De l’obsolescence du niveau d’incompétence

J’aime bien les titres pompeux, réminiscence de ce temps où j’étais étudiante chercheuse (ça me manque).

Vous connaissez certainement le principe de Peters, celui qui dit que chaque salarié progresse jusqu’à atteindre son point d’incompétence, salarié qu’on range généralement dans le management, là où il est de fait le moins nocif (un jour, on réhabilitera le management j’espère). Principe qui nous permet de nous moquer de notre manager si on l’aime pas.

Or depuis quelques temps, j’ai noté un phénomène troublant : ce point d’incompétence n’existe plus ou plutôt on ne nous laisse plus l’atteindre. Regardez autour de vous dans l’open Space et comptez le nombre de salariés rentrés à un petit poste et qui ont monté les échelons. Je sais pas chez vous mais chez moi, y en a pour ainsi dire pas. Maintenant comptez ceux entrés à un poste, qui font leur temps et qui quittent la boite pour gravir l’échelon suivant. Ça fait de suite beaucoup plus. Bon, après, je parle de mon milieu mais est-ce différent ailleurs ?

Prenons le cas compliqué des formations. En general, quand on n’est pas trop con, on vise une formation nous permettant de nous rapprocher de l’échelon suivant. Sauf que pour l’obtenir, bon courage ! « je voudrais une formation management » (ou storytelling ou création d’une offre commerciale, que sais-je). « Mais tu manages personne. Tu veux pas une formation gestion de projet ? » »Genre le truc que je fais tous les jours depuis plus d’un an et que tu viens de me dire que je le fais bien ? » « Et une formation en anglais ? » « Je viens de la terminer et puis à part un client, ils sont tous franco-français ». « Ah oui, ok… Bon, je reviens vers toi ASAP pour voir ce qu’on peut te proposer ». Dans les faits, à part la fameuse formation en anglais l’an dernier, je n’en avais jamais eu. Je recite Simon de TGGP « ils veulent pas nous filer de super formations de peur qu’on s’en aille ». En effet, je serais restée chez TGGP, j’aurais eu droit à une formation « animation de communauté ». Indispensable quand on a 2 ans d’expérience en la matière…

Du coup, on n’arrive même plus à progresser jusqu’à notre point d’incompétence. Oh, le calcul est en soi compréhensible : je vais bien mon taf, me faire évoluer est prendre un double risque : que je sois moins douée au poste supérieur et que la personne qui me remplace soit moins efficace. Non que je sois un génie de la gestion de projet ou du community management, nul n’est irremplaçable mais pourquoi changer une équipe qui ronronne ?

Justement parce qu’elle ronronne justement. Quand on passe un temps certain au même poste, on perd de l’enthousiasme et la créativité décline pour être remplacée par l’habitude. Sans réclamer une promotion tous les 3 mois, savoir qu’à un moment, ça arrivera, ça stimule. Ça donne envie de pas répliquer bêtement les mêmes tâches mais proposer un petit plus, montrer qu’on en a sous la pédale. Tu m’as adorée en tant que chef de projet ? Tu me kifferas en tant que strategist (nouveau terme à la mode pour dire consultant, je l’aime trop, ça fait éminence grise machiavélique, mouahahah !).

Et puis pardon mais depuis toute petite, on m’a appris que l’evolution est dans l’ordre des choses. Maternelle, primaire, collège, lycée, fac… Si j’étais compétente, je passais au niveau supérieur. Et là faudrait qu’on ne bouge plus ? C’est anti naturel !

Et que dire des employés Kleenex, freelances, intérims, CDD « pouvant-évoluer-en-CDI » qu’on prend et qu’on jette en fonction des besoins, les licenciements qui se terminent au prud’hommes avec une condamnation régulière de l’employeur. Quand on sait qu’en région parisienne, y a 2 ans d’attente avant que l’affaire passe en jugement, imaginez le nombre de licenciements jugés abusifs par le salarié… Et c’est pas juste pour le fun, faut payer un avocat hein (et qui paye les juges, tiens ? Le perdant ?).

Bref, le salarié est parfois un bout de bois balloté par l’océan patron et qui ne dispose que peu d’armes pour se défendre (ou les saisit peu, je pense). Mais attention ! Au pays du travail comme ailleurs, rien n’est tout noir ou tout blanc, y a aussi des salariés salopards.

Je vous en parle demain.

Le stress pré vacances

Juste avant de vous parler de mes vacances en Thaïlande, parlons de ce que je déteste par dessus tout : le stress pré vacances. Vacances J-2, 3 ou 4. Alors que dans votre tête, vous commencez à exécuter la danse de la victoire, votre corps, lui, est lancé dans un terrible sprint final, une course de longue haleine nécessitant de mêler endurance et vitesse que nous appellerons « la course de la to do list ». En gros, le lundi, tu arrives en te disant « hiiiiii, dernière semaine avant vacances » puis tu regardes ton cahier to do list (oui, j’ai un cahier dédié à ma liste de tâches) et là, ça te prend à la gorge, la terrible angoisse. TOUT CA ?? BOn, respire ma fille, tu peux le faire, tu sais le faire. Un petit reporting, ça va vite. Un planning édito ? Les doigts dans le nez. Hop, hop, travaillons pour obtenir ce plaisir subtil et éphémère de cocher la case pour dire que c’est fait. Sauf que tes clients, ils s’en foutent un peu de ta belle to do list rédigée avec soin le lundi matin. Eux, leurs demandes, c’est tous les jours de la semaine, c’est normal. Arrive mon fameux phénomène d’asthme mental. Ou plutôt de noyade mentale : tu es enfermé dans une boîte et le niveau de l’eau ne cesse de monter, tu essaies d’écoper avec une mini éponge mais tu ne peux endiguer le flux. Et ton taux de stress est proportionnel au niveau de l’eau, tu commences à flirter avec la panique, voire l’hystérie : au secours ! Alors à un moment, tu tries. Tout est urgent, rien ne l’est, donc. Tu priorises du mieux que tu peux, tu essaies de réduire au maximum les délais d’exécution. Tu pleures dès que ton téléphone sonne et que tu sais qu’au bout du fil, la personne a une demande « urgente » et qu’elle aimerait même que ce soit fait pour hier. Il y a des jours où je me dis que je devrais rapidement inventer une machine à voyager dans le temps, ça devient urgent là. Donc tu dis oui, tu dis non, tu pars deux minutes de ci de là à accéder aux petites requêtes doivent être exécutées maintenant parce que « mais ça prend juste deux minutes ». Oui mais les minutes, une fois dépensées, tu les récupères pas. Et au lieu de mettre 3 minutes à faire une slide, t’en mets 15 et tu restes bloquée sur cette phrase entamée coupée en plein milieu car quelqu’un est venu te demander un truc. Mais qu’est-ce que je voulais dire déjà ? Comment terminer cet embryon de phrase qui danse sur ta slide blanche, comme s’il se moquait de toi. Les embryons de phrases sont mesquins. C’est la veille du départ et cette pute de to do list ricane en te montrant du doigt, en te faisant bien sentir que tu n’y arriveras pas. Tu fais de ton mieux, tu mobilises ton énergie en te répétant mentalement ton nouveau mantra : “efficacité”.Je peux le faire, je peux le faire. Ah ta gueule le téléphone ! Je sais qu’au bout du fil, mon interlocuteur veut que je fasse quelque chose en urgence, quelque chose qui n’est pas dans ma to do list. Maaaaaaaais, personne n’a entendu quand j’ai dit que j’étais en vacances le soir même ce qui signifie clairement “je dois finir à tout prix mes tâches ce soir alors tais-toi, laisse moi tranquille”. Mais non, tu n’avances pas, tu sens la pression monter, encore, encore, encore. 20h, tu n’en peux plus. Tu dois encore rentrer chez toi terminer ton sac et repartir chez Anaïs. Tic tac tic tac… Tu renonces, tu sais que tu ne peux plus, il te reste à minima une demi-journée de travail sur ta to do list. Alors tu ouvres un mail intitulé à peu de choses près : ce qu’il reste à faire. Puis tu ranges ton bureau, tu éteins ton ordinateur, tu dis au revoir aux deux qui restent puis tu prends l’ascenseur. Une fois les portes refermées, tu souris : tu es en vacances !

Pour fêter ça, je ramène une petite bouteille de champagne. Demain, nous serons dans l’avion destination la Thaïlande.

L’open Space m’a trépaner

Coupe tes mails

Il y a quelques temps, j’ai lu un article très intéressant de Rue89 sur le temps de concentration moyen de l’employé français : 12 minutes. 12 ridicules minutes surant lesquelles il peut vaguement travailler avant d’être dérangé. On fait quoi en 12 minutes , hein ? Pas grand chose, à peine le temps pour deux ou trois chansons. Un souffle. Voilà à quoi nous sommes rendus.
chronometre.jpg

Je suppose que la plupart d’entre vous travaillent comme moi en open space ce qui sous-entend « personnes venant jusqu’à votre bureau pour vous demander quelque chose ». Imaginons la vie lambda du salarié (qui est un peu la mienne, je le concède): on arrive, on consulte nos mails. Une fois le tri fait dans les dernières infos et demandes à prioriser, on
peut commencer à travailler. Tiens, ce matin, commençons par le dossier « brûlant ». Avec un peu d’efficacité, dans une heure, il est fini. Là, on applaudit toute la naïveté de l’employé optimiste. Oui, camarade, tu aurais pu terminer ton dossier en une heure sauf que tu vas être dérangé. Téléphone : « Ouais, c’est Luc, tu peux me dire où on est sur le dossier
pas-urgent-mais-comme-j-appelle-tu-me-réponds steuplé », les mails : « tu peux faire ça ? », les collègues qui soignent leur tonus fessier en se déplaçant jusqu’à votre bureau pour vous brieffer sur un nouveau dossier, brief noté en hiéroglyphes sur un bout de cahier, re les mails « non mais pourquoi tu n’as pas encore fait ça, ça fait une demi-heure que je te le demande! »; Ding ding, il est midi, le dossier urgent n’est pas bouclé.

urgent-dossier.jpg

Comme je suis une rebelle administrativement célibataire et nullipare, j’aime ne pas prendre certains jours de congés que certains s’arrachent comme le 12 novembre, surtout quand, comme cette année, il tombe un vendredi. J’ai également « travaillé » le 31 décembre mais en vrai, « travailler » le 31 décembre consiste surtout à poser son cul sur sa chaise de 10h30 à 15h et de partir en criant : « amusez vous bien, on se revoit l’année prochaine, huhuhu! ». On se marre ! Donc le 12 novembre, disais-je, j’ai travaillé et j’ai BIEN travaillé. Parce que j’ai dû recevoir une dizaine de mails dans la journée et que personne n’est venu au bureau me brieffer alors que je travaillais sur autre chose. C’est fou comme on avance mieux quand on n’est pas dérangés.


efficacite-travail.jpg

Admirant mon efficacité toute neuve, je me dis que je tiens là la clé du succès : et si je coupais mes mails pendant que je travaille pour ne les rallumer que lorsque je termine un dossier avant d’en reprendre un autre. Belle utopie. Tout d’abord, pour avoir réellement la paix, il faudrait aussi couper les messageries instantanées du boulot, débrancher
le téléphone et se couper physiquement de ses collègues pour éviter le fameux « je viens à ton bureau te parler comme ça, tu es obligé de m’écouter parce que « non mais j’en ai pour deux minutes ». Je sais pas qui a eu l’idée des open spaces un jour en se disant « ouais mais trop bien, la vie en collectivité, ça émule ! ». Ouais, je veux bien mais bon sang, quel parasitisme surtout. Le nombre de fois où je manque de mourir d’un infarctus car, tout à coup, un collègue se matérialise derrière moi pour me demander un truc… Gaaaaaah ! Mëme quand je travaille dur, ça me fait peur (quand je procrastine, ça me fout juste la honte).
procrastination.jpg

Je me demande quand même comment on faisait avant. C’est vrai, y a pas si longtemps, les mails n’existaient pas donc pas de réponse exigée en instantané, sans parler des messageries instantanées internes (ou pas). Evidemment il y avait déjà le téléphone (non mobile) et les collègues qui bougent leur cul mais au moins, on n’était pas censés rester joignable et lire nos mails à l’autre bout du monde et on pouvait ne pas répondre immédiatement à une demande vu qu’on ne la recevait pas dans l’immédiat. C’est l’ère de l’instantanéité, avec ses avantages et ses inconvénients. Non, je ne vais pas diaboliser le web, faut quand même rappeler que je suis de la classe laborieuse digitale quand même. Mais des fois, ça me ferait un peu plaisir de pouvoir attendre avant de répondre à un mail pour avancer sur mon dossier sans en recevoir 3 avec un sigle urgent à la fin alors que ça ne l’est pas tant que ça. Pourquoi je ne fais pas ça maintenant ? Mais parce que je préfère faire deux choses bien successivement que deux choses moyennement faites voire médiocre simultanément. C’est pas dur à comprendre.


jonglage.jpg

Mais c’est un peu de ma faute aussi. Je ne sais pas ne pas répondre sans rapidement culpabiliser parce que voilà, dans ma tête d’employée traumatisée, les choses devraient être faites avant même qu’on ne me les demande. Cherche pas, c’est traumatique, je te dis. Et plus l’heure de réception du mail s’éloigne de l’heure actuelle, plus j’angoisse, plus je
crains l’apparition de la fenêtre bleue maudite me notifiant d’un nouveau message. Oui, j’ai aussi travaillé avec des gens qui harcèlent, qui te demandent 10 fois la même chose dans la journée et à qui tu réponds 10 fois que oui, c’est noté, que tu feras ça quand tu auras terminé ce que tu fais. Parce que dans la mesure où on ne s’exécute pas de suite parce qu’on travaille sur autre chose, ce n’est pas un drame. On travaille quand même. Evidemment, dans le monde magique du travail, les priorités changent trois fois dans une journée et tout est finalement prioritaire. Mais comme j’aime à dire “si tout est prioritaire, rien ne l’est en fait”. Parce que je veux bien être efficace et pro active mais je n’ai hélas qu’une tête avec deux yeux et un seul cerveau, un pc, deux mains donc dur dur de faire trop de choses en même temps. Malgré toute la bonne volonté du monde.
kali.jpg

Finalement, n’est-ce pas à moi d’éduquer mes collaborateurs à ma façon de travailler. “S’il ne s’agit pas d’une demande urgente qui nécessite absolument que j’abandonne tout ce que je suis en train de faire pour exécuter ta demande, tu attendras. En attendant, là, je bosse sur un truc super chaud donc je coupe mes mails”.


no-mail.jpg

A tenter ! Quoi que pour mon nouveau boulot, je ne reçois mes mails externes que depuis aujourd’hui donc ça a limité ce stress (parce que j’ai déjà plein de trucs à faire). Et pour finir un article de 2007 sur les zero mail friday qui dit que c’est trop bien de pas ouvrir ses mails.

Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !

Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan. 


retraite.jpg

Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

vieille-cubaine.jpg

Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

tina-turner-69-ans.jpg

Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus.   Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ? 

Vieux.jpg

Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…

La révélation du matin

Le matin et moi, c’est une histoire compliquée, torturée. J’appartiens à la race dite des noctambules. A mon époque chômagère (néologisme mon amour), je ne connaissais pas le matin, je me couchais à 6h pour me lever à 14h, profitant de la nuit pour écrire. J’ai l’inspiration nocturne, pour le boulot et les loisirs, c’est ainsi.


Le matin, je ne l’aime pas trop trop et pourtant… Et pourtant, c’est un des moments où je suis le plus efficace. Mes plages d’efficacité sont 8h30-12h puis 18h-2h du mat. Dans mes années étudiantes, c’était dans ces créneaux que j’abattais le plus de boulot, l’après-midi ne servant qu’à la sieste et à la traînasserie. Je sais pas si vous avez remarqué mais,c’est fou comme on peut perdre du temps à traîner. « Bon, je m’y mets… Je vérifie juste mes mails. Bon… je vais me faire un café et on y va… Ah, le café me donne envie de pipi… Mais après, j’y vais… Oh, un article intéressant… Je le lis et promis, je m’y mets ». Le matin, j’ai pas envie de quitter mon lit et pourtant, quand je me lève et que je bosse bien le matin, j’ai l’impression d’avoir réussi ma journée.


Mais le matin est souvent aussi source de révélation, de décision. De quoi ? Oui, des fois, le matin, j’ai des révélations, des intimes convictions, des certitudes sorties de nulle part. Un exemple (idiot) : dans ma prime jeunesse, après avoir découvert le sexe et le stupre dans les bras de Pierre le pervers, mes règles ont du retard. Panique à bord. Pendant 40 jours, point de marée rouge alors forcément, je finis par me faire des films quand, un matin, en me réveillant, je me suis dit « non, je suis pas enceinte ». De la même façon, un exemple moins physiologique : en me levant un matin, j’ai su que je serais prise à mon master de journalisme et j’ai eu raison quelques jours plus tard. Comme quoi… Et ce matin, en me levant, j’ai senti que j’allais vers le positif.


La rentrée a été un peu ardue (et encore, y a des trucs que je peux pas vous raconter touchant au boulot, c’est pas triste) et ma vie privée plutôt glauque. Disons qu’en fréquentant le délicat adopteunmec, j’ai découvert que pas mal de mecs confondaient « fille ouverte et aventureuse » avec « pute gratuite ». Hier soir, après un rendez-vous glauque qui aurait pu me faire profondément déprimer s’il n’avait pas été à ce point risible et ridicule, je décide d’effacer ma fiche. Ras le bol des crétins, des goujats, des mecs qui ont des comptes à régler avec les femmes. Oh, j’ai sans doute bien des torts, le premier étant d’avoir transigé à ma règle qui consistait à ne pas rencontrer d’hommes ne sachant écrire correctement. A peu près correctement, finalement, c’est pas encore assez.  C’est fou que de cliquer sur un simple bouton m’a soulagée. Comme la fois où j’ai décidé d’arrêter de boire plus que de raison. J’ai déjà l’impression d’être quelqu’un d’un peu meilleure.


Ce matin, en me levant, j’étais contente, de bonne humeur et en forme. Alors même qu’il commence à faire sombre quand le réveil sonne. La new moi a bel et bien été livrée. J’ai bouffé du lion, je suis motivée. Peut-être que la reprise du sport joue aussi un rôle, je sais pas. Je m’en fous de la cause, ce qui compte ici est la conséquence : rentabilisons 2009, les derniers mois seront consacrés à moi, moi et encore moi.  Et un peu mes amis, aussi. Je vais me chouchouter, ne plus courir le gueux (dans le sens propre du terme pour le coup), laisser faire la vie. Après tout, qu’est-ce qui est plus sexy qu’une fille bien dans ses bakets ? Bah rien !


Sinon, hier soir, j’ai vu ce petit film ci, ça m’a bien émue aussi. Un rapport ? Je sais pas mais j’ai envie de le partager


Je suis un boulet, je suis littéraire

J’aime bien quand notre gouvernement adoré me fait bien sentir comme un poids pour la société. Il y a quelques temps, Sarkozy avait dit, je cite : « il faut faire en sorte que la section littéraire ne soit pas une voie de garage ! ». Hein de quoi ? Tu veux dire que mon bac, il vaut tripette, que je suis partie là parce que j’ai pas voulu faire un bac pro ? Et là, c’est reparti : tiens, si on supprimait l’hist et géo pour les terminales S ?



J’avoue que cette nouvelle m’a profondément gonflée sur le coup. Vite, vite, produisons des ingénieurs, la culture G et les matières littéraires, mais quelle perte de temps. Qu’est-ce qu’on s’en fout de l’histoire, c’est le passé et c’est loin, loin. La géographie ? Ta secrétaire se chargera de te réserver les billets. Ben ouais, elle, elle a fait littéraire, la pauvresse, et finit comme une conne à taper sur son ordi ce que tu lui dictes… Tu crois que connaître la capitale du Honduras, ça va aider à trouver un vaccin contre le SIDA ou résoudre l’équation de Fermat ? Non alors tu vois que ça sert à rien l’hist et géo.

Evidemment, imagine comme je suis un boulet. Non seulement j’ai un bac littéraire (mais spé maths et je suis hypra forte en sudoku et calcul mental, je ne suis pas trop un cas désespéré) mais en plus, j’ai une maîtrise d’histoire. Mon dieu, j’étais bien mal partie dans la vie, j’aurais pu finir prof d’hist et géo, la matière qui sert à rien, là. Dieu merci, les aléas de la vie m’ont ballotée de journalisme en community management pour atterrir dans une régie pub. Malgré mes multiples voies de garage (j’ai entendu récemment une fille dire « moi, la fac, je voulais pas y aller, c’est pour les branleurs ! ». Ca fait toujours plaisir, surtout que je crois que j’ai jamais autant bossé de ma vie mais bon…), je m’en sors pas si mal que ça pour le moment.

Je force certes le trait mais j’en peux plus de cette culture où l’efficacité prime sur la diversité des connaissances. Sans prêcher particulièrement pour la cause de l’histoire et géographie (je n’ai pas d’actions dans les livres traitant de cette matière), je crois qu’un éventail large de discipline ne fait jamais de mal à personne. Chacun ses domaines de prédilection bien sûr mais dans ma filière pourrie, j’avais aussi des cours de sciences, certes peu poussés mais suffisamment pour comprendre que mettre trop de trucs sur le toit de la voiture la rend moins aérodynamique donc plus lente (et ça coûte plus cher en essence), je connais les principes de base de la reproduction et de l’effet de serre. Ca m’évite par exemple de creuser ma ridule du front que j’ai rebaptisé « ridule de la perplexité » quand on me parle de réchauffement de la planète. Je suis même assez calée pour comprendre les tenants et aboutissants de la grippe A mais j’ai lu un article extrêmement complet sur le sujet, aussi.





Alors c’est sûr que ma culture générale ne me sert pas quotidiennement dans l’exercice de mes fonctions. Par exemple, mon goût pour la renaissance italienne, Moravia ou Rostropovitch, je ne l’utilise pas tous les jours, pas plus que les règles de base de l’aérodynamique ou les ions et les anions et je ne sais plus résoudre une intégrale. Pas même du premier degré. Mais si je n’en ai pas d’utilisation concrète, toutes ces choses ne me paraissent pas inutiles, loin de là. Si on revient à l’hist et géo, qui peut comprendre le monde dans lequel on vit sans maîtriser un minimum l’histoire au moins du XXe siècle ? Et encore, tout ne s’explique qu’en repartant plus rien dans l’histoire, tout en maîtrisant un minimum la géographie, l’histoire des empires. Par exemple, qui sait que l’installation des premières colonies juives en Israël datait des années 20, quand la Palestine était sous protectorat anglais ? Quand on nous dit aujourd’hui que la 4e guerre mondiale risque de partir de cette région du monde, si on n’a pas ce socle historique, on risque de ne pas bien comprendre pourquoi les gens qui vivent là-bas se tapent dessus.

Mais manifestement, pour nos gouvernants, les scientifiques, notre chère élite de la nation, donc, n’a pas besoin de savoir tout ça. Ce n’est sans doute pas dans la géopolitique que se situe le vaccin du SIDA. Par contre, c’est con mais connaître les mouvements des populations à travers le monde pour comprendre la propagation d’une pandémie, ça peut aider… Par exemple.

Les moeurs québécoises

Par Ella Sykes

La semaine prochaine, j’aurai mes premières menstruations québécoises. Expatriée depuis peu, cette constatation m’a fait l’effet d’une espèce d’anniversaire, comme si j’accueillais cette idée avec cet étonnement et ce soulagement étranges d’avoir survécu à un exil, comme si le temps devenait un marchepied rassurant sur lequel s’appuyer. Ma nouvelle ville d’adoption m’a ouvert des bras généreux dans lesquels je me suis vautrée, une poitrine voluptueuse contre laquelle j’ai soupiré, soulagée et un horizon net.

Plusieurs party plus tard, j’apprenais, passablement émêchée que les québécois ne rechignaient pas devant une minette affamée de caresses buccales. « Au contraire ! » affirmaient mes compagnons de boisson sur cette terrasse de maison de banlieue américaine bourgeoise, à la lueur des bougies extérieures, entre deux paroles suavement distillées par Jack Johnson. Ils s’installeraient entre les cuisses de leur amante, tel l’Empereur devant des mets raffinés ; ils laperaient, lécheraient, suçoteraient, enfonceraient, s’attarderaient sur la Chose avec autant de sérieux et de méticulosité qu’un chirurgien en opération délicate, le tout serait exécuté avec tout le savoir et la virtuosité du plus ambitieux des Epicuriens.

Je me rendis compte bientôt que le fossé entre Paris et ce continent américain me paraissait bien plus grand que ce que j’avais envisagé. La démesure embrasse tout, laissant une empreinte en tout et s’immisçant dans les relations entre tous, jusqu’à provoquer en soi, un vertige indéfinissable.

Cheveux au vent dans la voiture japonaise, sillonnant des routes droites infinies, mes narines aspiraient un air différent, mes yeux exploraient un paysage autre, mes mains avaient soif de touchers atypiques et ma bouche avait faim de saveurs nouvelles tandis que mon cerveau ne rêvait que de simplicité absolue.

Tout s’est effondré autour de moi : la discrimination basée sur rien, l’obligation de fournir des preuves de sa bonne foi, la méfiance, la défiance, le jugement, les rapports humaines creux, tout cet amas parisien inutile ne trouve pas sa place ici, car, personne n’a le temps ni l’envie de perdre du temps. Etre efficace est bien le point essentiel.

Du coup, je me suis demandée, assise face à la Tequila rose servie dans ce bar miteux, si être un bon amant était aussi une question d’efficacité. « Pour que la fille n’éprouve que du plaisir, il DOIT lui faire un cunnilingus ! C’est normal ce préliminaire, c’est comme … Un baiser ! » s’est empressée de rajouter la sportive bientôt en doctorat. « Oui et en plus, tous les amants que j’ai eu, furent tous très doués et appliqués ! » a surenchéri la blonde atomique diplômée en Sciences Politiques et œuvrant auprès d’un Député au Parlement. Ah ? Me suis-je contentée de placer, avant de hausser les épaules et d’engloutir d’une gorgée le liquide rose et épais.

« Tu verras Ella, lorsque tu auras ton premier amant québécois ! Ils adorent plaquer toute leur langue bien à plat sur toute la surface entre les petites lèvres ! C’est Tabernacle ! C’est si bon ! En plus, on sent bien la texture de la langue … » J’ai hésité puis finalement j’ai éteint la réflexion désabusée qui brûlait mon palais cyniquement parisien d’une bonne lampée de Jack and Coke.

Des mecs qu’’ils sont bien

(pas le temps pour version audio, sorry)Messieurs, aujourd’hui, je vais vous donner un modèle, des fois que vous en auriez besoin. Parce que je vous fustige, je vous asticote mais au fond, je vous aime. Sans doute trop d’ailleurs.

 les-hommes

La semaine dernière, entre deux candidatures à des postes de journaliste ou assimilé, je fais le tour de mes blogs préférés et rebondissant de liens en liens, je finis par en trouver un appelé Ra7or, le « quotidien au masculin ». Premier coup d’œil, je soupire et je frémis. Bordel, encore une connerie de site pour mâle qui vous explique comme draguer la femme à base de « toutes les mêmes, toutes des putes, traites les comme telles ». Les mecs qui draguent comme d’autres travaillent à l’usine, avec un protocole et une méthode super définis. Non à la spontanéité et à l’originalité. Une fois, un mec m’expliquait qu’il suivait des cours de drague et que pendant les bonnes soirées, il voletait de filles en filles et chopait parfois des numéros qu’il recopiait dans son beau carnet. Ah oui, efficacité, rentabilité, ça fait rêver.

 

Donc j’arrive sur le blog de Ra7or, totalement sur la défensive. Et j’ai eu tort. Je lis, je lis. Je me marre et pas qu’un peu. En voilà des hommes biens et je vous explique pourquoi. D’abord parce qu’ils vous conseillent, vous, messieurs, et de façon très efficace. Les chaussettes blanches, ils vous disent de pas en mettre. Je plussoie. Les gourmettes de 3 kilos avec votre prénom dessus ? Ils en rigolent beaucoup et nous aussi. Les façons de se débarrasser délicatement d’une femme sont assez drôles, aussi, certains de mes exs devraient en prendre de
la graine.

Mais surtout, les Ra7orboys nous aiment et pas qu’un peu. Leurs articles sur la gent féminine sont corrosifs mais bourrés de tendresse, au fond. Je me reconnais dans certains de leurs portraits (notamment sur celui des femmes qui font pas de sport, gloups…). Des questions essentielles aussi sur la vessie des femmes, très intéressant. Parce qu’ils sont malins les Ra7orboys. Quand ils savent pas, ils posent des questions avec une série d’hypothèses et leurs fans féminines donnent des réponses. Y a aussi des plans amoureux qui déchirent, moi, j’en veux du week-end à Londres en amoureux. (non, non, aucun message subliminal ici ou à peine…). Y a des conseils shopping et des conseils de chope sur meetic (enfin, c’est plutôt en devenir, ça). J’avoue que j’ai pas eu le temps de tout lire mais ayant eu un vrai coup de cœur, hop, je ponds mon article. Bon, des fois, ils nous titillent un peu, dénonçant notre façon de rompre par texto. Moi, la seule fois où j’ai rompu par texto, c’était avec Arnaud pour « officialiser » le truc mais vu que j’avais plus de nouvelles depuis une semaine, hein… Ah, ça me fait

penser qu’il faudrait que j’en fasse autant avec mon dernier mec en date, là… Non mais c’est vrai, j’aime les ruptures en bonnes et dues formes.

Ce que j’aime chez les Ra7or, c’est cette façon simple de parler des femmes. On n’est pas dans le cliché, dans un schéma conflictuel hommes/femmes et bon sang, ça fait du bien de voir qu’il y a des hommes qui nous voient comme des personnes et non comme des choses qu’il faut conquérir selon une certaine méthode. Non, non, les Ra7orboys, ils connaissent les femmes, on se

surprend à sourire quand ils soulignent un de nos travers si féminins et s’en moquent avec humour et tendresse. Moi, franchement, quand je lis ça, je me dis que je suis trop dure avec vous parfois et ça me donnerait presque envie de retomber amoureuse !

The interview (part 2)

Valéry : Vois-tu le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Pourquoi ?
A moitié plein, je suis une éternelle optimiste. Un peu trop des fois mais c’est rare que je vois tout en noir. Par contre, quand je me mets à voir le verre à moitié vide, c’est le cercle vicieux, je finis même par le voir à 1/4 vide.

Quel est ta plus grande réussite ? Ton plus grand regret ?
Ma plus grande réussite est à venir ! Mais pour l’heure, je crois que c’est d’avoir réussi à décrocher un diplôme de journalisme, mon rêve d’ado. Mon plus grand regret, j’ai déjà répondu plus haut.

Quelles sont tes attentes dans la vie ?
Mes attentes, elles sont classiques : un boulot qui me plaît et une vie privée peinarde (mais pas trop, trop, quand même) avec un homme que j’aime et qui m’aime. C’est pourtant pas bien compliqué ! Je n’ai pas la folie des grandeurs, je ne demande pas d’être rédactrice en chef du Monde, juste rentrer chez moi le soir avec ce sentiment de satisfaction d’avoir bien fait son boulot et retrouver mon homme qui me demande si la journée s’est bien passée. On se raconterait nos journées, on se ferait des câlinous et tout, le piiiiiiiiiiiied !

Jusqu’ou es-tu prête à aller pour réussir ?
Honnêtement, je ne sais pas. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu besoin d’aller bien loin, juste maîtriser les entretiens de motivation. Je suis prête à faire des sacrifices d’ordre matériel, je m’en fous de bosser avec des horaires de dingue ou de déménager si on me propose un CDI (je partirai pas pour un CDD de 3 mois), de me taper deux heures de transport par jour… Ou d’être payée une misère. Par contre, coucher pour réussir, non… Ou alors, faut vraiment que je tombe folle amoureuse du recruteur (dans ce cas, y aura sexe avec ou sans boulot à la clé).

Quels sont tes qualités/défauts ?
Mes qualités : je suis curieuse, j’ai toujours une soif d’apprendre, super utile dans notre métier. Je suis opiniâtre et je comprends très vite ce qu’on me demande de faire, je suis efficace… à partir du moment où je m’y mets. J’ai une bonne imagination, je pense être généreuse et altruiste. Et puis chuis trop drôle. Mes défauts : curieuse (c’est pas toujours une qualité), impatiente, bordélique, rêveuse, susceptible, je fais traîner les trucs que j’ai pas envie de faire. Et j’ai une écriture épouvantable, aussi.

 

Si tu devais te lancer pour une cause humanitaire, quelle serait-elle ?
Bonne question que je me pose aussi car j’aimerais m’engager dans quelque chose. A une époque, un copain était parti en Afrique en mission humanitaire au Burkina Faso et j’avais envie d’en faire autant, quitter mon petit confort pour me frotter à la misère. Idéalement, j’adorerais partir donner des cours à des enfants en Afrique. Mais j’ai peur à cause de ma santé : le BCG ne marche pas du tout sur moi et c’est vrai que choper la tuberculose, c’est pas forcément très utile. Plus près de nous, en France, je suis intéressée par des mouvements comme « Ni putes ni soumises », filer un coup de main au planning familial ou donner des cours de français aux femmes musulmanes de la 1ère ou 2ème génération qui ne savent pas lire et écrire. Ca, ça me plaît bien, ça aide à l’intégration d’une façon simple mais efficace.

Si tu as le choix entre être heureuse en amour mais malheureuse professionnellement ou heureuse professionnellement mais malheureuse en amour…Que choisis-tu ?
Honnêtement, ça me fait chier de choisir mais je crois que je préfère faire une belle carrière. Pour moi, une vie réussie, c’est une vie remplie et mine de rien, même si on n’est pas connus, réussir dans sa vie professionnelle, c’est un peu la clé du bonheur pour moi. Disons que je considère qu’il est plus facile de réussir dans le professionnel que dans le privé car il est plus facile de maîtriser sa carrière que ses sentiments. C’est pas pour autant qu’il suffit de claquer des doigts pour réussir, juste que je n’ai aucun doute sur ma réussite professionnelle à longue échéance.
 
Ecureuil : quelle est ta taille en boites de kitkat empilés pour Kenya?
C’est possible d’avoir une photo (floutée pour l’anonymat) avec les boites?
Ah alors je suis très emmerdée pour te répondre dans la mesure où Kenya ne mange que des croquettes ! Bon, si on dit qu’une boîte de kitkat fait 20 cm (j’en ai aucune idée mais je suppose), il en faut quasiment huit pour faire une Nina… Putain, je suis naine !! Et comme j’ai pas lesdites boîtes, il n’y aura pas de photos, désolée…
 
Rem : Tu es échoué sur une ile. Un naufragé male est aussi sur l’ile. Est-ce Brad ou sagamore?
Je peux pas avoir les deux ? Bah, je dirai Sagamore car il est plus jeune. Non mais c’est vrai, on sait pas combien de temps on va rester sur l’île et Bradounet, il est déjà quadra et je pense pas que l’île fournisse du viagra, mouarffff ! Puis Sagamore, il est moins connu, on le cherchera moins !
Tu vas continuer ton blog longtemps ?
Je continue d’abord et surtout parce que ça me plaît, même si y a des jours où je dois bien me triturer la tête pour trouver quoi raconter. D’un autre côté, j’adore écrire des articles vides où je commence sans savoir où je terminerais, c’est vraiment les plus marrants à écrire. Et ça montre le côté brouillon de ma personne qui n’apparaît pas forcément dans d’autres articles. Et puis, ce blog, c’est un peu mon bébé, je l’arrêterai à la date que j’ai décidée, pas parce que quelques détracteurs m’y auront poussée.
 
Tock : – D’où viens tu ? (La réponse Toulouse ne suffit pas bien sur…).
Je ne veux pas donner ma ville de naissance mais c’est pas loin de Toulouse. Dernier voile que je souhaite conserver sur ma vie, avec mon vrai nom. Un jour, je le dirai sans doute mais pas encore. Enfin, je suis née dans une petite ville de province à la vie tranquille, quand je suis arrivée à Toulouse, c’était vraiment la grand’ ville mais je me suis adaptée. Mais je crois que j’aurais été parachutée de suite sur Paris, j’aurais été traumatisée.

 

– Tes parents connaissent-ils l’existence de ce blog ?
Mes parents savent que j’ai un blog mais ne connaissent pas l’adresse et ils ne la connaîtront jamais ! Je pense que mes parents n’ont pas besoin de connaître mes petites histoires de cœur (et de fesses). Depuis Guillaume 1er, ils ont entendu parler d’Arnaud car un jour, j’avais des tas de suçons dans le cou donc j’ai dû cracher le morceau. Ils ont su aussi que j’étais partie en week-end en Bretagne donc ils se doutent que j’avais un mec là-bas. Je préfère ne leur parler que des hommes qui comptent pour moi ET qui restent quelques temps dans ma vie. Ma sœur, par contre, le connaît mais elle refuse de le lire.
– Que font-ils dans la vie (réponse vague bien sur…)?
Mon père est cardiologue et ma mère infirmière.
– Que vois tu dans les yeux des gens à qui tu annonces que tu as un blog ?
Quand je dis aux gens que j’ai un blog, ils réagissent avec amusement et curiosité. Certains me prennent aussi un peu de haut, dans le genre « un blog, c’est un truc d’ado » mais je me plais à leur prouver le contraire. Mais en général, les gens me posent toujours la question du « mais pourquoi ? ».
– Pourrais tu mettre fin à ton blog si ton mec (le bon…) te le demandait (pour une raison valable bien sur) ?
Je mettrai fin à mon blog à une date précise que j’ai déjà choisi et si mon mec (le bon) comprend pas, c’est que ce n’est sans doute pas le bon. Par contre, quand je suis amoureuse d’un mec, je ne parle pas trop de lui sur le blog donc il n’a pas trop de soucis à se faire…

– 550 articles…Les principaux évènements de ta vie depuis deux ans (c’est ca ?)…N’est ce pas dangereux ?
Je ne vois pas en quoi le fait qu’un an et demi soient relatés ici soit dangereux en soi. Si c’est par rapport à mon futur, de toute façon, je n’ai rien à lui cacher alors… De façon toute personnelle, j’aime voir l’évolution de ma personne sur cette période, les sentiments que j’ai eus à un moment donné… Et de voir que sur certains trucs, j’en suis toujours au même point !
– Qu’est ce qu’un bon lecteur de blog ?
Un bon lecteur de blog ? Je sais pas moi, quelqu’un qui me juge pas après avoir lu trois articles et ne m’impose pas sa vision de ma personne car faut comprendre que je suis plus que ça, il y a des choses dont je ne parle pas. Un bon lecteur ne cherche pas à pénétrer mon intimité non plus, il reste à sa place et me laisse à la mienne. C’est-à-dire que si je réponds pas à ses avances, c’est pas forcément la peine d’insister, par exemple.
– Peut on avoir une fausse image de toi après avoir lu les 550 articles de ton blog ?
Et donc oui, on peut avoir une fausse image de moi. Disons que je connais quelques lecteurs et c’est marrant de voir que certains me percent très facilement à jour et d’autres non. J’en ai rencontré un la semaine dernière, par exemple, il m’a dit que selon la tournure des phrases, il savait si j’avais le moral ou pas. Bon, ok, j’avais remarqué qu’il était très intelligent mais là, ce fut une révélation, je ne m’en étais pas rendue compte. Je pense que globalement, on peut me prendre un peu trop facilement pour une fille facile qui ne cherche qu’à coucher alors que mes statistiques personnelles sont plus que modestes. On ne se rend pas compte que je peux aimer, aussi, et souffrir, par la force des choses.
– quelle est ta vision du monde ?
Ma vision du monde ? Assez pessimiste, en fait. Oui, je suis optimiste pour ma petite vie mais quand je vois l’état du monde, je vois pas trop de motifs de me réjouir. C’est pas pire qu’avant, des guerres, il y en a toujours eu mais quand je regarde l’histoire du XXe siècle, surtout après la seconde guerre mondiale, et aujourd’hui, je me dis que l’homme n’apprend vraiment rien. La paix dans le monde, c’est une belle utopie, je pense que, de fait, elle est impossible, quoi que l’on fasse. On a juste changé les méthodes mais les finalités sont les mêmes. Quant à la fracture nord/sud, je pense qu’elle n’est pas prête de se résorber.
– as tu un problème avec le hasard ? (C’est ma question préférée…Je pose souvent cette question aux gens qui m’intriguent. Il parait que tu tires les cartes d’ailleurs, non?).
Ai-je un problème avec le hasard ? Non, je trouve qu’il fait plutôt bien les choses. Comme je suis impatiente de nature, j’ai parfois du mal à me laisser voguer et voir ce qu’il se passe mais j’apprends, petit à petit, à ne plus précipiter les choses.
– es tu libre ? ( pas ce soir hein…en général).
Je me sens globalement libre. Déjà, depuis ma plus tendre enfance, mes parents m’ont toujours laissé faire mes choix. J’ai choisi toute seule ma première langue (allemand, j’ai tout perdu), ma filière littéraire (vu mes notes en sciences, de toute façon, j’étais clairement pas faite pour aller en S, ça tombait bien), mes études et tout ça. Ils m’ont laissé libre de choisir ma carrière et me laissent faire. Vu que je ne subis pas de pression particulière de mes parents, je me sens très libre, c’est agréable. La seule personne qui me fout des limites, finalement, c’est moi. Bon, mes parents n’ont pas non plus eu une éducation permissive mais globalement, aujourd’hui, je ne remets en cause aucune de leur décision.
– as tu quelque chose à prouver ? si oui, quoi ?
Evidemment, on a tous des choses à prouver ! Enfin, surtout à moi, je me fous des défis et quand j’y arrive, que je suis fière ! Actuellement, je veux me prouver que je suis capable de réussir professionnellement parlant. Pendant quelques temps, j’ai aussi voulu me prouver que je plaisais aux hommes mais bon, maintenant, je suis rassurée sur ce point. Non, vraiment, le domaine où je veux/dois encore faire mes preuves aujourd’hui, c’est sur le plan professionnel. Ok, je suis une super stagiaire mais maintenant, j’aimerais être une super journaliste !
– as tu un véritable secret ?
Le principal secret ici, c’est mon nom et prénom et la suite de ma carrière, je sais à quoi mes prochains mois vont être occupés mais j’en parlerai pas ici tant que ça ne sera pas fini. Sinon, non, je crois pas avoir de secrets…
 
Zibro : Dis moi Nina, il est passé où le chat??
Là, elle est dans la cuisine, elle mange ses croquettes !
(suite et fin la semaine prochaine)