Les amitiés malsaines

Pendant des années, je vous ai parlé ici d’amour et de couple mais en somme assez peu des relations amicales, une forme d’amour, et surtout certaines qui se révèlent assez malsaines. Mais je commence à savoir les détecter (enfin, avec pas mal de temps)

black-swan-mila-kunis-natalie-portman

En amour, je suis méfiante. On sait tous et toutes que celui ou celle que l’on considère comme notre doux alter ego peut se révéler un jour une arnaque complète plus intéressé par ce qu’il se passe dans notre culotte que dans notre cage thoracique. En amitié par contre, je donne sans parcimonie. Concrètement, je ne vois pas pourquoi je serais la victime d’une amitié non sincère : je suis pas particulièrement friquée, mon nom n’ouvre pas de portes. La seule chose que j’ai à offrir, c’est ma personnalité et une oreille compatissante, voire une épaule pour pleurer au besoin. Malgré cela, j’ai parfois donné à tort, tombant soit sur des pompeuses d’air (au féminin car j’ai plus d’amies que d’amis) ou, pire, d’éternelles rivales. Arrêtons nous un instant sur le second cas, je consacrerai un article aux premières un autre jour. Ou pas parce que j’aurai oublié.

rivalite-amicale

La rivalité entre amis n’est pas nécessairement une mauvaise chose à partir du moment où elle reste limitée et ludique. Focus sur Cécile, ma meilleure amie du lycée avec qui je jouais à qui aura la meilleure note. Saine émulation qui avait une limite majeure : si l’une d’entre nous se prenait une sale note, l’autre fermait simplement sa gueule, pas de « ohlala, t’as eu 5 ? Moi 15, je suis la meilleure ! ». Contrairement à Rachel qui me faisait régulièrement la gueule parce que j’avais eu une meilleure note qu’elle, m’expliquant inlassablement qu’elle ne comprenait pas pourquoi vu qu’on avait fait le même plan. Rachel était l’amie rivale type : l’idée qu’un mec puisse s’intéresser à moi et pas à elle lui filait régulièrement la nausée. A cette époque, nous formions un trio amical avec Yohann qui finit par tomber amoureux de moi. Sa réaction : « Non mais Nina et moi, on a le même caractère [pas du tout ndlb], pourquoi elle plutôt que moi ? ». Notez que pour elle, mon physique ne pouvait pas être un argument… A chaque fois qu’un mec s’intéressait à moi, il fallait qu’elle en tombe amoureuse pour ensuite me reprocher l’intérêt du jeune homme pour moi. Heu…

monica-rachel-vandamme

Comme je suis naïve, je ne repère pas toujours ces amitiés malsaines et pourtant, avec le recul, j’en ai eu mon petit lot. Le must have étant d’essayer de choper le mec avec qui j’ai pas trop réussi mon coup. Sur le coup, je remarque pas. Après tout, je n’ai pas de droits sur mes ex amants ou ex crushes et à partir du moment où je n’ai plus de sentiments (sinon je mords), si l’amie rivale veut tenter sa chance, qu’elle y aille. Oui, moi, connement, j’espère que mes copines soient bien dans leur vie et si c’est avec un de mes exs (avec un petit e), ok… Je ne mesure pas la compétition engagée, je n’en prends pas conscience car ça n’a aucun sens.

fired-wife

Puis un jour, soudain, je réalise. Et je ferme la porte. Je considère souvent l’amitié comme un îlot, un havre de paix. La compétition, je la vis assez au quotidien pour ne pas m’en foutre une lichette en plus. D’autant que je ne comprends pas pourquoi on se mettrait en concurrence avec moi vu que j’ai rien d’exceptionnel. Sans doute une question de tempérament mais un tempérament qui ne me convient pas. Surtout que ce n’est quand même pas très agréable à la longue de subir cette volonté de te démontrer qu’on vaut mieux que toi.

Blair Waldorf Must Pie

La jalousie n’a rien à faire dans une amitié. On peut envier la chance d’un de nos amis, se dire qu’on aimerait vivre la même chose. Mais si on en vient à tout faire pour prouver à l’autre que nous, on a tout pareil mais en mieux, là, ça vire malsain. A ce niveau là, c’est sans doute plus d’un psy que d’une amie dont l’ami rival a besoin mais, une fois que j’ai fermé la porte, tout cela ne me regarde plus.

De la love story 2.0

Parfois, il m’arrive de me connecter à twitter pour faire part au monde de mes fulgurances ou de la publication d’un nouvel article. Au monde, j’exagère, j’ai précisément 56 gens qui me suivent dont un bon paquet de fakes, je pense. Mais l’avantage de ne pas avoir grand monde sur son twitter, c’est qu’on ne rate aucune histoire, y compris une love story débutante à caractère participatif.

Connaissez-vous Marion ? Vous pouvez aller sur son blog mais en gros, c’est une jeune parisienne de 23 ans qui me paraît fort sympathique . Il y a une semaine, elle poste un message sur son twitter « cherche un mec, please RT » (RT= reprenez sur vos
twitters). De là, un mec se crée un profil « unmec » et un blog unmecpourmarion. De là s’ensuivent des échanges de post et un rendez-vous vendredi soir à République. C’est ultra résumé, je sais. Sur twitter, tout le monde a suivi l’histoire, a conseillé Marion sur sa tenue, les blogueurs ont rigolé de cette histoire, se demandant si Marion devait prendre des capotes et une brosse à dents pour le rendez-vous.



Puis vendredi soir, le rencard et… vers minuit, une personne annonce qu’elle va publier sur son blog les photos du rencard puisqu’elle y était en tant que « garde du corps » de Marion au cas où unmec ne soit pas quelqu’un de très recommandable. Comme j’ai le talent d’attirer naturellement tous les psychopathes de la blogosphère, je l’approuve totalement sur ce point. Et effectivement, voilà des photos floues, genre paparazzis sur le blog de la personne. Même si elles ont été prises avec l’accord des deux parties concernées,
j’avoue que là, je trouve que le jeu est allé un peu trop loin.




Prenons les deux hypothèses plausibles. En un, suite à ce rendez-vous, il ne se passe rien : unmec se prend un râteau devant un bon millier d’internautes, pas trop grave, encore (sauf pour son ego mais c’était le risque). En deux, ça fonctionne et là, un couple se crée. Et bien bon courage. Un couple à deux, déjà, c’est compliqué alors à 1000… Parce que voilà, on nous a donné le début de l’histoire, il va être très difficile maintenant de fermer la porte de la chambre en nous expliquant qu’à partir de là, ça ne nous regarde plus. Parce que déjà, quand on ne donne pas grand-chose, l’internaute essaie de voir à travers le trou de la serrure, il est parfois un peu trop intrusif. Alors là, on a assisté à toute la parade nuptiale, on veut aussi la première nuit (sextape ?), le premier réveil (bonne ou mauvaise haleine, le sexe avant ou après le brossage de dents ?), le premier week-end, la présentation aux parents, le choix du chien… Ok, ok, je m’emballe peut-être un peu. Mais bon, comment transformer une histoire publique en histoire privée ?




Par le passé, j’ai eu quelques histoires un peu trop mises en avant sur ce blog avec le monsieur qui participait à la vie communautaire et par la suite, j’ai dû taper sur quelques doigts virtuels pour qu’on me laisse un peu d’intimité car la ligne était un peu trop rapidement franchie. Je raconte ce que je veux, n’allez pas chercher ce que je tais. Il existe quelques couples bien identifiés sur la blogosphère, la Blonde et son Muche, les H2 et tant d’autres que je ne remets pas là de suite absolument. Mais voilà, ils ont dès le départ ouvert des fenêtres et fermé des portes. Là, j’ai parfois l’impression que l’histoire de Marion et d’unmec ne leur appartient pas vraiment, je suis limite étonnée qu’il n’y ait pas eu de vote SMS pour décider s’ils devaient oui ou non coucher ensemble.

Bref, si j’ai bien appris quelque chose en 4 ans de blog, c’est que pour vivre heureux, mieux valait vivre caché sur certains points. J’espère que, pour la suite, Marion et unmec ne se sentiront pas trop obligés de nous faire vivre leur histoire dans TOUS ses détails.

Les stages ne sont pas éternels

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 07 juin

La journée est mortelle. On a tellement rien à faire qu’on fait des mots croisés. C’est la période creuse pour le bureau. Chaque année c’est comme ça.  La nouvelle stagiaire supporte mal qu’on lui donne des ordres et qu’on lui donne le sale boulot. Je la comprends mais à mon avis ça lui passera. Pour ma part j’ai rien à dire sur elle car je m’entends super bien avec. Heureusement qu’elle est la car sans elle j’aurais déjà songé au suicide avec n’importe quelle ceinture qui me serait passée sous la main. Pour nous occuper on fait les tests pourris des magazines. On se prend aussi de longues poses déj en parlant des gens du bureau. On est grosso modo du même avis en plus (ou alors elle fait peut-être semblant).

Le 10 juin

La nouvelle stagiaire à parlé avec l’hystérique enceinte (oui c’est comme ca que je l’appelle maintenant) du fait qu’elle n’avait rien à faire et qu’elle n’apprenait rien. Malheureusement il n’y a pas grand-chose à faire pour remédier à cela. Miss enceinte nous a également avoué qu’elle aussi en avait un peu marre d’être ici et que son ancien travail lui manquait. A la base elle était secrétaire juridique et Big Boss était client au cabinet où elle était. C’est comme cela qu’elle a atterri ici. Quand il a appris qu’elle partait il lui a demandé de venir travailler ici 2 ou 3 jours par semaine.

Le 14 juin

Mes écrits s’espacent mais il faut dire que j’ai rien à dire de transcendant. Depuis quelques temps le mec de Big Boss se lâche plus envers moi. Et moi, je m’amuse à lui balancer une ou deux vannes dans la figure. Comme il n’a aucune fierté,et que sa personnalité vaut autant que celle d’une limace, il se contente de rigoler.

A part ça, j’en peux plus des books. Je voudrais pouvoir les jeter à la tête de Big Boss en prenant tous mon élan. Et pour info un book c’est gros et ça fait mal En plus l’ambiance au bureau est très tendue en ce moment car les filles en ont marre de Big Boss et Big Mother. La dernière fois Big Boss à fait une crise à Miss enceinte car il y avait des magazines qui traînaient. Mais on voit que c’est pas lui qui va dans la pièce du fond et qui doit se taper je ne sais pas combien de pile pour trouver UN magazine. Il se rend pas compte que c’est
limite du travail de manutentionnaire à force. Ce mec ne sais rien faire par lui-même. Il sait juste donner des ordres.

Le 17 juin

Quoi de pire que de faire des books si ce n’est de la faire par plus de 35C°. Il fait une de ces chaleurs dans le showroom !!

Le 18 juin

Aujourd’hui j’ai étiqueté des chaussures. C’est chiant mais ça change des books. La minute complot : Big Mother aurait dit à Big Boss que Béa ne faisait pas grand-chose sous l’influence des autres. Du coup ce dernier hésite à la garder car elle en CDD.

Le 20 juin

Engueulade entre Big Mother et Alexia. BM trouvait qu’il faisait un peu froid (alors qu’on crève) et voulait qu’on ferme la porte. Alexia lui a dit qu’elle n’avait qu’à fermer la porte de son bureau. Là, forcément c’est parti en vrille et Alexia a dit ses 4 vérités à BM qui a fait profil bas. Sinon c’est officiel, la nouvelle stagiaire n’aime pas Clarissa et ça me fait bien plaisir. Elle pense exactement comme moi d’elle.

Le 25 juin

La blague du jour : Clarissa a appelé la nouvelle stagiaire par un prénom qui n’a rien à voir avec son VRAI prénom. J’hallucine ! Le pire c’est qu’elle s’est même pas excusée. Elle se croit vraiment tout permis. Plus tard Big Mother s’est adressée à nous de manière très sèche. C’est à croire qu’ils nous prennent pour leur esclaves dans cette boite. Je me souviens un jour Big Boss m’avait carrément demandé de descendre la poubelle.

Le 28 juin !!!

Dernier jour de stage. Pourquoi c’est le dernier jour qu’on me donne des choses à faire ? J’ai passé la matinée à faire des shoppings et des rdv avec des journalistes. Les filles nous ont pris la tête à peine arrivées avec l’autre stagiaire.

En conclusion, je suis bien contente que mon stage se soit fini. Le milieu de la presse mode c’est vraiment un milieu pourri plein de gens snobs et hypocrites. En fait, si on ne colle pas pile poil au stéréotype personne ne vous accepte. Big Boss m’a demandé en partant si je souhaitais faire ce métier. Ca m’a fait rire au fond de moi car je crois qu’il sait comme moi que je n’ai vraiment pas le profil. Je trouve que ce métier c’est du vent. Pas du vent dans le sens où les gens ne font rien car c’est faux ils travaillent. Mais dans le sens où tout sonne creux et vide. La plupart des gens que j’ai croisés n’ont aucune valeur humaine, aucune sincérité. Tout est bancale car tout repose sur les apparences. Même au bureau les filles ne sont pas du tout unies, elles passent leur temps à se tirer dans les pattes dès que l’une est absente. Super ambiance pour une équipe de travail ! Bon, vous l’aurez compris, je n’ai rien retenu de positif de cette expérience. A part le fait que je sais que je déteste ce milieu.