Envie ou besoin d’amour

Lors de ma dernière visite chez ma naturopathe, nous avons parlé de mes amours (du moins ce qu’il en reste) et elle m’a posé la question suivante : »vous avez envie ou besoin d’être avec quelqu’un ». Mmm, voilà une belle question qui mérite un article… Et oh tiens, le voilà.

Pour moi, c’est clair : j’en ai envie mais pas besoin. Parce que de l’amour, dans ma vie, j’en ai plein : de ma famille (dont mon petit neveu adoré), de mes amis et même de mon chat. État de mon compte d’amour : positif (alors que mon compte en banque, lui, fait la gueule). Du coup, je ne passe pas mes soirées à me lamenter sur le vide de mon cœur en trempant mes cheveux dans mes Chocapics, non. Mais envie, oui, j’ai.

Après des années de célibat entrecoupées de relations non implicantes ou non conventionnelles, j’ai regoûté aux joies de la vie de couple avec prince-charmant-devenu-crapaud. Même si à l’arrivée, tout n’était que du vent, pendant les 3 mois où j’ai cru ses belles paroles, c’était agréable de traverser la vie à deux, de se dire qu’un voyage en Russie tous les deux cet été serait cool, de penser qu’après une journée de merde, on pourrait retrouver les bras chaleureux de cet autre à qui on a envie de faire une place.


Envie, oui. Construire, tenter l’aventure à deux. Ce n’est pas un besoin, non. J’ai repris ma vie de célibataire très active et certains de ses avantages comme dormir dans un vieux pyjama confortable ou manger n’importe quoi en regardant une connerie à la télé. Ne pas jongler avec son emploi du temps pour dégager du temps pour l’autre. Mais j’ai aussi envie de passer la soirée au lit avec cet autre, à parler de tout et n’importe quoi, se promener main dans la main en récoltant des souvenirs, collectionner les instants magiques.

Envie, oui. Courir la queue m’ennuie désormais, j’ai eu mon compte, j’ai envie de plus. Un CDI amoureux même si y a des jours où on soupire en pensant à sa liberté de célibataire. Envie d’essayer mais sans pression, sans me dire que je DOIS faire de cet autre mon only one.

Les nouvelles amazones, marronnier chouchou des médias

Pendant mes vacances automnales, je me suis beaucoup culturée en lisant des magazines tels que Voici, Gala ou VSD, que je ne lis jamais ailleurs que chez mes parents pour qu’ils gardent le goût des vacances. Or sur VSD, je tombe sur un dossier « les nouvelles amazones » ou quelque chose du genre et là, je soupire. Vous allez nous la faire encore longtemps ?


Je réfléchis à quand remonte ces amazones et je dirais facile aux années 70, avec le MLF, la libération de la femme et encore, entendons nous bien, je parle plus de libération de parole que de libération véritable des mœurs. Si je m’en réfère à la littérature, pas mal d’héroïnes sont infidèles et découvrent la sexualité passionnée auprès de leurs amants. Y a qu’à lire du Maupassant, du Flaubert, du Hugo… Bref, déjà à l’époque, ces femmes là avaient des fourmis dans les reins. Même la Reine Guenièvre était une coquinette. Si on découvre que la femme est sexuelle qu’au milieu des années 70, c’est essentiellement une question de prise de parole : avant, allez trouver des romans écrits par des femmes (déjà, on n’atteint pas des sommets) parlant de sexe (ouhlala), la liste n’est pas très longue. Mais depuis, les femmes assument leur sexualité qui ne s’expriment pas forcément dans l’adultère, d’ailleurs. On peut s’éclater sexuellement avec son légitime sans même aller dans des boîtes à partouze. Je vous renvoie vers le blog d’Evelyne Louvre-Blondeau, tiens, je trouve que ces dessins érotiques entre un mari et sa femme, l’amour qui les unit et leur sexualité épanouie est plus que rassurante à l’heure où on nous explique que la fidélité n’existe pas parce que l’homme a le gène de l’infidélité, blablabla.


Donc en 2008, on nous ressort le sempiternel « les femmes vivent leur sexualité ». Oh ouah, super, merci VSD, grâce à toi, je vais pouvoir baiser sans culpabilité. Ah, pardon, c’était déjà le cas. Au fond, ce qui me fait grincer des dents, c’est pas tellement qu’on nous ressorte des dossiers qui auraient pu être écrits dans les années 70, le sida et la capote en moins, c’est une espèce de normalisation d’une sexualité féminine qui se voudrait débridée. Chacun ses pratiques. Si les miennes pourraient paraître débridées (j’ai même des sextoys, imaginez comme je suis l’amazone ultime), de mon point de vue, elles ne le sont pas. Je vis ce que j’ai envie de vivre sans chercher à me taper le plus de mecs possibles. Déjà, quantité n’égale pas qualité, ensuite, je ne suis pas une journée portes ouvertes en permanence et enfin, j’ai envie de passer ma vie à autre chose que de courir après une nouvelle queue par semaine. Surtout que celle que j’ai à disposition me satisfait, merci. Et le mec qui va avec aussi, par la même occasion.


Du coup, on a une image faussée d’une femme surconsommatrice qui ne cherche que le cul, sans vouloir autre chose. Bien entendu, certaines sont comme ça et quelque part, heureusement car il faut de tout pour faire un monde et je nuancerais en faisant remarquer qu’une femme peut avoir dans sa vie des périodes wild sex et des périodes plus calmes. Mais je me demande si c’est pas un peu une porte ouverte à la goujaterie, une autorisation implicite à un « on baise, on se sépare, on se rappelle jamais ». Non mais on a aussi le droit de s’attacher, laissez nous le choix avant de disparaître, zut alors.


Au fond, les hommes et les femmes arriveraient presque sur un même pied d’égalité d’un point de vue des clichés : que du cul, pas de sentiments. Maintenant, les mecs vont pouvoir aussi dire « non mais toutes des garces, elles te sautent dessus, te baisent et hop, plus personne, envolée la meuf ! ». Mouais. Et si on admettait qu’il n’y a pas une sexualité normée pour une génération mais ce n’est qu’une question de personne, voire de période ? Qu’il existe des amazones comme il existe des femmes plus prudes qui aspirent à une vie de couple plutôt qu’à une vie de débauche ?

Et pourquoi les journalistes ne trouvent pas d’autres sujets d’articles ?