Alors on danse

Pour les petits étourdis qui ne suivent pas mes tribulations sur Twitter (et ratent donc mes live tweets des Mystères de l’amour), vendredi, j’étais en team building de ma boîte. Je vous résume le truc : on est partis pour un jour et demi avec jeu en équipe l’après-midi (avec même course d’orientation en forêt et je me suis juste perdue 5 mn), petite présentation en fin de journée et dîner-boom le soir. Juste pour info, c’est mon équipe qui a gagné et je n’écouterai pas les jaloux qui disent que c’est parce qu’on avait le PDG avec nous (non, on était juste les meilleurs).

Gérer les conflits

Donc vient l’heure de dîner puis de se gigoter le gras sur la piste de danse. Petite remise en contexte : lors de mon dernier séminaire (ou team building, c’est pareil), je revenais à peine de mon cassage de jambes donc la partie danse avait été limitée. Et je vous parle même pas du mariage de ma soeur où j’ai même pas pu danser. Si on rajoute à ça le fait que j’ai arrêté de fumer et que j’avais des baskets au pied, j’étais parée à gigoter jusque tard. Alors juste pour l’histoire des baskets, le thème de la soirée étant “soirée chic et détail choc”, j’avais mis une jolie robe avec mes baskets à paillettes. Qui ont eu leur petit succès même si la combo des 2 vous tasse la silhouette en moins de deux. D’un autre côté, no zob in job alors c’est pas dramatique.

mia-baskets-robe

Donc je danse. Sans mes lunettes pour faire ma coquette. Mais je vois. Je vois et j’observe. La piste de danse est une scène sociale particulièrement fascinante, laissez-moi vous présenter les catégories des personnes en présence :
– les “je m’éclate” (dont votre blogueuse): je m’ébroue comme un démon sur la piste en hurlant des onomatopées censées retranscrire la chanson qui passe. On fait genre qu’on s’en fout des gens et qu’on est là pour l’éclate mais éventuellement, ça nous dérangerait pas trop que les gens admirent notre talent réel ou supposé pour la danse (supposé pour moi, je ne me fais aucune illusion). Le moment idéal pour rentabiliser ses cours de danse pour ceux qui en ont pris.

FLASHDANCE

– les “regarde comme je suis torride”. La danse favorise les rapprochements. Inévitablement, on se frotte un peu, on zouke, j’ai même eu une langue très proche de mon oreille, c’est un peu le jeu. Des proximités physiques que nous n’aurions pas forcément dans notre open space alors que finalement, ce sont les mêmes personnes en présence. Mais voilà, à la faveur de la nuit, les masques tombent… ou sont chaussés, tout dépend. Car ceux qui se lovent contre tous ceux passant à leur portée n’iront pas assumer leur geste jusqu’au bout parce que c’est juste pour le fun. Un peu comme dans les bals masqués où les filles les plus prudes vont se glisser avec délectation dans une tenue d’infirmière coquine. Ca se frotte, ça se déhanche, ça fait tomber la chemise, ça remonte un peu sa robe et dénude une épaule… Torride. En surface du moins.

save-the-last-dance

Mais mes préférés ce sont ceux qui ne dansent pas. Jetez un oeil au bord de la piste et observez ceux posés sur un siège. Certains font certes une pause temporaire, avalant un verre avant de retourner se trémousser. Mais d’autres nagent en plein désespoir : ils s’ennuient. Après tout, tout le monde n’aime pas danser et certains s’imaginent déjà en train de siroter une petite tisane au lit avec un bon bouquin. Tu les vois le regard vide, le visage fermé, le regard rivé sur la montre en attendant une heure correcte pour s’éclipser. Certains viennent se remuer 2 mn puis s’en revont aussi vite car “non mais j’aime pas cette chanson”. Dans les faits, c’est surtout que l’ennui a gagné la partie sur le sens de la fête. Non que la fête soit nulle, c’est juste que parfois, on n’a pas réussi à entrer dans la danse… Et toute tentative sera vouée à l’échec.

Three young people bored at party

Attention toute particulière à la musique ci dessous que j’aime vraiment beaucoup.

Contractuellement vôtre…

Par Marine

La saga de l'été des vingtenairs

Salut salut, chers lecteurs
Alors aujourd’hui, pour vous, la suite. En un mot comme en cent, le CDD.

Qu’est-ce qu’un CDD? Un Contrat à Durée Déterminée.
Benoît me dit, après l’épisode dit « de la culotte », la chose suivante (somme toute assez peu marquante dans la formulation, mais plus intéressante niveau interprétatif, ok promis j’arrrête de digresser). Benoît me dit donc :
« Bon. Je suis à Paris la semaine prochaine. On se voit? ».
Traduction : Benoît n’est donc pas un coup d’un soir.
Cependant, il ne m’a pas échappé que Benoît n’est que de passage furtif à Paris. Benoît ne durera pas.
C’est donc un?
Un?
Un CDD. Merci de suivre.
La belle affaire, un CDD.

Nina nous a raconté les affres de ses plans les plus nazes, de mecs qui font la bise pour pas s’engager, y a eu débat. Oui mais les hormooooones, tout çaaaaa (si si rappelez-vous…). Oui mais non. Je vous invite donc à entrer avec moi dans la catégorisation relationnelle. Même s’il est possible que je raconte un brin n’importe quoi. En fait, Benoît, par sa question, me fait comprendre qu’il ne sera pas qu’un one shot, et ce changement de catégorie me ravit. J’ai rien contre les one-shot, mais au bout d’un moment, c’est pas très épanouissant. Avec un océan d’écart, le Benoît,
il peut difficilement être plus qu’un CDD, et ça me convient. Ouais parce qu’entre mes 825 one-shots, ceux d’avant la re-virginisation, veux-je dire, j’ai eu un would be CDI, et ben la chute est dure. Trop dure. M’a fait chier, Guillaume. M’a fait de la peine. Moi pas vouloir ça. CDI pas bien. CDD mieux. Gnarf.

Qu’est-ce qu’un CDD, donc?
Un Contrat à Durée Déterminée. Sans engagement à la clé. Limité dans le temps. T’emballes pas ma belle, t’as vu où j’habite, t’as vu où t’habites? C’est pour le fun, toi et moi. Oui oui, bon, ça va, j’ai rien demandé, non plus, c’est pas comme si j’avais pas remarqué qu’il y a un océan entre toi et moi, ça va. Notons que par ce biais, le CDD reprend de la valeur ajoutée, lui qui est tout le temps dans l’ombre du CDI (cqfd, allez hop, soyons fous). C’est mal, la durée déterminée? Oulà mon dieu, non. Mais j’ai comme dans l’idée que l’homme a du mal à concevoir que la femme puisse ne pas être en attente de projets de vacances ensemble, et de
coups de fil enamourés, de justifications sur les soirées… Marrant, ça.

Re-visionnez la pub meetic, rules have changed (pas taper pas taper Nina, c’était une blague).
Ne pensez pas que je vais vous raconter ma vie sentimentale par le menu, c’est fort mal me connaître, je ne mange pas de ce pain là.
Bon, Benoît, aka le CDD. Bah oui, il est mignon, et intéressant. Et manifestement coeur d’artichaut et polygame. Ca c’est Nico qui me l’a dit.
« Mouiiii à ta place je ferais gaffe, tu sais Benoît, je le connais un peu, et tu vois quoi… enfin… il tombe hyper facilement amoureux, tout çaaaaaa…. »
(note pour Nico qui me lit, je le sais : depuis je pige l’intertexte à base de « Oui mais Benoît ce que tu sais pas c’est qu’il a déjà deux meufs à Paris, deux plans cul ici, plus les nanas qui lui tombent sous la main, y croit pas trop, quoi »)
Donc : polygame et coeur d’artichaut. Et pas précisément un voisin. Ne pensez pas que je vais vous étaler ma vie privée, ce serait mal me connaître (quoi? quoi? c’est le but de cette saga de 
l’été? on m’aurait menti, alors?). Bon, mais je voulais parler de Benoît parce que bon, c’est une histoire que j’ai trouvée chouette. Limitée dans le temps. Parce que limitée dans le temps à la base.

Benoît a été surpris par ma zénitude à son égard. Il avait jamais connu de fille aussi coulante, aussi souriante, aussi légère, etc. Ben oui. Je vais pas lui faire la gueule s’il a 1h30 de retard à un rendez-vous (et qu’il me prévient, hein), parce que ça fait 8 mois qu’il est pas revenu dans sa ville natale et qu’il a des amis très proches à voir, une famille et modérément le temps pour une gonzesse croisée au détour d’un bar (et d’une culotte, je sais je sais) deux semaines plus tôt… Je vais pas m’insurger de ne pas avoir de nouvelles un soir où il devait m’appeler, ou d’apprendre, au détour d’une conversation, qu’il voit une autre fille depuis plusieurs mois. Je me fous assez de l’opinion de ses potes à mon sujet, ou même de son jugement sur mes fringues (le muffle… me traiter MOI, de Punky Brewster). Oui, car le CDD permet ça (parce qu’en vérité, je suis pas tout le temps si coule, non plus). Le CDD permet de profiter des bons moments
jusqu’à la lie, sans trop se soucier du reste. Bon, cela n’empêche pas un léger pincement de type « Mmmmh… il est chou quand même, c’est con, on s’entendrait bien si on était pour de vrai ensemble ». Mais en fait, le CDD, c’est un teaser, celui de la relation qui un jour durera et marchera. Parce que c’est aussi intense. Mais limité. Voilà tout. Mais si on le sait au départ, on fait comme si c’était pas grave (phrase de Cheyenne à Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest, un de mes films préférés). Faire comme si c’était pas grave. C’est ça l’état d’esprit.
Et puis, comme j’ai dit à mes girls, par mail :  » Au final, ça fera une mini-histoire de 3 semaines sans prise de tête avec des sentiments et là bordel j’ai mis des italiques parce que ça coooooompte. Perso, ça me fait trop plaisir. »
Cher lecteur, j’espère que tu apprécies cet effort de polyphonie que je fais depuis le début de cet épisode, sachant qu’en plus j’écris à la veille de mon départ en vacances, une telle recherche stylistique relève de la performance.
Pour finir, je tiens donc à dire que je suis pour le CDD et que c’est une expérience géniale.

Seulement voilà, mon argumentation est fragilisée : je suis passée de CDD à VIA sans m’en rendre compte, mais ça, c’est pour la semaine prochaine, les enfants….

La prochaine fois, donc, pour vous, l’épisode « Il m’arrive des trucs improbables du genre j’ai un mec anciennement polygame qui devient monogame pour moi alors que j’avais même pas demandé ». Aussi dit « Putain mais vrai, ça m’arrive jamais, ça… ». Les concepts ont une formulation plus longue, c’est vrai.

Bref. Tout ça pour dire… to be continued…