Couple : pauvres victimes de l’amour

Lundi matin, je branche mon Twitter et là, je vois un déferlement de tweets sur… non, pas David Bowie (enfin, si, aussi) “quand tu es en couple, tu renonces à”. Ah oui, le couple, ce grand sacrifice ! Alors nous avons bien sûr quelques jolies réponses amusantes et mignonnes tendance neuneu :

Quand tu es en couple, tu renonces à... hashtag et réponses rigolotes

Mais certaines me mettent légèrement mal à l’aise :

Quand tu es en couple, tu renonces à... les réponses qui font peurAlors révélation : si tu te sens oppressé dans ton couple et que tu renonces à tes libertés, c’est que tu devrais changer de partenaire au plus vite.

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Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter : la passion amoureuse telle que vendue dans les romans et films est nocive 9 fois sur 10. Là, je suis en train de lire After saison 2 (“saison”, ça me donne envie de jeter le truc direct aux ordures, déjà) et je suis littéralement ulcérée de voir qu’Anna Todd nous explique qu’un amour parfait, c’est juste être victime d’un pervers narcissique. Le mec est violent, abusif, il s’impose dans la vie professionnelle de la fille, l’enferme dans un appartement, la coupe de sa famille, de ses amis (enfin, non, elle n’en a pas), lui fait des scènes de jalousie partout, tout le temps, y compris sur son lieu de travail à elle, prend les mêmes cours qu’elle pour la surveiller, lui vole sa voiture pour la réparer. En fait, il était tout le temps là, elle peut pas faire un pas sans qu’il apparaisse et menace de péter la gueule de tous les hommes daignant lui parler. Alors toi, fille, tu dois te casser au plus vite et toi, mec, va te faire soigner. Mais c’est de l’amour tu comprends…

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Non, je comprends pas. Si pour toi, l’amour, c’est passer plus de temps à pleurer qu’à être heureux, c’est que tu as sans doute trop regardé les Feux de l’amour petit en prenant ça pour une vérité absolue. Bien sûr, il faut faire quelques concessions car on se partage l’espace à deux mais si ça vous rend malheureux, c’est que vous n’êtes pas avec la bonne personne. Si je prends ma relation avec Victor, nous n’avons pas forcément les mêmes centres d’intérêt, on s’installe peu à peu dans une routine : moi j’écris pendant qu’il code ou mixe et tout va bien. Je ne lui ai pas demandé de mettre un casque quand il fait sa musique ou je ne le prive pas de jeux vidéos… surtout que bon, depuis qu’on a réactivé ma Nintendo DS, c’est plutôt moi qui abuse un peu. On essaie de trouver notre rythme et notre équilibre alimentaire, on ne renonce à rien. Alors, oui, c’est sûr que je peux pas dormir en travers du lit et je ne peux pas m’improviser chanteuse de comédie musicale en pyjama si l’envie m’en prend mais… d’abord ça doit m’arriver une fois par an. Mais surtout je ne renonce pas à l’essentiel. Je veux sortir avec mes amis ? Ben je le fais et réciproquement. Il veut se faire un Festival à Amsterdam ? Ben va… La confiance étant un pré requis dans notre couple, on peut partir chacun de notre côté sans inquiétude ou jalousie.

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage
Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Alors évidemment, ceux qui ont répondu à ce hashtag ne savent peut-être juste pas ce qu’est un couple et répondent par clichés… et c’est précisément ce qui m’inquiète. On nous vend tellement d’histoire d’amours toxiques que ça en devient presque la norme. On nous fait croire que l’amour, c’est du sacrifice : du plus superficiel (toujours être épilée au poil… je suis une très mauvaise élève) au plus dérangeant (ne jamais refuser les envies sexuelles de son/sa partenaire, se séparer de certain-e-s ami-e-s dérangeant notre moitié). Mais alors expliquez-moi : ça sert à quoi de se mettre en couple si c’est pour souffrir ? Je sais pas vous mais moi, perso, si je dois juste sacrifier ma liberté, mes amis, voire ma famille dans les cas les plus sévères juste parce que c’est ça “l’amour”, mais j’en veux pas ! Je me fais suffisamment chier à sourire et faire des courbettes hypocrites au boulot pour pas m’amuser à faire la même en rentrant à la maison.

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Bref, ton couple est une souffrance : barre-toi. Tu n’as plus le droit de dire ou faire ce que tu veux ? Barre-toi ? Ton mec/ta nana pense que tu dois être comme ci ou comme ça, parler à telle personne et pas à celle là ? Barre-toi. Etre en couple n’est en aucun cas une obligation, on peut très bien vivre seul (si, si) donc réfléchis bien : est-ce que cet “amour” faut vraiment que tu paies le prix fort ? Dédramatisons la rupture : si c’est pour se sentir mieux et plus libre, ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire. Sur soi, sur sa dépendance à l’amour (enfin, l’idée qu’on en a), sur la société qui nous impose à marcher par paire, quitte à tomber sur une personne abusive et toxique. Je pense que pas mal de twittos ayant joué avec ce hashtag devraient sincèrement se poser la question

Enjoy the silence

Savez-vous ce que j’aime dans la plongée ? C’est le silence. Un silence certes relatif avec le bruit du détendeur mais putain, on est si bien loin du brouhaha. Le bruit me saoule, m’agresse. Le bruit virtuel aussi. Dans l’Internet 2.0, toutes les voix ont leur espace pour s’exprimer. Alors on parle, à tort et à travers. Réfléchir, c’est pour les faibles.

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Il y a quelques années, je lisais en ricanant les commentaires des sites d’actualité en étant fascinée par la connerie de la plupart de ceux qui prennent leur clavier pour nous arroser sans pudeur ni pitié de leur mépris pour l’Autre (l’Autre : les homos, les Arabes, les Noirs, les pauvres, les riches, les gauchistes, les droitistes… Les cons, quoi qu’il en soit). Au début, c’est un peu comme les Confessions intimes et consort, ça fait toujours un peu marrer les abrutis qui viennent nous expliquer leur vision de la vie. Sauf que ça finit par agacer et à mettre franchement mal à l’aise. Parce que ça nous met face à une certaine réalité, une réalité que t’as pas trop envie de voir. Celle où la parole s’étale sans le filtre de la réflexion ou de la logique. Ca s’exprime, ça dégueule les mots même (et surtout) quand ça n’a pas lu l’article. Pour dire que ça les intéresse pas, pour dire qu’ils détestent la personne dont parle l’article, pour dire que les médias nous manipulent, les Illuminatis, les Francs-Maçons, les médias de gauche complices, les médias de droite complices… Eux, au moins, ils ne sont pas dupes.

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Parfois, bien sûr, certains commentaires valent vraiment la lecture, ils ajoutent une information, apportent un témoignage, donnent un nouvel éclairage à l’information. Mais pour un commentaire intéressant, combien de litres de merde fétide ? De « moi, moi, mon opinion et vos gueules, j’ai raison, vous avez donc tort, il n’y a pas d’alternative« . Mais la vraie question que je me pose c’est « pourquoi vous parlez ? ». En tant que lectrice et webzines, je ne commente pour ainsi dire plus, essentiellement parce que je n’ai rien d’intéressant à dire. Si un article me touche ou me paraît intéressant, je le partage, je ne poste pas un « c’était très intéressant », je trouve que ça n’apporte pas grand chose. Si j’ai rien à dire, je ne le dis pas, point. Mais manifestement, je suis un cas rare car quand je lis les comms, je hurle.

Macaulay_Culkin

Il y a d’abord les « ce sujet ne m’intéresse pas », « y a plus grave ». Messieurs dames, l’avantage d’un webzine, c’est que, contrairement à leur version papier, il n’y a pas de limite de place. Donc pendant que la rédaction monde va vous pondre un article sur la Syrie (ou pas), la rédaction politique vous parlera de la dernière loi en date, la rédaction économie de la baisse du chômage et la rédaction culture pourra se pencher sur le dernier film à la mode ou sur la fin du phénomène Nabilla. Tant qu’on reste dans les limites du raisonnable et qu’on arrive pas à l’hystérie de remplissage par le vide dont je parlais la semaine dernière, tout va bien. Mais la vraie question est : si ça t’intéresse pas (ce qui est ton droit le plus absolu), pourquoi as-tu perdu une minute de ta vie pour renseigner ton nom, ton mail et écrire un sublime “on s’en fout” ? Re regarde la vidéo de 2 mn pour convaincre qui t’explique que plus y a de comms, plus l’article a des chances d’être bien vu sur Google. Donc ton commentaire inutile pour le quidam moyen le sera par contre pour le journal. En somme, la meilleure façon de montrer qu’on s’en fout pour décourager ce type de sujets, c’est justement de ne poster aucun commentaire.

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Mais surtout, ce qui me paraît plus préoccupant, ce sont tous les dégueulis de haine sans le moindre filtre de réflexion qu’on se mange en permanence, y compris sur des articles qui n’ont rien à voir. Passons encore sur les stériles “Hollande démission” qui semble être “l’argument” ultime de certains droitistes qui le balancent en boucle. Mais là où je commence à avoir de l’urticaire, c’est quand on s’avale tous les « les homosexuels sont des malades », « les Arabes dehors » (ou les Roms, ça marche aussi), je vous sors la version la plus « polie ». A quel moment tu peux sérieusement écrire et poster ça ? Outre le fait que ça ne sert à rien pour le débat mais ça, on n’en est même plus là, je me demande à quel moment tu peux stigmatiser à ce point une population, quelle qu’elle soit, sans réfléchir 30 secondes. C’est quoi un Arabe ? C’est quoi un Rom ? C’est quoi un homo ? Ah oui, oui, on a certes des définitions mais je veux dire, concrètement, est-ce que le fait d’aimer une personne du même sexe que toi fait de toi quelqu’un d’identique à une autre personne aimant une personne du même sexe ? Le fait d’avoir des origines arabes ou roms fait-il forcément d’une personne un délinquant voire un criminel (puisque c’est ce qu’on leur reproche en général)? Les commentateurs te foutent tout le monde dans un même grand sac (poubelle) et hop, virez moi tout ça ! Et ça m’épuise. Vos gueules, par pitié. Si c’est pour taper vos slogans de merde, autant s’abstenir, hein. Toujours dans le négatif, toujours pour gueuler. Les politiques incapables, celui ci qui est con et moche, celle la qui est une vraie pute… Quel formidable crachoir que ces agoras virtuelles où vous vous cachez derrière un écran pour dégueuler votre rejet de l’autre. Pourquoi tant de haine ?

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Les commentaires de journaux en ligne se sont peu à peu transformés en café de commerce version haineuse où l’on énonce l’inaudible en toute impunité. Alors que des lois vous condamnent en cas de racisme ou d’homophobie, là, c’est open bar. Evidemment, on ne peut pas s’amuser à remonter les IP de tous les racistes/homophobes… des internautes qui se défoulent pour leur coller des amendes. Mais de temps en temps, j’avoue que ça me ferait gentiment rigoler et ça permettrait peut-être d’arrêter de polluer les commentaires d’articles où, parfois, sous les tombereaux de merde, se trouve une pépite. Mais perso, j’ai plus envie de chercher.

Le dernier mot sera laissé à Daniel Balavoine qui répondait (très intelligemment) à un raciste en 84-85. Comme quoi, rien ne change.

Mais non, vous n’êtes pas différents

Vu que Tatiana a un peu ouvert le débat hier, je poursuis aujourd’hui avec un article qui me trottait dans la tête depuis trois semaines, à savoir la volonté parfois trop manifeste de montrer à certains que, non, non, nous ne sommes pas homophobes.


Il y a trois semaines, mes parents sont montés sur Paris, on se retrouve donc tous les quatre, les parents, Alice et moi, sans Anthony qui était à la caserne, mon presque-frère Yoann et sa copine à qui j’avais donné un pseudo je crois mais j’ai oublié donc on va l’appeler Blanche. Le samedi soir doivent nous rejoindre Thibault, mon jeune cousin qui vient de s’installer sur Paris et… Théo son mec.  L’homosexualité de mon cousin n’est pas une nouveauté, on le sait depuis qu’il a 15 ans, on connaît tous Théo mais voilà, on sent comme un flottement… Quand la famille Bartoldi arrive au restaurant, en avance, Thibault et Théo ne sont pas là. On va à notre table de 8, une table rectangulaire et là, au lieu de s’installer les  ensemble, mes parents décident de laisser une place vide entre eux et nous pour y placer le couple « pour pas qu’ils se sentent exclus »; Sympa mais j’ai trouvé ça tellement pas naturel de laisser ces deux places en plein milieu que je me suis dit que niveau intégration, on repassera.


Parfois, notre volonté de bien faire amène à une situation grotesque qui peut mettre les gens mal à l’aise. Je me souviens de la fois où j’étais allée prendre un verre entre amis. Dans le lot, mon ex (depuis pas très longtemps) et sa nouvelle copine. Dans une volonté de montrer que je n’étais pas hostile à la nouvelle arrivée, j’en ai fait des caisses, essayant de l’intégrer tant que faire au groupe en lui posant plein de questions… Trèèèèèèèès naturel, tout ça. Pourquoi essaie-t-on de prouver à tout prix notre largeur d’esprit, tenter de
prouver par notre comportement que « mais non, ça ne me gêne pas du tout » alors que notre gentillesse et notre amabilité poussées à l’extrême montre bien que même si ça ne nous gêne pas, on n’est pas super à l’aise, on a peur d’être maladroits.


D’un autre côté, on peut avoir peur de passer pour quelqu’un d’indifférent. Quand j’étais en maîtrise science po, j’avais comme copine Amina, voilée. Bon, sur le coup, j’avais pas super fait gaffe, je croyais que c’était une sorte de turban mais non, Amina était voilée. Et la seule fois où j’ai abordé le sujet avec elle, c’est quand elle a arrêté de le mettre l’année suivant pour se couvrir avec des bandanas. « Tu sais, si je continue de le porter, ça va me freiner dans ma carrière donc je l’ai enlevé ». Des gens m’ont demandé pourquoi je ne lui en avais pas parlé avant mais je n’en voyais pas l’intérêt. Autant lui demander pourquoi elle est musulmane, tiens. Vu que le sujet religion n’est jamais venu sur le tapis, je n’ai pas cherché à savoir.


Des fois, je me dis que le politiquement correct nous bouffe un peu et dicte des comportements que nous ne devrions pas avoir. Si Thibault avec été en couple avec Théa, personne n’aurait eu l’idée de laisser deux places en plein milieu de la table. Parce que tu comprends, on n’est pas homophobes, on veut le leur montrer. Pour moi, ne pas être homophobe, c’est traiter les gens comme n’importe qui, sans commenter leur choix sexuels ni rien. Souvent, on se sent même obligé de préciser « tu vois, Jean-Louis, mon copain pédé… », « et alors Léonard, mon ami juif… ». Si dans certains cas, la précision peut être utile si le fait qu’il soit gay ou juif ait une incidence, la plupart du temps, on a l’impression que c’est une façon pas du tout subtile de faire remarquer que hé! je suis super tolérant. Hé, tu ne trouves pas bizarre de préciser que t’as des amis juifs ou gays alors que ça n’a aucun rapport avec la
conversation ? Parce que moi, si.


Au fond, je me dis que le jour où le fait qu’on soit homo, hétéro, athée, chrétien, musulman, gros, maigre, noir, blanc… Bref que toutes ces données n’auront aucune espèce d’importance, ce jour là, la guerre contre toute forme de discrimination sera gagnée. Mais sincèrement, je n’y crois pas une seconde. Sans doute car nous sommes trop habitués à cataloguer les gens, à les faire rentrer dans des cases. On est définis par notre sexualité, religion, couleur de peau, de cheveux, silhouette, profession, niveau d’étude, logement, nombre d’enfants… Mais si déjà, on pouvait éviter de commenter ces états de fait, ce serait peut-être un petit plus.

NB : J’adore la pub ci dessus.

L’instinct de l’art

L’art, vaste sujet s’il en est. Tout être humain, quelle que soit sa culture, son vécu a une sensibilité à l’art, dans le sens large du terme. Evidemment, on a tous des préférences : je suis plus musique que cinéma, j’aime la photo, la peinture de la Renaissance italienne, la littérature mais pas tout… Bref, en matière d’art, aucune œuvre ne fait l’unanimité, on aime ou pas, on peut expliquer nos goûts et dégoûts si on nous demande (quoi que…). Parce qu’au fond, l’appréciation de l’art reste instinctive, du moins pour moi.

Le cas le plus flagrant de mon instinct en matière d’art concerne l’art contemporain (vaste mot pour désigner des choses très très différentes, je sais). Je n’ai jamais fait d’histoire de l’art, j’ai quelques connaissances mais elles ne sont pas pointues. Du coup, quand je vois une œuvre abstraite, elle me parle ou pas. Quand je vais à une expo, je préfère ne pas connaître d’abord la démarche de l’artiste pour ne pas me laisser polluer. Je sais, ça paraît un peu illogique : comment peut-on apprécier une œuvre si on ne connaît pas le processus qui l’a fait naître ? Mais moi, j’aime d’abord voir, me faire un avis instinctif et apprendre après le pourquoi du comment. Je ne suis pas une technicienne de l’art, je ne suis pas émue devant un Dali parce que de prime abord, ça ne me parle pas. Ses œuvres ne me laissent pas indifférente puisque quand je les vois, je ne me sens pas très à l’aise, c’est dérangeant et là, on peut au moins dire que l’artiste a déclenché une émotion. Mais me taper un musée Dali, je suis pas sûre. Alors dire qu’on n’aime pas Dali, c’est un peu un sacrilège mais c’est instinctif. De la
même façon, j’en ai parlé à Summer l’autre jour qui m’expliquait que petite, elle était allée voir une expo Van Gogh qu’elle avait détesté. Et c’est vrai que Van Gogh, ça fout vraiment mal à
l’aise à regarder.

Alors évidemment, si je dis que j’aime pas Dali et qu’on me traite d’inculte, honnêtement, oui. J’ai vraiment un fond minuscule de connaissances sur le sujet mais je pourrais pas soutenir une vraie conversation sur le sujet. Mais on aura beau m’expliquer sa technique, sa démarche, la symbolique d’un des tableaux, ça ne changera rien au fait qu’instinctivement, je n’aime pas. Je parle peinture mais ça marche pour tout. La musique par exemple. Quand j’achète un CD, je l’écoute d’une traite : si aucun titre n’accroche mon oreille c’est mauvais, mauvais signe. Comme je suis magnanime, je refais une écoute mais pas de doute : mauvais album. Et parfois, une écoute et je suis bouleversée, poils qui se hérissent, émotion. Récemment, j’ai écouté Erika Janunger et là, énorme coup de foudre. Bien sûr, je change d’avis parfois, une chanson que j’aimais pas de prime abord et à force de l’entendre, je finis par bien l’aimer mais je ne l’adorerai jamais, ça, c’est certain.

Allons plus loin. Parfois, la connaissance « scientifique » d’une œuvre artistique peut gâcher le plaisir. Quand on regarde/écoute une œuvre en étant attentif à la technique, en la replaçant dans la vie de l’artiste, on s’attache parfois trop aux détails et pas assez l’œuvre en elle-même. Les détails ont leur valeur, oui, mais ils sont à étudier dans un second temps. Par exemple, quand je regarde un De Vinci, je prends d’abord connaissance du tableau en entier avant de chercher le détail, le sfumato… Tout comme un morceau de musique, je l’écoute d’abord avant d’être plus sensible à la rythmique, au travail de tel ou tel instrument, la production… C’est comme la cuisine. Quand je mange un plat, je me régale (ou pas), je m’amuse pas à deviner quelles sont les épices dans la sauce et en déterminer la proportion de chaque. Si je trouve ça trop délicieux, je demande la recette. Sinon tant pis, je cuisine jamais de toute façon. Bon, évidemment, des fois, connaître la vie de l’auteur permet de donner un éclairage encore plus intéressant sur sa vie comme là, je lis un livre sur l’enfance de Moravia, un livre-entretien qu’il a eu avec sa deuxième épouse, Dacia Maraini. Ben je le trouve encore plus fascinant. Non pas qu’il ait eu une vie fascinante mais juste que ça le rend encore plus humain. Mais en lisant ses romans (j’en ai encore en attente, héhé), je n’y penserai peut-être pas.

L’Expresso et le Stratège

Comme Gauthier me l’a gentiment rappelé l’autre jour je suis le seul mec hétéro de la bande. Merci Gauthier, j’ai pas du tout la pression : c’est pas comme si j’étais dépositaire d’une missssion ; celle de parler au nom des garçons qui aiment les filles et donner ainsi une réponse à Nina & ses Glamour Girls sur bien des sujets. Tout ça pour les millions de lecteurs quotidiens qui sont heureux de trouver en moi une voix masculine, un héraut qui les comprend. Vas y paye ta mission, Lucas.

Il y a deux semaines, je suis allé prendre un pot avec Marianne, une copine. Enfin non, à l’époque ce n’était pas vraiment une copine. Une fille de l’école, une nana que je connaissais un peu avant qu’elle ne devienne proche de Dora, une amie. Quelques jours avant d’aller prendre ce fameux pot on s’était revu tous les trois. Déjeuner, discussion, rigolade. Bref, MSN aidant, ça a abouti quelques jours plus tard à cette fin d’après midi avec Marianne.

Bien sûr, nombre d’entre vous se disent déjà. Lucas, on t’as vu venir avec tes gros sabots, alors accouche, bordel : tu te l’aies faite ou pas ?

Vous êtes d’une vulgarité à peine croyable.

Et d’abord je n’y suis pas allé pour ça.

(je vous laisse me huer 5 minutes, je vais me faire un pastis : n’oubliez pas de me raconter l’histoire de la marmotte et du chocolat papier alu à mon retour)

Le Vingtenaire boit, le car à vannes passe.

Je disais donc : je n’y suis pas allé pour ça.

Marianne et moi avons dégusté nos verres tranquillou avant de se quitter gentiment et il ne s’est rien passé. Je veux dire par là qu’il ne s’est rien passé après le pot mais surtout, et c’est là le plus important, qu’il ne s’est rien passé pendant. Pas de cœur qui s’emballe à l’arrivée de l’autre. Pas de jeux de regards, de pieds qui se frôlent, de palpitations, de blancs dans la conversation. Nous avons partagé des émotions, des idées, des visions. Pour ma part, il n’y avait aucune nervosité contenue, aucune angoisse de plaire, aucune tentative de chercher des signes, des messages dans les non-dits ou les sourires… Bref, vous savez… Toutes ces petites attitudes, qui apparaissent avec plus ou moins de force selon qu’on est très intéressé ou non, selon qu’on est habile ou pas, timide ou Don Juan. Séduire Marianne ou chercher à mieux la comprendre n’étaient tout simplement pas l’objet de
ce café. Pas même une étape voulue d’un processus réfléchi et visant à…

 S’il ne s’est rien passé de sensuel ou de joueur pendant ce rendez vous c’est bien parce que j’y suis allé sans me poser de questions sur une éventuelle suite amoureuse ou crapuleuse avec Marianne. Bien sur, il serait malhonnête de dire que la demoiselle m’a laissé dans le même état d’indifférence qu’en arrivant. Mais je n’ai fait ce constat que quelques jours plus tard. C’est bien pour ça que je vous raconte tout ça. Toute nana qui accepte un café avec un relatif inconnu doit-elle nécessairement se faire des idées quant aux objectifs du bonhomme? Ya t-il un déterminisme du café !? Un mec avec des corps caverneux en bon état doit-il nécessairement basculer vers « autre chose » après avoir passé quelques heures en compagnie d’une nana jolie et futée ? Hum, autant de questions qui appellent des réponses… « Ohééééééé, les réponses ! »

Pour un petit tour, au petit jour…

Lorsque je suis allé à mon premier rendez vous avec Nina, je n’ai eu aucune velléité de la prendre nue sur la première Simca 1000 venue. Même après deux heures en sa plantureuse compagnie, je n’avais pas envie d’aller plus loin. Parce qu’à force de lire la vie de Nina, de partager sa vie sexuelle, ses errances, ses angoisses, elle est devenue toute à la fois une copine, une petite sœur, un personnage proche. Aller boire un café avec Nina c’était comme aller boire un pot avec mon amie Ilem. Aucune ambiguïté dans mon esprit.

Il est donc un palier à partir duquel toute la concupiscence du monde perd son combat et où les partisans du « un mec hetero et une femme ne peuvent pas être amis » se ramassent violement la gueule. Doit-on pour autant en déduire que cette situation vient nécessairement après une déception, un refus ou un temps d’accoutumance à l’autre? En l’occurrence avec Marianne, on n’avait pas vraiment atteint un stade d’amitié tel que je refuse toute idée d’aller plus loin avec elle. Pour autant, comme je l’ai déjà dit, à posteriori, je me suis rendu compte que je me sentais beaucoup plus attiré par elle. Faut-il en déduire qu’il n’y a pas de vérité en la matière ?

Comme tout mec normal, j’ai eu une masse de rendez-vous dans ma petite vie. Certains se finissaient par un smack, d’autres par des discussions gênées pour s’extirper d’un « je préfère qu’on reste amis« , d’autres encore par un non-dit dont le sens était clair.

Pour autant je n’ai pas le sentiment d’avoir été toujours naturel à 100% en ces moments là. Il y avait toujours des mots calculés, des gestuelles, des trucs… Et même en ayant cru être naturel peut-être implicitement ne l’étais-je pas…

J’ai surtout le souvenir d’un rendez vous avec Alienor, il y a 6 mois ; un rendez-vous où je n’étais pas à l’aise. Franchement, j’ai envie de croire que ce n’était pas un épiphénomène, j’ai envie de croire que nombreux sont les mecs qui n’arrivent pas vraiment à ETRE eux même dans ces moments là. Quelle que soit la finalité, court terme ou long terme, câlin ou sexe, affection d’une nuit ou ébauche d’une vie à deux, nous les mecs nous sommes partagés entre deux précipices.

– Soit on va trop vite et en tombant sur une timorée/pas joueuse/indécise on se prend une fin de non recevoir.

– Soit on tarde trop, on délaye et on saute la barrière affreuse qui nous fait passer du statut d’amant potentiel à celui d’ami proche. (A posteriori, on se dit que c’est très bien comme ça mais sur le coup c’est la MEGA lose).

« La Belle au Bois Dormant a rompu les négociations
Unilatéralement le prince entame des protestations… »

En somme, toute la question est de réussir à être suffisamment sensible pour savoir d’une part si « on a une chance » et d’autre part, si chance il y a, « quand essayer de la saisir ». C’est une question de timing… Perso, je ne suis pas omniscient et même en tournant à fond le bouton sensibilité j’ai parfois bien du mal à interpréter les signes de ces demoiselles, bien du mal à savoir s’il faut plutôt la jouer rentre dedans ou Beau Prince Charmant.

Mais rien que le fait d’en arriver à ce genre de constat, d’en arriver à une quasi stratégie, ça me donne envie de me taper la tête contre un mur en chuchotant « Lucas, t’es teubé ».

En effet,

Il y a 6 mois après m’être pris un zéphyr de la part d’Alienor, j’ai décidé d’arrêter de me prendre la tête ; de la jouer plus nature, de me poser moins de questions ! Attention, hein, j’ai pas dit que la fatalité a bon dos, style « Advienne que pourra« . Simplement il y a 4 milliards de nanas sur Terre et
quand on croit comme moi que le concept de « femme d’une vie » est une vaste blague, on peut en déduire que les occasions manquées ne sont pas si graves de conséquence ! (pour peu qu’on ne
soit pas tombé amoureux, certes,car dans ce cas là, tourner la page prend un peu de temps…)

Toujours est-il que j’aimerais bien avoir vos avis les gens. Hetero, homo, peu importe : ce qui compte c’est votre rapport à l’autre dans ces moments là… Attention hein, je ne vous parle pas de choppe en boite ou en soirée avec 4 grammes dans chaque bras, tout désinhibé. Je vous parle de ces moments à deux, au resto, dans un café, peu importe… Ceux qui ont vu Mensonges et Trahisons avec la scène du resto entre Edouard Baer et Marie-Josée Croze me comprendront…

J’attend donc vos comm : Est ce que j’ai longtemps été un gros psychopathe ou bien y a-t-il des gens un peu comme moi ?! Les filles, si vous avez des plans lose de prétendants à raconter n’hésitez pas !!

Les au revoirs

Il y a un moment particulier que je déteste dans toute relation amoureuse : le moment où l’on doit se séparer. Je parle pas de rupture, non, mais bien du moment où chacun doit vaquer à ses occupations de son côté. Y a pas à dire, ça me fout franchement mal à l’aise.

 

De façon générale, je suis pas douée pour les aux revoirs. En gros, je ne sais jamais quand il faut quitter une personne. Si on part trop tôt, on passe pour une personne limite malpolie qui ne fait aucun effort pour cacher son ennui. Si on part trop tard, on passe pour le squatteur de service qui veut pas se retrouver tout seul chez lui. Heureusement, dans les grandes villes où je n’ai pas de voiture, les transports en commun imposent leurs horaires. Oui, je vous aime mais je préfère rentrer en métro qu’en taxi, on se revoit plus tard !

En amour (avec un petit ou un grand a), c’est encore pire, du moins à mes yeux. Je me souviens quand je sortais avec Arnaud, qui se levait à 6h du matin pour rentrer chez lui se doucher et se changer avant de partir au boulot. 6h, réveil sonne, 6h10, il est temps de se dire au revoir (oui, c’était un rapide mais pas dans tous les domaines, heureusement pour moi). Moi, totalement dans le pâté, je me forçais à me réveiller pour lui donner un baiser de départ mais je me demandais si j’étais pas trop froide. Pareil quand Alex est venu vivre quelques jours chez moi. Là, la situation était inversée puisque c’est moi qui partais travailler alors qu’il restait à la maison (quel couple moderne !). Donc je m’extirpais péniblement du lit, allais me préparer puis juste avant de partir, je le couvrais de baisers histoire de lui faire comprendre que je le quittais à regret mais pas trop quand même pour pas passer pour une folle hystérique.
Mais bon, j’avoue que j’aime pas quitter mon chéri (même si je ne supporterais pas de vivre 24h/24 avec sans rapidement péter les plombs, une de mes nombreuses contradictions). Je me souviens avec Guillaume, on se séparait de moins en moins vu qu’on vivait quasiment ensemble sur la fin mais c’était très ritualisé : trois baisers parce que « jamais deux sans trois » (oui, je sais mais quand on est amoureux, on peut parfois être très con). Par contre, le matin, monsieur se réveillait pas. Je me levais, je partais dans la salle de bain me préparer, je déjeunais, il dormait du sommeil du juste. Mais du coup, au moment de partir, dilemme : je le réveille pour lui dire au revoir ou je le laisse dormir ? Bon, je le réveillais car je trouvais ça triste de partir sans lui faire un bisou même si je revenais le midi.

Autre au revoir que je déteste viscéralement : ceux sur le quai de la gare. Comme tu le sais, lecteur, je suis un peu la pro des relations à distance donc les adieux sur le quai d’une gare, je connais. Avec Guillaume 2, je me souviens, on restait ensemble jusqu’à ce que le train parte. Sauf qu’entre la fermeture des portes et le départ effectif du train, il se passe une ou deux minutes pendant lesquelles on se sent très con. Je restais plantée sur mon quai à rien faire, n’osant me tirer pour pas passer pour la nana qui n’en a rien à foutre. Avec Pierre le pervers et Alex, récemment, ce fut différent. En gros « pars, ça sert à rien d’attendre que le train s’en aille et même, j’aime pas ça. »Donc après un ultime baiser, je me retrouve seule et j’hésite : je pars vraiment ou pas ? Bah, s’il me l’a demandé…

C’est sans doute un peu bizarre que je me pose des questions à ce sujet. Comme dirait le charmant jeune homme avec qui j’ai passé mon dimanche après-midi, c’est une question de convention. C’est vrai que, perso, quand je quitte mon chéri, j’ai tendance à l’embrasser comme une folle histoire de « faire le plein », si j’ose dire, histoire de pouvoir passer la journée sans être en manque. Mais voilà, cette avalanche de baisers n’est-elle pas « excessive » ? Pourtant, c’est amusant, je ne suis pas forcément très attentive à la façon dont
les mecs me disent au revoir. Je comprends pas pourquoi ce moment me fout à ce point mal à l’aise. Le « pire », je crois, c’était avec Guillaume III. On passe notre dernière soirée ensemble, je peux pas rester dormir donc je dois rentrer chez mes parents mais j’ose pas trop partir, je veux pas passer pour une sauvage (surtout qu’on passait une super soirée et que j’avais pas forcément envie de partir). Disons que je ne veux surtout pas envoyer le message « bon ben merci pour toutes ces brouettes, c’était sympa, rappelons-nous à l’occasion » parce que c’était pas ça.

 Bref, en fait, j’ai peur d’envoyer un message incontrôlé soit un « en fait, tu me fais chier, casse toi » ou un « je t’aiiiiiiiiiiime, marions-nous et ne nous

séparons plus jamais ». Psychopathe, moi ? Non, si peu !

Un ex qu’’il est bien

Bon, aujourd’hui, c’est le 12 septembre et vous allez me dire que vous avez pas besoin de moi pour savoir ça et que cet article ne s’annonce pas des plus passionnants… Mais rassure-toi, lecteur, ce blog ne va pas parler calendrier, nan nan. En ce jour du 12 septembre, mon ex, Guillaume 1er, a 30 ans et j’en profite pour parler de lui, ce que je n’ai jamais vraiment fait jusqu’à présent.


Tout commence en janvier 2000, le 25, je crois (un lundi, ça, c’est sûr). Ce jour-là, nous étions au resto U avec Gauthier, Sylvia et d’autres copines. Alors que nous déjeunions de façon fort peu discrète (comme d’hab, quoi), un jeune homme s’approche de moi et me demande si je peux lui prêter un jeu de cartes, ce que je fais. Ouais, faut savoir qu’entre midi et deux, on jouait à la belote en hurlant donc on nous repérait facilement. A deux heures, on se retrouve à 4, Sylvia, Gauthier, Lulu et moi pour réviser. Au bout de deux heures, on en a marre mais Gaugau peut pas jouer car il a un devoir à finir à tout prix donc on se retourne vers le gars derrière, celui qui m’a emprunté le jeu et on l’embarque dans une belote. Bon, vous l’avez compris, c’est Guillaume. Le lendemain, on se retrouve au même endroit, on joue à nouveau ensemble et je traîne un peu avec lui et un couple de ses amis pour continuer à jouer. Bref, on s’entend très bien, Guillaume passe tout son temps avec nous.

 

Le week-end passe, je mélange ma langue en boîte avec un gars qui s’appelait Pierre (oui, je tombais toujours sur des Pierre à l’époque), un gars de deux bon mètres de haut. On se décolle pas de la soirée, on se fait même applaudir par des gens quand on finit par se descotcher mais une fois que je quitte la boîte, c’est terminé, c’était juste comme ça. Le lundi, j’arrive à la fac, je retrouve Guillaume, un autre Guillaume (comme dirait Mister Big, les Guillaume, on soulève un caillou, on en trouve un) et Gaugau et mon cher meilleur ami avait déjà narré mes exploits, j’étais un poil mal à l’aise. Journée à jouer, Guillaume se rapproche un peu. Il me fait un bisou sur la joue pendant une partie puis il m’offre une cerise confite. Alors je déteste ça, les cerises confites, mais j’ai pas osé dire non de peur que ce soit pris pour un non global… Oui bon, ça va, j’avais 19 ans ! Le soir, Sylvia m’appelle et me fait comprendre que Guillaume m’aime très beaucoup « Non mais attends, il connaît la moitié des gens du resto U et il passe ses journées avec nous, ça t’interpelle pas ? » Heu… Le mardi, les choses se précisent (bon, je vous la fais courte) et bon, il est clair que dès qu’on se retrouve tous seuls, ça va le faire. Gauthier m’appelle le soir « Ben il a l’air de bien t’apprécier Guillaume ! » « Ben oui, on va sortir ensemble ! » « Ah ?? ».

 

Le mercredi, jour J, le 2 février, donc. J’arrive au resto U à midi et demi (ben ouais, j’avais cours), on n’a jamais été aussi nombreux autour de la table : 17 ! A peu près autant autour de celle de Guillaume, on n’y arrivera jamais. A 14h, ça se vide pas mal et enfin, à 16h, tout le monde se casse en cours, on commence à papoter en tête à tête quand tout le monde revient « ouais, le cours est annulé ! ». Putain, c’est pas vrai ! Bon, du coup, tout le monde s’en va, on se retrouve à trois dans le métro : Guillaume, une autre fille et moi. L’autre fille ne semble pas motivée pour rentrer chez elle « Ohlala, j’irais bien boire un verre, vous vous arrêtez où ? » Je lui réponds donc St Cyprien et Guillaume en fait autant. Je jubile car c’est pas du tout son arrêt en vrai. On parcourt le chemin qui me sépare de mon domicile en déclinant le thème : « c’est hard de se retrouver tous seuls ! ». On arrive chez moi, on s’asseoit sur le canapé, on papote quelques minutes… et blanc. Là, on explose de rire et on finit (enfin !) par s’embrasser. Et forcément, deux adultes se retrouvant seuls dans un appartement, ça dérape.

 

Et c’est parti pour quatre ans et demi avec des hauts et des bas mais globalement, une relation très facile à gérer puisqu’on ne s’est jamais vraiment engueulés. Le ton est monté parfois mais ça n’a jamais vraiment éclaté car Guillaume me maîtrisait parfaitement : dès que je m’énervais, il me laissait faire jusqu’à ce que je me calme, sans refoutre de l’huile sur le feu. Seule crise majeure : au bout de 6 mois, je le sens sec au téléphone, agacé et je le sens pas, je finis par me dire que quelque chose ne va pas et je me décide à le quitter. Mais en fait, un soir, il m’appelle, on devait sortir et il renonce à la sortie pour cause de migraine. Je lui demande ce qui va pas car c’était le gars à faire des migraines pour cause de tracas et là, il m’explique : « Ben, en fait, je me pose des questions. Tu comprends, je t’ai toujours pas dit je t’aime.

– Quoi, c’est tout ?
– …

– Enfin, tu n’es pas un garçon spontané, je m’attends pas à ce que tu me le dises et je me pose pas de questions du tout sur le sujet. »

Du coup, tout est allé mieux entre nous. Il m’a déclaré sa flamme le 2 février 2001, pour notre premier anniversaire et je me suis mise à pleurer au restaurant tellement j’étais émue. En 26 ans, c’est le seul à m’avoir fait pleurer de joie, comme ça.

 

En quatre ans et demi, nous ne nous sommes pas installés ensemble mais pendant les deux dernières années, c’était tout comme, on passait toutes nos semaines ensemble, chez moi. La journée à la fac à bosser à la BU (ou au RU), le soir à la maison. Une cohabitation dans un 28 m², c’est pas évident mais on y est arrivé sans soucis, finalement. On passait même quasi un week-end sur deux ensemble. On avait même choisi le prénom de notre future fille mais pas mieux car pour les garçons, on était pas d’accord, grand sujet de chamaillerie, d’ailleurs. Il voulait même qu’on se fiance au bout de deux ans mais j’ai refusé car il voulait des fiançailles « longues », genre on se fiance maintenant et on se marie d’ici 5 ans et j’ai pas vu l’intérêt.

 

A la fin, les liens se sont distendus tous seuls, on dormait ensemble sans plus se toucher, il avait sa vie et moi la mienne, on avait plus grand-chose en commun. Un jour, j’ai littéralement pété les plombs au téléphone et j’ai provoqué la rupture, ça n’allait plus du tout et on se voilait la face à continuer. On avait eu une grave crise lors des vacances d’avril, j’ai passé 5 jours à faire la gueule car il avait préféré passer le jour de mon annif avec ses amis plutôt qu’avec ma famille et moi, j’ai pleuré comme jamais dans sa voiture quand on allait voir ses grands-parents car il m’avait dit qu’il doutait. C’est pas que c’était une révélation, je le savais, mais tant que je l’avais pas entendu… Donc le jour de la rupture, j’ai pété les plombs au téléphone, il est venu à la maison pour une rupture en face à face, on a pleuré dans les bras l’un de l’autre pendant une bonne demi-heure. On a décidé de ne pas se voir pendant au moins quinze jours, histoire de digérer la rupture et de pas se parler, on a tout de même échangé quelques mails, il voulait savoir comment s’étaient terminés mes partiels. J’avoue voir beaucoup pleuré, ma mère m’a gavée de médocs pour dormir. Mélangés à mes médicaments anti-allergiques, ça, pour dormir, j’ai dormi… J’ai passé beaucoup de temps avec Anne et Lucie. J’étais dans un état second mais c’était la meilleure décision à prendre et comme toujours dans ce cas, j’ai trouvé une énergie nouvelle pour me lancer dans de nouveaux projets (en l’occurrence, un stage en journalisme pour l’été). On s’est revus un mois plus tard, j’étais un peu tendue sur le coup mais comme pour le reste, c’est passé comme une lettre à la Poste.

 

Deux mois plus tard, il est sorti avec une autre fille, il me l’a dit qu’après la rupture, de peur de me blesser mais j’avais deviné (oui, quand on le connaît, il était plus que flag’ !) et c’est là que j’ai compris que c’était bel et bien terminé puisque ça ne m’a pas fait mal. Il m’en a parlé plus tard, quand la demoiselle l’a quitté. Il s’est alors rendu compte que j’avais été très patiente avec lui (moi, oui, oui !), il m’en a remercié.

 

Depuis, on est toujours amis, on s’est parlé l’autre jour sur MSN, il m’a dit que si un mec m’emmerdait, il monterait lui casser la figure. Bon, c’est carrément pas vrai car il est pas du tout belliqueux et en plus, pour le faire quitter Toulouse, faut se lever tôt mais ça m’a fait sourire. Ce qui est marrant, c’est qu’il est sorti avec une Juliette juste après moi, tout comme Guillaume 2 et, de mon côté, je suis sortie avec un Alex quelques temps après lui, tout comme la fille dont il est amoureux depuis notre rupture (mais avec qui il n’est jamais sorti car elle vit au Québec, très compliqué). Quand on connaît le vrai prénom d’Alex, prénom pas si courant, ça laisse songeur. Bref, comme je lui ai dit l’autre jour sur MSN : « Des fois, je me dis qu’heureusement que je suis sortie avec toi, tu me réconcilies avec la gent masculine ! ». Bon, ben, je l’ai fait limite pleurer. Mais c’est vrai que de toutes mes histoires, c’est celle là la plus belle et de très loin. Rien que d’y penser, ça me donne envie de revivre une histoire longue durée…

 
Joyeux anniversaire Guillaume !

Un relou de première catégorie

Par Manue

« Je pars avec une bande de copains pas vraiment proches, dans une baraque de ouf, près d’Hendaye. Je suis une des seules filles et très vite, je repère un petit gars, bien sympathique, Nicolas. Comme le courant passe bien, je me dis, passe à l’attaque cocotte, c’est le bon plan de l’été ! C’était sans compter sur le Jean-Claude Dusse de la bande alias Gaspard, un pauvre type en plein paradoxe : il se présente comme un loser mais refuse qu’on le perçoive comme tel. Pour te faire une description rapide, il n’est pas canon de chez pas canon et oscille entre un manque de confiance en soi pathologique et une suffisance hors pair. Comme il travaille pour un magazine connu, il se la pète méchamment et il est persuadé que c’est sa meilleure arme pour faire tomber les culottes ! (il est vrai que cela suffit à beaucoup de nanas). Ceci dit, il n’est pas idiot du tout, et étonnement il se serre pas mal de meufs en utilisant des techniques pas toujours très classes.

Visiblement J.C. m’a repérée et il commence « soft » : guili-guili sur la chaise longue, lutte provoquée dans la piscine. Je déteste ces situations car ce n’est pas assez explicite pour dire « bas les pattes » mais ça l’est trop pour ne pas me mettre mal à l’aise.

Je l’évite et tâche de lui faire comprendre en douceur que c’est mort. Arrive un soir ou Binta, un fille de la bande très cash et qui avait repéré le petit manège, lui demande devant la troupe au complet : « Alors, elle te plait Manue ? ». Il répond, l’air au bout du rouleau « ouais, mais je sais que c’est pas possible… ». Binta ne lâche pas l’affaire et me coince avec ses « fat questions » : « et toi, Gaspard, il ne t’intéresse pas ? »

J’ai failli perdre le face mais je me suis raccrochée aux branches en disant (ce qui était vrai par ailleurs) que je flirtais avec mon ex réapparu soudainement dans ma vie (NB : ici une illustration parfaite de la théorie du retour de l’ex) et que je me sentais assez amoureuse. Ca m’a un peu vénère car du coup, je me grillais face à Nicolas, ma target initiale.

Là, je me dis, les choses sont claires, je vais pouvoir respirer. Pourtant J.C. continue de me faire des allusions cheums, de m’effleurer, de me demander des massages. On revient de la plage après une nuit blanche ; les uns et les autres vont progressivement se coucher mais il faut que quelqu’un reste éveillé pour accueillir un technicien EDF. Je me propose avec Simon. Gaspard tombe de fatigue mais refuse d’aller se coucher et il continue de me titiller. Finalement ses potes insistent pour qu’il file mais je sens qu’un sale truc se trame. Alors que je suis dans la cuisine, Simon me dit (je dormais avec lui pendant le séjour) : « tu veux que je lui laisse la place ? » J’ai cru halluciner. En discutant avec lui, j’ai réalisé que J.C. avait monté un bateau à ses potes, du style : « Manue est folle de mon corps mais elle n’ose pas l’avouer, ce soir Simon, tu me laisses ton lit, elle n’attends que ça ! ».

Pourtant, Simon, petite frappe, me dit : « surtout balance pas que je te l’ai dit… » Ce gros dégonflé a préféré croire son pote plutôt que de me demander mon avis. Heureusement, pas de péril en vue car je me suis couchée tranquillement avec Simon pendant que Gaspard ruminait et constatait l’échec de son plan de porcasse.

Je me lève la première et je tombe nez à nez avec J.C., passablement zaraf. Pourtant, on discute posément de choses et d’autres et pour échapper à sa présence je me dirige vers la douche. A peine dans la salle de bain, je l’entends qui essaie de rentrer et il gratte à la porte comme un toutou dépité. Franchement, ça m’a glacée. Je l’ai trouvé pathétique mais j’ai trouvé également pathétique la façon dont ses potes l’ont couvert et ne lui ont pas mis un panneau stop, style là tu abuses, tu devrais t’arrêter.

Après cet ultime épisode, il a fait la gueule tout la journée. Je suis partie le lendemain avec quelques autres. Lorsque je l’ai revu, il a fait encore un vieille allusion : « Comme tu ne voulais pas de moi, je suis devenu super irascible (il avait grave la dalle ou quoi ?) et pour passer mes nerfs j’ai vanné Célia, tout le reste du séjour ». Ce salaud lui a balancé des horreurs du genre « une question comme ça, mais, est-ce que tu te considères comme le plan cul d’Aurélien ? ». »

Ma nuit avec Reno (version non censurée)

(A la demande générale, je réécris mon article sur ma rencontre avec Reno en axant mes propos plus sur lui et en donnant (un peu) plus de détails).

Attente dans le métro

Mercredi soir, 20 heures. Je suis sur le quai du RER, désappointée de ne pas avoir rencontré Nicolin et Reno. Alors que mon regard se perdait sur le panneau d’affichage indiquant les gares desservies (l’autre jour, par inattention, je n’ai pas pris la bonne ligne), mon portable se met à sonner. Je regarde et je vois « appel masqué », je pense donc qu’il s’agit de mes parents (encore !) mais au lieu de la voix féminine et enjouée de ma mère, j’entends une voix masculine marquée par un fort accent marseillais : « Nina ? ». Nina n’étant pas mon vrai prénom, je me doutais que j’avais Reno himself au téléphone. Je lui explique gentiment que tout le monde était rentré chez soi et que je comptais en faire autant. Il me demande de les attendre, d’autant qu’il pensait que j’avais compris qu’il dormait réellement chez moi.

Me voici donc à errer pendant une demi-heure dans la station Châtelet qui n’est pas la plus belle de Paris… Ceci étant, n’importe quelle station est glauque après 20h, tout est fermé… J’essaie donc de m’occuper en passant des coups de fil (personne ne répond), en regardant les bandes annonces sur les écrans plats de la station (il y en a deux qui passent en boucle), je descends sur les quais, je remonte… Et je ne peux pas fumer.

Enfin, une demi-heure plus tard, mon téléphone sonne et c’est Nicolin, cette fois-ci. On essaie de se retrouver, ce qui n’est franchement pas évident : pour ceux qui ne sont jamais descendus à la station Châtelet, elle est tentaculaire… Donc, je vous retranscris la conversation :

« Vous êtes où ? demandai-je.

– Heu… On est… à la porte Lescot ! Ouais, on prend cette sortie là.

– Je la trouve pas votre sortie, je suis à… à… Putain, j’ai pas mes lunettes, j’y vois rien. Alors… euh… Place Châtelet, non… Et là ? Place Châtelet… Mais je la trouve pas votre porte ! Vous avez pris quel RER ?

– Heu…Ah mais non mais on n’est plus là, maintenant, on est à la sortie 10, « rue de la Ferronnerie ».

– Ah, y a un nouveau panneau ! Ah ben je viens de trouver la porte Lescot !

– Ouais mais on n’est plus là !

– Ah, je viens de trouver la sortie 10 ! Vous êtes où ? Vous avez passé la barrière ?

– Ouais.

– J’y suis aussi… »

Bon, on finit par raccrocher pour ne pas dépenser nos forfaits malgré nos conversations passionnantes, je trace comme une folle à travers la station quand soudain, je vois deux gars arriver face à moi. Il faut savoir que j’avais trouvé sur un site Internet des photos de Nicolin et Reno m’avait dit qu’il faisait environ 1,90 mètre. Donc je vois ce grand gars aux yeux bleus qui arrive vers moi accompagné de son copain, plus petit. Je me mets en travers de leur chemin en hurlant : « hééééé stop, c’est moi ! » (j’assure toujours, niveau discrétion). On se fait la bise puis nous voilà partis à la recherche d’une sortie dans cette foutue station que j’honnis de tout mon cœur.

Et glou et glou et glou !

Enfin, nous voici à l’air libre et mes deux comparses font la moue : ils ont quitté leur soleil marseillais pour trouver la grisaille parisienne. Nous nous posons à un café, chacun commande une boisson puis nous discutons beaucoup du blog, de ma rencontre avec les fans quelques instants plus tôt. Puis ils me parlent un peu de leurs projets, de leur rendez-vous avec les producteurs sans rentrer dans les détails. Reno me raconte que l’un des producteurs étaient gay et qu’il avait demandé à Nicolin de jouer avec ses yeux, idée que je trouve marrante.

Ensuite, Nicolin me demande si je crois que ce qu’il raconte dans son blog est vrai ou pas, il m’affirme que oui et Reno commence à me montrer les poils de son torse pour me prouver que rien n’est inventé. Il est vrai que, tout comme sur le blog, il est poilu mais j’avoue que j’étais agréablement surprise par son physique. Sur le blog, Nicolin le représente toujours en version lilliputienne, avec une coiffure que je qualifierai d’expérimentale et un peu grassouillet… En fait, sur le blog, il a de faux airs de Bart Simpson !

On continue de discuter, Reno m’adresse quelques sourires, je le trouve vraiment charmant  mais je ne commence pas à me faire mes films, toujours persuadée qu’il ne venait pas dormir chez moi. Je passe en tout cas une charmante soirée, je suis ravie d’avoir rencontré ces deux Marseillais, on boit, on discute, tout va bien. A un moment, Reno me révèle qu’il est taureau et je commence à m’exciter : un taureau ! Je ne suis pas une acharnée de l’astrologie, je précise, mais les taureaux, ils m’attirent comme une folle… Déjà qu’il me plaisait bien…

Après tout, chacun nos critères de sélection : Victoire apprécie particulièrement les Bélier et les Verseaux. Je me souviens d’une conversation avec Linga, Athéna et une autre copine du forum ésotérique où nous parlions des hommes ainsi : « Moi, j’adoooooooore les Taureaux mais j’aime pas les Cancers ». Donc, pour information, je suis très attirée par les Taureaux, j’aime bien les Balances et les Lions (Victoire va s’étrangler en lisant ça), je n’apprécie pas trop les Cancers, Gémeaux et Vierges… Ceci étant, si un sosie de Brad Pitt venait me draguer et qu’il était cancer, je ne ferais pas grand cas de son signe astrologique !

Bref, Reno était donc taureau, il me plaisait de plus en plus ce garçon ! D’autant qu’il n’avait rien du garçon timide que j’imaginais, il a pas mal de choses à dire et c’est plaisant. A un moment, Nicolin nous annonce qu’il doit y aller et, là, je réagis enfin : Reno a vraiment prévu de venir dormir chez moi… Je réfléchis à toute vitesse : ai-je une tenue décente pour dormir ? Oui, en été, quand il fait chaud, je dors nue comme un ver… Après tout, je vis seule, ça dérange qui ? Sur ce point, c’est bon, le problème est réglé. Après, je passe en revue l’état de mon appartement et c’est un peu la panique : j’ai du linge qui sèche dans la salle de bain (dont mes jolis strings), j’ai des vêtements qui s’empilent sur un fauteuil, il me reste de la vaisselle sale dans l’évier… Bonjour la honte !

Papotage sur canapé

On se rend tous les trois au métro, je m’assois à côté de Reno et on commence à papoter de la vie parisienne, Nicolin nous abandonne quelques stations plus tard mais le pauvre était exclus de la conversation. Nous arrivons enfin à ma station, nous descendons et Reno admire mon quartier tout en m’expliquant que, pour un Marseillais, la vie parisienne est un cauchemar. Il est vrai que, pour ma part, je suis une vraie citadine, la vie parisienne me va comme un gant.

En cheminant, je lui avoue que je n’avais pas prévu sa venue et je le mets forcément mal à l’aise… Par moment, je mérite des claques. Je le rassure en lui disant qu’il n’y a aucun problème, j’ai deux lits donc… Gentiment, il me dit que si je veux descendre sur Marseille, il me rendra la pareille.

On arrive enfin chez moi, je lui offre gentiment un verre de Taillefine à la fraise (tellement glamour) puis, après laissé un petit mot sur le blog de Nicolin, nous allumons la télé et éteignons la lumière… Et c’est parti pour une folle discussion. Nous parlons de pas mal de choses, le boulot, les amours… J’avoue m’être pas mal lâchée et m’être beaucoup dévoilée. En plus d’être passée pour une incorrigible bavarde, il a dû me prendre pour une psychopathe. Sur le sujet des amours, il se montre plus discret, je lui tire un peu les vers du nez concernant sa dernière relation. Il en parle avec beaucoup de tendresse et je suis très émue par son histoire (que je ne raconterai pas ici), je le trouve très beau quand il s’ouvre un peu…

On continue à discuter tout en glissant furtivement l’un vers l’autre. Mon regard glisse le plus discrètement possible de ses yeux à ses lèvres mais je ne tente rien, persuadée que la nuit sera sage. J’aime bien ses yeux, ils pétillent, ça lui donne un air malicieux.

Il est vraiment adorable, il me fait pas mal de compliments sur me dessins (menteur !) et sur mes articles, s’extasiant sur mon histoire d’autobronzant (en réalité écrite par Gauthier), sa gaffe me fait beaucoup rire…

Je continue à papoter de je ne sais plus quoi (oui, en fait, je suis très vite mal à l’aise quand je me retrouve seule avec un garçon charmant) quand, soudain, il se penche vers moi et me dépose un rapide baiser sur les lèvres. Complètement décontenancée, je le regarde d’un air ahuri, il hausse les épaules en souriant. Et bien, si tu veux la jouer comme ça, allons-y gaiement. Je lui rends son baiser et après une brève séance de pelotage sur mon canapé (durant laquelle beaucoup d’objets se sont retrouvés au sol), nous émigrons vers mon lit, autrement plus confortable.

Incroyables brouettes

On s’adonne à un très rapide effeuillage, le vêtements volent un peu partout, et c’est parti pour une folle brouette que je ne raconterai pas en détail (c’est pas un blog porno, ici). Il est vrai qu’il est poilu, il est également tout bronzé. Je passe sur nos expériences anatomiques e nos jeux acrobatiques… Après une brouette endiablée et un câlin post-coïtal bienvenu, Reno me déclare qu’il a soif, il se lève pour aller se servir un verre et là : HORREUR ! Il a gardé ses chaussettes. J’avais écrit il y a peu de temps un article sur les « tue l’amour » et j’avais évoqué le cas de l’homme nu en chaussettes… Heureusement que je ne m’en suis pas rendue compte avant !

Bon, il ramène son verre et enlève ses chaussettes, on boit un peu et on s’allonge tranquillement, multipliant les douces caresses. J’adore ces moments où on est l’un contre l’autre, on ne dit rien, on ne fait que s’effleurer du bout des doigts, lentement… A un moment, inspirée, je commence à lui mordiller l’oreille mais il commence à rigoler : « ah non, arrête, ça me chatouille ! ». Je ne comprends pas qu’on puisse ne pas aimer ces caresses auriculaires, ce sont les meilleures (ou presque). Ceci étant, il a bien compris que j’adorais ça et entreprend de faire subir les derniers outrages à mon lobe… Soudain, au milieu de ses léchouilles, les deux Monaco qu’il a bus en début de soirée se rappellent à notre bon souvenir et il me lâche un petit rot…Et voici comment des caresses très prometteuses se transforment en fou rire. Ensuite, alors que je l’embrassais avec frénésie, il commence à me lécher le menton et me sort la déclaration la plus originale qu’on m’ait jamais faite : « j’adore ton menton, il est trop beau ! »

Quelques temps plus tard, on finit par s’endormir. La nuit fut courte, entrecoupées de doux câlins et d’autres plus coquins. Au petit matin, on se réveille doucement et il commence à me caresser le visage pour me dire bonjour… Ça me change des jérémiades de mon chat et de ses bêtises… Du coup, on s’est accordé un réveil coquin…

Le temps passe et il est temps de se lever (à 10h50, il était temps). Après une bonne douche et quelques bêtises postées sur le forum, on se dirige tranquillement vers le métro.

Au revoir, mon Marseillais !

Je suis claquée et ne me montre pas bavarde… Il faut savoir que je ne suis pas du matin, je ne peux faire mieux que du « oui… non… heuuuuuu… ». Je m’affale à côté de lui dans le métro, il me remercie pour la nuit puis me quitte quelques stations plus loin après un petit bisou. Je termine mon trajet et essaie de me donner une contenance avant de rejoindre les autres… Mais, honnêtement, j’aurai eu : « j’ai brouetté toute la nuit » tatoué sur le front que ça n’aurait pas été plus flagrant. D’ailleurs, j’étais tellement fatiguée que j’ai manqué de tomber dans les escaliers du métro car j’avais mal évalué la hauteur de la marche…

Je rejoins les autres, ne brillant pas par ma jovialité habituelle (d’ailleurs, sur tous les dessins des blogueurs, je suis morte), heureusement que j’avais rencontré la plupart d’entre eux la veille ! Sab a dû comprendre de suite ce qu’il s’était passé vu qu’elle m’a demandé de suite : « Alors, ça s’est passé comment hier soir ? » avec un petit sourire en coin. J’ai préféré ne pas rentrer dans les détails, ne sachant trop s’il fallait hurler sur les toits cette histoire de brouette ou la passer sous silence.

Au restaurant, Nicolin nous a fait à tous un beau dessin, j’ai eu droit à un Reno torse poil en train de se questionner sur l’éventualité d’une brouette… Ainsi donc, tout était programmé ? Aurais-je été naïve de croire que ce jeune homme ne cherchait qu’un abri pour la nuit et qu’il ne pensait absolument pas à mal en me demandant de l’héberger ? Franchement… peu importe ! Cette soirée a été très surprenante pour moi et très agréable, en fin de compte. A présent, je le dis : vive les Marseillais !