Les limites de la liberté d’expression

Janvier 2005, cours de droit du journalisme. Face à nous un avocat (plutôt craca miaou) nous soumet un cas « vous avez rendez-vous avec Nicolas Sarkozy dans un hôtel pour une interview sur son dernier livre quand vous le voyez arriver avec une femme qu’il embrasse, qu’est-ce que vous faites ? ». Là, c’est la lutte droit d’information contre droit à la vie privée. Les journalistes ne peuvent pas tout dire et tout faire, c’est un fait. Mais aujourd’hui, les limites de la liberté d’expression touchent aussi les internautes lambda.

 Depuis quelques temps, la rumeur grandit : Nicolas Sarkozy sortirait avec une journaliste française de type blonde qui a un nom de voiture rouge italienne. Mais la consigne tourne : les journalistes ne doivent pas en parler, la journaliste aurait demandé aux
rédactions de ne plus évoquer sa vie privée. Sur le fond, je peux comprendre que c’est chiant que tout le monde commente sa vie privée. Sur la forme, c’est inévitable : on ne devient pas compagne du Président de la République en toute discrétion. Mais suite au scandale des photos de François Hollande et de sa nouvelle compagne dans « Closer », personne n’ose tirer le premier et il faut s’en référer à la presse étrangère pour en savoir plus. Si les journalistes sont soumis à la loi du droit à la vie privée et ne franchissent pas la ligne rouge, les blogueurs, eux, s’en donnent à cœur joie dans le sous-entendu. On ne dit pas qu’ils sont ensemble mais on fait plein de blagues. Mais ça ne plaît pas à la journaliste qui décide de sévir. Ainsi, le sujet évoqué sur le forum Elle a été censuré à la demande de l’avocate de la journaliste. Je vous aurais bien mis le lien mais le sujet a été supprimé depuis.

 Là, j’avoue que ça me pose un problème. D’après ma cops qui participait à la conversation, ça ne dépassait pas le stade de la rumeur. En gros, une nana a posé la question « vrai ou pas », les gens ont répondu des phrases genre « bah si c’est vrai, il se fait pas chier le père Sarko » ou « on s’en fout, y a les grèves, qu’il s’en occupe ». Bref, rien de bien méchant. Et pourtant, ça a été jugé too much par notre amie. Elle a donc demandé à Elle, hébergeur du forum (et donc responsable du contenu) d’effacer le sujet. Ni plus, ni moins. Les journalistes n’ont pas le droit d’en parler, ok, mais nous ? Au nom de quoi doit-on se taire ? Pour respecter la vie de Mme la voiture rouge ? Mais alors tous les forums n’ont qu’à fermer leur portes, alors, car il y a toujours des sujets sur la vie privée des personnalité, y a qu’à lire les forums de Public et consort. Même le divorce Sarkozy est commenté en long, large et travers, y a un sujet sur la future compagne de Sarko… Et je dirais tant mieux. On a encore le droit de papoter, de languedeputer, non ? Ah ben non. Désormais, les propos des gens comme vous et moi tenus en public sont susceptibles d’être censurés sous peine de poursuite judiciaire ? Ne peut-on plus dire ce que l’on veut ? Bien sûr qu’on flirte avec la limite, le droit à la vie privée mais les commentaires sur la vie privée des personnalités est en général un incontournable des forums. Pourquoi Mme voiture rouge a surréagi ? Oui parce que là, je trouve que c’est un peu fort de café, quand même. Surtout que, selon le mail de l’avocate, c’est pas tant l’histoire avec Sarko qui coince mais qu’on parle de son divorce avec son futur ex mari, donc. Elle n’a pas été le seul site à subir les foudres de l’avocate, comme lu ici.

La loi est pour elle, y a rien à redire. Mais je la trouve bien mauvaise joueuse. On ne peut pas empêcher les gens de parler, de ragoter, surtout sur la vie de notre président de la République. A partir du moment où Cécilia est partie, la liste des nouvelles copines de Sarko s’est allongée de jour en jour. Une réaction aussi « virulente » donne donc à penser que la rumeur n’en est pas une. Ca me rappelle l’épisode Baudis chez TF1 dans l’affaire Allègre : en voulant « tordre » le cou à la rumeur, il en a fait une affaire d’état. Là, c’est
marrant de voir comment les médias contournent le truc, comme 20 minutes qui publie une info sur son site suisse (la loi n’est pas
la même…), tout le monde renvoie vers le Daily mail anglais… Il paraît qu’il existe des photos du couple supposé qui vont paraître à l’étranger.

Là, on touche quand même à une question éthique. Que les journalistes respectent la déontologie journalistique c’est normal. J’avoue que la peoplisation des politiques ne me plaît pas, les photo de paparazzi d’Hollande et de sa nouvelle compagne, je trouvais ça too much. Je pense effectivement que les médias n’ont pas à parler en long, large et travers de la vie privée de Sarko parce qu’au fond, on s’en fout quand même un peu. Même s’il est vrai que sa compagne peut avoir un rôle dans la vie politique française, comme je l’ai déjà dit. Mais peut-on en demander autant aux internautes lambda ? Quand je vais sur un forum, j’ai des devoirs, définis par la charte. Mais c’est vrai que papoter sur ce genre de rumeurs me paraît pas des plus odieux, surtout si personne n’affirme rien. Et quid des bloggeurs ? Pas journalistes mais doivent-ils pour autant respecter la même ligne de conduite que ces derniers ? Pour ma part, j’aurais pas fait d’article sur le sujet, même si j’avoue avoir lancé une sale vanne sur la question dans une de mes listes. Mais demander à des bloggeurs d’enlever les articles sur le sujet, n’est-ce pas un peu trop ? Surtout que les articles de blog ont une durée de vie globalement limitée, surtout pour les blogs tenus à jour quotidiennement. Alors qu’il m’aurait paru plus simple de laisser pisser, Mme Voiture rouge
et son avocate remettent une bonne dose d’huile sur le feu et relancent l’impression que la liberté d’expression en France n’existe plus. Pour ma part, je ne peux nier que Mme Voiture Rouge utilise la loi qui est en effet en sa faveur et sur le principe, on ne peut rien redire sur ça. Mais je trouve ça vraiment exagéré. Sortir un lance-flamme pour tuer une punaise, ça fait plus de dégâts qu’autre chose même si, in fine, les articles et sujets de forum visés ont été retirés.

(quoi, j’ai abusé des méta liens?? Mais euh…)

Un ex qu’’il est bien

Bon, aujourd’hui, c’est le 12 septembre et vous allez me dire que vous avez pas besoin de moi pour savoir ça et que cet article ne s’annonce pas des plus passionnants… Mais rassure-toi, lecteur, ce blog ne va pas parler calendrier, nan nan. En ce jour du 12 septembre, mon ex, Guillaume 1er, a 30 ans et j’en profite pour parler de lui, ce que je n’ai jamais vraiment fait jusqu’à présent.


Tout commence en janvier 2000, le 25, je crois (un lundi, ça, c’est sûr). Ce jour-là, nous étions au resto U avec Gauthier, Sylvia et d’autres copines. Alors que nous déjeunions de façon fort peu discrète (comme d’hab, quoi), un jeune homme s’approche de moi et me demande si je peux lui prêter un jeu de cartes, ce que je fais. Ouais, faut savoir qu’entre midi et deux, on jouait à la belote en hurlant donc on nous repérait facilement. A deux heures, on se retrouve à 4, Sylvia, Gauthier, Lulu et moi pour réviser. Au bout de deux heures, on en a marre mais Gaugau peut pas jouer car il a un devoir à finir à tout prix donc on se retourne vers le gars derrière, celui qui m’a emprunté le jeu et on l’embarque dans une belote. Bon, vous l’avez compris, c’est Guillaume. Le lendemain, on se retrouve au même endroit, on joue à nouveau ensemble et je traîne un peu avec lui et un couple de ses amis pour continuer à jouer. Bref, on s’entend très bien, Guillaume passe tout son temps avec nous.

 

Le week-end passe, je mélange ma langue en boîte avec un gars qui s’appelait Pierre (oui, je tombais toujours sur des Pierre à l’époque), un gars de deux bon mètres de haut. On se décolle pas de la soirée, on se fait même applaudir par des gens quand on finit par se descotcher mais une fois que je quitte la boîte, c’est terminé, c’était juste comme ça. Le lundi, j’arrive à la fac, je retrouve Guillaume, un autre Guillaume (comme dirait Mister Big, les Guillaume, on soulève un caillou, on en trouve un) et Gaugau et mon cher meilleur ami avait déjà narré mes exploits, j’étais un poil mal à l’aise. Journée à jouer, Guillaume se rapproche un peu. Il me fait un bisou sur la joue pendant une partie puis il m’offre une cerise confite. Alors je déteste ça, les cerises confites, mais j’ai pas osé dire non de peur que ce soit pris pour un non global… Oui bon, ça va, j’avais 19 ans ! Le soir, Sylvia m’appelle et me fait comprendre que Guillaume m’aime très beaucoup « Non mais attends, il connaît la moitié des gens du resto U et il passe ses journées avec nous, ça t’interpelle pas ? » Heu… Le mardi, les choses se précisent (bon, je vous la fais courte) et bon, il est clair que dès qu’on se retrouve tous seuls, ça va le faire. Gauthier m’appelle le soir « Ben il a l’air de bien t’apprécier Guillaume ! » « Ben oui, on va sortir ensemble ! » « Ah ?? ».

 

Le mercredi, jour J, le 2 février, donc. J’arrive au resto U à midi et demi (ben ouais, j’avais cours), on n’a jamais été aussi nombreux autour de la table : 17 ! A peu près autant autour de celle de Guillaume, on n’y arrivera jamais. A 14h, ça se vide pas mal et enfin, à 16h, tout le monde se casse en cours, on commence à papoter en tête à tête quand tout le monde revient « ouais, le cours est annulé ! ». Putain, c’est pas vrai ! Bon, du coup, tout le monde s’en va, on se retrouve à trois dans le métro : Guillaume, une autre fille et moi. L’autre fille ne semble pas motivée pour rentrer chez elle « Ohlala, j’irais bien boire un verre, vous vous arrêtez où ? » Je lui réponds donc St Cyprien et Guillaume en fait autant. Je jubile car c’est pas du tout son arrêt en vrai. On parcourt le chemin qui me sépare de mon domicile en déclinant le thème : « c’est hard de se retrouver tous seuls ! ». On arrive chez moi, on s’asseoit sur le canapé, on papote quelques minutes… et blanc. Là, on explose de rire et on finit (enfin !) par s’embrasser. Et forcément, deux adultes se retrouvant seuls dans un appartement, ça dérape.

 

Et c’est parti pour quatre ans et demi avec des hauts et des bas mais globalement, une relation très facile à gérer puisqu’on ne s’est jamais vraiment engueulés. Le ton est monté parfois mais ça n’a jamais vraiment éclaté car Guillaume me maîtrisait parfaitement : dès que je m’énervais, il me laissait faire jusqu’à ce que je me calme, sans refoutre de l’huile sur le feu. Seule crise majeure : au bout de 6 mois, je le sens sec au téléphone, agacé et je le sens pas, je finis par me dire que quelque chose ne va pas et je me décide à le quitter. Mais en fait, un soir, il m’appelle, on devait sortir et il renonce à la sortie pour cause de migraine. Je lui demande ce qui va pas car c’était le gars à faire des migraines pour cause de tracas et là, il m’explique : « Ben, en fait, je me pose des questions. Tu comprends, je t’ai toujours pas dit je t’aime.

– Quoi, c’est tout ?
– …

– Enfin, tu n’es pas un garçon spontané, je m’attends pas à ce que tu me le dises et je me pose pas de questions du tout sur le sujet. »

Du coup, tout est allé mieux entre nous. Il m’a déclaré sa flamme le 2 février 2001, pour notre premier anniversaire et je me suis mise à pleurer au restaurant tellement j’étais émue. En 26 ans, c’est le seul à m’avoir fait pleurer de joie, comme ça.

 

En quatre ans et demi, nous ne nous sommes pas installés ensemble mais pendant les deux dernières années, c’était tout comme, on passait toutes nos semaines ensemble, chez moi. La journée à la fac à bosser à la BU (ou au RU), le soir à la maison. Une cohabitation dans un 28 m², c’est pas évident mais on y est arrivé sans soucis, finalement. On passait même quasi un week-end sur deux ensemble. On avait même choisi le prénom de notre future fille mais pas mieux car pour les garçons, on était pas d’accord, grand sujet de chamaillerie, d’ailleurs. Il voulait même qu’on se fiance au bout de deux ans mais j’ai refusé car il voulait des fiançailles « longues », genre on se fiance maintenant et on se marie d’ici 5 ans et j’ai pas vu l’intérêt.

 

A la fin, les liens se sont distendus tous seuls, on dormait ensemble sans plus se toucher, il avait sa vie et moi la mienne, on avait plus grand-chose en commun. Un jour, j’ai littéralement pété les plombs au téléphone et j’ai provoqué la rupture, ça n’allait plus du tout et on se voilait la face à continuer. On avait eu une grave crise lors des vacances d’avril, j’ai passé 5 jours à faire la gueule car il avait préféré passer le jour de mon annif avec ses amis plutôt qu’avec ma famille et moi, j’ai pleuré comme jamais dans sa voiture quand on allait voir ses grands-parents car il m’avait dit qu’il doutait. C’est pas que c’était une révélation, je le savais, mais tant que je l’avais pas entendu… Donc le jour de la rupture, j’ai pété les plombs au téléphone, il est venu à la maison pour une rupture en face à face, on a pleuré dans les bras l’un de l’autre pendant une bonne demi-heure. On a décidé de ne pas se voir pendant au moins quinze jours, histoire de digérer la rupture et de pas se parler, on a tout de même échangé quelques mails, il voulait savoir comment s’étaient terminés mes partiels. J’avoue voir beaucoup pleuré, ma mère m’a gavée de médocs pour dormir. Mélangés à mes médicaments anti-allergiques, ça, pour dormir, j’ai dormi… J’ai passé beaucoup de temps avec Anne et Lucie. J’étais dans un état second mais c’était la meilleure décision à prendre et comme toujours dans ce cas, j’ai trouvé une énergie nouvelle pour me lancer dans de nouveaux projets (en l’occurrence, un stage en journalisme pour l’été). On s’est revus un mois plus tard, j’étais un peu tendue sur le coup mais comme pour le reste, c’est passé comme une lettre à la Poste.

 

Deux mois plus tard, il est sorti avec une autre fille, il me l’a dit qu’après la rupture, de peur de me blesser mais j’avais deviné (oui, quand on le connaît, il était plus que flag’ !) et c’est là que j’ai compris que c’était bel et bien terminé puisque ça ne m’a pas fait mal. Il m’en a parlé plus tard, quand la demoiselle l’a quitté. Il s’est alors rendu compte que j’avais été très patiente avec lui (moi, oui, oui !), il m’en a remercié.

 

Depuis, on est toujours amis, on s’est parlé l’autre jour sur MSN, il m’a dit que si un mec m’emmerdait, il monterait lui casser la figure. Bon, c’est carrément pas vrai car il est pas du tout belliqueux et en plus, pour le faire quitter Toulouse, faut se lever tôt mais ça m’a fait sourire. Ce qui est marrant, c’est qu’il est sorti avec une Juliette juste après moi, tout comme Guillaume 2 et, de mon côté, je suis sortie avec un Alex quelques temps après lui, tout comme la fille dont il est amoureux depuis notre rupture (mais avec qui il n’est jamais sorti car elle vit au Québec, très compliqué). Quand on connaît le vrai prénom d’Alex, prénom pas si courant, ça laisse songeur. Bref, comme je lui ai dit l’autre jour sur MSN : « Des fois, je me dis qu’heureusement que je suis sortie avec toi, tu me réconcilies avec la gent masculine ! ». Bon, ben, je l’ai fait limite pleurer. Mais c’est vrai que de toutes mes histoires, c’est celle là la plus belle et de très loin. Rien que d’y penser, ça me donne envie de revivre une histoire longue durée…

 
Joyeux anniversaire Guillaume !