Courrier des cœurs, réponse à Evelyne

Cette semaine, Evelyne nous a posé la question suivante :

« Je ne sais pas pourquoi j’écris car je suis persuadée que tout le monde me dira de laisser tomber. Je suis amoureuse de mon voisin, qui lui en aime une autre et m’en veut parce que l’autre justement l’as relargué ou en tout cas n’as pas renoué avec lui à cause de moi. Mais, c’est plus fort que moi, je l’aime. Aujourd’hui, il est venu sonner chez moi sous prétexte qu’il avait prêté un truc à mon fils, mais renseignement pris, mon fils dit lui avoir rendu. Alors ou mon fils raconte des bobards ou c’est
le mec dont je suis love qui a pris un faux prétexte… Dans le dernier cas, pourquoi ? Puisqu’il n’a rien dit, ni rien tenté… Qu’est-ce que je dois faire ? J’arrive pas à ne pas penser à lui. Et lui, il dit qu’il aime l’autre fille. Help…« 


La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons

Keira : Je suis désolée. Mais je ne sais pas lire les pensées de mecs que je ne connais pas. Donc je ne vois qu’une chose à te dire : tente le coup et tu verras. Au pire il te fous un râteau. Au mieux ça marche. Qui ne tente rien, n’a rien. Et c’est tellement vrai.

Lucas : Parfois, nous, les hommes, nous allons de l’avant, décidés à faire qq chose et, au dernier moment, on se retient, on se remet en cause, on s’écrase et on se pose la question de la pertinence de ce qu’on est en train de faire. Espérait-il une action forte de ta part, un mot, un geste, un regard? Je trouve que ta phrase d’accroche sonne terriblement faux. Comme si tu n’avais qu’une envie, celle d’aller le voir et jouer cartes sur table. Le fait qu’il soit venu sonner à ta porte, qu’il ait renoncé à sa
volonté initiale, quelle qu’elle soit, démontre bien qu’il est en plein de doutes lui aussi et qu’il lui faut un déclic (ou des claques). Je rejoins l’analyse précédente… Rappelle toi cette scène de « Manuale d’Amore »… http://www.commeaucinema.com/bande-annonce/54488-video-4827 L’extrait
est un peu court mais la suite des évènements montre que la donzelle va complètement adouber la dernière action du héros !

Tatiana : Invite le chez toi sous un faux prétexte et fait lui boire de l’alcool. Une fois qu’il est bien à température, tu le cuisine jusqu’à ce qu’il craque et voilà !
Bon, ça c’était la version sans scrupules.
Après j’ai aussi envie de te dire que c’est difficile avec peu d’éléments de savoir ce qu’il en est vraiment. Il se peut simplement qu’il ait oublié que ton fils lui avait rendu le truc en question (ça arrive à tout le monde). Parfois quand on est amoureux on a tendance  à déformer la vérité.

Enzo : Prenons les choses une par une :
– Tu limites ostensiblement les possibilités de ce soit-disant « prétexte ». Tu as oublié le cas où il croyait vraiment que ton fils avait toujours le jeu de PS3 qu’il lui avait prêté, alors qu’en fait il va le retrouver dans deux jours sous une pile de slips (kangourous) sales. Tu as aussi oublié le cas où il était déprimé et qu’il se regonfle l’orgueil facilement en allant voir la pauvre fille qui le regarde avec amour malgré le fait qu’il ait été plus que clair.
« Pourquoi ? puisqu’il n’as rien dit, ni rien tenté… » Ah ben sûrement parce que ce n’était pas un faux prétexte. Ou surement pas un faux prétexte pour déclarer sa flamme qui brule mais qu’il n’ose pas parce que c’est compliqué bla bla bla. Cf le rasoir d’Occam ! L’explication la plus simple : il n’a rien dit rien tenté parce qu’il ne voulait rien dire rien tenter, il voulait juste récupérer son DVD de ‘Batman Begins’ qu’il avait prêté à ton fils (qu’il retrouvera dans le boitier de ‘Girls Gone Wild 28’) !
– L’amour sans retour, ce n’est plus de l’amour, c’est de l’obsession. Un cercle vicieux dans lequel tu t’enfermes. Tous ses gestes sont interpretés dans le sens qui t’arrange. Tu as résumé la
situation : tu as une forte attirance pour lui (l’amour sans concretisation ni retour, ça reste un fantasme à dérive masochiste), lui non, il est attiré par une autre qui ne l’aime plus, qui plus
est il rejette sur toi la faute de cette rupture (enfin elle n’a trouvé que cette excuse pour se débarrasser de lui plutôt).
Mon conseil ? « Next One ! ».

Nina : Bon, à priori, les hommes sont assez basiques dans leur stratégie amoureuse donc s’il te dit aimer une autre femme, c’est que c’est le cas. Et s’il t’en parle, c’est qu’il n’a pas l’intention d’aller plus loin avec toi. Mais il existe parfois des mecs que je qualifierais de compliqué. Genre compliqué comme une fille qui se dit que jouer sur la jalousie pour faire réagir l’autre est une bonne idée (NON, ça ne l’est JAMAIS, c’est une stratégie particulièrement conne à mes yeux mais bref) et trouve des
prétextes à la con pour aller parler à l’autre. Bref, il est difficile de savoir à priori vu que je ne sais pas si ce monsieur est du genre basique ou compliqué mais comme diraient mes camarades,
le mieux est encore de demander direct. Même si c’est vrai que se prendre un vent par le voisin peut jeter un froid mais au moins, tu seras fixée car plus tu attends, plus tu vas développer des
sentiments et plus tu risques de déchanter s’il n’y a rien entre vous. Un peu comme un sparadrap. Mais bon, l’histoire a l’air assez compliquée, pourquoi tu serais responsable du non retour de
son ex ?

Voilà, si toi aussi, tu as des questions love and sex à nous soumettre, on t’attend ! Tu peux laisser un comm, envoyer un mail [nina.bartoldi’at’gmail.com] ou venir me parler sur Facebook ou Twitter, c’est open bar !

Suis-moi, je te fuis, fuis-moi…je suis parti

Il y a des dictons qui m’énervent, surtout quand je ne les trouve pas avérés. Parce que bon, si après la pluie vient le beau temps, qu’il vaut mieux un tien que deux tu l’auras, c’est œil pour œil et dent pour dent. Mais je mets la charrue avant les bœufs là. Oui, je trippe un peu toute seule, là, j’espère au moins ne pas avoir perdu la moitié d’entre vous.

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Bon, le dicton qui me saoule en ce moment est, vous l’aurez compris grâce au titre « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Non, je déconne, c’est « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ». Déjà, j’ai du mal avec les conseils amoureux du genre « si tu veux un mec, tu dois faire ça et pas ça et ça et pas ça… ». Donc, en gros, si je comprends bien, faut que je m’adapte aux désirs de monsieur et que ce que je suis en vrai, on s’en fout. Et je dois cacher mon naturel jusqu’à quand exactement ? Non parce que je vais pas tenir toute une vie non plus…Surtout que je suis du genre à croire qu’il n’y a aucune règle absolue en la matière, tout est question de personnalité.

Revenons à notre fameux « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». Donc l’idée de base est la suivante : on ne désire jamais rien autant que ce qu’on ne peut pas avoir. Donc partant de ce principe, il faut se faire désirer. Sur le principe, c’est vrai, c’est meilleur d’avoir quelque chose qu’on a obtenu en se battant. Même si des fois, les trucs qui tombent du ciel, c’est bien aussi. Ceci étant dit, faire des efforts, ok, mais pas trop. Se préparer pour un 5000 mètres et se retrouver à faire un marathon, on va pas tenir jusqu’au bout. En
tant que fille, quand un mec me plaît, je veux bien courir un peu mais pas me faire balader, déjà. Puis surtout à force de courir, je ne vois plus l’arrivée et je me dis que ça n’en vaut plus la peine. En gros, je rencontre Pietro et je le drague mais si au bout d’un moment, le dossier n’avance pas, je laisse tomber. Alors que s’il le faut, Pietro jouait juste le « je te fuis… ». Raté ! Mais arrive un moment où il faut arrêter de jouer et mettre carte sur table. Je te plais, tu me plais, on va perdre encore du temps pour des bêtises ou écrire le chapitre 1 de notre love story ?

Par ailleurs, dans tout ça, ce qui est gonflant, c’est l’impression d’une stratégie amoureuse. Je ne stratégise rien en la matière. Je ne prévois pas de craquer sur un mec et quand ça arrive, je n’établis pas un plan de guerre. Je laisse d’abord faire un peu, pour voir. Ces derniers temps, les mecs qui me faisaient craquer étaient soit en couple, soit en couple et gays, en plus. Je me serais jetée à leur cou, bonjour le ridicule. Puis le premier coup d’œil n’est pas suffisant. Il est craca miaou, ok, mais après ? S’il le faut, il est tellement con qu’au bout d’une demi heure, j’aurai envie de le noyer dans les toilettes. Ou alors, il déteste les chats, les enfants et les dauphins, allez savoir. Peut-être même qu’il a du P. Diddy en sonnerie de portable ! Donc, c’est vrai que j’ai tendance à voir un peu ce qu’il peut se passer sans chercher à concrétiser à tout prix, à établir une stratégie. Quand un mec me plaît, je lui fais comprendre sans me traîner à ses pieds non plus. J’improvise en fonction du moment, je lance des perches, je saisis celles qu’on me tend mais comment prévoir ? On peut se faire des dialogues 100 fois dans la tête, ça ne se passera jamais comme on l’a prévu alors arrêtons de se la jouer stratégie militaire de séduction. Surtout que dans tout ça, j’ai l’impression que l’autre que l’on cherche à séduire devient limite un ennemi à battre. « Si je t’aime, prends garde à toi ! ». Combien de fois on s’énerve « tain, il m’a pas appelé ce con, je le déteste ! ». Et tu l’as appelé, toi ? Non ? Ah. Alors lui, c’est un con de pas appeler mais pour toi, c’est normal. C’est souvent ce que je me dis quand un mec me donne pas signe de vie, au lieu de m’énerver dans mon coin, moi, je lui donne signe de vie. S’il répond pas, là, au moins, c’est clair. Mais faut un peu s’asseoir sur sa fierté mal placée et ses théories à la con et prendre le taureau par les cornes. Parce que si vous jouez à « je te fuis… » et que l’autre aussi, autant vous dire que vous n’êtes pas rendus. Le jeu amoureux, c’est sympa quand on flirte. Sinon, c’est ridicule.

En conséquence de quoi, j’ai décidé d’adhérer au groupe facebook d’utilité publique : suis moi jte fuis, fuis moi jte suce. Avec mon profil Nina, bien sûr, pas la peine d’aller chercher mon vrai nom sur ce groupe !