Des mecs qu’’ils sont bien

(pas le temps pour version audio, sorry)Messieurs, aujourd’hui, je vais vous donner un modèle, des fois que vous en auriez besoin. Parce que je vous fustige, je vous asticote mais au fond, je vous aime. Sans doute trop d’ailleurs.

 les-hommes

La semaine dernière, entre deux candidatures à des postes de journaliste ou assimilé, je fais le tour de mes blogs préférés et rebondissant de liens en liens, je finis par en trouver un appelé Ra7or, le « quotidien au masculin ». Premier coup d’œil, je soupire et je frémis. Bordel, encore une connerie de site pour mâle qui vous explique comme draguer la femme à base de « toutes les mêmes, toutes des putes, traites les comme telles ». Les mecs qui draguent comme d’autres travaillent à l’usine, avec un protocole et une méthode super définis. Non à la spontanéité et à l’originalité. Une fois, un mec m’expliquait qu’il suivait des cours de drague et que pendant les bonnes soirées, il voletait de filles en filles et chopait parfois des numéros qu’il recopiait dans son beau carnet. Ah oui, efficacité, rentabilité, ça fait rêver.

 

Donc j’arrive sur le blog de Ra7or, totalement sur la défensive. Et j’ai eu tort. Je lis, je lis. Je me marre et pas qu’un peu. En voilà des hommes biens et je vous explique pourquoi. D’abord parce qu’ils vous conseillent, vous, messieurs, et de façon très efficace. Les chaussettes blanches, ils vous disent de pas en mettre. Je plussoie. Les gourmettes de 3 kilos avec votre prénom dessus ? Ils en rigolent beaucoup et nous aussi. Les façons de se débarrasser délicatement d’une femme sont assez drôles, aussi, certains de mes exs devraient en prendre de
la graine.

Mais surtout, les Ra7orboys nous aiment et pas qu’un peu. Leurs articles sur la gent féminine sont corrosifs mais bourrés de tendresse, au fond. Je me reconnais dans certains de leurs portraits (notamment sur celui des femmes qui font pas de sport, gloups…). Des questions essentielles aussi sur la vessie des femmes, très intéressant. Parce qu’ils sont malins les Ra7orboys. Quand ils savent pas, ils posent des questions avec une série d’hypothèses et leurs fans féminines donnent des réponses. Y a aussi des plans amoureux qui déchirent, moi, j’en veux du week-end à Londres en amoureux. (non, non, aucun message subliminal ici ou à peine…). Y a des conseils shopping et des conseils de chope sur meetic (enfin, c’est plutôt en devenir, ça). J’avoue que j’ai pas eu le temps de tout lire mais ayant eu un vrai coup de cœur, hop, je ponds mon article. Bon, des fois, ils nous titillent un peu, dénonçant notre façon de rompre par texto. Moi, la seule fois où j’ai rompu par texto, c’était avec Arnaud pour « officialiser » le truc mais vu que j’avais plus de nouvelles depuis une semaine, hein… Ah, ça me fait

penser qu’il faudrait que j’en fasse autant avec mon dernier mec en date, là… Non mais c’est vrai, j’aime les ruptures en bonnes et dues formes.

Ce que j’aime chez les Ra7or, c’est cette façon simple de parler des femmes. On n’est pas dans le cliché, dans un schéma conflictuel hommes/femmes et bon sang, ça fait du bien de voir qu’il y a des hommes qui nous voient comme des personnes et non comme des choses qu’il faut conquérir selon une certaine méthode. Non, non, les Ra7orboys, ils connaissent les femmes, on se

surprend à sourire quand ils soulignent un de nos travers si féminins et s’en moquent avec humour et tendresse. Moi, franchement, quand je lis ça, je me dis que je suis trop dure avec vous parfois et ça me donnerait presque envie de retomber amoureuse !

Les blogs

 Ecrire un blog peut paraître amusant, comme ça, mais c’est quand même du boulot alors pourquoi le faire ? Mercredi, alors que je faisais semblant de travailler, je me Baladais sur mes blogs fétiches, à savoir celui de Maliki et celui de Nicolin (voir liens).

Ce dernier utilise également over-blog et il avait des problèmes pour mettre en ligne ses planches, je commence donc à poster pour raconter mes propres malheurs à ce sujet. Puis je trouve une nouvelle planche sur ses questions existentielles de blogueur. Intéressée par le sujet, je lui pose la question suivante : « Est-ce que tu n’as pas peur que des nanas te draguent rien que pour être sur ton blog?? Je ne doute absolument pas de ton pouvoir de séduction mais frantico s’était posé la question à un moment et je te demande ton avis à ce sujet. » En effet, sur le blog de Frantico, aujourd’hui abandonné (quelle tristesse), des lectrices le contactaient pour copuler joyeusement avec lui. Pourtant, il se décrivait comme un loser de la drague, un petit gros à lunettes et chauve… Nicolin me répond qu’il pense que, au contraire, ça doit les faire fuir. Personnellement, et je lui fais part de mon avis, je suis convaincu que certain(e)s seraient prêt(e)s à tout pour avoir une certaine célébrité et coucher pour qu’on parle de soi dans un blog que l’on lit tous les jours ne me paraît pas si incongru que ça. D’ailleurs, Nicolin m’avait proposé un deal : « je parle de ton blog si tu parles du mien », j’avais répondu : « pour être dans mon blog, il faut coucher ». Tu vois, Nicolin (car je sais que tu lis cet article vu que je t’ai donné le lien pour le faire), je t’ai menti, je parle quand même de toi, même si je n’ai pas pu tester tes dons d’étalon.

Bon, suite à cette réponse un peu provoc’, il m’invite à aller sur son chat privé pour qu’on discute (je faisais alors toujours semblant de travailler) et la conversation fut, à mon sens, très intéressante car elle soulève plusieurs points intéressants concernant les blogs.

Les blogs sont-ils des instants de vérité ? Vous qui me lisez et qui ne me connaissez pas, êtes-vous sûrs que je sois réellement une jeune fille de 25 ans ? Qui vous dit que mes brouettes et râteaux existent réellement ? Il en va de même pour tous mes amis : sont-ils réels ou le fruit de mon esprit fécond ? Il reste une aura de mystère, un point d’interrogation difficile à effacer. Il y a quelques temps, j’avais participé au tournage d’un film amateur réunissant une certaine communauté parmi laquelle je pensais retrouver la fameuse
Maliki, dont j’ai parlé plus haut. Pour ceux qui auraient la flemme d’aller voir sur son blog, Maliki est une jeune femme à l’âge indéterminé (une vingtenaire, assurément), qui se représente avec des cheveux roses et des oreilles pointues et qui publie une fois par semaine un petit strip sur sa vie. J’aime beaucoup son style, c’est une loseuse comme moi, à savoir qu’il lui arrive des
petits pépins qui font beaucoup rire quand on les prend avec autodérision. Je l’adore d’autant plus qu’elle a deux chats profondément débiles qui feraient passer la mienne pour un félin normal. Je pensais que miss Maliki serait là car je savais qu’elle était amie avec une des actrices du film, elle parle souvent de cette demoiselle dans son blog.

Arrivée sur le tournage, je repère une nana brune avec des mèches rouges (version rouge fluo…) et je me dis : « tiens, c’est peut-être elle, Maliki ! » donc ni une, ni deux, je fonce vers elle et lui demande si j’ai raison. Elle me répond : « Ah non, c’est pas moi… Maliki n’est pas là mais, tu sais, c’est un garçon. »

La foudre est alors descendue du ciel pour me frapper, je la regarde avec ma bouche grande ouverte, mes amygdales impudiquement exposées. Je lui demande de répéter, persuadée d’avoir mal compris et elle me confirme, m’assénant cette terrible sentence : « Tu sais, il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur le net ! ».

Lors de ma conversation virtuelle avec Nicolin, on est un peu parti dans le même délire : qu’est-ce qui te prouve que je suis celui ou celle que je prétends être ? Rien mais est-il vraiment utile de le savoir ? Toi, mon lectorat, as-tu envie de savoir à quoi je ressemble, être sûr que j’existe ? Que mes histoires ne sont pas le fruit de mon imagination fertile ? Bon, évidemment, vu mes histoires pourries, on aura du mal à penser que c’est inventé… J’invite mon nouveau lectorat à lire l’article intitulé « Christophe » dans la catégorie Nina : c’est pas possible d’imaginer un vent pareil, ça ne peut être que du vécu. Mais le doute subsiste.

D’ailleurs, il se cultive. Mercredi soir, j’ai envoyé ma photo à Nicolin vu qu’il m’avait offert un joli dessin, mais pas n’importe quelle photo, celle où je fais ma star. Celle qui m’a valu je ne sais combien de flashes sur meetic. Celle où on ne voit que mes yeux parce que j’ai coupé le décolleté impressionnant qu’il y avait en dessous. Il faut savoir que je ne m’aime pas en photo donc quand j’en trouve une où je suis bien, j’en use et j’en abuse. Mais lui ne m’a pas rendu la pareille, pour « conserver le mystère », a-t-il dit. C’est vrai que je ne
peux pas l’imaginer autrement qu’en dessin, je ne sais pas trop comment je réagirais si je le voyais en photo… Déçue ? Peut-être pas, vu que je m’attends à rien mais c’est vrai qu’il est essentiellement pour moi un personnage dessiné. Cependant, cher Nicolin, si je ne t’ai pas perdu lors des précédents paragraphes, sache que ça me ferait bien plaisir de te croiser dans les rues de Paris, ce serait marrant. Et, non, je ne suis pas une nymphomane en mal de célébrité qui veut à tout prix te coincer dans un coin pour être dans ton blog. Mes exploits sexuels sont déjà évoqués ici et puis je suis pas sûre que ce soit une bonne idée de coucher avec un mec qui a connaissance de mon blog.

Car mon blog, je ne l’ai pas crée pour me taper un maximum de mecs qui se rendraient compte à travers ces lignes que je suis une espèce de déesse du sexe. D’abord, je ne couche pas avec n’importe qui et puis, reste cette question que j’avais posé à Nicolin (qui a beaucoup plus de lecteurs que moi) : n’as-tu pas peur qu’une fille veuille coucher avec toi juste pour être dans ton blog ? Personnellement, je pense être à l’abri mais si un gars qui lit assidûment mon blog venait à me proposer une brouette… Bon, s’il me plaît, je ne pourrai pas dire non mais en ferai-je un article, ensuite ? Pas sûr, même si ça me rapportera un point dans les statistiques qui ne sont pas du tout à mon avantage, en ce moment. D’un autre côté, j’ai pas envie que mes camarades de brouette passés et actuels tombent sur mon blog, je ne suis pas sûre qu’ils soient ravis de savoir que je partage ces moments intimes avec mes lecteurs (peu nombreux, certes)… Et puis je n’ai pas envie qu’ils sachent ce que je pense d’eux.

Alors pourquoi j’écris ce blog ? En fait, l’idée m’est venue un matin où je faisais semblant de travailler (pour changer). En fait, tout est parti de Victoire qui avait un rendez-vous avec un gars de meetic et qui doutait de l’issue de la soirée : ce jeune homme (Fulbert, nous en reparlerons dans la rubrique appropriée) voulait l’amener voir une exposition. Elle m’envoyait donc plusieurs messages dans la journée, râlant sur le fait que Fulbert ne semblait pas porté sur la brouette mais je lui ai dit : « il faut se méfier de l’eau qui dort,
ma Victoire… A mon avis, tu vas l’avoir ta brouette, c’est juste un fétichiste de l’art ! ». C’est fou ce que je peux dire comme bêtises quand je m’ennuie. Le lendemain matin, j’arrive au boulot (en retard), je m’installe à mon pc et me précipite sur notre forum de prédilection, elle m’envoie un message pour me dire que j’avais raison (comme si j’en doutais) et là, m’est venue l’idée des vingtenaires : nous sommes célibataires, nous avons la lose en amour, pour la plupart, nous vivons des histoires qui valent la peine d’être écrites par une future journaliste qui s’emmerde en stage. Tous les ingrédients sont là. Alors je me suis lancée…

Bien sûr, j’aurais pu faire un blog comme Frantico, Nicolin ou Maliki et raconter ma vie au jour le jour car il m’en arrive, des bêtises : la climatisation du train qui tombe en panne, mon troisième orteil du pied droit tout bleu parce qu’un plateau plein de linge humide lui est tombé dessus, mes histoires de téléphone et d’Internet, mes amendes car j’ai perdu ma carte orange… Oui, mais je ne sais pas dessiner. Alors, quitte à faire ce que je fais de mieux, écrire, autant qu’il y ait de la matière. Et avec huit vingtenaires, bientôt neuf, croyez-moi, y a du boulot !

Il y a deux catégories de personnes dans les blogs : ceux qui les écrivent et ceux qui les lisent. Seuls les premiers savent ce qui est vrai ou ne l’est pas mais, au fond, est-ce que c’est vraiment important ?