L’objet de ma rêvasserie

Je vais débuter par une confession : j’adore rêvasser. Le matin, quand je m’éveille tirée de mon sommeil par mon réveil et que je ne me lève pas car je suis infoutue de tenir ma résolution de stopper le snoozing, j’aime me prélasser sur mon matelas et rêvasser. Objet de ma rêvasserie préférée : les hommes. Sauf qu’en ce moment, je suis un peu à sec niveau objet de fantasme.

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Quand j’étais ado, il fallait toujours que je sois amoureuse. Parce que les cours, c’était long et pouvoir s’évader quelques instants pour s’imaginer dans les bras de X ou Y, c’était très sympa. Je suppose que cette propension à la rêverie m’encourageait à tomber amoureuse du “beau mec là-bas” avec qui je n’avais pas la moindre interaction. Parce que comme ça, je ne risquais pas de me prendre un râteau et, donc, de casser ma rêverie. Alors j’imaginais qu’ils venaient me parler et me déclarer leur flamme. J’ai pu éventuellement imaginer que j’allais moi-même leur parler mais à cette époque, j’étais bien trop godiche pour faire le premier pas. Parce que d’abord, paraît que c’est au garçon de le faire et puis surtout, j’étais aussi bien dans ma peau que dans une paire d’escarpins deux pointures trop petite. 

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Evidemment, en tant qu’adulte, la donne est légèrement différente. J’ai parfois eu des crushes de boulot qui me servaient uniquement à fantasmer mais là, je sais pas, malgré les quelques mecs comestibles de l’open space, bof, la machine à rêvasser ne suit pas. Oh, j’ai une explication très simple : le crush, ça doit se produire dans les premiers jours, après, c’est mort. Or les premiers jours, j’étais encore dans mon drama amoureux dans pas vraiment disponible pour activer la machine à fantasme. Puis je sais pas, dans l’univers du boulot, je bloque pas mal. Je veux dire peut-on réellement fantasmer dans un endroit où on passe nos journées à faire des excels, powerpoints et gérer des projets où l’on parle de k-euros, reportings, stratégies, conf call avec des clients… Même en rendez-vous clients, je suis là pour défendre une stratégie, coller des mots marketing sur une mécanique que l’on souhaite vendre cher. Il semblerait que mon neurone sexuel ne soit pas excité par l’argent. 

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Alors où trouver un objet de rêvasserie ? La question est la même que celle d’où trouver l’homme même si l’univers des possibles est plus vaste. Je veux dire on peut fantasmer tant qu’on veut sur tous les hommes, y compris sur ceux qui ne sont pas disponibles du tout. Ce que peut me faire un mec en couple dans mon imagination ne fait de mal à personne, sa femme n’est pas cocue dans les faits et lui n’est même pas au courant, pratique. Sauf que bon, en ce moment, niveau rencontre masculine à haut potentiel fantasmatoire, c’est un peu sec. Je mise pas mal sur l’anniversaire de Jade samedi prochain qui a des mecs célibataires à nous présenter et qui a des goûts très sûrs. Enfin, en matière de célébrités masculines, on a les mêmes goûts. Et elle a même un frère, certes quadra et en couple mais si la beauté sensuelle est de famille, ça va me donner matière à fantasme pendant quelques temps. Enfin, je dis ça, à J-6, j’ai pas de news de ladite soirée donc c’est pas dit que j’y trouve matière à fantasme si elle ne se tient pas.

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Piocher dans les souvenirs alors ? En cuisine, les plats réchauffés sont toujours moins bons que les plats tout juste sortis du four. En fantasme, c’est pareil. Le réchauffé n’est guère utile surtout que si l’objet des fantasmes a bien été usé, on a un peu fait le tour de la question. Et certains doivent être interdits de manipulation sous peine de raviver certaines petites blessures qui ne demandent qu’à cicatriser. Me reste alors les people mais en ce moment, y en a pas un qui m’excite particulièrement, je crois que je suis dans la zone des célébrités fantasmatoires trop âgées (Clooney, Brad Pitt, trop vus et revus) ou trop jeunes (Zac Efron, même s’il a des poils maintenant, Pattinson et je ne parlerai même pas du mineur Justin Bieber). C’est quoi la came des trentenaires ? Sur qui peut-on fantasmer, dépenser des sous pour le voir dans un film/en concert ? C’est quoi ce trou générationnel ?

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Ou alors la vie cherche à m’encourager à respecter ma résolution du snoozing… Pffff…

He’’s the one

Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.


 Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
 

L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.

Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.

Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut
s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?

Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.

Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?

Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…

Mon autopsychanalyse

Aujourd’hui est le premier jour de ma nouvelle vie. J’ai débuté un nouveau stage et, pour m’y rendre, j’ai trois-quarts d’heure de trajet, ça laisse largement le temps de cogiter.
 
Hier, je me suis pris un nouveau vent, j’en deviens spécialiste et j’étais en colère : mais pourquoi ça m’arrive ? Je ne pense pas être particulièrement moche ou conne et pourtant…  Bon, je vous rassure, ça ne m’a pas empêché de dormir, finalement, je me suis endormie assez rapidement. Ce matin, je me suis levée encore énervée et, alors que je me rendais à la poste dès huit heures du matin pour récupérer ma free box, je commençais à échafauder une nouvelle théorie : tout est une question de karma. Si ma vie actuelle est la conséquence de ma vie passée, j’ai dû être une personne très belle (homme ou femme, mais ça me crispe un peu de penser que, moi aussi, dans une autre vie, j’ai eu un pénis) qui a dû briser un nombre incroyable de cœurs.
 
Cette théorie n’était pas franchement gaie parce que ça veut dire que ça ne changera pas. J’arrive à mon stage et je découvre un nouveau stagiaire, Paul. Le sosie de Jacques Villeneuve, les yeux bleus en moins… Je range ma langue et éponge ma bave me disant que mon stage s’annonçait bien mais le Paul en question est aussi chaleureux que la Sibérie en décembre… Et pourtant, je vais forcément craquer pour lui.
 
A midi, alors que je m’acheminais à l’autre bout de Paris pour prendre deux photos pour mon webzine, j’ai soudain été frappée par une révélation. Hier soir, je discutais avec Linga sur MSN et elle me disait que, déjà, j’avais un petit problème d’adéquation : je veux une relation un tant soit peu sérieuse et je la cherche sur meetic… Ce n’est pas vraiment un bon plan. Reprenant cette réflexion et analysant mon passé sentimental pour le moins catastrophique, j’ai réalisé quelque chose : j’ai un problème, je fais exprès de flasher sur des mecs avec qui il ne se passera rien. Je vous détaille rapidement ma vie sentimentale pour que vous compreniez bien.
Adolescente, je craquais toujours sur « le beau mec là-bas », c’est à dire un garçon qui n’avait pas la moindre connaissance commune avec moi et avec qui je ne parlais jamais. Donc, pour arriver à quoi que ce soit, ce n’est pas gagné. Arrivée à la fac, j’ai craqué sur un prof (il était vraiment mignon, des fesses à mordre, un sourire charmant, des yeux…aaaaah ! Mais un prof, donc totalement inaccessible) et un pédé pas encore déclaré (Gauthier, tu restes le seul homme de ma vie ! ;)). Tout ça pour terminer dans les bras d’un dépravé sexuel. Notre relation fut pour le moins chaotique : déjà, nous vivions à 700 km l’un de l’autre et quand on ne se voyait pas pour multiplier les brouettes tonkinoises et saltos thaïlandais, on s’engueulait. Gauthier m’a avoué récemment qu’à l’époque, il m’aurait frappé pour que je cesse de fréquenter ce gars.
 
Après, il y a eu Guillaume, une belle et longue histoire mais c’était franchement pas gagné, au départ… Je l’adore mais je me rends compte aujourd’hui (enfin, non, ça fait longtemps que je le sais) que nous n’étions pas compatibles et les premiers mois furent assez pénibles, il a fallu que je me batte pour que ça tienne.
 
Et depuis, ma vie amoureuse ne ressemble à rien : je n’ai craqué que sur des mecs en couple (plantade assurée) ou des garçons que je connaissais surtout sur MSN. Et plus le vent se précisait, plus j’insistais ! Alors je me suis inscrite sur meetic et j’ai craqué sur LE mec qui n’a pas voulu faire de cochonneries avec moi. Objectivement, des meeticboys que j’ai rencontré, le mieux, c’est Benoît : physiquement canon, intéressant et quel étalon ! Certes, il a une voix bizarre et il est allergique aux chats mais jusqu’au coup de pute qu’il m’a fait il y a 15 jours, il avait tout pour que je craque sur lui mais ça ne s’est pas passé comme ça… Sans doute parce que je l’avais déjà eu.
 
Et maintenant que je regarde mes « prétendants » actuels, je me rends compte que je cherche les complications : un a déjà un enfant, un autre est l’un des meilleurs potes de Louis. D’ailleurs, là, je me retrouve le cul entre deux chaises, j’ai l’impression d’être un trophée pour eux : Louis m’a dit que Aurélien était puceau (il sait que ça me branche pas du tout, un puceau), Aurélien m’a dit que Louis avait tout intérêt à le casser auprès de moi pour ne pas griller son plan cul (moi, en l’occurrence).
 
A côté de ça, j’ai rencontré un garçon charmant sur meetic, mignon, un sourire magnifique, intelligent, adorable… Mais l’étincelle n’a pas eu lieu. J’avais un collègue plutôt appétissant à la ligue, Ludovic, mignon, un sourire magnifique, intelligent, adorable… Mais l’étincelle n’a pas eu lieu.
 
Alors voilà : on dirait que je le fais exprès de craquer sur LE mec qui ne s’intéresse absolument pas à moi. J’ai la lose en amour mais je vais tout pour.
 
Partant de ce constat qui m’est apparu comme une évidence, j’en ai cherché les raisons. Je ne suis pas sûre de les avoir trouvées, j’ai plusieurs possibilités :
– je suis allergique au bonheur. Comme je réussis dans mes études, je dois chercher inconsciemment à rééquilibrer la balance. Curieusement, je dois penser que le bonheur total est indécent donc je me gâche toute seule, comme une grande.
– mes parents étant un exemple trop parfait de couple uni et, pensant inconsciemment ne jamais arriver à vivre le même bonheur qu’eux, je gâche volontairement toute histoire possible. J’en parlais l’autre jour à ma petite sœur qui ressent la même chose que moi. Mes parents sont un modèle à ce point parfait de bonheur conjugal que nous avons peur de ne pas arriver à leur cheville.
– je cherche le prince charmant mais je sais qu’il n’existe pas. C’est là l’hypothèse la plus probable, selon moi, je m’explique. Je cherche un homme parfait e tout point mais comme il n’existe pas, je le fantasme. Je lui donne le visage d’un garçon qui me plaît, je vis une relation rêvée mais ne fait rien pour réellement la concrétiser. En craquant sur un homme inaccessible, je ne risque pas de déchanter en me frottant à la réalité. Je suis une fille rêveuse, j’adore passer du temps à rêvasser, à imaginer ma relation avec un garçon qui, finalement, n’existe pas. Dans ma tête, nous vivons des instants merveilleux qui ne se dérouleront jamais dans la réalité. Il y a quelques temps, une astrologue du forum d’aufeminin avait fait mon thème astral et m’avait dit que ma recherche d’amour était absolue, voire mystique. Aujourd’hui, je me rends compte à quel point elle avait raison. Je veux un amour si pur, si parfait, que je fais tout pour ne pas déchanter.
 
Je suis bouleversée d’avoir pris conscience de ça. Réalisant ceci, je me suis alors sentie sereine comme jamais, légère comme une plume, belle comme un matin d’été. Il y a un peu plus d’une semaine, Linga m’avait tiré les cartes et annoncé, outre ma non-relation avec Julien, que j’allais trouver une certaine sagesse. Une copine ésotérique a analysé mon rêve de samedi et m’a également annoncé une transformation, que j’allais atteindre la sagesse. Je vous raconte mon rêve, au passage, car il est très drôle. Au départ, je suis actrice et je joue dans un film avec Brad Pitt et Angelina Jolie. Dans ce film, ils sont mariés et je suis la maîtresse de Bradounet (pourquoi s’emmerder ?), Angelina le sait et laisse faire. A un moment, je suis sur le dos de Bradounet à lui faire un câlin quand il disparaît et il revient en tombant du soleil (non, je ne prends aucune drogue). Et soudain, le temps s’accélère à toute vitesse, il fait jour, nuit, jour, nuit, Brad, Angelina et moi vieillissons à vue d’œil et nous ne pouvons rien faire pour empêcher ça. Je me retrouve soudain entourée de ma famille, nous marchons. Ma sœur et moi mourrons les premières et nous décomposons aussi sec mais je continue à voir la scène, tout le monde tombe au fur et à mesure sauf mon grand-père paternel qui enterre ma grand-mère, son épouse, autre dernière survivante, qui est accueillie par nos âmes. Et mon grand-père reste seul… Ce qui est intéressant c’est que, dans les personnes de mon rêve, la seule personne réellement décédée est mon grand père, il y a 18 ans. Selon ma copine ésotérique, la vieillesse puis la mort indique que je vais atteindre une sagesse en me transformant.
Et je pense qu’elle a raison : ce vent que je viens de me prendre ne m’a pas attristée mais mise en colère, signe que je n’étais pas amoureuse de Julien mais en colère parce que ça a cassé mon fantasme. Maintenant que je comprends mon mécanisme, je sais comment briser cette vilaine spirale d’échecs sentimentaux : en arrêtant d’attendre des choses et de prendre la vie telle qu’elle vient. Je n’ai qu’à fantasmer sur Bradounet et vivre mes amourettes sans me prendre la tête, arrêter de vouloir à tout prix un seul mec que, de toute façon, j’idéalise trop.
Ce soir, je me sens bien. En rentrant, ce soir, j’ai accroché pas mal de regards… Ce n’est donc pas parce que je suis moche que je me prends tous ces vents… C’est parce que je les cherchais.