Faut-il prendre ses capotes en séminaire ?

Oui, je sais, je sais, no zob in job mais avouez quand même qu’une centaine de personnes entre 25 et 35 ans dans un hôtel loin de chez eux avec piscine et alcool, ça peut déraper.


Il y a donc un mois, nous avons appris que nous allions tous voguer gaiement vers la Sicile pour un séminaire permettant de mieux nous connaitre les uns les autres et de pas nous entretuer dans l’open space. Parce que le travail bien fait nait du sentiment d’appartenance à la boite, de la sensation que nous sommes tous sur le même bateau et que celui-ci ne s’appelle pas le Titanic. Premier accroc dans notre fol enthousiasme : en fait, on va plus en Sicile mais à Marseille. Oueeeeee…


Mais peu importe le lieu, on se retrouve pendant 2 jours et demi loin de chez nous, occupés à resserrer les liens à coup de jeux d’équipe et d’alcool. Techniquement les risques de rapprochement très intimes ne sont pas nuls, c’est un fait. Sauf que ramener ses capotes, est-ce que c’est pas légèrement présomptueux ? Surtout si à priori on n’a pas envie de quelqu’un du bureau à la base. Mais bon, comme on dit avec Anaïs (copine de plongée qui n’est pas impliquée dans le voyage) : on sait jamais. Mais on a une private joke sur le sujet. Oui on ne sait jamais.


Et puis c’est pas forcement pour moi en plus. Je veux dire que peut-etre que ma compagne de chambre ou un bon camarade ait moyen de conclure et voilà-t-il pas qu’ils n’ont pas de protection ? Heureusement la fée capote (moi quoi) arrive telle la providence et leur offre deux petits capuchons (bon, peut-être 3, ça dépendra de mes stocks et s’ils doivent passer la nuit ensemble). Non parce que quitte à glisser dans un de ses collègues à la faveur d’une soirée arrosée, autant ne pas aggraver la situation en évitant de mettre un préservatif. La grossesse accidentelle entre collègues bourrés n’est valable que dans Melrose Place (ça arrive d’ailleurs ou pas ?). Et je ne parle pas des MST mais le cœur y est.

Cependant revenons en à la boite en temps qu’objet. Une boite = 12 préservatifs et le séminaire = 2 nuits. Prévoir 6 capotes par soir, c’est le risque de passer pour une grosse affamée facile à embarquer dans son pieu et ça fait de vous la cible idéale de tous les quolibets. Or je sais pas vous mais moi, j’ai pas envie de devenir jusqu’à la fin de mon contrat « 12-pack » ou « la dalleuse du SM » (toujours social media). Et je n’envisage pas de démissionner de suite (oui, ça change mais vu que je viens de le dire sur mon blog, la vie va forcement me contrarier dans 15 jours sur le sujet).


Alors en fin de compte, la solution est simple : je me contente d’avoir toujours des capotes sur moi et pas spécialement pour le séminaire. Après tout, j’ai bien du déo et des tampons dans mon sac, pourquoi pas des capotes ?

Une prochaine fois, nous répondrons à la question subsidiaire soulevée par Tobias mon collègue : faut-il prévoir toutes les tailles dans son stock ?

I like to move it, move it !

Salut mon moi d’avant,

Je reviens te parler de sport, comme promis. Tu vois, il est important dans la vie de tenir ses
promesses mais à ce niveau là, de mémoire, ado, j’étais déjà une personne d’honneur. Mais je crois surtout que je promettais pas beaucoup. Bref, parlons peu, parlons sport.





A l’heure actuelle de quand tu reçois cette lettre, mettons vers 14-15 ans, tu es un vilain petit saindoux qui navigue entre le 42 « élastique » et le 44. Evidemment, y a pire mais nous le découvrirons plus tard, ça aurait pu être mieux. Le seul sport que tu pratiques est l’EPS au collège/lycée (enfin, quand je dis pratique, c’est quand tu te planques pas pendant le cours d’endurance et quand tu ne refais pas le monde avec tes copines sur le gros matelas de gym ou de saut en hauteur) et le tir à l’arc ou, soit dit en passant, tu ne seras jamais vraiment bonne malgré la bonne vue que tu avais à l’époque. Ah, oui, tiens, je te préviens : dans une dizaine d’année, tu seras myope. Voilà, c’est dit.

Le reste du temps, tu croupis sur le canapé familial à mater Beverly Hills et autres Melrose Place en mangeant ton bol de chocapic ou n’importe quoi d’autre. Tu envoies du rêve, là, t’imagines même pas.  Bon, alors pose ce bol de chocapic et écoute-moi. Tu vas faire du sport. Non, ne grimace pas ! Je sais que dans le sport, ce qui ne te plaît pas, c’est la compétition puisqu’à priori, tu te considères mauvaise. Tu n’as pas forcément tort en soi, tout dépend de quel côté on regarde mais par exemple, souviens-toi, fin 4e, tu avais fait une partie de basket un peu informelle avec deux autres filles et un garçon, Jérôme. Comme vous aviez joué quelques balles avant et il t’a choisie d’office pour faire partie de son duo de basket. Jérôme, l’un des mecs les plus populaires du collège ! Pourtant, au vu de ta petite taille, on aurait pas cru  mais voilà. Le problème, c’est que tu n’as pas d’endurance mais
ça, ça se travaille.

Et puis y a la natation. Tu as toujours été douée en natation. Souviens toi au primaire, alors que tu avais encore un ventre tout rond de bébé, le prof te demandait toujours de montrer aux autres comment faire. Ahah, la petite grosse qui apprend le sport aux autres, c’était bon ! Même qu’il y avait cette fille, la sportive de service, qui t’avait dit que si tu maigrissais un peu, ce serait mieux tant elle était dégoûtée que tu fasses mieux qu’elle. La natation, mon enfant, c’est ton avenir. D’ailleurs, tu vas le découvrir malgré toi l’été 95. Comme ce petit con de Guillaume (encore un, tu vas voir, ce prénom te suivra toute ta vie) dont tu étais folle amoureuse au collège et cette bitchasse de Nathalie ne t’ont pas invitée à leur boom, tu t’es défoulée en… nageant. Tu te faisais 1km par jour de brasse. Résultat, à la rentrée, tu ressemblais enfin à quelque chose mais pendant longtemps, tu as juste attribué ça à la puberté alors que non, c’était ton km de natation.


Et la danse ? Tu adores danser. Pas en pro, entendons nous bien mais combien de fois tu as allumé la chaîne avec ton dance machine pour remuer ton cul dans ta  chambre ? Ben, ça, par exemple, au lieu de bouffer ton chocapic devant Melrose Place (à la fin, Amanda finit avec Jake), tu le fais. C’est pas compliqué, tu montes dans ta chambre, tu dis que tu vas faire tes devoirs et tu remues tes fesses pendant une heure. Ah par contre, rassure-toi, je te ferai pas la morale sur le fait que tu ne fais pas tes devoirs, ça n’a pas eu grand impact à l’arrivée (mais fais-les un peu quand même, ça t’évitera des frayeurs).

Tu vas voir, être bonnasse a du bon et surtout, t’en auras rien à faire de cette bitchasse de Nathalie ou de ce couillon de Guillaume, tu seras aussi populaire qu’eux. Tiens, d’ailleurs, la prochaine fois, je t’en parlerai de ce couillon de Guillaume ou comment être raide amoureuse d’un crétin.

PS : Ah, j’oubliais, faut bien mettre le clip :


T’as pété ? Oui, hihihi

(article écrit en speed alors forcément, on va pas faire dans le sérieux)

Samedi, PaulK nous a posé une grande question existentielle : comment péter en toute discrétion. Seulement arrive un moment dans le couple où le « en toute discrétion », on s’en tamponne le coquillard. Et je trouve que c’est une vraie étape dans la vie d’un couple.

Mes parents : 32 ans de relations amoureuses, 31 ans de mariage en juin. Oui, mes parents se sont mariés au bout d’un an et trois mois de relations et 31 ans plus tard, ils sont encore ensemble. Faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais revenons à mes parents. Ma mère est du genre facétieuse, elle aime faire des blagounettes avec ses gaz. Ayant le pet silencieux mais odorant, elle lâche une caisse et se barre en gloussant. Ainsi, une fois, Yohann et Alice regardaient la télé, ma mère passe et lâche un pet. Les deux constatent l’odeur et commencent à s’engueuler « non mais dis que c’est toi ! – Mais non, c’est toi ! ». Ca aurait pu durer longtemps si, en passant, je n’avais pas vue ma mère planquée dans la pièce voisine en train de se marrer un bon coup. Mais son jeu ultime, c’est de péter au lit. Mon père m’    a expliqué ça : « tu vois, le soir, quand on lit au lit et que ta mère commence à soulever les draps et à les agiter l’air de rien, c’est pour faire partager ! ».

Cet article ne dira pas si je suis une digne héritière de ma mère. De toute façon, en tant que princesse, forcément, je ne pète pas. Mais c’est vrai que dans un couple, arrive un moment où on se relâche au niveau de la perfection apparente. Au début du couple, on se veut impeccable en dehors ET en dedans. On pète en cachette pour ne pas montrer à sa douce nouvelle moitié que nous aussi, on doit expulser des gaz (sinon on explose, selon l’adage populaire). D’ailleurs, à bien y penser, qui nous a imposé une pudeur à ce niveau là. Qu’on mette la main devant la bouche pour bailler ou roter, je comprends mais après, c’est naturel. Alors c’est vrai que le pet sort par notre orifice le moins « noble »  et qu’on va pas mettre la main devant mais puisqu’on pète tous, pourquoi cette pudeur ?

Mais la question reste : dois-je me lâcher en premier ou attendre que l’autre lance le premier pet en toute décontraction ? Bon, évidemment, en tant que fille pudique de ce genre de choses, jamais je ne le ferai le premier pet. Déjà que je dis pas je t’aime en premier mais là, c’est pire. Et pourquoi pas faire pipi la porte ouverte tant qu’on y est ? D’un autre côté, péter en toute indiscrétion en présence de l’être aimé n’est-il pas un signe qu’on se sent bien, en confiance. Un peu comme dans les payas arabes où on rote après le repas en signe de politesse, pour dire qu’on a bien mangé. Ben, là, c’est le « je pète sans me cacher avec toi parce que je me sens bien, en confiance ». Bon, ok, c’est dramatiquement pas romantique cette histoire mais franchement, votre mec pète à vos côtés de façon bruyante, vous l’engueulez ?

Bref, je crois que dans la vie d’un couple, c’est aussi une étape. Celle où on fait tomber le masque de la perfection. C’est aussi à peu près à ce moment là que les poils commencent à ne plus être éradiqués de près avant un rendez-vous avec votre mec. Certains vont s’écrier « ah la routine…horrible…pas glamour ! ». Mais les gars, réveillez-vous, on vit pas dans Melrose Place. Moi, en vrai, quand je me lève, j’ai pas le brushing et le maquillage nickel parce que si je m’endors avec mon maquillage, par un effet physique inévitable, il se retrouve le lendemain au milieu des joues. Même que souvent, le matin, quand on se lève, on sent mauvais de la bouche même si je comprends pas trop d’où ça vient vu qu’on se lave les dents le soir. Même que le matin, la première chose que j’ai envie de faire, c’est pas de me vautrer avec mon compagnon aux tablettes de chocolat dans mes draps en satin imprimé léopard, non. Ce que je veux faire en premier, souvent, c’est pipi.

Alors si un jour, votre mec pète bruyamment devant vous et que ça lui paraît normal, au lieu de vous alarmer, soyez heureuse : il est bien avec vous. Mais respirez par la bouche quelques instants, quand même, on ne sait jamais…

EDIT en forme de PS : est-ce le grand air breton qui m’a fait perdre la tête ou mes 28 ans mais j’ai oublié que le lundi, c’était
enfer de la mode. Bon ben je vous le mets demain et double mea culpa car j’y aurais pensé, vous n’auriez pas eu d’article sur le pet

Sériale téléspectatrice

Ouvrons un programme télé au hasard. Oui, peu importe le titre du magazine, le programme est toujours le même, hein ! Que voit-on ? Des séries, des tas de séries, encore et toujours des séries. Il y en a tellement que même Technikart a sorti un numéro spécial séries pour l’été.

Quel est l’intérêt des séries ? Une histoire qui s’étale sur tout un tas d’épisodes, ça peut durer longtemps, une dizaine d’années et même ne jamais s’arrêter (genre les feux de l’amour ou amour, gloire et beauté, ça a commencé, j’étais même pas née). Le but des créateurs est de capter le spectateur suffisamment longtemps pour que la série soit reconduite à la fin de la saison, l’idée est même de foutre un super suspense au dernier épisode de la saison pour qu’on ait envie de voir le premier de la suivante.

Bref, les séries, il en existe de toutes sortes : comiques, dramatiques (dans tous les sens du terme), fantastiques, policières… Chaque spectateur peut faire son choix. Il y a quelques temps, j’étais assez sériphage, regardant Urgences, Lost, X-files, Six feet under et Friends, bien sûr. Mais tous les soirs, je peux pas être devant ma télé à mater un nouvel épisode. D’abord parce que j’ai aussi une vie sociale, ensuite, pas de chance, j’ai pas eu la télé pendant 15 jours grâce à ma connasse de freebox et enfin parce que des fois, j’ai pas envie de regarder la télé. Donc séries tous les soirs, arrive rapidement un moment où je rate un épisode et même deux puisqu’en général, ça marche par paire. Du coup, aujourd’hui, je suis has been. J’ai vu un demi-épisode de Heroes, j’ai raté les dernières saisons de Desperate Housewives et Lost, jamais vu 24 heures ni les Sopranos, je continue à regarder Urgences (mais j’ai raté des épisodes dont les derniers) et à ne pas aimer Grey’s Anatomy et Docteur House. Le premier parce que c’est gnangnan, le second parce que sur une saison d’une vingtaine d’épisodes, on a 20 fois le même. Après, je suppose que j’en oublie mais c’est pas grave. Grâce à Technikart, j’ai des supers spoilers qui me brûlent le clavier. Bon, j’en balance un demi : deux survivants de Lost sont frères et sœurs.

 

Mais laissons là ma consommation de séries pour revenir au genre en lui-même. Ce que je reproche souvent aux séries, c’est de ne pas savoir s’arrêter à temps. J’aime très rarement les derniers épisodes, genre Friends, X-files, Buffy, Sex and the city…D’autres partent très vite en vrille genre les 4400 ou Six feet under. D’autres ne sont pas reprogrammées dont soit on n’a jamais la fin (John Doe dont l’intérêt majeur étaient les fesses nues de Dominic Purcell dans le générique) ou on bidouille un téléfilm merdique pour balancer une pseudo explication comme le Caméléon. Je me souviens avoir vu ce téléfilm de fin avec mon cher Guillaume 1er, à l’époque, on était atterrés. C’est ça, la fin ? Ben, ça pue. Les scénaristes essaient parfois de rattraper le coup. Genre Dallas. A un moment, ça vire au n’importe quoi, Bobby meurt (en fait, l’acteur voulait se casser) mais il faut le réintégrer dans le scénario. Parfois, on sort la botte du sosie mais là, non, ils ont fait fort, très très fort : ils ont raconté que tout ça n’était dû qu’à un délire de Pamela (la femme de Bobby) plongée dans le coma. Unbelievable ! Des fois, je me dis que ce serait plus simple de fixer un nombre donné d’épisodes (et donc de saison) comme ça, on n’allonge pas la sauce indéfiniment, ce qui pousse toujours les scénaristes à trahir l’esprit du début. Quand on voit le n’importe quoi de Lost, par moment, j’ai peur, très peur. Pareil pour Desperate Housewives : vous trouvez normal que tous les psychopathes de la Terre habitent tous dans la même rue, vous ? Autant j’ai bien aimé la saison 1 de la série (j’ai pas vu la 2nde donc, je peux rien dire), autant cette série a potentiellement tous les ingrédients pour se casser la gueule : est-ce une série comique ? Dramatique ? « sociétaire » ? Policière ? Finalement, ce n’est ni plus ni moins qu’un Melrose Place plus glamour, moins trash, moins « tiens, j’ai pas encore couché avec la locataire du 6b, il est temps de m’en occuper ». Si, si, je vous jure : des gens qui vivent dans la même rue (même immeuble) qui s’aiment, se quittent, avec du drame, des rires, des secrets, des crimes, des fois. On a même recyclé deux acteurs de cette série dont la fin était bien pourrie, aussi.

Bref, la frontière entre une bonne et une mauvaise série est bien ténue et elle peut très facilement se franchir. Mais s’il arrive qu’une bonne série devienne merdique, une mauvaise série s’améliore très rarement. Maintenant, est-on condamné à ne plus voir que des séries à la télé au détriment de films ou n’est-ce qu’un phénomène de mode ? Quand on voit qu’aujourd’hui, les stars de série deviennent plus célèbres que les acteurs de cinéma, on peut légitimement se poser des questions. Mais à force de proposer 150 séries chaque année, le public va forcément devenir de plus en plus exigeant et pas mal mourront d’elles-mêmes très rapidement. Ce qui mettra sans nul doute fin au phénomène.

Hommage à Aaron Spelling

Aaron est un vieux monsieur et il est mort cette semaine à je ne sais quel âge. De toute façon, ce type, il a toujours eu l’air vieux. Un peu comme Rainier. On dit qu’il a bien vieilli, erreur. C’est que jeune, il faisait déjà vieux. Bref, notre pauvre Aaron a passé l’arme à gauche et c’est un peu l’occasion de revenir sur sa merveilleuse production télévisuelle.

aaron_spelling

Bon, si vous fouillez sur le net, vous constaterez que le monsieur a produit beaucoup de séries donc certaines que je ne connais pas, je me concentrerai donc sur celles que j’ai eu l’occasion de voir (et de suivre, même des fois). Dans sa prime jeunesse, Aaron a produit Starsky et Hutch, série dont je me souviens peu. Me souviens en fait du générique, de la voiture puis du générique « Starsky et Hutch, tananananan ». Puis Starsky et Hutch, ils se tapaient une nana chacun par épisode. Après, dans le rayon vieilles séries, y a aussi « Drôles de
dames » et « la croisière s’amuse ». Là, de suite, ça me parle plus, merci les re-re-re-re-re-rediffusions. « Drôles de dames », d’abord, ou comment créer une série dont le concept est de montrer des nanas bien roulées en petit bustiers et mini short. Quoi que je dis, je suis mauvaise langue : y en avait une des trois qui était toujours habillée en mémère, elle était chiante d’ailleurs. C’était un peu la maman du groupe, celle qui sermonnait les autres, la chef. Donc la gonflante pas trop jolie toujours en pantalon.

Ensuite, la croisière s’amuse, on quitte le domaine policier, avec son inoubliable générique. Ou comment une bande de moches profitent d’être sur un bateau pour se taper leur lot de bonnasse. Je veux pas être méchante mais sur leur love boat, moi, je m’en serais tapée aucun ! Y avait que la blondinette qui était mignonne mais elle puait la cruche à 3 km à la ronde. Déjà, on découvrait la passion d’Aaron pour les histoires d’amour compliquées, les cocufiages, les « mais quand je reviens au Mexique, je te fais un coucou ». Des tas de bonnasses

s’ébattent au bord de la piscine tandis que le soir, à la pleine lune (oui, c’est toujours la pleine lune sur le love boat), des couples s’embrassent sur le pont et se jurent de s’aimer pour toujours. Le schéma est souvent le même : soit des couples en mal d’amour qui se retrouvent, soit des célibataires qui se conquièrent. Des fois, ce sont des anciens amants qui se retrouvent.
Puis évidemment, les membres de l’équipage ont leur petite histoire aussi : une fiancée dans chaque port, quoi. Moi, j’avoue que ce que j’adorais dans cette série, quand j’étais petite, c’était le départ, avec les confettis, les cotillons et tout le tralala.

Bon ensuite, y a eu Dynastie et Hooker mais ça, je connais pas donc passons direct à la série culte, celle qui a fait d’Aaron Spelling un pépé pété de tunes, celle qui nous a fait rêver durant notre adolescence, celle qui fait que des tas de gamins s’appellent Brandon, Brenda et Dylan. Hé oui, je veux bien sûr parler de Bervely Hills. Tout commence avec l’arrivée des jumeaux Brandon et Brenda qui viennent tout droit du Minnesota, Etat bouseux et enneigé, apparemment, pour l’ensoleillée Californie. Les parents sont parfaits, la maison est parfaite et les

gamins font de gentilles conneries. Mais bon, on commence à glisser peu à peu dans la perversion. Les couples se mélangent, Kelly, la blondasse chiante, sort avec Steve, Dylan, Brandon, Dylan, re-Brandon puis je sais plus qui, j’ai arrêté de regarder. Brenda, la super héroïne qui dégage très vite, elle vit une grande histoire d’amour destructrice avec Dylan. Brandon est tellement parfait qu’on jubile dès qu’il lui arrive une merde. Non, mais il agaçant le premier de la classe président des élèves qui ne se tape que des bonnes notes et qui en plus travaille au café du coin pour se gagner de l’argent. Il a une tête à claque. Après, il y a aussi le merveilleux personnage de Donna, jouée par la fille de Spelling himself. Vu sa gueule, elle, soit elle couchait, soit elle avait un père producteur pour arriver à faire quelque chose. La maigre Donna aux gros yeux est donc super amoureuse de David mais elle veut pas coucher le mariage, elle est super prude et va à l’église tous les dimanche. Quand on sait que la fille qui la joue a dû déjà divorcer quatre ou cinq fois et s’est tapé la moitié des mecs de la série en coulisses, ça laisse rêveur. Bref, Beverly Hills, c’est un peu de l’érotique pour ado : ils baisent tous les uns avec les autres sur des riffs de guitare, ils se roulent des pelles dans les piscines et roulent dans des belles voitures. La pauvreté, ça n’existe pas à Beverly Hills, ça fait tâche.

Pour un public plus adulte, Spelling nous ressort Bervely Hills version trentenaire : Melrose Place, le lupanar made in California. Alors là, si vous cherchez à retrouver qui a couché avec qui, prévoyez une bonne réserve de diantalvic, c’est assez violent. Bon, en fait, non, c’est pas compliqué : tout le monde a couché avec tout le monde. Déjà, y a Amanda, la super blonde transfuge de Hooker. Ouais, dans le petit univers d’Aaron, les acteurs naviguent d’une série à l’autre. Donc, elle, c’est un peu la Victor Newman de service, elle s’est tapée tout le monde, sauf l’homo de service (qui finit par dégager, d’ailleurs). Après, y a plein de gens qui vont et viennent dans même pas une dizaine d’apparts, ils s’installent ensemble, se séparent, se réinstallent avec quelqu’un d’autre ailleurs, échangent les apparts… Limite, je me demande si les acteurs rentraient pas dans un appart au pif en disant que c’était le leur. Bref, chaque épisode commençait par une scène de baise, chaque épisode se terminait avec une scène de baise (toujours les riffs de guitare). Entre temps, ils s’engueulaient, ils complotaient, ils s’aimaient, se détestaient, ils faisaient des plans machiavéliques… Non parce que dans Melrose Place, y a les méchants et les moins méchants. Bon, de temps en temps, on file une petite explication sur leur enfance et tout ça, le « mais pourquoi sont-ils aussi méchants ? ». Ils se marient comme nous, on prend le métro, tout ça pour divorcer deux épisodes plus tard parce que monsieur a fauté avec la voisine. N’empêche qu’un immeuble où il n’y a que des gens beaux, ça me fait rêver !

Ensuite, il y a eu des ratés genre Sunset Beach (moi, j’adorais mais j’étais à peu près la seule) et un truc qui s’appelait « Pacific Palissade » ou un truc comme ça que j’ai découvert récemment sur le câble ou comment refaire un nouveau Beverly Hills avec des jeunes beaux et des jeunes riches (mais y a des pauvres, aussi). Dans ces deux séries, on découvre le petit frère de Tori. Lui, pareil : soit il couchait, soit il avait un papa producteur parce que dans le genre pas

terrible, hein… Enfin, citons la dernière série en date de M. Spelling : trois bonnasses habillées d’un rien qui luttent contre le mal. Enfin, non, y en a une qui n’est pas habillée en pouff mais elle est toujours enceinte, aussi…Non, c’est pas Drôle de dames, c’est Charmed. Ou comment réutiliser un concept éculé pour se faire de la tune.

 

Bref, chez Aaron, on retrouvait un peu toujours les mêmes trucs : des riches très riches qui côtoyaient parfois des pauvres très pauvres qui venaient au lycée en bus scolaire (oh les nazes !), des ethnies qui se mélangent pas, des nanas habillées d’un rien et des mecs qui passent leurs journées à se doucher pour qu’on voit leurs pectoraux. Des gens qui copulent, tout le temps, de préférence sur des riffs de guitare. Des histoires de couples glauquissimes censées être passionnées et romantiques. Ben quoi, c’est pas parce que j’ai baisé avec le voisin dans la piscine que je t’aime pas mon amour… Et si on se mariait, tiens ? De l’amour au rabais entre riches et très riches, entre beaux et très beaux. Chez Aaron, on est soit médecins, publicistes ou serveurs, pour les ratés. Mais c’est pas grave, les ratés, ils finissent toujours pas intégrer la super agence de pub où tout l’immeuble bosse. Ce qui est fantastique c’est que, chez Aaron, en trente ans de carrière, y a que la coiffure et les tenues des personnages qui ont changé.