En quel temps ?

Depuis hier se déroule un étrange phénomène sur ma boîte mail : le club des 5 essaie de se trouver un créneau. Le club des 5, ce sont 5 filles (dont moi, des fois que vous n’auriez pas compris) qui se cherchent un rendez-vous mensuel pour se retrouver et bitcher en toute tranquilité. Non parce que sinon, on se voit toutes hebdomadairement à la plongée mais c’est pas pareil. Mais drame : nous sommes toutes légèrement débordées.

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Je vous résume la situation : le mardi, mort pour tout le monde, plongée. Le lundi et le mercredi, Lena a danse. Le jeudi, Isabelle 1 (oui, y en a 2 sinon c’est pas drôle) a espagnol le jeudi, cette même Isabelle et Alice vivent en banlieue lointaine et le brunch le dimanche, ça fait chier et le samedi, c’est pas sûr parce que Lena bossera parfois. Je rappelle que nous cherchons un rendez-vous mensuel. Et voilà, le club des 5 est victime de cette maladie chronique : le manque de temps. Et encore, moi, j’ai pas trouvé mes activités de la rentrée (je suis toujours en pleine hésitation, j’ai raté les inscriptions à la mairie de Paris pour le russe. Ceci étant étant salariée, non parisienne et faisant ça pour mon développement personnel, je pense que c’était mort. Sinon, j’ai plein de trucs qui me titillent mais je sais que je n’aurai pas le temps pour tout).
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Pourquoi courons-nous toutes après des activités annexes ? Pour ma part, la réponse est simple : parce que j’en ai les moyens. Moyens financiers et j’ai pas de gamins à m’occuper en sortant du taf. Justement, je dois profiter de ce temps béni où je ne peux vivre que pour moi. Donc si les mardis sont pris, me reste 4 soirs par semaine plus deux jours de week-end à remplir. Si je le souhaite car je garde aussi du temps pour voir mes amis, mes amants ou juste pour glander. Oui, j’ai eu du mal à admettre que j’y avais droit mais si je prends ma soirée d’hier : rentrée tard (j’avais rien de prévu donc j’ai un peu avancé au boulot, sachant que ce soir, je pars à 18h20 et demain 18h donc bon…), je m’allonge « 5 mn » vers 21h40. Je me réveille à 22h30 au moment où mon chat se dit que c’est cool de dormir sur moi. Elle se love dans mon dos, un truc que j’essaie de lui apprendre depuis 6 ans. Oui, j’ai décidé que ce serait super que mon chat se pose sur mon dos et patasse un peu, histoire de me faire un petit massage et bouillote par la même occasion. Mais apparemment, mes seins sont plus confortable que mes reins, j’arrive à rien sur ce point. Alors pour une fois qu’elle le fait, j’allais pas la dégager. Du coup, je suis restée au lit et j’ai profité qu’elle reparte (la garce) pour virer mes fringues et roupiller. Donc oui, hier soir, je n’ai strictement rien fait MAIS j’ai dormi 9 heures en cumulé (ça tirait quand même ce matin, faut que la société arrête de croire que je peux être pro-active aux heures à un chiffre) donc cet après-midi, vers les 14-15h, je n’aurai pas de coup de pompe donc je serai efficace. Bon, je serai efficace au boulot donc mon épanouissement personnel ne se sent pas très impliqué MAIS si on considère que mon épanouissement personnel coûte quelques sous (aucun cours n’est gratuit, normal), vaut mieux que je sois efficace au boulot, quand même. Bref, j’ai le temps, j’ai l’argent, faut en profiter. Non parce que si je daigne un jour faire un(e) mini-moi, même si je peux le/la confier au papa quelques soirs, faut pas abuser non plus donc là, Güdrun oblige, pas de mini-moi en vue donc apprenons des choses.

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Alors évidemment, l’emploi du temps devient compliqué à gérer. Entre les amours et les amis, rien que ça, c’est un peu la quadrature du cercle surtout que toute personne normalement socialisée ne cesse d’élargir le dit cercle, au point de ne plus pouvoir voir personne. Si le club des 5 a pu se voir relativement facilement cet été, dès que la rentrée et les activités reprennent, c’est une autre paire de manches. Est-ce un espèce de mal urbain (peut-on réellement parler de mal en la matière ? Vous avez trois heures) d’essayer de combler à tout prix nos emplois du temps ? On pourrait croire à un mal de célibataire ne voulant pas se retrouver seul chez lui mais ça ne marche pas puisque Lena vient de s’installer avec son mec. Cyniquement, on pourrait alors en déduire qu’elle cherche à fuir l’appart commun mais ils font de la plongée ensemble alors même pas.Envie de se dépenser, de s’évader pour oublier ou éliminer notre stress ? J’y crois plus. C’est mon cas en tout cas. Outre le fait que j’ai envie de devenir une personne meilleure à mes yeux, je suis toujours à la recherche d’un équilibre et cet équilibre me paraît difficilement compatible avec le stress. Stress qu’il faudrait que je combatte à coup de yoga mais je suis pas sûre d’aimer ça, le yoga. La plongée, c’est mieux.

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Mais cette quête que nous semblons toutes avoir de ce petit plus, de cette envie d’apprendre, de maîtriser de nouvelles disciplines n’est-elle pas la résultante d’une société de la performance où l’oisiveté est combattue, méprisée ? Où il faut être toujours plus fort que le voisin, plus cultivé, brillant, multitalentueux ? Une société où l’on montre à la télé des exemples de médiocrité absolue, des jeunes ne sachant pas parler français passionnés de choses futiles, si tant est qu’ils soient passionnés, assoiffés de gloire facile, qui veulent être des « stars ». Stars de quoi, la question reste posée.

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Ou c’est juste parce que justement, à la télé, y a rien et plutôt que de se faire chier chez soi, on préfère s’occuper ailleurs.

PS : Sans vouloir faire ma féministe, le guide Eyrolles « s’organiser c’est facile » avec en sous-titre « pour les femmes » et l’image du gamin,ça sous entend que seules les femmes doivent gérer boulot et marmots ? 

 

Et la marmotte, elle met le chocolat…

Ceci est un coup de gueule contre moi-même. Ces derniers temps, j’ai un passe-temps pour le moins étrange : je dors. Tu vas me dire que c’est pas un mal et que ça arrive même à des gens très bien. Et puis après deux ans à dormir 5h par nuit, il était temps de se rattraper un peu. Ouais ok mais le problème, c’est que je n’ai plus le temps de ne rien faire.


Journée type d’une Nina nouveau modèle (c’est-à-dire depuis le nouveau boulot) : lever 8h, boulot à 9h30, fin du boulot à 19h30 (en moyenne), retour maison vers 20h30 (des fois, je fais des courses). 21h, « bon, je vais m’allonger 5 mn ». 23h30, j’ouvre un œil. 23h45, j’ai viré mes fringues et je me rendors. Passionnant. Ma vie est fidèle au cliché métro-boulot-dodo. Et cerise sur le gâteau, dans un mois, ma boîte déménage et je vais me taper un train et deux RER. Quand on pense que j’avais déménagé pour me rapprocher du boulot, on peut rire très fort.


Bref, là, je me dis que rien ne va plus. Evidemment, j’ai des explications qui tiennent au changement de saison et changement d’heure et changement de boulot. Tous ces changements, dis donc ! Donc évidemment qu’il est normal que je sois un peu fatiguée, que je tombe comme une masse mais faut dire aussi que je ne fais aucun effort pour lutter contre l’assoupissement. Hier soir, par exemple, j’avais un programme aux petits oignons : quitter le boulot à 19h, aller à la laverie, faire deux ou trois courses au retour, ménage, popote, exercices physiques et dodo. Finalement, j’ai eu un truc de dernière minute à faire donc je suis partie royalement à 19h30 (et encore, le serveur était en rade donc je n’allais pas rester), je suis passée faire quelques courses en rentrant, j’ai rangé mes courses dans le frigo et paf, dodo. 23h30, j’ouvre un œil et là, dilemme : je me relève ou pas ? Non, j’ai envie de dormir. Dont acte. Du coup, je n’ai pas écrit une ligne pour le blog, ce qui ne serait pas dramatique en soi si je n’avais également d’autres projets en cours qui prennent la poussière.


Et pourtant, il suffit de ne pas céder. Parfois, le soir, je vais au sport, je ne rentre donc pas avant 22h et là, je ne me couche pas de suite car le coup de pompe est passé, j’ai le temps de manger (j’ai un équilibre alimentaire de dingue en ce moment), d’écrire un peu et d’aller me coucher. Ca, ça me plaît. Parce que le coup du 21h au lit, ça m’empêche de manger/écrire/lire/faire du sport. D’ailleurs, ma fatigue vient aussi du fait que je fais moins de sport qu’avant pour cause de changement de boulot. Mais bon, je dois me ressaisir. Donc à partir de maintenant, interdit de se coucher avant 23h !

Quand je pense qu’en janvier, j’étais résolue à dormir plus, voilà que maintenant, je dois me forcer à rester debout… Je me demande si on aurait pas changé un truc en moi sans que je m’en rende compte… Ca me rappelle quand j’étais ado et que je vérifiais les symptômes d’un enlèvement extraterrestre (je fus très déçue de constater que je ne faisais pas partie du lot, malgré des bleus apparus mystérieusement mais qui s’expliquent par ma peau vraiment trop fragile). La fatigue, c’était pas un peu un symptôme ? Mais bon, je crois pas que les extraterrestres choisiraient d’enlever quelqu’un qui vit dans un immeuble dans le centre d’une ville de banlieue de la petite couronne, ce ne serait pas très discret. La vérité est ailleurs…

NB : J’hésite à avoir honte de la chute totalement minable de cet article… Mais je suis si fatiguéééééééeeeeee …