Courrier des cœurs, réponse à Elina

Cette semaine, Elina nous a posé la question suivante : « Je vous explique le topo : je connais un mec depuis plusieurs années (en tout 6 ans mais on ne se parle que depuis 3 ans), et notre relation a toujours été très ambiguë (depuis 3 ans donc). Dés le début, je savais que l’on se plaisait mutuellement et, étant célibataire à cette époque, j’aimais plutôt pas mal tous ses sous-entendus, ses façons détournées de toujours venir vers moi, à côté de moi en cours, m’envoyer des messages pour me demander de venir sur MSN le soir même pour qu’on discute etc… Bref, tout se passait bien. Mais, ça c’était avant le drame bien entendu… J’apprends par hasard, au bout
d’environ 5 mois d’ambigüité, qu’il est toujours avec sa copine de lycée, ça fait donc environ 2 ans je crois à l’époque. Ouch, ça fait mal. Comment un mec qui est tout le temps avec moi peut être avec une autre nana ?! Ca m’a fait un sacré choc. Et j’ai eu beau essayer de me résigner, rien à faire, je revenais toujours vers lui.

Et il y a environ 4 mois, après une dispute débile que j’avais provoquée, il me dit qu’il veut qu’on soit ensemble, par sms. Après quelques jours, on se voit et, ce qui devait arriver arriva, on s’est donc mis ensemble. Ca a duré 3 mois, pendant ces 3 mois, on ne s’est pas beaucoup vu (je travaille les weeks end, lui la semaine) et je me suis très souvent prise la tête pour lui à cause de ça d’ailleurs, mais, dés qu’on se revoyait, j’oubliai tout et c’était génial. 1 engueulade en 3 mois, j’ai trouvé ça plutôt pas mal ! Mais, juste avant son départ en vacances, il me largue sur MSN sans beaucoup d’explications, à part un « Je suis un con », oui merci je l’avais compris.

J’ai mis pas mal de temps à m’en remettre parce que j’étais pas mal attachée à lui et son attitude m’a fait beaucoup de peine. Bref, maintenant ça va mieux. On se reparle quasi-normalement mais on ne s’est pas encore revu. J’aimerais lui proposer un truc pour que les choses s’améliorent mais je ne sais pas si ça va vraiment améliorer les choses. J’aimerais bien que notre relation soit plus tournée vers une « amitié améliorée », je pense que vous connaissez le concept. Je ne veux pas le perdre en tant qu’ami mais je sais
parfaitement que ça ne sera jamais comme avant, donc autant tenter l’expérience non ?

Alors j’aimerais avoir votre avis sur cette histoire d’amitié améliorée. Et aussi j’aimerais savoir comment lui parler de cette idée, comment aborder le sujet ? »




La cellule love and sex des vingtenaires s’est penchée sur cette question complexe, voici ce que nous en avons pensé.

Summer : Bon déjà y’a un truc que tu ne dis pas, pourquoi il t’a larguée? Parce que c’est quand même la question clé pour t’aider selon moi a essayé de concilier en amitié arrangée. Est ce parce qu’il était encore avec sa copine et qu’il a eu des remords ? Et si oui est ce que tu le savais ou non? Ou juste parce qu’il ne le sentait pas finalement cette histoire et qu’après presque 3 ans avec sa copine il a envie de voir un peu ailleurs ce qui se passe sans se recaser direct? Bref en fonction ça risque de peser dans la balance selon moi. Tout d’abord parce que le foutage de gueule flagrant j’ai beaucoup de mal personnellement à passer l’éponge. Donc s’il était encore avec elle et que tu ne le savais pas, je dis sincèrement comme je le pense, casse toi ce mec il mérite même pas que tu t’occupes de lui.
Si en revanche c’est un autre cas, je peux comprendre que tu es envie d’arranger les choses, mais j’espère que tu ne le fais pas parce que tu as encore des sentiments pour lui, parce que si c’est le cas, c’est du masochisme et ce n’est ni bon pour toi ni bon pour lui et ça risque plus d’envenimer les choses que de les arranger. Maintenant je ne suis pas la spécialiste des amitiés arrangées, je suis plutôt celle qui rejette même totalement cette idée parce que je me dis pourquoi faire? J’ai peut être tord mais ça m’évite quand même de me retrouver dans des situations délicates.
Après si ta question est comment faire pour le récupérer, là par contre je pourrais peut être quelque chose pour toi. ^_^

Diane : Ma chère demoiselle,

Mon principal conseil, au vu de votre situation, est tout simplement de vous éloigner le plus loin possible de ce qui m’a tout l’air d’être un gros pignouf, pour ne pas dire connard.

Parce que, d’après ce que j’ai compris et pour résumer les choses, en gros:

1/il t’a draguée alors qu’il était avec une autre (et comme tu le dis, comme il était tt le temps avec toi, il avait pas l’air de s’en préoccuper beaucoup de sa chère et tendre… et quand un homme est connard avec une autre, il le sera aussi avec toi)

2/Ensuite monsieur te largue (peut-être déçu par les joies de l’adultère) sur MSN (grande classe) et d’une façon ô combien lâche et éculée bien familière aux hommes qui consiste dans le fameux et pervers « j’suis un connarrrrrd, jte mériitee passss tu es formidaaaable snirfle » (et en général, il louche déjà sur le cul d’une autre à ce moment là)

Donc, vu que vouloir avoir un tel abruti pour ami me semble peu probable, ce qui me semble davantage probable, c’est que tu aies toujours des sentiments pour l’abruti en question. Et là je dis: attention à la spirale destructrice. Même si à l’instant là ta capacité de jugement est altérée par tes hormones, c’est là qu’il faut lutter contre ses mauvaises pulsions, tenter de prendre un peu de recul histoire de réaliser le trouduc qu’on a devant soi, et ainsi éviter avec soin une nouvelle déconfiture. (à la fraise, c’est meilleur)

Tatiana : Oui moi je crois aussi que ton truc de « je veux le garder comme ami amélioré » c’est de la mauvaise foi et que tu veux encore être avec lui. Allez avoue ! On t’as percée à jour. En plus moi je reste convaincue que pour les amitiés améliorées mieux vaut  prendre quelqu’un avec qui tu n’as jamais été car sinon c’est le bordel. 

Nina : Je suis du genre à essayer tant que faire se peut de rester en bons termes avec mes exs, certains sont restés mes amis, d’autres pas, pas par fâcherie mais parce que c’est la vie, nos routes se sont séparées. Je comprends ton envie d’amitié mais là, je sens qu’il y a un os. Ce garçon n’est pas très respectueux ni avec toi ni avec son ex : il t’a allumée alors qu’il n’était pas disponible et ne fait même pas l’effort de te quitter en face à face et là je dis aïe. Il est possible que ce garçon ait des choses à régler mais c’est à lui de le faire, pas à toi. Quant au concept du amélioré, si tu parles de sexe, là, je hurle : « NON ! ». Parce que si tu continues à coucher avec lui, la blessure ne se refermera pas et même, elle s’infectera. Sors de ton côté, rencontre d’autres hommes, ne te focalise plus. Après, un café de temps en temps, pourquoi pas mais ferme la porte pour une relation intime.

Si toi aussi, tu as une question sérieuse ou rigolote à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’at’gmail.com), facebooke moi.

Courrier des cœurs : réponse à Coach

Cette semaine, Coach nous a posé la question suivante : « Je suis avec ma copine depuis 4 ans et demi et voici mon dilemme.
Quand j’étais étudiant j’avais des rêves, des ambitions, notamment de m’expatrier, ou du moins de partir à l’étranger, tenter l’expérience, l’aventure..L’année dernière nous sommes partis en chine en vacances, c’était bien, génial, mais pour des vacances.
J’ai alors compris qu’elle ne pourrait ‘quasi » jamais accepter de partir avec moi vivre qq années la bas. depuis je ronge mon frein, j’ai enfoui ce désir, mais aujourd’hui c’est trop dur, mon envie de tenter l’aventure est trop forte… Que dois je faire ? Dois je oublier cette ambition ?
 
J’aime ma copine de tout mon coeur et de toute mon âme mais j’ai besoin aussi de m’épanouir. Le dilemme se corse d’autant plus que nous attendons un enfant bientôt. Que faire ? Comment lui dire ?
 
Merci d’avance
 »



La cellule love and sex s’est réunie pour répondre à cette question complexe et voici ce que l’on pense.

Enzo : Avec un enfant, ce sera encore plus dur. L’idéal serait de le faire maintenant. Si tu renies tes envies profondes, tu craqueras à un
moment donné, que ce soit pour la crise de la trentaine ou celle de la quarantaine ! Plutôt que de tabler directement quelques années, penses peut-être plutôt à quelques périodes de six mois renouvelables.

Lucas : Déjà si tu es avec elle depuis 4 ans et qu’elle est enceinte, faut-il encore parler de copine ? Ta compagne serait plus adéquat…
C’est toujours le même pb. Hable con ella ! Parle avec elle ! Evoque avec elle les bons cotés de l’expatriation, l’aventure, la découverte… Et surtout le gamin ne doit pas être un frein… Demande lui clairement ce qui la gêne et si elle n’a pas d’arguments donne lui quelques jours pour qu’elle réfléchisse, puis parlez en entre quat’z’yeux… Plus facile à dire qu’à faire.

Summer : C’est dur comme question! A ta place je me demanderais ce qui est le plus épanouissant pour moi: être là bas sans elle et
accessoirement sans mon gosse si elle ne veut vraiment pas partir ou rester ici et ne jamais tenter l’aventure. Ensuite oui, comme le dit Lucas une discussion s’impose, c’est aussi une décision à prendre à 2.

Jane : Sans enfant en jeu, j’aurais clairement dit « Fonce et tente l’aventure, histoire de ne pas avoir de regrets dans quelques années ». Parce que malheureusement, il se peut que lors d’une dispute, le sujet soit remis sur le tapis, et généralement, ça tape là où ça fait mal.
Mais avec un enfant en construction… Ce n’est plus uniquement vous deux, mais vous trois maintenant, et décider de partir en prenant le risque qu’elle ne suive pas (si elle n’était déjà pas motivée avant, je doute qu’enceinte elle le soit plus) n’affecte pas seulement vous deux…
Une solution miracle? Il n’y en a pas, à part éventuellement mettre vraiment le sujet à plat, et tenter de lui vendre ton projet. Après tout, mondialisation oblige, c’est toujours bien pour un enfant de découvrir plusieurs cultures (si tu as besoin d’aide et de conseils en chantage affectif, mes tarifs sont très intéressants et les résultats quasi garantis!)

Tatiana : Je ne peux qu’adhérer aux réponses précédentes. Que me reste-t-il à dire ? Je rajouterais que ça te fera du bien d’en parler avec elle car sinon effectivement ta frustration risque de ressortir de la mauvaise manière à un moment ou à un autre. Aussi, apparemment vous vous aimez beaucoup donc je me dis qu’il y a des chances qu’elle comprenne ton envie d’expatriation. Peut-être pourrez-vous trouver un compromis : choisir le pays ensemble et réduire la durée.

Nina : Bon, je pars du principe que quand tu dis « un bébé bientôt », ça veut dire qu’il est déjà en route. Je me demande si tu as
l’opportunité de partir ou si tu veux juste partir à l’aventure parce que la deuxième possibilité me paraît un peu difficile avec un bébé. Je sais que certaines familles partent à l’aventure mais pas avec un tout petit bébé, il faut attendre qu’il grandisse un peu. Pour ma part, j’aurais tendance à dire que l’arrivée d’un enfant va être un grand bouleversement dans votre vie et je crois qu’une expatriation maintenant va être très difficile. Maintenant, je pense que tu ne dois pas renoncer à ton projet pour toujours car cette frustration risque de ressortir un jour et ça ne ressort jamais au bon moment. Mon conseil serait d’attendre que l’enfant ait deux ou trois ans, histoire d’arriver là bas en début de sa scolarité. En attendant, ça laisse du temps pour préparer le terrain. Je pense que si le départ est bien préparé, il sera moins effrayant pour tout le monde.

Et voilà ! Si toi aussi, derrière ton petit écran (ou plus grand, j’ai pas les stats sur votre matériel), tu as besoin de nos lumières, de nos avis, si tu es pris d’une envie irrépressible de voir ton nom écrit en grosses lettres bleues sur ce blog, n’hésite plus, pose ta question en comm, par mail (nina.bartoldi(a)gmail.com) ou même passe par mon facebook, mon twitter, envoie-moi des signaux de fumée… Et nous te répondrons.

PS : La question de cette semaine étant délicate, si tu as choisi la voie de l’expatriation, je pense que Coach sera ravi d’avoir ton avis.

Ce que font les filles sous la douche

Oh, le vilain titre racoleur, là, je plaide coupable. Mais s’il y a un moment particulièrement orgasmique de la journée, c’est bien la douche.
 
Il faut parfois être privé de quelque chose pour en apprécier pleinement la saveur. Pendant presque deux mois, je me suis douchée avec juste un filet d’eau chaude, cette activité devenait une pure question d’hygiène, je n’y prenais plus aucun plaisir. Puis ma chaudière fut réparée et là, quelle douche, mes enfants ! Elle dura facilement un bon quart d’heure. Quand l’eau chaude, propulsée par une sacrée pression (je ne savais pas que j’avais de la pression) qui vient frapper ma peau, mais quel délice ! J’avais oublié à quel point c’était bon de sentir son corps s’abandonner à la douce chaleur, sentir la vapeur d’eau me rentrer dans les narines… Bref, je pense que si je devais faire un classement des meilleures douches de ma vie, celle-là serait dans les premières places.
 
La douche est la dernière chose que je fais avant d’aller me coucher, une bonne façon de terminer la journée. Je ne suis pas du tout douche du matin : une fois passée sous la douche, l’idée de mettre un orteil dehors me traumatise complètement. La douche est un pur moment égoïste où on se prélasse, tous les sens sont en éveil. L’odeur du savon, la mousse qui glisse paresseusement sur votre corps pendant qu’on se lave, la peau qui devient douce…
 
Tout aussi plaisant, son corollaire : le bain. Je ne peux m’empêcher, quand je me glisse dans mon bain, de laisser échapper un petit soupir de contentement : oh que c’est bon ! J’avoue que l’une de mes occupations préférées de ma vie de célibataire, c’est de barboter dans mon bain bouillant à l’eau rendue laiteuse par la poudre faite pour avec un magazine à la con, un manga ou un bouquin. Mais un bain à deux, c’est bien aussi !
 
Bon, mais revenons-en un peu au titre de l’article : que font les filles sous la douche ? Il y a un mythe assez répandu de la demoiselle qui se masturbe sous la douche grâce au concours du pommeau. J’avoue tout à fait que sous la douche, je me lave, je me délasse mais point barre. Pourtant j’ai du plaisir quelque part, rien que lorsque l’eau chaude caresse mon corps et c’est un moment que j’ai du mal à partager.
 
Si je regarde en arrière, je n’ai partagé ma douche qu’avec des hommes avec qui j’avais développé une certaine intimité. Un copain de brouette, je n’ai même pas envie de partager ce moment-là avec lui, j’attends d’être peinarde pour me laver. Quelque part, je n’aime pas me laver devant autrui. Même quand je me brosse les dents, ça m’emmerde qu’on me regarde, un peu d’intimité, que diable ! Pour mon corps, c’est pareil. C’est un peu les coulisses du spectacle, si j’ose dire. C’est là où je me fais belle, que je nettoie mon corps et mes cheveux pour paraître toute rutilante quand je sors. Bon, j’avoue que cette idée est bizarre.
 
 Avec un petit ami ou un amant très proche, j’avoue que j’adore me doucher avec lui (ou prendre un bain). La première fois que j’ai pris une douche avec Guillaume 1er du nom, j’ai dû insister, il trouvait ça bizarre. J’avais déjà expérimenté la chose avec Pierre le pervers qui me démontrait par A+B les bienfaits du pommeau de douche et son grand jeu était de couper l’eau chaude à la main car l’eau glacée, c’est bon pour la peau. Du coup, je poussais de grands cris et essayait d’échapper aux jets froids, qu’est-ce qu’on s’amuse ! Finalement, Guillaume 1er a trouvé ça très amusant. Chez mes parents, la salle de bain du haut, dédiée aux enfants de la famille, n’est équipée que d’une cabine de douche donc à deux là-dedans, on se frotte, on se frôle et, immanquablement, à un moment, je sentais poindre un truc dur dans le dos… Curieusement, je me souviens pas qu’on se soit douchés à deux ailleurs que chez mes parents, sans doute parce qu’il était douche du matin et moi douche du soir. Il n’y avait que le week-end où on se douchait un peu n’importe quand, selon l’heure du lever et du coucher.
 
La plupart de mes petits amis ne rechignent pas à une douche mixte sauf Arnaud qui n’avait jamais dû tenter l’expérience. Première soirée chez lui, on brouette joyeusement puis après le câlin postcoïtal que j’affectionne tant, il m’annonce qu’il va se doucher. « Super, fis-je, je viens avec toi ! » Et là, il m’a regardée très étonné : mais quelle est donc cette demoiselle aux mœurs étranges ? Je me suis donc incrustée dans sa baignoire… Et rien. Chacun de son côté, on se savonne, on se shampouine, il m’a gentiment rincée avec le jet mais absolument rien d’érotique. Certes, on venait de faire l’amour comme des fous mais c’est pas une raison pour se tripoter un peu, non mais !
 
J’aime laver mon partenaire de douche, lui passer mon éponge (oui, je me lave avec une éponge) sur tout le corps, insister sur certaines zones, le rincer, et qu’il en fasse autant pour moi. De façon générale, la douche est un bon préliminaire ou une bonne façon de conclure une brouette. L’avantage d’une douche précoïtale, c’est qu’on est sûr de la propreté de son partenaire. Bon, à ma connaissance, je n’ai jamais eu de relations sexuelles avec un monsieur fâché avec l’hygiène (disons qu’ils étaient toujours propres quand ils passaient entre mes mains) donc je n’ai jamais eu à me plaindre. Mais si le monsieur exhale des odeurs franchement écoeurantes, il peut se brosser pour avoir droit à la brouette (rien de sale en moi), à une fellation (rien de sale en moi), ou même à une soupe de langue (Hum !). Je ne suis pas une nazie de l’hygiène mais il y a des choses avec lesquelles j’ai du mal. Donc se doucher avec son partenaire, c’est être sûre d’éviter ce genre de mésaventures. Et même si la douche ne dégénère pas en brouette, ça reste un agréable moment intime à partager, selon moi. Le seul souci, c’est de croire qu’une douche à deux peut faire gagner du temps (les deux prennent la douche en même temps donc logiquement…) parce qu’on se frotte, on se tripote, ça fait durer un peu la douche.
Enfin, moi, ça m’arrange, c’est mon propriétaire qui paie l’eau et j’ai décidé de le faire cracher au maximum (oui, il y a un jeu de mot atroce dans cette phrase, je le confesse).
 
Mais quand même, le must du must, ça reste le bain à deux. C’est d’ailleurs une scène assez courante dans les films un peu chauds comme dans « Une liaison pornographique » avec Sergi Lopez et Nathalie Baye, à un moment, ils prennent un bain et je sais plus qui tripote l’autre avec son pied mais ça plaît beaucoup. Donjuju a aussi fait une planche sur le sujet. Personnellement, je n’ai jamais fait l’amour vraiment dans une baignoire mais de longs jeux érotiques, ça oui et j’aime bien. A la base, je suis une fille aquatique, j’ai su nager avant de savoir écrire, j’ai toujours aimé ça. Donc mélanger eau et sexe, c’est un cocktail affolant. L’eau rend la peau douce et parfumée, pour peu qu’on ait mis de la poudre de bain dedans (ce que je fais toujours), on est alanguis, totalement détendus… Et après, je m’étonne de faire des rêves érotiques qui se déroulent dans ma baignoire !
 
A force de parler de jeux coquins dans l’eau, j’ai chaud… Je vais calmer mes ardeurs sous la douche !

Mystères

Week-end nostalgie, je suis de retour chez mes parents pour une courte période. Dans cette maison où j’ai débarqué un soir de juillet alors que j’avais 13 ans, abandonnant derrière
moi l’appartement de mon enfance, celui dont je rêve encore, parfois… Mais je m’égare.
 mysteres
Avec Gauthier et une copine, l’autre jour, on parlait de télé dans sa chambre : ado, je n’en ai pas eu. Quand je vois aujourd’hui que je la regarde jusqu’à 3 heures du matin
(quoi qu’ils ont enlevé Nikita, ces connards de Teva !), je remercie mes parents de m’avoir interdit d’en avoir une au pied de mon lit : j’aurais certainement raté mes brillantes études scolaires si l’écran lumineux avait pénétré mon espace. A la place, le soir, je lisais ou j’écrivais,c’était tellement mieux. De temps en temps, tout de même, je passais ma première partie de soirée devant la télé pour regarder des émissions comme X-files mais surtout Mystères.
 
Je sais pas si vous vous souvenez mais à la fin des années 80, début des années 90 sont apparues des émissions appelées « reality show ». On prenait des gens ordinaires à
qui il arrivait des choses extraordinaires, on les faisait (mal) jouer dans des reconstitutions particulièrement… réaliste ? Non, en fait, je voulais dire drôle. Tout a commencé avec « La nuit des héros » présentée par le mec de la météo (Laurent Cabrol, il me semble) puis TF1  a débauché le Cabrol pour faire sa propre « nuit des héros » donc on en avait deux pour le prix d’une. Mais ma préférée, celle que je ne ratais sous aucun prétexte, c’était Mystères, toujours sur TF1.
 
Cette émission était présentée par M. Alexandre Baloud, journaliste transfuge de je ne sais plus où et qui a totalement disparu après, peut-être enlevé par des extraterrestres… Moi, je dis, l’homme à la cigarette n’est pas loin. Ce monsieur était d’une sobriété par croyable mais avait dû être formé par Jean-Claude Bourret car il semblait croire fermement aux reportages qu’il présentait. Tout y est passé : fantômes, OVNI, envoûtement, sorcellerie, voyance, reconstitution de la vie de saints, Dieu, sa sœur… Enfin, bref, il y avait à boire et à manger. Le format est, si je me souviens bien, de quatre petits films par émission. Parfois, le 4ème, c’était une rediffusion. D’autres avaient été achetés à une chaîne américaine et pour faire plus vrai, on avait laissé les témoins en VO, une voix française couvrant leurs propos à contretemps comme si c’était de la traduction instantanée (vous savez, on laisse toujours le « well, you know… » avant d’entamer la traduction « vous savez… »). Je me souviens de quelques histoires que voici.
 
Le sang dans la maison
Beaucoup de gens se souviennent de cette histoire, diffusée lors de la première émission : les taches de sang qui apparaissent dans la maison, que ce soit sur les murs, sur
les meubles ou sur les vêtements. Je crois que ça se passait en Alsace, mettons chez Jeannine et Robert (je me souviens pas du tout de leur nom en vrai, mais on s’en fout). Jeannine est femme au foyer et, un jour, en faisant le ménage, elle trouve des traces de sang sur le mur. Bon, dans le film, on la voit troublée. A mon avis, sur le coup, elle s’est dit : « fais chier, Robert, je me casse le cul à faire le ménage toute la journée pour que ce soit nickel et l’autre, il me pastiche tout ! ». Bon, elle nettoie mais… les taches reviennent (musique angoissante) ! Donc ils appellent la police qui a un très bon réflexe : analyser le sang pour vérifier que c’est pas celui du chien. Je veux pas dire mais la seule fois où j’ai trouvé du sang chez moi, j’ai de suite pensé à Kenya et j’avais raison ! Oui parce qu’un chien, ça remue la queue donc s’il est blessé là, faut pas s’étonner de trouver des tâches de sang partout.
Mais non, c’est du sang… humain (musique qui fait trop peur) ! Bon, les flics pensent de suite qu’un voisin fait une mauvaise blague. Perso, j’aurais pensé que le Robert avait la main un peu lourde sur la Jeannine et qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour appeler au secours. Bon, dans la reconstitution, ils passent direct au détecteur de blagueur : ils nettoient la maison puis saupoudrent de la farine partout sur le sol : si y a un blagueur qui vient, il va laisser des traces, ahahah ! Et bien le lendemain, y avait toujours de la farine mais aussi du sang donc les flics vont creuser dans la cave (sous les ordres d’un exorciseur ou un médium, je sais plus) et ils trouvent plein de cadavres : charmant ! Enfin, ils enlèvent les cadavres et je sais plus si les taches de sang arrêtent d’apparaître ou pas.
 
Les OVNIS
Je groupe car y en a eu plein des histoires d’OVNIS. D’abord, Roswell. Hé oui, la première que j’en ai entendu parler, c’était là. Un reportage super bien fait, avec une belle reconstitution et tout, j’étais sciée. N’empêche que c’est moche, un alien…
Ensuite, il y avait les OVNIS en forme de triangle qu’on a vu partout, pourchassés par les avions belges et qui ont survolé toute la France, y compris Toulouse. Alors, là, j’ai été profondément dégoûtée : un OVNI  a daigné passé au-dessus de ma tête et je ne l’ai même pas vu ! Du coup, je passais des heures à scruter le ciel la nuit. Fallait me voir quand on allait dîner chez ma mamie paternelle (3/4 d’heures de voiture par l’autoroute), collée à la fenêtre le nez en l’air, le cœur battant au moindre avion qui passe… Et bien, raté ! Pourtant, l’autre soir, j’ai vu un truc, un lumière qui passait dans le ciel mais je l’ai vue par hasard et je m’en souviens juste maintenant parce que j’écris l’article. En fait, je pense que c’était un petit avion privé, Roissy n’est pas hyper loin.
Il y avait aussi l’histoire de l’OVNI tout rond tout mignon qui se pose devant un paysan du sud (je sais plus où exactement, en Provence, par là). Là, la scène était rejouée par le vrai paysan qui était médusant dans ce rôle : quand l’OVNI apparaissait, il bloquait. Hop, cerveau éteint, plus rien. On voyait le petit truc qui arrivait, se posait dans le jardin et repartait en laissant une trace ronde. On revoyait la scène une bonne dizaine de fois car l’action dure deux minutes au mieux, la petite fiction devait faire une vingtaine de minutes avec les témoignages des personnes concernées. Mais le mieux, c’était le paysan qui n’était pas né pour être acteur. Déjà, on le voit qui ratisse tranquille puis il regarde vers le ciel d’un air tout à fait naturel style : « je regarde en l’air car je pressens qu’un OVNI va arriver ». Hop, le v’la et l’autre n’a pas l’air étonné du tout. Il faut savoir que dans le sud, c’est courant, un OVNI qui se pose dans votre jardin. Et une fois qu’il est là, l’autre, il n’y a plus une seule lueur d’intelligence dans son regard, une statue de cire se serait montrée plus
expressive. Alors, forcément, vous imaginez les pauvres aliens, ils arrivent là et voient l’autre, ils repartent en informant la base qu’ils n’ont trouvé aucune trace d’intelligence sur notre planète.
 
Les trucs religieux
Là, aussi, il y a eu du lourd, de la vie de Padre Pio à l’histoire de Fatima. Je dois cependant avouer que j’ai plus appris sur l’histoire religieuse du XXe siècle en regardant
Mystères qu’en allant au catéchisme. Bon, l’histoire qui m’a le plus marqué, c’est l’histoire de la petite Italienne, Graziella, je crois, qui avait une grave maladie et qui se mourrait dans son petit village d’Italie. Ses camarades, sympa, se sont cotisées pour lui payer un voyage à Lourdes (car la petite était pauvre) donc voici notre fillette qui part là-bas, on lui donne le bain, on lui fait boire de l’eau de Lourdes et tout mais sur le coup, elle garde sa maladie. Elle maigrit, elle peut plus marcher, c’est la fin. Elle rentre dans son petit village et sa maman continue à lui donner de l’eau de Lourdes parce qu’au prix du voyage, autant écouler le stock. Un jour, elle fait de la couture ou de la broderie dans la cuisine quand la petite Graziella arrive sur ses deux jambes et fait : « maman, j’ai faim ! ». Et bien oui, elle est guérie ! Bon, on la voit ensuite passer des examens à Lourdes pour qu’on authentifie son miracle puis le reportage se termine sur la jeune femme, aujourd’hui, en train de marcher dans l’église de Lourdes en passant sa main sur les messages de remerciements qu’il y a au mur d’un air qui se veut ému mais on sent bien qu’elle s’en fout.
Sinon, y avait aussi un reportage sur « Fatima », vous savez, les trois bergers portugais qui ont vu la Vierge pendant une guerre mondiale ! Même qu’elle a fait trois révélations, la dernière concerne la fin du monde et elle est consignée au Vatican. Jean-Paul II aurait dit ne pas vouloir la révéler au public tellement elle est terrifiante. Bon, il a bon dos de dire ça, il est mort, il la vivra pas avec nous, la fin du monde ! Je me souviens de ce reportage car, à un moment, il y avait un trucage tout pourri. La vierge fait des miracles je sais plus pourquoi. D’abord une aurore boréale, pas super courante au Portugal puis un jour, elle fait virer le ciel de couleur… Et là, le truqueur s’est contenté de passer des filtres de couleurs sur l’image du ciel, on aurait dit un clip pourri style années 80, manquaient plus que des « yo ! » inscrits en gros.
 
L’exorciste
Un de mes préférés, celui-là, même si on est très loin du film d’horreur du même nom. C’est l’histoire d’une dame, une bourgeoise vieillissante que l’on pressent chiante comme la pluie. Cette pauvre dame, il ne lui arrive que des malheurs, je ne sais plus trop quoi mais des choses horribles et elle va pas bien. Je ne sais plus précisément quels étaient ses malheurs mais un soir, on sonne à sa porte, elle regarde dans le judas et, horreur ! C’est un Noir à la mine peu joviale. Oh, elle a peur ! Elle re-regarde dans le judas et, là, le Noir a disparu. C’est sûr, quand un Noir sonne chez moi, je comprends de suite que j’ai été envoûtée…Mais bon, la dame, elle semble pas habituée à voir un homme de couleur dans son immeuble et elle a très peur. Autre scène, elle est couchée dans son lit et elle tourne et retourne, quelque chose la gêne. Elle se lève soudain, excédée et tire les draps de son lit et aaaaaaah, horreur : un ongle énorme, sale, traîne dans son lit. Bon, honnêtement, c’était mal filmé donc on la voit qui crie avec la musique qui fait peur mais j’avais pas compris le truc. Mais bon, puisqu’elle a peur d’un Noir, je me suis dit qu’il y avait un pli sur son drap et que ça la terrorisait. Non, en fait, y avait un ongle qui n’était même pas à elle. Bon, ça j’avoue, ça m’aurait fait froid dans le dos : un ongle même pas à moi dans mon lit, c’est dé-goû-tant. Bon, elle en peut plus, elle appelle une exorciseuse qui lui fait faire plein de trucs donc trois tours au dessus d’un seau rempli d’urine de fille vierge. Si j’avais su, je serais restée vierge, j’aurais vendu mon urine à prix d’or, vu comme cette qualité devient rare de nos jours. Bref, l’exorciseuse sort soudain une sculpture à la César de l’urine avec des trucs qui
sortent et qui ressemblent à des clous. Et bien voilà, quelqu’un a planté des clous dans un lieu stratégique de la maison pour lui porter malheur : sous la baignoire. Bon, voilà, la dame
paye et le malheur est enlevé, c’était son ex femme de ménage qui lui avait jeté un sort. Quand je vous dis qu’elle avait l’air chiante, la vieille…
 
L’écriture automatique
Il était une fois une dame qui avait perdu sa fille dans un accident, il me semble. Bon, elle est triste et c’est normal, elle se remet pas de la mort de sa petite. Sa chambre est restée en l’état. Puis, un jour, je ne sais plus comment, elle se demande si sa fille ne veut pas entrer en contact avec elle donc une amie voyante (ou pas loin) lui dit de guetter les signes. Un
soir, la dame lit et pif ! le portrait de sa fille tombe. Un signe ? Non, la dame a du mal à y croire donc elle décide de pas nettoyer le tabouret de piano de sa progéniture, pour voir. Un jour, swizzzz, la poussière s’est envolée ! Bon, là, c’est sûr, sa fille veut entrer en contact.
Donc tous les soirs à une heure précise, la dame s’assoit dans son salon, stylo à la main et elle attend… Rien…Rien… Puis un soir, le stylo agit ! Et voilà, sa fille lui écrit, elle lui raconte des trucs, je sais plus quoi. La dame est convaincue que c’est bien de sa fille qu’il s’agit : « elle fait des fautes d’orthographe alors que je n’en fais jamais ! ».
Du coup, après l’émission, qui a tenté l’expérience ? Moi, évidemment. Bon, et bien, j’ai dû rentrer en contact avec un gamin de 3 ans car j’ai fait de beaux gribouillis mais aucun mot n’est sorti de là…
 
La réincarnation
Je parle de cette histoire car elle m’a bien plu. C’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Marie, je crois, mais même si c’est pas ça, on s’en fout. Toute petite, Marie dessine Big Ben, comme ça, just for fun. Sauf qu’elle ne sait pas ce que c’est Big Ben, elle vit en France, elle est toute petite et ses parents n’ont manifestement aucun moyen de communication vers l’extérieur vu que sa mère s’extasie sur le dessin de la petite qui est censée n’avoir jamais vu la tour avec la grosse horloge. Je veux pas dire mais Big Ben passe au moins une fois par semaine à la télé et s’incruste régulièrement dans nos journaux… Bon, c’est pas grave, la maman inscrit sa petiote aux cours d’anglais et elle est trop forte, la Marie : à peine elle commence qu’elle est déjà bilingue. Moi qui n’arrive pas à aligner trois mots en suivant sans faute dans cette foutue langue, du haut de mes 25 ans, je déteste cette gosse. Bon, la demoiselle grandit et va vivre à Londres, elle rencontre un bel Anglais du nom de James et s’éprend de lui mais James meurt je sais plus comment. Du coup, Marie décide de tenter la régression pour connaître sa vie antérieure (moi non plus, le lien de cause à effet ne me paraît pas flagrant mais bon). Marie retourne dans sa vie antérieure, elle était une aristocrate anglaise ou un truc du genre et elle connaissait déjà James, et tout. Bon, là, y a un super plan de la fille en robe d’époque qui traverse un tunnel (genre Marie part à la découverte de sa vie antérieure)… Ben, elle a eu de la chance, Marie : grâce à son histoire, elle a pu enfiler une belle robe de princesse. Bon, en fait, cette histoire me plaisait bien parce que je suis une adepte de la réincarnation (l’idée de l’éternité au Paradis, je trouve ça chiant, honnêtement). En fait, ado, j’étais très drôle et super bien dans ma peau, j’avais hâte de mourir pour commencer une nouvelle vie, vous pensez bien que ce petit film m’avait parlé…
 
Une maison hantée
J’ai peu de souvenirs de celui-là, l’histoire classique d’une famille qui emménage dans une maison qui, en fait, est hantée. Y a le papa, la maman et les deux petites filles. Au passage, je trouve ignoble d’avoir fait joué les vraies gamines dans la reconstitution, elles n’ont pas été assez traumatisées, remettons-en une couche ! Donc, la maison est hantée, bouh ! La scène dont je me souviens, c’est qu’à un moment, l’aînée des petites filles se retrouve possédée, elle a les yeux exorbités (super trucage, au passage, ça foutait les jetons) et jette tout ce qui se trouve à sa portée par terre, y compris une table. Bon, sa mère finit par la calmer et finalement, ils vont dans le cimetière d’en face et découvrent une tombe ouverte pile dans l’alignement de la maison, ils la referment et fin de l’histoire. En fait, cette histoire m’a surtout marquée avec la gamine aux yeux exorbités, j’ai trouvé ça trop horrible.
 
Les pommes volantes
L’histoire qui a marqué la population, celle-là ! L’histoire d’un couple sans histoire qui se fait attaquer par un fantôme plus ou moins hostile… Je ne sais plus comment ça a commencé mais un jour, leur commode se met à trembler comme une feuille, ils ont peur, aaaaaaah ! Et la commode s’écroule comme un simple jeu de carte dans un bruit effroyable. Quand on vous dit que c’est de la merde, IKEA ! Ah non, c’est un fantôme qui est très méchant, il soulève le lit et un jour, ô drame, des pommes qui étaient dans la cave traversent les murs (ben oui, une pomme, ça traverse un mur, tu savais pas ?) et bombardent les pauvres gens attablés qui ne demandaient qu’à bouffer tranquille. Panique !
Bon, finalement, ils en ont marre des pommes et des lits volants donc ils déménagent mais ses connards de fantômes les suivent et là, scène d’anthologie : on voit le fils de
la maison travailler en écoutant le vieux transistor et, là, effets spéciaux de la mort qui tue. Le cameraman prend le transistor et le place devant la caméra avant de foncer vers le gamin qui se
fait donc attaquer pas l’objet en question. Nous sommes donc en présence d’esprits frappeurs, dans le sens premier du terme… Bon, un petit coup d’exorciste et hop, ils sont partis les méchants fantômes !
 
Mystères a bercé mon adolescence et m’a pendant pas mal de temps déconnectée de la réalité. Je passais mes nuits à scruter le ciel, à déterminer si le bruit que j’entendais était une manifestation surnaturelle ou juste un de mes parents qui allait aux toilettes. Cette émission a cependant eu le mérite de m’ouvrir l’esprit, j’ai lu beaucoup de livres sur le surnaturel, y compris le magazine « Mystères » qui reprenait les reportages de l’émission. Aujourd’hui, je regarde le ciel pour voir les étoiles (ce qui est difficile à Paris), les bruits nocturnes sont automatiquement attribués à Kenya. J’ai juste gardé ma passion pour la cartomancie.

Christophe

Mes amis qui ne sont pas inscrits sur meetic me demandent souvent : « mais que ferais-tu si tu tombais sur un gars qui ne te plaît pas ? ». C’est en effet une très bonne question à laquelle je n’avais pas de réponse tant j’étais toujours tombée sur de charmants jeunes hommes. Jusqu’à hier soir. Je pense que toutes les personnes inscrites sur ce site ont au moins une fois un rendez-vous calamiteux. Le mien a donc eu lieu hier, une scène particulièrement ridicule que je m’empresse de vous raconter avec délectation tant la situation prête à sourire.

Depuis une semaine et demie, je me pose des questions sur meetic et ce genre de rencontres, suite à ma soirée avec Julien. Pour être honnête, ce jeune homme a fait volé en éclat toutes mes défenses. J’allais précisément sur meetic pour ne pas tomber amoureuse mais si les choses continuent à suivre leur chemin, je vais échouer. Mais je parlerai de Julien dans un autre article qui lui sera consacré.

Décidée à ne pas tomber amoureuse, je prends donc rendez-vous avec un jeune homme, Christophe, mais j’avoue que je n’étais pas confiante du tout. Je l’avais trouvé mignon en photo mais avait tiqué sur son âge (22 ans). Autant certains de mes amis aiment la chair fraîche, autant je me sens toujours plus à l’aise avec des hommes plus âgés. Mais c’est le charme de meetic : pour une nuit, on peut tenter l’expérience. Il commence à me harceler sur MSN pour qu’on prenne rendez-vous, je finis par accepter mais avec réticence. Déjà, bien que nous soyons sur MSN, il ne m’a strictement rien dit, si ce n’est une promesse de folles brouettes. Je restais méfiante, il me paraissait bien prétentieux, ce jeune homme. En une semaine d’inscription sur meetic, il a rencontré plusieurs jeunes filles mais n’est « jamais allé jusqu’au bout »… Celui-là, il sentait l’arnaque à plein nez.

Je finis par accepter un rendez-vous mercredi mais notre manque flagrant de communication m’a poussé à le reporter au lendemain : je n’avais aucune envie de l’appeler pour qu’on s’organise notre soirée (cela montre bien ma motivation…) donc je lui envoie un texto pour annuler, lui parlant de mon allergie au pollen. Soyons honnête : cette allergie m’a vraiment épuisée, mercredi, mais ça ne m’a pas empêché d’aller manger en ville avec une copine. Je rentre chez moi le soir et je le trouve sur le net donc on s’organise, j’ai droit à des réponses monosyllabiques. C’est le genre de comportement qui m’insupporte. Chez une femme, la séduction passe aussi par la communication, j’ai toujours préféré les hommes qui avaient des choses à dire plutôt que des types qui se contentent de me répondre : « oui », « non », « lol ». Par ailleurs, le jeune homme maîtrise parfaitement le langage SMS, je doute de sa maîtrise de la langue française. Quand on me répond : « on fé ce que tu ve », ça me fait un peu grincer les dents.

Joueuse, je lui donne rendez-vous devant l’église de ma ville qui a l’avantage d’être visible de loin et, surtout, de ne pas être située dans le quartier où vit Julien, ça éviterait toute rencontre malheureuse. A l’heure dite, je me motive pour y aller. Je me pose devant l’église et le jeune homme m’appelle pour me demander son chemin : il ne sait pas du tout à qui il a à faire, celui-là ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’ai un sens de l’orientation pour le moins sous-développé : si je vous dis de prendre à gauche, allez à droite. Bref, assise devant mon église, je contemplais avec distraction les volutes de fumée que j’exhalais grâce à ma cigarette, pratiquant activement l’autosuggestion : « tu ne dois rien à Julien, éclate-toi ma fille, tu es jeune, faut en profiter… »

Et, là, je vois Christophe qui passe devant moi en voiture et s’engouffre dans le parking. Trente secondes après, il m’appelle : « Ouah, t’es où ? ». Devant ton nez, andouille ! Donc je monte dans la voiture et là, je me suis soudain sentie très seule : outre le fait qu’il paraissait très jeune, il avait la panoplie complète de la racaille des clips de rap : une énorme bague, les chaînes, les bracelets… Evidemment, la radio vomissait du rap, qui est loin d’être ma musique préférée. Bon, on commence à tourner dans le quartier pour trouver une place et là, j’avoue que mon pouvoir d’autosuggestion marchait à plein régime : « Bon, ce type ne te plaît pas mais il est pas vilain. Arrête de cracher dans la soupe, tu ne le reverras pas, de toute façon ! ». Bon, évidemment, ma conversation ne fut pas des plus passionnantes. « Et alors, toi, tu habites par là ? me demanda-t-il.

– Ouais, un peu plus loin. »

Bon, il tourne un peu puis, au bout de cinq minutes, retourne sur le parking devant l’église et me sort : « Ouah, ça me gave ! On se remet ça à une autre fois ? » Donc, là, je le regarde, un peu édifiée, je lui signale qu’il y a certainement des places ailleurs mais, non, il ne veut pas en chercher. Donc je lui fais comprendre qu’il n’y aura sans doute pas de prochaine fois et je sors de la voiture en claquant la porte.

J’avoue que sur le chemin du retour, j’étais limite hilare. C’est certainement le plus beau vent que j’ai pris de ma vie mais je trouve la situation tellement ridicule que je ne peux qu’en rire. Quelque part, c’est ça la magie de meetic : deux personnes qui n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre et qui ne s’attirent pas se retrouvent durant cinq minutes dans le même véhicule…

Honnêtement, je ne pensais pas qu’une telle goujaterie existait. J’ai failli lui écrire un mail pour lui expliquer la base des bonnes manières. En effet, j’avoue que ça m’a plutôt arrangée de ne pas avoir à passer la soirée avec lui mais s’il fait le coup à une jeune fille peu sûre d’elle, ça risque de la blesser… Mais je n’en ai rien fait. Je me suis contentée de l’effacer de mes contacts MSN sans pour autant le bloquer puisque, de toute façon, j’imagine qu’il en a fait autant de son côté.

Honnêtement, s’il revenait vers moi pour me proposer un rendez-vous, je serais sidérée… Mais il ne lui manquerait rien !

Voici donc le récit du rendez-vous le plus foireux de ma vie, si on peut même appeler ça un rendez-vous. Mais j’avoue que mon auto-dérision m’a permis de voir tout le comique de la situation et il était hors de question de vous en priver.