De la mise en scène du soi sur Internet

Plof

Eté 2013, je discute avec un charmant jeune garçon sur un site de rencontre et, je ne sais plus comment, nous venons à parler de l’un de mes rêves fous : écrire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet. Tout ça me vient bien sûr de mon métier ou plutôt de ce que j’observe en périphérie, jugée sur ma vigie virtuelle : ceux qui se posent en intellos, en mères et pères parfaits, en bombasse absolue, en ci, en ça. Quelle que soit notre utilisation des réseaux sociaux et des espaces Internet de prise de paroles (forums ou blogs), on se donne tous un certain éclairage, de façon plus ou moins consciente. Quand je prends la parole sur un sujet plutôt qu’un autre, ce choix est mu par une envie de mettre en avant une connaissance, un élément de ma personnalité.

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Prenons un exemple : sur mon Facebook perso, j’ai souvent une utilisation passive, passant plus de temps à lire les bribes de vies de mes camarades plutôt que de raconter la mienne (plus présente sur Twitter et dans une moindre mesure sur ce blog). Mais de temps en temps, je prends aussi la parole et ce sur divers sujets : des photos de mes voyages ou balades, de rares articles de gauchissssses (sur le mariage pour tous essentiellement), quelques images drôles croisées et surtout des articles (écrits par d’autres) sur le Social Media Management, diffusé auprès d’une liste de contacts pros. Je commente aussi certains articles, surtout pour m’insurger sur la place de la femme de la société. En gros, sur mon Facebook, si je résume, je suis consultante social media bien informée, souvent en vadrouille, mais aussi une gauchisse très pro mariage pour tous et féministe hystérique qui aime bien poster des comms agressifs sur les statuts des magazines féminins (j”avoue, y a des jours où je suis d’humeur un peu troll). Ah et in love total de son neveu trop choupinou même si je poste très peu de photos de lui (et jamais sans l’autorisation de sa mère, évidemment.) Côté vie privée, hors le neveu, on ne sait rien du tout et ça me va.

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Côté Twitter, je retweete beaucoup, un peu dans le même goût, finalement : du gauchisse (je me lasse pas de ce terme), du féministe, du très drôle, quelques infos sur les derniers crashes et incidents aériens (chacun sa passion), un peu de musique, parfois un peu de passivité agressive (ça, c’est mal), du sport, de la misanthropie (bien trop), des articles de blog et mes photos Instagram. Un puzzle un peu fouillis de prime abord mais qui donne une vue d’ensemble un peu plus complète de mon moi en rajoutant une couche amicale par rapport à Twitter et parfois, entre deux tweets, on peut même deviner si j’ai quelqu’un en ce moment ou non.

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Bref, stoppons là cette auto analyse sans aucun intérêt. Donc on choisit ce que l’on raconte. On va parler de sa tenue du jour pour signaler gentiment qu’on est plutôt au fait de ce qui se fait en matière de mode et parce qu’on la trouve jolie. Par contre, les jours de “j’ai ouvert mon placard et j’ai pris les 2 premiers trucs qui me sont tombés dessus”, on va juste se taire. On va tweeter à 9h l’air de rien qu’on est déjà au boulot mais se taire quand on arrivera vaseux ou vaseuse le lendemain à 9h45-10h (quoi, je parle encore de moi, là ? Mais enfin… oui). On va parler du super documentaire vu la veille sur Arte mais taire le fait qu’on s’est couchés à 2h du mat car on matait les replays des feux de l’amour (là, non, c’est pas moi, je suis trop larguée pour tenter de regarder à nouveau, malgré mon amour ancien pour les soaps). Même les tweets et statuts en mode bourré n’ont rien d’innocent.

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Donc je racontais ça au jeune homme qui, intéressé, me demanda de lire quelques uns de mes écrits sur le sujet. Mais jeune homme, je n’en ai point, tu crois que j’ai le temps de faire une thèse ? Entre 2 longueurs de piscines, un bilan social, 2 audits d’écosystèmes sociaux et 3 recos ? Mais, me répondit-il, si le sujet te plaît, écris dessus, tu t’en fous de faire une thèse ou non.

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Un an plus tard (quelle réactivité), je me décide donc. A partir de maintenant, quand j’aurai le temps, je me pencherai sur la folle vie de nos cyber egos. Prochain épisode : le syndrome Prom Queen (rien que ça).

 

Ca te dit un petit café ?

Les sites de rencontre, c’est comme la recherche d’emploi : beaucoup de CVs envoyés pour peu de réponses. Non que vous n’ayez pas les bons atouts, juste que le recruteur a décidé que vous n’étiez pas ce que vous recherchiez. Mais parfois, au détour d’un message envoyé dans le vide internétique, voici soudain que votre compteur à message affiche un +1 . Encore un relou qui voudrait tirer son coup dans les prochaines deux heures ou une call girl en mal de clients ? Oh non, mon Dieu, c’est une réponse.

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Après avoir fait une petite danse de la victoire, calmons-nous car rien n’est fait. Prenons évidemment le cas où la réponse serait positive, une réponse négative étant en général plus nuisible pour l’ego qu’une non réponse (venez pas me dire le contraire). Il faut enchaîner et confirmer la première bonne impression. Non parce que ferrer un poisson, c’est bien mais le remonter sur le bateau est une autre paire de manche et une réflexion maladroite ou franchement lourde peut briser la magie. Le poisson retourne dans les eaux en ricanant. Pour la suite de la démonstration, considérons votre proie comme un chaton un peu sauvage : vous avez réussi à l’approcher, il va falloir tendre la main très doucement pour le caresser sans se faire griffer ou sans le faire fuir.
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(il est possible que cette métaphore féline ait été utilisée pour glisser cette photo aaaaadorable d’un chat du désert d’Oman)

L’idée est à présent de concrétiser la rencontre. Comprenez : les dialogues par mail, c’est génial mais attention danger : à force de se raconter, on peut raconter n’importe quoi ou plutôt n’importe qui. La machine à fantasmes s’emballe et attention à l’atterrissage. Comment tomber amoureux-se d’un mirage en une leçon. Donc il faut arriver à concrétiser la rencontre dans le réel sans brusquer votre chaton. Déjà, on évite absolument les « ouais, tu as répondu, viens boire un coup ! ». A moins évidemment qu’on soit là dans le cadre d’un pur plan cul où le but est de satisfaire au plus vite ses besoins sexuels, là, ça passe. Et si vous êtes vraiment pressés, vous pouvez même vous abstenir de proposer un verre avant le coït (mais c’est quand même plus sympa). Il faut rassurer le chaton en lui démontrant avec humour et subtilité que ce verre, mon vieux, il va être génial car on a des choses à se dire. Oui parce que même si la finalité est sexuelle, prendre un verre avec quelqu’un à qui on n’a rien à dire coupe les envies de levrettes, je vous le garantis.
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Donc échange de deux ou trois mails, vous voyez la réaction du chaton. Si la conversation se fait bien, lancez-vous ! Un classique « j’aime bien ta conversation, ça te dirait pas un petit café ? C’est plus sympa IRL ! », pas la peine de se casser la tête. Si vous sentez les réponses laconiques et tapées en vitesse entre deux métros, vous pouvez proposer mais votre chaton est déjà prêt à bondir hors de portée.
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Seulement, voilà, certains chatons, malgré toute votre douceur et votre tact, sont effrayés. Peur de la rencontre. Le basculement dans « la vraie vie » est toujours un peu décevant car on se construit une idée par rapport à des photos, en général valorisantes, un moment figé d’une personne en mouvement. Et si en plus cette personne est genre une fille qui change souvent de couleur de cheveux (moi), ta projection est forcément différente de la réalité et, pendant quelques instants, la vraie personne te déçoit un peu. Puis tu découvres son charme et sa personnalité et ça repart.
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Oui, ça fout la trouille mais. MAIS. Passé un certain nombre de messages échangés, si personne ne propose de café ou, pire, que tes propositions sont éludées, qu’une seule chose à faire : laisser tomber car cette personne, tu ne la rencontreras jamais. Ceci étant, parfois, avoir un-e correspondant-e virtuel-le, un-e confident-e lointain-e qui ne pourra pas répéter tes petits secrets à tes camarades, ça peut être une option intéressante. Mais nous n’en sommes pas là.
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Allez, on tend la main pour caresser la tête du chaton. Pas de fuite ou de griffes déchiquetant votre chair ? Bien. Maintenant, va falloir trouver une idée de sortie.

Les amitiés malsaines

Pendant des années, je vous ai parlé ici d’amour et de couple mais en somme assez peu des relations amicales, une forme d’amour, et surtout certaines qui se révèlent assez malsaines. Mais je commence à savoir les détecter (enfin, avec pas mal de temps)

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En amour, je suis méfiante. On sait tous et toutes que celui ou celle que l’on considère comme notre doux alter ego peut se révéler un jour une arnaque complète plus intéressé par ce qu’il se passe dans notre culotte que dans notre cage thoracique. En amitié par contre, je donne sans parcimonie. Concrètement, je ne vois pas pourquoi je serais la victime d’une amitié non sincère : je suis pas particulièrement friquée, mon nom n’ouvre pas de portes. La seule chose que j’ai à offrir, c’est ma personnalité et une oreille compatissante, voire une épaule pour pleurer au besoin. Malgré cela, j’ai parfois donné à tort, tombant soit sur des pompeuses d’air (au féminin car j’ai plus d’amies que d’amis) ou, pire, d’éternelles rivales. Arrêtons nous un instant sur le second cas, je consacrerai un article aux premières un autre jour. Ou pas parce que j’aurai oublié.

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La rivalité entre amis n’est pas nécessairement une mauvaise chose à partir du moment où elle reste limitée et ludique. Focus sur Cécile, ma meilleure amie du lycée avec qui je jouais à qui aura la meilleure note. Saine émulation qui avait une limite majeure : si l’une d’entre nous se prenait une sale note, l’autre fermait simplement sa gueule, pas de « ohlala, t’as eu 5 ? Moi 15, je suis la meilleure ! ». Contrairement à Rachel qui me faisait régulièrement la gueule parce que j’avais eu une meilleure note qu’elle, m’expliquant inlassablement qu’elle ne comprenait pas pourquoi vu qu’on avait fait le même plan. Rachel était l’amie rivale type : l’idée qu’un mec puisse s’intéresser à moi et pas à elle lui filait régulièrement la nausée. A cette époque, nous formions un trio amical avec Yohann qui finit par tomber amoureux de moi. Sa réaction : « Non mais Nina et moi, on a le même caractère [pas du tout ndlb], pourquoi elle plutôt que moi ? ». Notez que pour elle, mon physique ne pouvait pas être un argument… A chaque fois qu’un mec s’intéressait à moi, il fallait qu’elle en tombe amoureuse pour ensuite me reprocher l’intérêt du jeune homme pour moi. Heu…

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Comme je suis naïve, je ne repère pas toujours ces amitiés malsaines et pourtant, avec le recul, j’en ai eu mon petit lot. Le must have étant d’essayer de choper le mec avec qui j’ai pas trop réussi mon coup. Sur le coup, je remarque pas. Après tout, je n’ai pas de droits sur mes ex amants ou ex crushes et à partir du moment où je n’ai plus de sentiments (sinon je mords), si l’amie rivale veut tenter sa chance, qu’elle y aille. Oui, moi, connement, j’espère que mes copines soient bien dans leur vie et si c’est avec un de mes exs (avec un petit e), ok… Je ne mesure pas la compétition engagée, je n’en prends pas conscience car ça n’a aucun sens.

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Puis un jour, soudain, je réalise. Et je ferme la porte. Je considère souvent l’amitié comme un îlot, un havre de paix. La compétition, je la vis assez au quotidien pour ne pas m’en foutre une lichette en plus. D’autant que je ne comprends pas pourquoi on se mettrait en concurrence avec moi vu que j’ai rien d’exceptionnel. Sans doute une question de tempérament mais un tempérament qui ne me convient pas. Surtout que ce n’est quand même pas très agréable à la longue de subir cette volonté de te démontrer qu’on vaut mieux que toi.

Blair Waldorf Must Pie

La jalousie n’a rien à faire dans une amitié. On peut envier la chance d’un de nos amis, se dire qu’on aimerait vivre la même chose. Mais si on en vient à tout faire pour prouver à l’autre que nous, on a tout pareil mais en mieux, là, ça vire malsain. A ce niveau là, c’est sans doute plus d’un psy que d’une amie dont l’ami rival a besoin mais, une fois que j’ai fermé la porte, tout cela ne me regarde plus.

Suis-moi, je te fuis, fuis-moi…je suis parti

Il y a des dictons qui m’énervent, surtout quand je ne les trouve pas avérés. Parce que bon, si après la pluie vient le beau temps, qu’il vaut mieux un tien que deux tu l’auras, c’est œil pour œil et dent pour dent. Mais je mets la charrue avant les bœufs là. Oui, je trippe un peu toute seule, là, j’espère au moins ne pas avoir perdu la moitié d’entre vous.

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Bon, le dicton qui me saoule en ce moment est, vous l’aurez compris grâce au titre « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Non, je déconne, c’est « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ». Déjà, j’ai du mal avec les conseils amoureux du genre « si tu veux un mec, tu dois faire ça et pas ça et ça et pas ça… ». Donc, en gros, si je comprends bien, faut que je m’adapte aux désirs de monsieur et que ce que je suis en vrai, on s’en fout. Et je dois cacher mon naturel jusqu’à quand exactement ? Non parce que je vais pas tenir toute une vie non plus…Surtout que je suis du genre à croire qu’il n’y a aucune règle absolue en la matière, tout est question de personnalité.

Revenons à notre fameux « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». Donc l’idée de base est la suivante : on ne désire jamais rien autant que ce qu’on ne peut pas avoir. Donc partant de ce principe, il faut se faire désirer. Sur le principe, c’est vrai, c’est meilleur d’avoir quelque chose qu’on a obtenu en se battant. Même si des fois, les trucs qui tombent du ciel, c’est bien aussi. Ceci étant dit, faire des efforts, ok, mais pas trop. Se préparer pour un 5000 mètres et se retrouver à faire un marathon, on va pas tenir jusqu’au bout. En
tant que fille, quand un mec me plaît, je veux bien courir un peu mais pas me faire balader, déjà. Puis surtout à force de courir, je ne vois plus l’arrivée et je me dis que ça n’en vaut plus la peine. En gros, je rencontre Pietro et je le drague mais si au bout d’un moment, le dossier n’avance pas, je laisse tomber. Alors que s’il le faut, Pietro jouait juste le « je te fuis… ». Raté ! Mais arrive un moment où il faut arrêter de jouer et mettre carte sur table. Je te plais, tu me plais, on va perdre encore du temps pour des bêtises ou écrire le chapitre 1 de notre love story ?

Par ailleurs, dans tout ça, ce qui est gonflant, c’est l’impression d’une stratégie amoureuse. Je ne stratégise rien en la matière. Je ne prévois pas de craquer sur un mec et quand ça arrive, je n’établis pas un plan de guerre. Je laisse d’abord faire un peu, pour voir. Ces derniers temps, les mecs qui me faisaient craquer étaient soit en couple, soit en couple et gays, en plus. Je me serais jetée à leur cou, bonjour le ridicule. Puis le premier coup d’œil n’est pas suffisant. Il est craca miaou, ok, mais après ? S’il le faut, il est tellement con qu’au bout d’une demi heure, j’aurai envie de le noyer dans les toilettes. Ou alors, il déteste les chats, les enfants et les dauphins, allez savoir. Peut-être même qu’il a du P. Diddy en sonnerie de portable ! Donc, c’est vrai que j’ai tendance à voir un peu ce qu’il peut se passer sans chercher à concrétiser à tout prix, à établir une stratégie. Quand un mec me plaît, je lui fais comprendre sans me traîner à ses pieds non plus. J’improvise en fonction du moment, je lance des perches, je saisis celles qu’on me tend mais comment prévoir ? On peut se faire des dialogues 100 fois dans la tête, ça ne se passera jamais comme on l’a prévu alors arrêtons de se la jouer stratégie militaire de séduction. Surtout que dans tout ça, j’ai l’impression que l’autre que l’on cherche à séduire devient limite un ennemi à battre. « Si je t’aime, prends garde à toi ! ». Combien de fois on s’énerve « tain, il m’a pas appelé ce con, je le déteste ! ». Et tu l’as appelé, toi ? Non ? Ah. Alors lui, c’est un con de pas appeler mais pour toi, c’est normal. C’est souvent ce que je me dis quand un mec me donne pas signe de vie, au lieu de m’énerver dans mon coin, moi, je lui donne signe de vie. S’il répond pas, là, au moins, c’est clair. Mais faut un peu s’asseoir sur sa fierté mal placée et ses théories à la con et prendre le taureau par les cornes. Parce que si vous jouez à « je te fuis… » et que l’autre aussi, autant vous dire que vous n’êtes pas rendus. Le jeu amoureux, c’est sympa quand on flirte. Sinon, c’est ridicule.

En conséquence de quoi, j’ai décidé d’adhérer au groupe facebook d’utilité publique : suis moi jte fuis, fuis moi jte suce. Avec mon profil Nina, bien sûr, pas la peine d’aller chercher mon vrai nom sur ce groupe !

Le nous est-il la mort du je ?

Vous avez 3h !
 

Un couple, c’est un toi, un moi, un double je, un nous. Je devrais écrire des chansons tellement c’est beau ce que je dis ! A partir où ces deux « je » deviennent un nous, perd-on une partie de son moi profond ?

 

Avant le couple, je suis « je ». Je fais ce que je veux sans avoir de comptes à personne. Mon emploi du temps, je le gère toute seule comme une grande. Sortir avec la girlie team ? Quand vous voulez les filles ! Rentrer tard du boulot ? Si je veux, mon neveu ! Une soirée rien qu’à moi avec un bain et des mags de filles ? Ce soir ou demain ou les 2 ! Une fois que le « nous » arrive, là, ça change un peu. Sortir avec la girlie team ? Quand je veux mais je vérifie quand même que ça colle avec l’emploi du temps de mon namoureux et je l’informe, qu’il sache où je suis. Et peut-être que je lui enverrai quelques textos dans la soirée. La soirée bain ? Quand il n’est pas là ou alors, je le mets dans mon bain mais j’enlève les boules de bain de filles et je laisse mes magazines à leur place. A moins qu’il ait envie de lire ses magazines mais soyons honnêtes, un homme et une femme dans un même bain, tous nus, dans l’eau chaude… Bon, ça dégénère toujours. Quant à rentrer tard du boulot, si je peux avoir un câlinou à la place… Bé voilà.

Alors soyons claire, je suis pas une fusionnelle : j’avais une vie avant mon mec, je vais pas y renoncer pour ses beaux yeux. Et je ne demande pas qu’il renonce à la sienne, bien au contraire, même. J’aime les mecs passionnés, qui peuvent me parler des heures de ce qui les branche et tout. S’il abandonne tout pour moi, franchement, ça m’emmerdera. Mais le fait est que quand j’ai un mec, j’ai envie de le voir et assez souvent en plus. Et plus je suis in love, plus j’ai envie de passer du temps avec lui, c’est normal. Du coup, j’ai moins de temps pour mes
amis et mes autres activités même si j’essaie de tout gérer au mieux.

 Le vocabulaire change peu à peu. C’est vrai qu’on conjugue de plus en plus les verbe à la 1ère personne du pluriel (ou à la limite, on met un « on » mais c’est

pareil) : « avec mon petit canard, nous sommes allés au ciné… Nous avons parlé de… Nous devons nous voir ce soir, je suis pas dispo, sorryyyyy ! ». On impose assez régulièrement notre moitié dans les soirées si celui-ci est le bienvenu. Parce qu’une soirée girlie team avec nos chéris, c’est plus une soirée girlie team donc là, ils sont priés d’aller boire des bières devant un match de foot de leur côté. Mais non, pas taper, je rigooooooole. Un petit cliché éculé ne fait pas de mal de temps en temps ! Mais c’est vrai que si chéri s’entend bien avec nos potes, il n’y a aucune raison de pas l’intégrer à nos soirées ! Même si ça fait une bouche à nourrir en plus et une chaise et de l’espace vital en moins.

 Puis on a beau ne pas être fusionnels et ne pas renoncer à ses activités extra job, être en couple, ce n’est plus pareil. Certaines choses nous paraissent soudain accessoires. Tous les gens en couple sortent en général moins ou plutôt différemment. Normal, un couple, c’est deux personnes, pas 10. On a besoin d’intimité, de moments à deux. Puis le couple développe son propre

langage, ses propres rituels, ses propres private jokes. Le couple devient une entité à part entière, même si on ne renonce pas à son individualité pour autant et c’est tant mieux. Mais je me pose la question : le couple nous tue-t-il pas un peu ? Ne perd-on pas un peu de soi en passant au nous ? Ca nous enrichit aussi. Si je prends ma relation avec Guillaume 1er, on avait des caractères assez opposés ce qui m’a permis de mettre un peu d’eau dans mon vin, gagner (un tout petit peu) en patience…Donc je suis pas en plein trip aigri « le
couple, c’est mal pour ma personnalité », pas du tout. Je me pose juste cette question : le nous tue-t-il le je ? Pour moi, la réponse est non : il ne le tue pas, il le fait évoluer. Après, selon les couples, c’est en bien ou en mal, bien sûr. Du coup, si c’est en mal, doit-on dire à nos amis « ton mec/ta nana a une mauvaise influence sur toi ! ». Nous y répondrons dans un prochain article (mouahahah, je vous ai bien eus !)

Mister Personnality

Par Summer

Voilà, je suis sure que comme nous, la fin de Secret Story et de L’île de la Tentation vous rend nostalgique. Vous attendez avec impatience le début de Pop Star et de la Star Ac mais bon faut bien avouer que c’est pas aussi croustillant tout ça. Mais alors que faire ?

Heureusement votre blog préféré est là, les vingtenaires pensent à tout.

Suite à une conversation avec Nina, où elle me fait cette remarque sur le coup de l’énervement que « tous les mecs célibataires sont des connards, parce que sinon ils seraient en couple c’est bien connu » aouch, dur dur à lire hein. Je sens déjà la révolte chez vous messieurs. Ben justement, voilà, à travers ce petit concours préparé par nos soins, nous vous offrons la possibilité de vous défendre à corps et à cris. Alors toi, l’homme célibataire qui lit ce que j’écris, prouve nous que tu es l’homme idéal. Forcément, au fil des épreuves de part ton charisme, ton humour, ton originalité et ta personnalité tu vas nous subjuguer !!

Alors voilà, est lancé à partir d’aujourd’hui, l’ouverture officielle du concours

« Mister Personnality »

En gros si tu es jeune, beau, riche… ah non c’est pas ça, donc si tu es l’homme idéal, participe à notre grand concours de la rentrée !! A gagner : une soirée en
compagnie de la girly team.

Pour participer, c’est très simple, il suffit d’envoyer un mail à cette adresse : misterpersonnality2007@gmail.com
avec ton pseudo, une petite présentation et une photo originale de toi qui soit publiable parce qu’elle sera publiée (donc pas forcément de portrait en gros)

Les participants seront dévoilés ici : http://misterpersonnality.over-blog.com/

 dans deux semaine, on espère que vous serez nombreux à relever le défi. On le sait la bataille sera rude pour élire le meilleur, mais malheureusement toutes les semaines il
faudra en éliminer un. Toi aussi, lecteur (ice) tu pourras choisir ton candidat préféré en votant dans les commentaires et en plus tu sais quoi ? on se la joue même pas Castaldi parce qu’ici c’est gratuit !

La suite dans 15 jours dans http://misterpersonnality.over-blog.com/

 
 

He’’s the one

Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.


 Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
 

L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.

Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.

Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut
s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?

Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.

Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?

Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…