Mon doudou divin de Katarina Mazetti

En pleine période de Noël, libérée de mon Ulysse, je décidais donc de lire tout ce que je pouvais, un peu comme une orgie de gras après un gros régime. Dans ma besace, un livre acheté longtemps avant : mon Doudou divin de Katarina Mazetti.
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Quand j’ai acheté ce livre, je n’avais pas encore lu « Le mec de la tombe d’à côté » donc je ne savais pas qui était Mazetti et surtout que je n’aimais pas trop sa prose. Attirée par le 4e de couverture, je fonçais : une nana qui part dans une sorte de quête spirituelle, ça me parle, oui. Donc voici l’histoire de Wera, une journaliste à la pige qui décide de faire un papier en monde immersion sur une retraite spirituelle qu’elle a trouvé dans les petites annonces du supermarché. Ce livre suit deux personnages : Wera et un autre personnage féminin dont j’ai même oublié le prénom. Elles se retrouvent toutes deux dans cette retraite menée tambour battant par un Jésus-hippie, sa dévouée compagne hippie qui passe de soumise à féministe revendicatrice sans qu’on comprenne bien pourquoi, un médecin, une femme étrange et un musulman. Cette retraite ridicule tourne autour d’un temps fort : tous les jours, un des participants doit prendre la parole pour présenter sa spiritualité. Donc voilà, vous l’aurez compris : ce roman est bavard. Bavard et creux.
trop de blabla
Reconnaissons un talent à Mazetti : elle sait nous concocter des héroïnes infectes, imbues d’elles-mêmes, condescendantes… Bref, ça démange, on a envie de les baffer. Evidemment, elles vont rencontrer un nouveau monde, remettre en cause leurs certitudes mais pas tant que ça finalement. Manichéisme et bons sentiments sont au rendez-vous, les personnages sont censés mener une quête, se (re)trouver mais la fin est tellement délirante qu’on se demande bien à quoi ça a bien pu servir, tout ça. Quelques réflexions de ci de là qui pourraient pousser à réfléchir un peu plus, le personnage du gourou, pour le coup, pas mal réussi mais après… La femme dont j’ai oublié le prénom a une histoire intéressante mais pas du tout creusé. Wera est juste une conne alcoolique qui se croit au milieu de la masse et pense qu’un foulard lui confèrera une spiritualité.
boho
En fait, le problème de ce livre, c’est son axe de départ, franchement improbable : quel pigiste irait faire un reportage suite à un papier posté au supermarché ? Au mieux, ça vaut un entrefilet mais on est loin des cures détox hors de prix qui pourraient effectivement faire un long reportage. A moins que la presse suédoise soit vide et creuse, je ne sais pas. A la limite, l’improbabilité du départ aurait pu être compensée par la suite mais les rebondissements font souvent lever les yeux au ciel tant ça n’a pas de sens.
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Bref, un livre parfait pour un voyage en train (je l’ai tué en deux jours) ou sur la plage mais n’en attendez rien.

JF/JH cherche JH/JF

Choisis ton camp camarade !

Bon voilà, vous en avez fini avec la partie Gestapo du site de rencontre, vous êtes désormais à poil devant le grand Dieu Dating qui sait presque tout de vous. Même la taille de votre sexe turgescent sur certains sites, m’est avis. Seulement, vous n’êtes pas que des croix dans des cases prédéfinies par le site, non, vous avez aussi une personnalité propre. Et ça tombe bien, le site a prévu une zone où vous pouvez laisser libre court à votre prose. Attention, cassage de gueule imminent.

la-terrible-chute-de-david-beckham
Les doigts suspendus au dessus du clavier, vous voilà prêts à rédiger votre annonce. Bon, ok, mais je dis quoi. Si vous cherchez un plan cul, pas de prise de tête, autant le lancer de suite et chacun fait ce qu’il en veut. Par contre, si vous cherchez l’amour, ça devient de suite plus compliqué. Parce que faut arriver à être drôle, spirituel et original en quelques lignes… Sauf que finalement, si vous êtes sur un site où vous pouvez indifféremment voir hommes et femmes, vous verrez que votre originalité est vraiment toute relative.
ils-ne-manquent-pas-d-originalité
Nous avons donc plusieurs possibilités. Peut-être devrait-on se contenter de la vérité crue, sans flonflon ni vanne « salut, je cherche quelqu’un pour une belle relation. Rien ne vaut le réel, rencontrons-nous ! » Direct, efficace… mais peut-être un peu froid, un peu « psychopathe » su les bords. Même si nous cherchons, in fine, tous au moins à précipiter la rencontre (une trop longue relation virtuelle n’est que rarement une bonne chose, ne serait-ce que parce qu’à un moment, tu risques de louper le coche), une petite blagounette ne serait pas malvenue : la rencontre n’est jamais quelque chose de dramatique même si c’est toujours un peu stressant. Cherchons l’amour mais cherchons le avec un peu de légèreté.
dandelion
(c) Sarah Purpleface
Alors tentons l’humour. Oui, c’est bien, ça l’humour. Sauf que ce truc là, c’est carrément pas universel. Entre l’humour potache à carrément beauf tendance « sexiste mais non je rigole-euh » à l’humour tellement 20e degré que personne n’a jamais compris ce que pouvait bien signifier ce trait d’esprit (même après explication), ça fait flop. On peut aussi rester dans de la valeur sûre en sortant une vieille blague des familles mais là encore, à part provoquer quelques levage de yeux au ciel et vous coller une étiquette « gros-se relou-e », la manoeuvre me paraît risquée.
cauet-menibus
Alors quoi ? Pas de vanne, pas de sérieux, on fait quoi ? Reste la voie du nihilisme, le classique « je sais pas ce que je fous sur ce site / je ne joue pas le jeu parce que ça me saoule qu’on dise tous la même chose… ». Bonne nouvelle, ça peut fonctionner… une fois. Rares sont les proies qui retomberont dans le panneau pseudo nihilisto-provocateur plusieurs fois.
why-so-serious-nihilisme
En fin de compte, l’annonce, c’est comme le reste : autant ne pas tenter d’être un-e autre, ça ne marchera pas. Et puis, pas de panique, les 3/4 s’arrêteront à vos photos et à votre questionnaire donc vous pouvez rédiger une annonce en forme de Kamoulox que ça passera crème. Une annonce en Kamoulox, tiens, en voici une idée…
kamoulox
Ah et dernier conseil, plus spécifiquement pour ces demoiselles : une de mes amies a glissé une vanne relative à la taille de ses pieds dans son annonce… et se ramasse tous les fétichistes des pieds qui traînent. Si vous ne voulez pas attirer une certaine catégorie de personnes, surtout, faites attention à bien laisser la porte verrouillée !
Bruxelles 530
La semaine prochaine, nous allons nous balader sur les fiches des autres, on l’a bien mérité. Youpi !

Les cabinets de recrutements ou les fausses joies

Hé hé, un peu de chômagie, ça faisait longtemps hein ?

Tout chercheur d’emploi, en quête effrénée ou en veille active, a un jour eu affaire à un cabinet de recrutement. Je me souviens la première fois que j’ai été contactée, j’étais fière comme une poule. J’y ai cru quand ils m’ont raconté qu’ils allaient chercher du taf pour moi, que je serais la candidate que tous s’arracheraient. Je te le dis : bullshit.

Quand j’ai commencé à chercher à m’échapper de Pubilon, j’ai croisé le chemin de quelques cabinets de recrutement surtout un qui m’a proposé rien de moins qu’un poste d’éditrice de site. Un peu la chef d’orchestre, quoi. Un peu comme sur mon blog sauf que c’est professionnel, faut négocier du partenariat, tout ça. Pas ma came du tout. A la fin de l’entretien, nous étions tous dubitatifs, je devais quand même rendre un travail pour expliquer ce que je ferais sur le bien du site en matière de design, contenu, référencement et partenariat. J’ai envoyé un beau powerpoint, jamais eu de retour.

Ensuite, ce fut ma recherche d’emploi suite à la fin de mon contrat chez boite-qui-n’a-pas-de-nom. Le premier, j’ai passé plusieurs entretiens pour un poste pas mal mais à la fin, je n’ai pas été retenue car, entre autres, « je n’écrivais pas assez bien ». Mmmm, oui, alors je veux bien entendre les critiques mais alors là, tu me fais rire, Elvire. Il faut dire que pour jauger mon écriture, plutôt que de me faire écrire un article sur un de leurs sujets de prédilection, je devais écrire une sorte de document d’intention sur ce que j’imaginais pour ce futur emploi, les stratégies à mettre en place… Le genre de documents où la prose se fait naturellement littéraire, aisée à lire et surtout, surtout, sans aucune bullet point. Bullshit again.

Autre cabinet : ils cherchent un community manager pour faire un truc trop cool. Hé mais oui, je suis community manager dis donc, on dirait que c’est dans mes cordes. Premier entretien (il neigeait, j’avais les pieds mouillés et glacés) nickel même si j’ai chié la partie anglais un peu prise de surprise. Ils m’ont quand même envoyé chez le client en disant que je speakais l’english. Et bah tiens… Entretien chez le client, je sens au fur et à mesure de l’entretien que le poste n’a rien à voir avec mes compétences, qu’ils cherchent un business developper et que je suis un peu une sous merde dans le domaine, j’aime pas négocier, démarcher… Bref, ils ont eu la bonne idée de pas me prendre, ça me paraissait évident que je ne correspondais pas. Quelque jours plus tard, un autre cabinet m’appelait pour le même poste ! Ils ont appelé à peu près tous les community managers de Paris et y en a un bon paquet.

D’autres exemples ? J’en ai à la pelle, mon profil fait rêver les cabinets, j’ai des propositions en pagaille. J’ai donc eu la dame qui m’appelle pour un poste correspondant à peu près à mon parcours, je lui indique que je ne suis pas intéressée. Elle me demande donc de lui donner des noms (j’aime faire le boulot des autres), je lui donne instantanément le nom de la fille qui m’avait recommandée… Elle m’a fait répéter deux fois alors qu’elle connaissait son nom ! Avant d’enchaîner : « et dans votre boîte, personne ne veut partir ? Non parce que j’ai repéré une personne avec un nom allemand, là… ». Ben si tu l’as repérée, t’as qu’à la contacter. Et cherry on the cake : le cabinet qui m’appelle officiellement pour remettre mon profil à jour(je les avais déjà rencontrés) avant de me proposer un poste… junior. Ben oui, tiens, je vais quitter mon poste senior pour un poste junior moins bien payé, c’est une bonne idée.

Bref, plus je les côtoie, plus je comprends que faut pas compter sur eux, du moins sur le digital. Ils ont dit à Isadora qu’elle était brouillonne. Genre la fille la plus organisée du monde… Si vous avez juste à expliquer qu’on nous a préféré un autre candidat, restez en là, y a pas besoin d’inventer des pourquoi… J’ai souvent la sensation que les cabinets de recrutement doivent faire du chiffre à tout prix et balancent un max de candidats à leurs clients pour justifier leur travail. Après tout, c’est effectivement leur rôle à la base. Sauf qu’en ne se montrant pas sélectifs à la base pour grossir le chiffre, ils créent un espoir chez ceux qui cherchent et ça, ça me met les nerfs en pelote. Aujourd’hui, je ne cherche pas à bouger donc leurs coups de fil à côté de la plaque me font rire mais par le passé, j’ai cru, naïvement, que s’ils me présentaient au client, j’avais mes chances. Avant de découvrir par moi même que j’avais pas le profil. Heureusement qu’arrive un moment, je fais la part des choses et ne prends pas les choses personnellement, c’est quand même assez démotivant de se prendre des refus, même si on n’était juste pas fait pour le job.

Mais bon, l’avantage par rapport au Pôle Emploi, c’est que ça entraîne pour les entretiens.

PS perso : Un petit coucou à une ancienne recruteuse en cabinet et son ex collègue car pour le coup, c’est la seule exception à la règle avec les cabinets de recrutement : j’étais relativement taillée pour le job même si j’avais pas le look luxe (mais j’avais pas le salaire non plus)

N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

Où trouver un homme (de préférence bien)

(version audio en fin d’article)
Extérieur nuit, dans le métro, deux filles parlent. L’une, c’est moi, l’autre, c’est une copine, Aurélie. Nous parlons relations amoureuse et chais pas quoi. Aurélie est célibataire depuis quelques longs temps.

« Tu comprends, ça fait longtemps que je suis pas sortie avec un mec…

– Ben, normal, t’en rencontres pas.

– Ouais, c’est sûr. »

Aurélie, si elle est célibataire, c’est pas qu’elle soit conne et moche (c’est même pas le cas, en plus), c’est juste qu’elle ne rencontre pas. Parce que mine de rien, c’est pas si facile que ça de trouver un homme.

 

Bon, en ce moment, je cherche pas parce que j’ai franchement d’autres préoccupations, ce qui me permet d’écrire un article léger sur le sujet, exempt de mes angoisses existentielles. C’te chance ! Bon, alors, redevons sérieuse, où trouver un homme ? Alors j’aurais tendance à dire de suite d’oublier Meetic. Non mais sans déconner, on va pas payer je sais pas combien pour un mec qui va nous amener au resto, nous sauter et partir au petit matin sur la pointe des pieds en nous promettant de nous appeler mais qui n’en fera rien. Mais non, je dis pas que tous les mecs sur meetic sont de fieffés queutards. Juste la majorité. Le net n’est pas forcément un lieu de chasse à négliger même si beaucoup trouvent ça un peu glauque. Et pourquoi donc ? Après tout, on rencontre des gens comme dans la vie, on discute plus facilement qu’in real puis si affinités y a, pourquoi se priver ? Après tout, vous trouvez plus honteux de rencontrer quelqu’un sur un forum de discussion ou un blog car vous partagez les mêmes centres d’intérêt que dans une soirée où vous et votre cible vous retrouvez à parler de choses qui vous passionnent ? Evidemment, sur le net, les rapports sont inversés : on s’intéresse à la prose avant de voir le physique alors que quand on croise quelqu’un en vrai, on le voit avant de l’entendre.

Mais éteignons notre ordi et allons voir dehors. C’est une métaphore, attends au moins la fin de l’article avant d’éteindre ton ordinateur, quand même. Bon, on va éviter les boîtes parce que moi, je trouve ça plus glauque de se débusquer un mec en boîte que sur meetic. Parce que sur meetic, quand le mec vous parle, y a quand même 9 chances sur 10 que le gars soit tout à fait sobre alors que c’est la proportion inverse en boîte. Oui, y a 1 mec sur 10 de sobre, ça s’appelle un « capitaine de soirée ». Non, allons dans la rue, plutôt. L’homme peut être partout mais il est difficile à trouver. Un homme séduisant dans la rue, y en a des caisses, surtout en ce moment. Ou alors, c’est moi qui ai les hormones au plafond, je sais pas. Seulement, un homme séduisant, on ne sait pas ce que ça cache derrière. Un homme bien, c’est pas juste un homme beau, il doit avoir d’autres qualités. Alors que cherchez-vous chez un homme,
mesdemoiselles ? Selon les qualités recherchées, resserrons la cible. Pour un sportif, allons faire du footing, du roller, du vélo, de la danse de salon ou de la salsa. Mais on évite la danse classique et la gym. Par contre, la salle de gym, ça, on peut. Seul souci (et de taille à mon sens) : moi, quand je fais du sport, je finis vite rouge, ruisselante de sueur, haletante et complètement décoiffée. Je préfère que l’homme ne me voit comme ça qu’après un folle brouette, voyez. En plus, il n’est pas très conseillé de se maquiller pour faire du sport, à moins de viser un amoureux des pandas.

Si vous aimez les hommes raffinés ou cultivés, la bibliothèque ou le musée paraissent être un bon plan. Oui, j’insiste sur le « paraissent ». Non parce que déjà, dans une bibliothèque, on ne parle pas. Enfin, si, moi, ça m’est arrivé. Quand je suis allée à la BNF en 2002, section recherche, suis allée manger à la cafétéria et j’ai passé le déjeuner à papoter avec un parfait inconnu mais on se draguait pas. Quant au musée, moi, quand je regarde des œuvres, j’ai pas envie qu’on vienne me parler et je suppose que je suis pas la seule. Si je suis avec quelqu’un, on commente à deux mais sinon, on me fout la paix. Bonne alternative : la librairie, ça vous permet de voir un peu ce que monsieur regarde comme livre. Sinon, regardez ce que lit le beau mec, là, dans le métro, c’est aussi une bonne indication. D’ailleurs, je me suis rendue compte que lire des mangas érotiques à couverture jaune fluo dans le métro, c’est pas forcément une bonne idée…

Quid des autres lieux ? Le boulot ? Le supermarché ? Le hall de l’immeuble ? La gare ? Tout ça et tout ça ? Ben, en fait, tout est bon et rien ne l’est en même temps. Perso, au supermarché, je vois personne et de toute façon, si je sors juste aller faire des courses, je suis affreuse, genre pas maquillée, à peine peignée, mal habillée… Quand j’ai commencé à parler avec Guillaume IV, nous savions que nous vivions dans la même ville, quasi dans la même rue et il me fait : « ahah, s’il le faut,on s’est croisés à la supérette ! » « J’espère pas », ai-je pensé. Mais non, en un an et demi, on s’était jamais croisé, l’honneur fut sauf ! Alors que la Finlandaise de vendredi, elle, elle m’a déjà vue et reconnue. Contrairement au recruteur de mercredi, je viens de percuter qu’on s’était déjà vus et même parlé, je suis dégoûtée de pas avoir percuté sur le coup. Mais revenons-en à nos moutons. Donc à priori, on peut draguer partout mais en fait, la personne sera-t-elle disponible ? Tout est souvent question de circonstances : si la personne est de bonne humeur, ça sera plus facile, sinon…

Alors où trouver un homme bien ? Ben réponse : partout idéalement mais dans les faits, c’est bien difficile de rentrer dans son espace et de lui faire part de notre existence. Dans un prochain billet, je parlerai de la drague au boulot (ce qui ne m’est jamais arrivé mais je ferai semblant de savoir de quoi je parle) et du pourquoi il faut toujours être jolie quand on sort MEME au supermarché.

Vingtenaire Academy, semaine 1!

C’est parti pour la vingtenaire Academy. Victime de son succès, elle a attiré 18 jeunes hommes qui veulent devenir le nouveau vingtenaire. Comme il était impossible de les mettre
ici, j’ai donc créé un blog exprès :

http://vingtenaire.academy.over-blog.com/

Donc lisez les proses de ces jeunes hommes, commentez les à loisir mais surtout, venez voter ici parce que j’aurai pas le temps de m’amuser à rechercher les voix des gens.

Comme dirait Benjamin Castaldi : ils comptent sur vous! Et en plus, ça vous coûtera même pas l’envoi d’un SMS!! Cette semaine, trois d’entre eux nous quitteront donc faut pas les lâcher quoi!

Alors, prêts? Partez!

De l’art de ne rien faire

Par Gauthier

Aujourd’hui je suis au travail, je suis donc payé pour pondre ma prose. Bouh… C’est pas bien! Comme si j’étais le seul à bloguer pendant mes heures de boulots, hein? Je m’ennuie, il faut que je vous raconte.

 Je suis payé à rien faire, techniquement je reçois les appels de débiteurs en contentieux avec un groupement d’huissiers qui externalise pour le Trésor Public (jusque là vous suivez?). Donc les gens ils reçoivent des courriers menaçants genre « on va vous vendre votre télé pendant la coupe du monde » et hop ils appellent genre « ah mais je ne savais pas que je devais des sous au Trésor Public! ». Ben voyons, les courriers du Trésor Public ils arrivent jamais à destination, alors que ceux des huissiers oui, c’est bizarre non? Mais bon les appels se font rares, et j’ai beaucoup, beaucoup de temps libre.
Et donc je suis une machine à encaisser? Pas tout à fait, je suis une machine à convaincre. Oui parce que plus ils doivent des sous au Trésor plus ils sont au RMI, c’est proportionnel. Moi je m’occupe des amendes impayées: infraction au code de la route, plus rarement au code civil, et encore plus rarement au code pénal. Et je vais vous retranscrire quelques morceaux choisis pour que vous preniez la mesure de la mauvaise foi française (mieux que le foot en sport national!).
 
Exemple 1:

« Je suis au RMI, j’ai 4 enfants à charge, je ne peux pas payer plus de 20€ par mois »

« Monsieur, vous devez 1258€ au Trésor, à ce rythme là ça va prendre des années! »

« Mais je ne peux pas payer, ayez un peu de coeur! »

« Personne vous a obligé à faire un excès de vitesse, une conduite en état d’ivresse, et un franchissement de ligne blanche le même jour! »

« Mais je n’ai pas d’argent! »
« JE M’EN FOUS! TU VAS PAYER CONNARD!!!!!!! »
 
Exemple 2:
« Le flic était raciste! »

« Vous rouliez sans permis, je ne vois pas en quoi cette amende est dû à votre couleur de peau »

« Si j’avais été blanc il ne m’aurait pas arrêté! »

« Manifestement il a eu raison, puisque vous rouliez sans permis »

« Je refuse de payer, je vais porter plainte! »

« Allez-y ça va vous coûter le double devant un juge! »

 
Exemple 3:
« Ma soeur a fugué! »
« Elle vivait chez vous? »

« Oui mais elle a fugué je ne sais pas où elle est, donc vous pouvez annuler la créance »

« Elle est partie quand? »
« Il y a trois jours et demi »

« (tu te fous de moi? ok…) Très bien sachez que vous êtes donc responsable, si elle ne réapparaît pas, l’huissier viendra se servir chez vous! »

(15 minutes de hurlements de la part de la soeur plus tard) « Je peux vous faire une carte bleue? »

 
Exemple 4:
« Je vous dois combien en tout? »
« Un peu plus de 1700€ »
« Vous me faites une ristourne? »
« Non monsieur… » (je rigole intérieurement)

« Ben je vous paye tout mais vous me faites 10 ou 20%, ok? »

(j’explose de rire) « Mais vous n’êtes pas en train d’acheter une voiture, vous ne pouvez pas négocier votre créance avec le Trésor Public!!! »

« Allez, vas-y en plus tu te fous de ma gueule? Bâtard va… » (et il raccroche, moi je pleure de rire!)

 
exemple 5:

« je ne connais pas cette personne, elle ne vit pas ici, je fais quoi? »

« Vous êtes sûr de ne pas connaître cette personne? Que vous en l’avez pas hébergée? »

« Vrai de vrai, sur ma mère je la connais pas! »

« Très bien sachez qu’au regard de la loi vous êtes responsable! Cette personne a une carte grise domiciliée chez vous, alors soit vous contestez auprès du tribunal de police, soir vous vous exposez à une visite d’huissier! »

« Mais c’est quoi ce bordel? Je vais faire envoyer mes pv chez toi alors! Et c’est toi qui va payer!!! »

« Moi j’ai les moyens de vous retrouver, et sachez que c’est illégal comme procédé, vous voulez aggraver votre cas? »

« Je peux vous payer en 3 fois? »
 

Voilà il y en a des tonnes comme ça, mais je ne peux pas toutes les retenir… Je constate juste que les gens ont un immense pouvoir comique à leur dépend.

Mais je n’ai pas beaucoup d’appels, donc du coup j’ai le temps de lire Le Monde en entier tous les matins, je suis devenu un as à la dame de pique, au solitaire, au reversi, et autre flipper… J’ai réussi à craquer MSN pour causer avec Nina (qui elle a du boulot théoriquement!), mais je n’ai toujours pas réussi à contourner la sécurité pour accéder à Internet… Mais je en désespère pas, il me reste 2 mois à tirer, j’y arriverai, ou je mourrai d’ennui…
Gauthier fonctionnaire du secteur privé

Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.