Mon coeur en lambeau

Par Audrey

La rupture est un deuil. Au début, je n’y ai même pas cru. Alors que Benoît m’expliquait que le « nous » était mort, j’étais noyée sous un tsunamis de pensées tantôt rationnelles, tantôt émotionnelles, surtout contradictoires. Que faire ? Quoi dire ? Il est sérieux, là ? Je l’aimais bien, moi, cet appart… Dois-je pleurer, crier ? Me montrer compréhensive ? Lui jeter au visage ce verre qu’il a imprudemment laissé à ma portée ? Les codes de la bienséance n’ont jamais rien dit à ce sujet.

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Alors je n’ai rien dit. Je suis restée coite, abasourdie. Sur le coup, Benoît s’en est même inquiété, craignant sans doute que ce soudain mutisme annonce une explosion imminente, un peu comme avant une éruption volcanique. Mais non, je ne savais juste pas quoi dire ni faire, mon cerveau était parti en vrille. De fait, cette première phase de rupture fut douce. C’est après que ça s’est compliqué.

« Il reviendra forcément, ils finissent tous par revenir »

Dans la phase de deuil telle que présentée dans toutes les séries médicales américaines, il y a une phase de déni. J’y suis passée. Après avoir pris mes petites affaires et être partie vivre chez ma bonne amie Elisabeth, je me suis réconfortée en me disant qu’il s’agissait d’une erreur, qu’il reviendrait forcément. Il paraît qu’ils finissent toujours par revenir. Je ne sais d’où je tiens cette croyance si on considère que 100% de mes exs ne sont jamais revenus… Mais peu importait. Benoît avait juste commis une petite erreur de jugement, il ne tarderait pas à me rappeler pour me supplier de revenir.

Il ne le fit pas. Alors commença la phase de colère où j’usais d’un vocabulaire varié et ordurier pour désigner mon désormais ex. Connard, connard, connard ! Tu m’as quittée alors que j’étais la petite amie à peu près parfaite, douce et aimante, patiente, dévouée… Peut-on à ce point être crétin ? Non mais c’est vrai, à quel moment décide-t-on de quitter la femme parfaite ou à peu près ? Une femme qui compose délicatement avec tous vos défauts parce qu’il en avait un paquet ! Tu savais qu’il ronflait ? Tu n’imagines pas les courtes nuits que j’ai passées à ses côtés… Pas parce qu’il me sautait dessus, non, ça, c’était plié en 5 minutes mais parce qu’il me faisait plus de bruit qu’un avion au décollage, pour te dire ! Je suis sûre que j’ai perdu des points d’audition. Puis tout est de sa faute ! En la jouant “on reste pote”, il m’a laissé croire qu’il y avait un espoir alors même qu’il se tapait déjà l’autre greluche. Je le déteste, je le hais !

Tu as posé ta valise dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois

Et puis un jour, tu te résignes. Tu te dis que c’est plus si important, qu’il revienne ou non. Tu as posé tes valises dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois durant laquelle j’ai pleuré sur mon sort, sur notre sort. Enfin, j’étais prête. Chapitre Benoît clos, entamons le suivant.

 PS : Je continue mes petits tests, notamment dans la mise en page qui fait un peu chronique magazine et surtout l’illu, qui ne donne pas du tout ce que j’imaginais (je m’inspire à la base pas mal des théâtres des ombres mais je suis pas encore assez douée en Photoshop pour faire des contours propres) mais j’arrive pas à dire si ce résultat là est cool ou franchement atroce. Donc si avis vous avez, exprimez-vous. Moi pas graphiste, moi zéro susceptibilité sur la question.

Le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke

Des fois, tu zappes un peu au hasard et tu tombes sur un film que tu pressens merdique et tu crèves d’envie de le voir juste histoire de critiquer. Oui, je suis vilaine, je sais, je fais qu’à me moquer.

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Tout commence dans une forêt où une jolie fille en cape rouge batifole avec un garçon à la coiffure impeccable. Oui, dans la forêt, il semble y avoir du Vivelle Dop. La fille veut fuir avec le garçon bien coiffé, un poil gothique… Ah oui, j’ai omis un détail, ce film est réalisé par la nana qui vous a gratifié des Twilight. Voilà, voilà. Donc un garçon un peu sombre et sauvage, une fille fraîche et innocente, on retrouve nos basiques.

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Donc la soeur de la jeune fille à la cape rouge meurt, tuée par un loup. Les villageois organisent une battue et tuent un loup lambda mais un chasseur de loup joué par Gary Oldman vient et dit « bouh, ah, c’est pas un loup, c’est un loup garou et vous allez tous crever, ahah ! Il est caché parmi vous. Ma femme, dont je trimballe le cadavre que j’expose sous vos yeux, était elle même un loup garou et je l’ai tuée, couic ! ». Sur ce, les Villageois organisent une fête, ça flirte avec l’orgie, la jeune fille (Valérie) est à deux doigts de se faire déflorer par le type au gel alors que sa mère vient de gentiment la maquer avec l’ex de sa soeur décédée (mais qui était en fait le demi frère de celle-ci parce que la mère a un peu fauté avec le père du fiancé. Compliqué). Mais bon, pas de déflorage car le loup attaque, il coince la Valoche dans un coin et lui parle (oui oui) en lui disant qu’il fera d’elle un loup garou à la fin de la lune rouge dans 3 jours. Comme elle a noté qu’il avait les yeux marrons, elle a peur de tous les yeux marrons qui traînent. Dont le mec au gel et sa mamie. Ouuuhh…

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S’ensuit une scène de traque chiante, Oldman balance un gosse débile dans un engin de torture car il croit que c’est le loup, juste après avoir empalé un de ses hommes mordu par le loup. Bref, le chasseur de loup est un peu dérangé du bulbe, il ne parle pas mais crie et bouffe de la viande crue. Là, la soeur du débile sort une histoire de sorcière et que même que c’est Valérie : la preuve, elle a une cape rouge, la couleur des sorcière. Bon, je prends un doliprane et on continue. On met Valérie dans une cage et on va la donner au loup vu que c’est ce qu’il veut et on sera débarrassés.

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Valérie doit donc défiler dans le village avec un masque en fer marquant son infamie puis se retrouve abandonnée au coeur du village sur un tronc d’arbre avec plein de brasiers autour, sous le regard tout excité d’Oldman et ses ninjas (oui, oui, ninjas) qui attendent le loup. Mais le gars au gel est pas super d’accord, il met le feu devant sa douce pour faire diversion et permettre au fiancé officiel de libérer Valérie. Du coup, Oldman est un peu vénère et tue le prêtre du village et là, je commence à comprendre que le scénario a été écrit sous crack. Bon, là, c’est le bordel, le fiancé se prend une flèche, le mec au gel se retrouve enfermé dans la machine de torture. Du coup, le loup garou est un peu énervé car on veut pas lui donner sa greluche, il arrache la main d’Oldman, gratos, et demande à la demoiselle de le suivre. Elle, elle veut pas mais ses copines s’y opposent et le loup part car le jour se lève et que tout loup garou qu’il est, il aime pas les UV. Bref, Oldman est tué car il a été mordu et on se demande bien à quoi il servait. Pendant ce temps, Valoche roupille et rêve de la scène du « que vous avez de grandes dents, Mère Grand ». Oh ouah… D’ailleurs, juste après, on retrouve la Valérie en balade sous la neige avec un petit panier, très prudent quand un loup en veut à votre peau mais elle est un peu con et va voir sa mamie. J’attends avec impatience la scène où un chasseur va découper le bide du loup pour libérer la mamie et la demoiselle…

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Bon, je vous spoile la fin : le loup garou, c’est le papa de Valérie qui a tué sa fille illégitime, défiguré sa femme adultérine, tué l’amant de sa femme… Ouais, comme dans Twilight, faut pas trop faire du sexe, ça t’apporte rien de bien. Bon, comme Valérie va très bien dans sa tête, elle est allée récupérer la main de Oldman car il avait des ongles en argent… Oui oh ben tiens, y avait rien de plus simple. Elle tue son père avec, tranquille. Bon, bref, Peter la sauve mais se fait mordre, il découpe le corps du papa mort en lui ouvrant le bide (cf remarque précédente) pour mettre des pierres dedans et balancer le corps à la flotte. Puis Peter veut s’en aller, Valoche est un peu dégoûtée car elle avait envie de faire l’amour dans la neige mais tant pis, elle repart avec sa cape rouge.

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Qu’en retenir ? Alors Amanda Seyfried, je sais pas, où j’ai vu deux films où elle était mal dirigée (Time Out), où elle joue comme une patate. Elle joue très bien la fille qui écarquille les yeux (qu’elle a certes beau) et qui ouvre la bouche mais en dehors de ça, elle a un charisme d’huître. Quand elle tue son père avec la main du cadavre, elle hausse à peine un sourcil. Les autres acteurs sortent sortis tout droit de Gossip Girl ou des frères Scott ou une série pour ados du genre. Quant à Gary Oldman… J’ai la sensation que je peux pas voir un film américain sans Oldman qui joue toujours peu ou prou le même rôle dedans (aka le mec en long manteau mystérieux, ténébreux et un peu dérangé). Faut bien payer les impôts. Bref, on ne retiendra pas le travail des interprètes, passons à la réalisation. Notre amie Catherine Hardwicke n’a pas l’air d’avoir compris qu’elle ne réalisait ni une pub ni un clip vidéo pour Selena Gomez. Ah oui, les images sont belles, la très longue cape rouge sur la neige blanche, Amanda alanguie sur la paille pendant que le mec au gel lui délace son corsage. On multiplie les gros plans de Valérie qui es belle, avec ses grands yeux verts et ses cheveux blonds. Et comme elle ressemble un peu à Estella Warren, je me demandais si j’étais devant le film ou devant la pub Chanel (mieux réussie).

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Bref, de la psychanalyse à deux balles où le sexe te perd (la soeur aîné est tuée par le Père qui l’a attirée en lui envoyant un message signé de l’homme qu’elle aime), où Valérie finit seule (et vierge) en attendant son mec devenu loup garou et où l’incroyable morale reste… Il faut tuer le père.

Tout ça ne m’a pas donné envie de mater Twilight, allez comprendre…

Si t’es célibataire, c’est bien de ta faute

Si les célibattantes ont eu la côte durant pas mal d’années, j’ai comme la sensation qu’il ne fait plus bon être seule au pays des magazines féminins. Après nous avoir gavées de sex friends et de liberté individualiste, voilà qu’on nous explique en long, en large et en travers que si on est célibataire… C’est qu’on l’a bien cherché.

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Un soir de déprime, vous voilà seule en tête à tête avec votre bol de soupe toute prête, pas l’ombre de la queue d’un mec qui viendrait réchauffer vos draps glacés. Vous êtes célibataires et c’est un peu la honte. Mais pourquoi, ô oui pourquoi ? Rassurez-vous, tel un phare au coeur de la tempête, les magazines féminins sont là pour tout vous expliquer. Accrochez-vous à votre string, votre ego pourrait éventuellement en prendre un coup.

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D’abord, si vous êtes seule, c’est que vous n’êtes physiquement pas au top. On la voit bien, la gambette velue sous votre vieux jean qui ne met pas votre cul relâché en valeur. Parce que les mecs, ils n’aiment que les filles sveltes, glabres et toujours hyper pimpantes, c’est comme ça. T’as qu’à voir dans le Bachelor, t’en as pas une de négligée ! Donc même si à priori, personne ne va contrôler la glabrilarité de vos aisselles au bout de 10 minutes, vous devez toujours, toujours être tirée à 4 épingles. Parce que sinon, vous ressemblez tellement à rien qu’il est impossible qu’un homme vous regarde. Et puis il faut travailler son corps : les hommes, ils aiment les filles taille fine, hanches plus larges (mais pas trop quand même), il faut idéalement un ratio de 0.7. Donc si t’as naturellement pas de taille, tu finiras seule et mangée par tes chats car s’il existe quelques exercices pour affiner la taille, reste qu’à un moment, on peut pas lutter contre sa morphologie (sinon, je serais ravie de mincir des os). Enfin, vu que mon ventre gonfle en journée et que ça agrandit mon tour de taille, je note de surtout draguer le matin vu que le ratio taille/hanche est plus élevé le matin que le soir.

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Et puis, faut sortir aussi. Les mecs ne vont pas grimper à votre fenêtre pour vous libérer de cet horrible célibat qui vous empoisonne la vie. N’est pas Rapunsel qui veut. Il faut traquer le moindre lieu de sortie, là où il y a du monde, de la vie. Ah ben oui, tiens, j’y aurais pas pensé toute seule à ça. Pourtant, dans les magazines, ces mêmes qui nous expliquent qu’on cherche bien notre célibat, y a toujours le témoignage d’une fille qui trouve un mec pile dans son immeuble en allant demander du sel. Moi, ça ne m’est jamais arrivé (mais j’ai jamais besoin de sel, quand je vous dis que je provoque ma solitude). Donc je suppose qu’il ne me reste plus que les playboys de comptoirs et les gros lourds enrichis en whisky. Oui, oui, le célibat, c’est vraiment la plaie.

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Bref, le célibat, c’est toujours la faute de la fille, cette greluche qui ose ne pas se consacrer à 100% à cette recherche de l’homme en essayant de se rapprocher d’une norme parfois surréaliste et en ne partant pas en chasse tous les soirs. Oui, les hommes, on les trouve plus facilement dans un lieu de vie que sous son lit. Oui, une fille avenante aurait potentiellement plus de succès qu’une fille qui fait la gueule. Mais ça, c’est limite de la lapalissade. Le problème, c’est qu’on nous culpabilise, encore et encore. Pourquoi suis-je célibataire ? Parce que je ne suis attirée par personne actuellement. Pourquoi je ne cherche pas ? Parce que l’hiver, j’ai pas envie de sortir. Mais jusqu’à ce que le magazine me questionne sur mon célibat, je n’y voyais aucun problème. Et après avoir lu l’article, tout va toujours très bien. La vraie question n’est pas pourquoi je suis célibataire mais plus pourquoi je rencontre pas de mecs m’intéressant et célibataires (j’insiste sur ce dernier point)? Magazines, à vous la parole !

PS : Et non, messieurs aigris que je sens prêts à me sauter la gorge, ce n’est pas parce que je suis trop difficile, merci

Laisse tomber, il est pris

Hier, je vous ai un peu parlé de la réaction typique que l’on a quand un homme nous annonce l’air de rien qu’il est déjà pris et que pour nous, c’est mort. J’ai conclu l’article en disant qu’il ne servait à rien d’insister mais sans dire pourquoi. Et bien voici pourquoi je dis ça, héhé.

Il est monogame fidèle

Donc notre beau Stéphane est en couple avec Grelucha que l’on déteste déjà et on sait que le jeune homme a des valeurs de fidélité et de monogamie. En gros, tant que Grelucha il y a, il n’y a rien à espérer. Mais telle une Pénélope du XXIe siècle, vous vous sentez obligée d’attendre car vous le sentez, Stéphane et Grelucha, ça ne durera pas. Vous avez même des preuves. D’abord, il n’en parle jamais puis tiens, il y a des soirs où il est dispo. D’ailleurs, à bien y réfléchir, ils ont pas l’air de beaucoup se voir. Vous traquez la moindre bribe d’information sur le couple qui occupe vos pensées et les transposez dans un tableau noir qui ne peut signifier qu’une chose : la rupture est proche.

Sauf que l’on a tendance à tordre les faits à l’infini pour leur donner la forme que l’on veut. Ce n’est pas parce que Stéphane ne s’enferme pas dans son couple et continue d’avoir une vie sociale que son couple est en péril. Et s’il ne vous parle pas de sa fiancée, c’est peut-être aussi car il a remarqué que vous en pinciez pour lui et qu’il ne veut pas vous faire de mal. Ou tout simplement qu’il est un garçon discret.

Il est en couple “libre”

Ls guillemets c’est parce que parfois (souvent ?), les hommes qui se disent en couple libre oublient de préciser que leur légitime moitié n’est pas du tout au courant de cet état de fait. Donc il est juste infidèle mais il ne veut pas le dire. Peu importe que Grelucha soit au courant ou pas de toute façon, la conclusion sera certainement la même : vous avez très peu de chance de l’emporter au Paradis. Eliminons d’emblée l’hypothèse d’un vrai couple libre : il ne quittera pas Grelucha pour vous puisqu’il peut vous avoir toutes les deux en toute quiétude.

Parlons plutôt d’un Stéphane infidèle, celui qui vous attendrira en vous parlant de toutes les difficultés qu’il rencontre avec Grelucha, qu’elle est psychorigide, frigide, méchante, impatiente, imbuvable… Bref, c’est une Tatie Danielle de 25 ans et il est tout malheureux. Il peut y avoir la variante Grelucha est cool mais au lit, quel ennui, la pauvre fille…Toute obnubilée par votre crush, vous vous jetez dans son lit avec enthousiasme,pensant que vos prouesses gymnastiques vont totalement conquérir Stéphane qui va larguer Grelucha en deux temps trois mouvements. D’ailleurs, il commence à vous roucouler de doux mots, vous dire que vous êtes merveilleuse et que vous le troublez. Mais. MAIS. Même si Stéphane vit un enfer avec sa légitime, il ne peut pas la quitter parce que tu comprends, c’est la St Valentin, son anniversaire, les vacances qu’ils ont déjà réservés, l’anniversaire de sa mère, Noël, là elle va pas bien pour trois mille raisons…Bref, ça n’en tiendrait qu’à lui, il serait déjà vôtre mais dans la vie, on fait pas toujours ce qu’on veut, tu sais.

Résultat : ça fait mal. Ce qui, dans l’article précédent, n’était qu’une blessure d’ego devient une blessure de coeur et là, c’est bien plus chiant à réparer. Sans parler de cette douce image que vous aurez de vous à base de “j’ai été trop conne, comment ai-je pu croire ce connard ?” Oui, hein, comment ? Mais tu sais, on peut parfois devenir des expertes es abnégation, quand on veut croire en cet amour qu’on désirait depuis longtemps. Enfin, quand je dis “amour”…

Alors je me répète : le Stéphane, s’il est en couple, évite d’y toucher ou sois consciente qu’il y a peu de chance qu’il devienne tien. Si t’es croc de lui, tu vas te faire du mal. Selon des statistiques occultes, seuls 5% des hommes en couple quittent Grelucha pour leur maîtresse. Et si tu es un homme, tu remplaces Stéphane par Stéphanie et ça marche aussi.

Ah, tu as une copine…

Je vous racontais l’autre jour que j’avais maté Teresa avec Anna, Anaïs et son cousin. Au détour d’une scène, on s’esclaffe tant ça sent le vécu. Une étudiante en médecine blonde dont j’ai zappé le prénom se rapproche de Mariano en mode bon pote mais elle, elle veut plus. Jusqu’à ce que Mariano prononce la phrase fatidique : “Et si on sortait tous ensemble ce soir ? Je vais appeler ma fiancée pour lui en parler!”.

La pauvre blonde se décomposa avant de se ressaisir : “ah tu as une copine ? Ok, ben super, on fait comme ça” et nous de crier devant la télé “hannnnn, c’est tellement ça !”. Qui n’a jamais vécu ça ? Voici le beau Stéphane qui s’avance. Vous l’avez repéré et entamé quelques travaux d’approche à base de roucoulades, de rires de gorge et de tortillis de cheveux qui, dans votre monde, veut dire “TOI JE TE VEUX!”. Alors que vous discutez avec lui, il glisse soudain les mots fatidique “ma copine” (voire “mon copain”, j’ai un gaydar tout pourri). Et là, vous sentez comme une enclume tomber dans votre estomac, votre sourire se crisper et votre cerveau (à moins que ce ne soit votre orgueil) hurler à votre corps de se ressaisir. Feins l’indifférence ma fille, reprends la conversation l’air de rien, comme si le fait que le sublime Stéphane était désormais hors de portée ne vous affectait pas. Oui, je sais, on a le droit de s’attaquer à des hommes en couple mais de 1) ça complique la donne et de 2) je n’encourage pas ce genre de pratique, c’est un peu du masochisme. Bref.

Le problème, c’est que rien n’est clair. Je veux dire que dans un monde idéal, on aurait chacun une petite marque nous indiquant qui est dispo pour quoi. Alors, toi, tu es célibataire et hétéro, ok, toi célibataire et gay donc je vais te présenter à quelqu’un. Toi, t’es en couple mais tu cherches une maîtresse… Oui alors là, mon système de marque s’effondre parce que y aurait une marque “en couple libre” et une marque “en couple exclusif officiellement mais je suis pas contre un 5 à 7 avec un(e) autre” et le monsieur infidèle aurait un peu de mal à gérer la situation. Mais est-ce que c’est ma faute si les gens ne déclinent pas de suite leur situation aussi ? “Salut, je m’appelle Stéphane, j’ai 31 ans et j’ai une copine”. Au moins, on saurait et ça éviterait l’enclume dans l’estomac.

Le pire étant quand le beau Stéphane se trouve une copine après vous avoir rencontrée. Parce que le coup du tortillis de cheveux, c’est touchant mais peu entreprenant, il peut aussi penser que vous êtes juste un peu cruche. Stéphane étant un être indépendant, il est sorti et a rencontré une belle demoiselle qui s’est mieux démerdée que vous (ou qui lui plaisait plus, ça arrive). Là, c’est pas une enclume mais trois qui vous tombe dans l’estomac pendant que votre machoîre pend lamentablement au bout de votre visage. Merde, merde, meeeeeeeeeerde ! Comment a-t-il osé ? Bordel de bordel. Vous refaites le match dans votre tête, vous vous demandez à quel moment vous avez loupé le coche. Mais toujours est-il que vous voilà devant le fait accompli : le Stéphane s’est envolé. Va falloir se reconstruire un peu l’ego là. Parce que même si on est loin du traditionnel râteau qui te fait cracher les dents, là, t’as quand même un peu mal : pourquoi Stéphane est allé se mélanger avec l’autre greluche (dans ce cas, l’autre pauvre fille est forcément une greluche, pouffiasse, connasse, boudin…rayez les mentions inutiles si tant est qu’il y en ait) plutôt qu’avec nous ?

Et pourtant, c’est une facétie plutôt classique de la vie amoureuse ou plutôt de l’art du flirt. S’il était pris avant, haussons les épaules en maudissant la fatalité. Il était célibataire au départ ? De 2 choses l’une : soit vous n’étiez pas son genre (ça arrive), soit vous avez été trop godiche et n’avez pas bien fait passer votre message de “je te veux”. Quoi qu’il en soit, remettez-vous : à défaut d’un Stéphane, il vous reste des tas d’Arnaud, Pierre, Jacques, Samir, Louis ou je ne sais qui. Mais soyez plus claire dans vos désirs la prochaine fois.

Où trouver l’homme ? Episode 35 : chez Castorama

[Ce qui va suivre est une fiction. En vrai, au Casto, j’y suis allée avec Vicky ]

A la recherche du prince charmant
Arrive un moment dans la vie d’une femme où nous devons nous prendre en main et enfin, s’équiper comme il se doit. Et pour moi, l’heure était arrivée, je n’avais plus le choix : je devais me rendre chez Castorama pour acheter autre chose qu’un peu de déco, un marteau ou des cartons de déménagement. L’objet de ma convoitise ? Un diable et des tendeurs pour monter ma machine à laver qui doit penser environ une tonne et demie de la cave à mon appart. Un coup d’œil sur le site Internet m’avait permis de voir que je pouvais avoir ce que je voulais pour un prix équivalent à une location de ce matériel chez kiloutou (sachant que kiloutou n’était pas ouvert le 15 août, jour de la venue du plombier donc j’aurais dû garder le diable

tout le week-end).


Me voici donc à Castorama, le temple des bricoleurs débrouillards… donc un univers totalement inédit pour moi. Ce n’est pas que je sois nulle en bricolage, c’est juste que j’en ai jamais fait de ma vie. Je sais monter des meubles Ikea, Fly et compagnie, planter un clou, visser, dévisser et j’ai presque réussi à fermer une arrivée d’eau qui fuyait dans mon ancien appart. Même si à la fin, j’ai colmaté au chatterton même pas étanche en me disant que ça tiendrait le temps de l’état des lieux. Bref, le bricolage, je me dis que ce serait chouette de savoir en faire mais j’en reste là. Donc Casto, c’est un peu un univers magique pour moi, inconnu et un peu effrayant, du coup (quelqu’un utilise-t-il vraiment de si gros outils ?).



Mais surtout, c’est l’univers du mâle. Même si le mâle ne sait pas utiliser ces gros outils, il est quand même en charge de bricoler à la maison. Si. C’est le schéma classique : l’homme bricole, la femme cuisine. Enfin, quand les deux sont mauvais dans ces domaines là, on dit qu’on fait comme ça parce qu’apparemment, on a plus de prédispositions dans l’un que dans l’autre. Perso, vu que j’ai réussi à mettre le feu à ma poele, je ne préfère même pas imaginer ce que je serais capable d’accomplir en bricolage. Percer direct dans une canalisation ? Donc voilà, partons du principe que le bricolage est une affaire d’homme et que moi, je suis perdue in Castoland. Ce qui correspond parfaitement à la réalité de ma situation.




L’avantage quand on est une femme perdue dans un magasin de bricolage, c’est qu’on a toute légitimité à demander de l’aide. Ben oui, je n’y connais rien. Le problème étant qu’en parlant, ça se sent que je suis très perplexe et je n’ai pas non plus envie de passer pour une idiote. Essayons de ne pas trop pencher la tête et de garder les yeux normalement ouverts. Ah, tiens, je pourrais demander à ce brun, là, il a l’air bien sympathique… Ah…Il m’a l’air sympathiquement engagé aussi, il a une alliance. Alors le grand là-bas ? Ah mais c’est quoi cette greluche qui vient le coller là , Et lui ? Ah ben lui, il s’y connaît tellement en bricolage qu’il étudie le mode d’emploi des vis. Je suis mal barrée.





Faut dire que je l’avais pressenti, ces rayons étaient possiblement hantés par des hommes se sentant obligés d’assurer la partie bricolage du couple. Bon, et bien,
pour mon diable, je vais demander au premier vendeur qui passe; Qui est évidemment une vendeuse. Aimable en plus, un vrai bonheur, j’ai l’impression que je vais me prendre une gifle d’avoir osé lui adresser la parole [la phrase précédente n’est pas vraiment une fiction…].


Ok alors est-ce que malgré moi, je perpétue la terrible tradition familiale, un espèce de complexe d’Oedipe de la fatalité qui m’interdit de trouver un homme un tant soit peu manuel pour revivre les affres que ma mère a subi depuis 32 ans de mariage (et c’est pas fini) ? Car oui, mon père est un intellectuel, comme on dit et le marteau et lui, ils ne sont pas très copains. Même s’il a réalisé une adorable crèche plus jeune, le reste, non, c’est pas son truc et dès qu’il faut s’y mettre, ses longs soupirs ressemblent à des sanglots longs, tout ça, tout ça.



Mais il me reste peut-être une carte à jouer : le lendemain, je recevais chez moi le plombier pour qu’il me mette la machine. Espérons qu’il soit hautement
érotique.

Nobody puts Baby in a corner

Par Marine

Ca va être greluche. Mais pire.

J’ai un vice. Oh rien de bien grave, je reste l’oie blanche de ce blog qui refuse les kits SM en promo et qui s’offusque du langage cru de Bastien. Mais j’ai un vice. Les peopleries. C’est une drogue, c’est affreux. L’autre jour, Perez H., qui est mon meilleur ami du virtuel après Nina, annonçait une « nouvelle dont on se fout » (c’est la définition officielle de « peoplerie ») : Patrick Swayze est atteint d’un cancer du pancréas, il n’en a plus pour 5 semaines.

Pour la moitié qui s’en fout de Patrick Swayze, pas la peine de lire plus loin. Quoique non, restez mes mignons.
Je m’explique : Patrick Swayze, quelque part, on s’en fout.
Acteur de seconde zone, qui a brillé à la fin des années 80, au début des années 90 pour ses rôles de « minet-à-ado » dans 3 films, en gros :
– Dirty Dancing, rôle d’un mono de danse au muscle saillant, qui se fend d’un petit détournement de mineur entre deux mambos, qui danse en pantalon moulax noir – pour le folklore années 60 – et torse nu. 1987, l’homme objet dans toute sa splendeur.
– Ghost, rôle de l’amoureux qui s’envoie sa meuf en faisant de la poterie tellement qu’il l’aime et qui revient de l’au-delà pour lui redire combien tellement qu’il l’aime. Le muscle saille moins, le jeu est encore plus monolithique, et la sexyness de Patrick tient avant tout à son rôle de golden-boy new-yorkais qui habite TriBeCa dans un loft de FOLIE (rien que de repenser à ce loft j’en mouille ma culotte, voyez-vous). 1992, le lover.
– Point Break, rôle de gourou altermondialiste fan de surf et un brin bad boy (il braque des banques). Là, on salue l’ingéniosité des costumiers d’avoir fait à Patrick une coiffure qui lui tombe sur les yeux, ça évite l’embarras face à l’inexistence de son regard. 1993, l’époque à laquelle on pense encore que surfer, c’est cool, on se pose pas la question de la conversation du gonze.

Visuellement, ça donnait ça :





 

Fugace, la carrière. Mais après ça, combien de nanas ont essayé de s’entraîner à faire « la danse de la fin » de Dirty Dancing dans les boums? Des fois qu’un jour elles croisent Patrick, elles seraient préparées. Combien de mecs ont emballé sur Unchained Melody dans ces mêmes boums? Laissez tomber, si les nanas fermaient les yeux en vous embrassant, c’est parce qu’elles imaginaient Patrick S. et ses bras musclés les soulevant comme des brindilles pour leur faire l’amour fougueusement dans un loft de 200 m2 sur TriBeCa.
Bref, tout ça pour dire à quel point ces personnes avec lesquelles on a grandi mentalement en viennent à prendre un peu de place dans nos coeurs. Pas forcément beaucoup, hein. Quand c’est beaucoup, ça s’appelle être fan. Quand c’est trop, ça s’appelle être psychopathe. Mais sans tomber dans le fanatisme ou la folie, ce sont des personnes (personnages?) qui ont compté. Quelque part, on les a oubliées, remisées dans le coin « niaiseries adolescentes » de notre cerveau, ce coin qu’on dépoussière avec nostalgie de temps à autre (souvent pour moi). Mais par ailleurs, quand on les perd définitivement, sans avoir la même tristesse que quand on perd un proche, on se rend compte que c’est un repère de notre enfance/adolescence qui s’en va. Et grandir, des fois, c’est chiant.

Alors oui, la maladie de Patrick Swayze, on s’en fout, c’est certes cruel mais pas forcément plus que ce qui a touché Chantal Sébire, après tout. Mais Patrick Swayze, j’ai dû m’endormir un paquet de fois en rêvant à lui quand j’avais 12 ans. Je ne parle donc pas de l’alcoolo fumeur compulsif au visage ravagé qu’on voit aujourd’hui, mais bien d’un Johnny Castle ou d’un Sam Whitman. Ca en fait presque un proche, un ami de la famille – celle qui est dans ma tête. En somme, la mort annoncée d’un fantasme d’adolescente, c’est aussi nous rappeler que tempus fugit, et ça c’est vachement triste, des fois.

Où trouver l’homme. Etape 3 : le cours de danse

 (Je rappelle à mon lectorat que cet article est purement fictionnel. En vrai, je ne cherche pas de mec. Et en vrai, je n’ai jamais pris de cours de danse, d’ailleurs. Enfin, si, quand j’étais en maternelle mais je m’en souviens plus trop.)

Après ma prospection en piscine et en salle de sport, je continue à explorer les milieux qui bougent mon corps. Alors, c’est naturellement que je vais tester le cours de danse et plus précisément de tango car comme dirait Julio Iglesias qui est quand même l’archétype du latin lover : « C’est une danse verticale qui évoque un plaisir à l’horizontale ». Enfin, il dit à peu près ça mais on ne trouve pas tout sur google, en fait. Le tango, c’est sensuel, sexy, torride. Idéal pour ma quête, en somme.

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Me voici en cours et déjà, j’ai comme un doute : il faut danser en talon. Je sais à peine marcher avec… Là, je sens que ça ne va pas être facile mais d’un autre côté, je serai
peut-être possédée par le démon de la danse. Oui, à mon âge, je crois encore des fois au père Noël. Voilà le prof. Hum, caliente ! En voilà un latin lover tel que je les aime, brun au regard incandescent qui vous met le feu tout partout. Enfin, je vous fais pas un dessin, bien sûr. Oh mon Dieu, je veux danser, là de suite, absolument. Ah voici sa collègue prof, il nous montre des mouvements. Trop facile… Bon, je dois me trouver un partenaire qui n’est pas le prof, je vais prendre le gars là, il a l’air craca miaou. Et c’est parti, un, deux, trois, quatre, un, deux, trois… oh pardon, c’était ton pied. Bon alors en fait, le tango, ça a l’air plus simple quand on regarde que quand on pratique. Oh et puis on est proche, proche quand même. Faudrait voir à pas trop s’agiter, mon déo n’est pas non plus tout terrain. Et j’ai mangé quoi à midi ? Note pour moi-même : ne jamais prendre un sandwich au camembert le midi les jours de tango. Et toujours me laver les dents juste avant. Non parce que je sais pas comment elles font les princesses comme la belle au bois dormant : elle dort 100 ans et là, y a un mec qui arrive et qui l’embrasse alors que j’ose pas imaginer l’haleine après une nuit de 100 ans.

Bon, en attendant, moi, je dors pas, je danse. Enfin, pardon, j’essaie. Ok, je débute mais j’ai un défaut : je ne supporte pas de débuter, en fait. Oui, je crois toujours que
tout est facile et quand je n’y arrive pas du premier coup, j’ai tendance à considérer que je suis nulle et je laisse tomber. Un peu comme le dessin. Bon ok, mes BD faisaient peur mais ai-je fait l’effort d’aller au-delà de la simple constatation « je suis nulle ». Là, je dois m’accrocher parce que je suis présentement collée serrée à un mâle et même si j’ai payé 18 euros pour le faire, c’est pas une raison ! Je peux y arriver, c’est quand même pas sorcier, il suffit d’être concentrée. D’ailleurs, je me concentre très fort sur mes pas et sur la stabilité de mes chevilles parce qu’écraser le pied de mon partenaire, c’est déjà pas top mais alors si je me casse la figure en plus, je crois que mon
pauvre compagnon, il ira danser avec une autre la prochaine fois. En plus, elles m’énervent les autres greluches, là, elles ont l’air de mieux s’en tirer que moi. Pffff, je suis sûre que  c’est pas leur premier cours, aussi, c’est vraiment pas juste. Ah, tiens, le prof vient me voir pour m’aider un peu. Alors, là, deux options : où je me réjouis de l’aubaine d’avoir été remarquée par le bellâtre, soit je pleure parce que s’il vient m’aider, c’est que je m’en sors vraiment pas. Bon, après tout, je veux trouver un mec, moi, pas faire danseuse professionnelle donc on va prendre le parti de se réjouir. Tiens, je vais lui planter mon regard bleu azur dans les siens pour le faire fondre. Mmmmm, ses bras musclés qui me serrent fermement contre lui, je suis au paradis. Hé mais c’est que j’arrive même à faire quelques pas sans me planter. Je suis douée, je suis gracieuse, je suis amoureuse, épouse moi Pedro ou peu importe ton nom. Pour toi, je suis prête à apprendre l’espagnol. Ouais, moi, j’ai fait allemand en LV1 au collège et ça se faisait pas espagnol en LV3 dans mon lycée…

Mais… mais Pedro, pourquoi tu me lâches ? Mais tu vas danser avec une autre qui te dévore du regard, la tête bien droite. Merdeuse va, tu crois que tu es douée ? Et toi
salaud, comment oses-tu te compromettre dans d’autres bras quelques secondes après avoir quitté les miens. Ah, mon partenaire veut me récupérer. De suite, ça va moins bien, c’est lui qui est nul alors. Et par rapport à Pedro cœur d’artichaut, il est carrément pas choupinou.

Fin du cours, c’est l’heure du bilan : j’ai mal au pied à cause de ces talons et j’ai de la corne sous les pieds. Sans parler de mon cœur brisé et des 18 euros que j’ai payés.
Bon, la semaine prochaine, je me mets aux rollers.

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Le calvaire de la maîtresse

Bon, je sens de suite que cet article ne va pas plaire et que je vais ramasser quelques pierres dans la gueule mais j’assume cette future lapidation car c’est un sujet que j’ai envie de traiter et je vais que ce que je veux, d’abord, c’est mon blog. Donc aujourd’hui, je vais parler infidélité mais pas « pourquoi, comment ? » mais du « rôle » de la maîtresse.
 

L’autre jour, sur MSN, on en parlait avec Tatiana car on a un sacré don pour craquer sur des mecs maqués (sans le faire exprès, hein !). Si je résume mes 8 premiers mois de 2006, j’ai craqué sur Bastien (scorpion et maqué) puis Alex (scorpion et maqué mais il l’était plus quand il est sorti avec moi, je vous rassure) puis le mec du nouvel Obs (scorpion et maqué, ma vie est un fantastique recommencement). Mais je ne suis pas une joyeuse briseuse de ménage, pas du tout. Il y a des filles (et des mecs) chez qui c’est pathologique de courir après l’homme en couple, sans doute pour se convaincre qu’on est mieux que les autres, qu’aucun mec ne
nous résiste, y compris les non-célibataires.

Mais il arrive que, dans la vie, on croise la route de l’Homme parfait (enfin, du moins, au premier abord, difficile de voir les défauts quand on est éblouie) qui n’a pour seul défaut qu’une greluche ou Poufia (© Tatiana). C’est souvent la même scène : je souris de toutes mes dents, mes yeux étincellent de toutes leur jolies étoiles quand survient la phrase terrible : « ouais et alors ma copine… ». Ah tiens, j’ai l’impression d’avoir perdu toutes les dents dans l’opération… Donc, là, deux choses peuvent se passer : raisonnable, vous faites une croix sur monsieur. Sauf que, 2e chose, raison et amour, ça va pas de pair et vous vous dites « eeeeeeeeet merde ! Mais bon, il va bien finir par la plaquer sa greluche et il sera à moi ». Ok, moi, je choisis souvent, à tort, la 2e attitude. Je me souviens, quand je suis arrivée sur Paris, je craquais totalement sur un mec en couple et j’étais persuadée qu’il allait forcément la plaquer (accessoirement pour moi). Bon, là, ils ont emménagé ensemble cet été, il semblerait que je me sois plantée. Mais bon, c’est de ma faute aussi si y a des nanas qui ont les mêmes goûts que moi et qui sont arrivées en premier ? Non ! Je tiens à souligner quand même que quand je craque sur un mec en couple, je lui manifeste (ou non) mon intérêt mais jamais je ne lui sauterais dessus. Je préfère attendre une hypothétique rupture, c’est mieux pour tout le monde, y compris ma conscience.  

Parfois, Homme Maqué a oublié qu’il était fidèle et là, bingo, on partage de doux moments sensuels et sexuels avec lui. O bonheur et joie, il nous appartient enfin. Ah non, il ne nous appartient qu’à moitié, il y a Poufia aussi (oui, il faut partir du principe que l’Autre est une conne, ça diminue un peu la culpabilité. Et, tant qu’à faire, ne jamais, jamais rien savoir sur elle sinon elle devient une personne réelle et là, on se rend compte qu’elle a l’air potentiellement sympa et bon…). Et en plus, nous ne sommes pas la légitime mais la compagne cachée. Ce qui veut dire qu’on passera toujours en second, même si on a droit des je t’aime soufflés dans l’oreille aux petites heures de l’après-midi (car la nuit, il est avec elle). Parce que, mine de rien, si monsieur ne quitte pas sa moitié dès le début de la relation, il ne faut pas y compter par la suite. J’avais lu sur un forum qu’environ 5% des hommes quittent leur femme pour leur maîtresse, c’est peu. Perso, mais je ne parle pas d’expérience, je pense qu’une fois que la routine s’est installée, dur de convaincre Homme Maqué que trois, c’est pas l’idéal. Et là, c’est le cercle vicieux. Etre maîtresse, ça veut dire ne rien faire avec Homme Maqué en public. Au resto à deux ? Ok, mais à l’intérieur et loin de son quartier et de ceux que fréquentent sa femme. Un week-end ? Non mais tu rêves ! Une folle nuit d’amour ? Avec de la chance, Poufia sera pas là pendant quelques jours et faudra voir. Cet été, j’ai failli occuper le rôle de la maîtresse mais finalement, on s’est arrêtés à des bisous poussés (bon, je me suis quand même retrouvée en string mais y a pas eu de touche pipi) et on avait prévu de passer un week-end ensemble. Bonjour l’organisation : « bon, alors, je préfère que ce soit chez toi parce que si elle trouve tes cheveux, ça va pas le faire. Mais elle risque d’appeler tard et j’ai pas le renvoi d’appel… ». Bon, on a tué le romantisme, là. Mais c’est vrai que la demoiselle était brune avec un carré court et moi, châtain clair aux cheveux longs : elle aurait trouvé un peu de ma chevelure, elle aurait compris de suite que ça ne lui appartenait pas. Et de toute façon, il était hors de question que je fasse quoi que ce soit dans leur lit… Y a vraiment des limites à tout.

Là, j’entends déjà des voix s’élever (même si je ne suis pas Jeanne D’Arc) : « non mais attends, tu étais parfaitement au courant de la situation. Déjà, t’es une salope, tu couches avec le mec d’une autre alors viens pas te plaindre, tu l’as bien cherché ! ». Ouch, dans ma face. La critique est aisée, surtout dans ce cas. Sauf que, depuis que je suis sur Paris, j’ai rencontré plusieurs filles qui se retrouvaient maîtresse et qui n’avaient rien d’une salope briseuse de ménage, mais alors rien du tout. Elles sont juste tombées amoureuses du
mauvais cheval, si j’ose dire, et sont les premières à en souffrir. Parce que, dans l’histoire, on peut faire une liste de coupables : Homme Maqué infidèle, maîtresse garce, à la limite Poufia qui ne sait pas contenter son homme (mais bon, là, on pousse mémé dans les orties). Sauf que si on pouvait choisir de qui on tombe amoureux, ça se saurait. Bien sûr, je ne dis pas que l’infidélité c’est bien (ou mal d’ailleurs) et la première qui s’approche de mon mec, je la décalque. Seulement, avant de condamner, essayons de comprendre, au lieu de juger.

Youpi, soyons amoureux !

Il y a grosso modo, trois catégories de gens : les en couple, les célibataires et les célibataires amoureux. Evidemment, il y a des sous-catégories mais cet article ne se veut pas une analyse sociologique de l’amour. Vous constaterez qu’on envie toujours un peu les membres des deux autres catégories : les célibataires pour leur liberté, les en couple pour leur sécurité. Mais ceux que l’on préfère, ce sont les célibataires amoureux.
 amour
Imaginons une scène : vous êtes en train de discuter avec un(e) amie de la catégorie 1 ou 3 (donc en couple ou célibataire) et vous avouez entre le fromage et le dessert que vous avez rencontré quelqu’un, « un garçon très mignon qui me plaît beaucoup, il est beau, intelligent, marrant… ». Oui, il n’y a rien de moins objectif qu’une personne amoureuse. Bon, bref, vous vous extasiez sur votre cible que nous appellerons ici Brad (au hasard). Et là, immanquablement, votre interlocuteur ou cutrice s’exclamera : « Ouah, mais c’est génial, comme je t’envie ! ». Bon parfois, c’est hypocrite, surtout si la personne fait partie de la catégorie célibataire sous-catégorie totalement aigrie. Elle dira ça mais pensera : « fais chier, cette connasse va se trouver un mec avant moi alors que je suis carrément plus belle qu’elle. Non mais qu’est-ce qu’on peut lui trouver à c’te grosse vache aux cheveux filasses ? ». Mais dès qu’on est amoureux, tout le monde nous envie. Pourquoi donc ?
 
Me voilà donc amoureuse de Brad. Quand je me réveille le matin, je rêvasse à lui, à nous, à notre premier baiser. Je sens presque ses lèvres effleurer les miennes, sa langue caresser légèrement la mienne, ses mains qui glissent délicatement de mon visage à mes hanches… aaaaaah ! Voilà effectivement de quoi se lever de bonne humeur. Tard (oui, fantasmer, ça prend du temps) mais de bonne humeur. Comme je veux Brad à tout prix, il faut que je sois belle : sport, soins de peau, nourriture saine, juvamine… L’artillerie lourde, quoi. J’ai forcément envie de m’acheter de nouvelles fringues et de nouveaux dessous (au cas où) pour parader devant mon beau et le faire craquer. Bref, à notre prochain rendez-vous, je serai tellement la plus belle que Brad ne voudra pas sortir avec moi, non, il voudra carrément m’épouser.
 
Etre amoureuse, c’est avoir des papillons autour de la tête en permanence. On a l’impression que les fleurs fleurissent sur notre passage, le soleil brille même à travers la pluie. Un signe anodin de sa part et notre cœur s’emballe, on s’envole, on touche plus pied par terre. Il a signé son texto par « bisous »… IL A SIGNE SON TEXTO PAR « BISOUS », vous imaginez ? Oui parce qu’être amoureuse, c’est aussi un peu retomber en adolescence. C’est se réjouir de lui avoir souri en se disant qu’il a compris le message, c’est mettre plein d’étoiles dans ses yeux et du gloss sur ses lèvres pour donner envie à Brad de nous embrasser. C’est imaginer les scénarios les plus débiles, les excuses les plus foireuses pour le revoir : « Je dois te rendre ton CD.
– Mais je ne t’en ai pas prêté.
– Ah et tu veux pas m’en prêter un ? »
 
En fait, être amoureux, c’est, parfois, ne pas arriver à coordonner deux neurones pour paraître intelligente. L’autre soir, je parlais à Anne qui vient d’entrer en catégorie 2 et elle me fait, désespérée : « je sais pas quoi lui dire, notre conversation est limitée… » Oh oui, quelle galère ! Je me souviens d’une conversation avec Bertrand au téléphone après ma rupture avec Guillaume, ma première réaction en raccrochant : « non mais quelle conne ! ». J’avais voulu jouer les séductrices, j’étais passée en mode neuneu, à roucouler comme un pigeon. Etre amoureuse, c’est être cyclothymique. Il signe « bisous » son texto, je plane à 100 000. Il ne répond pas à mon texto au bout de cinq minutes, c’est un connard qui ne cherche qu’à briser mon petit cœur et je déprime.
 
Etre amoureuse, paradoxalement, c’est douter de soi. Brad, il est beau, il est intelligent et drôle. Et moi, est-ce que je lui arrive à la cheville ? Comment un mec pareil pourrait voir une fille comme moi ? S’il avait vraiment envie de moi, il serait devant ma porte avec un immense bouquet de fleurs, non ? Là, je constate que derrière ma porte, y a que le paillasson (et Kenya qui en a profité pour courir jusqu’au troisième et dernier étage de mon immeuble). A-t-il compris que je voulais qu’il soit le père de mes trois enfants ? Soit oui et il n’est pas intéressé, soit non et qu’est-ce que je fais ? Lui envoyer dix textos par jour, c’est trop, mais si je ne donne pas signe de vie, il va m’oublier et une vilaine greluche même pas aussi belle que moi va me le piquer ! Mais est-ce à moi de le relancer ou à lui ? Qui a lancé l’invitation en dernier ? Vaut-il mieux que je l’appelle, que je le textote, que je le maile ou que je me taise ? Mais quelle prise de tête, les enfants ! Mais tant qu’il ne m’a pas embrassé, je doute. De moi, de son intérêt pour moi. M’a-t-il dit que j’étais jolie par politesse (enfin, moi, je lui avais rien demandé), par jeu ou parce qu’il veut que je sois son Angelina ?
 
Etre amoureuse, c’est analyser le moindre soupir de Brad, essayer de voir si on se fait des idées sur ses intentions ou pas. Simple ami ou prétendant ? A-t-il vu les constellations entières que j’ai mises dans mes yeux ? Peut-être que j’en ai trop mis et je lui ai fait peur. Etre amoureuse, c’est faire chier notre entourage en devenant monomaniaque. Exemple de conversation d’un amoureuse :
« Ça va ?
– Non, Brad il m’a pas rappelée !
– Et à part ça ?
– Et pourtant, il m’a dit que j’étais jolie, pourquoi il m’a dit ça si il ne veut pas m’épouser, hein ?
– Moi moyen.
– Tu crois que je dois lui envoyer un texto ?
– Mon chat est mort.
– Non parce que tu comprends, c’est moi qui lui ai proposé de se voir la dernière fois alors c’est un peu à lui de venir, non ?
– Je me suis foulé le petit orteil.
– Mais peut-être qu’il n’ose pas, peut-être que je l’intimide. S’il le faut, Brad, il est fou de moi mais il est comme moi, il sait pas quoi faire.
– Je suis allée faire pipi
– Ah non, vraiment, Brad, il est compliqué comme mec ! »
J’exagère à peine. Des fois, être amoureuse, c’est être chiante, à un point pas possible. A tel point d’ailleurs que vous finissez par vous prendre un mérité : « mais demande-lui, au moins, tu sauras ! ». Oui mais comment lui demander ? En face à face (délicat en cas de râteau), par MSN (minable si le sentiment est réciproque, ça casse un peu la magie de la révélation), par texto (alors, là, quelle que soit la réponse, c’est nul), par téléphone ? Etre amoureuse, c’est virer névrosée.
 
Et pourtant, quand une amie nous annonce qu’elle est passée en catégorie 2, on s’exclame sincèrement : « ouah, c’est génial ! » et on l’envie, en plus. On envie l’attente de ce premier baiser, on envie le jeu de séduction entre Brad et notre amie… Des fois, je me dis qu’on devrait se souvenir comme ça peut être pénible d’être amoureuse sans que ce soit concrétisé, ça calmerait notre joie. Maintenant, je ne me réjouirai pour mes copines que quand elles seront passées en catégorie 1 (ou 3 si elles sortaient avec un connard fini que je n’aimais pas).