Curieusement, je ne prends pas trop ça pour un compliment

Les hommes sont parfois des êtres étranges. Les femmes aussi, évidemment mais nous sommes toujours dans le cadre de la semaine du sexe et je n’ai jamais couché avec une femme donc on les exclut de l’article, vous pourrez en parler en comms, messieurs, si vous voulez.

Donc, les hommes, je disais. Parfois, je suis étonnée par le sens de l’à propos et leur délicatesse à des moments où ce n’est pas le moment. Prenons par exemple un garçon que nous appellerons Thierry. Suite à une partie de jambes en l’air, le jeune homme me recontacte sur MSN et ça donne en gros :

Lui : Tu vas bien ?

Moi : Oui

Lui : On baise ?

Moi : Non, pas le temps.

Bon y avait plus de chair quand même mais en gros, lui était chaud bouillant, moi froide crevée. Oui, mon nouveau boulot est TRES prenant (mais je ne me plains pas, j’aime bien). Donc la conversation alternant les « et tu deviens quoi ? On baise ? », j’ai multiplié les non, il était clair que je n’étais pas dans le trip et là, attention : « c’était bien la dernière fois, tu [fffffffff] drôlement bien, on sent bien que c’est ton truc ». Bon, je vais me pincer le haut du nez là. Oui, le monsieur voulait me faire un compliment mais ce genre de déclaration, hors contexte torride, je sais pas pourquoi mais ça ne me flatte pas plus que ça. Voire pas du tout, en fait.

Autre cas, je discute avec un mec hautement hot sur MSN mais il est important de signaler qu’au début, le mec ne sait pas à quoi je ressemble. Il veut me voir là de suite à tout prix mais je refuse. Non que j’ai pas envie de le voir mais je suis en indisponibilité technique et pour pousser le vice, je lui explique même que pas de bol,  mes règles avaient en plus 15 jours de retard (nouveau boulot = stress quand même = mon corps me le fait payer). Je suis d’un glamour quand je m’y mets… Et là, le mec insiste pour qu’on se voit, « non, j’ai mes règles, c’est dégueu, pas agréable, laisse tomber » et il me sort : « j’ai envie de toi ». Rappelons qu’il n’avait pas vu ma tête et que je discourais sur mes règles depuis 10 bonnes minutes. Alors soit ce mec est un vampire, soit il a pas vu de femme à poil depuis une éternité. Pourtant, au vu de sa photo , c’est un magnifique lot. Mais bon, tout ça pour dire que là encore, le « j’ai envie de toi » ne m’a pas flatté une demi nano seconde. 

Mais pourquoi ils nous disent parfois ce genre de choses ? Autant dans le feu de l’action, ça ne me gêne pas du tout parce que voilà, c’est le contexte donc là ok. Quoi que faut pas que ça fasse « dans les films pornos que je regarde, le mec dit « han t’aimes ça, salope ! » donc je vais dire pareil » parce qu’au mieux, je vais exploser de rire, au pire, je vais me demander sur quel tocard je suis encore tombé. Faut que ça soit naturel et si vous ne dites rien, personne ne vous en voudra (comme si c’était le moment de faire des discours). Mais là, dans une conversation pas du tout hot, c’est juste… incongru. J’ai des talents de [ffffff] ? Ouais bah cool, ravie que ça t’ait plu mais je me serais passée
de cette déclaration. J’avais bien remarqué que ça t’avais plu, j’étais là, aussi…


Alors j’imagine qu’il existe aussi nombre de filles qui ratent les moments X et vous sortent de nulle part des « haaaaaaaaan, j’ai envie de ta grosse queue toute dure, là » alors que vous étiez en train de lui raconter que vous aviez eu quelques soucis sur un dossier… J’en suis même absolument persuadée, en fait.

Alors mesdames, messieurs, soyons des êtres de bon goût : ce genre de phrases,  on apprend à les sortir au moment adéquat parce que sinon, ça me donne juste envie de dire : « T’as qu’à le dire que t’en as rien à foutre de ce que je raconte. » Puis je ne trouve pas ça hyper respectueux. Si je dis non, ce n’est pas pour me faire désirer et faire mon effarouchée, c’est juste que j’ai pas envie parce que je suis fatiguée ou en pleine marée rouge (ahem) donc merci de changer de sujet.

Non mais…

La bise post coïtale

Les hommes ne cessent de m’interpeller tant leur conduite me paraît aller en dépit du bon sens des fois. Article misandre ? Si peu ! En fait, je voulais parler d’une étrange pratique qu’ont certains. Après un coït, au moment de se séparer, ils nous font la bise. Charmant.

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Je suis une embrasseuse affective. Ca veut dire que moi, j’aime embrasser et j’aime qu’on m’embrasse et mon mec, je suis toujours en train de le papouiller (enfin, en privé, en public, je sais me tenir). Quand je suis avec un mec juste pour une partie de jambe en l’air, j’aime bien qu’il m’embrasse aussi, ça fait partie de l’excitation, c’est comme ça. Donc quand après une brouette endiablée (ou pas), monsieur me fait la bise, je le vis relativement mal, quand même. Après tout, il a visité mon intérieur, ça me paraît un peu normal qu’il me fasse un vrai bisou quand on se sépare. T’en fais pas coco, c’est pas parce que nos lèvres se touchent quand tu t’en vas que je vais commander ma robe de mariée.

Pourquoi je n’aime pas la bise post-coïtale ? Parce que manque plus que le mec me file un billet et c’est la complète. Oui, la bise post-coïtale me fait sentir pute, c’est un fait. Genre « Mmm, c’était sympa ce petit coït, faudra qu’on se remette ça. Allez, porte toi bien et bonjour à ton chat ! ». Il croit quoi, lui ? Que je couche avec tout le monde ? Non, je ne donne pas non plus mon corps à n’importe qui donc j’aimerais tant qu’à faire que ce moment particulier se prolonge jusqu’à ce que la porte se referme. Même avec mes plans culs. Après tout, il faisait moins la chochotte quelques temps plus tôt, sa langue était bien dans ma bouche, alors bon… Pourquoi à partir du moment où je suis resapée, ses lèvres n’atterrissent plus que sur mes joues ? Pour moi, la bise post coïtale ne peut être acceptée que dans un cas extrême, à savoir en sortant de l’hôtel où on vient de partager une brouette avec un homme marié qui ne peut pas nous embrasser dans la rue. Sinon non.

Je m’étonne même de rédiger cet article tant certaines choses me paraissent évidentes mais apparemment, on ne fonctionne pas toujours pareil, hommes et femmes. La première fois, c’était Benoît, beau spécimen de connard qui m’avait fait le coup : il arrive et une fois qu’il a eu sa fellation jusqu’au boutiste, il m’explique qu’il doit repartir bosser et me claque la bise. Depuis j’ai compté, 4 autres mecs m’ont fait le coup dont le dernier vendredi soir (d’où cet article aujourd’hui). Non mais je suis quoi pour vous, sans déconner ? Votre égoût séminal ? « Excuse-moi, je passe juste jouir, je t’embêterai pas trop longtemps ». Oui parce que curieusement, à part deux, ce sont des cas typiques de « bon, j’ai tiré mon coup, on va pas passer la nuit ensemble non plus ». Ah, tiens, j’ai un pouvoir magique que je connaissais pas, je peux tout à fait passer pour une poupée gonflable… Sauf que la poupée gonflable, on la lave et on la range soigneusement. Désolée mais c’est un peu facile de tirer son coup et de pas assumer le service après-vente. Parce que si vous avez la flemme de bien faire les choses jusqu’au bout, payez vous une pute. Parce que je suis peut-être gratuite, moi, mais je suis sensible. J’en ai marre de me faire traiter comme une merde par un mec qui vient juste de se retirer de moi. A moins que son amabilité ne soit liée qu’à son érection.

Le pire c’est que ces mecs là, on les traiterait comme ils nous traitent, ils le vivraient super mal genre « je suis tombée sur une salope qui m’a baisé et s’est cassée sans demander son reste, c’te pute ». Ils seraient tout cassés dans leur virilité. Et ça leur ferait pas de mal. Franchement, même avec un plan cul, je fais pas la bise, je trouve ça mesquin et déplacé, tout simplement. C’est bon, j’ai compris qu’on n’était pas ensemble, c’est pas une raison, merde. En plus, c’est le genre de mec à vous appeler juste pour vous baiser. Ils s’en foutent
de votre vie, de ce que vous foutez, de ce que vous pensez et même comment vous vous appelez. Soyons claire, nous sommes des objets et c’est tout alors ferme-là et mets toi à quatre pattes, s’il te plaît, histoire que je tire mon coup et que je me casse, j’ai pas que ça à foutre non plus. Mais monsieur, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas un couple que tu ne me dois pas un minimum
de respect. En tout cas, t’étonne pas que je ne veuille plus te voir après ça. Démerde toi avec ta main droite, elle, au moins, elle te demandera rien, juste un coup de savon après le coït.

(désolée, la version audio est pétée, ça fait deux fois que je la refais et qu’elle passe pas)

De l’’art d’’être un bon coup

Qui n’a jamais eu à répondre à la question : « alors machin(e), c’est un bon coup ? ». Là, vous savez que les trois petites lettres que vous allez sortir dans la seconde qui suit va faire une réputation à votre partenaire de couette. Et croyez pas qu’entre nous, on est gentils. Perso, quand un mec m’a pas comblée, je ne dis pas qu’il assurait. Bon, je dis pas méchamment que c’était un mauvais coup non plus, juste que moi, j’ai pas apprécié.

 

Pourquoi cette nuance ? Pour épargner le monsieur ? Mais il le saura jamais ce que je raconte à mes coupins, coupines alors c’est pas très grave. Non, si je dis ça, c’est que pour moi, ça n’a pas été un bon coup, ce qui ne veut pas dire qu’il ne le sera pas pour d’autres. En effet, chacun et chacune d’entre nous a ses préférences en matière de sexe. Si un(e) dominé(e) tombe sur un(e) autre dominé(e), bon, a priori, ce sera pas l’extase. De même si deux dominants se croisent. Parce que chacun a ses petites préférences, faut pas croire, et c’est pas toujours évident de glisser ce genre d’infos à son partenaire, surtout pour un coup d’un soir ou à peine plus. Je suis pas du genre à faire « salut, je m’appelle Nina, j’adore pratiquer le salto libanais et la turlute nippone mais franchement, le poirier thaï, ça m’emmerde. On baise ? ». Bien sûr, il ne s’agit pas de subir sans essayer de guider notre partenaire. Bon, évidemment, il faut le faire avec classe car un « mais putain, je sens rien, arrête, on va pas faire comme ça ! », ça vous fait débander un homme et il repartira, sa fierté et sa libido dans les chaussettes. L’idéal, c’est d’essayer d’amener subtilement l’autre à ce que l’on veut en glissant de façon à peine remarquable d’une position à une autre, par exemple. Bon, c’est pas toujours évident non plus, certains sont partis sur leur truc et impossible de les faire dévier de route.

 

L’autre soir, j’ai vu un épisode de Sex and the city où Carrie baise avec un mec qui la défonce, au sens propre comme au sens figuré. En gros, elle sort de là, mâchée, endolorie de partout. Le monsieur la recroise dans la journée et lui propose de remettre ça et là, grosse gêne « non mais tu comprends, heu… Moi, moi, je croyais que c’était juste pour cette nuit… ». Très franchement, ça m’est arrivé, une fois. Je fais l’effort de partir de chez le monsieur la tête haute alors que j’ai tout mal partout, de gros bleus à la limite du noir qui fleurissent. Non, c’était même pas un vieux plan SM, juste un garçon maladroit, je pense, et très préoccupé par la performance. Et là, je me suis demandée comment j’allais esquiver notre prochain rendez-vous, déjà programmé. Je voulais pas lui faire de peine… Mais je savais pas si mon corps allait tenir le coup. Mais bon, j’ai toujours tendance à accorder une seconde chance, ne sait-on jamais. Plus on se connaît, mieux on se comprend, nan ?

 

De fait, il n’existerait donc aucun mauvais coup ultime ? Je sais pas. Car supposer que le mauvais coup absolu existe sous-entend que le bon coup absolu existe aussi. Je me souviens d’un jour où une amie proche me confia être inquiète car elle avait couché avec un mec réputé être un « bon coup » et qu’elle n’avait pas super apprécié. « Bouhouhou, je suis frigide ! ». Mais non, cocotte, on ne délivre aucun label « bon coup » et pourquoi ce serait toi qui serait frigide ? Peut-être que monsieur oublie certains préliminaires ou vous n’êtes juste pas compatible. Perso, mon meilleur coup de la vie, élu par moi et moi-même, il avait des « habitudes » qui, à mon avis, ne plaisent pas à toutes. Bon, il avait la qualité, parfois rare, de beaucoup s’occuper de sa partenaire, j’ai notamment souvenir de quelques tripotages « tout pour moi ». Bon, évidemment, j’avais des sentiments très forts pour lui, ça a dû aider. Pour le 2e meilleur coup de ma vie, si y avait pas de sentiments au sens amoureux du terme, j’avais (et j’ai toujours, d’ailleurs), beaucoup de respect et d’affection pour le monsieur. Mais disons que nous avions des jeux particuliers et nos « rôles » se complétaient à la perfection, ça tombait bien.

 

Tout ça pour rassurer ces messieurs dames : nous ne pouvons être de mauvais coups ? Ben, honnêtement, si je devais définir un mauvais coup, pour moi, ça serait a) éjaculateur précoce, b) me brouette comme si j’étais une poupée gonflable, genre je vais et viens comme une brutasse, sans subtilités et sans savoir ce qu’est un clito, mon cou, mes oreilles, mes lèvres… Bref, je sais pas s’il me brouette ou s’il fait ses pompes, c’est pas clair, là… Mais c’est un cas extrême. Peu de mecs sont de vrais éjaculateurs précoces permanents (bien sûr que des fois, ça arrive, mais pas systématiquement) passé un certain âge, je pense. Et pas mal de mecs se complaisent à nous donner du plaisir, ce qui doit les revaloriser, je pense. Comme j’aime donner du plaisir à un homme, c’est pas péjoratif, ce que je dis. Donc ils ont compris que le clito, c’était pas juste un mot rigolo, fallait voir à s’en servir.

 

Donc pour moi, plutôt que de classer un mec dans la rubrique « mauvais coup », j’ai l’honnêteté de dire que lui et moi n’avions pas d’entente sexuelle. Après tout, c’est pas un drame, ça arrive à tout le monde.

Meetic

(Troisième sketch de mon one woman show que je jouerai jamais mais ça m’éclate de l’écrire quand même)

Bon, tel que vous me voyez là, je suis célibataire. Bon, alors, j’ai beau me dire que c’est pas grave, on me fout la pression quand même. Genre, ma meilleure amie : « Il serait temps que tu te trouves un mec, tu vires aigrie », ma grand mère : « alors, c’est quand que tu nous présentes ton jules ? ». Ma tante : « Alors, c’est toi la prochaine à te marier ! ». Ma mère : « t’es sûre que t’es pas lesbienne ? ». Non mais oh, je fais ce que je peux ! L’amour, ça se trouve pas comme ça, d’un claquement de doigts. Je vérifie, tous les soirs, qu’il n’y a pas un beau mec caché sur mon lit et ça n’arrive JA-MAIS. D’un autre côté, un inconnu sous mon lit, je suis pas sûre de bien le vivre sur le coup.

meetic

J’ai donc décidé de prendre mon destin en main. Comme j’ai compris que je ne trouverai pas l’amour au boulot, à moins de devenir sourde et aveugle, l’amour, je le trouve là où il se présente, sur meetic. (S’asseoit et tapote sur un ordi). Alors, je tape ce que je veux comme mec, voyons voir… Brun, grand, athlétique, les yeux bleus, parlant anglais, russe et croate, bac+5 et plus, riche… Oh, ça va, puisque je peux choisir, je vais pas prendre un smicard ! Vous avez le choix entre Brad Pitt dans un château ou le mec qui zone toute la journée au PMU, on sait tous quel choix vous allez faire. Bon, hop, je rentre tout ça et… aucun profil ne correspond à ma demande. Bon, je crois que je suis trop exigeante, là… Bon, on va regarder ce qu’il y a dans ma ville, pour voir. (montre son écran avec son doigt). Non… Non… Non… Ahahahahah, non ! Ah, lui, il est mignon. Ah, il est en ligne, je vais passer sur sa page et attendre qu’il me contacte sur le chat. Oui, meetic, c’est comme dans la vie, c’est à l’homme de nous courtiser, faut pas déconner non plus. Bon… Ah, j’ai un message sur le chat, gagné ! Ah non, c’est pas lui, c’est qui qui me parle ? Raymond, 57 ans… « Est-ce que tu veux faire l’amour ce soir ? ». C’est une blague ? Alors que les choses soient claire, je n’ai rien contre les quinquas, mes parents le sont, justement… Mais avoir des relations sexuelles avec un gars qui aurait pu être dans le berceau voisin de mon père, c’est complètement impossible…Bon, je vais lui répondre (tapote) « Non, mer-ci, je-ne-suis-pas-in-ter-res-sée ». Ah, il me répond : « t’es frigide ? ». Mais c’est quoi ce site ? Pervers.com ? Bon, je ne lui réponds plus, ça ne sert à rien. Ah, en voici un autre : 29 ans, bac+5. Bon, y a pas sa photo donc à priori, ça veut dire qu’il est soit moche, soit marié, soit qu’il n’a pas 29 ans… Voire les trois en même temps. Bon, il me demande gentiment comment ça va, répondons lui. (tapote)« Ça va et toi ? ». Il me répond : « Oui, c’est quoi ton prénom ? ». Ouh, je sens la conversation passionnante, là. Bon, je vais lui répondre, on ne sait jamais. Il veut savoir mon âge, maintenant… (tapote)« C’est écrit sur mon profil, tu sais pas lire ? ». Non mais on va pas lui mâcher le travail, non plus ! Ah, il me répond : « quelle est la taille de tes pieds ? ». Hein ? C’est quoi cette question ? Il est podologue ou quoi ? (soupir) Bon, répondons lui, on sait jamais… Des fois que j’ai besoin d’aller chez un podologue, un jour. Il me répond : « j’adorerais te les lécher ». Bon, ok, on passe au suivant.

Bon, bonsoir, ça va, oui, début classique. Il me demande ce que je fais dans la vie… Des fois, je me demande à quoi ont servi les 15 minutes que j’ai prises pour remplir mon profil… (se lève). L’autre soir, j’ai discuté avec un homme : il était beau, il était drôle, il m’a parlé de Mozart et de villa en Toscane, de couchers de soleil, d’escapade à Venise et d’aurores boréales. Moi, j’étais toute émoustillée, je m’imaginais cheminer main dans la main avec ce poète cultivé, homme de goût… La preuve, il me drague. Je croyais l’avoir trouvé, l’amour, le vrai. Il m’a demandé un rendez-vous, j’ai accepté. Il était beau sur sa photo, on aurait dit Sean Connery, jeune. Je vous rappelle que je refuse de tomber amoureuse de gens ayant l’âge de les parents ou plus. Donc je l’imaginais, arriver dans son manteau long, une écharpe négligemment jetée autour du cou, l’œillade irrésistible, un sourire à faire fondre la banquise. Oh Sean, je suis à toi, épouse-moi, prends-moi, fais de moi ta chose ! Donc, j’étais là, dans la rue, je l’attendais mon Sean Connery, la tête pleine de rêves ! Il est arrivé et là, et là… C’était plus Sean Connery mais Mister Bean… J’ai un peu déchanté quand même mais sur le coup, je me suis dit : « c’est pas grave, il a la beauté de l’âme… ». Mais quand au bout de dix minutes, il m’a demandé si on allait directement à l’hôtel, j’ai compris que la beauté de l’âme non plus, il ne l’avait pas !

Bon, y en a qui trouvent l’amour par meetic, quand même, faut pas exagérer. C’est pas parce que moi, je suis mal tombée que c’est le cas de tout le monde. Et puis meetic a un côté positif quand même : c’est de la drague lourde comme en boîte mais là au moins, personne ne vous met la main au cul…

Laurent

Ce matin, je me suis levée avec des fourmis au creux des reins, une envie soudaine de faire de jolies brouettes en attendant le retour d’Arnaud, la semaine prochaine. Je saisis donc mon téléphone et envoie un texto plein d’amour et de romantisme à mon plan brouette régulier, Laurent. Message : « Tu es dispo demain soir ? » Réponse : « non, j’ai une copine maintenant ». Ah ben merde ! A une semaine près, c’est moi qui répondais ça… Quelle lose, quel froissement de mon ego surdimensionné… Du coup, je replonge dans les souvenirs et voici mes histoires de brouettes avec Laurent.

Un jeune homme chaud bouillant

Tout a commencé sur le blog de Nicolin, je faisais l’andouille, pour changer, quand Agnès me demande si je suis une vraie blonde. Non, lui répondis-je, je suis châtain clair. Elle me file alors l’adresse MSN d’un mec qui cherche une blonde. Amusée, je rentre l’adresse dans mon MSN et me voilà en contact avec un garçon à la photo plutôt plaisante. On parle un peu, il me veut, là, de suite, mais je calme un peu ses ardeurs. Non, on ne baisera pas ce soir, j’ai autre chose de prévu (je me souviens plus quoi), je ne suis pas disponible avant le vendredi : rendez-vous avec Nicolin et Reno le mercredi, soirée brouette le jeudi (ça a foiré, heureusement, vu celle du mercredi qui m’avait épuisée). Je lui réserve donc mon vendredi soir en lui précisant que, non, on n’allait pas directement chez lui mais on passait d’abord boire un verre, au cas où. Mais que ce jeune homme est pressé ! Il n’empêche qu’il me plaît et que, en plus, j’adore son prénom. Coucher avec un Laurent, un de mes fantasmes va se réaliser (oui, je sais, j’ai des fantasmes à la con).

Vendredi soir, 21h. Ce rendez-vous tombait à pic car il me permettait de ne pas faire tout le trajet avec mon chef de rubrique d’un webzine où je bosse qui me met mal à l’aise parce que je ne comprends pas bien ce qu’il me veut, s’il regarde tout le monde avec ce regard libidineux ou pas. Bref, je quitte donc la rame plus tôt pour rejoindre le mystérieux Laurent. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, notre discussion MSN m’avait un peu interpellée : d’un côté très chaud et un peu lourd, de l’autre un gars qui me paraît pas mal intéressant. A sa demande, j’avais mis un décolleté qu’on devrait appeler « dépoitriné », à ce niveau là. Je sors du métro, il est là, il m’attend. En photo, il était mignon. En vrai, il l’est tellement plus ! Blonds, yeux bleus, bien fait, bien habillé… J’ai une pensée pleine de gratitude pour miss Agnès !

Comme convenu, on se pose au premier café venu, je commande un coca, lui un demi. Je précise que je venais déjà d’en boire un lors de ma réunion média qui avait précédé. On commence à discuter de tout et de rien, il me parle de ma passion pour la photo, nous voici avec un point en commun. Il est étonné par mon accent, j’avais omis de lui préciser que j’étais une petite provinciale. Lui-même vient de Bretagne. C’est fou la côte que j’ai avec les Bretons ou personnes assimilées (je parle de toi, là, charmant lecteur) : Arnaud est aussi Breton. Arnaud est aussi blond avec des beaux yeux, il aime la plongée et est allergique aux chats, tout comme Laurent ! Tout ceci s’annonce compliqué, je dois être attentive à ne pas confondre les deux ! Bon, on discute, le serveur nous fait un numéro pas possible en manquant de renverser le demi sur les genoux de mon charmant compagnon, il fait semblant de trébucher, à un moment…Bref, il en fait des caisses.

Doigts de fée

A un moment, je sens sa main commencer à effleurer très imperceptiblement ma cuisse mais ses caresses s’intensifient un peu, je suis troublée mais je feins le contraire. C’est à ce moment-là que Clara, qui devait venir vivre chez moi la semaine suivante appelle. Je lui fais aimablement comprendre que je ne suis pas seule. « Ah, tu es avec le Marseillais ? » Bon, je vais encore la sidérer mais je lui réponds la vérité. Et l’autre qui continue à me caresser la cuisse, je n’en peux plus. Finalement, j’abandonne mon coca que je ne parvenais pas à finir et nous voilà partis chez lui. Cinq étages sans ascenseur, aïe ! On récupère un peu notre souffle et là, il me fait : « Je peux t’embrasser ? » Non, banane, je suis venue chez toi juste pour qu’on joue au scrabble. Comme je lui donne mon autorisation, il s’exécute, il embrasse bien, j’aime bien ses lèvres, un peu épaisses, c’est super agréable. Il me pousse délicatement vers sa chambre (son appartement est tout en long) et nous atterrissons sur son lit, c’est parti pour un long effeuillage très agréable. Il est très adroit avec ses mains, il sait y faire, ce garçon, c’est prometteur.

Effectivement, je vibre sous ses doigts, quel délice ! Je lui ôte son caleçon et là, SEIGNEUR DIEU ! Généralement, je reste discrète sur les proportions anatomiques de mes conquêtes mais là, ça vaut vraiment la peine d’en parler. Sans exagérer, elle avait des proportions impressionnantes, tant en longueur qu’en largeur. Bref, comme je suis bien élevée, je m’en occupe dignement, sans laisser paraître mon étonnement. Après d’exquis préliminaires, voilà le moment X, il enfile une capote et là, je comprends plus trop ce qu’il fait, si ce n’est qu’il est en train d’imprimer sa montre dans ma cuisse et ce n’est pas super agréable. Messieurs, si vous pouviez penser à enlever votre montre à ce moment-là, ce serait super appréciable. Et là, c’est le drame : panne. Je le rassure gentiment et il me fait : « non mais ça me le fait tout le temps la première fois avec une fille, c’est pas grave ! ». Bon, d’accord. On fume, on discute, j’adore ce mec, la soirée est vraiment magique, malgré le faux départ. Deuxième tentative, il commence à me caresser gentiment puis ses doigts se glissent mine de rien vers mon intimité dont il s’occupe à la perfection. A ce moment-là, j’avoue avoir pensé : « lui, il a été lesbienne dans une vie antérieure, c’est pas possible ! ». Je trouve que la plupart des mecs n’ont pas compris que notre intimité, c’est fragile, faut pas y aller comme des bourrins. On me rétorquera que les filles ne sont pas toujours très précautionneuses avec le pénis du monsieur,  c’est vrai aussi. Bref, tentative deux : au bout de trente secondes de pénétration, re-panne. Troisième tentative, je prends les choses en main (si j’ose dire), il me fera pas le coup de la panne, cette fois-ci ! Sauf que je suis tellement douée en préliminaires qu’après deux minutes de chevauchage, il m’informe poliment : « j’ai joui ». Là , je commence à penser : « gros zizi, mauvais coup ». Heureusement, la quatrième tentative a été la bonne. Le lendemain matin, on se réveille doucement, il commence à me caresser innocemment et glisse vers le centre de mon plaisir. Et c’est reparti pour une brouette, quel gourmand !

Plongée et vie sous-marine

En dehors des brouettes, j’ai beaucoup aimé la soirée, on parle tout à fait sans tabou. Bon, évidemment, à partir du moment où un mec visite mon intimité, on peut parler sexe. On discute donc de la nécessite ou non de ne pas coucher le premier soir et de ce qui est le plus agréable pour un mec en matière de fellation et de pénétration. J’avoue que je me pose toujours beaucoup de questions sur le plaisir masculin et j’aime pas avoir des opinions sur le sujet. D’ailleurs, à un moment, il râle car il ne reste que quatre préservatifs (c’était quand même deux heures du matin) et je lui réponds que j’aurais dû amener les miens. « Non, je ne rentre pas dans les normaux, ils me serrent trop ». Oui, tu m’étonnes !

Il m’a aussi montré des photos de son voyage en Thaïlande, dans le Sahara, puis on a regardé des reportages sur la vie sous-marine. Le lendemain, je pars un peu vite car je devais repasser chez moi me doucher et faire le ménage avant l’arrivée de Clara, j’ai des courbatures partout… Ça m’apprendra à avoir une vie sexuelle de débauchée. Alors que je pars, il me demande quand on se reverra, ce qui me fait plutôt plaisir : je lui ai fait grande impression à celui-là.

La semaine suivante, je vis donc en colocation avec Clara et je rencontre Arnaud mais ce n’est pas pour autant que je vais abandonner Laurent. Le week-end, puisque Clara s’en va vivre ailleurs (chez son meilleur ami), me revoilà à nouveau chez lui. Il vient me chercher au métro car j’étais plus sûre de me souvenir du trajet exact (pourtant simple comme bonjour), il arrive et m’embrasse. C’est étrange, je ne suis plus habituée à ce qu’on m’embrasse dans la rue, ça me fait bizarre… Nous revoici chez lui, on passe de suite à l’essentiel puis on discute tranquillement en fumant. La nuit est très agréable, pas de panne cette fois-ci. Au moment de se coucher, il m’explique qu’il aime bien s’endormir devant un film. Personnellement, j’avais passé la nuit précédente en boîte à faire l’amour à un poteau donc je sombre très vite dans le sommeil. J’ai du mal à dormir, pourtant, je me réveille de temps en temps, il regarde toujours ses films. A un moment, j’émerge et j’entends de l’anglais, je regarde l’écran : un dessin animé en VO, je regarde l’heure : 6h30 !! Et bien, j’en connais un qui va avoir du mal à aller bosser. Effectivement, réveil difficile, on se loupe en beauté et même pas de brouette. A peine éveillé, il allume une clope puis va se doucher tandis que je m’habille tranquillement et on repart en même temps.

Les histoires de brouettes ne se terminent pas toujours en apothéose

Troisième rencard. Durant la semaine, je vois deux fois Arnaud mais il ne se passe rien donc je file à nouveau rendez-vous à Laurent, sachant que je ne serai plus disponible après. Le problème, c’est qu’Arnaud est motard donc quand on sort, c’est en moto, et je suis fragile donc dans la journée, je commence à être un peu enrhumée, je me sens super vaseuse dans le métro mais je poursuis ma route : je peux plus annuler, à présent. J’arrive et je suis accueillie par un bisou et un : « J’ai arrêté de fumer, je suis énervé ! » Rappelons que la première chose que fait ce jeune homme au réveil, c’est de fumer. Bon, je la sens mal, la soirée. Hop, on débute par l’essentiel, brouette grande classe avec des préliminaires qui me font grimper aux rideaux. Bon, ça va. Après, il allume la télé et nous voilà à regarder Koh Lanta, émission que je ne connaissais pas. Bon, maintenant, je comprends pourquoi je ne regardais pas. On mange des graines de tournesol, en attendant, ça l’aide à ne pas fumer mais ça ne l’empêche pas de m’en taxer une à un moment (alors que j’avais décidé de ne pas fumer pour ne pas le tenter). A un moment, mon nez commence à couler donc j’attrape un mouchoir et là, il me fait : « tu es enrhumée ? » Je sens que ça ne lui plaît pas, mais alors pas du tout. Effectivement, ça jette un froid (c’est le cas de le dire). Je le taquine un peu en lui disant : « Quoi, t’as peur que je te le refile ? Non mais j’aime pas ça, ça me dégoûte ». Après ça, on regarde le début de « mon incroyable fiancé », une émission totalement bidonnée donc il lance un film sur son PC, « Good Bye Lenin » que je connaissais déjà mais ça me dérangeait pas de le revoir. Au départ, je me colle contre lui pour câliner un peu mais il m’adresse un charmant : « mouche-toi ! » Bon, ok, je vais rester de mon côté. Fin du film, il repart en boucle, je sens que je vais encore bien dormir : Laurent dort et ne s’en est pas rendu compte, je ne connais pas son pc et n’ose pas l’éteindre moi-même. Dieu merci, à un moment, il se réveille et me gratifie d’un mini câlin et il finit par éteindre l’ordinateur, merci bien. Au réveil, le lendemain, j’ai droit à une autre brouette puis il me taxe des cigarettes, on se rendort jusqu’à tard, devant la télé. A nouveau réveillés, je commence à me sentir fiévreuse, on regarde quelques documentaires sur la 5 puis je finis par m’habiller et partir, après un petit bisou. J’ai la sensation que c’est la dernière mais pas tant parce qu’il va se trouver une copine mais plus parce que je vais sortir avec Arnaud.

Voilà, maintenant, c’est sûr, c’était la dernière. J’avoue que ça m’ennuie un peu que notre dernière nuit ait été aussi médiocre… Tant pis, je garde tout de même un bon souvenir de lui, dommage qu’on ne se revoit pas en toute amitié.

 

Meetic

(Je reprends l’introduction que j’avais faite sur meetic dans mon article sur Julien et je développe)

Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.

Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.

Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).

A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?

Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique
mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !

Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…

Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.

Pour l’heure, seules Victoire et moi sommes inscrites sur meetic, Gauthier est inscrit sur un site de rencontre gay dont je ne donnerai pas le nom car je ne suis pas sûre de m’en souvenir correctement.

L’avantage de meetic, c’est que ça simplifie énormément les choses : on se voit (enfin, on voit les photos), on se plaît, on se rencontre et, a priori, on baise (terme peundélicat mais tellement approprié). Ce que je trouve dommage, c’est qu’il n’y a que très peu de jeu de séduction : le plus dur est d’attirer l’attention de notre cible mais une fois que c’est fait, tout s’enchaîne à une vitesse folle.

Pour attirer l’attention, il y a donc le flash, peu efficace à mon avis car totalement impersonnel : je te flashe, tu me flashes, et ensuite ? Le chat est une bonne façon de lancer la conversation mais il faut voir que les membres les plus populaires ont une bonne dizaine de personnes qui leur tombe dessus en même temps donc pour sortir du lot, il faut savoir être pertinent. Pour ma part, pour répondre à un mec qui se fend d’un : « bonsoir », il faut qu’il soit vraiment irrésistible sur sa photo. Car, soyons honnête, sur ce site, l’attirance
physique est la base de tout. En même temps, parler d’une hypothétique attirance physique à partir d’une photo me paraît totalement disproportionné, d’autant que nous mettons tous des photos qui nous mettent en valeur (nous sommes là pour séduire, pas pour faire rire). Parfois, il m’arrive de répondre même si le gars ne me plaît pas forcément sur la photo car il a une approche sympathique mais il ne faut pas qu’il soit le quinzième à débarquer car je ne peux pas assumer trop de chats en même temps, surtout que je suis connectée à MSN en parallèle. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de
Benoît, un jeune homme fort sympathique qui ne m’a pas vraiment fait flasher sur le coup car sa photo ne lui rend absolument pas justice.

Mais j’avoue avoir une préférence pour les mails car je peux les lire à tête reposée sans qu’une dizaine de meeticboys me tombent dessus tels des rapaces sur leur proie. Cependant, un mail ne s’écrit pas en trente secondes, on est censé avoir le temps de le préparer donc je suis impardonnable sur les mails de trois mots bourrés de fautes. De par mon (futur) métier de journaliste, je passe la journée à écrire (et pas que ce blog, j’écris de vrais articles, aussi !) et je n’ai jamais apprécié la mauvaise orthographe, même si je suis indulgente.

Mais, messieurs, quand vous abordez une femme, même virtuellement, faites un peu un effort ! Si vous rencontriez une demoiselle dans la rue, iriez-vous lui parler en lui rotant à la figure ? Non, alors par pitié, faites un effort quand vous écrivez vos mails ! On a vraiment l’impression que vous les envoyez à la chaîne et que vous ne faites absolument pas attention à ce que vous écrivez. Pour ma part, je n’ai envoyé qu’un mail de prise de contact, je ne pense pas avoir été d’une originalité folle et, de toute façon, ça n’a pas abouti à
grand-chose. Le jeune homme m’avait flashé un nombre incalculable de fois donc j’avais pris les devants. Une fois en contact sur MSN, une lutte âpre s’est engagée, il m’a totalement résisté et, là, il n’a plus Internet donc fin de l’histoire.

Une fois le contact pris sur meetic, on échange très rapidement les adresses MSN pour discuter plus tranquillement et, généralement, nous savons très vite ce qu’il va se passer. Si notre interlocuteur nous demande une photo au bout de deux minutes, c’est qu’il en veut à notre vertu. En général, la conversation peut devenir très rapidement coquine selon la personne à qui on parle. Au bout d’une heure de chat, Benoît me parlait de sa folle envie de me connaître intimement et nous nous sommes donnés rendez-vous le lendemain. A partir de là, aucun suspense : nous nous rencontrons en sachant très bien que nous allons faire l’amour quelques heures plus tard donc aucun effort de séduction à faire, c’est un acquis. Par ailleurs, les conversations MSN permettent d’établir les pratiques sexuelles de l’un et de l’autre, les limites sont de suite posées…

Personnellement, ce manque de suspense me gêne un peu. Dans la drague réelle (discipline dans laquelle je suis très mauvaise), il est difficile de savoir si nous allons parvenir à nos fins ou non et, surtout, quand ça va arriver. Je me souviens avec émotion de ses premiers baisers qui arrivent enfin à un moment auquel on ne s’y attend pas forcément, cette agréable surprise qui fait battre notre cœur. Avec meetic, on ne sait pas exactement quand ça va arriver mais on sait que ça arrivera quoi qu’il arrive, sauf accidents.

Mon rendez-vous avec Julien,  hier soir, m’a permis de me rendre compte à quel point meetic avait perverti en un seul mois mon rapport avec les hommes. Moi qui suis en général timide (du fait d’un manque total de confiance en moi) et qui avance par sous-entendus pas forcément très clairs, je fais un rentre-dedans pas possible avec mes meeticboys. Ainsi, hier, je me retrouve à parler de relations sexuelles avec un garçon que je ne connaissais réellement que depuis une demi-heure, prenant pour acquis le fait que nous allions passer la nuit ensemble, ce qui fut un tort (et c’est bien fait pour moi). Je n’ai absolument pas cherché à briller par ma personnalité et, à la réflexion, je trouve ça assez pitoyable. Heureusement, le jeune homme n’a pas fui en courant en me prenant pour une droguée du sexe et a découvert au fil de la soirée qui j’étais (même s’il faut plus d’une soirée pour connaître une personne, cela va de soi).

Pourtant, je ne peux pas totalement diaboliser meetic dans la mesure où ce site me permet de m’amuser et de rencontrer des tas de personnes, sans pour autant les mettre dans mon lit. Ainsi, lundi, j’ai dîné avec un charmant jeune homme extrêmement sympathique que je n’aurais jamais eu l’occasion de rencontrer sans meetic puisque nous ne fréquentons pas les mêmes endroits. De toute façon, venant d’arriver dans la région, je ne connais personne donc pour sortir, ce n’est pas évident… Donc meetic me permet de m’amuser et d’égayer mes nuits mais également de me trouver des copains pour sortir et discuter. D’ailleurs, je passe mes soirées à jongler avec mes multiples chats MSN… Finalement, la drague sur meetic ressemble assez à la séduction en discothèque, la musique en moins. Des histoires peu sérieuses qui dureront une nuit, voire un peu plus…