Mais pourquoi tant d’instabilité ?

La semaine dernière, j’ai eu une conversation qui m’a légèrement énervée avec une_vaness sur Twitter. C’est pas elle qui m’a énervée, la pauvre, mais ce qu’elle m’a raconté m’a profondément gonflée. Remise en situation : la demoiselle a passé un entretien où on lui a posé la question suivante “mais pourquoi avez-vous eu tant de CDD?”. Sous entendu : t’es instable, c’est pas bon pour toi.

Defense 022

Ah ben oui, tiens, tout le monde choisit le CDD. Moi, je négocie à chaque entretien qu’ils passent mon CDI en CDD, bien sûr. “Bon écoutez les mecs, ne nous mentons pas, dans un an, j’en aurai marre de vos gueules, on n’a qu’à partir sur un CDD de 12 mois et comme ça, je partirai sereine avec ma petite prime de précarité. Bisous les mecs !”. Non mais soyons un peu sérieux… Tu le connais un peu le contexte ? Tu préfères qu’on reste au chômage en attendant un éventuel CDI plutôt que d’essayer de cumuler un peu d’expérience, gagner sa vie en travaillant plutôt que d’attendre les allocations chômage ? Tu as posé une question au hasard parce que tu ne savais pas quoi dire ? Oui, rien que d’en parler, ça me re énerve, ça me donne envie d’aller chercher une pile de Les Echos et lui jeter avec élan à la gueule.

les_echos_presentation

De façon plus générale, dans mon milieu, on bouge. On sait que la durée de vie dans une agence est d’un an, un an et demi. Après, où un des mecs au-dessus bouge ou c’est à toi de partir pour tenter de grimper sur l’échelon suivant dans un ailleurs. Evidemment, tout dépend du poste que l’on occupe, on n’en fait pas toujours le tour au bout d’un an, un an et demi. Mais quand tu fais bien ton taf et qu’on te laisse tranquillement à ta place. Comme je l’ai déjà dit, on ne nous laisse même plus atteindre notre niveau d’incompétence. Alors oui, quand ça ronronne trop, quand je suis trop rôdée à mes tâches et que l’ennui (et donc les conneries laissées passer car on n’est moins attentifs et impliqués) commence à m’empoisonner. Oui, M le recruteur, j’ai fini par partir car j’avais fait le tour, que j’avais besoin d’une nouvelle motivation et que ça marche comme ça dans ce milieu, on le sait. Alors la vraie question est : tu sais très bien que ça marche comme ça, Recruteur (ou alors je suis légèrement inquiète quant à ta connaissance du métier) alors pourquoi tu me poses la question ? Pour me déstabiliser ? Oh ouah, la vieille technique pourrie de la déstabilisation en entretien… Faudra un jour que je reparle plus précisément des entretiens mais, dans mes souvenirs, les recruteurs qui m’ont posé cette question, je les sentais pas des masses. La question tellement inutile.

mauvais-entretien

Parfois, je me demande à quoi servent les entretiens à part te poser des questions cons “juste pour te déstabiliser”. C’est vrai qu’on a tellement rien de plus constructif à faire en entretien. C’est vrai que la masse de nos compétences ne vaut rien face à la réponse à une question “faite pour nous déstabiliser”. Il suffit d’un instant de flottement et zou, à la poubelle la candidature.

poubelle

On a envie de travail mais on n’a pas toujours la chance de trouver le boulot en CDI qui nous permet d’évoluer sereinement dans une même société. Comme j’aimerais trouver un mec cool qui assume une fille comme moi, qui me permettrait de m’épanouir sereinement dans une relation de couple. Mais hé, salut, c’est pas la réalité ! La réalité est que nous ne sommes que les pièces d’une machine et que la pièce, elle a très peu de chance d’être changée de place. Non, elle fait son job et quand elle est usée, on espère qu’elle sautera elle-même du mécanisme qu’on la remplace par une autre toute neuve. C’est comme ça. On joue le jeu. Alors bordel, arrêtez de nous poser des questions à la con et faites de l’entretien une bonne occasion de découvrir le candidat devant vous. C’est pour ça qu’on est là, non ?

Gérer son sex friend

L’autre jour, j’ai survolé un magazine masculin tout nouveau qui traîne au bureau, H for men, tout en regardant les mecs jouer au foot sur la console. Ouais, je sais magazine masculin, foot, faut pas que je m’étonne si ma mère pense que je suis lesbienne. Donc ce magazine très instructif vous apprend entre autre à saouler une femme pour la désinhiber (mais il conseille du champagne, classe quand même) et comment convertir sa copine de brouette en power plate pour se muscler en baisant. Ca envoie du rêve, surtout la position du marteau piqueur où la fille doit avoir la tête en bas. Pendant que tu te fais les adducteurs, ça te gêne pas que je te vomisse sur les pieds chéri ?

Entre autres articles, le désormais incontournable papier sur les sex friends ou « amis de complaisance ». J’adore la subtilité francophone. Bon, le papier est court, je vous le résume : c’est super parce que des fois, dans la vie, on veut pas s’engager mais vaut mieux en avoir plusieurs car ces garces charmantes demoiselles ont tendance à se trouver des mecs et plus vouloir sexer avec nous. Je vais pas jouer les prudes, j’ai déjà eu des sex friends, je crois en avoir un actuellement (oui, je suis pas sûre de ma situation avec Gabriel, c’est un peu la lose quand même). Bon moi, à la différence de ce qu’ils disent dans l’article, je les recrute pas dans mon groupe d’amis parce que je ne suis pas foutue de mélanger les genre. Un sex friend peut devenir un ami mais la réciproque n’est pas vraie car mes amis sont des êtres asexués pour moi. Enfin, je veux pas coucher avec sinon, c’est le foutoir et aucune brouette ne mérite de sacrifier une amitié. Mais chacun les recrute où il veut, c’est pas le sujet.

Il est vrai que le sex friend est une bonne solution quand on est dans une période où on veut pas s’engager. Par exemple, l’été dernier, mon cœur était en réparation, hors de question de sortir avec quelqu’un, de lui faire des promesses alors que je savais que j’étais pas capable de donner un chouia d’amour. C’est une question d’honnêteté, je veux pas sortir avec quelqu’un juste pour avoir ma dose de sexe et de tendresse tout en sachant que je ne suis pas vraiment dispo. Récemment, j’ai traversé trop de changements dans ma vie avec mon nouveau boulot et mes projets de colocation. Ca peut paraître bizarre mais je me sens très différente d’il y a quelques mois et je dois me poser dans ma nouvelle vie avant d’aller de l’avant. Donc retour sur meetic pour le recrutement, on n’a pas fait mieux. Dans le lot, Gabriel, donc, qui a beaucoup de qualités à mes yeux mais m’a prévenue : ça fait 7 ans qu’il est pas tombé amoureux et ne veut
pas forcément s’attacher donc je ferais mieux d’en faire autant. Et là, je merde un peu. Etant profondément monogame même avec mes sex friends (à moins qu’on soit un couple mais je serais au courant, non ?), j’ai du mal à gérer les autres et à même à avoir envie de les voir. Le semi Russe m’a saoulée avec sa fellation routière, il est disqualifié, na. Non parce que je le sens gros comme une maison, ce sera une fellation et il me ramène chez moi et non. Comme dirait Vicky, il a qu’à aller au Bois de Boulogne.

Le risque majeur dans le sex friending, c’est l’attachement unilatéral. Avec Laurent et Benoît, je m’étais pas attachée, je sais pas bien pourquoi pour le premier. Pour le second, je sais, c’était un enfoiré. Après tout, Laurent avait pas mal de qualités. Mais j’étais pas dans le mood sans doute. Là, avec Gab, je me fais un peu peur, je joue avec le feu parce que je commence à craquer et je crains de me prendre une claque car je pense pas avoir de place dans sa vie. Pourtant, ça fait un peu chier, on est de plus en plus en symbiose sexuellement parlant et on s’entend bien, en dehors de ça, on papote beaucoup quand on se voit. Mais c’est vrai que quand on se voit pas, on parle pas trop, des fois sur MSN mais ça ressemble pas à une relation de couple. Hé oui, il ne faut pas confondre tendresse et attachement, là est tout l’art du sex friending et moi, je suis merdique dans la gestion des sentiments, c’est pas nouveau. Comme dirait
Vicky (elle dit plein de choses intelligentes), j’ai le droit de m’attacher, c’est pas un mal mais faudrait juste que je m’attache à un mec qui me le rend bien.

Bref, sur le papier, le sex friending peut paraître une solution idéale pour avoir sa dose de sexe et tendresse à des moments où on ne peut offrir plus. Cependant, il faut toujours rester clair dans ses sentiments avec l’autre et admettre la possibilité que la situation finisse par nous échapper. A trop jouer avec le feu, on peut parfois se brûler et ça fait mal.

Recette magique pour la réussite d’’un couple

Bon, lecteur, je te préviens de suite, ce titre est odieusement mensonger parce que si je l’avais, la fameuse recette, je serais pas célibataire. Mais je vais quand même parler de couple, rassure-toi.
 

L’autre jour, je lisais le blog de Lambchop qui parlait couple et comparait ça à une société. Bon, je vais pas résumer son article, zavez qu’à le lire (là !!). Bon, ben, moi, ça m’inspire, même que j’en fais un article. Un couple, c’est quoi : un
homme et une femme, un homme et un homme, une femme et une femme, choisissez selon vos préférences. Bref, deux personnes qui s’aiment et ont décidé de faire un bout de chemin ensemble. Jusque là, tout va bien. Mais la réelle question est : comment on fait pour que ça dure ?

Ado, alors que je me trouvais délicieusement moche, je me disais : un couple, c’est un mec qui me plaît ET à qui je plais… C’est limite impossible, quoi. 10 ans plus tard, le raisonnement est différent : deux personnes qui se plaisent, jusque là, tout va bien. Mais deux personnes qui arrivent à vivre ensemble, là, ça se corse. Et quand je parle de vivre, je parle même pas d’emménager sous le même toit, non, non ! L’autre soir, je discutais avec Emma qui me demandait pourquoi on ne se prenait que des murs, question à laquelle je n’ai pas de réponses. Non mais c’est vrai : on n’est pas moches, on n’est pas connes, on a tout plein d’affection à donner et tout ça. Donc je lui réponds ce que je pense : c’est juste une question de timing. Quoi qu’est-ce ?

 

En effet, imaginons que je rencontre Paolo, le bon voisin, là, toujours le même. Alors voilà, on se plaît, on conclue et on devient officiellement un couple. Mais imaginons que nos attentes soient pas les mêmes. Que l’un ait envie de trouver une moitié pour longtemps alors que l’autre n’a surtout pas envie de se caser. Bon, ben, là, malgré toute la bonne volonté de celui qui veut passer devant le Maire, ça ne durera pas, c’est pas plus compliqué. Bon, ce cas-là, n’importe qui aurait pu le trouver, c’était facile.

Mais après, la question du timing ne s’arrête pas là. Même deux individus ayant le même désir d’engagement peuvent se rater. Parce que l’un a des soucis à ce moment là et qu’il ne peut pas gérer une relation de couple. Il y a aussi les incompatibilités d’humeur. Il y a des moments dans la vie où on recherche un type de personne en particulier, par exemple un homme protecteur, sûr de lui. Bon alors reprenons Paolo, sur le papier, on est le couple i-dé-al. Sauf que Paolo doute de lui, il cherche actuellement du boulot et n’est pas au top de sa forme et donc, pour le côté sûr de lui, je repasserai. Pourtant, quand il aura signé son CDI, le Paolo, il me protègera de ses bras musclés mais je serais peut-être déjà partie, allez savoir.

Souvent, quand quelqu’un se fait plaquer, il se demande ce qu’il a mal fait. Ne nie pas lecteur, on se pose tous la question ! Mais pourquoi il m’aime pas ? Qu’est-ce que je n’ai pas ? Bon, évidemment, des fois, y a des raisons genre « non mais en fait, je t’ai pas dit mais je suis marié » mais souvent, c’est juste que ça ne devait pas durer plus longtemps ? Fataliste ? Certes mais pourquoi faudrait-il qu’il y ait toujours un coupable et pourquoi faudrait-il toujours que ça soit nous ? Evidemment qu’une rupture, ça fait se poser des questions, surtout si monsieur (ou mademoiselle) en préfère un(e) autre. Mais peut-être que dans d’autres circonstances, ça aurait marché, c’est juste que c’était pas le bon moment. Attention, je dis pas que, du coup, il faut jouer les Pénélope en attendant qu’il/elle revienne à un meilleur moment, non, non, non. Faut savoir aussi tourner les pages. Mais faut arrêter cette autoflagellation systématique. Si on a eu des torts, autant les reconnaître, ça nous fera avancer. Mais parfois, il n’y en a juste pas.

Je n’ai jamais su pourquoi Arnaud ne m’avait jamais rappelée mais je suis persuadée aujourd’hui que le problème ne venait pas de moi. Sans dire que je suis la petite amie idéale, je n’avais alors commis aucun faux pas, je ne m’étais montrée ni trop étouffante ni trop distante. Je pense juste qu’avoir une petite amie pendant un mois, c’était assez pour lui. Peut-être qu’un jour, il changera mais j’avoue que je m’en fous comme de ma première barquette de Petit Lu à la fraise. De toute façon, je pense qu’à la longue, c’est moi qui serais partie car il ne correspond pas au type d’homme qu’il me faut. C’est-à-dire un mec qui lit autre chose que des forums ou des magazines sur les motos.

En somme pour moi, un couple, ce sont deux personnes qui se rencontrent et se correspondent au bon moment. Dur à trouver ? Oui mais quitte à passer le reste de ma vie avec un gars (et peut-être même partager mes gênes avec lui pour faire des enfants), autant le faire avec quelqu’un qui me correspond plutôt que d’essayer à tout prix de me changer et de le changer pour que ça marche. Parce que ça, c’est voué à l’échec. 

PS : Puisqu’on parle de Lambchop, messieurs, prière de vous rendre ici et de participer à ce petit site, ça nous fera plaisir !

Les filles, toutes des garces !

L’amitié féminine est quelque chose d’assez curieux. Quand je lis les magazines féminins ou que je regarde ma propre vie, je catalogue l’amitié féminine en deux catégories : l’amitié sincère et l’amitié hypocrite basée sur la rivalité. Je sais pas si c’est pareil chez les mecs mais y a des jours où c’est très fatigant.

J’ai plusieurs amies, des proches et des moins proches, des copines avec qui j’aime bien papoter aussi. Mes vraies amies, on se confie tout. Par exemple, Anne, on a eu des conversations très intimes. Anne, je la considère comme une vraie amie : je suis heureuse pour elle quand il lui arrive des choses biens sans ressentir de jalousie. Là, elle est en couple depuis 4 mois, maintenant, et j’avoue que ça me fait grand plaisir. Faut dire qu’elle n’a pas eu une vie sentimentale très heureuse jusqu’à présent, chose que je ne m’explique absolument pas. Outre qu’elle est très jolie et qu’elle a un corps de déesse, elle a oublié d’être conne, elle se cultive beaucoup. Bref, elle a tout pour plaire et, enfin, elle trouve un mec avec qui ça marche. C’est marrant comme nos rôles se sont inversés : avant, c’était moi la fille en couple, elle la célibataire, moi qui disais : « mais t’inquiètes, toi aussi tu trouveras le bon ». Là, c’est l’inverse. Anne, elle a un mec, un boulot et deux neveux. Tout ce que j’aimerais avoir. Mais je ne suis pas jalouse pour autant. C’est mon amie et son bonheur fait aussi le mien. Idem pour Lucie : quand j’ai su qu’elle avait son CAPES, j’étais réellement heureuse pour elle parce qu’elle avait bossé comme une folle pour l’avoir et l’avoir dès le 2ème coup sans être passé par l’IUFM, c’est quand même une jolie performance. Bon, je vais pas vous faire la liste de tout ce que je pourrais jalouser chez mes copines parce que je suis pas en train d’écrire un roman, là.

J’ai un idéal assez élevé en terme d’amitié, je crois que je suis exigeante dans ce domaine qu’en amour, voire plus. L’amitié, c’est un peu mon arche de Noé, là où je me réfugie en temps de déluge mais là aussi où j’accueille mes amis quand ils ne vont pas bien. Ca marche dans les deux sens : on se soutient mutuellement. C’est aussi un lieu de joie : quand tout va bien, on est heureux de se retrouver tous ensemble pour célébrer nos bonheurs. La vie est suffisamment compliquée pour s’en rajouter avec les amis, même si les prises de tête arrivent.

Revenons à l’amitié féminine. Durant ma vie, je me suis retrouvée dans des cas d’amitiés concurrentielles et j’ai franchement horreur de ça. Cas le plus flagrant : Rachel. Dans le genre « je t’aime autant que je te déteste », on a fait fort. Cette fille, je l’ai rencontrée au lycée, en première et on est devenues très amies en terminale. C’était toujours à celle qui aurait la meilleure note (moi, en général), à celle qui plairait le plus aux mecs, à la plus mince, la plus intelligente… Enfin, moi, je faisais pas attention, je m’en foutais un peu. D’abord, il y eut le gars qui me fit une déclaration en pleine discussion sur Friends, celui qui faisait une rubrique F1 sur une radio locale un peu grâce à moi. Quelques temps après, voilà qu’elle se sent attirée par lui. Un jour, on discute collégialement, elle parle des peluches qu’elle a dans la voiture, je lis l’Equipe quand je vois qu’il y a eu un accident pendant les essais privés donc je m’exclame : « oh, machin a eu un accident » et le gars me parle du coup. Quand on se retrouve toutes les deux seules, je me prends un « il a suffi que tu ouvres la bouche pour qu’il m’oublie » bien amer. Heu…pardon, je l’ai pas fait exprès. Pour compliquer cette relation, Yohann, notre meilleur ami commun de l’époque, la troisième roue du tricycle, en somme, tombe amoureux de moi. Là, la jalousie est à plein régime. Un soir, elle lui dit : « Nina et moi, on a le même caractère, pourquoi tu la préfères elle à moi ? » Sous entendu : Nina est de toute façon trop moche pour qu’elle te plaise par son physique. Ca fait plaisir ! D’ailleurs, je me suis pris pas mal de skuds sur mon physique. Exemple : on part en vacances avec Yohann dans la maison de sa tante au bord d’un lac. Un soir, on parle d’atouts physique et elle me demande les siens, je commence un listing quand elle me fait « Bah, arrête, tu me demanderais la même chose, je serais pas capable de répondre. » Ok, j’ai ramassé mes dents et je suis allée faire la vaisselle.

A la fac, nouvel élément de notre folle passion amicale : Gauthier. Au début, c’est moi qui suis intéressée par lui et je me prends un fantastique râteau. En 2ème année, Gaugau et moi devenons insupportablement complices, on passe nos cours à s’échanger des petits mots d’amour genre « je te prendrais en levrette, la tête dans le frigo». Elle croit qu’on dit du mal d’elle sur nos mots donc systématiquement, elle se place entre nous en cours et fait tout pour qu’on ne s’échange plus nos mots doux mais on y parvient toujours. Déjà, je ne suis pas suffisamment garce pour écrire des saloperies sur une nana à côté de moi. Ensuite, on a appris six mois plus tard qu’à ce moment-là, elle voulait sortir avec le Gauthier et qu’elle était persuadée que j’allais conclure avant elle malgré ma pseudo relation de couple avec Pierre le pervers. Finalement, avec le temps, nos relations se sont normalisées, sans doute parce qu’on ne se voyait plus beaucoup mais maintenant, quand je sens poindre un rapport de rivalité entre une copine et moi, je mets aussitôt de la distance. J’ai passé l’âge de jouer à qui sera la plus belle, qui aura la meilleure note, qui aura le plus de mecs… Je ne nie pas qu’une certaine émulation peut être motivante mais faut pas pousser mémé dans les orties. Avec Cécile, au lycée, on jouait un peu à
« qui aura la meilleure note » aussi mais de façon très soft, c’est-à-dire que quand l’une des deux se prenait une sale note pas du tout attendue, l’autre ne ramenait surtout pas sa fraise. C’était surtout en philo qu’on s’amusait à ça, vu qu’on avait généralement un point d’écart ou la même note. Mais on travaillait main dans la main, celle qui avait compris en premier expliquait à l’autre. En général, je l’aidais en maths, elle m’aidait en anglais, on faisait tous nos exercices à deux sans chercher à impressionner l’autre. Une saine amitié, quoi

Pendant longtemps, j’ai eu du mal avec les filles, en fait. Depuis que je suis sur Paris, j’ai des relations tout à fait normales avec Tatiana, Zoé ou Sab. On se raconte nos vies sans se balancer des piques dans la gueule. Quand Zoé me parle de sa nuit d’amour avec M. Zoé, je peux lui sortir un « han, je suis jalouse ! » mais c’est de l’ordre de la boutade et elle le sait très bien. Idem pour les deux autres demoiselles. Les filles ont quand même tendance à être garces entre elles et quand y en a une qui me fait un compliment, j’ai tendance à le prendre pour argent comptant. Mais je me méfie quand même des hypocrites et Dieu sait qu’il y en a. Quand je surprends une copine en flagrant délit d’hypocrisie, j’ai tendance à me refermer, aussi. L’amitié, c’est comme l’amour, tout est question de confiance, selon moi. Et à partir du moment où ma confiance est trahie, je ne me sens plus très motivée pour faire des confidences. Le pire étant les
nanas qui se la racontent, qui sortent des mensonges aussi gros qu’elles car j’ai vraiment l’impression qu’elles me prennent pour une idiote et ça m’agace. Oui quand on ment, faut bien le faire, c’est tout un art. Quand on sait pas, on s’abstient. De toute façon, je vois pas l’intérêt de mentir en amitié. Se faire passer pour quelqu’un d’autre ? Ben c’est pas de l’amitié ! Entre amies, on devrait se montrer telles quelles, ne pas s’inventer d’histoire d’amour ou de sexe pour pas se sentir moins jolie que les autres, ne pas prétendre qu’on pèse 10 kg de moins que ce qu’il y a marqué sur la balance. D’abord ça se voit. Et puis en plus, on n’est pas là pour se juger. Si mes amies commencent à me juger, c’est que ce ne sont pas des amies, point.

L’amitié féminine est vraiment quelque chose de compliqué. Heureusement, j’ai quelques bonnes amies qui m’empêchent de penser que les filles sont toutes des garces.