Où trouver l’homme ? Episode 30 : à la laverie

(Lecteurs, bonjour, je rappelle que ces articles sont des fictions et ce que je raconte dedans n’est pas vrai. Dans cette histoire, je
vais à la laverie parce que ma machine est en panne alors qu’en vérité, j’y suis allée parce que j’ai pas de machine à laver pour le moment)

Dimanche, c’est le jour rêvé pour aller laver mes affaires à la laverie vu que je n’ai rien de plus intéressant à faire et que je n’ai plus rien de décent à me mettre. Après avoir blindé ma valise à roulettes, c’est parti.



En arrivant à la laverie, surprise, y a plein de gens et que des hommes en plus. Je trouve ça mignon des hommes qui font leur linge surtout que ceux là, ce sont des racailloux made in chez moi donc en gros, ils parlent en wesh et zyva mais ils disent poliment bonsoir quand je les salue et ils sont bien fringués; Alors que moi, j’ai mon jean avec la braguette cassée qui tient avec un élastique et un pull informe avec capuche intégrée [ce détail est vrai, par contre]. Après avoir cherché comment marchait la machine et finalement demandé à mes compagnons de machine à laver, c’est parti. 50 minutes, je vais mourir.

Après avoir fumé une clope, je me pose et me plonge dans un bouquin, les gens entrent et sortent. Tiens, il semblerait que je sois la seule à dire bonsoir, réflexe de provinciale ? Bon, alors, retournons à mon roman, que se passe-t-il déjà ? Pffff, c’est long, je m’emmerde. Soudain entre un jeune homme, beau gosse. Ici, c’est encore mieux que le supermarché, il est certain que les gens habitent le quartier, il est impossible qu’ils fassent des kilomètres pour une laverie, y en a partout. Et les hommes présents savent faire des machines, ce sont des hommes indépendants des années 2000. Sous entendu, si un jour cet homme est mien, il sera obligé de participer à l’opération machine à laver. De plus, nous voilà condamnés à rester de longues minutes dans la même pièce, en voilà une occasion rêvée pour discuter !

Mais la drague à la laverie comporte des pièges. En un, je ne suis pas du tout au top de ma séduction au vu de ma tenue vestimentaire et en plus, je n’ai pas pris la peine de me maquiller et si je me suis coiffée, ça a plus tenu du coup de peigne pour démêler et discipliner un minimum. Bon, essayons de relativiser : si un jour, cet homme est mien, il saura de suite à quoi je ressemble sans artifices et ne sera pas déçu de la version naturelle. Même s’il paraît que je suis aussi bien sans maquillage, me dit un jour un ex.


Deuxième piège et là, ça peut être dramatique : le contenu du tambour. Comme je lave mes dessous à la main parce que c’est fou comme ça se salit vite ces petites choses et que je refuse toujours de désaccorder le soutien gorge et la culotte. Donc dans mon méli mélo de vêtements, je sais qu’il n’y a aucune culotte dossier genre ma culotte rouge petit bateau spécial week-end, quand je ne sors pas et que je ne mets pas de soutien gorge. Mais en révisant mentalement la liste de mes affaires en train de laver, je frémis. Au milieu de mes pantalons tailleur et tops fantaisie jolis, il y a THE chemise de nuit. Vous voyez, la chemise de nuit de célibataire d’hiver quand il fait trop froid pour dormir toute seule ? La mienne est déformée de partout, elle a des nounours dessus et elle se marie à merveille avec mes jambes non épilées de célibataire qui ne met pas des jupes en hiver car il faut être malade ou insensible au froid pour oser une telle tenue. Je vais la brûler en rentrant chez moi.


Bon, il se plonge lui aussi dans un bouquin, c’est mal barré. Ah, ma machine se termine, avant la sienne vu qu’il est arrivé après. Ma mission si je l’accepte : attraper mes fringues de telle façon que ma chemise de nuit soit cachée par tout le reste. Et évidemment, en me compliquant la vie, je fais tomber mon linge propre sur le sol douteux. Mission échouée.

Je balance tout dans le sèche linge et replonge le nez dans mon bouquin, penaude. De toute façon, la laverie, c’est trop moche pour y draguer, na !

Les amants, c’est plus fatigant que les amoureux

Dimanche soir, je discute gentiment sur MSN avec Gabriel qui me propose de passer chez lui me donner un cours de cuisine. Ouais, je sais pas cuisiner, je le dis suffisamment souvent. Comme je suis pas tout à fait naïve, je me doute qu’à un moment, je vais me retrouver toute nue devant lui et même qu’il va me tripoter. Alors faut que je sois nickel.

Opération dépoilage. C’est pas que j’en ai beaucoup mais on les voit quand même donc faut que j’enlève tout ça. Je lui explique donc que le temps que je me fasse belle, j’arriverai dans une heure (douche+dépoilage+transports, on n’a pas idée d’habiter en zone 5). Et hop, on enclenche le programme : choisir de beaux dessous, choisir de beaux dessus, s’épiler avec la crème, se doucher tout comme il faut, se couvrir le corps de l’huile précieuse qui sent bon le musc et qui est sèche donc pas graisseuse sous les doigts. Un peu de parfum et hop, on est parties.

Quand on dort chez son amant, il y a des choses qu’on ne peut pas faire. Par exemple : utiliser tous nos produits de beauté usuels. Oui, j’ai un âge où faut faire attention à pas se laisser aller, c’est pas parce qu’on n’est pas ridés dans la famille qu’il faut ne pas être attentive. Donc crème de jour qui sent trop bon, crème de nuit qui sent trop bon, contour de l’œil, sans parler de la crème hydratante pour mon petit corps. Ben, ça, chez l’amant, ça ne se fait pas. On ne montre pas les coulisses tant que le monsieur ne fait pas officiellement partie de la troupe. Et je ne parle même pas du démaquillage. Parce qu’en général, ça se déroule comme suit : on fait du sexe et après, on s’endort donc du coup, je me relève pas pour me démaquiller. Je fais ça le lendemain matin, en même temps que la douche. Et j’indique au lecteur mâle que ne pas se démaquiller, c’est mal, la peau ne respire plus, ça finit par provoquer des cernes et tout. Sans parler du côté panda au réveil grâce au mascara qui a trouvé que le dessous de mon œil était plus confortable pour passer la nuit.

Donc voilà, après quasi un an, on en est toujours aux « je ne dois laisser paraître aucun défaut », même s’il a bien dû en remarquer certains genre le matin, j’imprime pas, je suis bavarde, il m’a même vue démaquillée à de nombreuses reprises. Peut-être qu’il m’a même vue me laver les dents. Je suis pudique de la toilette, je vous rappelle, j’aime pas qu’on me regarde me laver les dents ou me maquiller.

Alors évidemment, certains me diront que la vie de couple, c’est pas simple non plus et que depuis quand un mec devait se retrouver dans un lit avec un yéti à dessous vieux à partir du moment où il devenait l’officiel. Oui, je suis d’accord, j’ai passé 4 ans et demi avec le même mec et pendant ces 4 ans et demi là, je me suis épilée et même plus d’une fois. Mais il se peut aussi qu’on soit pas toujours nickel chrome à ce niveau là parce que par exemple, on a rendez-vous chez l’esthéticienne pour une épilation à la cire et que ça se fait pas
sur poils très courts. Et puis avec son amoureux qui nous aime d’amour, on a le droit de mettre une chemise de nuit qui tient chaud avec des nounours dessus (oui, j’ai ça) alors que mon amant, c’est au max du max une nuisette. Et moi, j’attrape le froid par les bras, en plus.

Alors, on va essayer de positiver en se disant qu’avec un amant, on ne peut absolument pas se laisser aller. Mais il n’empêche que si j’avais les moyens de me faire une épilation au laser, je vivrais vachement mieux ce genre d’histoires, il ne me resterait plus qu’à choisir les dessus et dessous nickel, de renoncer à mes multi tartinages avant et après dodo, à avoir les ongles des pieds impeccables (ceux qu’on cache en général), de ne pas trop leur raconter toute notre vie, de ne pas trop leur demander de faire des travaux à la maison, de ne pas leur demander du tout de remplir votre feuille d’impôts (que j’ai toujours pas reçue au passage, y a comme du foutage de gueule dans l’air), de ne pas leur présenter votre famille…

Une âme charitable pour sponsoriser mon épilation laser ?

I list, you list, we list

J’adore la conjugaison anglaise, y a pas à dire. Enfin, juste les verbes de base, pas ceux qui font exception et j’ai toujours pas compris le present perfect. Mais un jour, je comprendrai, promis.



– C’est quoi ce temps de merde ? Ma nuit de lundi à mardi. Je me douche tout ça puis dodo. Nue comme quasi tout le temps, je me glisse sous mon drap et dessus de lit. J’ai tellement froid que mes têtons ne supportent même pas le frottement avec le tissu. Vous savez, quand ils sont tellement dressés que tout ce qu’ils touchent ressemble à du papier de verre ? Ben vala. Donc je récupère ma chemise de nuit de célib, informe, marron, avec des nounours mais qui est chaude. Mais je me pèle toujours donc je récupère ma couette que j’avais eu la bonne idée de garder au pied du lit. Je suis toute recroquevillée et j’ai toujours aussi froid… Un 20 mars, ça fait chier.

– A la supérette du coin, quand ils te disent « ouvert jusqu’à 20h30 », ça veut dire 20h15, en fait.

– Un téléphone sans fil, si tu le remets pas sur son socle, ça marche plus.

– Pourquoi tout ce qui touche de près ou de loin à l’informatique me vaut une haine si farouche ? J’ai décidé de me lancer dans le podcast audio, il me faut donc un logiciel audio. J’ai déjà adobe première mais ça reste un logiciel vidéo et c’est chiant de bosser sur le son. Audacity ? Non, c’est merdique, j’ai besoin de quelque chose de plus précis. Je travaillais sur Protools pendant mes cours de radio donc je mobilise mes P2P pour télécharger le logiciel. Bon, la mule marche plus, je suis toujours en low ID malgré mes manipulations. Donc bittorrent et bear share prennent le relais. Je télécharge une dizaine de versions différentes et à chaque fois que je le lance, l’ordi plante. Mais plante vraiment genre écran bleu « erreur fatale ». Donc je lance un SOS sur le forum et Odd me conseille Cubase. J’en télécharge deux versions sur bear : virus. Un 3e ? Un fake. Bordel de merde ! En fait, aucun ne marche, me demande si y a pas un souci avec mon pc, faudra que j’essaie avec le portable.

– Dans Technik’art, y a un petit tableau récapitulant les propositions des principaux candidats des Présidentielles (y a pas Nihous et Schivardi). Le candidat dont le programme me plaît le plus… Bordel José Bové !! Il faut savoir que je ne supporte pas José Bové, espèce d’arriviste et d’opportuniste de première qui, si je ne m’abuse, devrait être en prison à l’heure actuelle. Mais bon, c’est définitif, Ségo aura ma voix dans un mois.

– Ma mamie perd un peu la boule suite à son accident cérébral. Du coup, elle mélange un peu tout : elle a dit que mon papi était cardio à Ploum-Ploum les Oies (ma ville natale) alors que ça, c’est mon père, elle a expliqué à ma mère que j’avais du mal à percer dans le théâtre (je n’ai jamais fait de théâtre de ma vie). Puis elle prend les aides soignantes pour des femmes de ménage et comprend pas où est passée la sienne et elle a peur que cette dernière prenne mal le fait qu’elle ait de nouvelles femmes de ménage. Et puis elle veut défaire les cartons de Perpignan… Alors que ça fait 20 ans qu’elle vit à Toulouse. Mais des fois, on peut pas s’empêcher de rigoler quand elle mélange les pinceaux comme ça, même si c’est pas drôle, au fond. Mais c’est le côté surréaliste de ce qu’elle dit. Au moins, elle aura dit une fois à ma mère qu’elle était une bonne belle-fille. Depuis 30 ans que mes parents se sont mariés, il était temps. Je suis allée la voir hier (oui, suis rentrée chez mes parents ce week-end), elle va mieux mais des fois elle bugge, genre elle s’éteint et écoute plus rien et revient deux minutes après. Elle est devenue toute gentille, aussi.

– Pourquoi il pleut TOUJOURS quand je passe un entretien, c’est dingue ça ? Surtout que mes chaussures à talons ne sont pas équipés d’antidérapants, ce qui fait que j’ai failli a) me casser la gueule ; b) réaliser un beau grand écart mais sans échauffement, j’aurais pleuré ma maman. Mais je commence à m’habituer aux talons, j’aime bien quand ça fait clac clac clac quand je marche, j’ai l’impression d’empaler l’adversité avec mes talons de 3 mm et demi ! En fait, j’ai découvert le lendemain en tuant ma cheville droite au passage que le talon de ma chaussure droite est pétée, je marche donc sur un moignon de talon tout rond. Forcément que je me pétais la gueule.

– Quand la RATP écrit sur ses affiches de bus « nous nous engageons à ce que vous n’attendiez pas plus de 5 mn par rapport aux horaires affichées », c’est pas vrai. Parce que le bus de 12h30 n’est jamais passé, on est passé direct à celui de 12h40.

– Dans mon appart : une ampoule sur deux est décédée dans ma cuisine, 1/1 dans l’entrée, celle de la salle de bain survit, l’hallogène a été changée et jeudi, ma lampe de bureau a rendu l’âme. Bordel, je fais quoi pour faire péter toutes ces ampoules ??

– Quand je prends le train sans maquillage, après une nuit courte et de grosses crises de larmes la veille… Ben je me fais draguer. Je comprendrai jamais rien aux hommes. Surtout que j’ai dormi la moitié du trajet (option bouche ouverte qui bave) et j’ai fait du tricot sur la fin !

– Je veux définitivement la coupe de Victoria Beckham, je vous la montrerai demain ou chais pas quand, j’ai pas eu le temps, là, et je vais au dodo.