Le célibat n’est pas la solitude !

Début juillet, l’énervement m’a assaillie alors que je ne m’y attendais pas. Tout commence un dimanche, je suis tranquillement posée sur le canapé familial en train de tenter de lire « Ulysse » de James Joyce (je capte rien…) quand ma mère m’amène le Nouvel Obs en rigolant « tiens, c’est pour toi ». En couverture « Vivre heureux en solo ». Lors de mon hospitalisation, j’ai donc pris le dit magazine, sachant que ça allait m’agacer. Gagné.

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Je vous la fais brève : être célibataire, c’est cool au départ mais on finit en pleine dépression parce que bon, on n’est pas fait pour vivre seuls, finalement, on se ment à nous même de penser le contraire. Faut dire aussi que le journaliste a une drôle de vision du célibat, je cite : coucher avec qui on veut quand on veut (pardon mais moi, je peux pas coucher quand je veux, en tout cas pas en semaine de 9 à 20h en général. Sauf déjeuner crapuleux, héhé), laisser traîner des chaussettes sales toute une semaine dans la cuisine (mais que font des chaussette, propres ou sales, dans une cuisine ?), manger une tablette de chocolat sans se sentir observé (ma conscience m’observe toujours, elle), ne pas se laver tout un week-end (je connais des gens en couple qui se lavent pas tous les jours pour autant…), mater des séries en mode nuit blanche (ouahou, la vie est si belle quand on est seuls !). Mais ce qui me dérange le plus dans cet article, outre les clichés plus gros que les seins de Nabilla, c’est que l’auteur confond systématiquement célibat et solitude. Ah ? Mr Larousse, quelque chose à dire ?
Célibat : État de quelqu’un en âge de se marier et qui n’est pas marié.
Solitude : État de quelqu’un qui est seul momentanément ou habituellement / État de quelqu’un qui est psychologiquement seul : Solitude morale.

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Ah oui, un célibataire vit souvent seul (allez, je développerai pas les colocations, je suis sympa), on peut dire qu’il est dans un état de solitude d’un point de vue étymologique. Sauf que nous pouvons tous convenir que le terme de solitude est souvent utilisé dans sa deuxième définition. Le mot solitude est rarement utilisé de façon légère, positive. D’ailleurs, le premier synonyme est « isolement ». Ca respire la joie de vivre tout ça. Mais surtout, en tant que célibataire, je ne me sens pas solitaire. J’en viens même parfois à me réjouir de passer une soirée ou un week-end en solo pour m’occuper de quelques projets perso, juste ne pas parler, être tranquille avec moi même. Ce n’est pas de l’isolement, juste une envie d’être peinarde. Célibataire ou en couple, j’ai toujours eu une vie sociale intense, des amitiés très fortes, une famille extrêmement présente. J’évolue le plus souvent dans une bulle d’amour, je me sens si loin de ce portrait de célibataire qui vit en solitude et qui finit toujours par ne plus supporter son état. Je vis seule depuis 15 ans, je n’ai jamais eu envie de m’installer avec quelqu’un, même en ayant été en couple pendant 4 ans et demi. Même s’il vivait quasiment chez moi. Aujourd’hui, j’envisage la vie en couple dans un mix entre vivre ensemble et chacun de son côté. En fait, j’en parlais l’autre jour avec Anaïs, j’imaginais deux appartements jumelés avec une chambre commune mais après, le reste séparé, pour vivre ensemble mais séparément. Enfin, je m’égare un peu.

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Bref, ça me saoule un peu que des gens m’expliquent qu’au fond, le célibat n’est qu’une solitude que je finirai par ne pas supporter et que prétendre l’inverse, c’est mentir. Menti à soi, mentir au monde parce que l’être humain n’est pas fait pour vivre seul, il a besoin des autres. Ok, sans doute, mais le célibataire ne renonce pas à ses liens avec autrui, le célibataire ne s’isole pas. Il n’a juste pas trouvé chaussure à son pied. Mais il fait partie de la société comme n’importe quel citoyen et faudrait voir à arrêter de le psychanalyser pour se concentrer sur l’essentiel : les vrais bons plans pour les solos (et je parle pas des sites de rencontre, tous bien listés puisque tout célibataire cherche l’amour, évidemment).

Résolution 385 : équilibrer ma vie

Si je liste tous les moments de ma vie où je prends des résolutions, il y en a au moins 3 : le nouvel an, mon anniversaire et la rentrée. Mais en fait, y en a en moyenne 52, ça s’appelle le dimanche soir, là où je me dis « demain, je reprends ma vie en main ». Ce que je fais très rarement. Pour preuve : avant-hier soir.

Depuis 6 mois maintenant, j’ai changé de boulot et depuis tout ce temps, je cours après le temps et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Le problème de la vie en agence, c’est qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer. Il y a des matins, j’arrive, je n’ai pas grand-chose à faire et ça va être comme ça pendant trois jours. Et tout à coup une urgence tombée de nulle part et faut cravacher. Sauf qu’en cas d’urgence, la journée se termine vite à 20h, 20h30. Et encore, je pourrais toujours rester plus tard mais je me force à partir. Mais voilà, force est de constater que quand on part à 20h ou plus tard, la soirée est sérieusement amputée. Le temps de rentrer, de manger… il est 22h. Et des journées de 10, 11h (10h si on enlève la pause déj, en fait), ça vous fatigue une Nina. Non parce que longtemps, j’ai cru que ma moindre endurance venait de mon changement d’âge (29 ans, le seuil de la trentaine) mais non, je suis con,
ça vient du boulot.

Alors non, je ne suis pas là pour jouer les Cosettes et me plaindre, non, non, non. Ce boulot, je le voulais, je l’ai eu et puis si on considère que mon papa, du haut de ses quasi 60 ans, part le matin à 7h30 pour rentrer le soir à 20h ou qu’Anthony fait des gardes de 72h non stop, bon voilà, elle se tait la Calimerotte. Ceci étant, si je sais que je ne suis pas la plus à plaindre, ce n’est pas pour autant que je dois me laisser faire. Parce que le secret d’une vie réussie, c’est l’équilibre, si vous voulez mon avis. Là, c’est pas compliqué, les
soirs où je rentre chez moi tard pour des raisons purement professionnelles, j’ai envie de m’asseoir dans un coin et de pleurer. Pas de tristesse, juste pour me détendre, me soulager, faire de sortir de moi le stress de la meilleure façon qui soit (le premier qui fait une remarque scatologique au sujet de sortir les choses de soi sort). Y a des soirs, je me couche direct, sans passer par la case dîner, ordi, lecture, rien. Je m’allonge « 5 mn », je me réveille vers minuit et n’ayant aucun besoin vital manifeste (comme manger, boire ou se vider mais aux toilettes, là), je reste au lit jusqu’au lendemain matin.

Du coup, j’ai l’impression de ne plus réellement vivre. Oh, j’ai une vie sociale, hein, très active d’ailleurs, mais tous mes projets personnels sont au point mort et ça ne va pas du tout. Parce que je sais que mon taf, là, je compte y rester un long moment mais j’ai du mal avec le concept de stagnation, faut que je progresse ailleurs. Sauf que là, entre le boulot, le sport et la vie sociale, il me reste juste le temps de dormir et d’expliquer aux 10 personnes que je n’ai pas eu le temps de voir que, non, je ne leur fais pas la gueule mais là, c’est juste pas possible.

Seulement, j’ai beau me dire que je vais faire des efforts pour faire des horaires normales, j’ai beau me dire ça tous les jours, m’indigner à grand coup de « non mais ça suffit ! », pas plus tard qu’hier soir, j’ai joué les prolongations jusqu’à 20h. Mais que faire ? Y a des moments, partir tôt, c’est refiler le taf aux collègues qui, eux, partiront plus tard. C’est, en gros, ne pas assumer ses responsabilités.

Mais j’y crois à mes journées de 9h30-19h, j’y crois ! Tout n’est question que de volonté (ou pas)