Couple : pauvres victimes de l’amour

Lundi matin, je branche mon Twitter et là, je vois un déferlement de tweets sur… non, pas David Bowie (enfin, si, aussi) “quand tu es en couple, tu renonces à”. Ah oui, le couple, ce grand sacrifice ! Alors nous avons bien sûr quelques jolies réponses amusantes et mignonnes tendance neuneu :

Quand tu es en couple, tu renonces à... hashtag et réponses rigolotes

Mais certaines me mettent légèrement mal à l’aise :

Quand tu es en couple, tu renonces à... les réponses qui font peurAlors révélation : si tu te sens oppressé dans ton couple et que tu renonces à tes libertés, c’est que tu devrais changer de partenaire au plus vite.

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Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter : la passion amoureuse telle que vendue dans les romans et films est nocive 9 fois sur 10. Là, je suis en train de lire After saison 2 (“saison”, ça me donne envie de jeter le truc direct aux ordures, déjà) et je suis littéralement ulcérée de voir qu’Anna Todd nous explique qu’un amour parfait, c’est juste être victime d’un pervers narcissique. Le mec est violent, abusif, il s’impose dans la vie professionnelle de la fille, l’enferme dans un appartement, la coupe de sa famille, de ses amis (enfin, non, elle n’en a pas), lui fait des scènes de jalousie partout, tout le temps, y compris sur son lieu de travail à elle, prend les mêmes cours qu’elle pour la surveiller, lui vole sa voiture pour la réparer. En fait, il était tout le temps là, elle peut pas faire un pas sans qu’il apparaisse et menace de péter la gueule de tous les hommes daignant lui parler. Alors toi, fille, tu dois te casser au plus vite et toi, mec, va te faire soigner. Mais c’est de l’amour tu comprends…

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Non, je comprends pas. Si pour toi, l’amour, c’est passer plus de temps à pleurer qu’à être heureux, c’est que tu as sans doute trop regardé les Feux de l’amour petit en prenant ça pour une vérité absolue. Bien sûr, il faut faire quelques concessions car on se partage l’espace à deux mais si ça vous rend malheureux, c’est que vous n’êtes pas avec la bonne personne. Si je prends ma relation avec Victor, nous n’avons pas forcément les mêmes centres d’intérêt, on s’installe peu à peu dans une routine : moi j’écris pendant qu’il code ou mixe et tout va bien. Je ne lui ai pas demandé de mettre un casque quand il fait sa musique ou je ne le prive pas de jeux vidéos… surtout que bon, depuis qu’on a réactivé ma Nintendo DS, c’est plutôt moi qui abuse un peu. On essaie de trouver notre rythme et notre équilibre alimentaire, on ne renonce à rien. Alors, oui, c’est sûr que je peux pas dormir en travers du lit et je ne peux pas m’improviser chanteuse de comédie musicale en pyjama si l’envie m’en prend mais… d’abord ça doit m’arriver une fois par an. Mais surtout je ne renonce pas à l’essentiel. Je veux sortir avec mes amis ? Ben je le fais et réciproquement. Il veut se faire un Festival à Amsterdam ? Ben va… La confiance étant un pré requis dans notre couple, on peut partir chacun de notre côté sans inquiétude ou jalousie.

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage
Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Alors évidemment, ceux qui ont répondu à ce hashtag ne savent peut-être juste pas ce qu’est un couple et répondent par clichés… et c’est précisément ce qui m’inquiète. On nous vend tellement d’histoire d’amours toxiques que ça en devient presque la norme. On nous fait croire que l’amour, c’est du sacrifice : du plus superficiel (toujours être épilée au poil… je suis une très mauvaise élève) au plus dérangeant (ne jamais refuser les envies sexuelles de son/sa partenaire, se séparer de certain-e-s ami-e-s dérangeant notre moitié). Mais alors expliquez-moi : ça sert à quoi de se mettre en couple si c’est pour souffrir ? Je sais pas vous mais moi, perso, si je dois juste sacrifier ma liberté, mes amis, voire ma famille dans les cas les plus sévères juste parce que c’est ça “l’amour”, mais j’en veux pas ! Je me fais suffisamment chier à sourire et faire des courbettes hypocrites au boulot pour pas m’amuser à faire la même en rentrant à la maison.

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Bref, ton couple est une souffrance : barre-toi. Tu n’as plus le droit de dire ou faire ce que tu veux ? Barre-toi ? Ton mec/ta nana pense que tu dois être comme ci ou comme ça, parler à telle personne et pas à celle là ? Barre-toi. Etre en couple n’est en aucun cas une obligation, on peut très bien vivre seul (si, si) donc réfléchis bien : est-ce que cet “amour” faut vraiment que tu paies le prix fort ? Dédramatisons la rupture : si c’est pour se sentir mieux et plus libre, ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire. Sur soi, sur sa dépendance à l’amour (enfin, l’idée qu’on en a), sur la société qui nous impose à marcher par paire, quitte à tomber sur une personne abusive et toxique. Je pense que pas mal de twittos ayant joué avec ce hashtag devraient sincèrement se poser la question

Bouge toi le cul

Parfois, le soir, je ne fais rien. Glandant gentiment sur Twitter en matant des vidéos à la con sur Youtube*, je vois parfois passer un pseudo que je connais, une personne que j’ai côtoyé dans une ancienne vie. C’est un peu la magie perverse des réseaux sociaux : soudain, un nom ou un pseudo perdu dans les limbes de votre mémoire vous revient soudain à la figure et vous brûlez d’une petite curiosité, parfois malsaine: et alors, il-elle devient quoi ?

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Les parcours sont variés, certains ont trouvé une joyeuse moitié, d’autres ont même eu l’audace de se reproduire, j’ai accès à leurs photos de couple, leurs photo de bonheur qui ne me regarde pas, finalement. Puis d’autres exposent d’autres aspects de leur vie : leur réussite. Quand je parle de réussite, je ne parle pas nécessairement de réussite au sens capitaliste du terme mais oui, certains ont réalisé leur rêve. Et moi, j’en suis où ?

aladdin magic lamp on black with smoke
aladdin magic lamp on black with smoke

Bonjour, je m’appelle Nina B. et je suis une putain de flipette qui se réfugie dans la procrastination pour ne pas réussir. Voilà, on pouvait pas mieux résumer la situation. Je suis la fille qui veut faire plein de choses mais repousse toujours au lendemain pour d’obscures raisons qui tiennent au choix de la flemme ou de la peur ou des deux. Ma vie est loin d’être un échec, entendons-nous bien, mais il y a ces rêves que je repousse pour « quand j’aurai le temps ». Vous voyez très bien de quoi je parle, vous qui me lisez depuis longtemps, n’est-ce pas ?

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Des fois, j’ai de petites ambitions. Genre créer de nouveaux blogs qui seraient plus axés sur une rémunération, même minime, histoire de (je ne parviens pas à me résoudre à mettre de la pub sur les vingtenaires), lancer une petite marque de bijoux et accessoires faits main juste pour le côté je l’ai fait et choper 30 € de plus par mois (la richesse). Je veux aussi me lancer dans la vidéo, apprendre la musique, une nouvelle langue, tout ça, tout ça. Mais non, je ne fais rien parce que tu comprends, « j’ai trop de travail, j’ai pas le temps ». Notez qu’il est vrai que je suis bien (trop) débordée et que le soir, je suis bien meilleure à résoudre quelques escape rooms (ma nouvelle addiction) en matant une énième fois des épisodes de Salut les geeks, le fossoyeur de films ou le joueur du grenier qu’à écrire trois phrases correctes. Puis la naturopathe, elle a dit que j’avais droit à la paresse alors hein… Et c’est vrai. Mais faut assumer alors.

Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple
Mon chat assume son droit à la paresse, par exemple

Et j’avoue que c’est là que le bât blesse un peu. J’ai pas envie d’être juste une fille de bureau. Mon travail n’a certes rien de routinier, je dois régulièrement me pencher sur de nouvelles marques, de nouveaux univers, comprendre ce que veulent des gens qui sont différents de moi, d’une marque qui ne me parle pas. Je suis l’écolo bobo qui anime la page de voitures plutôt polluantes, je suis la rêveuse qui raconte des histoire autour de pays où elle n’est jamais allée pour des compagnies aériennes, je suis l’experte de la bancassurances qui finit à découvert tous les mois, je suis la fille qui écrit des tweets sur un film qu’elle n’a pas vu… Ca occupe. Mais est-ce que ça suffit à m’épanouir ? Non car ce métier me permet de toucher des tas de choses du bout des doigts mais jamais de soulever le voile. Entre parler d’une voiture et la piloter, il y a un gouffre. Entre habiller la photo d’un sublime paysage d’un texte évocateur et voir ce paysage de mes yeux, il y a un abysse. J’ai envie d’expérience, j’ai envie d’aventure, je dois essayer.

Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais
Ici, par exemple, une aventure que je ne vivrai jamais parce que ça me terrorise à mort

Alors maintenant, le dire, c’est bien, le faire, c’est mieux. Parce que ces gens là, croisés irl ou virtuellement dans une autre vie, ils ont pris leur destin en main, ils ont essayé. Si je prends le cas de Natoo dont j’ai déjà parlé, ses petites vidéos lui ont apporté beaucoup : une carrière, des projets (un livre, une BD) et même un mec.  Moi, j’ai déjà le mec mais sur le reste, y a du boulot.

Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses...
Je déteste tellement ce genre de carton citation de mes fesses…

Quotidien vs la recherche d’un extraordinaire, la bataille est lancée.

* J’ai plus la télé depuis presque un an. Pas par choix, non, juste par flemme d’appeler SFR pour réclamer une nouvelle télécommande. Ca vous situe mon envie de récupérer une télé

Non, tu n’as pas le droit de te foutre de la St Valentin

Oui, youpi, joyeuse St Valentin petits lecteurs amoureux de ma si divine prose (oui, la St Valentin étant aussi et surtout la fête des fleuristes, je m’en envoie une demi tonne)

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Voilà, ce matin, je me suis réveillée et nous étions le 14 février, une journée pluvieuse qui m’a gentiment rappelé que mes sneakers n’étaient pas particulièrement étanches et que mes chaussettes ne sont pas géniales en terme de séchage rapide. C’est vendredi, j’avais pas super envie de me lever car j’aime bien traîner au lit. Un jour comme un autre. Au menu : quelques bilans, des mails relous, des impossibilités de terminer un dossier car t’es interrompue toutes les 2 mn 30 : la routine.

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Mais non. Non. Le monde en a décidé autrement : c’est la St Valentin. Or, étant plus ou moins du côté des célibataires (je crois), je suis censée être aigrie, jeter des seaux d’eau boueuse aux couples dans la rue, déchiqueter des roses en sanglotant parce que ma vie, c’est de la merde car en ce 14 février, j’ai pas de mec (je crois). Ben pardon, mais non. D’abord, la St Valentin, je l’ai jamais fêtée quand j’étais en couple, je vois pas bien pourquoi ça me turlupinerait soudain. Je ne suis pas anti St Valentin, chaque couple adopte les rituels qu’il veut, ça ne me regarde pas (et limite, je m’en fous comme de ma première chaussette, mouillée ou non). Mais moi, ça m’a jamais parlé. Sauf qu’on ne me croit pas.

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Ca fait donc 15 jours qu’on me bourre le mou avec la St Valentin car c’est la seule fête qui semble devoir concerner tout le monde et tu es soit dans le camp des maqués heureux, soit tu es aigrie, c’est mathématique. Il n’y a aucune alternative, AUCUNE tu entends. Car c’est finalement ce que je reproche au traitement de la St Valentin dans les médias et donc dans nos conversations. Et qui me poussent à dire SYSTEMATIQUEMENT « je te jure que je m’en fous, je la fêtais pas quand j’étais en couple ».

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– Allez, les moches, boudez pas ! Les magazines féminins (pour l’essentiel) sont très inquiets, ils nous pensent à la limite du suicide à cause de notre célibat. Mais pourquoi personne ne m’aime ??? Apparemment, la question est critique le 14 février (les autres jours, moins). Bon, déjà, oui, supposons que le célibat est uniquement dû au fait que personne ne nous aime et non au fait qu’on n’est pas désespérée au point de sortir avec le premier nase à l’affût de la victime facile qui passe. Pire, la St Valentin est le meilleur allié des manipulateurs et pervers narcissiques en tout genre. A minima les Barney Stinson mais on nous vend tellement la nécessité d’être amoureux ce jour là qu’on se sent poussées à donner son coeur au premier venu. Et on part pour une belle culpabilisation parce que bon, si on est célibataire, c’est forcément notre faute car on est trop grosses/poilues/pas drôles/blondes/brunes/pas à la mode… Mais bon, quand même, les magazines viennent un peu arroser notre dépression solitaire de leur condescendance en nous expliquant gentiment qu’être célibataire, ça peut être cool un peu quand même. Ah mais merci, merci, dire que j’ai vécu quasi 34 ans sans me rendre compte que vivre seule n’était pas l’antichambre du suicide, mais youpi !!

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– Des roses, des culottes en satin ou l’opprobe. Côté couple aussi, on vous fait bien culpabiliser, histoire que tous les commerçants se fassent gentiment leur beurre. Femmes, soyez épilées avec de la lingerie de dingue qui rendra votre homme tout foufou. Oui, quelque part, il semble écrit que la nuit du 14 février sera la plus hot de l’année. Homme, va acheter roses et parfum, paye un dîner de ouf à ta belle sinon tu seras le plus mauvais petit ami du monde et si tu te fais larguer, ce sera franchement bien fait pour ta gueule. Ben oui, les magazines draguant tant la fille en couple que la célibataire, on lui a bien farci la tête d’attentes démesurées. Soit à la hauteur ou prépare toi à une soupe à la grimace.

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La fatigue. J’avoue que ça me crispe un peu, cet espèce de date obligée. Même Noël, j’ai l’impression qu’on nous en fait moins une montagne (faudrait faire une étude, tiens… Mais j’ai pas le temps). Cette culpabilisation de tout un chacun selon la catégorie dans laquelle tu te places fait de cette fête quelque chose qui me paraît extrêmement négatif et agressif alors qu’à la base, ça devrait être juste quelque chose d’un peu mignon. Après, au vu de mon amour de la foule, comprenez que m’entasser dans un resto romantique avec mon cher et tendre avec pleiiiiiiiin d’autres couples, ça me vend pas du rêve. Et que quitte à nous vendre de la lingerie hors de prix, glissez la St Valentin en juin : je serai de suite plus motivée pour parader en culotte à 300 €.

Je m’appelle Emilie Jolie

Par Lucas

Ou pourquoi il faut réécouter la petite fille aux cheveux blonds… (pour celles et ceux qui ont un compte Deezer, voila une playlist, lien vers une nouvelle fenêtre)


Il y a peu de temps j’ai retrouvé mon CD d’Emilie Jolie. La vraie version, celle de 79, mon année de naissance. Oui je sais, ça ne nous rajeunit pas…

En fait derrière son apparence conte pour enfants, Emilie Jolie cache tout un tas de préceptes ou d’invitations à la réflexion. Non, ne partez pas : je vais essayer de ne pas être lourd ; de ne pas faire comme les profs de français qui vous mettaient un poème en pièce pour vous montrer à quel point il était beau…

Emilie Jolie, c’est un monde magique et nébuleux où tout semble mignon. Certes.

Mais c’est surtout un reflet de notre existence.
On a tous en nous une Emilie Jolie, une impatience juvénile, une envie d’entendre une belle histoire qui nous fasse oublier la routine et l’absurdité du monde.

C’est un monde où les oiseaux nous invitent rêver notre vie et à vivre nos rêves.
Un monde où les Princes ne s’arrêtent pas à l’apparence de sorcière mais y débusquent la princesse
Bien sûr, les rabats-joie diront que la vraie vie ce n’est pas ça, qu’on ne choisit pas toujours tout, que la vie n’est pas un songe. Mais Philippe Chatel balaye cette logique d’un revers de main avec le personnage du Prince Charmant Débutant.

Eh oui, nous les hommes, nous sommes tous des princes charmants débutants, sans épée ou cheval blanc. Comme lui, il nous faut écrire notre histoire, notre conte ; aller de l’avant, être responsable et prendre notre vie en mains, mais aussi…

Mais aussi débusquer dans l’apparente sorcière une vraie princesse… D’une part comprendre que derrière une carapace peut se cacher un être adorable, d’autre part et dans une conception « amour courtois », mettre tout en œuvre pour assurer le bonheur de sa dame, la magnifier, la porter plus haut. Sic.

Mais revenons à la sorcière, elle-même très méchante au début de l’histoire. Elle montre qu’il est possible de reconnaître ses torts et changer. Question d’amour propre, de courage…et d’honnêteté intellectuelle.

Question de communication aussi, comme le montre le hérisson plus loin. Il évoque toutes les difficultés qu’on peut avoir pour
exprimer un désir, une envie.

Quelle est la fée dans ce livre
Qui me donnera l’envie de vivre
Quelle est la petite fille aux yeux bleus
Qui va me rendre heureux…

Il est aussi fragile que le petit caillou qui pleure. Celui-là aurait très bien pu chanter « Nobody knows you when you’re down & out ». La question essentielle de l’amitié, des gens qu’on oublie sur le bord de la route.

Je suis un caillou, un petit caillou un joli caillou
Je cherche un ami dans la poche de qui je ferais mon logis
Et comme mes frères et comme mes soeurs je serais content
D’être avec un enfant.

Bien sur les rabats joie me diront que par certains cotés c’est un peu glauque. que la chanson Emilie Jolie et le Grand Oiseau évoque toute la vie que Emilie doit vivre avant d’aller au paradis

(Emilie Jolie)
Je m’appellle Emilie Jolie,
Je m’appellle Emilie Jolie…
Et si un jour je deviens vieille,
J’irai pour le ciel, sur vos ailes,
Au rendez vous du paradis
(Le Grand Oiseau)
Mais prend le temps de vivre ta vie
Ma petite Emilie Jolie,
Tu sais dans les pays rêvés
Les oiseaux ne sont pas pressés…
Mais y a tant de choses à voir avant
De partir pour le firmament
Y a tant de pages à tourner
Ta vie ne fait que commencer…

Bon, je vais en rester là ; ne pas vous parler du Coq et de l’Ane et de l’amitié qui transcende les différences sinon on va me taxer de défoncage de porte ouverte. Oui, oui, oui, je commence à vous connaître…
Mais franchement, je pourrais continuer encore longtemps avec tous les personnages et mon discours de Schtroumpf à Lunettes, à mi chemin entre le naïf et le sentencieux.

Reprenez plutôt votre CD ou votre disque vinyle.

Etonnez vous d’y trouver Eddy Mitchell, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Françoise Hardy, Julien Clerc, Georges Brassens, Henri Salvador, Louis Chédid…

Goûtez aux mélodies bien trouvées, aux références éparses, à la dimension féerique.

Laissez-vous glisser.

Vous allez voir : ça fait un bien fou…

Mémoire du quotidien

par Bobby

Certains d’entre vous le savent peut-être déjà. Depuis le 20 mars 2009, j’ai entamé un projet expérimental particulier qui me tenait à coeur depuis longtemps : une série qui comporte pour chaque jour de l’année un petit épisode de trois minutes, mettant en scène la routine de voisins qui évoluent dans une résidence, au centre de laquelle se trouve un arbre, pivot de leur quotidien. Cette série s’appelle Autour d’un Arbre, et, à l’heure où j’écris, 21 épisodes sont déjà en ligne.


Souvent, quand on crée, on doit plaire. C’est chiant, mais c’est comme ça. Il ne faut pas se « foutre de la gueule » du spectateur, parce que sans le spectateur, y a pas d’oeuvre. Oeuvre, oeuvre… quand on a vingt et un ans, c’est un bien grand mot. Je préfère parler d’expérimentation. Quand je serai grand, j’espère, je ferai des « oeuvres ». On me payera pour ça, alors il faudra que ça marche. Donc je devrai prendre en compte les envies des gens, les attentes, les fantasmes. Et comme je me respecte, je devrai aussi m’écouter moi, et faire un compromis entre ce que je veux montrer et ce que les gens aiment. Ce qui les maintient en éveil. Ce qui leur donne envie de revenir. Il y a des mécanismes tout fait pour ça. L’homme est une machine bien connue des dramaturges depuis des millénaires.

En attendant, je suis petit, et je veux en profiter pour faire ce qui me plait à moi. Je ne dis pas que je me fiche complètement que mes petites productions soient hermétiques, ni que je me fiche que ça ne plaise pas à grand monde. Au contraire. J’ai un gros ego tout boursouflé qui se vexe férocement, même si dès le début je sais que ça va pas emballer les foules, quand on me dit « y a pas d’intérêt ». Et il faut dire que le fait de montrer des moments du réel, sans action, sans intrigue, avec une caméra qui tremble, un son mauvais et une lumière crue, ce que d’aucuns qualifieraient de « film de famille », ça fait pas bander. Mais moi, j’aime. Je vais pas dire que je sais pas pourquoi, parce que j’y ai pas mal réfléchi. Laissez-moi vous expliquer.

Je crois que j’ai un furieux besoin, presque viscéral, d’archiver le réel au jour le jour. De le mettre en mémoire. Parcourir ce blog, qui a plusieurs années derrière lui et une solide rigueur dans la publication des articles (merci à Nina), c’est pour moi particulièrement jouissif. Parce que c’est un espace qui a une histoire, une histoire proche de celle du journal intime. J’adore les journaux intimes. Relire ce qui s’est passé le 18 mars 2006, voir les détails qui se répètent à foison, puis évoluent, peu à peu. Regarder le cycle des saisons qui tournent. Les personnages qui changent. Si seulement Plus Belle la Vie cherchait moins l’audimat à tout prix et redevenais ce qu’elle devait être initialement, c’est à dire une série vraisemblable (et non pas l’histoire d’un quartier où tout le monde meurt dans des trafics aussi incessants qu’improbables), je trouverais ce soap merveilleux.

Et vous savez quoi ? Je ne suis pas le seul dans ce cas. Regardez les blogs par milliers qui éclosent sur la toile, ces gens anonymes qui racontent leur vie, qui conservent tout. Regardez Fessebouc, et la façon dont nous stockons tous nos faits et gestes : Bobby fait le ménage, Bobby part à la fac, Bobby est triste ce soir, etc. Regardez aussi la folie photographique, avec des téléphones, des appareils numériques, et nos disques durs qui en sont remplis à ras bord. Ma meilleure amie en est à un tel point qu’elle note tous ses textos depuis des années, qu’elle ne jette jamais rien avant d’avoir pris une photo (tous ses emballages y passent, son ordinateur en contient des milliers).

Je trouve ça fascinant. Nous avons un rapport au présent qui ne m’intéresse que dans la perspective ou cette multitude d’instants deviendra une multitude de souvenirs et constituera une histoire. Est-ce qu’il faut expliquer tout cela aux gens pour leur montrer que ma série n’est pas si cucu qu’elle en a l’air ? Ou est-ce qu’il faut laisser les gens réfléchir et trouver par eux-même ce qu’il peut y avoir de riche dans un tel projet ? J’avoue que ça, je ne sais pas encore.

Pour voir la série, c’est ICI.

Courrier des coeurs, réponse à Marie

Cette semaine, Marie nous a posé la question suivante : « Bonjour les Vingtenaires! Depuis quelques temps, je me pose des questions sur
ma relation avec mon copain. Je suis bien avec lui, mais je ne sais pas trop ce que je ressens. J’ai déjà été amoureuse, je sais ce que c’est, mais je ne sais pas si je l’aime ou si c’est juste de l’amitié. Je ne sais pas trop quoi faire, si je dois continuer sans rien dire, se séparer le temps de faire le point… Des suggestions?
 »

La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voilà ce qu’on en pense :

Tatiana : Ben écoute tout dépend de ce que tu veux vivre avec ce jeune homme et aussi de ce que lui ressent pour toi.
Déjà si tu poses la question c’est qu’à mon avis tu ne l’aimes pas. Mais qui a dit que dans une relation tu es obligé d’aimer l’autre sinon ca veut dire que tu dois le quitter ? tant que tu ne lui mens pas sur ce que tu ressens et que tu es claire avec lui t’es pas obligée de le quitter.

Enzo : « J’ai déjà été amoureuse, je sais ce que c’est, mais je ne sais pas si je l’aime ou si c’est juste de l’amitié. » Si tu te poses la question, c’est que ce n’est pas de l’amour, enfin pas un amour passionnel ! A moins que ça fasse longtemps que vous êtes ensemble et qu’il y a une routine qui s’est mise en place ?

Pourquoi ne commences-tu pas par parler un peu avec lui (sur la routine par exemple, pas forcément les sentiments pour ça dégénère d’entrée de jeu) avant de penser déjà séparation ?

Summer : Ca fait combien de temps que vous êtes ensemble? parce que la si ca fait quelques mois, c’est peut être normal que tu ne saches pas encore, c’est pas forcément le coup de foudre à chaque fois et en plus chaque relation est différente. Si ca fait un moment, alors oui il faut te poser la question et peut être qu’en effet tu ne l’aime pas vraiment. Peut être aussi comme dit Enzo, la routine vous bouffe et dans ce cas mieux vaut en parler avec lui directement!

Bobby : Heuuu moi je suis pas du tout d’accord avec mes camarades. Le fait que tu te poses la question ne signifie pas pour moi que tu ne l’aimes pas.

Ca peut aussi être un questionnement de ta part (légitime, je trouve) sur ce que c’est que l’amour, ce que c’est que de vivre à deux, etc. Une relation, c’est quand même pas obligatoirement coup de foudre + passion, et heureusement. Vous pouvez vivre quelque chose de paisible, de serein, de rationnel, d’amical, et ça peut être une forme d’amour. Ce qui compte le plus, c’est que tu saches toi ce que tu veux vivre (un truc sérieux ou pas, rationnel ou passionnel), que vous en parliez, bref, que tu dédramatises la chose. C’est bien, à mon avis, de se poser des questions, ça veut dire que la folie de l’amour ne nous engourdit, et que l’on peut être heureux sans pour autant se voiler la face. Courage !

Keira : Mmmh la grande question : est-ce que je l’aime ?

Eh bien, c’est possible sans pour autant ressentir le côté passionnel de la chose, je suis de l’avis de Bobby sur ce coup là.

De toute façon en matière de relation, tant que la complicité et le sexe (parce que oui, c’est quand même un point essentiel à mes yeux…)se passent bien je ne vois pas où est le problème.

Après s’il te fout la pression avec des « je t’aime » pressants, il va falloir être claire. Si tu ne te sens pas prête à le lui dire mieux vaut en parler. Sinon ça va finir mal et ça serait dommage.

Tant que tu te sens bien, ne te prends pas la tête avec cette histoire de sentiments. Tu en as, qu’ils ne soient pas bouleversants n’est pas grave.

Profite du moment présent.

Lucas : Je ne suis pas calé pour répondre vu que ma plus longue relation a duré deux/trois mois. Mais tu peux aller écouter ce que chante trrrrrès bien Dajla sur la Routine.

Petite Cervoise : Comme l’a dit Grand Brun Ténébreux, si tu te poses la question, c’est que ce n’est peut être pas l’amour avec un grand A.

Mais why not, finalement ? on en revient toujours au dilemme amour solide et pépère VS amour passionnel.

La vraie question c’est de savoir si tu te sens bien avec lui ou pas. Si tu t’ennuies et que tu tournes en rond, alors oui, il vaut mieux passer à autre chose.

A part ça, tu ne dis pas si tu as encore du désir pour lui… c’est aussi un signe…

Pour ta propre tranquillité d’esprit, je te conseillerais de ne pas trop essayer de coller des mots sur des émotions (je suis bougonne en ce moment).
Nina : Chaque histoire est différente, il me paraît limite normal que les sentiments ne soient pas identiques non plus. Maintenant, je dirais que l’amour se mesure à ce que tu es prêt à faire pour lui. Si tu préfères passer tes soirées avec tes copines et que tu n’as pas envie de faire des efforts pour lui faire plaisir, ça me semble pas très positif. Est-ce qu’il te manque quand vous n’êtes pas ensemble ? Est-ce que tu as envie de lui confier tes petits tracas, de lui raconter ta journée ? Bref, y a des tas de petits détails comme ça. Après, je ne
te parle pas de longues perspectives, je ne sais pas depuis combien de temps vous êtes ensemble donc le fait que tu n’envisages pas le mariage et les enfants n’a aucune importance. Mais en gros, pose-toi la question : si demain, il part, que ressentiras-tu vraiment ? De la tristesse, de la peine ? Tu seras chafouine ou franchement dévastée ? Après, concernant la question de la séparation, ben, ça dépend de ce que lui attend aussi. Ne lui mens pas et tu verras bien où ça va.

Voilà, si toi aussi, tu as une question love and sex à nous soumettre, n’hésites plus, envoie la nous !

Courrier des cœurs : réponse à Madinlove

Madinlove nous a soumis une question : Pourquoi les hommes en couple stable (tout va bien et tout est nickel) sont attirés par d’autres femmes?


La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que l’on en pense.

Diane : Bon, je tenterais d’éviter les foudres du MLF en arguant que peut-être, des fois, y’a des épouses qui ne brillent pas par leur spiritualité et leur sensualité animale, mais en revanche j’ai une ou deux petits explications annexes.
1/l’explication neuro-biologique, j’énoncerais tout d’abord une raison, toujours la même, à laquelle on n’échappe pas: LES HORMONES! Un homme est fait de matière grise certes (quoique des fois on se demande), mais surtout de chair de sang et d’hormones. Et surtout, contrairement à nous mesdames qui avons un unique petit ovule à féconder (et qui nous amène à être plus sélectives, à privilégier la qualité à la quantité), ces messieurs ont des milliards de ptis zigouigouis gigoteurs qu’il ont besoin (ou plutot l’instinct) de caser, et comme ils ne peuvent les caser en une seule femme, eh bien pouf, ils vont zigouigouiser ailleurs, ou tout du moins avoir envie de zigouigouiser ailleurs. (car un homme a des instincts certes, mais aussi une raison et un cerveau qui peuvent l’aider à se contrôler: que ces messieurs n’aillent pas voir dans mes propos une magnifique excuse imparable à leurs indifélités)
2/l’explication psychanalytique sommaire
L’être humain est fait pour espérer et désirer, c’est cela qui le fait avancer. Si on est un être parfaitement contenté, on stagne dans sa finitude et on ne fait plus rien. Et il se trouve que on ne peut désirer que ce que l’on n’a pas. Alors oui on peut désirer sa femme gnagnagna, mais le VRAI désir est celui qui aspire à ce qu’on ne possède pas. Messieurs/mesdames en couple depuis qques temps, je le répète, tentez de vous rappeler  votre dernier rêve érotique avec pour partenaire votre conjoint…. vous risquez de chercher longtemps. Bref, si l’homme désire ailleurs, (autant que la femme d’ailleurs), c’est absolument normal, il est configuré pour, et ce n’est pas ça qui va l’empêcher d’aller voir ailleurs,sauf si c’est un abruti primaire qui ne contrôle pas ses pulsions et qui ne sait pas faire la différence entre don juan et la vraie vie. Donc, baver sur la collègue de bureau ou sur le voisin qui joue du saxophone torse nu (non mais franchement, allez résister à un homme qui joue du saxophone… rrrrrouf), c’est normal, mais au final on a une caboche en principe remplie d’une matière bloubloutante qui nous sert à contrôler nos actions.
Et puis de toute façon, dans une énoooorme majorité des cas, le désir, une fois contenté, perd tout son charme.

Jane : Etre attiré par d’autres femmes, c’est à dire? Il faut ici faire la distinction entre regarder et goûter. Regarder, tout le monde le fait, homme ou femme; ce n’est pas parce qu’on est au régime qu’on ne peut pas regarder le menu. Nous sommes humains, donc forcément attirés par… ce qui attire notre oeil. On peut posséder un
Picasso chez soi et toujours aller dans les musées (oui, cette réponse sera pleine de métaphores foireuses, j’assume) Regarder, trouver quelqu’un attirant, c’est donc normal.
Si on parle ensuite de tester la marchandise… C’est une question de volonté, à mon humble avis. Tout comme goûter le dessert de son voisin au restau histoire de voir si c’est bon (oui, je persiste et signe) Il faut à un moment savoir si on peut se contenter de ce qu’on a dans son assiette, avec ses qualités et ses défauts, ou si on préfère essayer une cuisine différente. Avec les risques d’indigestion encourrus quand on enchaîne deux repas (et les interactions parfois désastreuses). Pour finir cette parenthèse gastronomique, je dirai tout simplement ceci: qui a dit que seuls les hommes étaient comme ça?

Lucie : Vaste question. Je ne pense pas que mon taux de testostérone soit assez élevé pour prétendre résoudre cette fascinante énigme qu’est le mââââââle. Enfin, je peux toujours essayer.
Première réponse envisagée (qui je pense peut s’appliquer également aux femmes) : je vais évoquer un élément plus que banal mais qui peut peut-être jouer dans un couple : la routine. Cette insidieuse et perfide petite chose qui fait que l’autre ne nous surprend plus ; que le côté off nous lasse (ben oui, l’exotisme des jambes de yeti ou d’un maillot un peu oublié, bof au bout d’un moment.). Du coup, on se prend à rêver d’exotisme, d’inconnu, de fraîcheur…bref, on aimerait peut-être retrouver les moments simples d’un début de relation, la découverte de l’autre…
Deuxième réponse envisagée (je maîtrise un peu mieux, je l’ai connue) : le cas psychologique du Dom Juan. Cet homme vous aime, vous adore, vous idolâtre mais…ben oui il y a toujours un mais avec lui…il a besoin de se sentir aimé, désirable en permanence. Il va donc séduire à tour de bras juste pour se rassurer. Attention, le Dom Juan ne va pas forcément passer à l’acte et tromper sa dulcinée, il veut simplement tester son potentiel de séduction. Si vous voulez plus de renseignements là-dessus, je vous conseille les rayons psycho et sexologie.
Après le mâle a peut-être d’autre motivation profonde, genre le gène de Cro Magnon qui inconsciemment le pousse à vouloir se reproduire avec le plus de demoiselles possibles (pour sauvegarder l’espèce et disséminer ses gènes pourris) même s’il est follement amoureux de sa dulcinée…Au final, je sais pas trop ce qui peut se passer dans la tête d’un homme. Par contre, je sais que quand je suis en couple et que je vois un superbe mâle passer, je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de lui sauter dessus voire plus si affinités !

Nina : Alors, ça veut dire quoi attirer? Mater les autres filles en les trouvant jolies. Non mais alors, ça, c’est tout à fait normal. C’est pas parce que nous, on sait mater discrètement qu’on ne le fait pas.
Par contre, si dès que tu sors avec A, tu as envie de B, j’appelle ça le syndrome du  jouet. Mécanisme basique de l’enfant : il veut un jouet, il le veut, le veut, le veut. Mais une fois qu’il l’a, il se rend compte qu’il y a l’autre jouet qui est mieux finalement et se désintéresse de celui qu’il a. On peut aussi envisager que le monsieur n’est pas amoureux de sa madame quoi qu’il en dise mais ça, c’est une autre histoire.

Summer : Pourquoi? à généralité et cliché répondons par généralité et cliché, peut être parce que les hommes sont aveugles et qu’ils ne voient pas ce qu’ils ont sous le nez? Peut être sont ils inconstants? ou tout simplement idiots?

Tatiana : Question intéressante. J’ai déjà eu l’occasion d’y réfléchir pas mal de fois par digression à la question suivante : pourquoi les mecs qui me draguent sont tous casés ?
Déjà je pense que cette question est aussi appliquable aux femmes. N’allons pas jouer les sexistes. Donc je préfère parler des Hommes au sens large et donc des êtres humains. Pour moi la réponse est simple. Premièrement c’est très normal d’être attiré par d’autres personnes parce que si l’on était attiré seulement par une personne ce serait bizarre. Après y a des degrés d’attirance : d’un simple regard à de la drague appuyée pour finir à l’adultère. Deuxièmement, je ne crois pas à l’amour éternel. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse vouloir passer toute notre vie avec une seule personne (à moins de la rencontrer à 70 ans). Il y a forcément un moment où on aura un coup de coeur pour quelqu’un d’autre. Et puis il y a aussi le besoin de voir qu’on plait à d’autres personnes. Ce besoin de séduire et aujourd’hui hyper présent dans la société. Il n’y a qu’a voir combien de personnes draguent au travail, même si c’est de la drague légère histoire d’avoir ce dont on a besoin. Mais toutes ces raisons évoquées ne veulent pas dire qu’on n’aime plus la personne avec qui l’on est.

Bastien : Cette question est aussi pertinente que de demander « Pourquoi l’eau mouille t-elle ? » ou « C’est loin Pékin ? ». Mais il est parfois bon de rappeler certaines choses des plus primaires. Non l’Homme n’est pas fait pour être monogame. Du Moyen Age au XXe siècle l’age moyen du mariage était de….allez, dites un chiffre….27 ans pour les dames et 28 pour les hommes. La nouvelle femme servait a remplacer la mère trop vieille pour s’occuper du foyer. Sachant que la durée de vie était des plus limitée (a 40 ans on était considéré comme un sage pour les cahiers de doléances en 1788) je pense pouvoir affirmer qu’entre la polygamie médiévale et la polygamie contemporaine les choses ont bien changées. D’ailleurs, de quand date la monogamie imposée dans le monde chrétien ? En même temps que la chasteté des prêtres, c’est a dire le XIe siècle avec la reforme grégorienne. Non messieurs (et mesdames) je vous le dit, l’illusion que l’Homme devrait vivre sa vie avec une seule créature de son espèce est un petit reste de doux rêve judéo chrétien, et comme beaucoup de ces restes même les athées y succombent, la force de la tradition me direz vous.
Et puis St Exupery a dit « L’amour commence quand la passion s’arrête » et il est de notoriété plus ou moins publique que c’est la passion qui crée le désir, pas l’amour.
Bref je ne dirais plus qu’une seule chose, ne confondons pas sentiments / sexe / désir.

Lucas : Classique… Une fois les folies de l’état amoureux dissipées on tombe dans l’amour, pur et simple, et on est donc facilement tenté par ce qui nous sort de l’ordinaire. On cherche dans l’autre une petite nouveauté, une raison de s’extasier, un peu de relief dans notre existence. L’intérêt pour l’autre n’est en somme que la preuve évidente de notre incapacité à rendre notre couple épanoui et vivant.
Je n’en dirais pas plus. Je n’ai jamais atteint avec une donzelle une durée telle que je m’intéresse à autrui.

Si t’as des questions love and sex, n’hésite pas à les poster en comm. Surtout si elles sont loufoques parce qu’on n’est pas là pour être sérieux !

Fight classe !

Par Lucie

Pour commencer, sachez que je déteste la violence et que la vue d’une arme me met mal à l’aise. D’ailleurs lorsque l’armée a pris mon île pour un terrain d’entrainement grandeur nature, j’ai eu la trouille de ma vie. Ben vi, c’est pas drôle d’être réveillée à 8h du mat un dimanche par des tirs et de tomber nez à nez en ouvrant les volets avec un hélicop et un gentil monsieur qui tient un gros fusil sur le bord du dit hélicop. Bref je m’égare, c’est pas le sujet !

Je voulais simplement parler d’une « bagarre » qui s’est déroulée lors d’un de mes cours Un élève d’ordinaire gentil et nonchalant se moque de la note d’une élève. Forcément cette dernière lui répond en l’insultant. Le tout a voix basse, ce qui fait que je n’entends pas puisque je suis en train de rendre des copies tout en répondant à des questions…la routine…sauf qu’en quelques secondes tout s’emballe.

Mon gentil élève tient la fille contre le mur par le cou tout en lui donnant des coups de poings !!

1ère tentative d’intervention pour les séparer : moi et mon mètre soixante et les autres élèves…échec…

Le prétendu gentil élève jette une table sur la fille… la tension monte encore…

2ème tentative d’intervention : 10 garçons se jettent sur lui pour tenter de le maîtriser…mais …il s’est transformé en Hulk !!

Dernière tentative : je réussis enfin à m’interposer et je jette la fille (qui se battait aussi !!! qui a dit que les filles étaient douces ???) dehors (oui je suis
au rez-de-chaussée) au moment où mon « pas-du-tout gentil élève » se précipitait en courant vers la fille avec une chaise…il aurait pu l’empaler avec les pieds…moi forte, moi pas peur…heureusement les autres élèves bien synchro se jettent sur lui en même temps…ouf…

 Bilan :  Je déteste réellement la violence. C’est pas pour rien que je n’ai pas voulu aller enseigner à Créteil, bordel de piano à queue !!!! Moi traumatisée pour la suite de la matinée mais moi heureuse d’apprendre que ce jour-là, le gentil élève avait oublié son couteau à la maison !!!

Je pense investir l’année prochaine soit dans une cotte de maille soit dans un gilet pareballes, à savoir lequel est le plus seyant !!

Je serais presque tentée de demander un portique à l’entrée !! Vous pensez peut-être que j’exagère…mais bon, la semaine dernière 2 élèves sont morts, poignardés à coups de ciseaux dans un collège du coin pour une histoire de ballon !!!

Ils me font rire tous les politiques et leurs discours sur l’enseignement, mais mes préférés restent les pseudo pédagogues enfermés dans des bureaux à Paris qui justement soufflent les bêtises de ces discours !

Laissez-nous rêver

L’autre jour, comme tu le sais, lecteur, j’ai réalisé une interview d’Emilie Maume. Elle a dit une chose très intéressante qui m’a inspiré un article, je cite : « Quand on voit que la fille de Villepin est mannequin, lui, il nous dit d’aller bosser dans le bâtiment. Mais n’avons-nous pas le droit de rêver, nous aussi ? ». En effet, aujourd’hui, quand on est au chômage, c’est que c’est de notre faute ! « Du boulot, y en a ! », me dit-on. Ouais mais durant mes longues études, j’ai jamais appris à faire du béton, monter un mur ou faire de la plomberie. Le bâtiment embauche mais bon, foutez-moi sur un chantier et ça risque d’être folklorique. Moi, dans le domaine du bâtiment, je me suis arrêtée au châteaux de sable. Et puis en plus, je les construisais toujours en zone inondable !

 chateau-de-sable

Bref, quand Emilie s’est rendue à l’ANPE, M. le conseiller lui a dit très sérieusement : « vous savez, mademoiselle, ce qui embauche en ce moment, ce sont les Pompes
Funèbres ! ». Alors, là, j’avoue que j’y avais jamais pensé ! Allons, que j’abandonne mes rêves de devenir la nouvelle Françoise Giroud, je deviendrai la nouvelle Clare Fisher (Six feet under, pour ceux qui connaissent pas). Alors voilà, que je mette mes rêves à la poubelle au nom du pragmatisme. Après tout je me plains de pas avoir du boulot mais du travail y en a. Faut juste que j’abandonne la voie que j’ai choisi lors de mon adolescence, que je nie mon parcours scolaire et étudiant, que j’oublie toutes mes expériences professionnelles dans ce domaine et c’est bon, du boulot, j’en aurai. La pente est trop raide, je n’ai qu’à choisir un autre chemin. Ca plairait pas à Raffarin, ça !

 

Alors j’ai qu’à faire serveuse ou secrétaire. Et au passage piquer un job fait par quelqu’un qui a fait des études dans ce domaine. Tant pis pour la petite qui a un BEP
secrétariat, moi, j’ai un bac +5, cocotte ! Et ça, ça me déprime quelque part. Certains boulots sont à tel point déconsidérés qu’on y fout n’importe qui qui a de jolis diplômes, tant pis pour ceux qui ont un diplôme peu considéré dans le secteur. En juin, Gauthier cherchait un petit job d’été dans la téléprospection. Maintenant, pour ce genre d’emploi, faut un bac+3 ou +4. Or, très franchement, faut être motivé pour faire une licence ou un master pour faire téléprospecteur. Je ne méprise pas la téléprospection, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais je ne connais pas une personne qui fait ça par vocation. Et ceux et celles qui ont un BEP, CAP ou BTS, ils n’ont qu’à aller se faire f*****.

 

Des petits boulots, j’en ai déjà fait lors de mes études, comme pas mal d’étudiants. J’ai été guichetière à la Poste, vacataire dans un organisme de crédit, employée à
l’observatoire de la vie étudiante, sans parler des babysitting.  Mais ces petits boulots n’avaient pour but que de gagner quelques sous durant l’été. Mais aujourd’hui, je ne suis plus étudiante, je suis journaliste et je ne vois pas l’intérêt de remplir mon CV avec des métiers n’ayant rien à voir, ni de près ni de loin, avec ma vocation première. Et voilà qu’on en vient à me reprocher de ne pas prendre le premier boulot venu. Mais bon sang, peut-on me reprocher de ne pas vouloir m’éloigner de mon métier de prédilection ? Je ne suis pas rêveuse, j’ai déjà travaillé dans le journalisme et je sais que je suis faite pour ça, je ne demande pas à être Présidente de la République ou chanteuse ultra-célèbre. Mais c’est un métier difficile, les premiers pas sont durs. Dieu merci, mes parents le savent et ne me foutent pas la pression inutilement. Je multiplie les piges bénévoles à droite à gauche car je ne veux surtout pas perdre le rythme. Mais aujourd’hui, on culpabilise les chômeurs, on nous regarde tous avec circonspection, genre « on s’inscrit au chômage pour profiter du système et se la couler douce aux frais de l’Etat ». Non mais laissez-moi rire ! J’écris pour divers webzines de façon bénévole, j’ai travaillé à plein temps pour une asso pendant 5 mois pour 300 euros par mois (enfin, quand je suis payée, ça traîne toujours, cette histoire !). Osera-t-on encore me dire que je me la coule douce ? Alors que je travaille comme n’importe qui pour un salaire de misère ? Non ! Si j’étais feignante, je me ferais pas chier à continuer à écrire bénévolement, faut pas déconner.

 

Moi, j’ai de la chance, mes parents peuvent m’entretenir en attendant que je trouve un boulot. Ceci étant, c’est pas pour autant que c’est la dolce vita. Moi, je veux juste avoir
le droit de faire le métier pour lequel je me suis destinée et dans lequel je m’épanouis. Est-ce un mal ? Peut-on légitimement me reprocher de vouloir réaliser mon rêve, somme toute assez accessible ? Parce que prendre le premier boulot qui passe, c’est risquer de m’enfermer dans une routine et de ne plus chercher ailleurs. Et mine de rien, à l’idée de ne pas être journaliste, ça me donne envie de pleurer.

 

Alors laissez-nous rêver, laissez-nous choisir notre voie sans nous culpabiliser parce qu’on choisit des voies difficiles. Et puis si ces voies sont trop difficiles, que les facs arrêtent de sortir des diplômes dans ces domaines-là… Mais ça, c’est un autre sujet.

Le calvaire de la maîtresse

Bon, je sens de suite que cet article ne va pas plaire et que je vais ramasser quelques pierres dans la gueule mais j’assume cette future lapidation car c’est un sujet que j’ai envie de traiter et je vais que ce que je veux, d’abord, c’est mon blog. Donc aujourd’hui, je vais parler infidélité mais pas « pourquoi, comment ? » mais du « rôle » de la maîtresse.
 

L’autre jour, sur MSN, on en parlait avec Tatiana car on a un sacré don pour craquer sur des mecs maqués (sans le faire exprès, hein !). Si je résume mes 8 premiers mois de 2006, j’ai craqué sur Bastien (scorpion et maqué) puis Alex (scorpion et maqué mais il l’était plus quand il est sorti avec moi, je vous rassure) puis le mec du nouvel Obs (scorpion et maqué, ma vie est un fantastique recommencement). Mais je ne suis pas une joyeuse briseuse de ménage, pas du tout. Il y a des filles (et des mecs) chez qui c’est pathologique de courir après l’homme en couple, sans doute pour se convaincre qu’on est mieux que les autres, qu’aucun mec ne
nous résiste, y compris les non-célibataires.

Mais il arrive que, dans la vie, on croise la route de l’Homme parfait (enfin, du moins, au premier abord, difficile de voir les défauts quand on est éblouie) qui n’a pour seul défaut qu’une greluche ou Poufia (© Tatiana). C’est souvent la même scène : je souris de toutes mes dents, mes yeux étincellent de toutes leur jolies étoiles quand survient la phrase terrible : « ouais et alors ma copine… ». Ah tiens, j’ai l’impression d’avoir perdu toutes les dents dans l’opération… Donc, là, deux choses peuvent se passer : raisonnable, vous faites une croix sur monsieur. Sauf que, 2e chose, raison et amour, ça va pas de pair et vous vous dites « eeeeeeeeet merde ! Mais bon, il va bien finir par la plaquer sa greluche et il sera à moi ». Ok, moi, je choisis souvent, à tort, la 2e attitude. Je me souviens, quand je suis arrivée sur Paris, je craquais totalement sur un mec en couple et j’étais persuadée qu’il allait forcément la plaquer (accessoirement pour moi). Bon, là, ils ont emménagé ensemble cet été, il semblerait que je me sois plantée. Mais bon, c’est de ma faute aussi si y a des nanas qui ont les mêmes goûts que moi et qui sont arrivées en premier ? Non ! Je tiens à souligner quand même que quand je craque sur un mec en couple, je lui manifeste (ou non) mon intérêt mais jamais je ne lui sauterais dessus. Je préfère attendre une hypothétique rupture, c’est mieux pour tout le monde, y compris ma conscience.  

Parfois, Homme Maqué a oublié qu’il était fidèle et là, bingo, on partage de doux moments sensuels et sexuels avec lui. O bonheur et joie, il nous appartient enfin. Ah non, il ne nous appartient qu’à moitié, il y a Poufia aussi (oui, il faut partir du principe que l’Autre est une conne, ça diminue un peu la culpabilité. Et, tant qu’à faire, ne jamais, jamais rien savoir sur elle sinon elle devient une personne réelle et là, on se rend compte qu’elle a l’air potentiellement sympa et bon…). Et en plus, nous ne sommes pas la légitime mais la compagne cachée. Ce qui veut dire qu’on passera toujours en second, même si on a droit des je t’aime soufflés dans l’oreille aux petites heures de l’après-midi (car la nuit, il est avec elle). Parce que, mine de rien, si monsieur ne quitte pas sa moitié dès le début de la relation, il ne faut pas y compter par la suite. J’avais lu sur un forum qu’environ 5% des hommes quittent leur femme pour leur maîtresse, c’est peu. Perso, mais je ne parle pas d’expérience, je pense qu’une fois que la routine s’est installée, dur de convaincre Homme Maqué que trois, c’est pas l’idéal. Et là, c’est le cercle vicieux. Etre maîtresse, ça veut dire ne rien faire avec Homme Maqué en public. Au resto à deux ? Ok, mais à l’intérieur et loin de son quartier et de ceux que fréquentent sa femme. Un week-end ? Non mais tu rêves ! Une folle nuit d’amour ? Avec de la chance, Poufia sera pas là pendant quelques jours et faudra voir. Cet été, j’ai failli occuper le rôle de la maîtresse mais finalement, on s’est arrêtés à des bisous poussés (bon, je me suis quand même retrouvée en string mais y a pas eu de touche pipi) et on avait prévu de passer un week-end ensemble. Bonjour l’organisation : « bon, alors, je préfère que ce soit chez toi parce que si elle trouve tes cheveux, ça va pas le faire. Mais elle risque d’appeler tard et j’ai pas le renvoi d’appel… ». Bon, on a tué le romantisme, là. Mais c’est vrai que la demoiselle était brune avec un carré court et moi, châtain clair aux cheveux longs : elle aurait trouvé un peu de ma chevelure, elle aurait compris de suite que ça ne lui appartenait pas. Et de toute façon, il était hors de question que je fasse quoi que ce soit dans leur lit… Y a vraiment des limites à tout.

Là, j’entends déjà des voix s’élever (même si je ne suis pas Jeanne D’Arc) : « non mais attends, tu étais parfaitement au courant de la situation. Déjà, t’es une salope, tu couches avec le mec d’une autre alors viens pas te plaindre, tu l’as bien cherché ! ». Ouch, dans ma face. La critique est aisée, surtout dans ce cas. Sauf que, depuis que je suis sur Paris, j’ai rencontré plusieurs filles qui se retrouvaient maîtresse et qui n’avaient rien d’une salope briseuse de ménage, mais alors rien du tout. Elles sont juste tombées amoureuses du
mauvais cheval, si j’ose dire, et sont les premières à en souffrir. Parce que, dans l’histoire, on peut faire une liste de coupables : Homme Maqué infidèle, maîtresse garce, à la limite Poufia qui ne sait pas contenter son homme (mais bon, là, on pousse mémé dans les orties). Sauf que si on pouvait choisir de qui on tombe amoureux, ça se saurait. Bien sûr, je ne dis pas que l’infidélité c’est bien (ou mal d’ailleurs) et la première qui s’approche de mon mec, je la décalque. Seulement, avant de condamner, essayons de comprendre, au lieu de juger.