On perd vite le manuel des rencards réussis

Par Audrey

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Après la soirée de l’angoisse avec mes copines censées m’insuffler du courage pour ce premier rencard post longue relation amoureuse, je décide que j’ai pas besoin d’aide. Ca va, je ne suis plus une jeune pucelle rougissante. J’ai passé trois ans avec le même mec et j’ai eu une vie avant lui : plus experte des mecs que ça, tu meurs.

Le fétichisme des pieds, in ou out ?

Et je meurs, justement. De stress. Parce que bon, en trois ans, y a peut-être quelques trucs qui ont changé en matière de drague et mes copines ont préféré me prévenir sur les risques de finir découpée à la scie sauteuse et balancée dans la Seine en menus morceaux plutôt que de me dire si les rendez-vous galants, ça marche toujours pareil. On est toujours dans le bon vieux resto ou vive les apéros dînatoires ? Et on sort où maintenant à Paris pour passer une bonne soirée sans passer pour la meuf dépassée face aux hypra branchées parfaites jusqu’au bout des orteils. Tiens, au fait, faudrait que je pense à me faire une petite pédicure maison, peut-être que ce monsieur va voir mes pieds et les ongles un peu pas faits, ça le fait pas. Où on est-on du fétichisme des pieds, d’ailleurs ? In ou out ? On ne me dit rien, à moi !

Respire, ma fille, respire. Un, deux, trois, tout va bien se passer, ce n’est qu’une question d’organisation. D’abord, lançons les travaux de fond appelés aussi “bah, tiens, enfin une bonne occasion de me chouchouter”. Un peu de cire sur mes poils (c’est pas la mode les poils à tout hasard ? Ca m’arrangerait…), un peu de produits tout doux sur mes cheveux et ma peau, un peu de vernis sur mes doigts… Telle Cendrillon, j’émerge de mon petit nuage magique et… point de miracle. Le souci quand tu vis en couple et que tu te crois à l’abri de toute rupture (ERREUR), c’est que tu en profites pour te la couler douce sur les quelques gestes beauté qui t’ennuient le plus. A savoir pour ma part : épilation stricte (ça va, lui aussi, il a des poils et je ne lui dis rien), vernissage impeccable (selon une loi universelle, il est impossible de conserver une couche de vernis dans son intégralité plus de 8h… un peu comme les collants, impossible d’en porter un sans le filer toute une journée), silhouette impeccable. Je me masse le haut du nez en soufflant puis je hausse les épaules. Y a bien que les magazines féminins pour croire qu’on n’a aucune chance si on ne ressemble pas à une fille de leur canard. D’ailleurs, même les filles de leur canard ne se ressemblent pas et vu que Photoshop n’existe pas dans la vraie vie, on fera avec ce qu’on a.

 M’a-t-il draguée car il me sentait désespérée ?

Etape suivante : les vêtements. Dans la mesure où il ne fait pas particulièrement chaud, tout ce qui implique de dévoiler mes jambes avec juste un peu de voile autour me donne envie de pleurer. Bon allez, va pour mon petit jean fétiche, il me fait un cul d’enfer et ça dédramatise un peu la rencontre : je joue pas ma vie sur ce rencard, t’emballe pas mec. Par contre, pour le haut, l’hésitation monte d’un cran : décolleté or not ? En dévoiler un peu mais pas trop pour donner l’envie d’en voir plus mais sans envoyer le message “j’ai tellement la dalle que tu n’as rien à faire pour m’avoir”. Non, non, pas trop, soyons dans le suggéré… Ah oui, autre chose que j’ai un peu délaissé pendant ma vie de couple : ma grande-robe sexy. J’avoue que la mode sweat a eu avec moi l’une de ses plus ardentes défenseuses…

Deux heures plus tard, le contenu de mon armoire a envahi mon appart et je ne suis toujours pas plus avancée. Au fond, est-ce que tout cela a vraiment une importance ? Le mec m’a adressé la parole dans un bar où j’étais la seule à ne pas être fringuée en mode slut donc soit il aime les filles simples… soit il aime les filles désespérées, en période “basse estime de soi” parce que ça fait des proies faciles…

Je me jette sur mon lit et soupire… C’est fou comme, tout à coup, mon ex me manque… Soit on nous ment en nous disant que le célibat, c’est trop cool… soit c’est moi qui ne suis pas faite pour ça.

 

C’est quand qu’il faut aller chez le psy

2011 sera donc l’année du nombrilisme, ai-je décidé en accord avec moi-même. Ca commence bien, je suis d’accord avec moi, n’est-ce pas merveilleux ? Mais du coup, puisque j’ai décidé de me chouchouter, je me pose une question essentielle : puis-je le faire seule ?

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Comme déjà dit X fois, le mois de décembre m’a filé quelques claques dans la gueule. Première victime de mon abattement : mon appart qui ne ressemble sincèrement plus à rien. Je contemple le bordel ambiant en me disant que a) faut vraiment que je m’achète une armoire ou quelque chose et b) ce bordel est quand même significatif de mon état d’esprit. Et quand, le jour de mon départ, j’ai failli pleurer quand la contrôleuse m’a dit que mon chat dérangeait alors que j’étais assise comme une misérable par terre, je me suis demandée si j’étais pas un peu trop sensible en ce moment. Et la réponse est : « bien sûr que si »

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Oh, j’ai de bonnes raisons de l’être, je me suis pris de grosses claques dans la gueule dernièrement et à force de taper sur la cuirasse, elle se fend. Je crois que tout a commencé à cause de mon ancien boulot, celui où je me suis lexomilisée. Traumatisme de devoir prendre des médicaments, très franchement. Traumatisme d’avoir l’impression d’être une merde, de mal faire mon taf vu que certains managers préfèrent appuyer sur ce qui ne va pas plutôt que mettre en avant ce qui va bien. Je suis partie mais j’ai traîné ce traumatisme avec moi. J’en parlais l’autre jour à ma chef actuelle qui m’a répondu « ça se sent clairement qu’il s’est passé quelque chose dans ton ancienne boîte. Ton manque d’assurance au travail, ta peur de déranger, ça correspond pas à ta personnalité ». Maintenant, j’ai la sensation de rebondir mais est-ce vraiment le cas ? Le ver n’est-il pas toujours dans le fruit ?

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Ce manque de confiance gangrène un peu tout le reste, du coup. J’ai longtemps mis l’essentiel de mes oeufs dans le même panier, celui du boulot. Tant que je ne bossais pas, que je n’avais pas un intitulé de poste, j’avais la sensation de ne pas exister. Puis je suis devenue community manager, métier qui excite dans le milieu digitalo-marketing mais qui laisse totalement de glace le reste de l’humanité. 3 ans et demi plus tard, je souris toujours quand on me regarde avec de grands yeux : « community quoi ? ». Mais peu importe l’intitulé, je gagne honnêtement ma vie et le métier me plaît, en plus. Du coup, en me définissant quasi exclusivement par mon métier, quand ça se passe mal, c’est dur à avaler. Surtout que j’y passe 8 à 10h par jour au bureau, voire 12 chez Pubilon. Les derniers mois, je n’étais plus que l’ombre de moi-même, excédée de tout, prise à la gorge. C’est fini, oui, mais reste la blessure, la peur de ne plus être à la hauteur, la peur de me faire engueuler…

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Vous allez me dire qu’à priori, le psy, ça ne peut pas faire de mal. Ca reste à débattre. J’ai toujours peur que ça remue une merde qui ne demandait rien ou que je ne puisse plus me passer de cette béquille. Mais surtout, ce que je crains dans l’histoire, c’est de ne pas être dans la bonne démarche. Je m’explique. Je me sens un peu perdue en ce moment et j’ai la sensation que j’attendrais d’un psy qu’il m’apporte les réponses. Que j’aille le voir en lui disant « Hé, Paul (mais s’il s’appelle pas Paul, on ne lui en voudra pas), je suis un peu perdue en ce moment, t’en penses quoi ? » Et Paul me répondrait « Fais ça et tout ira bien » ce qui me ferait dire « Ah mais oui, t’es trop fort, salut! ». Paul n’est pas là pour vivre ma vie à ma place, je sais que c’est pas comme ça que ça marche mais mon impatience naturelle risque de vouloir des réponses tout de suite. Et puis je sais déjà très bien ce qui ne va pas, je mets les mots dessus, je ne me cache pas. Reste une colère et une rancoeur que j’ai un peu de mal à avaler. D’autant que je n’ai en général pas ce défaut là, je digère très bien les choses et je passe à autre chose. Je sais aussi quels mécanismes développer pour me sortir de mes doutes, je sais que je dois me
souvenir des mes réussites professionnelles (et il y en a), des fois où je suis partie du travail le coeur gonflé d’auto satisfaction car j’avais bien travaillé. Me souvenir qu’une semaine avant le marasme aboutissant à la lettre d’avertissement, l’agence avec qui je travaillais voulait m’ériger une statue. Me souvenir d’une autre agence dont le contact me disait « votre agence a vraiment fait de la merde sur ce dossier… sauf toi ». Me rappeler que sur un autre dossier merdique, la commerciale m’a expliqué que mes contacts m’adoraient et étaient ravis de bosser avec moi. Une copine qui a reçu un jour un avertissement et était effondré a été consolée comme suit : « tu fais du très bon boulot, y a juste eu un pépin sur un dossier. En gros, tu en es à 19/20, c’est bien ! ». C’est vrai.

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Alors du coup, puisque j’ai les mots pour dire les choses et les clés, je ne sais pas bien quelle légitimité j’aurais à y aller. Peut-être qu’en déversant toute ma colère à  l’écrit via, mettons, un roman ou un article gardé sur mon pc (ça n’aurait pas d’intérêt de le publier), ça suffirait. Je ne sais pas. Je suis face à un mur à escalader et je ne sais pas si je peux le faire seule ou si j’ai besoin d’une courte échelle. Du coup si vous avez un avis, un conseil une expérience sur le sujet, je suis preneuse. Parce que je m’aime mieux en battante, il faut le savoir.

L’étalon du dimanche soir

Avertissement : cet article ne va pas parler de mon activité sexuelle du dimanche soir. Même si c’est vrai que j’aime bien planifier une petite coquinerie ce
soir là, ça me détend pour le reste de la semaine et ça me permet de dormir, le dimanche soir, j’ai toujours du mal à me coucher, je suis décalée.

 Insomnie

Dimanche soir. Ca y est, il fait nuit, on est en première partie de soirée, les chaînes télé nous diffusent des films familiaux. Dans une poignée d’heures, j’irai au lit en appuyant sur le bouton du réveil car on va repartir pour le cirque du travail. A 7h, mon réveil va sonner, je vais grommeler, me dire que si je me levais, là, maintenant, j’aurais du temps pour faire plein de trucs. Genre écrire un ou deux articles de blogs, boire un jus d’orange pressé de mes petites mains (comme ça, je mange la pulpe et je suis bourrée de vitamines), prendre un peu de temps pour se bichonner, faire un crochet par la salle de sport pour une petite séance endiablée de vélo. Je sais que le sport le matin, c’est pas top, ça casse mais moi, j’y vois un avantage : du coup, la journée, je vais être toute zen vu que j’aurai pas d’énergie à dépenser dans des énervements inutiles. Bon, ok, je passe pas non plus mes journées à m’énerver
mais je suis sûre que certaines choses glissent mieux quand on n’a pas l’énergie de relever. Vous voyez ? Mais bon, je dis ça mais inévitablement, je finis par m’extirper de mon lit entre 8h15 et 8h30 en me disant que, merde, voilà, je suis à la bourre, je fais chier d’être une larve.

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Mais revenons au dimanche soir. De façon générale, je ne l’aime pas trop : je ne suis pas sortie de la journée, je pue (j’ai pas encore pris ma douche, souvent) , je suis habillée n’importe comment, si j’ai fait l’effort de m’habiller. Alors j’essaie déjà de rentabiliser le côté glamour : douche, gommage, masque capillaire et pour le
visage, utilisation de savon noir pour la peau toute douce. Bref, étape 1, se chouchouter et étape 2, avoir un appart dans un état tout à fait acceptable. C’est pas que je sois une adepte du feng shui mais il est vrai qu’un appart rangé est meilleur pour l’humeur.

 
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Mais le dimanche soir est un bon étalon de ma semaine en fait ou plutôt de mon week-end. En gros, j’ai les dimanches soirs « bouh, je suis une larve, j’ai rien
fait du week-end ! » et les dimanches « ouais, j’ai fait plein de trucs, je suis à jour, j’assure grave ! ». Ce que j’aime ces dimanches soirs, je pars me coucher le cœur
gonflé de ce merveilleux sentiment de travail accompli. Parce que j’ai toujours de folles ambitions pour mes week-ends : écrire mes articles de la semaine, finir de préparer le nouveau blog des vingtenaires (je dois faire la bannière et modifier quelques trucs), me mettre au dessin, faire du sport, faire du ménage, faire des courses, avancer sur des projets persos. Je fais pareil pour les vacances, je prévois des milliers de trucs, je n’en ferai pas la moitié. Je suppose que j’aime la possibilité de faire quelque chose et que sado masochisme naturel me pousse à m’en
vouloir de ne pas tout faire.

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Mais parfois, même quand je ne fais pas tout ce que comporte ma to do list, je suis contente. Hier soir, par exemple : appart propre, corps lavé, gommé, qui
sent bon et qui est tout doux, cheveux qui brillent de propreté, articles programmés. Evidemment, j’ai pas fait la bannière mais j’ai eu un concept qui m’emballe (c’est déjà bien), j’ai pas fait de sport et j’ai trop joué à Yahoo ! jeux (y jouer, c’est déjà trop) MAIS le bilan reste positif.

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Le week-end prochain, présence parentale oblige, je vais pas arrêter. Limite, j’ai envie de poser mon lundi suivant histoire de rentabiliser mon week-end… L’étalon
du dimanche soir le lundi, ça marche aussi ?

 

La révélation du matin

Le matin et moi, c’est une histoire compliquée, torturée. J’appartiens à la race dite des noctambules. A mon époque chômagère (néologisme mon amour), je ne connaissais pas le matin, je me couchais à 6h pour me lever à 14h, profitant de la nuit pour écrire. J’ai l’inspiration nocturne, pour le boulot et les loisirs, c’est ainsi.


Le matin, je ne l’aime pas trop trop et pourtant… Et pourtant, c’est un des moments où je suis le plus efficace. Mes plages d’efficacité sont 8h30-12h puis 18h-2h du mat. Dans mes années étudiantes, c’était dans ces créneaux que j’abattais le plus de boulot, l’après-midi ne servant qu’à la sieste et à la traînasserie. Je sais pas si vous avez remarqué mais,c’est fou comme on peut perdre du temps à traîner. « Bon, je m’y mets… Je vérifie juste mes mails. Bon… je vais me faire un café et on y va… Ah, le café me donne envie de pipi… Mais après, j’y vais… Oh, un article intéressant… Je le lis et promis, je m’y mets ». Le matin, j’ai pas envie de quitter mon lit et pourtant, quand je me lève et que je bosse bien le matin, j’ai l’impression d’avoir réussi ma journée.


Mais le matin est souvent aussi source de révélation, de décision. De quoi ? Oui, des fois, le matin, j’ai des révélations, des intimes convictions, des certitudes sorties de nulle part. Un exemple (idiot) : dans ma prime jeunesse, après avoir découvert le sexe et le stupre dans les bras de Pierre le pervers, mes règles ont du retard. Panique à bord. Pendant 40 jours, point de marée rouge alors forcément, je finis par me faire des films quand, un matin, en me réveillant, je me suis dit « non, je suis pas enceinte ». De la même façon, un exemple moins physiologique : en me levant un matin, j’ai su que je serais prise à mon master de journalisme et j’ai eu raison quelques jours plus tard. Comme quoi… Et ce matin, en me levant, j’ai senti que j’allais vers le positif.


La rentrée a été un peu ardue (et encore, y a des trucs que je peux pas vous raconter touchant au boulot, c’est pas triste) et ma vie privée plutôt glauque. Disons qu’en fréquentant le délicat adopteunmec, j’ai découvert que pas mal de mecs confondaient « fille ouverte et aventureuse » avec « pute gratuite ». Hier soir, après un rendez-vous glauque qui aurait pu me faire profondément déprimer s’il n’avait pas été à ce point risible et ridicule, je décide d’effacer ma fiche. Ras le bol des crétins, des goujats, des mecs qui ont des comptes à régler avec les femmes. Oh, j’ai sans doute bien des torts, le premier étant d’avoir transigé à ma règle qui consistait à ne pas rencontrer d’hommes ne sachant écrire correctement. A peu près correctement, finalement, c’est pas encore assez.  C’est fou que de cliquer sur un simple bouton m’a soulagée. Comme la fois où j’ai décidé d’arrêter de boire plus que de raison. J’ai déjà l’impression d’être quelqu’un d’un peu meilleure.


Ce matin, en me levant, j’étais contente, de bonne humeur et en forme. Alors même qu’il commence à faire sombre quand le réveil sonne. La new moi a bel et bien été livrée. J’ai bouffé du lion, je suis motivée. Peut-être que la reprise du sport joue aussi un rôle, je sais pas. Je m’en fous de la cause, ce qui compte ici est la conséquence : rentabilisons 2009, les derniers mois seront consacrés à moi, moi et encore moi.  Et un peu mes amis, aussi. Je vais me chouchouter, ne plus courir le gueux (dans le sens propre du terme pour le coup), laisser faire la vie. Après tout, qu’est-ce qui est plus sexy qu’une fille bien dans ses bakets ? Bah rien !


Sinon, hier soir, j’ai vu ce petit film ci, ça m’a bien émue aussi. Un rapport ? Je sais pas mais j’ai envie de le partager