Étiquette : meeticboy
Benoît
Mon autopsychanalyse
Meetic
(Je reprends l’introduction que j’avais faite sur meetic dans mon article sur Julien et je développe)
Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.
Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.
Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).
A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?
Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique
mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !
Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…
Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.
Pour l’heure, seules Victoire et moi sommes inscrites sur meetic, Gauthier est inscrit sur un site de rencontre gay dont je ne donnerai pas le nom car je ne suis pas sûre de m’en souvenir correctement.
L’avantage de meetic, c’est que ça simplifie énormément les choses : on se voit (enfin, on voit les photos), on se plaît, on se rencontre et, a priori, on baise (terme peundélicat mais tellement approprié). Ce que je trouve dommage, c’est qu’il n’y a que très peu de jeu de séduction : le plus dur est d’attirer l’attention de notre cible mais une fois que c’est fait, tout s’enchaîne à une vitesse folle.
Pour attirer l’attention, il y a donc le flash, peu efficace à mon avis car totalement impersonnel : je te flashe, tu me flashes, et ensuite ? Le chat est une bonne façon de lancer la conversation mais il faut voir que les membres les plus populaires ont une bonne dizaine de personnes qui leur tombe dessus en même temps donc pour sortir du lot, il faut savoir être pertinent. Pour ma part, pour répondre à un mec qui se fend d’un : « bonsoir », il faut qu’il soit vraiment irrésistible sur sa photo. Car, soyons honnête, sur ce site, l’attirance
physique est la base de tout. En même temps, parler d’une hypothétique attirance physique à partir d’une photo me paraît totalement disproportionné, d’autant que nous mettons tous des photos qui nous mettent en valeur (nous sommes là pour séduire, pas pour faire rire). Parfois, il m’arrive de répondre même si le gars ne me plaît pas forcément sur la photo car il a une approche sympathique mais il ne faut pas qu’il soit le quinzième à débarquer car je ne peux pas assumer trop de chats en même temps, surtout que je suis connectée à MSN en parallèle. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Benoît, un jeune homme fort sympathique qui ne m’a pas vraiment fait flasher sur le coup car sa photo ne lui rend absolument pas justice.
Mais j’avoue avoir une préférence pour les mails car je peux les lire à tête reposée sans qu’une dizaine de meeticboys me tombent dessus tels des rapaces sur leur proie. Cependant, un mail ne s’écrit pas en trente secondes, on est censé avoir le temps de le préparer donc je suis impardonnable sur les mails de trois mots bourrés de fautes. De par mon (futur) métier de journaliste, je passe la journée à écrire (et pas que ce blog, j’écris de vrais articles, aussi !) et je n’ai jamais apprécié la mauvaise orthographe, même si je suis indulgente.
Mais, messieurs, quand vous abordez une femme, même virtuellement, faites un peu un effort ! Si vous rencontriez une demoiselle dans la rue, iriez-vous lui parler en lui rotant à la figure ? Non, alors par pitié, faites un effort quand vous écrivez vos mails ! On a vraiment l’impression que vous les envoyez à la chaîne et que vous ne faites absolument pas attention à ce que vous écrivez. Pour ma part, je n’ai envoyé qu’un mail de prise de contact, je ne pense pas avoir été d’une originalité folle et, de toute façon, ça n’a pas abouti à
grand-chose. Le jeune homme m’avait flashé un nombre incalculable de fois donc j’avais pris les devants. Une fois en contact sur MSN, une lutte âpre s’est engagée, il m’a totalement résisté et, là, il n’a plus Internet donc fin de l’histoire.
Une fois le contact pris sur meetic, on échange très rapidement les adresses MSN pour discuter plus tranquillement et, généralement, nous savons très vite ce qu’il va se passer. Si notre interlocuteur nous demande une photo au bout de deux minutes, c’est qu’il en veut à notre vertu. En général, la conversation peut devenir très rapidement coquine selon la personne à qui on parle. Au bout d’une heure de chat, Benoît me parlait de sa folle envie de me connaître intimement et nous nous sommes donnés rendez-vous le lendemain. A partir de là, aucun suspense : nous nous rencontrons en sachant très bien que nous allons faire l’amour quelques heures plus tard donc aucun effort de séduction à faire, c’est un acquis. Par ailleurs, les conversations MSN permettent d’établir les pratiques sexuelles de l’un et de l’autre, les limites sont de suite posées…
Personnellement, ce manque de suspense me gêne un peu. Dans la drague réelle (discipline dans laquelle je suis très mauvaise), il est difficile de savoir si nous allons parvenir à nos fins ou non et, surtout, quand ça va arriver. Je me souviens avec émotion de ses premiers baisers qui arrivent enfin à un moment auquel on ne s’y attend pas forcément, cette agréable surprise qui fait battre notre cœur. Avec meetic, on ne sait pas exactement quand ça va arriver mais on sait que ça arrivera quoi qu’il arrive, sauf accidents.
Mon rendez-vous avec Julien, hier soir, m’a permis de me rendre compte à quel point meetic avait perverti en un seul mois mon rapport avec les hommes. Moi qui suis en général timide (du fait d’un manque total de confiance en moi) et qui avance par sous-entendus pas forcément très clairs, je fais un rentre-dedans pas possible avec mes meeticboys. Ainsi, hier, je me retrouve à parler de relations sexuelles avec un garçon que je ne connaissais réellement que depuis une demi-heure, prenant pour acquis le fait que nous allions passer la nuit ensemble, ce qui fut un tort (et c’est bien fait pour moi). Je n’ai absolument pas cherché à briller par ma personnalité et, à la réflexion, je trouve ça assez pitoyable. Heureusement, le jeune homme n’a pas fui en courant en me prenant pour une droguée du sexe et a découvert au fil de la soirée qui j’étais (même s’il faut plus d’une soirée pour connaître une personne, cela va de soi).
Pourtant, je ne peux pas totalement diaboliser meetic dans la mesure où ce site me permet de m’amuser et de rencontrer des tas de personnes, sans pour autant les mettre dans mon lit. Ainsi, lundi, j’ai dîné avec un charmant jeune homme extrêmement sympathique que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer sans meetic puisque nous ne fréquentons pas les mêmes endroits. De toute façon, venant d’arriver dans la région, je ne connais personne donc pour sortir, ce n’est pas évident… Donc meetic me permet de m’amuser et d’égayer mes nuits mais également de me trouver des copains pour sortir et discuter. D’ailleurs, je passe mes soirées à jongler avec mes multiples chats MSN… Finalement, la drague sur meetic ressemble assez à la séduction en discothèque, la musique en moins. Des histoires peu sérieuses qui dureront une nuit, voire un peu plus…
Julien
Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.
Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.
Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).
A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?
Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !
Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…
Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.
Cela fait maintenant un mois que j’y suis (depuis le 23 avril, exactement) et je comptabilise 175 flashs, ce qui me semble plutôt flatteur. J’ai rencontré pour l’instant quatre personnes (aucun n’avait flashé sur moi, c’est amusant) et conclu avec deux. Mon dernier rendez-vous a eu lieu hier soir et c’est l’objet de l’article du jour.
Je vous resitue un peu le contexte actuel de ma folle vie amoureuse, histoire que vous compreniez : j’avais donc rencontré trois meeticboys jusqu’à hier soir, deux avec qui nous étions d’accord pour que ce ne soit que sexuel et un autre, lundi, où c’était purement amical. En toute honnêteté, j’ai trouvé ce garçon vraiment charmant, un sourire magnifique, mais rappelons-nous que je ne suis pas à la recherche du père de mes futurs enfants. De plus, j’ai rendez-vous ce soir avec l’un de mes meeticboys coquins.
Hier soir, j’avais donc rendez-vous avec Julien qui connaît parfaitement mes mœurs un peu débridées. Il a pris contact avec moi par mail, l’histoire peut prêter à sourire. En fait, sur meetic, vous avez en eux la photo des derniers meeticboys qui : vous ont envoyé un mail ; chatté avec vous ; visité votre page ; flashé sur vous. Donc, un soir, je me connecte, je jette un œil aux photos, rien de très remarquable et je laisse la page ouverte. C’est à cette occasion que vous allez pouvoir mesurer l’étendue de mon égocentrisme forcené. En effet, j’ai remarqué que plus je restais connectée à meetic, mieux j’étais classée dans les recherches ce qui me permet d’avoir plus de visiteurs sur ma page et, donc, plus de flashs. Mardi dernier, j’avais donc laissé ma fenêtre ouverte et, à un moment, je vois que la photo du dernier gars qui m’a envoyé un mail avait changé et que j’étais à présent en présence d’un beau gosse donc je me précipite pour lire le mail. Le jeune homme, prénommé Julien, donc, me demandait depuis quand j’étais dans la région (j’ai précisé dans mon annonce que je venais de débarquer) et je lui réponds très gentiment. Une demi-heure plus tard, je reçois un nouveau message de sa part où il me donne son adresse MSN donc je le rajoute à mes contacts et nous partons en chat.
Je ne peux pas dire que la conversation fut hautement érotique, nous avons parlé de l’amour et de nos expériences respectives, il me raconte que son ex-petite amie l’a quitté il y a peu, en prenant le chat, au passage. Dans ce genre de discussions arrive toujours la question fatidique : « que cherches-tu sur meetic ? ». Il me répond qu’il cherche une liaison sérieuse, je lui fais comprendre que ce n’est pas mon cas. C’est toujours amusant de voir à quelle vitesse les meeticboys sont corruptibles, il suffit de dire ça pour qu’ils répondent : « ah oui mais je n’ai rien contre un rendez-vous crapuleux ! ». Donc je conviens rapidement d’un rendez-vous avec le jeune homme pour le mardi suivant. De plus, nous travaillons à peu près dans le même quartier, le hasard fait bien les choses !
Dimanche soir, je recroise le monsieur sur Internet donc on rediscute un petit peu et je le sentais un peu bizarre. Il faut savoir que les webdragueurs demandent généralement un paquet de photos mais lui ne m’en a pas réclamé et ne m’a pas non plus demandé quelles étaient mes pratiques sexuelles. Intriguée, je finis par lui demander si ma vie trépidante ne le gênait pas mais il me répond que, au contraire, ça le fait « tripper » puis il me révèle qu’il a lui-même une petite amie. Je vous avoue qu’à ce moment-là, j’ai eu des doutes sur la suite de notre aventure mais il me rassure : il n’est avec elle que depuis une semaine et il est un grand garçon.
Donc hier, je me rendais confiante bien que mon amie Victoire m’ait prédit que je ne pratiquerais pas la brouette tonkinoise avec ce jeune homme le soir même. Mais je ne l’ai pas écoutée, je n’en fais toujours qu’à ma tête.
Nous avions rendez-vous hier soir sur les marches de l’opéra, endroit où il n’y a jamais personne… Donc j’arrive et je vois un groupe assis sur les marches, je commence à paniquer : vais-je arriver à le retrouver dans cet endroit-là ? Heureusement, il mesure 1m89 donc je le repère assez facilement. Appuyé contre une colonne, les écouteurs glissés dans les oreilles, engoncé dans son costard, il attend, les yeux perdus dans le vide. De loin, je le trouve très séduisant mais je souffre de myopie et je n’avais pas mes lunettes donc je me rapproche avant de jubiler. De près, il est encore plus charmant.
On se fait la bise, ce qui m’amuse toujours : sur MSN, nous avions convenu de faire l’amour toute la nuit mais nous nous faisons la bise comme deux amis, c’est toujours un moment surréaliste, pour moi. D’ailleurs, je lui en ai parlé un peu plus tard, ça l’a fait sourire mais, en même temps, on ne va pas commencer à s’embrasser dès le premier contact, restons corrects.
Il m’emmène dans un bar amusant où le prix des consommations varient comme à la bourse, selon l’offre et la demande… On s’assoit et il m’explique le principe puis me demande gentiment ce que je veux, je grimace en lui disant : « Je ne peux pas lire le panneau lumineux, je n’ai pas mes lunettes ». Je range mon ego et sort mes lunettes et consulte le menu. Je dois ici préciser que je n’ai mes lunettes que depuis deux mois, je ne les mets que rarement, surtout au boulot, mais ma coquetterie me pousse à m’en dispenser dans la rue et en rendez-vous galant (surtout en rendez-vous galant).
Donc je m’équipe et regarde le menu puis, une fois décidée, je range mes lunettes, ce qui amuse Julien qui me dit que ça me va pourtant très bien. Comme ce rendez-vous commence bien ! Il est vraiment charmant et je le dévore des yeux, je rêve de lui arracher sa cravate. La conversation s’oriente très vite sur des sujets coquins, on parle de meetic et des rencontres qu’il est possible de faire. C’est étrange car, en temps normal, dans ce genre de rencontre, on parle de tout sauf de ça, comme si on cherchait à occulter ce qui allait se passer quelques heures après… Il paie les consommations (appréciez la galanterie) puis on part dîner.
En chemin, on discute de vie de couple car nous avons tous les deux vécus une longue histoire qui nous a marqué, il me dit que son ex lui a appris à apprécier la vie de couple et il me révèle d’une voix tremblante : « Et, en fait, là, ce soir, je le sens pas ». Je fais fi de l’entaille qu’il vient d’infliger à mon ego démesuré, je souris et je réponds : « Ce n’est pas grave, je n’exige rien de toi ». Il se sent tout de même obligé de se justifier, il pensait être capable d’avoir une histoire juste comme ça, juste pour le fun, mais il s’est menti à lui-même.
Suite à cette terrible révélation, nous nous rendons quand même au restaurant et nous discutons beaucoup de choses et d’autres, il m’envoie de nombreuses piques sur mon accent et mes expressions particulières mais le courant passe très bien. En fait, il découvre que je ne suis pas une nymphomane insensible et que j’ai plus envie de moments câlins que d’inoubliables saltos thaïlandais, ce qui l’étonne beaucoup (quelle image je dois donner de moi, sur meetic !). Nous parlons aussi de nos anciennes relations amoureuses, je lui explique que je n’aime pas qu’on me fasse des cadeaux onéreux car cela me gêne et j’apprécie plus de trouver un petit mot sur un post-it que des bijoux ou des bouquets de fleurs. Ce côté charmant de ma personne le pousse à s’exclamer : « Mais tu es parfaite ! » et je lui réponds, de ma voix la plus suave : « Oui, il n’y a que toi pour en douter » et il me répond, penaud : « Ce n’est pas de toi que je doute mais de moi ».
La conversation s’éternise, on finit par quitter le restaurant vers 0h et nous reprenons le train. Arrivés à la gare, nous parlons encore sur le quai puis nous nous séparons, après qu’il se soit excusé plusieurs fois de ne pas respecter le programme préétabli mais je l’ai rassuré : je ne lui en veux pas (qui suis-je pour lui reprocher quoi que ce soit ?) et je suis tout à fait partante pour qu’on se revoit, en toute amitié. Chacun rentre chez soi, fin de l’histoire.
J’ai beaucoup réfléchi à ce qu’il s’est passé ce matin en attendant le train (la SNCF est joueuse, elle aime annuler le train de 9h30 donc poireauter une vingtaine de minutes, ça laisse du temps pour réfléchir) et je réalise que j’ai eu beaucoup de torts dans cette histoire. D’une part, j’ai essayé de le « corrompre » et de le détourner de son but initial (trouver une copine, pas une maîtresse) et j’ai été trop directe avec lui, ce qui l’a forcément mis mal à l’aise. Selon Victoire, il a eu peur de ne pas être à la hauteur, je pense que, d’une certaine façon, elle a raison. Mais je me dis que j’ai eu tort de partir sur de l’acquis et je me rends compte à quel point meetic fausse mes relations avec les hommes puisque je n’attends d’eux qu’une partie de jambes en l’air. Pourtant, malgré la fin plutôt inattendue de la soirée, j’avoue avoir passé un excellent moment avec Julien et je devrais apprécier plus ses moments-là et voir, ensuite, si la soirée doit se poursuivre dans l’ambiance feutrée d’une chambre à coucher ou non.
J’avoue que ce garçon m’a beaucoup touchée, j’avais très envie de l’inviter à venir dormir chez moi, sans qu’il se passe rien, mais je n’ai pas osé, en fin de compte. Je l’avais mis suffisamment mal à l’aise, il était inutile d’en rajouter. Mais j’avoue que j’avais envie de ce moment tendre avec lui…
A présent, j’essaie d’analyser le pourquoi de ce sentiment ? Est-ce une réaction orgueilleuse ? Il est évident que je ne suis pas amoureuse de lui, il est bien trop tôt pour qu’un tel sentiment apparaisse mais il m’a profondément touché, je suis déstabilisée. A l’heure actuelle, je n’ai plus très envie de poursuivre mes histoires de fesses sur meetic, même si, ce soir, je passe la soirée (et, a priori, la nuit, le jeu de Victoire me l’a prédit) avec un meeticboy que j’ai déjà rencontré. Ai-je déjà fait le tour de cette aventure-là ? Je ne sais pas encore. Quoiqu’il en soit, je me suis permise d’envoyer un mail à Julien pour le rassurer sur ses doutes d’hier et lui préciser que j’étais fautive, dans cette histoire.



