La liste de la victime de la mode (couic)

– Mercredi, séance shopping, j’ai besoin de fringues tendance. La mode est au gris, j’ai envie d’un pantalon tailleur gris avec la veste assortie et un top coloré histoire de
pas passer pour la dépressive de service. Etape 1 : Mango. Mango, c’est concept, ils ont décidé que le gris ne passerait pas par eux. Naf-Naf ? Ils taillent leurs fringues comment
eux ? Je teste un chemisier, je nage dedans sauf au niveau de la poitrine où la boutonnière baille outrageusement. Sac à patate powaaaaa ! Une robe sinequanone ? Ah ben tiens,
c’est donc à ça que je ressemble avec la poitrine hyper comprimée et le teint bleu. Je tourne, je vire. Au bout d’une heure et demi, je n’ai rien acheté. Match retour le soir, je vais chez
H&M, je trouve un tailleur gris super sympa avec un pantacourt très court (ou un short long, chuis pas sûre). J’essaie un chemisier en satin aubergine. Bon, ben, si je le mets, va falloir que 
j’évite de respirer, je risque d’éborgner mon interlocuteur avec le bouton qui menace de sauter. Je prends mon tailleur puis direction Promod pour trouver le haut coloré que je veux. Finalement, je repars avec une robe chasuble, un chemisier, un petit haut marron et taupe et un sautoir vert. Sautoir qui une fois mis est horrible. Mais j’ai pas trouvé de chaussures. En tout cas, je n’ai qu’une chose à dire : la mode automne-hiver est atroce et déprimante. C’est déjà moche, l’hiver, si en plus, on s’habille en gris, faudra pas s’étonner d’être dépressifs.

 robe-chasuble

– Après vérification, le coca light et le coca zéro, c’est pas tout à fait pareil, le zéro est plus calorique (1.3 ka par verre contre 1.2 pour un coca light, faut le savoir). 

– « T’as la peau douce, c’est super agréable ». Avec tout le mixa bébé que je m’étale consciencieusement tous les soirs avant dodo, j’espère bien. Mais après réflexion, je suis plus sûre si cette phrase a été prononcée ou si je l’ai rêvée, faut pas me parler dans un demi sommeil.

– Article très drôle que m’a fait suivre un collègue, je vous laisse découvrir, c’est sur le rugby qu’est mieux que le foot (http://fr.sports.yahoo.com/07092007/52/15-raisons-de-preferer-le-rugby-au-foot.html). D’ailleurs, je tiens à dire que la chanson basée sur le haka qu’ils viennent de sortir est carrément atroce, je milite contre. Le haka, c’est pas français, laissons le aux Néo Zélandais et admirons.

– Lundi, j’arrive au boulot, un gars que je connais pas est installé sur le canapé. Je salue et ne fais pas trop gaffe, sans doute un candidat pour un des postes à pourvoir. A un moment, je vois un nom inconnu se connecter à notre messagerie instantanée donc je demande à Claude qui c’est « Ben, le mec qui était sur le canapé, tout à l’heure, c’est un nouveau ! ». Pourquoi dès que je prends des congés, l’agence en profite pour recruter quelqu’un, hein ?

 – Cette semaine, je suis pas sortie, nananère. Bon, ok, j’ai fait des folies de mon corps lundi nuit mais chez moi donc je suis pas sortie. Mais c’est fou comme dormir moins

de 3h le lundi vous ruine toute une semaine. Mais ce week-end va être hyper girlie.

 – D’ailleurs, hier soir, j’ai passé la soirée chez ma chérichounette en convalescence et elle n’a rien trouvé de mieux pour me remonter le moral que de me faire jouer à Sing

Star. Effectivement, le moral est remonté mais la prochaine fois, je prends mes lunettes, ça m’aidera à gagner.

 – Entendu au boulot : « Y a un peu une drôle d’odeur, ici, ça sent un peu le rat mort – Ouais, heureusement qu’il y a Nina qui parfume un peu. – Ouais, ça sent le rat mort à la fraise ». Ce qui est faux, mon parfum n’est pas à la fraise.

– Entendu au boulot (bis) : « Ouais, Nina et Claude, vous vous absentez des fois, y a un hôtel dans le coin ? », « Nina, tu veux déjeuner avec Farid ? Moi, je dis, y a anguille sous roche ! », « Moi, je dis, entre Nina et Guillaume, il se passe quelque chose, suis sûr que vous couchez ensemble ». Donc moi : « Super, avec toutes ces histoires, je me suis déjà tapé toute la boîte ! » « Bah, il te reste ceux de Prague encore ». Dur d’être la seule fille. D’ailleurs dialogue de mardi : « Ouais, t’as passé la nuit avec une fille ou un mec ? – Un mec. – Bah, je suis sûr que t’es lesbienne ! –Heu… Ben non. – La fille avant toi, on la charriait comme ça et la pauvre un jour, elle a dit « ah ben non, j’aime trop la bite ! » -… – Ben tu dis rien ? ». Non mais j’ai pas l’air comme ça mais je les adore mes collègues.

 – C’est la rentrée, y a du monde tout partout dans le métro et les trains reprennent leurs retards de 20 minutes. Ca pue.
 
– Je crois que mes cervicales cherchent douloureusement à communiquer avec moi mais je comprends pas ce qu’elles me veulent. Du coup, j’ai voulu faire chauffer mon masque

pour la figure qui est censé aller au micro ondes, il a explosé au bout de 10 secondes. Je me sens très con, là…

 – La France a perdu contre l’Argentine… Bordel de merde, ça commence bien ! Bon, en l’honneur de la coupe du monde de rugby qui est un peu mon sport à moi, que je suis

née au pays de l’Ovalie et que j’aimais le rugby avant que ce ne soit la mode, un petit haka.

Gérer son sex friend

L’autre jour, j’ai survolé un magazine masculin tout nouveau qui traîne au bureau, H for men, tout en regardant les mecs jouer au foot sur la console. Ouais, je sais magazine masculin, foot, faut pas que je m’étonne si ma mère pense que je suis lesbienne. Donc ce magazine très instructif vous apprend entre autre à saouler une femme pour la désinhiber (mais il conseille du champagne, classe quand même) et comment convertir sa copine de brouette en power plate pour se muscler en baisant. Ca envoie du rêve, surtout la position du marteau piqueur où la fille doit avoir la tête en bas. Pendant que tu te fais les adducteurs, ça te gêne pas que je te vomisse sur les pieds chéri ?

Entre autres articles, le désormais incontournable papier sur les sex friends ou « amis de complaisance ». J’adore la subtilité francophone. Bon, le papier est court, je vous le résume : c’est super parce que des fois, dans la vie, on veut pas s’engager mais vaut mieux en avoir plusieurs car ces garces charmantes demoiselles ont tendance à se trouver des mecs et plus vouloir sexer avec nous. Je vais pas jouer les prudes, j’ai déjà eu des sex friends, je crois en avoir un actuellement (oui, je suis pas sûre de ma situation avec Gabriel, c’est un peu la lose quand même). Bon moi, à la différence de ce qu’ils disent dans l’article, je les recrute pas dans mon groupe d’amis parce que je ne suis pas foutue de mélanger les genre. Un sex friend peut devenir un ami mais la réciproque n’est pas vraie car mes amis sont des êtres asexués pour moi. Enfin, je veux pas coucher avec sinon, c’est le foutoir et aucune brouette ne mérite de sacrifier une amitié. Mais chacun les recrute où il veut, c’est pas le sujet.

Il est vrai que le sex friend est une bonne solution quand on est dans une période où on veut pas s’engager. Par exemple, l’été dernier, mon cœur était en réparation, hors de question de sortir avec quelqu’un, de lui faire des promesses alors que je savais que j’étais pas capable de donner un chouia d’amour. C’est une question d’honnêteté, je veux pas sortir avec quelqu’un juste pour avoir ma dose de sexe et de tendresse tout en sachant que je ne suis pas vraiment dispo. Récemment, j’ai traversé trop de changements dans ma vie avec mon nouveau boulot et mes projets de colocation. Ca peut paraître bizarre mais je me sens très différente d’il y a quelques mois et je dois me poser dans ma nouvelle vie avant d’aller de l’avant. Donc retour sur meetic pour le recrutement, on n’a pas fait mieux. Dans le lot, Gabriel, donc, qui a beaucoup de qualités à mes yeux mais m’a prévenue : ça fait 7 ans qu’il est pas tombé amoureux et ne veut
pas forcément s’attacher donc je ferais mieux d’en faire autant. Et là, je merde un peu. Etant profondément monogame même avec mes sex friends (à moins qu’on soit un couple mais je serais au courant, non ?), j’ai du mal à gérer les autres et à même à avoir envie de les voir. Le semi Russe m’a saoulée avec sa fellation routière, il est disqualifié, na. Non parce que je le sens gros comme une maison, ce sera une fellation et il me ramène chez moi et non. Comme dirait Vicky, il a qu’à aller au Bois de Boulogne.

Le risque majeur dans le sex friending, c’est l’attachement unilatéral. Avec Laurent et Benoît, je m’étais pas attachée, je sais pas bien pourquoi pour le premier. Pour le second, je sais, c’était un enfoiré. Après tout, Laurent avait pas mal de qualités. Mais j’étais pas dans le mood sans doute. Là, avec Gab, je me fais un peu peur, je joue avec le feu parce que je commence à craquer et je crains de me prendre une claque car je pense pas avoir de place dans sa vie. Pourtant, ça fait un peu chier, on est de plus en plus en symbiose sexuellement parlant et on s’entend bien, en dehors de ça, on papote beaucoup quand on se voit. Mais c’est vrai que quand on se voit pas, on parle pas trop, des fois sur MSN mais ça ressemble pas à une relation de couple. Hé oui, il ne faut pas confondre tendresse et attachement, là est tout l’art du sex friending et moi, je suis merdique dans la gestion des sentiments, c’est pas nouveau. Comme dirait
Vicky (elle dit plein de choses intelligentes), j’ai le droit de m’attacher, c’est pas un mal mais faudrait juste que je m’attache à un mec qui me le rend bien.

Bref, sur le papier, le sex friending peut paraître une solution idéale pour avoir sa dose de sexe et tendresse à des moments où on ne peut offrir plus. Cependant, il faut toujours rester clair dans ses sentiments avec l’autre et admettre la possibilité que la situation finisse par nous échapper. A trop jouer avec le feu, on peut parfois se brûler et ça fait mal.

Entretien pluvieux, entretien merdeux

C’est l’ébullition, les entretiens s’enchaînent ! Après avoir caressé le rêve d’un CDI y a 15 jours, j’avais un nouveau entretien, mercredi. Cette fois, c’était pour un magazine étudiant donc je laisse tomber le tailleur et m’habille simplement,maquillage et hop, je suis prête. La veille, Mappy m’avait informée que je mettrai une heure pour y aller (putain !). Bon mappy, il veut que je prenne un bus puis le métro puis le métro puis le tram. Moi, j’ai fait train-métro-tram, faut pas déconner non plus.

15h45, me voici partie avec mon press book sous le bras (2 bons kilos), je prends le train puis le métro, puis le tram. Arrivée à la station de tram, je suis un peu perdue mais je retrouve mon chemin, même si Mappy n’avait pas eu la bonne idée de me mettre tous les noms de rue. Je n’avais jamais mis les pieds dans ce quartier et je me perds rapidement. Oui je devais prendre la rue « poète du XXe siècle », mappy m’a dit que c’était la première à droite. J’arrive à la première à droite : rue « philosophe du XVIIIe ». Huuu ? Heureusement, j’ai mon GPS personnel, j’appelle ma sœur (elle est en vacances donc je peux l’embêter). Je finis par arriver à la bonne adresse, un peu excédée par la nullité de Mappy et mouillée grâce à la pluie. Je suis face à un immeuble résidentiel… Hein ? Bon, j’ai déjà 2 minutes de retard, on va pas la jouer fine, j’appelle et j’apprends que ce que j’avais pris pour un cabinet médical était en fait le centre social du groupe qui édite le magazine. Bien. Je rentre, un peu étonnée par l’exiguité des lieux mais soit. Je m’assois sur un canapé et au bout de 10 minutes, le rédac chef me récupère pour l’entretien le plus édifiant de ma vie.

Dès le départ, j’avoue que je le sentais pas trop : il m’avait envoyé un mail pour me proposer un entretien, j’avais appelé tout le vendredi mais sa secrétaire n’avait pas « son agenda » et enfin, lundi, j’ai droit à un rendez-vous. Et puis le mail ne précisait pas le pourquoi de l’entretien (pige ou poste). Je sens que je vais arriver devant un mec qui ne sait absolument pas qui je suis. J’ai donc pris un CV en prévision et ça ne rate pas : « vous êtes là pour l’annonce ? ». Non, moi, je suis Mlle candidature spontanée… Bon, il regarde mon CV deux minutes par politesse, bloque sur un webzine où je bosse qui s’adresse aux étudiants. « Ah, des concurrents ! », il fait mine d’aller sur le site alors que je lui propose de lui montrer mes articles, je lui dis dans quelle rubrique je bosse mais il a l’air de s’en foutre. Puis il me demande si je suis encore étudiante. Non, je ne le suis plus (c’est marqué sur mon CV…). Donc je l’intéresse pas. En effet, ce magazine est écrit par des étudiants bénévoles, « ça leur fait une bonne expérience » et « vous comprenez, je vais pas payer pour ce que j’ai déjà gratuitement ». Oui, il a dit ça le monsieur. Mais peut-être que quand ils auront recruté quelqu’un pour le site Internet, ils auront besoin de moi ponctuellement pour des piges.

Là, il jette un œil sur mon CV : « mais vous vivez à Paris ou à Toulouse ? ». Tiens, mon adresse postale manque de clarté, visiblement… « Paris ». « Et vous connaissez pas deux étudiants sérieux à Toulouse ? J’en cherche pour distribuer des journaux devant les lycées pendant une semaine ». Ah ok, en fait, il me prend pour la VRP de Manpower, je comprends mieux la raison de ma présence. Non, je connais pas. Et même si je connaissais, j’aurais pas donné les noms, ça va aller, la blague. Je lui explique qu’à mon âge, mes collègues ont généralement fini leurs études. « Ah oui, 26 ans, vous êtes une vieille… ». Et ma main dans ta gueule, elle va être vieille ? Bon, l’entretien se termine là, il me dit de le recontacter dans quelques temps pour voir s’il a des piges pour moi puisqu’il me dit honnêtement qu’il ne me recontactera pas, lui. Ça a le mérité d’être clair. Il ne me raccompagne même pas à l’entrée, ne me serre pas la main, rien. Non mais si je le dérange, il a qu’à le dire, moi, ça m’a tellement éclatée de me taper une heure de RATP, tiens.

Une fois dans la rue, j’appelle ma sœur et lui raconte, excédée. Franchement, s’il voulait juste avoir accès à mon carnet d’adresses, il suffisait de régler ça par mail, je n’ai pas 2h30 à perdre en pleine après-midi pour ce genre de bêtises. Surtout que bon, ça fait quand même naître un espoir, tout ça pour rien, pas même un embryon de pige. Dommage, je trouvais ce magazine de qualité, il est clair que j’aurais écrit pour eux quand j’étais étudiante si je savais qu’ils fonctionnaient pour ça. Mais là, j’avoue que me faire venir sans même savoir pourquoi, ça me dépasse totalement. S’il croit que j’ai que ça à faire de perdre deux heures en plein après-midi…

Du coup, en rentrant, je me suis acheté des fruits de la passion, de l’ananas, je me suis fait une timballe de coquilles St Jacques. On se console comme on peut. Le pire c’est que s’il avait présenté les choses autrement, j’aurais pigé bénévolement pour lui car il me manque carrément une expérience dans la presse ado magazine. Mais là, j’avoue que ça a refroidi mes ardeurs. Et ça m’a un peu vrillé le moral aussi parce que cet entretien, c’était un peu une bonne nouvelle et ça s’écroule comme un soufflé. Ma mère m’a demandé pourquoi je l’avais pas franchement envoyé chier mais je préfère éviter de me griller, on ne connaît jamais les connexions entre les gens. Enfin, au moins, je vois le positif : j’ai pris le tram.

On vous rappellera… pas

Comme tu le sais, lecteur, en ce moment, je suis en recherche active d’emploi. J’ai des alertes mail partout, je clique sur tous les liens « recrutement », j’envoie,
j’envoie, j’envoie. 5 ans d’expérience nécessaire ? Pas grave, je tente quand même, on ne sait jamais. Non mais 5 ans pour écrire dans le catalogue de « l’Homme moderne », c’est une blague ? Bon, ok, c’est la classe, l’Homme moderne, y a des tas de gadgets, j’adore le feuilleter ! (même si j’achète rien, faut pas déconner non plus). Bref, en ce moment, ma seule exigence, c’est « un boulot avec un salaire dans un domaine journalistique ou proche ».

 

Donc j’envoie mes CV. De temps en temps, je reçois une réponse automatique du genre :

« Bonjour, nous avons bien reçu votre candidature et nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre société. Nous étudierons votre candidature avec l’attention qu’elle mérite. Cependant, considérez que si vous n’avez pas reçu de réponses d’ici 15 jours, ce sera négatif. Et merci de pas nous appeler, nous recevons tellement de candidatures ». Traduction : « t’es au chômage, on va déjà perdre 5 mn à lire ton CV, nous fais pas chier ! Et puis tu crois vraiment qu’on va prendre la peine d’écrire un mail pour te dire non, tu dreames en blue, ma pauvre. » Oui, nous, les chômeurs, nous n’avons même plus le droit à la moindre considération, on est trop nombreux pour ça.

Maintenant, on rappelle même pas après entretien. J’ai passé un entretien la semaine dernière, tailleur, talons, tout ça. Bon, le poste était à pourvoir dans l’urgence (genre ça commençait hier) et vendredi à 18h, j’avais toujours pas de news. J’imagine qu’on prévient pas les gens un lundi à 8h30 pour qu’ils commencent à 9h donc j’ai compris. J’aurais dû rappeler vendredi, certes, j’ai attendu au plus tard car je préfère avoir un mail/coup de fil « non, on vous prend pas », que d’appeler pour entendre la même chose. Mais bon, le coup de fil avec ma maman ayant duré plus longtemps… Bon, j’ai eu hier soir des nouvelles donc j’arrête de râler après eux, j’ai pas été prise malgré la « qualité du communiqué » que je leur avais fait (c’est toujours ça de pris) car ils ont pris quelqu’un de plus expérimenté (c’est sûr que moi, la comm, je débute un peu…) et qu’ils n’ont pas réussi à joindre mes derniers employeurs… Soit cette foutue
asso de mes fesses qui commence sérieux à me gonfler, je viens de refaire mon CV pour qu’ils n’apparaissent plus en dernière expérience pro, surtout au vues de nos relations actuelles. Oui, le président de l’asso me trouve gonflée d’avoir envoyée une lettre en AR pour réclamer mes salaires manquants parce que j’étais quasi pas sur Paris ces derniers mois. Ah ? Première nouvelle,
tiens ! Enfin, ça doit se régler NORMALEMENT vendredi. Mais je m’égare.

 

Des fois, j’ai l’impression qu’en tant que chômeuse, je ne suis qu’une moins que rien aux yeux de pas mal de gens. D’ailleurs, je ne dis plus « je suis journaliste  quand on me demande ma profession, je dis que je suis chômeuse, ça évite les « ah… » quand à la question « tu bosses dans quel journal », je réponds « aucun ». Bon, je suis pas en train de jouer les Cosettes, ne vous trompez pas. Je ne suis pas unique, je fais même partie d’un groupe de près de 9 millions. Les employeurs savent qu’ils auront de dix à vingt candidatures pour un poste, ils vont pas nous bichonner non plus. Doit-on les blâmer ? J’en suis même pas sûre. Ca me fait penser aux mecs du métro qui font leur discours pour qu’on leur donne une pièce et que les gens ignorent. Nous, c’est pareil, on envoie notre CV avec une lettre de motivation toute fleurie (vous êtes merveilleux, moi aussi, marions-nous !) et les responsables du recrutement nous snobent. C’est la vie. Apparemment, il y a même des entreprises qui s’amusent à nos dépends. En surfant sur categorynet, j’ai découvert que certaines sociétés (Ubiqus, Hors Ligne et je sais plus le 3e nom, c’est le même truc en fait) demandaient de très hauts diplômes (Science Po, journalisme, bac +4 ou 5), convoquent les gens pour des batteries de tests et y a jamais de suite. Si j’ai pas bien compris le but de la manœuvre, je suis carrément atterrée. D’un autre côté, un tel niveau pour faire de la bête prise de note en CE, ça m’étonnait aussi.

Mais bon, des fois, je rêve d’un mail de refus plutôt qu’un long silence, un « vous ne correspondez pas car… », histoire que je puisse m’améliorer.
 

Alors oui, je peux appeler, demander des explications, mais encore faut-il avoir une réponse. L’an dernier, j’avais postulé à une annonce taillée sur mesure pour moi mais vraiment. J’appelle deux jours plus tard pour savoir où en est ma candidature « ah mais non mais les postes ont déjà été pourvus ». Deux jours après le passage de l’annonce ? Mais bien sûr ! Du coup, j’écris un mail à la recruteuse pour avoir une raison au fait que j’ai pas été prise. Evidemment, je n’ai jamais eu de réponse. Parce que je peux concevoir qu’on m’embauche
pas mais au moins, qu’on me dise pourquoi ! Parce que là, pour l’entretien de mardi, je commençais à me refaire le film de l’entretien, cherchant ce que j’avais mal fait. Bon, c’était pas l’entretien idéal, une des deux nanas n’arrêtait pas de rentrer et de sortir, coupant court à certaines conversations. Peut-être est-ce mon signe astro qui a bloqué (puisqu’on m’a posé la question) ? Peut-être est-ce le fait que je viens d’arrêter de fumer (puisqu’on m’a posé la question) ? C’était peut-être mon tailleur ? Mon haut rose fuschia ? Mes talons ? Moi ? Et finalement, non. Je vais faire un tour sur pages jaunes et retrouver le numéro de DRH choupinou (il a déménagé donc c’est peut-être plus le même) comme ça, je le donnerai la prochaine fois. Et comme l’asso a un peu sombré dans les méandres de mon CV (à la rubrique stages), j’arrêterai d’être obligée de préciser que nous sommes en litige quand on me demande leur numéro.

 

Bref, en attendant, je fous mon CV partout sur la toile, on verra ce que ça donne. En espérant que mon prochain refus sera signalé au moins par un mail plutôt que par un silence évocateur.

Chômage actif

Bon, alors voilà, un mois et demi que j’ai terminé mon stage (je ne désespère pas de récupérer ma tune) et depuis, que fais-je, te demandes-tu lecteur. Oui, j’aime penser que tu te poses des questions sur ma vie, que tu te fais du souci pour moi. Oui, je suis super prétentieuse. Donc je vais te raconter, tu vas voir, je m’ennuie pas.

 Bon, en ce moment, j’ai pas de boulot rémunéré mais énormément d’occupations de type professionnelles. Outre mon grand projet dont je parlerai plus tard, j’ai repris mes activités dans un webzine. J’avoue que d’écrire autre chose que des revues de presse, ça fait du bien quand même. Donc j’ai repris mes articles sur les infos internationales mais ce n’est pas tout. Je viens également de me lancer dans un nouveau projet : j’ai été contactée récemment par un lecteur du blog qui vient de créer un webzine et qui décide de me greffer au projet. En gros, nous allons réaliser un webzine envoyé par mails aux membres d’une association qui donne des cours d’italien sur Paris et nous allons parler de la vie italienne à Paris. Pour l’heure, nous sommes deux, on devrait se retrouver rapidement le double et nous continuons notre recrutement. Outre mon intérêt pour l’Italie, vivre la création d’un magazine est assez intéressant comme expérience. En plus, me voilà déjà chef de la rubrique culture ! Donc, pour le moment, nous en sommes aux prémices mais une fois lancé, ça va rouler tout seul. D’ailleurs, lecteur, si tu as des envies d’écrire dans un magazine qui traite de la vie italienne à Paris (mais vraiment, pas juste pour les 15 prochains jours), n’hésite pas à m’envoyer un mail à nina.bartoldi@hotmail.fr, je ferai suivre ta candidature au responsable du webzine. Parce que c’est lui qui gère les embauches et pas moi. Donc pas la peine de faire semblant d’être intéressé pour me rencontrer, tu risquerais d’être déçu !

Autre projet d’envergure : me voilà attachée de presse pour Mitchoum Productions. Ok, ça pète, mais je t’explique. Il y a une semaine, je reçois un mail d’un gars que je connais pas. En gros : « va sur mon site voir le synopsis en image du film Modo ». Sur le coup, je me dis : « ouais, encore un type qui envoie des mails aux premiers classés d’OB, laisse tomber ». Le lendemain, je reçois un nouveau mail du jeune homme. « Hé, Nina, je lis ton blog depuis quelques temps et j’aimerais que tu m’aides dans mon projet ». Ok, là, on m’interpelle directement, je me sens plus concernée. Donc je vais sur le site et là, j’avoue que ça me plaît beaucoup : l’idée de base est excellente et le synopsis en image (c’est pas une bande annonce, attention) m’emballe carrément. Ok, je décide de m’impliquer. Il faut dire que le projet est super motivant pour moi : je ne dois pas vendre un film mais un projet de film. En gros créer un magnifique buzz autour du projet, en faire parler dans la presse et sur les blogs tout en trouvant un réalisateur et un producteur. Autant vous dire que c’est pas une balade de santé mais bon sang, quel défi ! Pour la première fois de ma vie, je me retrouve seule à faire de la comm pour un projet auquel je crois. J’ai donc crée un blog qui racontera mon histoire d’attachée de presse pour Mitchoum prod, il suffit de cliquer là. En fait, le plus dur dans ma mission, c’est de convaincre les gens d’aller voir le synopsis en image. Mais comme tu m’aimes, lecteur, et que tu es curieux, tu vas aller sur www.modo-lefilm.com et visualiser le film. Et si ça te plaît, surtout, n’hésite pas à nous soutenir. Honnêtement, si je me suis greffée au projet, c’est parce que j’y crois. Parce que j’y vois un investissement à long terme : cette histoire a tout pour faire un carton et si le film est tourné, sur le CV, ça va être une carte de visite incroyable. Je ne travaille pas bénévolement par charité, sinon, j’irais faire dans le caritatif. Non, si je le fais, c’est tout connement parce que je suis emballée par le projet et je suis très enthousiasmée par cette aventure. Même si je l’ai limite mauvaise d’avoir pas eu l’idée du film avant de découvrir Modo.

Enfin, j’ai des trucs à faire strictement pour ma pomme. D’abord Technopolis. Y a un ou des acharnés qui passent leur journée à taper « Nina Technopolis » sur google donc je rassure ces personnes, je relance ça bientôt. En fait, j’ai déjà créé le blog qui lui sera consacré, faut juste que je bosse sur le design car là, ça le fait pas. Donc tu pourras le relire et je te tiens au courant dès que c’est reparti. En fait, je suis super tentée de l’envoyer à des éditeurs mais je dois finir la réécriture et, là, c’est pas gagné avec tous mes projets. D’autant que je dois me faire mon site pro avec CV, pressbook et tout ça mais là, je te donnerai pas le lien ! Et puis, faut que je trouve du boulot rémunéré, quand même, surtout que ma conseillère financière (celle qui pleure tous les mois en voyant mon découvert) veut que je prenne une assurance-vie. Après tout, comme elle dit « 50 euros par mois de côté, c’est rien ! ». Oui, mais j’ai déjà 50 euros qui partent sur mon PEL, j’ai pas 100 euros à épargner par mois pour le moment.

Bref, tu vois, lecteur, je suis au chômage mais j’ai beaucoup à faire. Franchement, je ne suis plus angoissée comme avant. Sans doute parce que la vie m’offre suffisamment d’opportunités pour savoir que du boulot, je finirai pas en trouver et dans le journalisme, évidemment. Bref, tout va bien !

Les joies de l’’ANPE

En France, quand on est chômeur (ce qui est officiellement mon statut, pour l’heure), on dépend de deux institutions : les Assedics et l’ANPE. Pour le premier, pas de soucis, je remplis une déclaration tous les mois pour dire où j’en suis. Enfin, si, là, j’ai un souci : ils me demandent mes contrats pour mon CDD et mon stage et je n’ai pas ce dernier, la préfecture traînant les pieds pour nous envoyer un papier célébrant l’existence juridique de l’asso. Donc j’ai pas de contrat. Et ça pose aussi problème pour l’ANPE.

 anpe

L’ANPE est une institution administrative dans sa plus pure horreur, à mon sens. Système lourd et mal organisé, une poule n’y retrouverait pas ses petits. Même si j’ai le même numéro pour les assedics et l’ANPE, faut faire toutes les démarches en double car il n’y a aucune communication entre eux et c’est parfois assez pénible. D’ailleurs, au début, je me suis faite avoir, je n’ai pas fait de déclarations assedics vu que je venais d’avoir un rendez-vous à l’ANPE mais, ça, ça se voit pas sur mon dossier donc j’ai failli être radiée mais un petit coup de fil et c’était réglé.

L’ANPE, c’est quoi ? Pour moi, pas grand-chose : les annonces pour les journalistes sont plus qu’anecdotiques. La seule annonce que j’ai trouvée n’était qu’un leurre. Je m’explique : le boulot, il était fait pour moi, on demandait quelqu’un qui avait fait histoire ou géographie, économie, sciences po et journalisme. J’en ai quand même trois dans la liste et, en plus, les débutants étaient acceptés donc, forcément, débordante d’espoir, je postule. L’annonce est datée du lundi, je postule le mardi. Le jeudi, j’appelle :

« Vous avez reçu ma candidature ?
– Les postes sont déjà pourvus.
– Mais l’annonce date de lundi…
– Oui mais les postes sont déjà pourvus ».

Dingue, en trois jours, ils ont eu le temps d’étudier les CV, de faire passer les entretiens ? Faudrait voir à pas se foutre de moi non plus. Plusieurs personnes m’ont expliqué qu’en cas de recrutement, les entreprises sont obligées de faire paraître une annonce mais, dans les faits, les postes sont déjà pourvus. J’ai écrit à la DRH de l’entreprise en question pour qu’elle m’explique pourquoi je n’ai pas été retenue, je n’ai jamais eu de réponses.

Malgré tout, je dois aller tous les mois faire mon entretien de suivi. Premier rendez-vous, la bonne femme rentre mes renseignements et me donne un nouveau rendez-vous avec un autre conseiller qui suivra mon dossier. Déjà, j’ai de la chance, je dépends de l’agence qui est à 10 minutes à pieds de chez moi, c’est ça de gagné. J’apprends aussi que l’ANPE ne conventionne pas les stages, alors que je viens d’en trouver un. Enfin, si, elle conventionne les stages : « si y a un CDD d’au moins 6 mois à la clé. » Quelle blague ! Si l’entreprise veut embaucher, elle prend la personne direct en CDD. Sinon, elle récupère les stagiaires parmi les étudiants. Or, en journalisme, les stages sont toujours très utiles, ils permettent au pire de se faire des relations, au mieux de décrocher un boulot dans la rédaction en question (CDD ou, au moins, des piges).

Deuxième rendez-vous, presque deux mois plus tard (oui, le suivi mensuel est une chose curieuse), je tombe sur une bonne femme qui rentre à nouveau mes infos. Ce sont toujours les mêmes mais c’est pas grave. Et là, l’entretien est assez édifiant : « Comment on trouve du boulot dans le journalisme ? » me demande-t-elle. Hum, ne suis-je pas censée être là justement pour que tu me l’expliques ? Bon, elle décide de se décharger de mon cas puisqu’elle m’invite à aller à l’APEC jeunes diplômés juste à côté de chez moi. Bon, elle a pris le temps de bien m’expliquer où c’était. Je la retrouverais les yeux fermés ! Pour le reste, pas la peine de demander quoi que ce soit. Je tente un « et pour les stages, y a pas moyen ? », réponse : « allez à l’APEC, ils vous répondront. On se revoit le 02 mai. ». Tout ça pour ça, c’est une blague ?

La semaine juste après, j’apprends donc que je suis convoquée à un entretien pour un stage, qui deviendra finalement un CDD. Or mon contrat se termine le 05, mon rendez-vous est le 02 et j’avoue que j’oublie totalement d’appeler l’ANPE pour les informer que je ne viendrai pas. Bon, je me dis que je vais attendre qu’il m’envoie une lettre pour me demander de justifier mon absence, ça m’évitera d’appeler pour que je demande à qui je dois adresser la photocopie de mon contrat. Oui parce que l’ANPE, quand on les appelle, on ne tombe jamais sur la bonne personne et ils peuvent jamais trop vous répondre.

16 juin, toujours aucune nouvelle de l’ANPE, je ne suis pas radiée puisque je peux faire mes déclarations assedic sans soucis et comme je suis en stage, je ne cherche pas à les relancer. On verra en septembre. C’est quand même extrêmement facile de passer à travers les mailles du filet, je l’ai fait sans même le faire exprès. Or, ce 16 juin, rebondissement : une lettre. Aucun indice de son contenu, pas de sigle sur l’enveloppe et j’ouvre.

« Mademoiselle, vous êtes inscrites depuis le … , merci de vous présenter à l’agence de Plume sur Berges le 28 juin à 11h ». Hein, quoi ? Je ne vois marqué nulle part de qui est émis ce courrier mais la présence de mon identifiant ANPE me fait penser que ce doit être eux. Sauf que je n’habite pas à Plume sur Berges et ne dépends donc pas d’eux. Pensant que c’est une erreur, j’appelle :

« Oui, bonjour, Mlle Bartoldi, je vous appelle car je viens de recevoir ce courrier et je ne comprends pas pourquoi je suis convoquée chez vous puisque je dépends de l’agence de St Ange les bains [j’adore inventer des noms de bleds à la con].

– Ah mais vous dépendez de notre agence, maintenant, on a réunis les chômeurs par code ROM. C’est depuis le mois d’avril.

– Ok. Mais moi, je suis en stage, là, j’ai pas encore le contrat…

– Oui ben il faut venir quand même. »

Bon, petit résumé de ma vie professionnelle : je suis en stage jusqu’en septembre et j’ai un autre job qui m’attend juste après et qui m’amènera doucement jusqu’en 2007. Donc, concrètement, je vais devoir perdre une matinée à aller à l’ANPE de Plume sur Berges voir un conseiller qui ne connaît absolument pas mon dossier, tout ça pour lui dire qu’ils peuvent m’oublier jusqu’en janvier, au moins. De toute façon, selon la nature de mon prochain contrat, je sais même pas si je devrais encore pointer au chômage ou pas.

L’autre jour, je lisais un article sur la fin du monopole de l’ANPE sur les contrats longue durée puisque les cabinets de recrutement envahissent le marché, les agences interim ne proposent plus que de l’interim. D’ailleurs, j’ai eu recours aux deux, aussi. Bref, les journalistes avaient interviewé des gens en recherche d’emploi qui critiquaient l’ANPE : « là-bas, nous ne sommes que des numéros ! ». J’ai pu expérimenter et c’est carrément vrai. En six mois, j’aurais eu trois conseillers dont deux qui étaient incapables de me dire quoi que ce soit sur mon métier et, visiblement, s’en foutaient. Mon dossier a dû être perdu quelques temps, le rendez-vous du 2 mai, j’ai bien fait de pas y aller, il devait être complètement fictif puisque quand j’ai appelé l’ANPE de Plume sur Berges, la nana m’a parlé de mon dernier rendez-vous de fin mars mais aucune trace de celui de mai. Super… Bon, moi, j’avoue que je m’en fous un peu, je sais très bien que dans le journalisme, c’est pas les annonces ANPE qui m’aideront à me sortir du chômage, rien ne vaut le réseau et les candidatures spontanées. Mais je pense aux gens un peu paumés, un peu assistés… Ben, ceux-là, ils doivent vraiment désespérer et se sentir vraiment seuls. Finalement, pour se sortir du chômage, faut vraiment ne compter que sur soi.