la personne que je fréquente… » Quoi ? Que lis-je ? Un poil agacée (doux euphémisme), je lui réponds : « Ah bon, tu fréquentes quelqu’un, toi ? » Et bien oui, une jeune femme rencontrée sur meetic, une infirmière d’Auvergne. Et là, comme une grande, alors qu’il était clair qu’il ne s’intéressait pas du tout à moi, voilà que je lui déballe tout, tout en tenant Gauthier au courant de l’autre côté. Pourquoi m’a-t-il fait tous ces compliments, alors ? Car il les pensait mais il n’a pas eu le déclic, avec moi…Je t’en foutrais, des déclics ! Sur le coup, je suis en colère, vexée mais pas triste. Ainsi voilà le fin mot de l’histoire : ma passion pour ce jeune homme n’était qu’une bête réaction d’orgueil, Victoire me l’avait dit. Linga l’avait vu dans ses cartes aussi mais je n’avais pas voulu l’écouter…
 
Un mois plus tard, je me demande d’où est venu cet embrasement pour ce garçon. Il est charmant, certes, adorable… Mais maintenant que je suis sur le point de me mettre à la colle avec un mec tout aussi gentil et charmant (Arnaud, pour ceux qui n’auraient pas suivi), je me rends compte que j’ai pas envie de m’engager. En fait, je pense avoir trouvé la solution dans mon autopsychanalyse. Comme dirait mon horoscope dans je ne sais plus quel journal : « vous êtes amoureuse de l’amour ». C’est tout à fait ça, j’aime bien être amoureuse, peu importe de qui. Maintenant que je m’en suis rendue compte… je ne suis plus amoureuse de personne et je ne suis pas plus malheureuse. Après la révélation de mes sentiments, Julien est venu me parler deux ou trois fois sur MSN par politesse et pour vérifier que je ne boudais pas. Cependant, il ne se connecte plus en ce moment (ou alors quand je sors, ce qui est très fréquent) et je ne sais pas si ça marche avec son infirmière ou pas…En fait, j’avoue que je m’en fous. C’est fou comme un garçon qui m’a rendue dingue pendant un mois me laisse froide aujourd’hui… Décidément, l’orgueil nous pousse à faire de drôles de choses.