Ah, tu as une copine…

Je vous racontais l’autre jour que j’avais maté Teresa avec Anna, Anaïs et son cousin. Au détour d’une scène, on s’esclaffe tant ça sent le vécu. Une étudiante en médecine blonde dont j’ai zappé le prénom se rapproche de Mariano en mode bon pote mais elle, elle veut plus. Jusqu’à ce que Mariano prononce la phrase fatidique : “Et si on sortait tous ensemble ce soir ? Je vais appeler ma fiancée pour lui en parler!”.

La pauvre blonde se décomposa avant de se ressaisir : “ah tu as une copine ? Ok, ben super, on fait comme ça” et nous de crier devant la télé “hannnnn, c’est tellement ça !”. Qui n’a jamais vécu ça ? Voici le beau Stéphane qui s’avance. Vous l’avez repéré et entamé quelques travaux d’approche à base de roucoulades, de rires de gorge et de tortillis de cheveux qui, dans votre monde, veut dire “TOI JE TE VEUX!”. Alors que vous discutez avec lui, il glisse soudain les mots fatidique “ma copine” (voire “mon copain”, j’ai un gaydar tout pourri). Et là, vous sentez comme une enclume tomber dans votre estomac, votre sourire se crisper et votre cerveau (à moins que ce ne soit votre orgueil) hurler à votre corps de se ressaisir. Feins l’indifférence ma fille, reprends la conversation l’air de rien, comme si le fait que le sublime Stéphane était désormais hors de portée ne vous affectait pas. Oui, je sais, on a le droit de s’attaquer à des hommes en couple mais de 1) ça complique la donne et de 2) je n’encourage pas ce genre de pratique, c’est un peu du masochisme. Bref.

Le problème, c’est que rien n’est clair. Je veux dire que dans un monde idéal, on aurait chacun une petite marque nous indiquant qui est dispo pour quoi. Alors, toi, tu es célibataire et hétéro, ok, toi célibataire et gay donc je vais te présenter à quelqu’un. Toi, t’es en couple mais tu cherches une maîtresse… Oui alors là, mon système de marque s’effondre parce que y aurait une marque “en couple libre” et une marque “en couple exclusif officiellement mais je suis pas contre un 5 à 7 avec un(e) autre” et le monsieur infidèle aurait un peu de mal à gérer la situation. Mais est-ce que c’est ma faute si les gens ne déclinent pas de suite leur situation aussi ? “Salut, je m’appelle Stéphane, j’ai 31 ans et j’ai une copine”. Au moins, on saurait et ça éviterait l’enclume dans l’estomac.

Le pire étant quand le beau Stéphane se trouve une copine après vous avoir rencontrée. Parce que le coup du tortillis de cheveux, c’est touchant mais peu entreprenant, il peut aussi penser que vous êtes juste un peu cruche. Stéphane étant un être indépendant, il est sorti et a rencontré une belle demoiselle qui s’est mieux démerdée que vous (ou qui lui plaisait plus, ça arrive). Là, c’est pas une enclume mais trois qui vous tombe dans l’estomac pendant que votre machoîre pend lamentablement au bout de votre visage. Merde, merde, meeeeeeeeeerde ! Comment a-t-il osé ? Bordel de bordel. Vous refaites le match dans votre tête, vous vous demandez à quel moment vous avez loupé le coche. Mais toujours est-il que vous voilà devant le fait accompli : le Stéphane s’est envolé. Va falloir se reconstruire un peu l’ego là. Parce que même si on est loin du traditionnel râteau qui te fait cracher les dents, là, t’as quand même un peu mal : pourquoi Stéphane est allé se mélanger avec l’autre greluche (dans ce cas, l’autre pauvre fille est forcément une greluche, pouffiasse, connasse, boudin…rayez les mentions inutiles si tant est qu’il y en ait) plutôt qu’avec nous ?

Et pourtant, c’est une facétie plutôt classique de la vie amoureuse ou plutôt de l’art du flirt. S’il était pris avant, haussons les épaules en maudissant la fatalité. Il était célibataire au départ ? De 2 choses l’une : soit vous n’étiez pas son genre (ça arrive), soit vous avez été trop godiche et n’avez pas bien fait passer votre message de “je te veux”. Quoi qu’il en soit, remettez-vous : à défaut d’un Stéphane, il vous reste des tas d’Arnaud, Pierre, Jacques, Samir, Louis ou je ne sais qui. Mais soyez plus claire dans vos désirs la prochaine fois.

Où trouver l’homme ? Episode spécial : un amour de vacances

(Je rappelle à mon cher lectorat et aussi aux autres que tout ceci est une fiction, que là, je suis pas du tout à la plage mais au bureau et je me demande si je vais pas faire une dépression nerveuse d’ici la fin de l’année… Bon, ok, j’exagère, juste une crise d’angoisse).

A la recherche du prince charmant

Je pars donc en charmante compagnie, celle de Jérémy. Ca fait très cliché la balade au bord de la mer de nuit avec la lune (qui a la décence de ne pas être pleine) mais c’est quand même super agréable, surtout le sable froid qui masse mes petits petons nus. On discute en marchant tranquillement puis on s’assoit sur le sable, les pieds dans l’eau (mon rêve était trop beau… 3 fois que je la fais, c’est un comique de répétition). Evidemment, un homme, une femme, la mer, la lune, les étoiles, Roch Voisine, il devait arriver ce qui arriva. Nous fîmes ainsi plus intimement connaissance sur le sable frais avec la mer comme bande sonore.

Le reste des vacances devait donc être consacré en roucoulades, baisers, et autres activités réservées à un public averti. Un vrai conte de fée, tralali, tralala, Jérémy a tout un tas de qualités. Oui mais voilà, j’ai oublié une dimension essentielle dans cette histoire : je cherche THE man et pas A man. Un amour de vacances, c’est comme l’Ile de la tentation, on oublie qu’on rentrera forcément les mains vides (à moins de reprendre bobonne ou pépère mais en général, les échanges salivaires devant caméra, ça ne réussit jamais à un couple, c’est étrange quand même). Hé oui, c’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain mais à laquelle on repense, les yeux plein de chagrin (chagrin) avec la même impuissance face au temps assassin. Ne m’oublie pas !* Hé oui, j’avais omis un détail : Jérémy n’est pas parisien, pas même francilien. Donc on s’achemine soit vers une relation amoureuse à distance mais je suis globalement contre (déjà testé, pas approuvé), soit notre relation se finit là, sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés.

Donc c’est la mort dans l’âme que je rentre seule, le vague à l’âme sur Paris mais j’ai été con moi aussi : quelle idée de prendre un amour de vacances pour l’amour de toute une vie (enfin, d’au moins quelques années, on verra la suite après). Mais comme je suis une fille extrêmement optimiste, je rentabilise mentalement cette expérience : il m’a vue sous un jour peu flatteur (piètre joueuse de volley) mais il a quand même voulu me prendre la main sur la plage et déguster des moules en ma compagnie. Si on considère qu’il était charmant, brillant, drôle, beau, qu’il sentait bon le sable chaud… Ca me motive pour repartir sur les sentiers de la guerre.

Parisiens, me revoilà !

* Mais qui a pu chanter cette sublime chanson empreinte de poésie ? Je vous le demande.