Trop bonne, trop conne

Longtemps, j’ai mis ma lose sentimentale sur le fait que les hommes préféraient les chieuses et que j’en étais pas une. Aujourd’hui, je réalise que ma lose ne vient pas de ma non chianterie mais… De ma bonne poire attitude.

En couple, je suis conciliante. Très. Trop. Un peu par lâcheté, un peu par flemme : est-ce bien la peine de faire des scènes pour si peu et de dépenser une énergie folle alors que le boulot a déjà pompé 75% de ma batterie. Sauf trucs inacceptables de mon point de vue, je laisse pisser, le couple étant pour moi une sorte d’havre de paix, un domaine que je rêve facile et paisible.

Gentille ? Complètement gourde oui ! Parce que du coup, ces messieurs ne me respectent guère, se disant que je me laisserai jeter sans histoire, comme un papier froissé. Du genre prince-charmant-devenu-crapaud qui crut que jouer a) le silence radio (2 fois en plus) et b) la quête de ma compassion lui permettrait de se débarrasser facilement de moi. Elle est gentille, Nina, elle va me taper sur l’épaule et aller attendre dans son coin des fois qu’un soir, j’ai envie d’aller tirer mon coup. Mouahah ! Erreur, mon ami, faudrait voir à être plus subtil dans le foutage de gueule…

Oui, je suis empathique et prompte à prêter mon épaule pour consoler. Sauf que ce que je considère comme une qualité humaine au départ se retourne in fine contre moi et ça file légèrement la gerbe. Si je te mate dès le départ en te soumettant à mes humeurs et mon bon plaisir, tu resteras tel un fidèle toutou bien dressé ? Quelle tristesse. Tu n’as rien compris. Cette compassion, cette présence, cette gentillesse et cette patience que je t’ai offert, c’était de la confiture donnée aux cochons. Alors maintenant, il suffit. Oh non, je vais pas devenir une sale garce manipulatrice. Je vais juste cesser de jouer la copine ultra compatissante et très disponible. Il s’avère que je suis pas mauvaise en lead, je vais le prendre et donner le tempo. Et poser les limites. Parce que se faire marcher sur les pieds, c’est pas sexy.

En 2013, j’arrête d’être la fille mouchoir.

Et toi, c’est quoi tes loisirs ?

L’autre jour, je lisais négligemment un magazine féminin (je ne sais plus lequel c’était, il me semble que c’était Glamour dans le métro mais c’est peut-être Biba dans mon lit) quand un mini paragraphe dans la rubrique travail attire mon attention : « attention à ce que vous mettez dans la rubrique loisirs ». Et là, catastrophe : tout ce que je mets n’est pas bon.

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Je vous explique un peu le concept : en gros le magazine explique qu’il ne faut pas mettre des choses trop génériques comme lecture. Ce que moi, j’ai mis parce que oui, dans mon temps libre, je lis et beaucoup et de tout. Alors je mets quoi puisque c’est une réalité ? Je remplace lecture par tricot ? Bon, je peux éventuellement détailler ce que je lis mais mon CV fait déjà deux pages (ok, une page et demi), je crois qu’on s’en fout un peu que je détaille mes loisirs. Non ?

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Je me souviens, il y a 5 ans, à l’époque où je fréquentais Arnaud (ouhlà, ça remonte à loin, hein !), on papotait CV puisqu’à l’époque, je débutais ma recherche d’emploi et il m’expliquait qu’il fallait toujours mettre un sport collectif en loisirs genre « j’ai l’esprit d’équipe ». Sauf que je ne pratique aucun sport collectif. Je peux éventuellement dire que je fais de la plongée, c’est un club, il faut savoir faire confiance aux autres et agir avec intelligence pour ne pas mettre les autres en danger…  Mais après, c’est vrai que natation ou sport en salle, ça fait un peu autiste. Sauf que je suis suffisamment sociale dans ma vie pour avoir de temps en temps besoin de me retrouver seule avec moi-même et mes muscles pour réfléchir un peu. Rêvasser beaucoup. Parce que mine de rien, l’heure de natation passe beaucoup plus vite quand je rêvasse, c’est un fait.

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C’est vrai qu’en lisant mes loisirs, ça peut donner l’impression d’une fille curieuse et touche à tout mais solitaire. La lecture et l’écriture impliquent une activité solitaire, la photographie aussi. D’ailleurs, à y repenser, la photographie, c’est un peu abusé, je n’en fais pas beaucoup. Quand je voyage, je mitraille comme une folle (limite, je suis un vrai boulet à base de : « haaaaaan, attends, je veux prendre une photo ! ») mais en dehors de ça, je n’en fais quasi pas. Des fois, je me dis que le week-end, au lieu de végéter en pyjama, je pourrais et même devrais prendre mon appareil photo et me promener dans Paris histoire de prendre des clichés mais la flemme. De toute façon, mon objectif est pourri mais promis si je gagne au loto, je m’en achète plein ! Ah, on me murmure à l’oreille que je ne joue pas au loto. Je suis maudite.

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Autre élément très risible de mes loisirs : « musique (pratique du violoncelle pendant 1 an) ». Si ça, c’est pas un foutage de gueule… Déjà, dire qu’on aime la musique, c’est un peu ne rien dire, tout le monde aime la musique. Oui, j’en écoute très souvent mais je ne suis pas pointue en la matière. Quant au violoncelle, j’en ai fait d’octobre 2003 à juin 2004… Bon, je vais le virer, faudrait pas qu’on me pose des questions dessus, ce serait gênant.


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De façon générale, on peut se demander la pertinence de cette rubrique loisirs. Est-elle lue ? Oui, on m’a déjà posé des questions dessus, elles sont un petit bonus. Je me dis qu’à priori, le mien pue la fille un peu solitaire, certes autonome mais solitaire. Mais je ne vais pas rajouter « sortie entre amis », pourquoi pas « cuitage institutionnel et langue de putage », tant qu’on y est ? Au pire, je joins une photocopie de mon agenda. Par exemple, la semaine qui vient : lundi, verre entre filles, mardi, plongée, jeudi, verre entre filles, mercredi ou vendredi verre avec un pote. Et la semaine dernière ? Mardi, plongée, mercredi, verre entre copines (mais  annulé), jeudi, dîner entre collègues et ce week-end, déménagement de Vicky (ce fut épique). Heu… Non, là, ça fait la fille trop fêtarde du coup…

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Finalement, après réflexion, je déclenche la sonnette d’alarme : la rubrique loisirs est de loin la plus casse-gueule.

Courrier des cœurs, réponse à Elina

Cette semaine, Elina nous a posé la question suivante : « Je vous explique le topo : je connais un mec depuis plusieurs années (en tout 6 ans mais on ne se parle que depuis 3 ans), et notre relation a toujours été très ambiguë (depuis 3 ans donc). Dés le début, je savais que l’on se plaisait mutuellement et, étant célibataire à cette époque, j’aimais plutôt pas mal tous ses sous-entendus, ses façons détournées de toujours venir vers moi, à côté de moi en cours, m’envoyer des messages pour me demander de venir sur MSN le soir même pour qu’on discute etc… Bref, tout se passait bien. Mais, ça c’était avant le drame bien entendu… J’apprends par hasard, au bout
d’environ 5 mois d’ambigüité, qu’il est toujours avec sa copine de lycée, ça fait donc environ 2 ans je crois à l’époque. Ouch, ça fait mal. Comment un mec qui est tout le temps avec moi peut être avec une autre nana ?! Ca m’a fait un sacré choc. Et j’ai eu beau essayer de me résigner, rien à faire, je revenais toujours vers lui.

Et il y a environ 4 mois, après une dispute débile que j’avais provoquée, il me dit qu’il veut qu’on soit ensemble, par sms. Après quelques jours, on se voit et, ce qui devait arriver arriva, on s’est donc mis ensemble. Ca a duré 3 mois, pendant ces 3 mois, on ne s’est pas beaucoup vu (je travaille les weeks end, lui la semaine) et je me suis très souvent prise la tête pour lui à cause de ça d’ailleurs, mais, dés qu’on se revoyait, j’oubliai tout et c’était génial. 1 engueulade en 3 mois, j’ai trouvé ça plutôt pas mal ! Mais, juste avant son départ en vacances, il me largue sur MSN sans beaucoup d’explications, à part un « Je suis un con », oui merci je l’avais compris.

J’ai mis pas mal de temps à m’en remettre parce que j’étais pas mal attachée à lui et son attitude m’a fait beaucoup de peine. Bref, maintenant ça va mieux. On se reparle quasi-normalement mais on ne s’est pas encore revu. J’aimerais lui proposer un truc pour que les choses s’améliorent mais je ne sais pas si ça va vraiment améliorer les choses. J’aimerais bien que notre relation soit plus tournée vers une « amitié améliorée », je pense que vous connaissez le concept. Je ne veux pas le perdre en tant qu’ami mais je sais
parfaitement que ça ne sera jamais comme avant, donc autant tenter l’expérience non ?

Alors j’aimerais avoir votre avis sur cette histoire d’amitié améliorée. Et aussi j’aimerais savoir comment lui parler de cette idée, comment aborder le sujet ? »




La cellule love and sex des vingtenaires s’est penchée sur cette question complexe, voici ce que nous en avons pensé.

Summer : Bon déjà y’a un truc que tu ne dis pas, pourquoi il t’a larguée? Parce que c’est quand même la question clé pour t’aider selon moi a essayé de concilier en amitié arrangée. Est ce parce qu’il était encore avec sa copine et qu’il a eu des remords ? Et si oui est ce que tu le savais ou non? Ou juste parce qu’il ne le sentait pas finalement cette histoire et qu’après presque 3 ans avec sa copine il a envie de voir un peu ailleurs ce qui se passe sans se recaser direct? Bref en fonction ça risque de peser dans la balance selon moi. Tout d’abord parce que le foutage de gueule flagrant j’ai beaucoup de mal personnellement à passer l’éponge. Donc s’il était encore avec elle et que tu ne le savais pas, je dis sincèrement comme je le pense, casse toi ce mec il mérite même pas que tu t’occupes de lui.
Si en revanche c’est un autre cas, je peux comprendre que tu es envie d’arranger les choses, mais j’espère que tu ne le fais pas parce que tu as encore des sentiments pour lui, parce que si c’est le cas, c’est du masochisme et ce n’est ni bon pour toi ni bon pour lui et ça risque plus d’envenimer les choses que de les arranger. Maintenant je ne suis pas la spécialiste des amitiés arrangées, je suis plutôt celle qui rejette même totalement cette idée parce que je me dis pourquoi faire? J’ai peut être tord mais ça m’évite quand même de me retrouver dans des situations délicates.
Après si ta question est comment faire pour le récupérer, là par contre je pourrais peut être quelque chose pour toi. ^_^

Diane : Ma chère demoiselle,

Mon principal conseil, au vu de votre situation, est tout simplement de vous éloigner le plus loin possible de ce qui m’a tout l’air d’être un gros pignouf, pour ne pas dire connard.

Parce que, d’après ce que j’ai compris et pour résumer les choses, en gros:

1/il t’a draguée alors qu’il était avec une autre (et comme tu le dis, comme il était tt le temps avec toi, il avait pas l’air de s’en préoccuper beaucoup de sa chère et tendre… et quand un homme est connard avec une autre, il le sera aussi avec toi)

2/Ensuite monsieur te largue (peut-être déçu par les joies de l’adultère) sur MSN (grande classe) et d’une façon ô combien lâche et éculée bien familière aux hommes qui consiste dans le fameux et pervers « j’suis un connarrrrrd, jte mériitee passss tu es formidaaaable snirfle » (et en général, il louche déjà sur le cul d’une autre à ce moment là)

Donc, vu que vouloir avoir un tel abruti pour ami me semble peu probable, ce qui me semble davantage probable, c’est que tu aies toujours des sentiments pour l’abruti en question. Et là je dis: attention à la spirale destructrice. Même si à l’instant là ta capacité de jugement est altérée par tes hormones, c’est là qu’il faut lutter contre ses mauvaises pulsions, tenter de prendre un peu de recul histoire de réaliser le trouduc qu’on a devant soi, et ainsi éviter avec soin une nouvelle déconfiture. (à la fraise, c’est meilleur)

Tatiana : Oui moi je crois aussi que ton truc de « je veux le garder comme ami amélioré » c’est de la mauvaise foi et que tu veux encore être avec lui. Allez avoue ! On t’as percée à jour. En plus moi je reste convaincue que pour les amitiés améliorées mieux vaut  prendre quelqu’un avec qui tu n’as jamais été car sinon c’est le bordel. 

Nina : Je suis du genre à essayer tant que faire se peut de rester en bons termes avec mes exs, certains sont restés mes amis, d’autres pas, pas par fâcherie mais parce que c’est la vie, nos routes se sont séparées. Je comprends ton envie d’amitié mais là, je sens qu’il y a un os. Ce garçon n’est pas très respectueux ni avec toi ni avec son ex : il t’a allumée alors qu’il n’était pas disponible et ne fait même pas l’effort de te quitter en face à face et là je dis aïe. Il est possible que ce garçon ait des choses à régler mais c’est à lui de le faire, pas à toi. Quant au concept du amélioré, si tu parles de sexe, là, je hurle : « NON ! ». Parce que si tu continues à coucher avec lui, la blessure ne se refermera pas et même, elle s’infectera. Sors de ton côté, rencontre d’autres hommes, ne te focalise plus. Après, un café de temps en temps, pourquoi pas mais ferme la porte pour une relation intime.

Si toi aussi, tu as une question sérieuse ou rigolote à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’at’gmail.com), facebooke moi.

Mais comment trouver un appart ?

Prendre la décision de changer d’appart, c’est bien mais ça ne suffit pas. Les agents immobiliers qui gavent ma boîte aux lettres ne veulent que me vendre des apparts mais jamais m’en louer. Déjà, avant de chercher, il faut savoir ce que l’on veut, on a globalement deux voies royales.

A- L’agence immobilière

Premier réflexe. On se rend chez M. l’agent immobilier et il nous propose ce qu’il a en catalogue. Ca, en théorie. Parce qu’en pratique, les agences immobilières sont taquines, instants vécus. Un lundi, je gagne un RTT car on déménage nos bureaux donc je me dis que je vais en profiter pour me rendre à Lavande sur Seine, ma plausible future ville. Déjà, penser que toutes les agences immobilières sont ouvertes le lundi, c’est plus de l’optimisme, c’est de l’abnégation. Quant aux autres, faut dire ce qui est, la location, ça ne les intéresse pas. D’ailleurs, ils n’en proposent même pas « ah, pour ça, faut aller dans notre agence sur Paris 8e ». Ah bah oui pour louer un appart en banlieue, j’aurais forcément pensé à faire les agences dans un des quartiers les plus chers de la capitale.

Quoi qu’il en soit, la location, c’est un peu leur argent de poche donc gagner de 500 à 800 euros sur mon dos, ça ne les passionne pas. J’ai même vu 1000 euros de frais d’agence pour un appart à 690 euros ttc, je pense qu’on peut appeler ça du foutage de gueule.

B- Le propriétaire

De prime abord, ça paraît la solution idéale car pécuniairement plus intéressant. En effet, qui dit proprio dit pas de frais d’agences immobilières. Tout est basé sur la confiance mais nous sommes entre adultes, non ? Ben non. Pour ceux qui lisent ce blog depuis longtemps, vous connaissez mes mésaventures avec feu mon proprio puisqu’il est mort depuis. En janvier 2006, dégât des eaux chez moi, il me laisse le soin de contacter un plombier, je vais les travaux, lui envoie la note et… « non, vous vous êtes faite arnaquer, je
paie pas ». Rien du tout, 800 euros de ma poche. Après tout, je pouvais attendre qu’il valide le devis avant d’entreprendre les travaux, vivre dans une odeur de vase et l’humidité en plein mois de janvier, je suis vraiment une chochotte de pas avoir tenté le coup. Donc l’avantage de l’agence, c’est que normalement (ahem) ils sont réglos et gèrent ce genre de problème. Quand j’ai eu un souci de plomberie à Toulouse, je n’ai pas eu à débourser un rond de ma poche.

Par ailleurs, le problème majeur des proprios, c’est qu’ils demandent parfois des pièces justificatives hallucinantes. Mars 2005, je suis sur Paris pour quelques jours pour me trouver un appart. L’un d’eux me plaît donc la proprio me fait venir chez elle à Montrouge pour que je lui apporte tous les papiers. Etant étudiante, tous les papiers, ça veut dire ceux de mon père. Je précise pour ceux qui ne savent pas que mon père est médecin spécialiste libéral et a en plus un mi-temps au CHU de ma ville natale. Déclaration de revenus, bulletins de salaire de l’hôpital… Et là, la nana me fait : « vous avez le contrat de travail de votre père à l’hôpital ? ». Heu… Mais il est libéral avant tout quand même donc non, j’ai pas. « Vous avez une attestation de banque comme quoi votre père n’a jamais été à découvert ? » Non et j’ai pas son test d’urine non plus. Je sais que parfois, les propriétaires ont des mésaventures avec des locataires mais là, mon père a quand même une bonne profession, faudrait voir à ne pas exagérer. Evidemment, je n’ai pas eu cet appart là, mon père
aurait pu être à découvert une fois dans sa vie, je n’ai pu prouver le contraire.

Bref, au vu de ma mésaventure avec mon proprio, je décide donc de passer par agence cette fois ci mais je regarde aussi les annonces de particuliers. Après tout, aucune solution n’est idéale et c’est finalement qu’une question de chance. On risque autant de tomber sur un proprio connard que sur une agence jemenfoutiste… Ou alors, je vais jouer au loto et me l’acheter direct, mon appart.

Les amants, c’est plus fatigant que les amoureux

Dimanche soir, je discute gentiment sur MSN avec Gabriel qui me propose de passer chez lui me donner un cours de cuisine. Ouais, je sais pas cuisiner, je le dis suffisamment souvent. Comme je suis pas tout à fait naïve, je me doute qu’à un moment, je vais me retrouver toute nue devant lui et même qu’il va me tripoter. Alors faut que je sois nickel.

Opération dépoilage. C’est pas que j’en ai beaucoup mais on les voit quand même donc faut que j’enlève tout ça. Je lui explique donc que le temps que je me fasse belle, j’arriverai dans une heure (douche+dépoilage+transports, on n’a pas idée d’habiter en zone 5). Et hop, on enclenche le programme : choisir de beaux dessous, choisir de beaux dessus, s’épiler avec la crème, se doucher tout comme il faut, se couvrir le corps de l’huile précieuse qui sent bon le musc et qui est sèche donc pas graisseuse sous les doigts. Un peu de parfum et hop, on est parties.

Quand on dort chez son amant, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Par exemple : utiliser tous nos produits de beauté usuels. Oui, j’ai un âge où faut faire attention à pas se laisser aller, c’est pas parce qu’on n’est pas ridés dans la famille qu’il faut ne pas être attentive. Donc crème de jour qui sent trop bon, crème de nuit qui sent trop bon, contour de l’œil, sans parler de la crème hydratante pour mon petit corps. Ben, ça, chez l’amant, ça ne se fait pas. On ne montre pas les coulisses tant que le monsieur ne fait pas officiellement partie de la troupe. Et je ne parle même pas du démaquillage. Parce qu’en général, ça se déroule comme suit : on fait du sexe et après, on s’endort donc du coup, je me relève pas pour me démaquiller. Je fais ça le lendemain matin, en même temps que la douche. Et j’indique au lecteur mâle que ne pas se démaquiller, c’est mal, la peau ne respire plus, ça finit par provoquer des cernes et tout. Sans parler du côté panda au réveil grâce au mascara qui a trouvé que le dessous de mon œil était plus confortable pour passer la nuit.

Donc voilà, après quasi un an, on en est toujours aux « je ne dois laisser paraître aucun défaut », même s’il a bien dû en remarquer certains genre le matin, j’imprime pas, je suis bavarde, il m’a même vue démaquillée à de nombreuses reprises. Peut-être qu’il m’a même vue me laver les dents. Je suis pudique de la toilette, je vous rappelle, j’aime pas qu’on me regarde me laver les dents ou me maquiller.

Alors évidemment, certains me diront que la vie de couple, c’est pas simple non plus et que depuis quand un mec devait se retrouver dans un lit avec un yéti à dessous vieux à partir du moment où il devenait l’officiel. Oui, je suis d’accord, j’ai passé 4 ans et demi avec le même mec et pendant ces 4 ans et demi là, je me suis épilée et même plus d’une fois. Mais il se peut aussi qu’on soit pas toujours nickel chrome à ce niveau là parce que par exemple, on a rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation à la cire et que ça se fait pas
sur poils très courts. Et puis avec son amoureux qui nous aime d’amour, on a le droit de mettre une chemise de nuit qui tient chaud avec des nounours dessus (oui, j’ai ça) alors que mon amant, c’est au max du max une nuisette. Et moi, j’attrape le froid par les bras, en plus.

Alors, on va essayer de positiver en se disant qu’avec un amant, on ne peut absolument pas se laisser aller. Mais il n’empêche que si j’avais les moyens de me faire une épilation au laser, je vivrais vachement mieux ce genre d’histoires, il ne me resterait plus qu’à choisir les dessus et dessous nickel, de renoncer à mes multi tartinages avant et après dodo, à avoir les ongles des pieds impeccables (ceux qu’on cache en général), de ne pas trop leur raconter toute notre vie, de ne pas trop leur demander de faire des travaux à la maison, de ne pas leur demander du tout de remplir votre feuille d’impôts (que j’ai toujours pas reçue au passage, y a comme du foutage de gueule dans l’air), de ne pas leur présenter votre famille…

Une âme charitable pour sponsoriser mon épilation laser ?

Showroom sans dessus dessous

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 16 mai

J’arrive et c’est grave le bordel. Travaux de peinture dans le showroom oblige : ça sent à fond les produits chimiques. Pour faire les shoppings c’est pas facile. Pour en rajouter une couche on veut toutes les mêmes fringues. A part ça c’est une journée calme.

Le 29 mai

Oui je sais, je n’ai pas écrit depuis longtemps, mais j’ai une excuse. Je suis en train de rédiger mon mémoire de fin de DUT. Mais pour être sûr de ne rien oublier des événements j’avais tout noté.

Tout d’abord l’engueulade avec Valeria. C’était le vendredi juste après la présentation des collections. Je devais faire un shopping et Valeria était assise devant un ordi mais elle ne s’en servait pas. Elle regardait les magazines pour voir si on avait eu des parutions. Je lui demande gentiment si je peux me servir de l’ordinateur (accessoirement j’en ai besoin pour faire le travail qu’on me demande), et elle me dit qu’elle ne veut pas bouger. Ok c’est pas grave. Je lui dis qu’elle peut rester là et que ça ne me dérange pas. Je me mettrais dans
un coin pour me servir de l’ordi. Là, elle prend ses affaires et commence à s’énerver alors que personne ne l’avait agressée. Béa essaie de la calmer mais rien à faire. Elle s’en va au fond et puis revient pour prendre quelques affaires. Et là on passe dans un espèce d’univers parallèle : tout le monde se met à crier. Et je sais pas trop pourquoi mais j’ai explosé. Je me suis mise à crier moi aussi et à pleurer d’énervement. La vraie crise de nerfs : elles m’ont poussé à bout. Résultat : me voilà en train de pleurer dans les toilettes. Ca craint sur son lieu de travail une telle réaction. J’ai super honte et en même temps je suis super sur les nerfs. Mais ce n’est pas fini. Clarissa arrive et me trouve. C’est encore plus la honte. Elle me calme (mince alors elle est douée pour ça !). La journée reprend son cours.

Maintenant il faut que je vous parle de Big Boss qui saoule tout le monde. Il nous rend dingue et plombe l’ambiance dès qu’il est dans les parages. C’est quelqu’un de tout le temps très agité qui quand il te parle ne finit pas ses phrases. Bref, il est très fatigant. Le pire c’est quand il est de mauvaise humeur. Là on a toutes des envies de meurtre bien prononcées. Il y a deux trucs qu’il aime bien faire et qui sont horribles. Le 1er c’est sa petite phrase qu’il aime bien dire « On reste plus tard ce soir ? ». Monsieur arrivant à 13heures c’est sûr qu’il a pas la même notion du temps et de tard que nous qui sommes déjà là depuis 3 heures quand il arrive. Du coup à 19h plus personne n’ose partir. Le 2e truc c’est quand il perd quelque chose. Ca le met dans un état pas possible et il faut que tout monde cherche l’objet perdu. C’est pas comme si on avait que ça à faire. Et puis tant qu’il a pas retrouvé ce qu’il cherche il nous stresse. Un jour il m’a fait un vieux plan : il ne retrouvait plus une feuille de shopping que j’avais fait. Comme d’habitude il était sur les nerfs et me faisait stresser car si j’avais perdu la feuille j’en aurais pris pour mon grade. En fait, ce con, c’est lui qu’il l’avait. J’ai cru que j’allais le tuer sur place.

Et puis c’est aussi la fin d’une période sympa car les books reviennent. Je croyais m’en être débarrassé mais non.

Je continue toujours d’écouter les filles parler. Cette semaine le sujet important c’était la relation de Big Boss et son mec. Big Boss possède un caractère super fort et écrase tous ses mecs. Les pauvres finissent systématiquement en dépression à la fin de la relation. Du coup les filles sont inquiètes pour son mec actuel car il est du genre hyper faible. C’est comme si Big Boss aurait un peu une sorte d’aura qui se nourrirait des personnalités des gens.

Le 31 mai

Je me suis fait grillée en train d’écouter une conversation des filles.

Le 03 juin

Aujourd’hui arrive une nouvelle stagiaire (cool une copine !). Elle a l’air sympa c’est un bon point. Comme il n’y avait rien à faire je l’ai recruté pour les books. Après tout il n’y a pas de raison pour que je me coltine tout toute seule. Et à un moment j’ai halluciné : Big Boss lui a montré des choses alors que moi jamais il ne s’est occupé de moi. La discrimination ! J’ai franchement failli lui demander s’il se foutait de ma gueule. Pendant toute la journée il l’a appelé pour lui montrer les shoppings… J’étais écoeurée.

(la semaine prochaine c’est la suite et fin de mon expérience palpitante)