La to do list des vacances

Application abusive de PowerPoint ou addiction à la performance ? Je ne sais mais force est de constater que je suis dépendante de mes to do list. Je liste consciencieusement tout ce que je dois faire et coche avec soin chaque tâche effectuée. Le petit frisson limite orgasmique en plus. Et comme ça marche bien pour le boulot, j’applique le principe à ma vie privée.

Donc les vacances arrivent et je me dis : profitons en pour :
– lancer mon blog week end sac à dos
– ranger mon appart pour un éventuel réaménagement de l’espace
– lancer mon blog loisirs créatifs
– écrire mes articles sur la Sicile
– cuisiner des trucs Siciliens
– refaire mon netvibes
– retaper mon blog
– me lancer dans la couture

Bref, une liste plus longue que mon bras dont je n’ai pas coché la moitié des points, bien entendu. C’est le drame de ma vie : je suis toujours trop ambitieuse dans mes prévisions. Non parce qu’en vacances, j’aime bien aussi lire, glander, voir mes amis, dormir… Du coup, je ne fais pas tout ce que j’avais ambitionné de faire. C’est mal docteur ?

Septembre 98 (je crois), je traîne avec Rachel et Yohann, mes meilleurs amis de l’époque. On discute dans ma chambre en listant tout ce qu’on avait planifié de faire et qui n’a jamais vu le jour. Et Yohann, fataliste « C’est toujours pareil les vacances, on prévoit toujours de faire plein de choses et finalement… »

Pourquoi vas-tu me demander, lecteur en manque d’un guide à la vérité facile dans ta vie. J’ai justement une théorie pour te répondre. Vois-tu, petit agneau, le temps, c’est comme l’argent : on se plaît toujours à rêver de ce qu’on fera quand on en aura. Qui n’a jamais joué adhérant une pub du loto à « que ferais-je de ces millions ? » (faudra vraiment que je joue un jour quand même, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise). Et bien le temps, c’est pareil. Prenons la semaine lambda du salarié moyen : au moins 35h sont consacrées au travail. Donc sur une semaine de vacances, on gagne au moins 35 heures à dédier aux loisirs. Alors évidemment, si on profite des dites vacances pour voyager, on va pas avoir trop de temps pour écrire ou cuisiner (quoi qu’en Sicile, j’ai pu écrire dans le bus). Mais on a parfois quelques jours de congés à domicile et là, on fourmille ! Puisque j’ai le temps, je vais pouvoir faire ça, ça puis ça ! Ébullition et enthousiasme du nouveau riche étourdi par tant d’opulence.

Seulement à dépenser nos minutes, à disperser aux quatre vents, le compteur file et nous voilà le dimanche soir pré rentrée, la gueule enfarinée. Tout ce que j’avais prévu et que je n’ai pas fait. De quoi nourrir l’éternelle langueur du « ah si j’avais le temps… ». Mais puisque le temps ne se multiplie pas, tu n’as plus qu’une solution : être raisonnable dans la to do list des vacances.

Ah, t’es revenue !

J’ai tendance à penser que nous sommes multiples, notre moi évolue en fonction des épreuves de la vie ou de ses joies, aussi. Il y a la Nina joyeuse, la Nina neutre, la Nina extatique mais aussi la Nina défaitiste et/ou déprimée. Les Nina down, je ne les aime pas, comme la plupart d’entre nous, je suppose, même si certains se droguent au spleen. Mon spleen m’emmerde car il ne génère rien si ce n’est de l’inactivité et de la frustration.

En 2011, j’ai plus souvent qu’à mon tour revêtu ma tenue de Nina la déprimée mollassonne. La faute à mon marasme certes mais j’ai eu des manques de combativité que j’ai eu un peu de mal à digérer, certains me restent encore en travers de la gorge. Si je me félicite aujourd’hui de certains choix de vie durant cette période, certains « à quoi bon » me rendent furieuse rien que d’y repenser.

Puis il y a eu la Thaïlande et cet incroyable moment de sérénité alors que nous discutions, Anaïs et moi, face à la mer. Vous savez, cette petite claque qui vous fait dire que, là, de suite, nous vivons un moment parfait. Puis l’annonce de la grossesse de ma soeur. Puis la naissance de la petite d’Anne. Bonheur, bonheur, bonheur. Quand soudain a surgi l’épreuve, la montagne dans mon océan rose bonbons, petits coeurs, petites fleurs. Après quelques instants de calimérisme, j’ai pris le problème à bras le corps, j’ai relevé le gant, grimpé sur le cheval pour mener mon combat. La phrase précédente est épouvantable mais enchaînons. Et là, face à mon miroir, je l’ai reconnue : Nina la lionne est de retour.

Et bien laissez-moi vous dire que ça fait un putain de bien. Si je traînasse toujours dans mes projets artistiques (adjectif prétentieux pour dire que j’ai décidé de me lancer dans la confection de bijoux et de vêtements en amateur, bien entendu), m’étant arrêtée à l’étape « achat du matériel », le reste s’enchaîne. J’ai fait preuve de force et de courage, sous l’admiration de mon entourage (et la mienne aussi, j’avoue, on a des réactions parfois surprenantes en temps de crise) et cette nouvelle force enclenche un cercle vertueux : je réécris ici et sur mon pc (j’atteins la page 20 de mon nouveau roman), j’ai des envies, des projets et je vais plus loin que de dire « j’aimerais tant », cf mon article d’hier. Mieux : je retrouve confiance en moi. Je sais ce que je vaux et je le vaux bien. Même à la chorale, je donne plus de voix qu’avant. Mieux dans ma peau et dans mes baskets, je suis là et bien là. Et y a quelques vieux dossiers que je dois solder.

Nina la lionne est de retour et j’en éprouve, outre de la joie, une certaine fierté et une nouvelle confiance. Parce que ces derniers temps, je m’enfonçais un peu dans les regrets, notamment par rapport à certaines renonciations sans se battre. Là, j’ai mené mon combat et je ressens comme une occasion de prendre ma revanche. Et c’est pas fini. Maintenant que je suis bien la tête hors de l’eau, je compte devenir une sorte de machine de guerre. En terme de performance et non de violence. Arrêter de me dire que certaines choses ne servent à rien. Oui, apprendre le russe ne me servira sans doute pas dans ma vie quotidienne mais et après ? Si ça me fait plaisir… Oui, peut-être que mes romans sont de fait sans intérêt mais si ça me plaît de les écrire… Oui, peut-être que je serai pas très bonne en couture ou confection de bijoux mais ça me permettra de m’occuper sans être le nez collé à mon pc. Et j’aurai essayé, au moins. Tout n’est pas utile mais faut bien se faire plaisir un peu.

Nina, version 2.012, lancement réussi.

NB : J’ai tout à fait conscience du côté abscons de cet article mais en gros, retenez que je vais bien, merci.

Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !

Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan. 


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Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

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Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

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Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus.   Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ? 

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Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…

En quel temps ?

Depuis hier se déroule un étrange phénomène sur ma boîte mail : le club des 5 essaie de se trouver un créneau. Le club des 5, ce sont 5 filles (dont moi, des fois que vous n’auriez pas compris) qui se cherchent un rendez-vous mensuel pour se retrouver et bitcher en toute tranquilité. Non parce que sinon, on se voit toutes hebdomadairement à la plongée mais c’est pas pareil. Mais drame : nous sommes toutes légèrement débordées.

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Je vous résume la situation : le mardi, mort pour tout le monde, plongée. Le lundi et le mercredi, Lena a danse. Le jeudi, Isabelle 1 (oui, y en a 2 sinon c’est pas drôle) a espagnol le jeudi, cette même Isabelle et Alice vivent en banlieue lointaine et le brunch le dimanche, ça fait chier et le samedi, c’est pas sûr parce que Lena bossera parfois. Je rappelle que nous cherchons un rendez-vous mensuel. Et voilà, le club des 5 est victime de cette maladie chronique : le manque de temps. Et encore, moi, j’ai pas trouvé mes activités de la rentrée (je suis toujours en pleine hésitation, j’ai raté les inscriptions à la mairie de Paris pour le russe. Ceci étant étant salariée, non parisienne et faisant ça pour mon développement personnel, je pense que c’était mort. Sinon, j’ai plein de trucs qui me titillent mais je sais que je n’aurai pas le temps pour tout).
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Pourquoi courons-nous toutes après des activités annexes ? Pour ma part, la réponse est simple : parce que j’en ai les moyens. Moyens financiers et j’ai pas de gamins à m’occuper en sortant du taf. Justement, je dois profiter de ce temps béni où je ne peux vivre que pour moi. Donc si les mardis sont pris, me reste 4 soirs par semaine plus deux jours de week-end à remplir. Si je le souhaite car je garde aussi du temps pour voir mes amis, mes amants ou juste pour glander. Oui, j’ai eu du mal à admettre que j’y avais droit mais si je prends ma soirée d’hier : rentrée tard (j’avais rien de prévu donc j’ai un peu avancé au boulot, sachant que ce soir, je pars à 18h20 et demain 18h donc bon…), je m’allonge « 5 mn » vers 21h40. Je me réveille à 22h30 au moment où mon chat se dit que c’est cool de dormir sur moi. Elle se love dans mon dos, un truc que j’essaie de lui apprendre depuis 6 ans. Oui, j’ai décidé que ce serait super que mon chat se pose sur mon dos et patasse un peu, histoire de me faire un petit massage et bouillote par la même occasion. Mais apparemment, mes seins sont plus confortable que mes reins, j’arrive à rien sur ce point. Alors pour une fois qu’elle le fait, j’allais pas la dégager. Du coup, je suis restée au lit et j’ai profité qu’elle reparte (la garce) pour virer mes fringues et roupiller. Donc oui, hier soir, je n’ai strictement rien fait MAIS j’ai dormi 9 heures en cumulé (ça tirait quand même ce matin, faut que la société arrête de croire que je peux être pro-active aux heures à un chiffre) donc cet après-midi, vers les 14-15h, je n’aurai pas de coup de pompe donc je serai efficace. Bon, je serai efficace au boulot donc mon épanouissement personnel ne se sent pas très impliqué MAIS si on considère que mon épanouissement personnel coûte quelques sous (aucun cours n’est gratuit, normal), vaut mieux que je sois efficace au boulot, quand même. Bref, j’ai le temps, j’ai l’argent, faut en profiter. Non parce que si je daigne un jour faire un(e) mini-moi, même si je peux le/la confier au papa quelques soirs, faut pas abuser non plus donc là, Güdrun oblige, pas de mini-moi en vue donc apprenons des choses.

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Alors évidemment, l’emploi du temps devient compliqué à gérer. Entre les amours et les amis, rien que ça, c’est un peu la quadrature du cercle surtout que toute personne normalement socialisée ne cesse d’élargir le dit cercle, au point de ne plus pouvoir voir personne. Si le club des 5 a pu se voir relativement facilement cet été, dès que la rentrée et les activités reprennent, c’est une autre paire de manches. Est-ce un espèce de mal urbain (peut-on réellement parler de mal en la matière ? Vous avez trois heures) d’essayer de combler à tout prix nos emplois du temps ? On pourrait croire à un mal de célibataire ne voulant pas se retrouver seul chez lui mais ça ne marche pas puisque Lena vient de s’installer avec son mec. Cyniquement, on pourrait alors en déduire qu’elle cherche à fuir l’appart commun mais ils font de la plongée ensemble alors même pas.Envie de se dépenser, de s’évader pour oublier ou éliminer notre stress ? J’y crois plus. C’est mon cas en tout cas. Outre le fait que j’ai envie de devenir une personne meilleure à mes yeux, je suis toujours à la recherche d’un équilibre et cet équilibre me paraît difficilement compatible avec le stress. Stress qu’il faudrait que je combatte à coup de yoga mais je suis pas sûre d’aimer ça, le yoga. La plongée, c’est mieux.

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Mais cette quête que nous semblons toutes avoir de ce petit plus, de cette envie d’apprendre, de maîtriser de nouvelles disciplines n’est-elle pas la résultante d’une société de la performance où l’oisiveté est combattue, méprisée ? Où il faut être toujours plus fort que le voisin, plus cultivé, brillant, multitalentueux ? Une société où l’on montre à la télé des exemples de médiocrité absolue, des jeunes ne sachant pas parler français passionnés de choses futiles, si tant est qu’ils soient passionnés, assoiffés de gloire facile, qui veulent être des « stars ». Stars de quoi, la question reste posée.

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Ou c’est juste parce que justement, à la télé, y a rien et plutôt que de se faire chier chez soi, on préfère s’occuper ailleurs.

PS : Sans vouloir faire ma féministe, le guide Eyrolles « s’organiser c’est facile » avec en sous-titre « pour les femmes » et l’image du gamin,ça sous entend que seules les femmes doivent gérer boulot et marmots ? 

 

Avec qui tu manges le midi ?

L’autre jour, j’ai assisté à une scène mignonne à mon bureau. A ma droite, Camille, stagiaire marketing. Dans l’open space qui passe à côté de nous : Eve-Marie, stagiaire commerciale. Bon, le fait qu’elles soient stagiaires importe peu. Elles étaient dans la boîte avant moi. Eve-Marie passe derrière nous (oui, je suis en open space et les gens se déplacent en permanence derrière moi. Autant te dire que la vidéo de fessée NSFW que j’ai vue passer sur Facebook ce matin, je la regarderai à la maison) et Camille l’interpelle « hé, tu manges quand ? ». Et là, drame « Heu mais heu… je mange avec les autres ». Ma pauvre Camille…

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Il faut savoir que mon nouvel environnement de travail est essentiellement féminin. Pour résumer : à la rédac, on compte en tout et pour tout deux hommes (dont un gay), au marketing (mon service), on est quasi à égalité, côté commercial, y a une majorité de femmes et côté dév… oui bon à part quelques graphistes progestéronnées, là, par contre, c’est très mâle. Mais à l’arrivée, on a quand même une bonne dominante féminine, même la DG et la PDG sont des femmes. Et forcément qui dit femmes dit histoires d’alliances, de clans… Et le déjeuner est un enjeu clé : dis-moi avec qui tu déjeunes, je te dirai qui tu es. Moi, c’est très simple, je ne déjeune avec personne. Sauf Vicky évidemment (notre niveau de fusion devient dramatique… pour les autres, j’entends) mais elle ne bosse pas avec nous. Mais pour les stagiaires, c’est un enjeu. Tu passes dans les populaires ou les ignorés en un rien de temps. Pour reprendre mon cas, y a des gens qui m’ignorent encore (des filles, essentiellement) quand on se croise aux toilettes. Non mais tu peux pas me faire croire que tu ne me vois pas dans un espace de quelques mètres carrés avec un gros miroir au bout ! Le mieux étant l’ascenseur, y a quand même une fille qui a réussi à ne pas m’adresser la parole pendant qu’on attendait l’ascenseur puis quand on est montées dedans, sachant que nos ascenseurs sont pour 4 personnes « un de plus t’es mort ». On a des ascenseurs particuliers, ils font peur et même que des fois, ils tombent. On m’a toujours dit « ne prends jamais l’ascenseur sans ton téléphone ». Ah. En fait, ils me font penser à un jeu vidéo que j’avais quand j’étais jeune où il fallait résoudre des énigmes pour ouvrir de nouveaux endroits et y avait un ascenseur tout pourri qui faisait plein de bruit. Ben voilà. Si quelqu’un a le nom de ce jeu vidéo avant que je devienne dingue de le chercher…

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Donc revenons-en au déjeuner parce que depuis que je suis ici, je me rends compte que c’est un moment particulier. Un moment où je n’existe pas. En fait, j’ai été traumatisée le premier jour : j’ai mangé toute seule. Dans toutes les boîtes où je suis allée (et ça commence à cumuler), on me proposait toujours de déjeuner le premier jour mais là, rien… Okayyyy… A l’arrivée, en quasi deux mois, j’ai déjeuné en tout et pour tout 3 fois avec des collègues (dont une fois avec la DG et le stagiaire ultra beau gosse, ce qui a fait de moi quelqu’un d’important pendant une demi-minute quand j’ai donné son prénom à la collectivité. D’ailleurs, je me rends compte que je l’ai oublié, son prénom. Mais il a 20 ans alors bon…). J’ai surmonté le traumatisme depuis et j’aime observer le bal des déjeuners. Il faut savoir qu’ici, comme dans beaucoup de boîte, il y a des clans. Dans mon ancienne boîte, c’était un peu patronnat contre prolétariat avec des sous branches (en gros la sous branche performance et la sous-branche social-media). Ici, c’est mouvant, ce sont de toutes petites cellules. Alors forcément, faut se placer. Pas de chance, en marketing, les gens aiment bien manger devant leur écran donc il faudrait, si je veux faire partie d’une équipe déjeuner, que je côtoie d’autres services. Sauf que je m’en fous un peu : j’ai suffisamment d’anciens collègues à fréquenter sans en rajouter de nouveaux (collègues tout court pas nouveaux anciens collègues, je compte pas encore changer de boîte). Mais il faut toujours avoir des gens dans ses petits papiers, ça sert quand tu as une demande spécifique à faire. Heureusement pour moi, je bois du café. Trop d’ailleurs.

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Mais la sociabilisation au boulot est un vrai enjeu. Après avoir fait un peu mon autiste pendant quelques semaines (résidus de traumatisme de mon taf passé, j’en reparlerai), je commence à me lier et à parler aux gens à la machine à café ou même au lavabo des toilettes. J’aime beaucoup parler d’une opération en cours avec la fameuse Eve-Marie tandis qu’on se lave collégialement les mains. En plus, là, le café est devenu gratuit, ça en fait un sujet de conversation avec tous ces gens que je n’ai pas toujours identifiés. Ma sociabilisation passera donc par l’hypertension, ok. Non mais faut vraiment que je me calme sur le café, je dors super mal en ce moment, je ne peux y voir qu’une relation de cause à effets (2 à 3 expressos par jour, c’est trop non ?). Mais bon, le déjeuner, c’est touchy. En plus, quand on me propose, j’ai pas toujours envie d’aller me gaver à la brasserie où le repas est bien plus cher que mes tickets restos et repas lourd le midi = inactivité partielle l’après-midi. C’est pas que je veux pas travailler mais ça bloque un peu, il semble que l’énergie que déploie mon corps à digérer est directement pris dans la partie « concentration ». Et contrairement à chez Pubilon, y a pas trop de jap dans le coin (c’est un peu plus léger).

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Du coup, Camille a mangé avec la rédac mode, je pense que c’était un meilleur choix pour la coolitude mais moins pour le côté pro. Choisis ton camp camarade !

Contractuellement vôtre…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Salut salut, chers lecteurs
Alors aujourd’hui, pour vous, la suite. En un mot comme en cent, le CDD.

Qu’est-ce qu’un CDD? Un Contrat à Durée Déterminée.
Benoît me dit, après l’épisode dit « de la culotte », la chose suivante (somme toute assez peu marquante dans la formulation, mais plus intéressante niveau interprétatif, ok promis j’arrrête de digresser). Benoît me dit donc :
« Bon. Je suis à Paris la semaine prochaine. On se voit? ».
Traduction : Benoît n’est donc pas un coup d’un soir.
Cependant, il ne m’a pas échappé que Benoît n’est que de passage furtif à Paris. Benoît ne durera pas.
C’est donc un?
Un?
Un CDD. Merci de suivre.
La belle affaire, un CDD.

Nina nous a raconté les affres de ses plans les plus nazes, de mecs qui font la bise pour pas s’engager, y a eu débat. Oui mais les hormooooones, tout çaaaaa (si si rappelez-vous…). Oui mais non. Je vous invite donc à entrer avec moi dans la catégorisation relationnelle. Même s’il est possible que je raconte un brin n’importe quoi. En fait, Benoît, par sa question, me fait comprendre qu’il ne sera pas qu’un one shot, et ce changement de catégorie me ravit. J’ai rien contre les one-shot, mais au bout d’un moment, c’est pas très épanouissant. Avec un océan d’écart, le Benoît,
il peut difficilement être plus qu’un CDD, et ça me convient. Ouais parce qu’entre mes 825 one-shots, ceux d’avant la re-virginisation, veux-je dire, j’ai eu un would be CDI, et ben la chute est dure. Trop dure. M’a fait chier, Guillaume. M’a fait de la peine. Moi pas vouloir ça. CDI pas bien. CDD mieux. Gnarf.

Qu’est-ce qu’un CDD, donc?
Un Contrat à Durée Déterminée. Sans engagement à la clé. Limité dans le temps. T’emballes pas ma belle, t’as vu où j’habite, t’as vu où t’habites? C’est pour le fun, toi et moi. Oui oui, bon, ça va, j’ai rien demandé, non plus, c’est pas comme si j’avais pas remarqué qu’il y a un océan entre toi et moi, ça va. Notons que par ce biais, le CDD reprend de la valeur ajoutée, lui qui est tout le temps dans l’ombre du CDI (cqfd, allez hop, soyons fous). C’est mal, la durée déterminée? Oulà mon dieu, non. Mais j’ai comme dans l’idée que l’homme a du mal à concevoir que la femme puisse ne pas être en attente de projets de vacances ensemble, et de
coups de fil enamourés, de justifications sur les soirées… Marrant, ça.

Re-visionnez la pub meetic, rules have changed (pas taper pas taper Nina, c’était une blague).
Ne pensez pas que je vais vous raconter ma vie sentimentale par le menu, c’est fort mal me connaître, je ne mange pas de ce pain là.
Bon, Benoît, aka le CDD. Bah oui, il est mignon, et intéressant. Et manifestement coeur d’artichaut et polygame. Ca c’est Nico qui me l’a dit.
« Mouiiii à ta place je ferais gaffe, tu sais Benoît, je le connais un peu, et tu vois quoi… enfin… il tombe hyper facilement amoureux, tout çaaaaaa…. »
(note pour Nico qui me lit, je le sais : depuis je pige l’intertexte à base de « Oui mais Benoît ce que tu sais pas c’est qu’il a déjà deux meufs à Paris, deux plans cul ici, plus les nanas qui lui tombent sous la main, y croit pas trop, quoi »)
Donc : polygame et coeur d’artichaut. Et pas précisément un voisin. Ne pensez pas que je vais vous étaler ma vie privée, ce serait mal me connaître (quoi? quoi? c’est le but de cette saga de 
l’été? on m’aurait menti, alors?). Bon, mais je voulais parler de Benoît parce que bon, c’est une histoire que j’ai trouvée chouette. Limitée dans le temps. Parce que limitée dans le temps à la base.

Benoît a été surpris par ma zénitude à son égard. Il avait jamais connu de fille aussi coulante, aussi souriante, aussi légère, etc. Ben oui. Je vais pas lui faire la gueule s’il a 1h30 de retard à un rendez-vous (et qu’il me prévient, hein), parce que ça fait 8 mois qu’il est pas revenu dans sa ville natale et qu’il a des amis très proches à voir, une famille et modérément le temps pour une gonzesse croisée au détour d’un bar (et d’une culotte, je sais je sais) deux semaines plus tôt… Je vais pas m’insurger de ne pas avoir de nouvelles un soir où il devait m’appeler, ou d’apprendre, au détour d’une conversation, qu’il voit une autre fille depuis plusieurs mois. Je me fous assez de l’opinion de ses potes à mon sujet, ou même de son jugement sur mes fringues (le muffle… me traiter MOI, de Punky Brewster). Oui, car le CDD permet ça (parce qu’en vérité, je suis pas tout le temps si coule, non plus). Le CDD permet de profiter des bons moments
jusqu’à la lie, sans trop se soucier du reste. Bon, cela n’empêche pas un léger pincement de type « Mmmmh… il est chou quand même, c’est con, on s’entendrait bien si on était pour de vrai ensemble ». Mais en fait, le CDD, c’est un teaser, celui de la relation qui un jour durera et marchera. Parce que c’est aussi intense. Mais limité. Voilà tout. Mais si on le sait au départ, on fait comme si c’était pas grave (phrase de Cheyenne à Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest, un de mes films préférés). Faire comme si c’était pas grave. C’est ça l’état d’esprit.
Et puis, comme j’ai dit à mes girls, par mail :  » Au final, ça fera une mini-histoire de 3 semaines sans prise de tête avec des sentiments et là bordel j’ai mis des italiques parce que ça coooooompte. Perso, ça me fait trop plaisir. »
Cher lecteur, j’espère que tu apprécies cet effort de polyphonie que je fais depuis le début de cet épisode, sachant qu’en plus j’écris à la veille de mon départ en vacances, une telle recherche stylistique relève de la performance.
Pour finir, je tiens donc à dire que je suis pour le CDD et que c’est une expérience géniale.

Seulement voilà, mon argumentation est fragilisée : je suis passée de CDD à VIA sans m’en rendre compte, mais ça, c’est pour la semaine prochaine, les enfants….

La prochaine fois, donc, pour vous, l’épisode « Il m’arrive des trucs improbables du genre j’ai un mec anciennement polygame qui devient monogame pour moi alors que j’avais même pas demandé ». Aussi dit « Putain mais vrai, ça m’arrive jamais, ça… ». Les concepts ont une formulation plus longue, c’est vrai.

Bref. Tout ça pour dire… to be continued…

De l’’art d’’être un bon coup

Qui n’a jamais eu à répondre à la question : « alors machin(e), c’est un bon coup ? ». Là, vous savez que les trois petites lettres que vous allez sortir dans la seconde qui suit va faire une réputation à votre partenaire de couette. Et croyez pas qu’entre nous, on est gentils. Perso, quand un mec m’a pas comblée, je ne dis pas qu’il assurait. Bon, je dis pas méchamment que c’était un mauvais coup non plus, juste que moi, j’ai pas apprécié.

 

Pourquoi cette nuance ? Pour épargner le monsieur ? Mais il le saura jamais ce que je raconte à mes coupins, coupines alors c’est pas très grave. Non, si je dis ça, c’est que pour moi, ça n’a pas été un bon coup, ce qui ne veut pas dire qu’il ne le sera pas pour d’autres. En effet, chacun et chacune d’entre nous a ses préférences en matière de sexe. Si un(e) dominé(e) tombe sur un(e) autre dominé(e), bon, a priori, ce sera pas l’extase. De même si deux dominants se croisent. Parce que chacun a ses petites préférences, faut pas croire, et c’est pas toujours évident de glisser ce genre d’infos à son partenaire, surtout pour un coup d’un soir ou à peine plus. Je suis pas du genre à faire « salut, je m’appelle Nina, j’adore pratiquer le salto libanais et la turlute nippone mais franchement, le poirier thaï, ça m’emmerde. On baise ? ». Bien sûr, il ne s’agit pas de subir sans essayer de guider notre partenaire. Bon, évidemment, il faut le faire avec classe car un « mais putain, je sens rien, arrête, on va pas faire comme ça ! », ça vous fait débander un homme et il repartira, sa fierté et sa libido dans les chaussettes. L’idéal, c’est d’essayer d’amener subtilement l’autre à ce que l’on veut en glissant de façon à peine remarquable d’une position à une autre, par exemple. Bon, c’est pas toujours évident non plus, certains sont partis sur leur truc et impossible de les faire dévier de route.

 

L’autre soir, j’ai vu un épisode de Sex and the city où Carrie baise avec un mec qui la défonce, au sens propre comme au sens figuré. En gros, elle sort de là, mâchée, endolorie de partout. Le monsieur la recroise dans la journée et lui propose de remettre ça et là, grosse gêne « non mais tu comprends, heu… Moi, moi, je croyais que c’était juste pour cette nuit… ». Très franchement, ça m’est arrivé, une fois. Je fais l’effort de partir de chez le monsieur la tête haute alors que j’ai tout mal partout, de gros bleus à la limite du noir qui fleurissent. Non, c’était même pas un vieux plan SM, juste un garçon maladroit, je pense, et très préoccupé par la performance. Et là, je me suis demandée comment j’allais esquiver notre prochain rendez-vous, déjà programmé. Je voulais pas lui faire de peine… Mais je savais pas si mon corps allait tenir le coup. Mais bon, j’ai toujours tendance à accorder une seconde chance, ne sait-on jamais. Plus on se connaît, mieux on se comprend, nan ?

 

De fait, il n’existerait donc aucun mauvais coup ultime ? Je sais pas. Car supposer que le mauvais coup absolu existe sous-entend que le bon coup absolu existe aussi. Je me souviens d’un jour où une amie proche me confia être inquiète car elle avait couché avec un mec réputé être un « bon coup » et qu’elle n’avait pas super apprécié. « Bouhouhou, je suis frigide ! ». Mais non, cocotte, on ne délivre aucun label « bon coup » et pourquoi ce serait toi qui serait frigide ? Peut-être que monsieur oublie certains préliminaires ou vous n’êtes juste pas compatible. Perso, mon meilleur coup de la vie, élu par moi et moi-même, il avait des « habitudes » qui, à mon avis, ne plaisent pas à toutes. Bon, il avait la qualité, parfois rare, de beaucoup s’occuper de sa partenaire, j’ai notamment souvenir de quelques tripotages « tout pour moi ». Bon, évidemment, j’avais des sentiments très forts pour lui, ça a dû aider. Pour le 2e meilleur coup de ma vie, si y avait pas de sentiments au sens amoureux du terme, j’avais (et j’ai toujours, d’ailleurs), beaucoup de respect et d’affection pour le monsieur. Mais disons que nous avions des jeux particuliers et nos « rôles » se complétaient à la perfection, ça tombait bien.

 

Tout ça pour rassurer ces messieurs dames : nous ne pouvons être de mauvais coups ? Ben, honnêtement, si je devais définir un mauvais coup, pour moi, ça serait a) éjaculateur précoce, b) me brouette comme si j’étais une poupée gonflable, genre je vais et viens comme une brutasse, sans subtilités et sans savoir ce qu’est un clito, mon cou, mes oreilles, mes lèvres… Bref, je sais pas s’il me brouette ou s’il fait ses pompes, c’est pas clair, là… Mais c’est un cas extrême. Peu de mecs sont de vrais éjaculateurs précoces permanents (bien sûr que des fois, ça arrive, mais pas systématiquement) passé un certain âge, je pense. Et pas mal de mecs se complaisent à nous donner du plaisir, ce qui doit les revaloriser, je pense. Comme j’aime donner du plaisir à un homme, c’est pas péjoratif, ce que je dis. Donc ils ont compris que le clito, c’était pas juste un mot rigolo, fallait voir à s’en servir.

 

Donc pour moi, plutôt que de classer un mec dans la rubrique « mauvais coup », j’ai l’honnêteté de dire que lui et moi n’avions pas d’entente sexuelle. Après tout, c’est pas un drame, ça arrive à tout le monde.

Les filles, toutes des garces !

L’amitié féminine est quelque chose d’assez curieux. Quand je lis les magazines féminins ou que je regarde ma propre vie, je catalogue l’amitié féminine en deux catégories : l’amitié sincère et l’amitié hypocrite basée sur la rivalité. Je sais pas si c’est pareil chez les mecs mais y a des jours où c’est très fatigant.

J’ai plusieurs amies, des proches et des moins proches, des copines avec qui j’aime bien papoter aussi. Mes vraies amies, on se confie tout. Par exemple, Anne, on a eu des conversations très intimes. Anne, je la considère comme une vraie amie : je suis heureuse pour elle quand il lui arrive des choses biens sans ressentir de jalousie. Là, elle est en couple depuis 4 mois, maintenant, et j’avoue que ça me fait grand plaisir. Faut dire qu’elle n’a pas eu une vie sentimentale très heureuse jusqu’à présent, chose que je ne m’explique absolument pas. Outre qu’elle est très jolie et qu’elle a un corps de déesse, elle a oublié d’être conne, elle se cultive beaucoup. Bref, elle a tout pour plaire et, enfin, elle trouve un mec avec qui ça marche. C’est marrant comme nos rôles se sont inversés : avant, c’était moi la fille en couple, elle la célibataire, moi qui disais : « mais t’inquiètes, toi aussi tu trouveras le bon ». Là, c’est l’inverse. Anne, elle a un mec, un boulot et deux neveux. Tout ce que j’aimerais avoir. Mais je ne suis pas jalouse pour autant. C’est mon amie et son bonheur fait aussi le mien. Idem pour Lucie : quand j’ai su qu’elle avait son CAPES, j’étais réellement heureuse pour elle parce qu’elle avait bossé comme une folle pour l’avoir et l’avoir dès le 2ème coup sans être passé par l’IUFM, c’est quand même une jolie performance. Bon, je vais pas vous faire la liste de tout ce que je pourrais jalouser chez mes copines parce que je suis pas en train d’écrire un roman, là.

J’ai un idéal assez élevé en terme d’amitié, je crois que je suis exigeante dans ce domaine qu’en amour, voire plus. L’amitié, c’est un peu mon arche de Noé, là où je me réfugie en temps de déluge mais là aussi où j’accueille mes amis quand ils ne vont pas bien. Ca marche dans les deux sens : on se soutient mutuellement. C’est aussi un lieu de joie : quand tout va bien, on est heureux de se retrouver tous ensemble pour célébrer nos bonheurs. La vie est suffisamment compliquée pour s’en rajouter avec les amis, même si les prises de tête arrivent.

Revenons à l’amitié féminine. Durant ma vie, je me suis retrouvée dans des cas d’amitiés concurrentielles et j’ai franchement horreur de ça. Cas le plus flagrant : Rachel. Dans le genre « je t’aime autant que je te déteste », on a fait fort. Cette fille, je l’ai rencontrée au lycée, en première et on est devenues très amies en terminale. C’était toujours à celle qui aurait la meilleure note (moi, en général), à celle qui plairait le plus aux mecs, à la plus mince, la plus intelligente… Enfin, moi, je faisais pas attention, je m’en foutais un peu. D’abord, il y eut le gars qui me fit une déclaration en pleine discussion sur Friends, celui qui faisait une rubrique F1 sur une radio locale un peu grâce à moi. Quelques temps après, voilà qu’elle se sent attirée par lui. Un jour, on discute collégialement, elle parle des peluches qu’elle a dans la voiture, je lis l’Equipe quand je vois qu’il y a eu un accident pendant les essais privés donc je m’exclame : « oh, machin a eu un accident » et le gars me parle du coup. Quand on se retrouve toutes les deux seules, je me prends un « il a suffi que tu ouvres la bouche pour qu’il m’oublie » bien amer. Heu…pardon, je l’ai pas fait exprès. Pour compliquer cette relation, Yohann, notre meilleur ami commun de l’époque, la troisième roue du tricycle, en somme, tombe amoureux de moi. Là, la jalousie est à plein régime. Un soir, elle lui dit : « Nina et moi, on a le même caractère, pourquoi tu la préfères elle à moi ? » Sous entendu : Nina est de toute façon trop moche pour qu’elle te plaise par son physique. Ca fait plaisir ! D’ailleurs, je me suis pris pas mal de skuds sur mon physique. Exemple : on part en vacances avec Yohann dans la maison de sa tante au bord d’un lac. Un soir, on parle d’atouts physique et elle me demande les siens, je commence un listing quand elle me fait « Bah, arrête, tu me demanderais la même chose, je serais pas capable de répondre. » Ok, j’ai ramassé mes dents et je suis allée faire la vaisselle.

A la fac, nouvel élément de notre folle passion amicale : Gauthier. Au début, c’est moi qui suis intéressée par lui et je me prends un fantastique râteau. En 2ème année, Gaugau et moi devenons insupportablement complices, on passe nos cours à s’échanger des petits mots d’amour genre « je te prendrais en levrette, la tête dans le frigo». Elle croit qu’on dit du mal d’elle sur nos mots donc systématiquement, elle se place entre nous en cours et fait tout pour qu’on ne s’échange plus nos mots doux mais on y parvient toujours. Déjà, je ne suis pas suffisamment garce pour écrire des saloperies sur une nana à côté de moi. Ensuite, on a appris six mois plus tard qu’à ce moment-là, elle voulait sortir avec le Gauthier et qu’elle était persuadée que j’allais conclure avant elle malgré ma pseudo relation de couple avec Pierre le pervers. Finalement, avec le temps, nos relations se sont normalisées, sans doute parce qu’on ne se voyait plus beaucoup mais maintenant, quand je sens poindre un rapport de rivalité entre une copine et moi, je mets aussitôt de la distance. J’ai passé l’âge de jouer à qui sera la plus belle, qui aura la meilleure note, qui aura le plus de mecs… Je ne nie pas qu’une certaine émulation peut être motivante mais faut pas pousser mémé dans les orties. Avec Cécile, au lycée, on jouait un peu à
« qui aura la meilleure note » aussi mais de façon très soft, c’est-à-dire que quand l’une des deux se prenait une sale note pas du tout attendue, l’autre ne ramenait surtout pas sa fraise. C’était surtout en philo qu’on s’amusait à ça, vu qu’on avait généralement un point d’écart ou la même note. Mais on travaillait main dans la main, celle qui avait compris en premier expliquait à l’autre. En général, je l’aidais en maths, elle m’aidait en anglais, on faisait tous nos exercices à deux sans chercher à impressionner l’autre. Une saine amitié, quoi

Pendant longtemps, j’ai eu du mal avec les filles, en fait. Depuis que je suis sur Paris, j’ai des relations tout à fait normales avec Tatiana, Zoé ou Sab. On se raconte nos vies sans se balancer des piques dans la gueule. Quand Zoé me parle de sa nuit d’amour avec M. Zoé, je peux lui sortir un « han, je suis jalouse ! » mais c’est de l’ordre de la boutade et elle le sait très bien. Idem pour les deux autres demoiselles. Les filles ont quand même tendance à être garces entre elles et quand y en a une qui me fait un compliment, j’ai tendance à le prendre pour argent comptant. Mais je me méfie quand même des hypocrites et Dieu sait qu’il y en a. Quand je surprends une copine en flagrant délit d’hypocrisie, j’ai tendance à me refermer, aussi. L’amitié, c’est comme l’amour, tout est question de confiance, selon moi. Et à partir du moment où ma confiance est trahie, je ne me sens plus très motivée pour faire des confidences. Le pire étant les
nanas qui se la racontent, qui sortent des mensonges aussi gros qu’elles car j’ai vraiment l’impression qu’elles me prennent pour une idiote et ça m’agace. Oui quand on ment, faut bien le faire, c’est tout un art. Quand on sait pas, on s’abstient. De toute façon, je vois pas l’intérêt de mentir en amitié. Se faire passer pour quelqu’un d’autre ? Ben c’est pas de l’amitié ! Entre amies, on devrait se montrer telles quelles, ne pas s’inventer d’histoire d’amour ou de sexe pour pas se sentir moins jolie que les autres, ne pas prétendre qu’on pèse 10 kg de moins que ce qu’il y a marqué sur la balance. D’abord ça se voit. Et puis en plus, on n’est pas là pour se juger. Si mes amies commencent à me juger, c’est que ce ne sont pas des amies, point.

L’amitié féminine est vraiment quelque chose de compliqué. Heureusement, j’ai quelques bonnes amies qui m’empêchent de penser que les filles sont toutes des garces.