La liste de la fille qui se barre en Thaïlande

En attendant, je suis sous humex parce que je suis malade et putain-bordel, ça fait chier. Mon humeur ne s’arrange pas trop, donc.

– J’essaie de rendre le monde meilleur à mon niveau. L’autre soir, j’attendais donc le bus à son départ avec pas mal de gens. Etant l’une des premières à saluer le chauffeur, j’ai lancé le mouvement et tout le monde lui a dit bonsoir. J’étais fière de moi. On a les fiertés qu’on peut.

– Quand une blogueuse mode se prend en photo dans un centre commercial, ça donne des montrages de culotte involontaires et des confettis partout après. Parce que la blogueuse mode se met en scène mais ne nettoie pas, c’est ça la célébrité. Par contre, je ne l’ai pas du tout reconnue (mais je ne les connais pas bien).

– Le hammam, notre nouvelle passion avec Anaïs et Anna… Quand on arrive à nos fins. Première tentative, un dimanche avec en prime le cousin d’Anaïs. Parce que oui, c’est un hammam mixte. Le monsieur nous dit que c’est plein mais qu’on revienne dans une heure. Une fois au chaud chez Anaïs à boire de la tisane ou du café, on n’a jamais eu le courage de repartir. Sauf pour aller chez Anna manger des crèpes. La semaine suivante, nos trois drôles de dames y retournent, le mec nous reconnaît de suite et une fois dans le hammam, on comprends pourquoi. En fait, ce hammam mixte, ça veut dire “que des mecs et tes copines”. Pof.

– Anaïs me tire les cartes sur le plan amoureux “il y a un événement surprise, quelque chose que tu n’attends pas…”. Elle retourne la dernière carte : une femme blonde. Ah oui, en effet, je m’y attendais pas.

– Depuis un an que je hurle sur mon ordinateur, je suis un peu entendue. Je vais donc voir notre monsieur ordinateur. “Hé salut, tu m’installes un nouveau pc ?” “Ben, écoute, t’as qu’à prendre celui de Lise et utiliser le webmail”. Oui alors le pc de Lise étant à peu près aussi pourri que le mien (mais bénéficiant d’office 2007 alors que j’en suis à 2003). Comme cette semaine je me suis beaucoup énervée très bruyamment sur mon pc, mon manager a fait un mail pour qu’on me file un nouveau pc. Réponse “mais je lui ai dit de prendre celui de Lise et j’aurais connecté le mail”. Je réclame un formatage sur ledit pc. Ca, c’était mardi et depuis, plus rien. Je sens que c’est pas gagné.

– Quand je suis fatiguée, j’ai la paupière qui vibre. Là, en ce moment, c’est la paupière supérieure gauche qui n’arrête pas de clignoter. Tellement fort que j’ai l’impression qu’on me tire par le cil. Ca fait un peu mal. Mais courage mon petit corps, tu auras bientôt le repos que tu mérites.

– La semaine dernière, j’ai été une grande fille, j’ai sollicité un entretien pour une augmentation. Et mon manager m’a répondu qu’on en parlerait après mon entretien d’évaluation. A mon retour de Thaïlande donc.

– Anaïs et Nina, un cerveau pour deux. Samedi dernier, nous nous retrouvons dans le même groupe pour l’entraînement en fosse avec Isa blonde. Ce fut une fosse très drôle mais pour ceux qui ne font pas de plongée, nos histoires n’ont pas le moindre intérêt. Bref, après une séance en fosse, on débrieffe avec l’encadrant (en l’occurence, une encadrante), on refait la séance pour voir ce qui a marché ou non. “Ouais alors, Isa, ton parachute, y a,pas de plomb au bout, ce n’est pas normal”. Mon parachute… Je me souviens pas l’avoir replié comme il faut… Oh bordel, je l’ai laissé au bord de la piscine avec mes palmes. Je redescends donc tout récupérer et qu’est-ce que je trouve à côté de mon parachute ? Celui d’Anaïs ainsi que ses palmes. Moi aussi, ça me fait un peu peur.

– Avant, je râlais pour les boulangerie qui te rendent 10 cts en pièce de 1. Mais dimanche, j’ai découvert pire. Après une nuit chez Anaïs, j’avais proposé à Anna de venir petit déjeuner avec elle car on avait prévu d’aller toutes les deux à une expo sur les loisirs créatifs. Comme je suis pas trop une connasse, je vais chercher des viennoiseries (quitte à faire des invitations dans des apparts qui ne sont pas à moi). Je demande donc au monsieur “3 chocolatines, 3 croissantes et des chouquettes”. Est-ce le 3 ou le chocolatine qui l’a perdu ? Il me sert deux chocolatine puis m’explique que les chouquettes sont par 5 et pas par 2. “Oui mais moi, je veux trois de chaque et…hmmm, 10 chouquettes.” Il me sert une 3e chocolatine et les chouquettes. Je réclame à nouveau les croissants. Je donne un billet de 20 € pour un total de 8,65, il me rend 1, 35 €. Après avoir réclamé (et obtenu) mon dû, je suis rentrée chez Anaïs et lui ai fait jurer de plus retourner là-bas.

– Soirée St Valentin. Avec Anaïs, nous avions prévu une soirée dans un bar entre célibataires mais la fatigue et la faim aidant, on s’est finalement repliées sur un resto. On rentre et le serveur nous présente deux tables : une entre deux couples se caressant les mains avec ardeur et une à côté des escaliers menant aux escaliers. Devinez laquelle on a choisi.

– Comment savoir que tu es fatiguée ? Quand tu appelles un prestataire et que tu lui laisses comme message vocal “Ouais, Nina, c’est prestataire”. N’im.por.te.quoi

– Mercredi, nous avons visité nos nouveaux locaux. Oui, en fait, mon service bouge et descend d’un étage. Nous voici donc dans nos nouveaux bureaux et qu’avons nous retenu ? Les immenses toilettes pour mec, “aussi luxueux que dans un hôtel”, dixit Adrien. On a le sens des priorités. Tous les individus sans pénis ont été assez jaloux de ces toilettes de luxe.

– Y a des moments, t’es fatiguée, très. Alors quand la poche qui contient tes pamplemousses se rompt en pleine rue, de 1, ça ne te fait pas rire, de 2, tu soupires d’abord longuement, de 3, ah ben tiens si tu ramassais…

– Des fois, tu veux bien faire et tu décides de faire un traitement anti paludisme pour la Thaïlande. La pharmacienne te dit gentiment « ah, c’est pas remboursé », tu hausses les épaules (en souriant parce qu’elle est gentille). Donc un traitement anti paludisme non remboursé, un vaccin non remboursé, du nurofen, du humex, du stérimar et je sais plus quoi… « 160 € . Pif paf. Tout ça pour un traitement juste un peu conseillé…

En résumé : je suis fatiguéeeeeeee mais jeudi, je me caaaaaaaaaaaasse

Ah que le monde est petit !

(Et pour que vous me détestiez à vie d’avoir osé invoquer la chanson la plus entêtante du monde, je la mets même à votre disposition.


Je suis la pire des garces quand je m’y mets).

Avec la famille Bartoldi, il s’en passe des choses. J’avais prévu de vous raconter l’histoire des inondations mais on attendra parce que l’article est sur un autre pc et j’ai eu la flemme de faire un transfert hier donc je passe à la suite. Pour la bonne compréhension de l’histoire fascinante qui va suivre, il est important d’expliquer le contexte. Nous sommes donc arrivés samedi et le mardi, on se réveille sous des trombes d’eau, il pleut depuis 3h du mat. Au vu du temps, on se dit qu’on va en profiter pour faire des excursions vu que la plage, c’est même pas la peine d’y penser. Donc nous voici partis à Fort-de-France, « capitale » de l’île. Je suis désolée si des Foyalais me suivent mais je n’ai pas aimé du tout. Certes, il faisait mauvais et beaucoup de gens n’avaient pas pu venir travailler pour cause d’inondations (d’où le marché désert) mais j’ai pas adhéré. Ma famille non plus et finalement, on est rentrés assez vite aux Trois Ilets où il y avait notre hôtel.

Ne sachant trop que faire, on va se promener à la marina et dans le coin alentour. Juste à côté du 8 à 8, il y  une pharmacie dans laquelle on regarde en rigolant. Pourquoi en rigolant ? Il y a une explication simple. En fait, l’ex femme de mon oncle Bartoldi, une espèce de folle hystérique, est pharmacienne et elle a justement été mutée en Martinique, aux dernières nouvelles. Donc c’était un peu la blague récurrente de la semaine : « Hé, regarde dans la pharmacie si y a pas l’ex belle sœur ! ». Donc on regarde dans celle là et Alice commence à s’agiter : « Oh, regarde maman, on dirait ta cousine et son mari… Mais… MAIS C’EST EUX ! C’EST EUX ! ». Et voilà ma sœur partie en courant dans la pharmacie. Et de fait, c’étaient bien eux. Ce qui était fantastique, c’était la tête de ladite cousine qui nous a regardé avec toute la perplexité dont elle était capable avant de lâcher un « Non mais c’est pas possible… ».

Ce qui est encore plus dingue dans cette histoire, c’est qu’on croise précisément cette cousine là qui vit en temps normal du côté de Vannes, que j’ai vue trois fois dans ma vie (en comptant celle-ci). En gros, la première fois que je l’ai vue, j’étais ado. La seconde fois, c’était y a 5 mois, à la mort de ma grand-mère. La cousine et son mari étaient venus loger à la maison pour assister à l’enterrement. Quelles étaient les chances de se recroiser si peu de temps après, finalement (15 ans séparent les deux premières fois), dans une pharmacie de l’autre côté de l’Atlantique ? Ma mère, dans un moment de mysticisme dit : « Tu vois, je crois que ta grand-mère a agi là haut pour que ça arrive ». Propos très étonnants de la part de ma mère qui a perdu la foi il y a fort longtemps. Mon père, lui, eut une conclusion magnifique et ô combien pragmatique : « On ne peut amener sa copine nulle part dans le monde, tu croises toujours quelqu’un que tu connais ! ».




Et moi qui m’émerveillais il y a peu de croiser des gens dans Paris intramuros…

Plan de quartier

Par Bobby
 

Le deuxième semestre commence, j’ai gonflé mon emploi du temps à bloc (12 cours au lieu de 5, c’est à dire 36h par semaine, ce qui me vaut les regards étonnés de mes petits
camarades sortant tout juste du bac ; oui parce que je t’explique, après deux ans d’égarement -prépa + fac de philo- j’ai recommencé à zéro ; et donc, qu’on puisse aimer étudier, les boutonneux de 17-18 ans, ça les épate) et, forcément, je commence à fatiguer au bout d’une semaine et demi. D’autant que le soir je mène ma petite vie de débauche, du coup ça n’arrange rien. Si tu connaissais la musique stupide de mon réveil, cher lecteur, genre je suis une mélodie douce mais super agaçante, tu la haïrais tout comme moi.

[note à moi-même : sur les conseils avisés de Tante Summer, ne pas oublier que je n’ai plus le droit d’insulter ni d’emmerder le lecteur]

Bref, surmenage rapide (parce qu’en plus de ça j’ai tourné un court métrage en province, j’en prépare un autre sur Paris, je gère mon propre site et j’essaye de finir mon bouquin
tout en cherchant un éditeur, sans compter les 2h de métro minimum chaque jour), et voilà que les maladies reviennent à l’assaut de ce pauvre organisme fragilisé. Mon médecin m’a dit que si je continuais à faire des angines, on allait m’enlever les amygdales. Du coup je les aies engueulées, ces connes : arrêtez de chopper des conneries où sinon vous allez jarter et ça va pas être une partie de plaisir, ni pour vous, ni pour moi. Ceux qui chouignent parce qu’ils vont se faire retirer les dents de sagesse me font bien rire, maintenant.

Longue introduction, donc, pour te dire que j’entame cette article en buvant un efferalgan corsé (oui, je mets très peu d’eau, le goût est plus dégueulasse mais y en a moins à
boire, chacun ses petits trucs). Pour me donner du courage, je me suis promis un cran de chocolat à la tarte citron meringuée (oui oui, c’est une véritable tuerie, la tablette est un cadeau de maman ce weekend à l’occasion de mon retour momentané en province parmi d’autres victuailles  – à ce propos, il faudra que je pense à te parler du chaos familial qui règne chez eux depuis mon départ en octobre dernier), dans la vie il faut savoir se faire plaisir.

Si je m’accorde le droit à une page de traitement de texte, et une seule, pour chaque article, ça signifie qu’il me reste moins d’une demi-page pour te dresser, cher lecteur, un
petit panorama de mon quartier. Parce que le milieu naturel d’un vingtenaire, c’est rudement important.

Commençons par les voisins les plus proches : sur le palier d’en face, un mystérieux LE PORC, jeune homme invisible qui, lorsqu’après mon arrivée j’ai frappé à toutes les portes
de l’étage pour quémander une connection internet (sans laquelle je ne saurais vivre), m’a reçu en peignoir à 16h, genre en plein plan cul. A côté de chez lui, un vieil homo, ancien styliste, m’a aidé à recharger mon portable pour que j’appelle mes parents lorsque EDF m’a coupé l’électricité (je ne payais pas les factures, forcément). Même qu’il m’a raconté les différentes morts ayant eu lieu dans l’immeuble : une fille qui s’est jetée par la fenêtre au 4e, après quoi sa mère venait chaque jour hanter les escaliers en hurlant de désespoir, et un type, à deux portes de chez moi, qui est mort chez lui après un coma éthylique et s’est décomposé dans sa moquette (qu’il a fallu découper autour de lui pour emmener le corps). Ensuite, vient le personnage le plus intéressant : Ungoliant*, ma voisine du dessous. Le jour de mon emménagement, elle est venue frapper chez moi en menaçant d’appeler la police si le « bordel » ne cessait pas immédiatement (il était 19h, et j’installais mon clic-clac, honte à moi et à mon manque de respect d’autrui). Depuis, elle et moi, c’est une guerre sans merci. J’en reparlerai ultérieurement.

Descendons quelques étages. Il y a un type au premier, genre hacker japonais, qui se promène en robe de chambre et en fumant lentement, très étrange. Ensuite, dans la rue, un traiteur chinois tenu par toute une famille (père, mère, fils -fort mignon-, et fille, et depuis peu le bébé de cette dernière). Eux ils sont hyper-polis. Pas chaleureux du tout, non, polis. On est là pour payer, manger, et partir. Avec le sourire.

[deuxième note à moi-même : une seule page de traitement de texte ne suffira pas…]

Un peu plus loin, la boulangerie. Ma boulangère est une petite grosse aux cheveux rouges, complètement folle à force de vendre du pain et des croissants. Exemple d’un de ses
monologues : « Oui ? Oui ? Bon-bonjour ? C’est ? C’est pour ? Un ? Un croissant aux amandes ? Alors, oui. Oui. Un croi-ssant. Aux a-mandes. Oui. Un, oui, c’est tout ? Un croi- donc oui. 1 euro 20. Oui voi-là. C’est – ça. Oui, au re-voir. Oui. » Je me mords les lèvres jusqu’au sang pour ne pas éclater de rire devant elle. Un peu plus loin encore, enfin, on trouve la pharmacie, tenue par un grand black de plus de deux mètres, qui parle avec une voix à la fois douce et flippante.

Bref, encore une fois, j’évolue parmis des dingues. Il n’y a qu’ici que je me sens bien, dans mon élément.

Au prochain épisode, je vous en dirai plus sur l’avancée de ma bataille de drague à l’égard du sosie blond de Louis Garrel qui est dans ma promo et si, oui ou non, il finira dans
mon lit (pour l’instant, j’ai son numéro, c’est déjà ça).

*Ungoliant : dans les écrits de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), il s’agit d’une araignée mythique géante issue des ténèbres. Or ma voisine lui ressemble étrangement…

La liste de la fille qui snirfe

Glamour un jour, glamour toujours.
 

– Mardi, à moitié mourante (au moins), je vais à la pharmacie pour m’acheter quelques médocs. Le mec devant moi confond avec la boulangerie, je sais pas « alors, il me faudrait du doliprane. Merci. Tiens, je vais prendre de l’efferalgan aussi. Ah, vous avez le truc pour nettoyer le nez aussi ? ». Un café et l’addition ? Bon, si dans 5 minutes, il a pas fini son shopping, moi, je tombe dans les pommes. Enfin à mon tour, je demande un ibuprofène et un sirop pour la gorge. « Vous toussez ? – Non. – Alors pas de sirop, vous pouvez
prendre des pastilles ou des collutoires. – Des collutoires ? – Des pshitt-pshitt. – Non, je veux des pastilles. – Ok, avec ou sans sucre ? – Heu, ça m’est égal. – A la menthe, aux fruits des bois ? Heu, ça m’est égal ! ». J’achetais quoi, déjà ? Des médocs ou des chewings gums ?

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– Lundi, réunion à Big Entreprise. Donc Nina et Guillaume prennent le RER pour y aller, un itinéraire un peu inédit pour eux. Sauf que Guillaume n’est venu que 2 fois là-bas et que Nina n’a pas le sens de l’orientation. On n’est arrivés qu’avec 10 minutes de retard. Mais même le nez bouché, je suis trop forte en réunion.

– J’adore le concept du « je t’efface de facebook parce que t’es même pas ma copine d’abord et même si j’ai tort, je m’excuserai pas ! »

– Y a des jours où je suis un boulet : semaine dernière, j’achète une bougie dans un verre. Verre atomisé au bout de 3 minutes. Jeudi, je pète une cuillère en porcelaine. Raaaaaaaaaah, j’aime pas être maladroite !

– Mercredi matin, 9h55. C’est la sonnerie pour la famille, ça ! Ma maman. Ciiiiiiiiiiel que se passe-t-il ? Bah, rien, ma mère m’appelait pour une broutille. Parano, moi ? Mais non.

 – Je rallume le chauffage ou pas ? Snirf !
 

– Pourquoi j’ai pas droit de péter la gueule à certains bloggeurs de la plateforme où je bosse ? Non mais y en a, ils méritent, quoi.

 – Mercredi soir, resto entre collègues, Philippe part devant en scooter « c’est juste à côté ». Farid (qui est Marocain mais pas musulman car en ce moment, il mange aussi le midi et il a même mangé du pâté de je sais pas quelle bête et du boudin), Benjamin et 2 Tchèques qui étaient en France pour la semaine. Resto très sympa, buffet à volonté dans une espèce de cave à vin. Moi malade et vite bourrée, je parle plus. Ah, faudra que je fasse une présentation en anglais lors de mon séjour à Prague. Heu… au secours ?

– Au resto, même jour, même endroit. A la table voisine, une dame parade. Si j’ai bien compris, elle dîne avec son père ou sa mère (j’ai pas vu la personne comme il faut et je m’ensouviens pas en plus) et se fait dragouiller par les mecs de la table d’à côté. Et une femme qui drague, c’est subtil « AH MAIS MOI, J’AI FAIT 5 ANS DE DROIT, JE M’Y CONNAIS. MEDECINE ? J’AI FAIT DEUX ANS AUSSI ! ». Ouais.

– Les bloggeurs sont des rebelles. Avec Asia, on a trouvé un nouveau concept de soirée : en tout début, on fait une dictée et celui qui fait le plus de fautes paie sa tournée. Comme ça, on s’amuse en révisant son orthographe, ouais !

– En ce moment, je me sens un peu asociale, arrivée de l’hiver oblige (quoi, on vient juste d’arriver en automne ???). En fait, j’ai juste envie de voir mes amis proches. Vendredi soir, donc, soirée en petit comité pour fêter la fin des exams de So Long, avec Vicky et Van. Ben, j’ai passé une super soirée, j’étais toute guillerette (et même rayonnante, il paraît).

– Tiens, j’ai fumé 3 cigarettes cette semaines (1 taxée à So Long et 2 à Vicky), à cause de ma crève. Et si j’arrêtais ?

– Things are gettin’ desperate when all the boys can’t be men… Toriiiiiiiiii !

 

Et hop, un autre chapitre!

Par Tatiana25 avril

Ou la la il fait faim ! Ce matin on a pris le car pour aller à Veracruz et on est tombées sur une compagnie de bus qui donne pas à manger. Seulement le voyage dure quand même six heures. Hier on a passé une journée de folie, on a couru dans tous les sens : immigration, courses, déposer nos affaires chez les parents de notre pote…Sa mère super gentille nous a filé des barres de céréales. On avait sûrement l’air affamées et épuisées. Son frère nous a sorties (ils sont du genre assistance sociale dans la famille), enfin que du bonheur quoi. Et ce matin on a fini par quitter le DF : ville pourrie ! Vivement la plage !

1er mai


Allez : re-bus. 8h dans l’inconfort le plus total, à côté d’un vieux qui pue (ben oui c’est toujours pour ma pomme ces trucs là). Bon alors, Veracruz on y est restées deux jours seulement et je vais vous dire pourquoi. Quand on est arrivée là-bas, on descend du bus à -15C° et là, grosse grosse vague de chaleur. Oh lala mais que se passe t’il ? C’est sûrement parce qu’on est entre deux bus et qu’il y a la chaleur des moteurs. Ah… euh non c’est la chaleur de la ville oups ! Dommage. Au secours la chaleur tropicale, on se serait cru dans un sauna, mais véridique hein sans aucune exagération. Même allongée sur un lit tu transpires tout ce que tu peux sans t’arrêter jamais. Moi j’ai pas super apprécié la ville, vu que Mr Ex est passé par la avec sa p… (oui aujourd’hui j’ai envie d’être un peu vulgaire, vous ne m’en voulez pas j’espère). Donc vu que j’ai plutôt de l’imagination, j’ai eu le loisir de bien me les représenter main dans main, écouter de la musique et tout, et tout. Parce qu’en fait il faut savoir qu’il y a des musicos partout dans cette ville. C’est en quelque sorte la fête de la musique tous les soirs. Veracruz est quand même joli comme ville, tu trouve encore des bâtiments style coloniaux. C’est un peu sale mais comme pas mal de villes au Mexique.


Ensuite, direction Catemaco, petit tout petit village au bord d’une espèce de lagune. Ce village est plein de grigris et talismans car c’est en ce lieu que se déroule le congrès des sorciers chaque année. Franchement, trop mignon le bled, on aurait dit que le temps c’était arrêté là-bas. Les gens fonctionnaient au ralenti mais pire qu’ailleurs dans le pays. Le côté négatif c’est que ben forcément y avait rien à faire, alors on est pas restées. J’ai hésitée à me faire désenvoûter mais finalement j’y ai renoncé par manque de confiance. Ca m’aurait déplu de ne pas savoir ce qu’il me fait le sorcier. Le lendemain c’était une nouvelle fois journée bus ! Oui, au Mexique le bus aimer tu dois.

Atterrissage à Villahermosa qui n’est pas hermosa du tout. C’est très très crado comme ville et il fait encore plus moite qu’à Veracruz. Mais c’est une étape obligée pour aller à Palenque. Et donc à P on a visité les ruines bien sûr qui sont dans la forêt : oh la belle verte !! Non mais c’est vraiment beau et c’est marrant je trouve ça encore plus beau en photo. Vous avez le meilleur bande de veinards ! Le meilleur à Palenque c’était Agua Azul : les eaux azur et elles portent très bien leur nom. C’est une super longue cascade d’eau avec des bassins naturels. Avec la pression ça fait des jacuzzis naturels, autant dire le pied total. De l’eau cristalline qu’on a envie de boire. Rien que d’en parler ça me fait rêver… Comme Disney quoi (comprenez le slogan « rien que d’en parler ça fait rêver »). La particularité de Palenque c’est qu’ici les pharmacies sont comme en France, on y trouve ni clopes, ni bouffe, ni autres trucs chelous, mais… des médocs !! L’explication c’est que les pharmacies ne faisaient pas assez de bénéfices en vendant seulement des médicaments. Alors elles ont diversifié leur offre. C’est ainsi qu’on a toujours acheté nos clopes en pharmacie. On se rapproche tout doucement de la plage avec en dernière étape : Merida.


Le 4 mai

Finalement, on a pas vu grand-chose de Merida. On est arrivées de nuit et on est parties tôt le lendemain pour le site de Chichen Itza. Les ruines de ce site sont magnifiques (enfin moi j’ai adoré) mais la chaleur très rude. Surtout entre midi et deux. Le seul hic c’est que c’est tellement touristique, qu’ils ont aménagé ça à la Disneyland Paris. Arrivée sur Cancun de nuit. Mais quelle nuit ! On a atterri dans un hôtel miteux dans les quartiers pauvres de la ville vu que nous on avait pas assez d’argent pour jouer nos gringas. Tout est écrit en Anglais, ça fait très succursales des USA. Tout est hors de prix par rapport au reste du pays. Petit exemple : une course de taxi à 30 pesos coute ici 150. Forcément on y est restée qu’une nuit et on est parties direct à Isla Mujeles tôt le lendemain. Mais attention on y est allées sur le ferry des pauvres ! Mais c’est quoi vous allez me dire ? Ben en gros c’est une plate forme flottante ou y a pas un seul touriste à part nous trois et que des Mexicains qui nous regardent bizarrement. Accessoirement y avait aussi plein de marins, ça c’était rigolo.

La prochaine fois vous aurez le droit à la partie Caraïbes de mon voyage.

« Sucer n’est pas tromper! »

C’est la rentrée ! Dans la rue, des enfants au cartable neuf errent, les arbres se parent de leur teinte enflammée… Voilà, c’était la seule note de poésie et de lyrisme de l’article, j’espère que vous en avez profité.

petite gâterie?

 Grande question : « sucer est-il tromper ? ». Et bien cet article n’a pas du tout pour but de répondre à cette question mais à vous parler du retour de deux de mes ex-plans brouettes : c’est la rentrée et ils ont faim. Et, manifestement, ils ont du mal avec le mot « non », ils ne doivent pas trop en comprendre le sens.

De retour de la pharmacie

Il y a 15 jours, je traînassais sur le net, pour changer, quand MSN m’indique que Benoît se connecte. Soit. Ca fait quelques jours qu’il est de retour sur la toile mais comme la semaine avant, j’étais au boulot, je me mettais hors ligne. Et là, c’est le drame : le voilà qui vient me parler ! « Hé, salut, ça faisait longtemps ! » Non mais je rêve, c’est pas possible ! Polie, je réponds et là, il me fait : « oui, j’avais des problèmes avec Internet, je viens de trouver tes messages. » Mes messages ? Ces « s » indiquent qu’il y en aurait eu plusieurs ? Bon, manifestement, il me confond avec une autre donc je lui demande de quoi il parle : « Ben de celui que tu m’as laissé avant les vacances ! ». Ah, oui, donc, c’est bien de moi qu’il s’agit. Souvenons-nous ensemble, lecteur, du contenu de ce mail qui disait, grosso merdo : « t’es qu’un pauvre connard de m’avoir laissé en plan comme ça, ce n’est pas parce que je ne suis pas ta copine que tu ne me dois pas le respect. Ca m’a trop gonflée. » Des amabilités de ce genre.

M’attendant à des excuses, je le laisse parler et là, question : « alors, tu es toujours célibataire ? » Non, ne me dites pas que… Je le sens venir mais ce serait trop énorme, il n’oserait tout de même pas… Intriguée, je lui réponds que non et le voilà qui me fait : « ah, dommage ! ». Non mais je rêve ! Il a osé ! Amusée, je poursuis la conversation, me montrant assez ironique du genre : « oui, je ne suis plus célibataire, c’est bête, hein ? ». Mais apparemment, ça ne le dérange pas plus que ça : « je ne suis pas jaloux ! » m’explique-t-il. Encore heureux ! Il veut à tout prix une « dernière fois », pas moi. Mais il insiste, il propose de lécher les recoins les plus intimes de ma personne, je ne cesse de lui répéter : « Non, arrête, c’est pas la peine » mais il persiste ! « Je t’attacherai, je te donnerai des fessées ! ». Quel programme ! J’avoue que je ne suis même pas excitée. La rancune (toute relative) coupe-t-elle le désir ? Le souvenir de nos moments passés ensemble est-il suffisamment lointain pour que leur évocation me laisse de glace ? A moins que d’avoir un petit ami officiel avec qui je brouette souvent calme suffisamment mes ardeurs pour ne pas être émue à l’idée d’une partie de jambe en l’air (avec ou sans fessée).

Comprenant qu’il ne parviendrait pas à me corrompre, il me demande de lui présenter mes copines : mais bien sûr ! Gentiment, je mets en pseudo MSN : « les filles, je connais un maître-nageur célibataire » ou quelque chose du genre. Résultat : rien. Une copine est vaguement intéressée mais elle n’a pas le temps et un pote de brouette ne la branche pas plus que ça. Gauthier en ferait bien son quatre heures mais Benoît n’a pas viré sa cuti (je lui ai demandé, quand même). Mes copines en manque ne se montrent guère intéressée : bon, il est vrai que j’ai bien clamé haut et fort que c’était un connard mais en plus, le fait qu’il ait forniqué avec moi en refroidit plus d’une. En même temps, j’avoue que j’aurais du mal à brouetter avec un ex d’une de mes copines.

Comme on se retrouve !

Après avoir fait mon œuvre sociale avec Benoît (« tu es mignon, tu es maître-nageur, tu vas en trouver des copines ! »), je me pensais tranquille. Erreur !

Mardi soir, je laisse mon MSN allumé tandis que je descends dîner avec mes parents, j’avais précisé « partie manger » mais ça n’empêche pas les gens de venir me parler. Ainsi, je reviens devant mon écran et là, je découvre que Laurent avait essayé d’entrer en contact avec moi. Ça me ravit : comme je l’avais dit dans mon article bilan amusant, j’aime beaucoup ce garçon, je le trouve charmant et intéressant et je trouvais dommage qu’on n’ait plus de contacts ensemble. Je lui réponds donc, on s’échange les formules de politesse (« ca va bien ? Oui et toi ? ») et là, il me sort : « j’ai plus de copine ! ». Oh non, c’est pas vrai, il va me faire le coup lui aussi. « Et toi ? » Mon pseudo MSN était très exactement : « Mon chéri nage au milieu des poissons/Je me noie dans mon rapport de stage ». Je lui réponds donc qu’il n’a qu’à lire mon pseudo pour avoir sa réponse. Je lui précise que, c’est amusant, mais Arnaud a énormément de points communs avec lui : blond, breton, allergique au chat et amateur de plongée. Je continue la conversation en lui précisant que ça me ferait plaisir qu’on aille boire un verre en tout amitié mais ce n’est pas ce qu’il veut : « Moi, je veux faire crac-crac ! ». Ça a le mérite d’être clair.

Et c’est reparti pour la conversation : « non-je-suis-en-couple-et-fidèle-laisse-tomber ». Mais le monsieur se révèle insistant, il me rappelle ses fantastiques proportions (comme si j’avais oublié), les choses qu’on avait faites et tout le reste. Poliment, je lui réponds mais en gardant ma ligne directrice. Et là : « et tu ne voudrais pas venir me sucer ? Sucer n’est pas tromper ! ». Seigneur, si je m’attendais ! Je lui réponds assez laconiquement que sucer pour sucer, ça ne m’intéresse pas du tout. « Mais je te lècherai, aussi, et on en restera là. » Que répondre à de tels arguments ? La vérité : « tu crois sincèrement qu’on s’en arrêterait là ? Moi pas. » Mais si, répondit-il, il fera en sorte qu’on s’arrête là, même si j’insiste parce que, de toute façon, il préfère une bonne fellation à une brouette. Je suis atterrée. En plus, j’avoue que j’ai été un peu garce.

« Tu n’as pas des photos sexy de toi (sous-entendu nue, X, porno…) ?

– Non, j’ai pas ça !

– Tu ne peux pas en faire ?

– Non, je suis chez mes parents, j’ai pas mon appareil.

– J’aurais dû prendre des photos de toi quand nous étions ensemble

– Oui, ça aurait été marrant.

– Et tu en prendras de toi quand tu rentreras ?

– Non. »

Voilà pendant trois heures (et oui, quand même), je laisse la pression monter un peu mais je la fais redescendre par ces trois lettres magiques : N.O.N. Je lui avoue que j’aurais bien aimé qu’on se revoit entre potes mais je pense que c’est compromis : il ne saura pas se tenir et il me le confirme : « je t’embrasserai, tu te débattras, au début, mais je parviendrai à mes fins puis nous aurons nous promener au bord de la Seine, je mettrai mon bras autour de ta taille et je redescendrai doucement vers tes fesses. Puis on ira chez moi… » La bande-annonce est alléchante mais je n’irai pas voir le film.

Il continue sa propagande (« mais allez, juste une fellation ! Il le saura jamais, ton copain ! »), je continue à répondre non, me disant que je me serais peut-être passé de cette conversation qui casse un peu l’image idyllique que j’avais de lui. En désespoir de cause, il me demande si j’ai pas des copines célibataires (encore !) et je lui fais la même réponse qu’à Benoît : mes copines célibataires sont soit à Toulouse, soit pas disponibles pour une histoire, voire même pour une brouette. Alors il embraye. « Il s’appelle comment, ton copain ? » Je lui réponds et là, il me fait : « et il voudrait pas qu’on fasse un plan à 3 ? » Je ne m’y attendais pas à celle-là ! Bon, alors, honnêtement, il tape pile dans mon fantasme ultime. J’évoquerai la question avec Arnaud sous forme de boutade mais je connais déjà sa réponse, vu que nous avons déjà parlé de ce fantasme-là. Du coup, il espère que je vais vite quitter Arnaud (d’ici quinze jours, en fait, car il part ensuite en Afrique pour un mois et demi) pour qu’on s’amuse, à deux ou plus.

Là, il faut avouer que son passage sur notre hypothétique rencontre a fait naître une chaleur dans mon bas-ventre. Comme vous avez pu le constater, Laurent était le chouchou de mes plans brouette, même s’il m’a un peu agacée avant-hier à insister aussi lourdement. Quand je dis non, c’est ferme et définitif. En plus, ça tombe pile la semaine où je suis éloignée d’Arnaud, la tentation est réelle mais je fais face, il n’y aura ni brouette, ni fellation et léchouilles réciproques, ni même café.

Lectrice, si tu es intéressée par Laurent ou Benoît, n’hésite pas à m’envoyer un mail (visiteuz, tu semblais intéressée la semaine dernière !). En tout cas, si je me retrouve célibataire, je pourrai organiser un plan à 3 avec mes deux brouetteurs, ça me consolera.

Benoît

Quand j’étais sur meetic, je passais rarement du temps sur le chat, qui fonctionnait très mal. Un soir, cependant, j’y traînais, essayant d’attraper le beau gosse qui passait son temps à me flasher mais ne répondait pas à mon mail. En effet, j’ai appris que quand ils ne payaient pas, ils ne pouvaient consulter leurs messages. Donc j’attendais l’arrivée de mon beau gosse quand des hommes commencent à venir me parler, je réponds poliment à certains. A un moment, un jeune homme engage la conversation, je le trouve pas terrible sur la photo mais il est sympa donc je finis par lui donner mon MSN.
 
Mise en bouche
Changement de lieu de conversation, je lui fais style : « je suis pas tout à fait célibataire, tu sais ». C’était un demi-mensonge : à l’époque, je pensais revoir Louis pour une nuit coquine donc… Nous nous présentons néanmoins, il s’appelle Benoît et il m’envoie une photo de lui. Panique à bord : il est canon ! Comment vais-je me sortir de ma demi-vérité précédente ? On verra.
 
La conversation reste soft, on échange un nombre assez important de photos, lui au Canada, lui au Canada tirant la langue, lui au Canada avec une toque sur la tête (du coup, à chaque fois que je parle de lui à Anne, elle me fait : « Ah, David Crocket ? »)… Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour le Canada. Puis il me raconte qu’il fait de la natation et qu’il est maître nageur le week-end. Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour l’eau… et qu’en général, les maîtres nageurs sont toujours miam miam ! Mais je n’ai rien à faire pour le séduire. Au bout d’une mini heure de conversation, le voilà qu’il me déclare qu’il veut me faire l’amour dès ce soir ! Oui, ça vient comme ça. Je lui dis non car j’avais ma malédiction mensuelle qui se terminait et j’étais fatiguée… Mais le lendemain… Après m’avoir demandé quatre ou cinq fois si je ne me moquais pas de lui, on commence à parler de sexe de façon assez crue : ce que j’aime ou n’aime pas, ce que je pratique ou pas, comment je suis épilée… Bref, je lui sors « le guide sexuel de Nina ». Forcément, la tension érotique monte, on commence à se détailler ce que nous nous ferons le lendemain. Je tiens Gauthier au courant et finis par lui envoyer la conversation, il m’en remercie encore (« counasse, je voulais pas savoir comment tu étais épilée ! »).
 
Finalement, on s’excite tellement que je coupe Sex and the city pour qu’il puisse m’appeler. Imagine, Sex and the city, lecteur ! Quand on connaît ma passion pour cette série, on se rend compte à quel point il m’avait mis en transe. Je salue cavalièrement mes correspondants MSN, je coupe le téléphone, rapide toilette et je me glisse dans mon lit, attendant un coup de fil qui s’annonce chaud. Le téléphone sonne enfin, je décroche et là… la tension érotique retombe considérablement. Il m’avait prévenu : sa voix n’est pas franchement sexy, un peu aiguë, un peu nasillarde, pas terrible, en somme. Du coup, au lieu de faire des cochonneries par téléphone, on discute de tout et de rien, rendez-vous fixé au lendemain.
 
Le jour J, je prends mon petit train de banlieue. Arrivée à la gare, SMS : « je serai en retard, je trouve pas de place pour me garer ». Oui, comme toujours, je tombe sur des hommes ponctuels. Je traîne un peu à la FNAC et m’offre deux CD, je vogue à droite, à gauche, quand le téléphone sonne. « Je suis devant la FNAC, je t’attends ». Et bien, allons-y. Je me dirige vers le point de rencontre et je le vois : pas grand, pas tout à fait aussi beau que sur la photo mais quand même bien attirant. On se dit bonjour en se faisant la bise (cette bise pré-coït me fait toujours sourire) puis on va boire un café dans le coin. Quel bavard ! Quand on se souvient que mon précédent meeticboy était Louis, je passe vraiment d’un extrême à l’autre. On papote un bonne heure puis une fois notre café avalé (et digéré), il suggère qu’on y aille. Donc, là, c’est sûr, il y aura brouette. On repart en métro, il me parle du Canada et des « fuckin’ friends » très à la mode là-bas. Mais en France, c’est encore mieux car le côté « fuckin’ » n’empêche pas la tendresse. Au Canada, la sodomie est autorisée mais le baiser avec la langue, il ne faut pas déconner !
 
Il parle, il parle, il vante ma liberté de vivre et de coucher avec qui j’ai envie («c’est super rare une fille comme toi ! »), moi j’ai envie de l’embrasser mais je n’en fais rien, j’écoute en pensant à des cochonneries. Rétrospectivement, ça me fait penser à la BD de Donjuju sur son blog où une nana lui parle de reproduction cellulaire alors qu’il est en train d’imaginer une folle brouette. Là, c’était pareil. On récupère sa voiture et direction mon bled où-y-a-pas-de-place-pour-se-garer (cf aventure avec Christophe). En chemin, il me parle de son désir de faire du journalisme scientifique en amateur. Alors, résumons-nous : il est charmant, séduisant, intelligent et ambitieux. Bien, nous allons faire un crochet à l’église, il faut que je l’épouse cet homme-là.
 
Un homme presque parfait
D’ailleurs, ô miracle, on trouve à se garer en cinq minutes. On chemine tranquillement chez moi, arrivée à l’appart, Kenya, mon chat, nous salue bien bas. Visite rapide (là, la pièce, là, la salle de bain), je lui propose un verre mais il n’en veut pas. Et là, le blanc. Moi, je rigole du coup et il finit par m’embrasser. Et bien, un monsieur parfait embrasse parfaitement, un vrai délice. Au fur et à mesure que l’excitation monte, il me fait bénéficier d’une séance gratuite de palper-rouler, ce monsieur aime malaxer les chairs ! Il me masse les fesses puis on finit par atterrir sur mon lit, c’est parti pour l’effeuillage. Il enlève d’abord sa montre( pourquoi vous avez toujours de grosses montres, messieurs ?), son t-shirt (Seigneur, quel torse musclé !), son pantalon. Au fur et à mesure, je découvre qu’il a des bracelets aux chevilles, ça fait un peu australien, je trouve. Je finis par lui enlever son boxer et là, double surprise : côté face, un très joli tatouage qui orne sa fesse gauche. Je ne suis pas du tout branchée tatouage mais là, j’avoue que c’était excitant. Côté pile, je me rends compte qu’il bande bizarrement.
 
Normalement, les trois-quarts des mecs ont une érection plus ou moins perpendiculaire au buste, à quelques degrés près. Lui, il bande si haut que c’est limite si son pénis ne se colle pas à son ventre. Et là, j’ai un peu peur, je repense à Lucie et son « canard WC ». C’est une histoire très drôle : un soir, notre amie Lucie fait une prise, en boîte, un charmant jeune homme qui, une fois tout nu, présentait une particularité physique particulière : il avait un pénis tordu, ça faisait un crochet. Catastrophiquement douloureux.
 
Donc je frémis mais j’ai d’abord droit à de merveilleux préliminaires qui me font décoller. De son côté, le jeune homme a été tout aussi servi. Opération capote et c’est parti pour la brouette. Non, finalement, son érection bizarre ne l’empêche pas d’être un amant très doué, peut-être un peu trop attentif à ce que je veux… C’est gentil de demander mais en plein milieu, un : « dis, tu voudrais pas qu’on change de position ? Enfin, c’est comme tu veux… » D’habitude, le changement de position se fait sans qu’il y ait d’accord oral, c’est tacite… Il est vrai que ça peut m’arriver d’ordonner le changement de position mais bon…
 
Fin de l’épisode X, on se repose l’un contre l’autre et je lui dis que je suis ravie d’avoir répondu à son chat, moi qui ne vais jamais dessus en temps normal. On s’échange des amabilités (« tu es quelqu’un de très intéressant », « mais toi aussi ! ») puis le voilà pris d’allergie. Oui, monsieur parfait a un défaut de taille : il est allergique aux chats. Il finit donc par partir assez rapidement, après de longues embrassades sur le pas de ma porte. On se retrouve le soir sur le net, on discute un peu, il veut savoir s’il est meilleur ou pire que mon autre coup (Louis, en l’occurrence). Puis il me dit qu’il fait un peu d’eczéma au bout des doigts car il a touché Kenya…Intéressant !
 
Deuxième round
La semaine suivante, pas de nouvelles et ça m’énerve un poil, je lui envoie un mail pour lui demander s’il veut venir à un match de rugby avec moi ou pas (il adore le sport). Le vendredi soir, alors que j’étais au resto avec mes copines ésotériques (dont Linga, Victoire et Athéna), texto du jeune homme : « coucou mon chou, j’ai eu des problèmes de connexion. Demain, je peux pas, je travaille ». J’en informe Victoire qui se réjouit pour moi. Retour à la maison, je me mets sur Internet et comme je suis très douée, je me mets à le chauffer. On parle fantasmes, il me sort : « oui mais toi, tu as beaucoup d’expérience, tu as presque tout fait ! » Bien, le voilà qui me prend pour une déesse du sexe ! Si tu savais, mon petit, tout ce qu’il me reste à faire. Vois-tu, cher Benoît, je n’ai jamais fait l’amour sur un piano, dans un confessionnal ou en robe de mariée (quand je dis que j’ai des fantasmes à la con). Je pense que ce jeune homme, de un an et demi mon cadet, n’a jamais connu de partenaires ludiques. Le fait que je ne me fasse pas prier pour certaines positions ou gâteries me confère une aura particulière qui m’amuse beaucoup. En même temps, c’est flatteur.
 
Le lendemain, on se voit, c’est sûr, il s’éclipsera de la piscine pour venir m’honorer. Bien ! Avant, je dois faire un reportage à La Garenne-Colombes, je torche le truc vite fait bien fait, je passe au supermarché acheter de quoi faire quelques cochonneries et me voilà chez moi, l’attendant de pied ferme. Enfin, il arrive, il me salue en m’embrassant puis on ne perd pas de temps, on multiplie les acrobaties. A peine le coït consommé, le voilà qui m’annonce qu’il doit partir car il doit faire la fermeture de la piscine. Il file donc.
 
Le soir, je le crois sur MSN, je lui demande poliment s’il est arrivé à l’heure à la piscine. Oui, oui mais il doit filer, un anniversaire. Je lui souhaite une bonne soirée… un quart d’heure après, il était toujours sur MSN… Une heure plus tard aussi. Et là, ça m’a un peu agacée : il était marqué en ligne donc bien devant son PC ! Je ne suis pas sa copine donc je m’en fiche qu’il passe son samedi soir à chasser la poulette sur meetic, je souhaiterais juste qu’il soit honnête avec moi. Puisque c’est ça, je lâche l’affaire.
 
Le retour (erreur stratégique de ma part : le laisser revenir)
Pendant trois semaines, aucune nouvelle, je le vois sur MSN mais ne vais pas lui parler. En pleine période « Julien est l’homme de ma vie », le voilà qui, un soir, me contacte avec cette phrase ô combien poétique : « salut, envie d’une queue ? » (véridique). Morte de rire, je lui réponds : « que tu es romantique mon cœur ! ». Il tombait plutôt bien, en vérité : j’avais appris que Julien avait brouetté le week-end précédent : œil pour œil, brouette pour brouette.
 
J’accepte le rendez-vous avec joie, surtout que je compte bien abuser de sa vertu toute la soirée à défaut de toute la nuit : il vit chez ses parents et ne peut découcher. En plus, il embauche à 7h du matin et me réveiller à 6h, ça m’aurait profondément ennuyé, soyons honnête. Donc le voilà qui arrive, bisous de bienvenu, on papote cinq minutes histoire de et c’est reparti pour la brouette, on joue avec des bandeaux et la ceinture de ma robe de chambre en soie (je vous laisse imaginer ce que vous voulez). On avait prévu un scénario très amusant mais ce fut totalement raté, suite à un manque d’endurance du jeune homme. A peine cinq minutes de coït et le voilà déjà parti. Pas grave, il nous reste du temps, je compte bien prendre ma revanche ! Naïve que je suis ! Le voilà qui part à la salle de bain et revient tout rouge : « Heu, je fais encore allergie à ton chat ! ». Bon honnêtement, soit il s’était bien frotté les yeux et gratté partout pour donner l’illusion, soit il faisait vraiment une allergie. Il part à sa voiture chercher sa mentholine. Cinq minutes après, texto : « j’ai rien dans ma voiture, je rentre avant de ne plus rien voir ». Déception, déception ! Là, encore, je me dis de lâcher l’affaire. De toute façon, c’est juste en attendant d’attraper Julien donc ce n’est pas très grave. En allant à la salle de bain, je me rends compte qu’il m’a fait un léger suçon. Mais quand ? Je n’ai rien senti, il est décidément très habile ! Il est somme toute assez discret mais ça m’ennuie tout de même, je ne voudrais pas que Julien le voit, ni même Ludovic, mon mignon collègue. D’ailleurs le lendemain, alors que Loïc et moi fumons sur la terrasse, je prends bien soin de pencher la tête afin de cacher l’objet de mon péché. Ce n’est pas que j’ai honte d’avoir une vie sexuelle, c’est qu’un suçon indique généralement que j’ai un petit ami, ce qui n’était pas le cas.
 
L’optimum de la goujaterie
Quinze jours plus tard, je perds ma connexion Internet. En fait, je piratais le wifi de l’école maternelle et primaire voisine (oui, ça me paraît curieux qu’ils aient le wifi, aussi, mais c’est bien eux) mais les vacances scolaires passant par là, voici que je perds ma connexion.
 
Je me rends à un cybercafé glauque à côté de l’Opéra pour consulter mes mails, envoyer des documents et prévenir mes correspondants de ma mésaventure quand je tombe sur un mail du jeune homme : j’ai envie de toi, je te veux. Le problème est que j’ai lu ce mail le lundi et il voulait me voir le dimanche. Comme je n’avais plus de nouvelles de Julien, je lui envoie un texto pour lui proposer de venir le soir même. Bingo ! C’est quand même super agréable de voir qu’un beau gosse comme ça rapplique chez moi dès que je claque les doigts. C’était pareil avec Laurent : j’avais la liberté de choisir les rendez-vous, j’adorais. Le voici donc qui me répond qu’il sera chez moi vers 18h. 18h pétante, je reçois un texto : « je serai en retard (de mémoire, il n’a jamais été à l’heure), ça m’exciterait vachement que tu sois déjà nue ». Ben tiens, tu m’étonnes ! Au début, ça m’emmerde un peu, je décide de faire un compromis : j’aurai juste ma robe de chambre. Puis au fur et à mesure des minutes qui passent, l’excitation grandissant, je décide de virer la robe de chambre.
 
Enfin, le voilà ! Je lui ouvre vite la porte en me glissant furtivement derrière, histoire de ne pas offrir un spectacle inédit à mes voisins (moi, nue). Bon, il ne m’avait pas menti sur son état d’excitation, le voilà qui me roule des pelles pas possible en me massant les chairs toujours aussi vigoureusement, un « tu m’excites » soufflé fiévreusement remplaçant un poli bonjour. A un moment, je me rends compte qu’il est reparti à me faire un suçon mais dans le feu de l’action, je le laisse faire. On repart à jouer avec les mêmes accessoires, les préliminaires sont d’enfer, il prend son pied et là, me fait : « Putain, je suis allergique à ton chat ! ». Allons donc, nous voilà repartis pour un tour. Il m’explique qu’il a de la claritine dans sa voiture, il est garé pas loin, il revient. Tout en s’habillant, il me demande comment je vais et on discute un peu, il me dépose un tendre baiser sur les lèvres et file. En attendant, je rattrape ma robe de chambre et commence à lire. Cinq minutes plus tard, texto : Benoît. Je commence à pester mais son message est différent de la dernière fois : « j’ai plus de médicaments, je cherche une pharmacie et je reviens ». Ok. Donc je me replonge dans la lecture de mon roman. Au bout d’un moment, je lève la tête : 19h45, ça fait plus de trois-quart d’heures qu’il est parti, ça me paraît suspect. J’envoie un premier texto, poli : « tu trouves ? » mais je me doutais bien qu’il était rentré chez lui. Du coup, j’abandonne mon lit, je me rhabille, je me fais à manger et prévient Gauthier de ma mésaventure avec un texto qui le fait rire. A 21h, énervée de ne pas avoir de nouvelles de mon nageur, je lui renvoie un texto quelque peu ironique : « euh…je dois encore t’attendre ? ». Toujours pas de réponse. Ah, il m’énerve, le bougre ! Je vais dans la salle de bain et me rend compte qu’il m’a fait un suçon énorme, plus difficile à cacher que le premier. Il voulait pas me pisser dessus pour marquer sa propriété, non plus ?
 
Le lendemain, je vais me promener avec Victoire puis, en rentrant, je lui adresse un mail pas très sympathique, qui disait, en substance : certes, je ne suis pas ta petite amie mais je ne suis pas qu’un trou non plus, tu me dois le respect. J’aurais apprécié que tu m’envoies un message pour me prévenir que tu partais, ça m’aurait évité de poireauter une heure le cul à l’air (oui, j’ai un peu exagéré…). Aucune réponse !
 
Résultat : quatre épisodes, deux bons, deux bien en deçà de la moyenne. Je préfère garder le bon côté de cette aventure : j’ai eu une liaison avec un nageur merveilleusement bien fait, séduisant au possible et pas bête… Certes, goujat, mais ça, ce n’est pas bien grave. Heureusement, je n’étais pas amoureuse de lui, je pense que cette liaison a duré quasiment deux mois car elle flattait mon ego : un beau mec qui me prend pour une déesse du sexe, mmm…  Deux mois plus tard (à peu près), toujours aucune nouvelle, il ne m’a pas bloqué de MSN, moi non plus, d’ailleurs… Je pensais qu’il reviendrait, j’ai eu tort, mon mail a dû bien le glacer… à moins qu’en été, les maîtres nageurs n’aient pas besoin de déesse du sexe à disposition… Il n’empêche que son suçon a été vu non seulement par Ludovic, mais aussi par Enguerrand, le beau gosse du nouveau webzine… Ça m’apprendra ! En tout cas, ça m’a servi de leçon : le prochain goujat, je ne le laisserai pas revenir chez moi.