Envie ou besoin d’amour

Lors de ma dernière visite chez ma naturopathe, nous avons parlé de mes amours (du moins ce qu’il en reste) et elle m’a posé la question suivante : »vous avez envie ou besoin d’être avec quelqu’un ». Mmm, voilà une belle question qui mérite un article… Et oh tiens, le voilà.

Pour moi, c’est clair : j’en ai envie mais pas besoin. Parce que de l’amour, dans ma vie, j’en ai plein : de ma famille (dont mon petit neveu adoré), de mes amis et même de mon chat. État de mon compte d’amour : positif (alors que mon compte en banque, lui, fait la gueule). Du coup, je ne passe pas mes soirées à me lamenter sur le vide de mon cœur en trempant mes cheveux dans mes Chocapics, non. Mais envie, oui, j’ai.

Après des années de célibat entrecoupées de relations non implicantes ou non conventionnelles, j’ai regoûté aux joies de la vie de couple avec prince-charmant-devenu-crapaud. Même si à l’arrivée, tout n’était que du vent, pendant les 3 mois où j’ai cru ses belles paroles, c’était agréable de traverser la vie à deux, de se dire qu’un voyage en Russie tous les deux cet été serait cool, de penser qu’après une journée de merde, on pourrait retrouver les bras chaleureux de cet autre à qui on a envie de faire une place.


Envie, oui. Construire, tenter l’aventure à deux. Ce n’est pas un besoin, non. J’ai repris ma vie de célibataire très active et certains de ses avantages comme dormir dans un vieux pyjama confortable ou manger n’importe quoi en regardant une connerie à la télé. Ne pas jongler avec son emploi du temps pour dégager du temps pour l’autre. Mais j’ai aussi envie de passer la soirée au lit avec cet autre, à parler de tout et n’importe quoi, se promener main dans la main en récoltant des souvenirs, collectionner les instants magiques.

Envie, oui. Courir la queue m’ennuie désormais, j’ai eu mon compte, j’ai envie de plus. Un CDI amoureux même si y a des jours où on soupire en pensant à sa liberté de célibataire. Envie d’essayer mais sans pression, sans me dire que je DOIS faire de cet autre mon only one.

Plaidoyer pour un mariage laïque

Vous me connaissez, j’aime bien m’énerver, c’est un véritable talent chez moi. Et tiens, puisque je papote pas mal mariage en ce moment sans être concernée, continuons sur la lancée et parlons mariage homosexuel.

Je ne vous referai pas un vibrant plaidoyer pour le mariage gay, je l’ai déjà fait. Je voudrais plus parler du débat actuel sur la question et les incroyables amalgames qui se font. Voilà que le personnel religieux vient ajouter son (gros) grain de sel parce que, merde, le mariage, c’est leur affaire. Pardon ? Ah ça y est, je suis énervée.

D’un point de vue légal (car on parle d’une loi sur le mariage gay donc je suis bien au cœur du truc), le mariage est un contrat entre deux personnes, encadré par le code civil qui stipule les droits et obligations des époux. C’est la signature sur ce contrat et celle-là seulement qui compte. Le reste n’est sur folklore et n’a aucune valeur juridique. D’ailleurs, lors d’un mariage religieux catholique (je n’ai jamais malheureusement assisté à des mariages d’autres confession, ma curiosité et mon envie de chanter Hava Nagila en tapant des mains le vivent mal), le prêtre dit « ceux que Dieu unit, nul ne peut les séparer ». Ben j’en connais pas mal qui ont divorcé quand même. Mairie 1 – église 0.

Le mariage à l’église se fait déjà à la discrétion du prêtre donc d’où ils viennent chouiner ? S’ils n’ont pas envie de marier des gays, rien ne les obligera. Alors pourquoi leur demander leur avis ? Ah oui, les débats politiques incluent une dimension philosophico-morale et après tout, ils ont le droit de donner leur avis comme les autres. C’est vrai. Pourtant, on ne manque pas de philosophes spécialistes des questions amoureuses, historiens de la vie privée ou sociologues de la famille et de la vie de couple prêts à intervenir également. Ça ne me gêne pas en soi qu’un personnel religieux vienne exprimer sa conception des choses sauf quand c’est fait de façon systématique. Car ce qui me gêne, c’est qu’on accentue l’association mariage-religion et là, je dis non.

Oui les mariages dans une belle église, ça a de la gueule mais merde, ça n’a rien d’obligatoire. Ça m’agace même un peu les athées qui se marient à l’église pour le folklore. Oui, le mariage à la mairie, c’est une signature de contrat, ça n’a rien d’émouvant et les photos à la sortie de la mairie sont moins jolies qu’à la sortie de l’église. Mais si le cœur vous en dit, rien ne vous empêche d’organiser une petite cérémonie laïque histoire de donner un vernis affectif à la journée.

Le mariage n’appartient à aucune religion. Et ça, ça ne me semble pas intégré du tout et ça fausse le débat.

Courrier des cœurs : réponse à Angel

Cette semaine, Ange nous a posé la question suivante : « Peut-on oublier son vrai grand Amour ? Voilà, il y a déjà 10 ans, je suis sorti avec une fille que l’on nommera M. Nous étions au lycée, le temps des amourettes comme on dit, mais pas pour nous. Des sentiments très forts existaient, pourtant nous n’avons pas couché ensemble. La relation en elle-même n’a pas duré exceptionnellement longtemps, deux fois deux mois avec entre les deux un an de séparation. Nous sommes restés en contact les années suivantes, jusqu’à ce qu’elle coupe les ponts il y a 5 ans environ => silence radio total.

Malgré de multiples tentatives de ma part, elle n’a jamais répondu à mes courriers et mes souhaits de nous retrouver…

Il y a environ 4 ans, après de nombreuses années de souffrances, je me suis mis un coup de pied au cul comme on dit, et j’avais accepté la situation, le fait que je l’avais perdu, qu’il fallait que je me fasse une raison. Et j’ai pu enfin avancer dans ma vie sentimentale, qui n’était jusque là qu’une recherche perpétuelle d’une clone de M. Les filles avec qui je suis sorti présentait une part de M, un trait de caractère etc.

Depuis, j’ai même réussi à aimer de nouveau « un nouvel grand amour », ça fait quatre et demi que nous sommes ensemble. Nous allons même avoir un tit bout de chou bientôt.

Nos sentiments sont forts, et notre couple solide. Dans ma tête, tout était clair, elle avait réussi à effacer M de ma mémoire.

Il y a un an environ, j’avais retrouvé la trace de M, j’avais même écris une lettre pour tenter de renouer le contact, mais je n’ai jamais trouver le courage pour l’envoyer. Et puis, je me suis décidé il y a quelques mois. A ma grande surprise, cette fois-ci, elle a accepté de me répondre. Nous avons donc renoué contact, après tant d’années de silence. Quelques mails au début, puis j’ai proposé de nous revoir il y a deux jours. Elle a accepté.

Nos retrouvailles étaient géniales, notre complicité toujours intacte, et elle, toujours aussi jolie. Je ne devais rester qu’une heure, nous avions du mal à nous quitter après deux heures de discussion à se raconter nos vies durant ces années de silence. Je lui ai annoncé que j’attendais un enfant. Elle, ça fait 3 ans qu’elle est avec son copain.

Tout serait beau si je n’avais pas cette sensation étrange d’avoir louper quelque chose, à un moment, j’ai dit que « nous nous sommes connus trop tôt, c’est dommage, ça aurait pu être magnifique » et elle a acquiescé, me confortant dans ma réflexion. Comme si notre Amour aurait pu être splendide si nous nous étions connu quelques années plus tard…

Depuis, tout un tas de questions trottent dans ma tête… Ai je vraiment louper le coche ? Existe-il une possibilité pour qu’on se remet
ensemble ? Avec un bébé en route, puis je vraiment abandonner mes responsabilité et quitter ma copine ? En serais-je capable ?

Dans quel cas serais-je le plus heureux ? celui d’être père mais toujours avec cette idée d’avoir louper le véritable grand Amour ou celui de vivre le grand Amour en brisant un couple plutôt solide ?

 A l’aide… »


La cellule love and sex s’est penché sur ce cas épineux, voici ce que nous en avons pensé :

Bobby :  Question difficile et délicate, et comme je suis tout jeune et pas assez expérimenté, je me garderai bien de te donner une
opinion (il y a dix ans, j’ignorais ce qu’était une érection). Toutefois, dans ce genre de situation « remords » VS « regrets », je préfère penser que ce est arrivé devait arriver ainsi. Bon, je suis pas en train de dire « c’est le destin », parce qu’on va me rire au nez.  Imaginons donc que la vie suit un chemin rectiligne. Parfois, on est face à deux voies différentes. On se dit donc qu’on a le choix, et que c’est notre liberté humaine qui nous permets de sélectionner un des deux embranchements. Et pourtant, sur la ligne du temps, on ne choisit qu’un seul des deux chemins ; quand on regarde l’ensemble de notre vie, on n’a donc pas vraiment le choix. Le VRAI choix, la vraie liberté, ça serait de pouvoir tester les deux chemins et de revenir dans le temps pour emprunter le meilleur en connaissance de cause. Bref, tout ça pour dire que je ne crois pas aux « j’ai raté le coche ». Tu as suivi TA ligne, TA voie. (désolé pour cette digression pseudo philosophique, mais une fois j’ai entendu un monsieur que j’estime beaucoup dire qu’il avait l’impression d’avoir manqué plein de coches dans sa vie, et qu’il espérait avoir une deuxième vie pour tout refaire mieux, parce qu’il trouvait la première gachée. Non, je suis pas d’accord. On a qu’une seule vie, du moins à ce qu’on en sait, et ta vie, jusqu’à maintenant, ça m’a l’air pas si mal, avec une copine et un bébé en route) Pour la suite, je n’en sais rien, je laisse mes camarades t’aiguiller selon leur bon sens. Pour le passé, par pitié, n’ait jamais de regrets. C’est inutile, et ça gâche la vie.

Jane : Tu te poses des questions, tu t’interroges… Et si… Mais le fait est que pendant toutes ces années où tu as tenté de garder le contact, elle n’a jamais répondu. Recommencer pour faire différemment? Je ne vois pas comment… Après 2 heures passées avec ton ex, il est normal d’avoir de la nostalgie, de se rappeler du bon vieux temps, de la passion d’un amour de jeunesse, de se demander en souriant « et si… » Mais le fait est que ta vie, c’est sans elle que tu l’as fait, ce que tu appelles le grand amour, est-ce ton amour de jeunesse qui te sourit en disant que ça aurait pu être bien, ou est-ce une relation de plus de 4 ans, une relation que tu dis toi-même stable et solide, avec bientôt un enfant?

Tatiana : Je pense que c’est normal que tu te poses des questions. Je suppose que cette fille c’est ton 1er amour ? C’est donc normal que tu ne l’ais pas oubliée. Mais sache que tu ne pourras jamais avoir la même chose avec elle qu’à l’époque où tu sortais avec. Vous avez du beaucoup changer tous les deux et c’est impossible de faire revivre le passé. Alors oui vous avez toujours cette complicité mais je pense qu’elle est surtout due à des souvenirs communs et la nostalgie d’une époque heureuse. Aujourd’hui tu as enfin trouvé
quelqu’un qui te fait ressentir des choses aussi fortes que ce que tu as vécu avec cette fille donc ne va pas tout gâcher pour un truc qui si ça se trouve n’en vaut pas la peine. Tu as fantasmer cette fille pendant des années mais si ça se trouve au bout de 2 mois avec elle tu t’apercevrais que vous n’avez plus rien en commun. Et puis tu as construit quelque chose avec ta copine, quelque chose basé sur l’avenir et non sur un passé. Donc réfléchis bien avant de faire une belle connerie.

Summer : Si ça avait été le grand amour vous seriez encore ensemble et la question ne se poserait pas selon moi. Mais comme j’en ai déjà parlé avec Nina, je pense de plus en plus que l’âme sœur n’existe pas, qu’on peut aimer de façon bien différente plusieurs personnes.  Je comprends qu’elle est compté pour toi, et je suis persuadée que tu as fantasmé ta vie avec elle, parce que oui, c’est du fantasme, tout ça, ça n’est pas la réalité. Le truc qui me fait un pincement au cœur, c’est que ce fantasme passerait manifestement avant ta relation avec ta copine actuelle, relation longue et manifestement sérieuse. Alors à partir de là je me demande si quelque part tout ça, ce n’est pas finalement une peur de t’ engager pour de bon? Sans aucun jugement, je pense que M n’est qu’un prétexte et que tu sais que ce ne sera jamais pareil. Mais si tu tentes parce que tu veux t’en persuader pour de bon une fois pour toute, quelque chose que finalement tu sais déjà, mesure bien que tu risques de perdre beaucoup, trop même, je pense qu’il y a des choses qu’il ne vaut mieux jamais savoir, je pense également que ça préservera la magie de ton histoire avec M et je pense également qu’avoir un bébé c’est la plus belle chose qui soit même si ça fait foutrement peur.

Diane : Arfff làlà….le « grand amour »….

Pour te dire le fond de ma pensée, je pense que cette fille n’est pas ton « grand amour » mais ton grand fantasme. Comme tu l’as dit toi même, vous n’avez été que peu de temps ensemble, et le reste du temps n’a été alimenté que par l’idée que tu te faisais d’elle. Comme dirait mon pote Henri, tu as graaaave cristallisé mon cher! A chaque fois que la réalité te décevait, tu appelais ton fantasme préféré au rapport, et te persuadais petit à petit que mon dieu damned bullshit tu as peut -être raté l’eden, le bonheur, le nirvana total. Et aujourd’hui, pouf, tu es dans une situation sacrément « sérieuse », une situation qui, disons le, ne laisse pas forcément bcp la place au fantasme, et du coup de peur te voir échapper tes petits rêves de prince charmant, tu es allé cherché le fantasme là où il était, cad dans l’image que tu t »étais petit à petit formé de ta copine de lycée. Et elle, cette fois ci elle a répondu, parce que j’imagine qu’elle aussi elle doit être en manque de fantasme. (après 4 ans de relation, on perd un peu le côté passionnel du début, et il y a pas mal de gens qui ne le
supportent pas). N’oublions pas qu’elle t’a ignoré pendant moultes années avant, parce qu’elle avait son quota de rêves à ce moment là.

Donc oui, je comprends que ça soit agréable de rêver un peu, que la réalité puisse être effrayante, mais il semble que tu aies envie de t’engager dans une voie carrément dangereuse, et qui n’en vaut pas le coup. (si tu réalises ton fantasme, il n’en est plus un, et du coup il perd tout son intérêt) Sans oublier que il serait tout de même un tantinet connard et égoiste de laisser tomber ta compagne et ton enfant même pas encore né pour un fantasme de midinette… enfin moi jdis ça hein…

Lucas : Je dois dire que ce genre de situation me laisse pensif. Admettons que tu abandonnes ta compagne. As tu pensé au fait que depuis toutes ces années tu as peut-être sublimé M., sublimé cette relation somme toute fugace (deux fois deux mois). Avec ta compagne, vous avez crée un couple, une complicité, une cohérence et maintenant tu as en plus une responsabilité de père. Le fait de tout casser va t’inciter à chercher des réponses, un idéal chez l’autre et peut-être te rendre compte qu’au delà des instants magiques deci-de là, le quotidien n’est pas aussi merveilleux. En outre, tes histoires n’ont jamais abouti à une vie de couple… Je te rappelle qu’un couple c’est moins une idylle qu’un compromis de tous les jours ou chacun supporte les dafauts de l’autre en se disant qu’il y pire et que les qualités compensent.
Ouep, trop glamour.
Maintenant tu peux très bien (MODE gros salaud ON) raconter tout ça à M, lui mettre sur la table tout ton ressenti, voire lui écrire une lettre pour tout déballer (sans mettre de mots « amour fou » mais simplement les sensations qui te traversent, plus ou moins faciles à definir) et avoir une relation parallele pendant un mois, un an, une vie. Peut-être avez vous besoin de ça tous les deux pour vous rendre compte qu’en fin de compte…
Ca me rappelle la scene de 4 mariages et un enterrement avec Hugh Grant à l’église et son frère muet qui interrompt la ceremonie au moment où Hugh va dire oui pour lui rappeller que la femme qu’il aime c’est pas la pouffe à coté de lui mais Andy Mc Dowell…

Nina : Alors, déjà, je ne comprends pas cette volonté de reprendre encore contact. Tu as construit ta vie à côté, il est dommage de chercher à tout prix à fuir. Sauf que maintenant, tu as pas mal de responsabilités et partir maintenant serait la pire des choses, surtout en te basant sur des si. Honnêtement, si tu avais dû vivre quelque chose de merveilleux avec ton ex, ça se serait passé, vous êtes sortis deux fois ensemble et ça n’a pas duré, je pense que les choses sont donc claires. En 5 ans, vous avez changé tous les deux, rien n’indique que vous avez encore des choses en commun, vous êtes devenus des étrangers l’un pour l’autre. Ce que tu ressens est, à mon avis, plus de la nostalgie que de l’amour. Et je pense que tu devrais te recentrer sur ta copine actuelle qui vit une période importante de sa vie et qui a besoin de ton soutien.

Si tu as, toi aussi, une question love and sex, il est temps de te manifester par comm, mail ou facebook, même, si tu veux. N’hésite plus !

 

Les amants, c’est plus fatigant que les amoureux

Dimanche soir, je discute gentiment sur MSN avec Gabriel qui me propose de passer chez lui me donner un cours de cuisine. Ouais, je sais pas cuisiner, je le dis suffisamment souvent. Comme je suis pas tout à fait naïve, je me doute qu’à un moment, je vais me retrouver toute nue devant lui et même qu’il va me tripoter. Alors faut que je sois nickel.

Opération dépoilage. C’est pas que j’en ai beaucoup mais on les voit quand même donc faut que j’enlève tout ça. Je lui explique donc que le temps que je me fasse belle, j’arriverai dans une heure (douche+dépoilage+transports, on n’a pas idée d’habiter en zone 5). Et hop, on enclenche le programme : choisir de beaux dessous, choisir de beaux dessus, s’épiler avec la crème, se doucher tout comme il faut, se couvrir le corps de l’huile précieuse qui sent bon le musc et qui est sèche donc pas graisseuse sous les doigts. Un peu de parfum et hop, on est parties.

Quand on dort chez son amant, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Par exemple : utiliser tous nos produits de beauté usuels. Oui, j’ai un âge où faut faire attention à pas se laisser aller, c’est pas parce qu’on n’est pas ridés dans la famille qu’il faut ne pas être attentive. Donc crème de jour qui sent trop bon, crème de nuit qui sent trop bon, contour de l’œil, sans parler de la crème hydratante pour mon petit corps. Ben, ça, chez l’amant, ça ne se fait pas. On ne montre pas les coulisses tant que le monsieur ne fait pas officiellement partie de la troupe. Et je ne parle même pas du démaquillage. Parce qu’en général, ça se déroule comme suit : on fait du sexe et après, on s’endort donc du coup, je me relève pas pour me démaquiller. Je fais ça le lendemain matin, en même temps que la douche. Et j’indique au lecteur mâle que ne pas se démaquiller, c’est mal, la peau ne respire plus, ça finit par provoquer des cernes et tout. Sans parler du côté panda au réveil grâce au mascara qui a trouvé que le dessous de mon œil était plus confortable pour passer la nuit.

Donc voilà, après quasi un an, on en est toujours aux « je ne dois laisser paraître aucun défaut », même s’il a bien dû en remarquer certains genre le matin, j’imprime pas, je suis bavarde, il m’a même vue démaquillée à de nombreuses reprises. Peut-être qu’il m’a même vue me laver les dents. Je suis pudique de la toilette, je vous rappelle, j’aime pas qu’on me regarde me laver les dents ou me maquiller.

Alors évidemment, certains me diront que la vie de couple, c’est pas simple non plus et que depuis quand un mec devait se retrouver dans un lit avec un yéti à dessous vieux à partir du moment où il devenait l’officiel. Oui, je suis d’accord, j’ai passé 4 ans et demi avec le même mec et pendant ces 4 ans et demi là, je me suis épilée et même plus d’une fois. Mais il se peut aussi qu’on soit pas toujours nickel chrome à ce niveau là parce que par exemple, on a rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation à la cire et que ça se fait pas
sur poils très courts. Et puis avec son amoureux qui nous aime d’amour, on a le droit de mettre une chemise de nuit qui tient chaud avec des nounours dessus (oui, j’ai ça) alors que mon amant, c’est au max du max une nuisette. Et moi, j’attrape le froid par les bras, en plus.

Alors, on va essayer de positiver en se disant qu’avec un amant, on ne peut absolument pas se laisser aller. Mais il n’empêche que si j’avais les moyens de me faire une épilation au laser, je vivrais vachement mieux ce genre d’histoires, il ne me resterait plus qu’à choisir les dessus et dessous nickel, de renoncer à mes multi tartinages avant et après dodo, à avoir les ongles des pieds impeccables (ceux qu’on cache en général), de ne pas trop leur raconter toute notre vie, de ne pas trop leur demander de faire des travaux à la maison, de ne pas leur demander du tout de remplir votre feuille d’impôts (que j’ai toujours pas reçue au passage, y a comme du foutage de gueule dans l’air), de ne pas leur présenter votre famille…

Une âme charitable pour sponsoriser mon épilation laser ?

T’as pété ? Oui, hihihi

(article écrit en speed alors forcément, on va pas faire dans le sérieux)

Samedi, PaulK nous a posé une grande question existentielle : comment péter en toute discrétion. Seulement arrive un moment dans le couple où le « en toute discrétion », on s’en tamponne le coquillard. Et je trouve que c’est une vraie étape dans la vie d’un couple.

Mes parents : 32 ans de relations amoureuses, 31 ans de mariage en juin. Oui, mes parents se sont mariés au bout d’un an et trois mois de relations et 31 ans plus tard, ils sont encore ensemble. Faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais revenons à mes parents. Ma mère est du genre facétieuse, elle aime faire des blagounettes avec ses gaz. Ayant le pet silencieux mais odorant, elle lâche une caisse et se barre en gloussant. Ainsi, une fois, Yohann et Alice regardaient la télé, ma mère passe et lâche un pet. Les deux constatent l’odeur et commencent à s’engueuler « non mais dis que c’est toi ! – Mais non, c’est toi ! ». Ca aurait pu durer longtemps si, en passant, je n’avais pas vue ma mère planquée dans la pièce voisine en train de se marrer un bon coup. Mais son jeu ultime, c’est de péter au lit. Mon père m’    a expliqué ça : « tu vois, le soir, quand on lit au lit et que ta mère commence à soulever les draps et à les agiter l’air de rien, c’est pour faire partager ! ».

Cet article ne dira pas si je suis une digne héritière de ma mère. De toute façon, en tant que princesse, forcément, je ne pète pas. Mais c’est vrai que dans un couple, arrive un moment où on se relâche au niveau de la perfection apparente. Au début du couple, on se veut impeccable en dehors ET en dedans. On pète en cachette pour ne pas montrer à sa douce nouvelle moitié que nous aussi, on doit expulser des gaz (sinon on explose, selon l’adage populaire). D’ailleurs, à bien y penser, qui nous a imposé une pudeur à ce niveau là. Qu’on mette la main devant la bouche pour bailler ou roter, je comprends mais après, c’est naturel. Alors c’est vrai que le pet sort par notre orifice le moins « noble »  et qu’on va pas mettre la main devant mais puisqu’on pète tous, pourquoi cette pudeur ?

Mais la question reste : dois-je me lâcher en premier ou attendre que l’autre lance le premier pet en toute décontraction ? Bon, évidemment, en tant que fille pudique de ce genre de choses, jamais je ne le ferai le premier pet. Déjà que je dis pas je t’aime en premier mais là, c’est pire. Et pourquoi pas faire pipi la porte ouverte tant qu’on y est ? D’un autre côté, péter en toute indiscrétion en présence de l’être aimé n’est-il pas un signe qu’on se sent bien, en confiance. Un peu comme dans les payas arabes où on rote après le repas en signe de politesse, pour dire qu’on a bien mangé. Ben, là, c’est le « je pète sans me cacher avec toi parce que je me sens bien, en confiance ». Bon, ok, c’est dramatiquement pas romantique cette histoire mais franchement, votre mec pète à vos côtés de façon bruyante, vous l’engueulez ?

Bref, je crois que dans la vie d’un couple, c’est aussi une étape. Celle où on fait tomber le masque de la perfection. C’est aussi à peu près à ce moment là que les poils commencent à ne plus être éradiqués de près avant un rendez-vous avec votre mec. Certains vont s’écrier « ah la routine…horrible…pas glamour ! ». Mais les gars, réveillez-vous, on vit pas dans Melrose Place. Moi, en vrai, quand je me lève, j’ai pas le brushing et le maquillage nickel parce que si je m’endors avec mon maquillage, par un effet physique inévitable, il se retrouve le lendemain au milieu des joues. Même que souvent, le matin, quand on se lève, on sent mauvais de la bouche même si je comprends pas trop d’où ça vient vu qu’on se lave les dents le soir. Même que le matin, la première chose que j’ai envie de faire, c’est pas de me vautrer avec mon compagnon aux tablettes de chocolat dans mes draps en satin imprimé léopard, non. Ce que je veux faire en premier, souvent, c’est pipi.

Alors si un jour, votre mec pète bruyamment devant vous et que ça lui paraît normal, au lieu de vous alarmer, soyez heureuse : il est bien avec vous. Mais respirez par la bouche quelques instants, quand même, on ne sait jamais…

EDIT en forme de PS : est-ce le grand air breton qui m’a fait perdre la tête ou mes 28 ans mais j’ai oublié que le lundi, c’était
enfer de la mode. Bon ben je vous le mets demain et double mea culpa car j’y aurais pensé, vous n’auriez pas eu d’article sur le pet

Scrrrrrrrrrrzzzzzzztttttttt, coup de foudre

(Là, je me dis que je vais me marrer pour la version audio)

Bon, c’est le printemps et il fait beau, les oiseaux font cui cui, tout ça. Et forcément, les hormones, elles font comme les marmottes, elles ont terminé leur hibernation et sont au top de leur forme. Ca fait pshiiiiiiiiiiiiiit, c’est une horreur. Du coup, tout le monde est beau. Votre voisin, votre épicier, votre facteur et même le caissier du supermarché. Enfin, moi, ce sont toujours des caissières aussi sympa, j’ai même fait remarquer à l’une d’entre elles que y avait les deux clients avant moi qui étaient toujours en train de ranger leurs courses et que ce serait une bonne idée de les laisser finir avant de poursuivre. Mais parle à mon cul, ma tête est malade.

Donc, on évolue dans une espèce de bulle hormonale qui rend tout le monde beau. Et certains plus que d’autres. Et c’est là que ce beau brun aux yeux qui pétillent et au sourire torride vous parle, vous sourit et vous vous liquéfiez sur votre chaise. Je n’ai jamais vu d’homme aussi beau, je le veux, je l’aime. C’est ce qu’on appelle communément un coup de foudre. Sauf que moi, j’y crois pas.

Des hommes, j’en ai croisé quelques uns dans ma vie. J’en ai aimé quelques uns aussi mais moins. Il m’est arrivée d’être très vite dingue d’un mec. Aujourd’hui, encore, je suis étonnée de la violence et de la puissance des sentiments que j’ai eu pour un de mes exs, Alex. En gros, lui, je l’ai vu, je l’ai voulu (et je l’ai eu, mouahahah). C’est presque un coup de foudre sauf que pas tout à fait puisqu’au début, je le voulais, c’est après que je l’ai aimé. En fait, au vu de la situation, au départ, je n’envisageais rien d’autre qu’un plan sexe mais finalement, me
suis prise à mon propre piège. Rassurez-vous, je n’en ressens plus la moindre rancœur, j’ai souffert mais tout est réglé aujourd’hui et Alex est toujours quelqu’un avec qui je parle.

Mais je reste à dire que le coup de foudre n’existe pas. C’est nous qui nous convainquons que nous ressentons quelque chose de très fort mais souvent, l’objet de cet amour furieux et soudain ne nous aurait pas fait autant d’effet à un autre moment. Si je prends mon cas avec Alexandre, ce garçon est incontestablement très séduisant et intéressant et intelligent, aussi donc il est clair qu’à un autre moment, il ne m’aurait pas laissé froide mais il est arrivé à un moment de ma vie amoureuse où ça n’allait pas forcément fort. Je venais de me faire balader pendant près de deux mois par un mec qui me faisait du « je te désire mais j’ai une copine mais reste sage quand même » donc je me sentais un peu une grosse merde. Et là, paf, un mec du genre « jamais je pourrai mettre un mec aussi canon dans mon lit » s’intéresse à moi donc forcément, mon cœur ne sait plus où donner de la tête. Enfin, il ne sait jamais, mon cœur est vraiment la partie la plus stupide de mon corps. Et la phrase précédente la plus conne de ce blog.

Donc ce que je suis en train de dire c’est que le coup de foudre, c’est notre inconscient qui repeint en rose un simple coup de cœur. Il transforme une simple étincelle en feu d’artifice, fait danser la rumba à notre cœur encroûté. Les choses n’arrivent jamais par hasard. On a beau dire qu’on s’y attendait pas, c’est pas vrai. Perso, quand je suis pas disponible sentimentalement, je ne vois aucun autre mec que le mien. Les autres, je m’en fiche, fiche, fiche. Donc, on peut ne pas s’y attendre dans le sens où on passe pas nos nuits sur meetic et consort
pour trouver the only one mais il arrive toujours quand notre vie amoureuse est en berne. Soit qu’on est célibataire depuis un bon moment, soit que notre vie de couple ne soit pas des plus exaltantes. Si je prends mon coup de cœur pour mon démon tentateur, c’est un peu ça. La première fois que je l’ai vu, honnêtement, il ne m’a pas fait d’effet. C’est venu un peu plus tard. Sans
doute qu’après deux ans de relation avec Guillaume, je m’ennuyais un peu. Mais jamais je ne pourrai dire que j’ai eu un coup de foudre pour Fabien puisque dans les faits, je n’ai pas craqué sur lui dès le premier regard et en plus, je ne l’ai jamais aimé. Juste désiré très fort.

Bref, moi, je crois pas au coup de foudre, juste au coup de cœur. Ce qui n’est déjà pas mal en soi.

Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 

Au secours, v’là mon ex !

Non, rassurez-vous, aucun de mes ex ne m’ennuie, cet article est une réflexion générale sur les ex. Athéna avait déjà proposé sa version du problème, j’aimerais exposer la mienne (oui, je sais, trois mois plus tard, j’ai la palme de la réactivité).
 
Quand on rencontre un homme, arrive à un moment ou à un autre le problème délicat de(s) l’ex(s). Je vous le dis d’emblée : je déteste toujours les exs de mon mec, du moins tant que je les connais pas. Je ne suis pas quelqu’un de jaloux, Guillaume mon ex avait par exemple la fâcheuse habitude de laisser glisser son regard sur tout être équipé d’une poitrine mais je laissais faire. Tant qu’il regarde, je n’ai rien à dire, je vais pas faire une scène pour ça. De toute façon, je ne me sentais nullement menacée par ces donzelles qui ne faisaient que passer. Mais les exs, elle, je m’en méfie comme de la peste.
 
Peu de temps après le début de notre relation voici qu’arrive une de ses amies, Alice, belle brune aux yeux bleus. Or Guillaume a toujours fantasmé sur les brunes aux yeux bleus, ce que je ne suis pas, pour les trois du fond qui n’ont pas suivi. Ce jour-là, il n’a eu d’yeux que pour elle et pour la première fois de notre relation, il ne m’a pas payé de café. Quand il est reparti la raccompagner au métro, j’explose, sous les yeux de Gauthier, hilare.
« Non mais voilà, l’autre, elle débarque et j’existe plus ! Il ne m’a même pas payé de café, aujourd’hui, tu imagines ?
– Tu crois pas que tu exagères un peu ?
– Pffffff, grml grml »
Le pire, c’est que j’ai appris quelques mois plus tard que cette amie était bel et bien une ex, ce qu’il m’avait caché sur le coup, le bougre !

Comme je lui ai explosé à la figure quand je l’ai su. Mais il s’est justifié : « vu comme tu as réagi alors que tu ne savais pas qu’on était sortis ensemble, j’ai préféré te le cacher ». Hum, certes… Mais bon, quand même, j’aime pas qu’on me mente, même par omission !
 
Quelques temps plus tard, en discutant, il me parle d’une fille, Laure, qu’il avait embrassé sur le quai de la gare quelques années plus tôt et soudain, je percute : mais je la connais ! Cette fille était l’une des plus belles filles que j’ai jamais vues : brune, les yeux marrons clairs qui pétillent, un peu mate de peau, le sourire qui tue. Là, je lui dis : « j’arrive pas à croire que tu sois sorti avec elle !
– Quoi, je suis si moche que ça ?
– Mais non mais je peux pas croire que tu aies pu sortir avec un canon pareil et que tu sortes avec moi, maintenant ! »
Ben, oui, je crois honnêtement que je lui arrive pas à la cheville de cette fille, belle, svelte, intelligente, bien fringuée et sympa, en plus. Et adorable avec moi, par dessus le marché ! Bon, elle, c’est pas du genre à en vouloir à son ex de sortir avec un vilain boudin après elle, je note.
 
Quand je regarde la liste de mes exs qui font toujours partie de mon paysage, je me dis que j’ai de la chance. Bon, en même temps, c’est vite compté : y a Guillaume premier du nom et Guillaume deuxième du nom, si on peut le qualifier d’ex. Avec Guillaume premier du nom, on a gardé de très bons contacts, on se parle de nos conquêtes respectives sans qu’aucune jalousie ne rejaillisse. Ce que j’aime avec lui, c’est qu’il n’y a aucun retour de flamme. Non parce qu’avec moi, quand c’est fini, c’est fini, je tourne la page et il n’y aura jamais de volume 2. C’est peut-être un tort, je n’ai qu’à regarder ma sœur pour me rendre compte que des retrouvailles peuvent merveilleusement bien se passer, mais pour moi, retourner avec un ex, c’est un peu régresser. Si ça n’a pas marché une première fois, pourquoi ça marcherait une seconde ? Il faut aller de l’avant. Avec Guillaume, du fait de notre rupture idyllique, il n’y a aucune tension entre nous, on peut parler de notre relation passée sans aucune gêne. En même temps, tant mieux, je pense qu’on ne peut pas occulter comme ça quatre ans et demi de vie de couple. Je me souviens la première fois qu’on s’est revus après la rupture, un mois après (on avait pris le temps de laisser nos blessure se cicatriser, excellente idée), j’étais un poil tendue à l’idée des retrouvailles. Là, on se voit, on se fait la bise le plus naturellement du monde et on papote deux heures dans un salon de thé sans aucune tension. Ce soir-là quand je suis rentrée chez moi, j’étais heureuse : mon ex était mon ami.
 
C’est un peu pareil avec Guillaume 2e du nom, on se parle de tout sans tabou et mine de rien, avoir un confident masculin hétérosexuel, c’est bien aussi, surtout quand j’ai besoin de son avis sur la conduite à tenir face à un mec (oui parce qu’à 25 ans, j’ai toujours pas compris). Mais si moi, j’ai de la chance, d’autres non. Dans mes folles histoires brouettiques, j’ai rencontré pas mal de mecs aux exs « vampires », des femmes qui ont rompu pour se compromettre dans les bras d’un autre mais qui ne supportent pas que leur ex en fassent autant. Moi j’ai le droit de refaire ma vie, pas toi. Tu devras vivre éternellement dans mon souvenir. L’une d’elles, par exemple, est revenue en courant dès qu’elle a su que je traînais dans les parages, et vas-y que je t’allume, et vas-y que je te drague à nouveau. Et oui, jeune homme, il est hors de question que tu m’oublies ! Et ça, franchement, ça me donne envie d’aller voir la fille et de lui coller une claque magistrale. Je trouve ça dégueulasse de jouer avec les sentiments de son ex uniquement parce que son ego est froissé de constater que monsieur s’est trouvé une jolie compagne (moi, hihihi !). Ah, ces ex !
 
Mais mes ex à moi sont-ils parfaits ? Faudra demander à mon prochain compagnon mais ne sont-ils pas trop présents ? Guillaume 2 m’a dit un jour qu’il était un peu jaloux que je passe la journée avec Guillaume 1 (pourquoi faut toujours que je fréquente des mecs qui ont le même prénom ?) mais je l’ai rassuré : aucun danger ! Mais il est vrai que l’opinion des deux Guillaume reste important pour moi. Lucie m’a avoué avoir lâché le morceau pour mon blog à Guillaume 1 (qui est prié de me rappeler s’il lit ses quelques lignes) et j’avoue avoir été emmerdée : il avait une image de moi plus virginale, on dira, je pense que toutes ces histoires de brouette ne lui plairont pas. Bon, maintenant,
c’est du passé, je me suis assagie mais tout de même… Et si les Guillaume n’aimait pas mon prochain compagnon, que va-t-il se passer ? Dans mon cas, je ne pense pas qu’il s’agisse de jalousie, s’ils ne l’aiment pas, c’est qu’il y aura une raison. C’est comme Gauthier, leur avis ne me laisse pas indifférente. Bon, certes, je suis têtue comme une mule et n’en ferai qu’à ma tête mais ça me chiffonnera un peu. Gauthier m’a dit récemment, aidé par l’alcool, qu’il n’avait pas du tout aimé Arnaud, Anne non plus d’ailleurs. Ben le fait qu’il me le dise, ça m’a consolée de la tournure minable de cette histoire : finalement, ce type était un connard et je ne m’en étais pas rendue compte, merci
Gaugau ! Bon, sur le coup, il n’avait pas osé me le dire parce que je semblais accro (re-merci Gaugau) mais là… Oui parce que je ne suis pas toujours apte à détecter les connards, je les attire plus qu’autre chose.
 
Et moi, comment suis-je comme ex ? Bon, dans la mesure où je ne pars pas dans des délires « je veux à tout prix récupérer mon ex car mon ego est blessé du fait qu’il ait retrouvé l’amour avec une greluche », je crois que je suis une ex assez agréable, si ce n’est mon envie de botter le cul quand mon ex déconne mais ce n’est que pour son bien !
 
Donc voilà, mon futur couple sera composé de lui, de moi et de nos ex respectifs. Et là, situation un peu cornélienne : je ne supporterai pas un
mec qui m’interdira de voir mes exs (ceci étant, vu où ils habitent, je les vois pas tous les jours) mais je n’accepterai que difficilement les siennes. Est-ce humain ? Sans doute. Parce que
si je n’ai pas peur des donzelles qui passent, les exs, c’est pas pareil. Les donzelles qui passent représente un futur possible, mais monsieur prendra-t-il le risque de me quitter pour une
chimère ? Pas sûr. Alors que l’ex est ce qui a été, les bons souvenirs, les brouettes au petit matin, les fous rires à deux… Bon, il l’aura avec moi aussi mais quand même… Mais je dois me
faire une raison : plus j’avance dans le temps et plus j’ai de chance que mon compagnon ait eu quelques aventures avant moi (à moins de faire la sortie des lycées), certaines ayant duré plus
que d’autres. Je me dois de l’accepter et de lui faire confiance : après tout, pourquoi retournerait-il chez son ex alors qu’il m’a moi ?
 
Bon, promis, mon prochain mec, je serai sympa avec son ex.

Mon incroyable fiancé !

Comme je le répète souvent, la vie est pleine de surprises mais à un point parfois peu croyable. Je ne peux pas dire qu’elle me réserve de sublimes surprises en ce moment mais, pour me consoler de mon chômage, elle m’a préparé une petite farce. Hé oui, le « fiancé » que m’a dégoté mes parents a décidé de faire plus que de la figuration. Accrochez-vous à vos strings (ou boxer), voici l’histoire de Nina et de son « fiancé ».

 

Lors du dernier épisode, j’en étais restée à « mon père doit me filer son e-mail mais il ne le fera jamais… » et j’avais raison. Mais je n’avais pas compté sur la détermination du jeune homme qui a l’air très motivé pour me rencontrer, quand même. Mercredi matin…euh… midi… téléphone sonne : « Ninette, c’est maman, tu sais pas où sont tes papiers de voiture ? ». Je te rappelle, lecteur, que j’ai quitté mon sud natal il y a huit mois et que, depuis, je n’ai pas touché ma voiture adorée donc, non, je n’avais pas les papiers sur moi. Je raccroche. Quelques instants après, ça resonne. Oui, chez moi, le téléphone fixe ne marche que deux jours par mois mais quand il marche, c’est un festival : Télé2, Club Internet, ma mère… Je décroche : « Nina Bartoldi ? » Les jeux sont lancés qui m’appelle ? Wanadoo, France Telecom, les témoins de Jéhovah, Jean-Baptiste Elissalde ? Et bien non, c’est mon « fiancé » ! Très motivé, le jeune homme, Pierre-Marie, me propose d’aller avec lui à une soirée « gens du sud-ouest » vendredi soir mais, pas de chance, j’ai déjà un resto de prévu avec les gens de France Five.

« Ah, ben, c’est pas grave, on se recontacte très vite, alors. Tiens, mon numéro c’est le 06********.

– Ok. Tu as mon portable ?

– Heu… non, je  n’ai que ton fixe.

– Ah, je te donne mon numéro de portable car mon fixe marche quasiment jamais donc tu peux m’appeler au 06 ********* ».

Cette petite conversation me permit de comprendre que le jeune homme avait attrapé mon numéro sur l’annuaire : motivé !

Le lendemain, mon fixe ne marchait plus. Par contre, mon portable n’a pas (encore ?) rendu l’âme donc vers 13h et quelques, je reçois un texto. Bip ! Bip ! Je saisis mon portable, persuadée que ce petit message venait de Guillaume ou Gauthier mais raté, c’est Pierre-Marie ! Qu’est-ce qu’il veut ? « Je suis libre samedi après-midi, ça te dit qu’on se voit ? Sinon, je suis dispo le week-end prochain. » Ah dis donc ! C’est bien la première fois qu’un mec me court après avec tant d’ardeur alors qu’il ne connaît de moi que ma voix… Ils ont raconté quoi mes parents ? Que j’avais été mannequin ? Là, je suis perplexe. Mais irrémédiablement curieuse donc j’accepte. Romantiquement, il me propose de nous rejoindre aux Tuileries à 17 h pour une promenade. Comme m’a fait remarquer plus tard un gars qui participait au repas France Five : « A 17 heures ? Mais il fait nuit, il va t’entraîner dans les buissons ! » Ah, certes, je n’y avais pas pensé…

Jour J, je pars en avance car je veux à tout prix acheter les contes de Narnia. En effet, le film me tente beaucoup mais comme ils commencent l’adaptation cinématographique dès le deuxième opus, je me dis qu’une petite lecture avant d’aller voir le film ne sera pas une mauvaise idée. Donc je prends un gros livre qui réunit les sept ouvrages ainsi que « Glamourama » d’Easton Ellis. Hop, direction les champs, je commence à lire dans le métro. Arrivée sur place, je regarde l’heure : 16h40. Bon, je vais me trouver un banc et lire mon bouquin en attendant. Sauf que le téléphone sonne aussi sec ! « Ouais, c’est Pierre-Marie, je suis en avance ! ».

Bon, mon portable n’aime pas la station Champs Elysées donc ça raccroche. Je sors, me pose au milieu du trottoir et rappelle. Je vois un mec qui répond pas loin : c’est lui, je suis trop forte. On se rejoint, on se fait la bise. Première impression : aucune. Il ne me plaît ni ne me déplaît. Je précise que je suis emmitouflée dans mon manteau, les mains gainées de gants roses et un chapeau visé sur la tête.

« Ça fait longtemps que tu es sur Paris ?

– Ouais, 8 mois.

– Ohlala, t’as presque plus d’accent ! »

Ah non, c’est pas vrai, ça !! Mais ça m’ennuie car trois personnes m’ont fait la réflexion ce week-end dont Christophe qui a dit que je l’avais pas mal perdu et un lecteur que j’ai rencontré samedi soir mais l’alcool aidant, mon accent revient, ouf ! Voilà comment Paris me rendra alcoolique. Mais revenons à notre balade.

« Tu connais un peu Paris?

– Ben, ouais, quand même…

– Ah mince, moi qui voulait te faire découvrir Paris…

– Ah, ben… Raté ! »
 

Donc on marche, des Tuileries à la Bourse, de la Bourse à St Lazare. Dès le départ, je sens que le jeune homme est assez intéressé par ma personne. A peine 15 minutes plus tard, j’ai droit à un compliment hallucinant :

« Tes cheveux sont de quelle couleur ?

– Châtain clair, normalement, mais là j’ai fait une couleur cuivrée mais le cuivré est parti, je me retrouve châtain tout court.

– D’accord. En tout cas, tes cheveux ont l’air très beaux, même si j’en vois que trois centimètres ».

Bon, alors, faut avouer qu’un mec qui me complimente sur mes cheveux, il gagne des points car ça n’arrive JA-MAIS. Sauf le collègue de ma coiffeuse mais c’est son métier alors bon… Et puis c’est même pas pour me draguer : il ne resterait que Gauthier et moi sur Terre, ben j’aurais qu’à aller jouer toute seule. A un moment, aussi, il s’écrit « Ohlala, j’avais pas vu mais tu as des yeux magnifiques ! ». Ouah, il est à fond les ballons ! Il me propose aussi de porter ma poche mais ça va : elle n’est pas lourde. Bon, on finit par se poser au café du côté de St Lazare, je bois un lait chaud en fumant quelques cigarettes et les compliments pleuvent : « tu as vraiment de trop beaux cheveux… Tu es quelqu’un de bavard, c’est super agréable… ». Ce qui est amusant, c’est qu’en venant de la même ville et ayant fréquenté le même collège, ça nous fait pas mal de souvenirs en commun. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que nos destinées se croisent, on partait au même camp de ski, étant jeune… Et malgré ma bonne mémoire, je ne me souviens absolument pas de lui. On discute aussi de meetic où il est inscrit, aussi. Comme je sens qu’il est un peu beaucoup intéressé, je préfère freiner un peu ses ardeurs et je lui parle de Guillaume qui « n’est pas mon petit copain mais un peu, ça dépend si on se voit ou pas. » Il a eu l’air étonné mais ça ne l’a pas refroidi. Ainsi, quand j’ai expliqué que j’avais des problèmes de chaudière, il m’a proposé de venir me doucher chez lui. En sachant qu’entre nos deux demeures, il doit y avoir facilement ¾ d’heures de transport en commun. Une heure et demie de vadrouille pour une douche, c’est un peu trop pour moi, quand même.

Bon, on repart de là car on a froid (on s’était posé en terrasse, soit-disant chauffée… Ils doivent avoir le même modèle de chaudière que moi, le modèle kapput) donc on chemine un peu, je lui dis que je suis frigorifiée et il me propose gentiment de me frictionner pour me réchauffer. « Non, non, ça va ! » Finalement, on traverse le printemps pour gagner quelques minutes de chaleur, il me propose plusieurs fois d’essayer les parfums mais non, ça ira, le mien m’ira très bien. On ressort, on tourne un peu et je lui propose de dîner rapidement ensemble (oui après, j’ai rendez-vous…). Donc on se pose à un Flams. « Dommage que t’aies rendez-vous, on aurait pu aller manger chez moi ! ». Non mais il lit mon blog ou quoi ? Il sait que je brouette le premier soir ? Bon, bref. On continue à discuter, il me regarde un peu comme la 8ème merveille du monde, ce qui gêne un peu par moment. En tout cas, il faut à tout prix qu’on se voit pendant nos vacances dans le sud. 

A un moment, on parle métier et il m’explique où il bosse : « à l’usine Vroum Vroum à Santigny » et là, je me décompose : il travaille dans la même usine qu’Arnaud ! C’est pas possible, il n’y a je ne sais combien d’hommes sur la région parisienne et me voilà à dîner avec un collègue de mon ex. Et en plus, il fait de la plongée sous-marine ! Bon, apparemment, ils ne se connaissent pas mais je le sens mal, cette histoire.

On se quitte au métro après s’être fait la bise, chacun retourne chez soi. Aujourd’hui, alors que je ne faisais rien qu’à végéter dans mon lit, il m’a envoyé un texto pour me demander le titre d’un bouquin (alors qu’il déteste la lecture) et termine son texto par : « J’ai passé un excellent moment avec toi hier soir ». Et, ce matin, alors que je dormais, j’ai reçu le texto suivant : « Bonjour, Nina ! Le temps passé ensemble samedi soir me semble déjà bien loin… Est-ce qu’on pourrait se voir un soir de cette semaine ? Bisous !!! ». Et bien j’ai décidé de refuser l’invitation : il ne faudrait pas qu’il s’emballe trop, il oublie mon Breton !

Bon, en conclusion, je ne sais pas trop qu’en penser… Il est très sympa et je ne sais pas si son empressement est dû à de la pure gentillesse ou à une envie de m’épouser. Car apparemment, ce n’est pas le genre à courir l’aventure, il semble plus attiré par la vie de couple et compagnie. Sauf que ce n’est pas mon cas… Enfin, on verra bien. En attendant, c’est agréable de voir que je peux aussi intéresser un homme sans la réputation (un petit peu) sulfureuse que m’a conféré ce blog.


Julien

Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.

Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.

Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).

A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?

Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !

Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…

Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.

Cela fait maintenant un mois que j’y suis (depuis le 23 avril, exactement) et je comptabilise 175 flashs, ce qui me semble plutôt flatteur. J’ai rencontré pour l’instant quatre personnes (aucun n’avait flashé sur moi, c’est amusant) et conclu avec deux. Mon dernier rendez-vous a eu lieu hier soir et c’est l’objet de l’article du jour.

Je vous resitue un peu le contexte actuel de ma folle vie amoureuse, histoire que vous compreniez : j’avais donc rencontré trois meeticboys jusqu’à hier soir, deux avec qui nous étions d’accord pour que ce ne soit que sexuel et un autre, lundi, où c’était purement amical. En toute honnêteté, j’ai trouvé ce garçon vraiment charmant, un sourire magnifique, mais rappelons-nous que je ne suis pas à la recherche du père de mes futurs enfants. De plus, j’ai rendez-vous ce soir avec l’un de mes meeticboys coquins.

Hier soir, j’avais donc rendez-vous avec Julien qui connaît parfaitement mes mœurs un peu débridées. Il a pris contact avec moi par mail, l’histoire peut prêter à sourire. En fait, sur meetic, vous avez en eux la photo des derniers meeticboys qui : vous ont envoyé un mail ; chatté avec vous ; visité votre page ; flashé sur vous. Donc, un soir, je me connecte, je jette un œil aux photos, rien de très remarquable et je laisse la page ouverte. C’est à cette occasion que vous allez pouvoir mesurer l’étendue de mon égocentrisme forcené. En effet, j’ai remarqué que plus je restais connectée à meetic, mieux j’étais classée dans les recherches ce qui me permet d’avoir plus de visiteurs sur ma page et, donc, plus de flashs. Mardi dernier, j’avais donc laissé ma fenêtre ouverte et, à un moment, je vois que la photo du dernier gars qui m’a envoyé un mail avait changé et que j’étais à présent en présence d’un beau gosse donc je me précipite pour lire le mail. Le jeune homme, prénommé Julien, donc, me demandait depuis quand j’étais dans la région (j’ai précisé dans mon annonce que je venais de débarquer) et je lui réponds très gentiment. Une demi-heure plus tard, je reçois un nouveau message de sa part où il me donne son adresse MSN donc je le rajoute à mes contacts et nous partons en chat.

Je ne peux pas dire que la conversation fut hautement érotique, nous avons parlé de l’amour et de nos expériences respectives, il me raconte que son ex-petite amie l’a quitté il y a peu, en prenant le chat, au passage. Dans ce genre de discussions arrive toujours la question fatidique : « que cherches-tu sur meetic ? ». Il me répond qu’il cherche une liaison sérieuse, je lui fais comprendre que ce n’est pas mon cas. C’est toujours amusant de voir à quelle vitesse les meeticboys sont corruptibles, il suffit de dire ça pour qu’ils répondent : « ah oui mais je n’ai rien contre un rendez-vous crapuleux ! ». Donc je conviens rapidement d’un rendez-vous avec le jeune homme pour le mardi suivant. De plus, nous travaillons à peu près dans le même quartier, le hasard fait bien les choses !

Dimanche soir, je recroise le monsieur sur Internet donc on rediscute un petit peu et je le sentais un peu bizarre. Il faut savoir que les webdragueurs demandent généralement un paquet de photos mais lui ne m’en a pas réclamé et ne m’a pas non plus demandé quelles étaient mes pratiques sexuelles. Intriguée, je finis par lui demander si ma vie trépidante ne le gênait pas mais il me répond que, au contraire, ça le fait « tripper » puis il me révèle qu’il a lui-même une petite amie. Je vous avoue qu’à ce moment-là, j’ai eu des doutes sur la suite de notre aventure mais il me rassure : il n’est avec elle que depuis une semaine et il est un grand garçon.

Donc hier, je me rendais confiante bien que mon amie Victoire m’ait prédit que je ne pratiquerais pas la brouette tonkinoise avec ce jeune homme le soir même.  Mais je ne l’ai pas écoutée, je n’en fais toujours qu’à ma tête.

Nous avions rendez-vous hier soir sur les marches de l’opéra, endroit où il n’y a jamais personne… Donc j’arrive et je vois un groupe assis sur les marches, je commence à paniquer : vais-je arriver à le retrouver dans cet endroit-là ? Heureusement, il mesure 1m89 donc je le repère assez facilement. Appuyé contre une colonne, les écouteurs glissés dans les oreilles, engoncé dans son costard, il attend, les yeux perdus dans le vide. De loin, je le trouve très séduisant mais je souffre de myopie et je n’avais pas mes lunettes donc je me rapproche avant de jubiler. De près, il est encore plus charmant.

On se fait la bise, ce qui m’amuse toujours : sur MSN, nous avions convenu de faire l’amour toute la nuit mais nous nous faisons la bise comme deux amis, c’est toujours un moment surréaliste, pour moi. D’ailleurs, je lui en ai parlé un peu plus tard, ça l’a fait sourire mais, en même temps, on ne va pas commencer à s’embrasser dès le premier contact, restons corrects.

Il m’emmène dans un bar amusant où le prix des consommations varient comme à la bourse, selon l’offre et la demande… On s’assoit et il m’explique le principe puis me demande gentiment ce que je veux, je grimace en lui disant : « Je ne peux pas lire le panneau lumineux, je n’ai pas mes lunettes ». Je range mon ego et sort mes lunettes et consulte le menu. Je dois ici préciser que je n’ai mes lunettes que depuis deux mois, je ne les mets que rarement, surtout au boulot, mais ma coquetterie me pousse à m’en dispenser dans la rue et en rendez-vous galant (surtout en rendez-vous galant).

Donc je m’équipe et regarde le menu puis, une fois décidée, je range mes lunettes, ce qui amuse Julien qui me dit que ça me va pourtant très bien. Comme ce rendez-vous commence bien ! Il est vraiment charmant et je le dévore des yeux, je rêve de lui arracher sa cravate. La conversation s’oriente très vite sur des sujets coquins, on parle de meetic et des rencontres qu’il est possible de faire. C’est étrange car, en temps normal, dans ce genre de rencontre, on parle de tout sauf de ça, comme si on cherchait à occulter ce qui allait se passer quelques heures après… Il paie les consommations (appréciez la galanterie) puis on part dîner.

En chemin, on discute de vie de couple car nous avons tous les deux vécus une longue histoire qui nous a marqué, il me dit que son ex lui a appris à apprécier la vie de couple et il me révèle d’une voix tremblante : « Et, en fait, là, ce soir, je le sens pas ». Je fais fi de l’entaille qu’il vient d’infliger à mon ego démesuré, je souris et je réponds : « Ce n’est pas grave, je n’exige rien de toi ». Il se sent tout de même obligé de se justifier, il pensait être capable d’avoir une histoire juste comme ça, juste pour le fun, mais il s’est menti à lui-même.

Suite à cette terrible révélation, nous nous rendons quand même au restaurant et nous discutons beaucoup de choses et d’autres, il m’envoie de nombreuses piques sur mon accent et mes expressions particulières mais le courant passe très bien. En fait, il découvre que je ne suis pas une nymphomane insensible et que j’ai plus envie de moments câlins que d’inoubliables saltos thaïlandais, ce qui l’étonne beaucoup (quelle image je dois donner de moi, sur meetic !). Nous parlons aussi de nos anciennes relations amoureuses, je lui explique que je n’aime pas qu’on me fasse des cadeaux onéreux car cela me gêne et j’apprécie plus de trouver un petit mot sur un post-it que des bijoux ou des bouquets de fleurs. Ce côté charmant de ma personne le pousse à s’exclamer : « Mais tu es parfaite ! » et je lui réponds, de ma voix la plus suave : « Oui, il n’y a que toi pour en douter » et il me répond, penaud : « Ce n’est pas de toi que je doute mais de moi ».

La conversation s’éternise, on finit par quitter le restaurant vers 0h et nous reprenons le train. Arrivés à la gare, nous parlons encore sur le quai puis nous nous séparons, après qu’il se soit excusé plusieurs fois de ne pas respecter le programme préétabli mais je l’ai rassuré : je ne lui en veux pas (qui suis-je pour lui reprocher quoi que ce soit ?) et je suis tout à fait partante pour qu’on se revoit, en toute amitié. Chacun rentre chez soi, fin de l’histoire.

J’ai beaucoup réfléchi à ce qu’il s’est passé ce matin en attendant le train (la SNCF est joueuse, elle aime annuler le train de 9h30 donc poireauter une vingtaine de minutes, ça laisse du temps pour réfléchir) et je réalise que j’ai eu beaucoup de torts dans cette histoire. D’une part, j’ai essayé de le « corrompre » et de le détourner de son but initial (trouver une copine, pas une maîtresse) et j’ai été trop directe avec lui, ce qui l’a forcément mis mal à l’aise. Selon Victoire, il a eu peur de ne pas être à la hauteur, je pense que, d’une certaine façon, elle a raison. Mais je me dis que j’ai eu tort de partir sur de l’acquis et je me rends compte à quel point meetic fausse mes relations avec les hommes puisque je n’attends d’eux qu’une partie de jambes en l’air. Pourtant, malgré la fin plutôt inattendue de la soirée, j’avoue avoir passé un excellent moment avec Julien et je devrais apprécier plus ses moments-là et voir, ensuite, si la soirée doit se poursuivre dans l’ambiance feutrée d’une chambre à coucher ou non.

J’avoue que ce garçon m’a beaucoup touchée, j’avais très envie de l’inviter à venir dormir chez moi, sans qu’il se passe rien, mais je n’ai pas osé, en fin de compte. Je l’avais mis suffisamment mal à l’aise, il était inutile d’en rajouter. Mais j’avoue que j’avais envie de ce moment tendre avec lui…

A présent, j’essaie d’analyser le pourquoi de ce sentiment ? Est-ce une réaction orgueilleuse ? Il est évident que je ne suis pas amoureuse de lui, il est bien trop tôt pour qu’un tel sentiment apparaisse mais il m’a profondément touché, je suis déstabilisée. A l’heure actuelle, je n’ai plus très envie de poursuivre mes histoires de fesses sur meetic, même si, ce soir, je passe la soirée (et, a priori, la nuit, le jeu de Victoire me l’a prédit) avec un meeticboy que j’ai déjà rencontré. Ai-je déjà fait le tour de cette aventure-là ? Je ne sais pas encore. Quoiqu’il en soit, je me suis permise d’envoyer un mail à Julien pour le rassurer sur ses doutes d’hier et lui préciser que j’étais fautive, dans cette histoire.

A suivre…