Ca te dit un petit café ?

Les sites de rencontre, c’est comme la recherche d’emploi : beaucoup de CVs envoyés pour peu de réponses. Non que vous n’ayez pas les bons atouts, juste que le recruteur a décidé que vous n’étiez pas ce que vous recherchiez. Mais parfois, au détour d’un message envoyé dans le vide internétique, voici soudain que votre compteur à message affiche un +1 . Encore un relou qui voudrait tirer son coup dans les prochaines deux heures ou une call girl en mal de clients ? Oh non, mon Dieu, c’est une réponse.

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Après avoir fait une petite danse de la victoire, calmons-nous car rien n’est fait. Prenons évidemment le cas où la réponse serait positive, une réponse négative étant en général plus nuisible pour l’ego qu’une non réponse (venez pas me dire le contraire). Il faut enchaîner et confirmer la première bonne impression. Non parce que ferrer un poisson, c’est bien mais le remonter sur le bateau est une autre paire de manche et une réflexion maladroite ou franchement lourde peut briser la magie. Le poisson retourne dans les eaux en ricanant. Pour la suite de la démonstration, considérons votre proie comme un chaton un peu sauvage : vous avez réussi à l’approcher, il va falloir tendre la main très doucement pour le caresser sans se faire griffer ou sans le faire fuir.
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(il est possible que cette métaphore féline ait été utilisée pour glisser cette photo aaaaadorable d’un chat du désert d’Oman)

L’idée est à présent de concrétiser la rencontre. Comprenez : les dialogues par mail, c’est génial mais attention danger : à force de se raconter, on peut raconter n’importe quoi ou plutôt n’importe qui. La machine à fantasmes s’emballe et attention à l’atterrissage. Comment tomber amoureux-se d’un mirage en une leçon. Donc il faut arriver à concrétiser la rencontre dans le réel sans brusquer votre chaton. Déjà, on évite absolument les « ouais, tu as répondu, viens boire un coup ! ». A moins évidemment qu’on soit là dans le cadre d’un pur plan cul où le but est de satisfaire au plus vite ses besoins sexuels, là, ça passe. Et si vous êtes vraiment pressés, vous pouvez même vous abstenir de proposer un verre avant le coït (mais c’est quand même plus sympa). Il faut rassurer le chaton en lui démontrant avec humour et subtilité que ce verre, mon vieux, il va être génial car on a des choses à se dire. Oui parce que même si la finalité est sexuelle, prendre un verre avec quelqu’un à qui on n’a rien à dire coupe les envies de levrettes, je vous le garantis.
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Donc échange de deux ou trois mails, vous voyez la réaction du chaton. Si la conversation se fait bien, lancez-vous ! Un classique « j’aime bien ta conversation, ça te dirait pas un petit café ? C’est plus sympa IRL ! », pas la peine de se casser la tête. Si vous sentez les réponses laconiques et tapées en vitesse entre deux métros, vous pouvez proposer mais votre chaton est déjà prêt à bondir hors de portée.
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Seulement, voilà, certains chatons, malgré toute votre douceur et votre tact, sont effrayés. Peur de la rencontre. Le basculement dans « la vraie vie » est toujours un peu décevant car on se construit une idée par rapport à des photos, en général valorisantes, un moment figé d’une personne en mouvement. Et si en plus cette personne est genre une fille qui change souvent de couleur de cheveux (moi), ta projection est forcément différente de la réalité et, pendant quelques instants, la vraie personne te déçoit un peu. Puis tu découvres son charme et sa personnalité et ça repart.
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Oui, ça fout la trouille mais. MAIS. Passé un certain nombre de messages échangés, si personne ne propose de café ou, pire, que tes propositions sont éludées, qu’une seule chose à faire : laisser tomber car cette personne, tu ne la rencontreras jamais. Ceci étant, parfois, avoir un-e correspondant-e virtuel-le, un-e confident-e lointain-e qui ne pourra pas répéter tes petits secrets à tes camarades, ça peut être une option intéressante. Mais nous n’en sommes pas là.
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Allez, on tend la main pour caresser la tête du chaton. Pas de fuite ou de griffes déchiquetant votre chair ? Bien. Maintenant, va falloir trouver une idée de sortie.

DSK, reviendra, reviendra pas…

D’ordinaire, le samedi, je fais l’économie d’un article ou j’écris une bafouille plus légère que la meilleure des crèmes chantilly. Mais aujourd’hui, y a quelque chose qui me turlupine et j’ai besoin de prendre ma plume virtuelle. Pour une fois, j’arrive pas à avoir un avis tranché et argumenté et ça m’agace.

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Revenons donc sur l’affaire DSK, le coupable devenu presque innocent hier (rappelons nous que les poursuites continuent, il n’est pas innocenté pour le moment), la victime de l’impitoyable machine judiciaire américaine et d’une dealeuse de drogue blanchisseuse d’argent. Je ne suis toujours convaincue par aucune des versions, en fait. Un piège ? Il y a sauté dedans à pieds joints alors que quelques jours plus tôt, il disait justement qu’il savait qu’on pourrait lui tendre un piège sur ce point. Et une femme qui n’a pas un comportement irréprochable est-elle protégée contre toute tentative de viol ? Je veux dire on peut blanchir de l’argent et être malgré tout victime d’un pervers surexcité. Je ne sais pas. Je n’y étais pas dans cette chambre. Passons sur ce doute somme tout légitime pour arriver au point essentiel de mes interrogations : Strauss Kahn reviendra-t-il ?

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Petite politique fiction : le 18 juillet, Strauss Kahn est blanchi et le PS a retardé ses primaires au cas où. Osera-t-il présenter sa candidature ou se placera-t-il derrière un candidat genre Martine… Sans aucun mauvais jeu de mot. J’ai du mal à croire à un tel retour en grâce et je n’arrive pas à me décider à y voir une bonne ou une mauvaise chose. Peut-être est-il effectivement innocent et il est légitime qu’il reprenne sa vie mais tout ça reste un peu frais. Si pour les primaires, mon candidat était déjà choisi (même si ce serait bien qu’il mette un peu la pédale douce, je commence à être fatiguée de le voir partout), imaginons que DSK revienne, prenne la place de Martine aux primaires (elle sera bien ravie de lui céder à ce qu’il me semble) et l’emporte. Peut-il devenir président moins d’un an après une affaire de moeurs même s’il a été blanchi ? Nul doute que ses adversaires ne l’attaqueront pas sur le sujet mais je ne peux m’empêcher de me poser la question. Cette histoire est-elle la pire chose qui pouvait arriver au PS ou un simple aléa bien négocié ?

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En fait, je n’arrive pas moi-même à trancher. Voterais-je Strauss Kahn aux présidentielles ? Aurais-je confiance en un homme manifestement gouverné par sa quéquette qu’il trempe un peu partout ? D’un autre côté, il a bien le droit de s’envoyer toutes les femmes consentantes de la Terre, du moment qu’il le fait sur son temps libre. A ce que j’en sais, ses
grands besoins sexuels ne l’ont pas empêché d’être un bon directeur du FMI. Puis a-t-on le droit d’opposer comme argument un grand appétit sexuel pour remettre en cause les compétences politiques d’un homme ? Ca n’a juste rien à voir et de ce que l’on sait de nos ex Présidents, beaucoup avaient la bite entre les mains, prêts à conquérir de nouveaux horizons… Elle est un peu étrange cette phrase mais je la laisse. Pourtant, j’ai du mal à y croire. J’ai un peu peur de la suite. Si DSK revient et que les militants PS le choisissent, ne garantit-on pas la voie royale à Sarko qui n’en demandait pas tant ? Car peu importe l’homme et ses compétences, comme dit ma mère : “il n’y a pas de fumée sans feu” et même s’il est lavé de toute accusation, restera le poids de la suspicion.

Non ?