Suis-moi, je te fuis, fuis-moi…je suis parti

Il y a des dictons qui m’énervent, surtout quand je ne les trouve pas avérés. Parce que bon, si après la pluie vient le beau temps, qu’il vaut mieux un tien que deux tu l’auras, c’est œil pour œil et dent pour dent. Mais je mets la charrue avant les bœufs là. Oui, je trippe un peu toute seule, là, j’espère au moins ne pas avoir perdu la moitié d’entre vous.

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Bon, le dicton qui me saoule en ce moment est, vous l’aurez compris grâce au titre « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Non, je déconne, c’est « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ». Déjà, j’ai du mal avec les conseils amoureux du genre « si tu veux un mec, tu dois faire ça et pas ça et ça et pas ça… ». Donc, en gros, si je comprends bien, faut que je m’adapte aux désirs de monsieur et que ce que je suis en vrai, on s’en fout. Et je dois cacher mon naturel jusqu’à quand exactement ? Non parce que je vais pas tenir toute une vie non plus…Surtout que je suis du genre à croire qu’il n’y a aucune règle absolue en la matière, tout est question de personnalité.

Revenons à notre fameux « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». Donc l’idée de base est la suivante : on ne désire jamais rien autant que ce qu’on ne peut pas avoir. Donc partant de ce principe, il faut se faire désirer. Sur le principe, c’est vrai, c’est meilleur d’avoir quelque chose qu’on a obtenu en se battant. Même si des fois, les trucs qui tombent du ciel, c’est bien aussi. Ceci étant dit, faire des efforts, ok, mais pas trop. Se préparer pour un 5000 mètres et se retrouver à faire un marathon, on va pas tenir jusqu’au bout. En
tant que fille, quand un mec me plaît, je veux bien courir un peu mais pas me faire balader, déjà. Puis surtout à force de courir, je ne vois plus l’arrivée et je me dis que ça n’en vaut plus la peine. En gros, je rencontre Pietro et je le drague mais si au bout d’un moment, le dossier n’avance pas, je laisse tomber. Alors que s’il le faut, Pietro jouait juste le « je te fuis… ». Raté ! Mais arrive un moment où il faut arrêter de jouer et mettre carte sur table. Je te plais, tu me plais, on va perdre encore du temps pour des bêtises ou écrire le chapitre 1 de notre love story ?

Par ailleurs, dans tout ça, ce qui est gonflant, c’est l’impression d’une stratégie amoureuse. Je ne stratégise rien en la matière. Je ne prévois pas de craquer sur un mec et quand ça arrive, je n’établis pas un plan de guerre. Je laisse d’abord faire un peu, pour voir. Ces derniers temps, les mecs qui me faisaient craquer étaient soit en couple, soit en couple et gays, en plus. Je me serais jetée à leur cou, bonjour le ridicule. Puis le premier coup d’œil n’est pas suffisant. Il est craca miaou, ok, mais après ? S’il le faut, il est tellement con qu’au bout d’une demi heure, j’aurai envie de le noyer dans les toilettes. Ou alors, il déteste les chats, les enfants et les dauphins, allez savoir. Peut-être même qu’il a du P. Diddy en sonnerie de portable ! Donc, c’est vrai que j’ai tendance à voir un peu ce qu’il peut se passer sans chercher à concrétiser à tout prix, à établir une stratégie. Quand un mec me plaît, je lui fais comprendre sans me traîner à ses pieds non plus. J’improvise en fonction du moment, je lance des perches, je saisis celles qu’on me tend mais comment prévoir ? On peut se faire des dialogues 100 fois dans la tête, ça ne se passera jamais comme on l’a prévu alors arrêtons de se la jouer stratégie militaire de séduction. Surtout que dans tout ça, j’ai l’impression que l’autre que l’on cherche à séduire devient limite un ennemi à battre. « Si je t’aime, prends garde à toi ! ». Combien de fois on s’énerve « tain, il m’a pas appelé ce con, je le déteste ! ». Et tu l’as appelé, toi ? Non ? Ah. Alors lui, c’est un con de pas appeler mais pour toi, c’est normal. C’est souvent ce que je me dis quand un mec me donne pas signe de vie, au lieu de m’énerver dans mon coin, moi, je lui donne signe de vie. S’il répond pas, là, au moins, c’est clair. Mais faut un peu s’asseoir sur sa fierté mal placée et ses théories à la con et prendre le taureau par les cornes. Parce que si vous jouez à « je te fuis… » et que l’autre aussi, autant vous dire que vous n’êtes pas rendus. Le jeu amoureux, c’est sympa quand on flirte. Sinon, c’est ridicule.

En conséquence de quoi, j’ai décidé d’adhérer au groupe facebook d’utilité publique : suis moi jte fuis, fuis moi jte suce. Avec mon profil Nina, bien sûr, pas la peine d’aller chercher mon vrai nom sur ce groupe !

Scrrrrrrrrrrzzzzzzztttttttt, coup de foudre

(Là, je me dis que je vais me marrer pour la version audio)

Bon, c’est le printemps et il fait beau, les oiseaux font cui cui, tout ça. Et forcément, les hormones, elles font comme les marmottes, elles ont terminé leur hibernation et sont au top de leur forme. Ca fait pshiiiiiiiiiiiiiit, c’est une horreur. Du coup, tout le monde est beau. Votre voisin, votre épicier, votre facteur et même le caissier du supermarché. Enfin, moi, ce sont toujours des caissières aussi sympa, j’ai même fait remarquer à l’une d’entre elles que y avait les deux clients avant moi qui étaient toujours en train de ranger leurs courses et que ce serait une bonne idée de les laisser finir avant de poursuivre. Mais parle à mon cul, ma tête est malade.

Donc, on évolue dans une espèce de bulle hormonale qui rend tout le monde beau. Et certains plus que d’autres. Et c’est là que ce beau brun aux yeux qui pétillent et au sourire torride vous parle, vous sourit et vous vous liquéfiez sur votre chaise. Je n’ai jamais vu d’homme aussi beau, je le veux, je l’aime. C’est ce qu’on appelle communément un coup de foudre. Sauf que moi, j’y crois pas.

Des hommes, j’en ai croisé quelques uns dans ma vie. J’en ai aimé quelques uns aussi mais moins. Il m’est arrivée d’être très vite dingue d’un mec. Aujourd’hui, encore, je suis étonnée de la violence et de la puissance des sentiments que j’ai eu pour un de mes exs, Alex. En gros, lui, je l’ai vu, je l’ai voulu (et je l’ai eu, mouahahah). C’est presque un coup de foudre sauf que pas tout à fait puisqu’au début, je le voulais, c’est après que je l’ai aimé. En fait, au vu de la situation, au départ, je n’envisageais rien d’autre qu’un plan sexe mais finalement, me
suis prise à mon propre piège. Rassurez-vous, je n’en ressens plus la moindre rancœur, j’ai souffert mais tout est réglé aujourd’hui et Alex est toujours quelqu’un avec qui je parle.

Mais je reste à dire que le coup de foudre n’existe pas. C’est nous qui nous convainquons que nous ressentons quelque chose de très fort mais souvent, l’objet de cet amour furieux et soudain ne nous aurait pas fait autant d’effet à un autre moment. Si je prends mon cas avec Alexandre, ce garçon est incontestablement très séduisant et intéressant et intelligent, aussi donc il est clair qu’à un autre moment, il ne m’aurait pas laissé froide mais il est arrivé à un moment de ma vie amoureuse où ça n’allait pas forcément fort. Je venais de me faire balader pendant près de deux mois par un mec qui me faisait du « je te désire mais j’ai une copine mais reste sage quand même » donc je me sentais un peu une grosse merde. Et là, paf, un mec du genre « jamais je pourrai mettre un mec aussi canon dans mon lit » s’intéresse à moi donc forcément, mon cœur ne sait plus où donner de la tête. Enfin, il ne sait jamais, mon cœur est vraiment la partie la plus stupide de mon corps. Et la phrase précédente la plus conne de ce blog.

Donc ce que je suis en train de dire c’est que le coup de foudre, c’est notre inconscient qui repeint en rose un simple coup de cœur. Il transforme une simple étincelle en feu d’artifice, fait danser la rumba à notre cœur encroûté. Les choses n’arrivent jamais par hasard. On a beau dire qu’on s’y attendait pas, c’est pas vrai. Perso, quand je suis pas disponible sentimentalement, je ne vois aucun autre mec que le mien. Les autres, je m’en fiche, fiche, fiche. Donc, on peut ne pas s’y attendre dans le sens où on passe pas nos nuits sur meetic et consort
pour trouver the only one mais il arrive toujours quand notre vie amoureuse est en berne. Soit qu’on est célibataire depuis un bon moment, soit que notre vie de couple ne soit pas des plus exaltantes. Si je prends mon coup de cœur pour mon démon tentateur, c’est un peu ça. La première fois que je l’ai vu, honnêtement, il ne m’a pas fait d’effet. C’est venu un peu plus tard. Sans
doute qu’après deux ans de relation avec Guillaume, je m’ennuyais un peu. Mais jamais je ne pourrai dire que j’ai eu un coup de foudre pour Fabien puisque dans les faits, je n’ai pas craqué sur lui dès le premier regard et en plus, je ne l’ai jamais aimé. Juste désiré très fort.

Bref, moi, je crois pas au coup de foudre, juste au coup de cœur. Ce qui n’est déjà pas mal en soi.