Résolution 385 : équilibrer ma vie

Si je liste tous les moments de ma vie où je prends des résolutions, il y en a au moins 3 : le nouvel an, mon anniversaire et la rentrée. Mais en fait, y en a en moyenne 52, ça s’appelle le dimanche soir, là où je me dis « demain, je reprends ma vie en main ». Ce que je fais très rarement. Pour preuve : avant-hier soir.

Depuis 6 mois maintenant, j’ai changé de boulot et depuis tout ce temps, je cours après le temps et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Le problème de la vie en agence, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer. Il y a des matins, j’arrive, je n’ai pas grand-chose à faire et ça va être comme ça pendant trois jours. Et tout à coup une urgence tombée de nulle part et faut cravacher. Sauf qu’en cas d’urgence, la journée se termine vite à 20h, 20h30. Et encore, je pourrais toujours rester plus tard mais je me force à partir. Mais voilà, force est de constater que quand on part à 20h ou plus tard, la soirée est sérieusement amputée. Le temps de rentrer, de manger… il est 22h. Et des journées de 10, 11h (10h si on enlève la pause déj, en fait), ça vous fatigue une Nina. Non parce que longtemps, j’ai cru que ma moindre endurance venait de mon changement d’âge (29 ans, le seuil de la trentaine) mais non, je suis con,
ça vient du boulot.

Alors non, je ne suis pas là pour jouer les Cosettes et me plaindre, non, non, non. Ce boulot, je le voulais, je l’ai eu et puis si on considère que mon papa, du haut de ses quasi 60 ans, part le matin à 7h30 pour rentrer le soir à 20h ou qu’Anthony fait des gardes de 72h non stop, bon voilà, elle se tait la Calimerotte. Ceci étant, si je sais que je ne suis pas la plus à plaindre, ce n’est pas pour autant que je dois me laisser faire. Parce que le secret d’une vie réussie, c’est l’équilibre, si vous voulez mon avis. Là, c’est pas compliqué, les
soirs où je rentre chez moi tard pour des raisons purement professionnelles, j’ai envie de m’asseoir dans un coin et de pleurer. Pas de tristesse, juste pour me détendre, me soulager, faire de sortir de moi le stress de la meilleure façon qui soit (le premier qui fait une remarque scatologique au sujet de sortir les choses de soi sort). Y a des soirs, je me couche direct, sans passer par la case dîner, ordi, lecture, rien. Je m’allonge « 5 mn », je me réveille vers minuit et n’ayant aucun besoin vital manifeste (comme manger, boire ou se vider mais aux toilettes, là), je reste au lit jusqu’au lendemain matin.

Du coup, j’ai l’impression de ne plus réellement vivre. Oh, j’ai une vie sociale, hein, très active d’ailleurs, mais tous mes projets personnels sont au point mort et ça ne va pas du tout. Parce que je sais que mon taf, là, je compte y rester un long moment mais j’ai du mal avec le concept de stagnation, faut que je progresse ailleurs. Sauf que là, entre le boulot, le sport et la vie sociale, il me reste juste le temps de dormir et d’expliquer aux 10 personnes que je n’ai pas eu le temps de voir que, non, je ne leur fais pas la gueule mais là, c’est juste pas possible.

Seulement, j’ai beau me dire que je vais faire des efforts pour faire des horaires normales, j’ai beau me dire ça tous les jours, m’indigner à grand coup de « non mais ça suffit ! », pas plus tard qu’hier soir, j’ai joué les prolongations jusqu’à 20h. Mais que faire ? Y a des moments, partir tôt, c’est refiler le taf aux collègues qui, eux, partiront plus tard. C’est, en gros, ne pas assumer ses responsabilités.

Mais j’y crois à mes journées de 9h30-19h, j’y crois ! Tout n’est question que de volonté (ou pas)

Elle est dans ton cul la crise

Par Lucas

C’est un peu ce que j’ai envie de dire à chaque fois que j’entends quelqu’un se vautrer allègrement dans ce poncif : « célacriz ».

Purée, mais la crise c’est Wonderwoman : elle supporte à elle seule tous les maux de la Terre. Dès qu’il y a un truc qui ne va pas c’est la fautàlacriz.

Je ne sais pas pour vous mais perso ça m’agace prodigieusement cette facilité et ce fatalisme !

Facilité parce que si on se sortait les doigts du cul, si on allait de l’avant on pourrait trouver des solutions sûrement plus efficaces que les classiques remèdes plus ou moins keynésiens.

Fatalisme parce que la gente del barrio se complait là dedans pour justifier tout et n’importe quoi.

Tu n’trouves pas de boulot ? Ah bah oui mais c’est la crise.
Le cout de la vie augmente ? Ah bah oui mais c’est la…
Les bébés phoques sont tués ? Ah bah oui mais c’est…  

Tiens d’ailleurs c’est étonnant qu’on ait pas dit que c’était la fautalacriz le coup des deux marins qui ont chaviré au Vendée Globe et le motard qui s’est tué au Paris-Dakar-mais-en-fait-cette-année-c’est-en-America-del-Sud-et-s’ils-ont-émigré-c’est-la-faute-aux-terroristes-c’est-pas-la-fautalacriz.

Bon d’accord, je suis un peu mauvais esprit. Mais pour moi c’est aussi un bon prétexte pour évoquer autre chose. J’en ai tellement marre qu’on nous impose des images comme des vérités. Tellement ras le bol de cette lobotomisation. « Le Bac S, c’est le meilleur » ; « Les Allemands sont plus rigoureux que les Français » ; « Le Bourgogne, ca donne mal au crâne ». Entre autres…
La crise, ça fait 3 mois que les média nous la balance à toutes les sauces.
Si on fait le bilan des actions gouvernementales en Europe qui soient des actions non pas réparatrices mais « proactives » (pffff, vocabulaire école de commerce) pour lutter contre cette stagnation et relancer l’activité, eh bah ledit bilan est nul.

Faut arrêter les conneries. Les salaires n’ont pas baissés, le niveau de vie non plus (cf numéro spécial de Capital en fin d’année) mais on a tellement martelé « célacrwahiz » que les ménages sont devenus circonspects donc ont restreint la conso. D’ailleurs, je suis sûr que les média ont un rôle dans le maintien et le renforcement de ladite crise, tout ça parce que ça fait vendre du papier que de mettre ces 5 lettres en gros titre partout…
Mais si on se bougeait tous un peu les fesses, y aurait pas moyen de relancer la machine ?

Rappelez-vous vos cours au collège où on nous a appris le coup des cycles Juglar et Kondratieff (c’était au collège parce qu’après au lycée j’ai fait littéraire et c’est surement pas là que j’ai appris ces trucs là…).
On est en phase descendante depuis quelque temps alors maintenant on se sort les doigts du cul et on va de l’avant pour remonter la pente. Allez, on consomme, on rigole, on s’éclate. On chante tous « We are the Weeeeeeeeeurld »

Et pour se redonner le moral, on fait plein de jeux de mots pourriiiiiiiiiiis comme nous le propose Al Dente La Crise.

T’as Vu la Crise ? Quess qu’elle a grossi !
C’est la Crise sur le Gateau !
Il fait froid, la Crise fait son Show !
Ne Mets Pas tes Doigts Dans la Crise !
La Crise : What Else ?

Tiens, avant que vous ne mettiez vos commentaires pour dire à quel point je suis un gros naïf et que je mérite des claques et bordel Louka laisse nous bader en paix, je vous mets un lien vers une anim que j’avais faite. J’avais honteusement copié la diatribe d’Edward Norton dans « la 25 ème Heure ». Ca s’appelle YANAMAR et c’est sur cette page.

Pour la suite de « Comment j’ai séduit ma Libraire » on va temporiser un peu le temps que Nina me dise si l’histoire vaut la peine d’être publiée.

Courrier des cœurs : réponse à Madinlove

Madinlove nous a soumis une question : Pourquoi les hommes en couple stable (tout va bien et tout est nickel) sont attirés par d’autres femmes?


La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que l’on en pense.

Diane : Bon, je tenterais d’éviter les foudres du MLF en arguant que peut-être, des fois, y’a des épouses qui ne brillent pas par leur spiritualité et leur sensualité animale, mais en revanche j’ai une ou deux petits explications annexes.
1/l’explication neuro-biologique, j’énoncerais tout d’abord une raison, toujours la même, à laquelle on n’échappe pas: LES HORMONES! Un homme est fait de matière grise certes (quoique des fois on se demande), mais surtout de chair de sang et d’hormones. Et surtout, contrairement à nous mesdames qui avons un unique petit ovule à féconder (et qui nous amène à être plus sélectives, à privilégier la qualité à la quantité), ces messieurs ont des milliards de ptis zigouigouis gigoteurs qu’il ont besoin (ou plutot l’instinct) de caser, et comme ils ne peuvent les caser en une seule femme, eh bien pouf, ils vont zigouigouiser ailleurs, ou tout du moins avoir envie de zigouigouiser ailleurs. (car un homme a des instincts certes, mais aussi une raison et un cerveau qui peuvent l’aider à se contrôler: que ces messieurs n’aillent pas voir dans mes propos une magnifique excuse imparable à leurs indifélités)
2/l’explication psychanalytique sommaire
L’être humain est fait pour espérer et désirer, c’est cela qui le fait avancer. Si on est un être parfaitement contenté, on stagne dans sa finitude et on ne fait plus rien. Et il se trouve que on ne peut désirer que ce que l’on n’a pas. Alors oui on peut désirer sa femme gnagnagna, mais le VRAI désir est celui qui aspire à ce qu’on ne possède pas. Messieurs/mesdames en couple depuis qques temps, je le répète, tentez de vous rappeler  votre dernier rêve érotique avec pour partenaire votre conjoint…. vous risquez de chercher longtemps. Bref, si l’homme désire ailleurs, (autant que la femme d’ailleurs), c’est absolument normal, il est configuré pour, et ce n’est pas ça qui va l’empêcher d’aller voir ailleurs,sauf si c’est un abruti primaire qui ne contrôle pas ses pulsions et qui ne sait pas faire la différence entre don juan et la vraie vie. Donc, baver sur la collègue de bureau ou sur le voisin qui joue du saxophone torse nu (non mais franchement, allez résister à un homme qui joue du saxophone… rrrrrouf), c’est normal, mais au final on a une caboche en principe remplie d’une matière bloubloutante qui nous sert à contrôler nos actions.
Et puis de toute façon, dans une énoooorme majorité des cas, le désir, une fois contenté, perd tout son charme.

Jane : Etre attiré par d’autres femmes, c’est à dire? Il faut ici faire la distinction entre regarder et goûter. Regarder, tout le monde le fait, homme ou femme; ce n’est pas parce qu’on est au régime qu’on ne peut pas regarder le menu. Nous sommes humains, donc forcément attirés par… ce qui attire notre oeil. On peut posséder un
Picasso chez soi et toujours aller dans les musées (oui, cette réponse sera pleine de métaphores foireuses, j’assume) Regarder, trouver quelqu’un attirant, c’est donc normal.
Si on parle ensuite de tester la marchandise… C’est une question de volonté, à mon humble avis. Tout comme goûter le dessert de son voisin au restau histoire de voir si c’est bon (oui, je persiste et signe) Il faut à un moment savoir si on peut se contenter de ce qu’on a dans son assiette, avec ses qualités et ses défauts, ou si on préfère essayer une cuisine différente. Avec les risques d’indigestion encourrus quand on enchaîne deux repas (et les interactions parfois désastreuses). Pour finir cette parenthèse gastronomique, je dirai tout simplement ceci: qui a dit que seuls les hommes étaient comme ça?

Lucie : Vaste question. Je ne pense pas que mon taux de testostérone soit assez élevé pour prétendre résoudre cette fascinante énigme qu’est le mââââââle. Enfin, je peux toujours essayer.
Première réponse envisagée (qui je pense peut s’appliquer également aux femmes) : je vais évoquer un élément plus que banal mais qui peut peut-être jouer dans un couple : la routine. Cette insidieuse et perfide petite chose qui fait que l’autre ne nous surprend plus ; que le côté off nous lasse (ben oui, l’exotisme des jambes de yeti ou d’un maillot un peu oublié, bof au bout d’un moment.). Du coup, on se prend à rêver d’exotisme, d’inconnu, de fraîcheur…bref, on aimerait peut-être retrouver les moments simples d’un début de relation, la découverte de l’autre…
Deuxième réponse envisagée (je maîtrise un peu mieux, je l’ai connue) : le cas psychologique du Dom Juan. Cet homme vous aime, vous adore, vous idolâtre mais…ben oui il y a toujours un mais avec lui…il a besoin de se sentir aimé, désirable en permanence. Il va donc séduire à tour de bras juste pour se rassurer. Attention, le Dom Juan ne va pas forcément passer à l’acte et tromper sa dulcinée, il veut simplement tester son potentiel de séduction. Si vous voulez plus de renseignements là-dessus, je vous conseille les rayons psycho et sexologie.
Après le mâle a peut-être d’autre motivation profonde, genre le gène de Cro Magnon qui inconsciemment le pousse à vouloir se reproduire avec le plus de demoiselles possibles (pour sauvegarder l’espèce et disséminer ses gènes pourris) même s’il est follement amoureux de sa dulcinée…Au final, je sais pas trop ce qui peut se passer dans la tête d’un homme. Par contre, je sais que quand je suis en couple et que je vois un superbe mâle passer, je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie de lui sauter dessus voire plus si affinités !

Nina : Alors, ça veut dire quoi attirer? Mater les autres filles en les trouvant jolies. Non mais alors, ça, c’est tout à fait normal. C’est pas parce que nous, on sait mater discrètement qu’on ne le fait pas.
Par contre, si dès que tu sors avec A, tu as envie de B, j’appelle ça le syndrome du  jouet. Mécanisme basique de l’enfant : il veut un jouet, il le veut, le veut, le veut. Mais une fois qu’il l’a, il se rend compte qu’il y a l’autre jouet qui est mieux finalement et se désintéresse de celui qu’il a. On peut aussi envisager que le monsieur n’est pas amoureux de sa madame quoi qu’il en dise mais ça, c’est une autre histoire.

Summer : Pourquoi? à généralité et cliché répondons par généralité et cliché, peut être parce que les hommes sont aveugles et qu’ils ne voient pas ce qu’ils ont sous le nez? Peut être sont ils inconstants? ou tout simplement idiots?

Tatiana : Question intéressante. J’ai déjà eu l’occasion d’y réfléchir pas mal de fois par digression à la question suivante : pourquoi les mecs qui me draguent sont tous casés ?
Déjà je pense que cette question est aussi appliquable aux femmes. N’allons pas jouer les sexistes. Donc je préfère parler des Hommes au sens large et donc des êtres humains. Pour moi la réponse est simple. Premièrement c’est très normal d’être attiré par d’autres personnes parce que si l’on était attiré seulement par une personne ce serait bizarre. Après y a des degrés d’attirance : d’un simple regard à de la drague appuyée pour finir à l’adultère. Deuxièmement, je ne crois pas à l’amour éternel. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse vouloir passer toute notre vie avec une seule personne (à moins de la rencontrer à 70 ans). Il y a forcément un moment où on aura un coup de coeur pour quelqu’un d’autre. Et puis il y a aussi le besoin de voir qu’on plait à d’autres personnes. Ce besoin de séduire et aujourd’hui hyper présent dans la société. Il n’y a qu’a voir combien de personnes draguent au travail, même si c’est de la drague légère histoire d’avoir ce dont on a besoin. Mais toutes ces raisons évoquées ne veulent pas dire qu’on n’aime plus la personne avec qui l’on est.

Bastien : Cette question est aussi pertinente que de demander « Pourquoi l’eau mouille t-elle ? » ou « C’est loin Pékin ? ». Mais il est parfois bon de rappeler certaines choses des plus primaires. Non l’Homme n’est pas fait pour être monogame. Du Moyen Age au XXe siècle l’age moyen du mariage était de….allez, dites un chiffre….27 ans pour les dames et 28 pour les hommes. La nouvelle femme servait a remplacer la mère trop vieille pour s’occuper du foyer. Sachant que la durée de vie était des plus limitée (a 40 ans on était considéré comme un sage pour les cahiers de doléances en 1788) je pense pouvoir affirmer qu’entre la polygamie médiévale et la polygamie contemporaine les choses ont bien changées. D’ailleurs, de quand date la monogamie imposée dans le monde chrétien ? En même temps que la chasteté des prêtres, c’est a dire le XIe siècle avec la reforme grégorienne. Non messieurs (et mesdames) je vous le dit, l’illusion que l’Homme devrait vivre sa vie avec une seule créature de son espèce est un petit reste de doux rêve judéo chrétien, et comme beaucoup de ces restes même les athées y succombent, la force de la tradition me direz vous.
Et puis St Exupery a dit « L’amour commence quand la passion s’arrête » et il est de notoriété plus ou moins publique que c’est la passion qui crée le désir, pas l’amour.
Bref je ne dirais plus qu’une seule chose, ne confondons pas sentiments / sexe / désir.

Lucas : Classique… Une fois les folies de l’état amoureux dissipées on tombe dans l’amour, pur et simple, et on est donc facilement tenté par ce qui nous sort de l’ordinaire. On cherche dans l’autre une petite nouveauté, une raison de s’extasier, un peu de relief dans notre existence. L’intérêt pour l’autre n’est en somme que la preuve évidente de notre incapacité à rendre notre couple épanoui et vivant.
Je n’en dirais pas plus. Je n’ai jamais atteint avec une donzelle une durée telle que je m’intéresse à autrui.

Si t’as des questions love and sex, n’hésite pas à les poster en comm. Surtout si elles sont loufoques parce qu’on n’est pas là pour être sérieux !