La vie d’un Américain vaut-elle plus que celle d’un Africain ?

Ou d’un Afghan ou d’un Irakien. Ceci étant, je dis Américain mais je devrais dire occidental.
Hier nous étions donc le 11 septembre, 10 ans qu’Al Qaïda a frappé les Etats-Unis, un traumatisme pour le pays qui l’intègre désormais dans toutes les séries, y a toujours un mec qui a connu un mec mort lors du 11 septembre, ce genre de choses. Ok, normal, ce fut violent. Sauf que de voir tout l’Occident se tenir la main à l’unisson pour commérorer la tragédie 10 ans après, ça m’agace légèrement. Oui, ce fut dramatique, des tas de gens sont morts, des familles brisées… Mais tous les jours, des tas de gens meurent dans des guerres provoquées notamment par les Etats-Unis (Afghanistan, Iraq), à cause d’une famine terrible qui ne semble pas vraiment émouvoir l’Occident… Mais ça, ça ne mérite pas tant d’émotion.



D’où ma question : la vie d’un civil somalien, irakien ou afghan vaut-elle moins que celle d’un Américain ? La semaine dernière, 19 personnes sont mortes dans un attentat en Inde commandité par AL Qaïda. Combien de morts ont été causés par le terrorisme pakistano-indien ? Je ne le sais pas mais si on les additionne, je ne doute pas qu’on se rapproche du bilan du WTC mais tout le monde s’en fout. Et j’avoue que ça me rend dingue. Oui, les Etats-Unis ont été victimes dans cette histoire, je n’en doute pas. Sauf que combien de morts ont-ils ensuite causés dans des guerres qu’ils sont infoutus de gagner ? Le 11 septembre nous aura prouvé que l’hyper puissance américaine n’est plus, du moins sur le plan militaire. Finalement, ils sont plutôt mauvais en guerre…

Je suppose qu’il y a un effet d’identification fort. Les Américains, ils sont plus “comme nous” que les Irakiens, Somaliens, Indiens… On les voit tous les jours à la télé à nous raconter des histoires où ils sont les meilleurs du monde, tellement forts qu’ils foutent même les extraterrestres hors de notre atmosphère. On les connaît, on les aime ou on les déteste mais ils ne nous laissent pas indifférents. Alors que les autres, si on regarde pas Envoyé spécial quand ils y passent ou quelques reportages de France 5, on ne sait rien sur eux. Ils n’ont pas la même culture, tu comprends, on peut pas se mettre à leur place, ils ne raisonnent pas pareil. Les HIndous, tu vois, ils pensent que si t’as une vie de merde, c’est que tu as un bien mauvais karma et c’est bien fait pour toi. Sans parler du fait que eux, la misère, c’est leur quotidien, les gens qui meurent dans la rue et tout alors ça doit pas les toucher. Nous, on a de vraies préoccupations avec nos crises boursières, la course au AAA …


Evidemment, tout n’est question que d’exposition médiatique. De façon individuelle, nous ne sommes pas tous fascinés par les dramas américains ou franco-français, beaucoup ne perdent pas de vue que des centaines de gens meurent quotidiennement en Somalie-Ethiopie et que l’affaire DSK n’est qu’un feuilleton en comparaison. Sans parler des bourses qui se croient sur un grand huit. Nous ne sommes pas tous guidés par les médias qui nous montrent là où on doit regarder, nous n’avons pas l’indignation et l’émotion sur commande. Je me pose néanmoins la question : les médias parlent généralement de ce qui intéresse les gens, j’ai vu les gens s’agiter sur Twitter autour du 11 septembre, j’ai entendu le couple derrière moi en parler au Monoprix pendant que je faisais la queue. Chacun raconte ce qu’il faisait le jour J. Faut dire que pour la peine, on ne manque pas d’images, on a vécu le drame en direct et ça, c’est vrai que ça restera dans les annales. Peut-être est-ce parce que, justement, on a vécu le drame à travers nos télés qu’on se sent directement concernés… Je ne sais pas.

Malgré tout, si on pouvait consacrer le dixième du temps que l’on a consacré aux dix ans du 11 septembre à ceux qui sont en train de crever dans l’indifférence aujourd’hui, je me sentirais peut-être un petit peu moins mal à l’aise face à cette compassion qui ne semble réservée qu’aux Occidentaux.

Fais péter la jupe

Il y a des combats auxquels on ne pense pas forcément et qui, une fois sous ton nez, te rendent limite hystérique. Mi mai éclate la fameuse affaire DSK et soudain, les députées (non, je n’ai pas fait de faute) trouvent que c’est un bonne occasion pour parler : à l’hémicycle, mieux vaut éviter la jupe. Qu… quoi ? Je vais m’étrangler d’indignation et je reviens.

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Je l’avoue, je ne suis pas une adepte de la jupe car je ne trouve pas ça très pratique. Je suis quelqu’un qui gigote beaucoup, qui ne s’assoit que très rarement correctement ce qui implique que si je mets des jupes, la personne face à moi finira forcément par entrevoir la couleur de ma culotte. Et c’est le genre d’infos que je préfère réserver à un public choisi (ouais, enfin, si on compte les copines du vestiaire de plongée plus celles de mon futur club de sport… En fait, tout le monde peut voir ma culotte). Et puis même, pour marcher, rien ne vaut le pantalon ou le short. Oui parce que je n’ai rien contre le fait de dévoiler mes gambettes, surtout en été donc short. Et pourtant, je me rends compte qu’aujourd’hui, porter la jupe est un acte limite politique, une audace féministe incroyable. Et à bien y réfléchir, si je mets plus de jupe aujourd’hui, c’est parce que j’en ai eu marre de me faire emmerder par le passé.
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Je me souviens d’un jour d’août 2002, je bossais dans un organisme de crédit comme vacataire et j’avais mis une robe-salopette que j’aime beaucoup. Un peu courte mais toute mignonne, pas provocante pour deux sous. Après la journée de travail, je suis allée en ville, à Toulouse, pour je ne sais quelle raison et là, ce fut un festival de sifflements et remarques à l’avenant. Le pire étant le soir quand, allant voir Anne, un mec un peu bizarre commençait à me marmonner que j’avais de belles jambes. Ce jour-là, j’ai pensé “plus jamais la jupe!”.

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Et ça fait chier. En tant que jeune femme, j’aime être jolie, apprêtée, c’est mon droit le plus élémentaire. Pourquoi me suis-je faite si jolie ? Pour moi, peut-être pour un lui. Peut-être qu’un homme dans la rue me trouvera jolie, c’est son droit le plus absolu, il peut même le dire. Sauf qu’il y a dire et dire. Je m’énervais vendredi sur cette histoire de vertu, on en revient là. J’ai la vague sensation que plus les jambes et/ou les seins sont dénudés, plus on perd le respect le plus élémentaire. En gros, j’ai une jupe, je suis une pute. Ou tout du moins une salope. Je trouve dramatique qu’en France, pays civilisé, une femme puisse être regardée de travers parce qu’elle met une jupe, préfère enfiler un pantalon et un col roulé car elle a un entretien avec un homme de type libidineux. Parce que manifestement, une femme est un être de séduction, on ne peut rien faire sans que ça excite le mâle. Mâle qui est lui-même un animal en perpétuel rut, si j’ai bien compris, puisque la vue de gambettes semble lui faire croire que tout est permis. Et puis une main au cul, c’est mignon, c’est bon enfant, huhuhu.

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Alors je crois que je vais me remettre sérieusement à porter des jupes avec un message très clair : si je n’ai pas rendez-vous avec toi dans un resto romantique après quelques semaines à se tourner autour, il n’y a que très peu de chances que cette jupe soit là pour t’exciter. Ceci étant, avec ma balafre de 13 cm sur le genou, je suis pas sûre d’exciter grand monde pour le moment…

Pas de vertu, pas de viol

A présent que cette histoire DSK ne fait plus la une des journaux, j’aimerais revenir sur un point qui m’a rendue dingue : le lien entre la vertu supposée d’une victime de viol et la probabilité qu’elle soit réellement victime.

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Parce que Nafissatou Diallo a des relations troubles, elle passe du statut de victime à celui de pute, littéralement. Oui, la présomption d’innocence est une donnée aléatoire, ça s’applique plus facilement à un ex futur Président de la République qu’à une femme de ménage noire et musulmane. Oui Nafissatou a un passé trouble, elle n’est pas irréprochable. Est-ce pour autant qu’elle est protégée de toute tentative de viol ? De la même façon, un de mes contacts Facebook a diffusé une photo de Tristane Banon avec des amis dont un qui lui touche les seins. Et donc ? C’est une chaudasse ? Ça disculpe automatiquement son présumé agresseur ?

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En 2011, on n’avance pas. Une victime de viol ne peut etre crédible que si elle a un comportement chaste avant et après l’agression. Avant, on le sait tous, une mini-jupe est forcément un appel au viol. Qu’une femme ait envie d’être jolie est un droit, de même que celui de dire non quelles que soient les circonstances et les personnes en présence. Le corps d’une femme (mais aussi d’un homme, ne les oublions pas) n’appartient qu’à elle et elle en dispose comme bon lui souhaite. Si elle souhaite en exhiber une partie, est-ce une raison pour nier l’horreur dont elle a été victime ? Une femme violée, quelles que soient les circonstances, ressent toujours une culpabilité : pourquoi me suis-je habillée ainsi ? Pourquoi n’ai-je pas plus résisté ? Elle n’a pas besoin des regards réprobateurs à la limite du « tu l’as bien cherché ».

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Et après ? Et après Dieu Merci la vie continue. Il y a un traumatisme à surmonter, avec ou sans aide. Seulement une victime de viol a aussi le droit d’avoir une vie sexuelle. Même si son corps a été pris de force, il lui appartient toujours et le fait qu’elle reprenne une vie sexuelle, qu’elle parle de sexe de façon badine ne signifie pas qu’il n’y a pas eu agression par le passé.

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J’ai dans mon entourage des femmes qui on été victimes et qui porteront toujours une blessure dans leur chair, une cicatrice. J’en ai connu aussi (enfin une) qui m’ont inventé une histoire de viol pour gagner mon affection (raté, j’ai un détecteur à mythos et je ne me trompe jamais). De prime abord, les victimes sont des filles comme moi avec leurs histoires de cul et de cœur. La page n’est jamais totalement tournée mais elles vont de l’avant.

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Alors dans la mesure où rien n’est prouvé ni dans un sens ni dans un autre, un peu de décence serait la bienvenue. Il y a des douleurs suffisamment fortes pour ne pas y rajouter un manque de tact renforcé par un machisme primaire vomitif.

DSK, reviendra, reviendra pas…

D’ordinaire, le samedi, je fais l’économie d’un article ou j’écris une bafouille plus légère que la meilleure des crèmes chantilly. Mais aujourd’hui, y a quelque chose qui me turlupine et j’ai besoin de prendre ma plume virtuelle. Pour une fois, j’arrive pas à avoir un avis tranché et argumenté et ça m’agace.

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Revenons donc sur l’affaire DSK, le coupable devenu presque innocent hier (rappelons nous que les poursuites continuent, il n’est pas innocenté pour le moment), la victime de l’impitoyable machine judiciaire américaine et d’une dealeuse de drogue blanchisseuse d’argent. Je ne suis toujours convaincue par aucune des versions, en fait. Un piège ? Il y a sauté dedans à pieds joints alors que quelques jours plus tôt, il disait justement qu’il savait qu’on pourrait lui tendre un piège sur ce point. Et une femme qui n’a pas un comportement irréprochable est-elle protégée contre toute tentative de viol ? Je veux dire on peut blanchir de l’argent et être malgré tout victime d’un pervers surexcité. Je ne sais pas. Je n’y étais pas dans cette chambre. Passons sur ce doute somme tout légitime pour arriver au point essentiel de mes interrogations : Strauss Kahn reviendra-t-il ?

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Petite politique fiction : le 18 juillet, Strauss Kahn est blanchi et le PS a retardé ses primaires au cas où. Osera-t-il présenter sa candidature ou se placera-t-il derrière un candidat genre Martine… Sans aucun mauvais jeu de mot. J’ai du mal à croire à un tel retour en grâce et je n’arrive pas à me décider à y voir une bonne ou une mauvaise chose. Peut-être est-il effectivement innocent et il est légitime qu’il reprenne sa vie mais tout ça reste un peu frais. Si pour les primaires, mon candidat était déjà choisi (même si ce serait bien qu’il mette un peu la pédale douce, je commence à être fatiguée de le voir partout), imaginons que DSK revienne, prenne la place de Martine aux primaires (elle sera bien ravie de lui céder à ce qu’il me semble) et l’emporte. Peut-il devenir président moins d’un an après une affaire de moeurs même s’il a été blanchi ? Nul doute que ses adversaires ne l’attaqueront pas sur le sujet mais je ne peux m’empêcher de me poser la question. Cette histoire est-elle la pire chose qui pouvait arriver au PS ou un simple aléa bien négocié ?

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En fait, je n’arrive pas moi-même à trancher. Voterais-je Strauss Kahn aux présidentielles ? Aurais-je confiance en un homme manifestement gouverné par sa quéquette qu’il trempe un peu partout ? D’un autre côté, il a bien le droit de s’envoyer toutes les femmes consentantes de la Terre, du moment qu’il le fait sur son temps libre. A ce que j’en sais, ses
grands besoins sexuels ne l’ont pas empêché d’être un bon directeur du FMI. Puis a-t-on le droit d’opposer comme argument un grand appétit sexuel pour remettre en cause les compétences politiques d’un homme ? Ca n’a juste rien à voir et de ce que l’on sait de nos ex Présidents, beaucoup avaient la bite entre les mains, prêts à conquérir de nouveaux horizons… Elle est un peu étrange cette phrase mais je la laisse. Pourtant, j’ai du mal à y croire. J’ai un peu peur de la suite. Si DSK revient et que les militants PS le choisissent, ne garantit-on pas la voie royale à Sarko qui n’en demandait pas tant ? Car peu importe l’homme et ses compétences, comme dit ma mère : “il n’y a pas de fumée sans feu” et même s’il est lavé de toute accusation, restera le poids de la suspicion.

Non ?

On avait dit « pas le physique » !

Par Enzo

Ecoeurant. C’est le mot qui me vient à la lecture de certains articles et déclarations à propos de l’affaire DSK en cours (je doute avoir besoin de faire une introduction informative sur le sujet). Au delà du doute que l’on peut appliquer à toute chose (Descartes mon amour), au dela de la solidarité que l’on peut témoigner envers un proche accusé (l’irrépressible « mais il était si gentil ! » des proches de tueurs en série), il y a des termes, des manières qui sont écoeurantes.
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Et qui découlent de préjugés inaceptables. Les avocats se seraient permis de dire avoir été étonnés de rencontrer une plaignante « très peu jolie ». La beauté serait donc une donnée explicative, justificative de viol ? Passons, après tout ce sont ses avocats qui tentent de discréditer la plainte. Mais cet aspect est parfois repris en sous-entendu dans certains articles qui mentionnent des informations capitales : un témoin a témoigné, la plaignante a « des gros seins et des belles fesses ». De nombreux autres témoignages font acte de la beauté de la victime (si vous êtes pointilleux, « présumée » est sous-entendu et à rajouter après le mot victime tout le long de cet article). Par contre on ne parle pas du physique de l’agresseur.  Apparemment on a le droit de prendre le physique comme angle de compréhension (pour ne pas dire d’attaque), pourquoi ne pas y aller gaiement ? Un homme de 62 ans (donc vieux, au moins par rapport à la victime qui fait environ deux fois moins), gros (il n’est pas comme Arnold Schwarzenegger alors qu’il est plus jeune), moche (il n’est pas comme Harrison Ford ou Tom Selleck alors qu’il est plus jeune), accusé de viol par une séduisante jeune femme de 32 ans. Si certains sous-entendent que la beauté de la plaignante a le moindre intérêt dans l’affaire, alors l’inverse également. Quel est le plus probable ? La plaignante totalement attiré par son ventre adipeux, ses rides et ses cheveux blancs, vexée de ne pas avoir droit
à tout un après-midi d’amour car il a un déjeuner important ou un vieux libidineux qui a dû mater trop de porno pour confondre ses désirs avec la réalité ?
Mais les probabilités ne font pas la vérité. Malgré tout ce qu’on pourra conjecturer dans un sens ou dans l’autre, on aura pour l’instant affaire à un chat de Schrodinger, soit vivant soit mort tant qu’on ne l’aura pas sorti de la boite. Malgré ceux qui assureront que le chat est vivant parce qu’il était gentil, malgré ceux qui affirmeront que le chat est sûrement mort parce qu’il avait déjà fait des conneries (et donc tapera dans la fiole de poison), on ne peut toujours pas se prononcer, alors à quoi bon prendre le risque d’être ridicule ensuite ?
Pour conclure, la palme à l’un de ses proches qui pense semer un doute en avançant l’argument suivant (je résume) : « son aventure précédente (connue) était une blonde mince, là c’est une afro-américaine plantureuse ». Mais c’est bien sûr ! Ca ne peut pas être lui, ce n’est pas son type de femmes, il ne peut physiquement pas être attiré par d’autres femmes, c’est bio-logique ! D’ailleurs les médias rapportent mal les propos de certains, ce n’est pas un homme « qui aime les femmes » (sic), c’est un homme « qui n’aime que les femmes blondes » ! Comme sa femme donc. Ah non ?

Y a comme une couille dans le potage

Question : devais-je parler de cette affaire DSK sur mon blog, dans la mesure où je ne tiens pas un blog d’actu, que je n’ai guère traité le drame japonais, les révolutions arabes et les 30 ans d’arrivée au pouvoir de Mitterrand donc je ne suis pas à un non traitement de l’actu près. Et puis que dire qui n’a déjà été dit ? Sans parler du fait que, quoi que j’en pense, que je crois ou non aux accusations, je n’y étais pas donc mon avis reste un avis.

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Il faut dire que c’est une actualité qui ne laisse pas de glace. La question essentielle tourne autour de la véracité de ces faits. Si cela s’avère vrai, je plains de tout mon coeur la pauvre victime que tout le monde a déjà oublié. La scène politique française se serre les coudes, à gauche comme à droite, pour dire que, non, non, Dom’ n’est pas comme ça. Oui il aime les femmes, c’est un séducteur mais il n’est pas violent. Seuls les Le Pen crient haut et fort au pervers mais les Le Pen, ils ne sont pas à un racolage près. Si c’est faux, nous voici face à une histoire digne d’un pitch de série télé voire de film, le Président du FMI, déjà annoncé comme prochain Président de la France, piégé pour d’obscures raisons que nous découvrirons lors,de la saison 3 ou à la fin du film… 

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Il faut dire que sexe et politique, c’est intimement lié. Même en France où on ne condamne pas un homme politique car il est allé tremper son biscuit dans un autre lait que celui de sa légitime épouse (ou tout du moins compagne, les politiques français du XXIe vivent parfois en couple sans être mariés), on ne peut s’empêcher de papoter des histoires de cul des uns et des autres. Le tout Paris journalistique sait et se sent supérieur au peuple ignorant que le député Durand trompe sa femme avec sa secrétaire, assistante, collègue, une journaliste, la femme d’un notable ou Dieu seul sait qui. Tiens, voilà un angle d’attaque intéressant, ça… Donc parlons de cette sphère grise journalistique qui sait les choses mais se tait.

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Le week-end dernier, je lisais le Nouvel Obs et au détour d’un article consacré à DSK et à Ramzy Khiroun (l’homme à la Porsche), je croise le nom de Tristane Banon, une obscure journaliste qui aurait écrit un livre au vitriol sur DSK. Oui bon, ok, je classe cette info dans l’étagère « sans intérêt » de ma mémoire. Pas plus de 24h plus tard, la fameuse Tristane devient la première victime officielle et identifiée de DSK. Pourtant, ce secret était de polichinelle dans le milieu des journalistes politiques, elle le dit elle-même dans une intervention dans une émission d’Ardisson dont l’extrait a tourné tout le week-end « tout le monde le sait qu’il a de vrais problèmes avec les femmes », un truc du genre. Je suppose que la connaissance de tout ce off, de ces secrets d’alcôve donne un sentiment de puissance, de « moi je sais ». Quand je bossais chez TGGP, nous avions appris que notre Président fricotait avec une journaliste blonde sur des
plages marocaines. Depuis, mon entourage me prend pour « celle qui sait », ma mère s’est empressée de me demander mon avis sur cette affaire DSK. Sauf que je n’étais pas à New York ce week-end (j’aurais bien aimé, ceci dit. Pas au Sofitel pour voir ce qu’il se passe, juste à New York) donc je n’en ai pas la moindre idée, je n’ai que des présomptions et elles n’intéressent pas grand monde. Il est vrai que c’est amusant de savoir qui fornique avec qui, ça donne de la puissance, une autre image de ceux qui nous gouvernent ou ceux qui nous font rêver, si on parle show business. Déjà, à mon modeste niveau, j’ai vent de beaucoup de coucheries. Je ne partage pas forcément l’info ou à un public choisi sur le volet.

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Mais le fait de savoir fait de vous quelqu’un, apparemment. Cette histoire de président et de journaliste remonte à quasi 4 ans et je garde mon aura de celle qui sait alors que je suis assez agacée par les « toi qui sais tout… ». Non je suis très loin de tout savoir.Non, je ne sais pas si Carla Bruni est enceinte de façon certaine, non, je ne sais pas si elle attend des jumeaux. Je ne peux que supposer et en plus, je m’en tape un peu. Mais pourquoi cette fascination pour ceux qui savent, pour les secrets d’alcôves ? Ce n’est pas nouveau, y a qu’à
voir la pile de livres qui sortent régulièrement sur les maîtresses des Rois de France (j’ai d’ailleurs trouvé un très vieux bouquin prêt à être jeté sur les histoires d’amour de Louis XV, faut que je le lise), le portrait consacré à Anne Pingeot, « l’autre femme » de Mitterrand dans le Nouvel Obs. Parce que savoir, c’est tutoyer le pouvoir, c’est se donner une aura d’importance « oui, je sais mais je ne peux pas te dire ». C’est se gausser quand on entend la plèbe bruisser à propos d’une liaison entre X et Y alors qu’on sait très bien que X couche en fait avec Z et que ça fera son petit effet quand on lâchera l’info, l’air de rien, dans les dîners en ville. 

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Il n’empêche que ça ne nous dit toujours pas si DSK a voulu jouer au docteur avec la femme de chambre…

PS : En fait, ceci est un exemple typique de l’article non maîtrisé, j’aime bien.