Les coulisses, épisode n°2

Par Keira

Je vous l’avais promis cet nouvel épisode des coulisses du monde de la télévision.

Eh bien, le voici !

Comme je l’ai mentionné la semaine dernière, je vais cette fois m’intéresser au côté humain.

Parce qu’ici c’est comme dans une jungle, on est confronté à des espèces complètement différentes et toutes (ou presque) intéressantes.

Commençons par les moins visibles :

Les monteurs :

Vous ne les trouverez jamais et ne saurez jamais leur prénom. Ils évoluent dans des lieux sombres et où la seule lumière provient de l’écran de contrôle de leur salle de montage. Ils sont peu bavards (sauf entre eux) et généralement très occupés. On pourrait les comparer à des insectes, super utiles et très discrets. Tu peux les croiser de temps en temps à la cafét’ et dans ce cas ils te saluent d’un espèce de grognement incompréhensible ou d’un simple hochement de tête. Ah ils sont aussi reconnaissables par leur manque de bronzage. Ce qui me les rend sympathique, je me sens moins seule dans mon teint de pot de yaourt.

 

Les mecs en régie :

Eux c’est une espèce complètement à part.

Toujours au taquet dès qu’on doit lancer une émission enregistrée ou un direct.

Pas très causants car vivant en milieu fermé derrière des vitres, ils ont l’habitude de parler par phrases courtes et efficaces. Ils ont leur propre langage. Ils tolèrent les présences étrangères si elles se font discrètes et ne les empêchent pas de se mouvoir d’un ordinateur à un autre. Le mec de la régie c’est aussi la langue de pute du coin. Il fréquente les animateurs toute la journée et ne se prive pas de critiquer ceux qu’ils n’aiment pas quand le micro est coupé. Il râle beaucoup parce que les monteurs ne sont parfois pas assez
rapides et surtout il sue beaucoup si jamais un sujet arrive en retard. Bref, ces mecs là, ils font un boulot monstre donc on évite de les embêter. Il faut les caresser dans le sens du poil.

Les rédacteurs :

Entrer dans la rédaction et devoir la traverser c’est un peu comme si on me lâchait à poil sur un boulevard un jour de grande affluence. C’est atroce !

Le couloir est super long et de tous les côtés il y a des gens qui travaillent sur leur ordinateur à des articles et qui me regardent passer.

C’est comme si dans cet endroit particulier, on ne voyait que moi. Et j’ai horreur de ça.

Bon, c’était l’impression personnelle, maintenant étudions la bête.

Globalement le rédacteur est sympa. Il se déplace beaucoup en troupeau, mais il tolère les animaux d’autres troupeaux. Donc il ne t’enverra jamais bouler. Il est toujours très occupé à mailer, téléphoner, courir à droite et à gauche. Mais si tu as un problème, il t’aide.

Il prend pas mal de pauses parce qu’être assis derrière un bureau collé à un ordinateur ça le gave au bout d’un moment, mais il ne râle pas pour autant. Bref, le rédacteur est un animal relativement cool et sociable.

Les mecs derrières les bureaux vitrés:

Eux, tu ne sais pas vraiment ce qu’ils font. Et parfois eux non plus. Ce qui est déconcertant.

Si tu as des questions à leur poser sur les invités de la semaine ou sur les horaires des enregistrements, il t’envoient voir quelqu’un d’autre qui en réalité n’en sait pas plus que toi. C’est un peu comme la maison de la folie dans Astérix. Tu ne sais jamais quand tu vas réussir à briser le cercle vicieux.

Globalement les mecs des bureaux vitrés tu ne les croises que si tu as un pépin majeur. Ils évoluent eux aussi en troupeau mais se mélangent avec plaisir avec les rédacteurs. C’est d’ailleurs en leur compagnie qu’ils parlent le plus. Le reste du temps, c’est un peu comme regarder des statues qui tapent sur un clavier.

Le mec de l’accueil :

Lui il est sympa, il passe son temps à s’ennuyer (un peu comme toi dans les périodes de creux) et donc est ravi qu’on lui parle.

Il est serviable et sociable, ce qui fait que tu t’entends bien avec lui. C’est aussi ton allié en cas de problème car il peut appeler tout le monde de son poste et toi, du coup, tu n’as pas à courir partout pour rien.

L’homme à tout faire :

Lui il a été acheté en même temps que les locaux. Il est tout le temps en train de faire quelque chose qui doit aider tout le monde à se sentir bien au boulot. Et quand il ne fait rien, il discute, beaucoup. Il se plaint, beaucoup. Il parle fort, beaucoup.

Mais d’un autre côté, quel que soit ton problème, tu peux être sûr qu’il a la solution et qu’il t’aidera volontiers. Il est l’ami de tout le monde, le soigneur, le bricoleur, le peintre. Il bosse dix fois plus que toi, alors quand il parle, tu es gentil et tu l’écoutes. C’est un animal qui n’a pas de troupeau, il se promène de bande en bande et tutoies même les invités. La classe !

Les invités :

Ce qu’il faut savoir avec les célébrités et donc même celles du sport, c’est qu’elles débarquent toujours à la dernière minute.

Donc psychologiquement il faut te préparer à les voir passer la porte de ta loge à n’importe quel moment. Ce qui veut dire : ne pas remonter ton pantalon qui tombe de façon vulgaire, te retenir de péter, ne pas tousser bruyamment, ne pas laisser traîner des pinceaux partout et maintenir en permanence un poudrier avec une houppette propre à portée de main.

Vigilance constante.

Quand la célébrité arrive, en général elle est polie et te dit bonjour. Mais elle est suivie de trois présentateurs qui la brieffent, ce qui signifie qu’il faut être rapide et efficace tout en essayant de lui apprendre à parler aux autres via le miroir. C’est comme jongler. Ca s’apprend. Généralement, une fois le maquillage terminé, la célébrité se retourne vers toi pour te remercier, tu souris en remerciement de cette délicate attention. Pour le démaquillage, même chose, tu es sympa, il ou elle est moins stressé donc tu peux lui accorder
plus de temps et lui permettre de se détendre en lui enlevant la couche de peinture qu’il/elle a sur le visage. En général il/elle vérifie que sa tête n’a pas fondu dans le processus en se regardant rapidement dans le miroir et ensuite se lève, te serre la main, et s’en va.

C’est comme un colibri, ça bat des ailes tellement vite que tu ne le voies pas vraiment.

Les présentateurs !

Je sais, vous l’attendiez cette partie n’est-ce pas ?

Alooooors, les présentateurs.

Espèce Supérieure de l’endroit où tu travailles, ne l’oublies jamais. Ils sont à la fois à la télé et journalistes, donc en salle de rédaction la majeure partie de la journée. Ils tiennent les rênes du navire. Littéralement.

Si un problème survient, ils ont le droit de te critiquer et de te faire savoir que tu as bâclé ton travail.

Donc tu les respectes et surtout tu te tais.

Généralement une espèce polie, qui échange un bonjour, se fait maquiller, raccorder et ensuite se démaquille seul (pour la majorité), te remercie et s’en va.

Mais parfois certains individus du groupe se démarquent en étant absolument adorables.

Et là, tu te régales. Ils peuvent s’intéresser à toi, te poser des questions, te conseiller aussi sur le type de maquillage qu’ils désirent. Ils te bénissent lorsque tu caches un bouton. Bref, pour eux, tu es une sorte de Dieu qui va les recréer, les améliorer, pour qu’eux deviennent les Dieux de la télé. Donc ils t’aiment. Et ils te le font savoir. Ce qui est plaisant.

C’est aussi l’espèce la plus proche de toi car tu la voies toute la journée, donc tu finis forcément par sympathiser.

Ils ont beau être les maîtres ici, parfois, sans toi, la soirée de la veille montrerait à quel point ils sont humains.

N’oublie jamais ça, finalement, tu as le pouvoir.

Les amants, c’est plus fatigant que les amoureux

Dimanche soir, je discute gentiment sur MSN avec Gabriel qui me propose de passer chez lui me donner un cours de cuisine. Ouais, je sais pas cuisiner, je le dis suffisamment souvent. Comme je suis pas tout à fait naïve, je me doute qu’à un moment, je vais me retrouver toute nue devant lui et même qu’il va me tripoter. Alors faut que je sois nickel.

Opération dépoilage. C’est pas que j’en ai beaucoup mais on les voit quand même donc faut que j’enlève tout ça. Je lui explique donc que le temps que je me fasse belle, j’arriverai dans une heure (douche+dépoilage+transports, on n’a pas idée d’habiter en zone 5). Et hop, on enclenche le programme : choisir de beaux dessous, choisir de beaux dessus, s’épiler avec la crème, se doucher tout comme il faut, se couvrir le corps de l’huile précieuse qui sent bon le musc et qui est sèche donc pas graisseuse sous les doigts. Un peu de parfum et hop, on est parties.

Quand on dort chez son amant, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Par exemple : utiliser tous nos produits de beauté usuels. Oui, j’ai un âge où faut faire attention à pas se laisser aller, c’est pas parce qu’on n’est pas ridés dans la famille qu’il faut ne pas être attentive. Donc crème de jour qui sent trop bon, crème de nuit qui sent trop bon, contour de l’œil, sans parler de la crème hydratante pour mon petit corps. Ben, ça, chez l’amant, ça ne se fait pas. On ne montre pas les coulisses tant que le monsieur ne fait pas officiellement partie de la troupe. Et je ne parle même pas du démaquillage. Parce qu’en général, ça se déroule comme suit : on fait du sexe et après, on s’endort donc du coup, je me relève pas pour me démaquiller. Je fais ça le lendemain matin, en même temps que la douche. Et j’indique au lecteur mâle que ne pas se démaquiller, c’est mal, la peau ne respire plus, ça finit par provoquer des cernes et tout. Sans parler du côté panda au réveil grâce au mascara qui a trouvé que le dessous de mon œil était plus confortable pour passer la nuit.

Donc voilà, après quasi un an, on en est toujours aux « je ne dois laisser paraître aucun défaut », même s’il a bien dû en remarquer certains genre le matin, j’imprime pas, je suis bavarde, il m’a même vue démaquillée à de nombreuses reprises. Peut-être qu’il m’a même vue me laver les dents. Je suis pudique de la toilette, je vous rappelle, j’aime pas qu’on me regarde me laver les dents ou me maquiller.

Alors évidemment, certains me diront que la vie de couple, c’est pas simple non plus et que depuis quand un mec devait se retrouver dans un lit avec un yéti à dessous vieux à partir du moment où il devenait l’officiel. Oui, je suis d’accord, j’ai passé 4 ans et demi avec le même mec et pendant ces 4 ans et demi là, je me suis épilée et même plus d’une fois. Mais il se peut aussi qu’on soit pas toujours nickel chrome à ce niveau là parce que par exemple, on a rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation à la cire et que ça se fait pas
sur poils très courts. Et puis avec son amoureux qui nous aime d’amour, on a le droit de mettre une chemise de nuit qui tient chaud avec des nounours dessus (oui, j’ai ça) alors que mon amant, c’est au max du max une nuisette. Et moi, j’attrape le froid par les bras, en plus.

Alors, on va essayer de positiver en se disant qu’avec un amant, on ne peut absolument pas se laisser aller. Mais il n’empêche que si j’avais les moyens de me faire une épilation au laser, je vivrais vachement mieux ce genre d’histoires, il ne me resterait plus qu’à choisir les dessus et dessous nickel, de renoncer à mes multi tartinages avant et après dodo, à avoir les ongles des pieds impeccables (ceux qu’on cache en général), de ne pas trop leur raconter toute notre vie, de ne pas trop leur demander de faire des travaux à la maison, de ne pas leur demander du tout de remplir votre feuille d’impôts (que j’ai toujours pas reçue au passage, y a comme du foutage de gueule dans l’air), de ne pas leur présenter votre famille…

Une âme charitable pour sponsoriser mon épilation laser ?

Le sushi échoué

Ce week-end, Lucie est venue sur Paris nous faire un coucou, à Gauthier et moi, donc on en a profité pour faire des choses, forcément. Et je te le raconte, lecteur, ça t’occupera.
 

Tout commence vendredi soir, la miss arrive à 21h25 sur Paname. Au départ, avec Gauthier, on avait prévu de se faire un petit pique-nique, balade sur les bords de Seine. 20h45, il pleut des cordes donc non. A 17h, Lucie m’avait appelée et m’avait demandé si Gauthier venait la chercher et je lui réponds que oui, sans doute, on irait tous les deux. 21h, j’arrive donc chez notre ami, je m’installe. 21h15, je lui fais remarquer que Lucie arrive dans 10 minutes et que ce serait une bonne idée d’aller la chercher. « Mais non, elle vient toute seule !

– Heu… Je lui ai dit le contraire. »

Bon, finalement, Lucie arrive en râlant toute seule comme une grande (enfin, après un pilotage téléphonique, quand même). On discute en buvant du coca puis on se rapatrie dans un japonais prêt de chez Gaugau. Bon, on est un peu serrés mais ça va. Et là, on découvre les talents de Lucie en matière de maniement des baguettes. C’est-à-dire qu’elle ne sait absolument pas s’en servir et peine à manger sa salade de chou, si bien que le serveur finit par nous ramener une fourchette. Ce qui ne l’empêche pas de laisser un de ses sushis s’échouer dans la sauce.

 

Repas intéressant, j’ai aperçu la raie des fesses très poilue du gars d’à côté, ce qui m’a un peu coupé l’appétit, des Américains de type pas minces et bruyants se sont installés à la table voisine pile au moment où on partait, ça tombe bien. On retourne vite fait chez Gauthier, le temps que je tire les cartes à la demoiselle et je repars.

 

Samedi, 11h30, Lucie me réveille mais je ne dis rien, on discute 5 minutes puis je me lève, vu que j’ai une réunion deux heures plus tard (oui, j’ai des réunions tout le temps). Bref, je réunionne et à 16h, je sors et j’appelle les deux zigotos. Je compose le numéro de Gauthier et là, une voix féminine me fait un « mmmm nallooooo ? ». Je regarde mon portable : ben oui, j’ai bien appelé Gauthier. En fait, les deux s’étaient endormis comme des larves et je les réveillais en pleine sieste. Du coup, je rentre chez moi et en fait autant, les lâchant pour aller au Solidays, vu que j’avais dormi 4 heures la nuit précédente. On se retrouve vers 23h30 chez Gauthier, on boit un peu, on recueille lefroid qui sortait de son boulot. Soirée peinarde, on boit, on fume (des cigarettes, hein !), on papote. Rien de bien subversif mais qu’est-ce que c’est bon. On se quitte vers 5h, chacun rentre chez soi, Gauthier sort.

 

Dimanche, le programme : 14h, quai Branly, on va se faire le musée. 13h, prise d’un pressentiment, j’appelle Gauthier. « Grmpflp » me répondit-il. Bon, ok, je le réveille. Il me passe Lucie qui est réveillée depuis un moment, on décide qu’on se retrouve vers 14h30. Puis finalement, on se rappelle, ce sera 15h. 15h30, on est enfin devant le musée. Mais on regarde la queue et on déchante : on en a facile pour deux heures. Donc on décide de se rapatrier vers le Louvre. En chemin, on croise des bouquinistes et Lucie décide d’acquérir de vieux magazines donc, finalement, on renonce aussi au Louvre vu qu’il est 17h. A la place, on se pose à la terrasse d’un café et là, on explose : mais qu’est-ce qu’ils nous font chier les footeux ! On a croisé cinquante mille mecs en maillots de l’équipe de France ou avec des drapeaux, des gens qui klaxonnent en permanence… Plus on s’approche de l’heure fatidique, pire, c’est. Les drapeaux se dessinent sur les joues et sur les paupières des filles (c’est très laid), tout le monde chante « Zidane, il va marquer… ». Ah, pire que le foot, Cauet ! On a vraiment l’impression d’être à beauf-land, genre le mec qui gueule « et frout, le pet de la mouche ! ». Ca en est trop, on rentre chacun chez soi en espérant très fort que la France va perdre car on craint les débordements de la victoire. Et ils nous ont tellement gavés avec leur « Zidane il va marquer… », on n’en peut plus, une vraie overdose. On est atterrés par le niveau intellectuel de tous ces gens qui chantent cet hymne de merde. Franchement, je peux comprendre que quand on aime un sport, on apprécie de voir son équipe arriver aussi loin dans la compétition, il n’y a aucun souci. Mais cette espèce de frénésie idiote, je comprends pas. Moi aussi, j’ai pu faire ma supportrice beauf, je m’étais maquillée aux couleurs du Stade Toulousain pour la finale de rugby mais je l’ai fait dans l’enceinte du stade et en partant, on s’est tous joyeusement démaquillés (une grande expérience, ça aussi). Parce que le maquillage et les drapeaux dans un Stade, c’est normal. En dehors, c’est curieux. Et quand on se met à chanter Cauet, c’est proprement ridicule.

 

Donc, on avait très peur de la victoire. Déjà, vu les débordements de la demi-finale… On s’est dit qu’on dormirait pas.

 

Sinon, Paris est magique, on a donc croisé une sublime mariée (en fait, un mannequin avec un mec très moche). D’ailleurs, mes 27 ans seront sur le thème du mariage, histoire qu’on se marre un peu.

 

Bref, un week-end tellement agréable mais tellement court ! Je redescends 15 jours sur Toulouse puis Lucie remonte début août, juste avant de partir en Guadeloupe. Et là, cette perspective m’angoisse complètement. J’ai pas envie qu’elle parte même si c’est sa vie. Enfin, je lance l’opération « économisons pour aller en Guadeloupe » car entre le billet d’avion et les somnifères pour pas faire une crise de panique dans l’avion, ça va coûter cher !