QI : l’ovni télévisuel

Je ne suis pas une téléspectatrice très appliquée, plutôt du genre à tomber par hasard sur certaines programmes en tapant au hasard sur les touches de ma télécommande. Un soir, je découvre ainsi QI, une petite série sans prétention : l’histoire d’une actrice porno, Candice Doll (Alysson Paradis), qui décide de reprendre ses études pour passer une licence de philo. Au début, tu crois que tu vas tomber sur une série classique sur la confrontation de deux univers que rien ne destinait à se rencontrer. Mais en fait non, tu tombes sur une série en dent de scie qui alterne comédie et vannes parfois un peu faciles et réflexions troublantes.

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La première saison ne prétend pas grand chose, on joue sur un retournement de situation assez facile : Candice/Karine décide de reprendre ses études et l’annonce à son mec (plus ou moins réalisateur porno, incarné par le très drôle Jérôme Daran) et ses parents (gros libertins légèrement relou sur le sujet, la mère est jouée par Jeanne Savary qui était dans Caméra Café) qui le prennent pas très bien. Donc Karine suit ses études en cachette mais commence à négliger son travail, oubliant ses tests HIV. Finalement, Karine fait son coming out philosophique et son mec décide de tourner un film basé sur la philo. Choc total des culture, facile et prévisible. Mais Karine a une petite particularité : elle est frigide. Jusqu’au jour où en lisant du Descartes, elle pige le cogito ergo sum et se paie un orgasme : la compréhension la fait donc jouir. Fin de la saison 1 : après un accident lors du tournage du porno philo, Karine se prend un petit studio seule et continue de jouir de la compréhension. Bref, petite série sympa, rien de transcendant même si la relation entre la mère de Karine et la fille pue légèrement le malsain, la mère mouillant à l’idée de faire une apparition dans l’un des films de sa fille et veut utiliser l’image de cette dernière pour le club échangiste qu’elle veut ouvrir avec son mari.

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Saison 2 et là, on entre dans l’étrange. La philo ne faisant plus à jouir Karine, elle est à la recherche de nouvelles drogues spirituelles. Elle a terminé sa licence et envisage de se tourner vers la religion, elle rencontre une bonne sœur qui va la guider sur la voie. Parallèlement, elle rencontre un thésard en physique (ou maths, j’ai un doute) et va entamer une relation avec lui. On suit plusieurs histoires : la quête de soi de Karine, les doutes sexuels de son ex réalisateur qui fait désormais des films gays et commence à faire des rêves homo érotiques, l’ex prof de philo de Karine qui redécouvre la séduction, coaché par le réalisateur et se tape des nanas au kilos et enfin les parents de Karine et leur bar échangiste. L’histoire du réalisateur et du prof de philo assurent l’élément comique alors que côté Karine et ses parents, ça vire au glauque : la fille fait des strip teases tandis que sa mère se fait tringler sous son nez par un banquier. Alors que le couple des parents plonge dans le sordide, Karine se penche sur la religion, suit une psychothérapie, fait même une retraite silencieuse.

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Et c’est là que j’ai été attrapée par la série. Karine cherche à tout prix qui elle est, pourquoi elle ressent certaines choses (ou ne les ressent pas). Au départ, elle se laisse un peu ballotter jusqu’à ce qu’elle reprenne les choses en main, quitte sa psychothérapie car elle en a marre et part faire sa retraie silencieuse. Elle découvre alors des choses sur elle, sur son passé, se rapproche de sa mère. Je découvre des axes de réflexion sur la personnalité et la découverte de soi dans une série légère et qui paraissait un peu concon, un peu facile. Et je cherche pour savoir s’il y aura une saison 3. Parce que même si cette série reste bricolée, que certaines quêtes des personnages (le mec thésard qui veut prouver la véracité de son travail ou le prof de philo qui baise à tout va) ne me paraissent pas indispensables à l’intrigue, la quête de Karine me trouble, m’interroge. Me donne envie de peut-être réaliser la mienne car on est tous à la recherche de sa propre vérité… Non ?

Les histoires les plus courtes sont les plus indigestes

Des hommes, j’en ai connus, des liaisons, j’en ai eues. Même des relations amoureuses où l’autre avait une place particulière dans ma vie, une place de choix. J’étais prête à faire des concessions, faire une place dans ma vie. Mais parfois, l’histoire tourne court, gros eau de boudin dans laquelle on se noie. Pourtant, y a-t-il de quoi faire un drame ?

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Octobre 2012, le prince charmant se mue en crapaud. Du jour au lendemain, je me prends une rupture en pleine face sans que rien ne m’eut permis de m’y attendre. 5 mois plus tard, je digère pas tout. Je suis lucide, je n’aimais pas ce garçon, j’étais bien avec lui et j’avais envie de construire quelque chose. J’étais amoureuse d’une image que j’avais mais une image fausse. Bon bref, dès octobre, je dis ça à la naturopathe. Mais ça me reste un peu en travers quand même. Je pouvais même plus regarder une série avec Jeremy Sisto parce que je trouvais qu’il avait des airs et je reste troublée dès que j’entends un accent latin (oui, mon ex est Italien pour ceux que ça intéresse). Bref, je digère pas bien parce que… dans la masse à avaler, y a plein de regrets.

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Janvier 2011. Début du marasme avec rupture amoureuse. Cette rupture, c’est moi qui l’ai provoquée en posant un ultimatum que je savais fatal. Mais l’histoire était arrivée au bout. Je dors pas mal et là, je rêve de mon ex… Pas celui de cette rupture mais un de 2006 dont je n’avais manifestement pas tout digéré. Pourquoi ? Parce que j’ai des regrets (c’était marqué quelques lignes plus haut, si t’as pas trouvé tout seul, va te servir un café).

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Des regrets, des regrets mais des regrets de quoi ? De pas avoir eu réellement une chance. Une chance de juste voir si ça pouvait marcher ou non. Je ne sais si ces hommes auraient pu m’offrir une grande et belle histoire mais j’ai juste pas eu l’occasion d’aller au bout. Et ça, ça me rend dingue. Et ça rend la rupture indigeste. J’en parlais autrefois avec je ne sais plus laquelle de mes amies et on se disait qu’on mettait souvent plus de temps à se remettre d’une courte histoire que d’une longue, établie. Facile : une relation courte où tu y crois, t’es en plein dans la passion et dans ta lune de miel et là, vlan, dans ta gueule, c’est terminé. Hier encore, Chéri d’amour vous envoyait des SMS enflammés, aujourd’hui, c’est fini. Hier encore, prince-charmant-devenu-crapaud voulait caler son emploi du temps sur le mien pour qu’on ait les mêmes soirs de dispo pour se voir. Le lendemain, j’avais droit à un baratin de merde sur “je ne sais plus, je ne sais pas et puis hop, tiens, j’ai pas digéré la rupture d’avec mon ex dont je n’ai jamais trouvé utile de te parler en 3 mois”. Comment veux-tu te préparer à ça ? Surtout que pardon mais le coup de l’ex, je suis pas conne, je sais très bien que c’est une excuse bidon, un vrai “c’est pas toi, c’est moi”. Même si le connard pointe et atomise le prince charmant, reste le regret de cette semi relation qui ne m’a pas permis de réaliser nos projets. Comme ce week-end qu’on devait faire en amoureux. Comme ce voyage en Russie quand il aurait fini d’écrire sa thèse. De bien jolis rêves. Qui t’empoisonnent un peu.

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Au fond, ce qui nous rend cette rupture difficile, ce n’est pas une question d’Amour, sans doute un peu d’orgueil mais surtout la projection idyllique de la relation que nous avions. Nous n’avons pas eu le temps de se rendre compte que l’Autre était aussi imparfait que vous. Ce n’est pas l’absence de l’autre qui nous empoisonne mais ce qu’on aurait aimé qu’il soit pour nous.

Mystères

Week-end nostalgie, je suis de retour chez mes parents pour une courte période. Dans cette maison où j’ai débarqué un soir de juillet alors que j’avais 13 ans, abandonnant derrière
moi l’appartement de mon enfance, celui dont je rêve encore, parfois… Mais je m’égare.
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Avec Gauthier et une copine, l’autre jour, on parlait de télé dans sa chambre : ado, je n’en ai pas eu. Quand je vois aujourd’hui que je la regarde jusqu’à 3 heures du matin
(quoi qu’ils ont enlevé Nikita, ces connards de Teva !), je remercie mes parents de m’avoir interdit d’en avoir une au pied de mon lit : j’aurais certainement raté mes brillantes études scolaires si l’écran lumineux avait pénétré mon espace. A la place, le soir, je lisais ou j’écrivais,c’était tellement mieux. De temps en temps, tout de même, je passais ma première partie de soirée devant la télé pour regarder des émissions comme X-files mais surtout Mystères.
 
Je sais pas si vous vous souvenez mais à la fin des années 80, début des années 90 sont apparues des émissions appelées « reality show ». On prenait des gens ordinaires à
qui il arrivait des choses extraordinaires, on les faisait (mal) jouer dans des reconstitutions particulièrement… réaliste ? Non, en fait, je voulais dire drôle. Tout a commencé avec « La nuit des héros » présentée par le mec de la météo (Laurent Cabrol, il me semble) puis TF1  a débauché le Cabrol pour faire sa propre « nuit des héros » donc on en avait deux pour le prix d’une. Mais ma préférée, celle que je ne ratais sous aucun prétexte, c’était Mystères, toujours sur TF1.
 
Cette émission était présentée par M. Alexandre Baloud, journaliste transfuge de je ne sais plus où et qui a totalement disparu après, peut-être enlevé par des extraterrestres… Moi, je dis, l’homme à la cigarette n’est pas loin. Ce monsieur était d’une sobriété par croyable mais avait dû être formé par Jean-Claude Bourret car il semblait croire fermement aux reportages qu’il présentait. Tout y est passé : fantômes, OVNI, envoûtement, sorcellerie, voyance, reconstitution de la vie de saints, Dieu, sa sœur… Enfin, bref, il y avait à boire et à manger. Le format est, si je me souviens bien, de quatre petits films par émission. Parfois, le 4ème, c’était une rediffusion. D’autres avaient été achetés à une chaîne américaine et pour faire plus vrai, on avait laissé les témoins en VO, une voix française couvrant leurs propos à contretemps comme si c’était de la traduction instantanée (vous savez, on laisse toujours le « well, you know… » avant d’entamer la traduction « vous savez… »). Je me souviens de quelques histoires que voici.
 
Le sang dans la maison
Beaucoup de gens se souviennent de cette histoire, diffusée lors de la première émission : les taches de sang qui apparaissent dans la maison, que ce soit sur les murs, sur
les meubles ou sur les vêtements. Je crois que ça se passait en Alsace, mettons chez Jeannine et Robert (je me souviens pas du tout de leur nom en vrai, mais on s’en fout). Jeannine est femme au foyer et, un jour, en faisant le ménage, elle trouve des traces de sang sur le mur. Bon, dans le film, on la voit troublée. A mon avis, sur le coup, elle s’est dit : « fais chier, Robert, je me casse le cul à faire le ménage toute la journée pour que ce soit nickel et l’autre, il me pastiche tout ! ». Bon, elle nettoie mais… les taches reviennent (musique angoissante) ! Donc ils appellent la police qui a un très bon réflexe : analyser le sang pour vérifier que c’est pas celui du chien. Je veux pas dire mais la seule fois où j’ai trouvé du sang chez moi, j’ai de suite pensé à Kenya et j’avais raison ! Oui parce qu’un chien, ça remue la queue donc s’il est blessé là, faut pas s’étonner de trouver des tâches de sang partout.
Mais non, c’est du sang… humain (musique qui fait trop peur) ! Bon, les flics pensent de suite qu’un voisin fait une mauvaise blague. Perso, j’aurais pensé que le Robert avait la main un peu lourde sur la Jeannine et qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour appeler au secours. Bon, dans la reconstitution, ils passent direct au détecteur de blagueur : ils nettoient la maison puis saupoudrent de la farine partout sur le sol : si y a un blagueur qui vient, il va laisser des traces, ahahah ! Et bien le lendemain, y avait toujours de la farine mais aussi du sang donc les flics vont creuser dans la cave (sous les ordres d’un exorciseur ou un médium, je sais plus) et ils trouvent plein de cadavres : charmant ! Enfin, ils enlèvent les cadavres et je sais plus si les taches de sang arrêtent d’apparaître ou pas.
 
Les OVNIS
Je groupe car y en a eu plein des histoires d’OVNIS. D’abord, Roswell. Hé oui, la première que j’en ai entendu parler, c’était là. Un reportage super bien fait, avec une belle reconstitution et tout, j’étais sciée. N’empêche que c’est moche, un alien…
Ensuite, il y avait les OVNIS en forme de triangle qu’on a vu partout, pourchassés par les avions belges et qui ont survolé toute la France, y compris Toulouse. Alors, là, j’ai été profondément dégoûtée : un OVNI  a daigné passé au-dessus de ma tête et je ne l’ai même pas vu ! Du coup, je passais des heures à scruter le ciel la nuit. Fallait me voir quand on allait dîner chez ma mamie paternelle (3/4 d’heures de voiture par l’autoroute), collée à la fenêtre le nez en l’air, le cœur battant au moindre avion qui passe… Et bien, raté ! Pourtant, l’autre soir, j’ai vu un truc, un lumière qui passait dans le ciel mais je l’ai vue par hasard et je m’en souviens juste maintenant parce que j’écris l’article. En fait, je pense que c’était un petit avion privé, Roissy n’est pas hyper loin.
Il y avait aussi l’histoire de l’OVNI tout rond tout mignon qui se pose devant un paysan du sud (je sais plus où exactement, en Provence, par là). Là, la scène était rejouée par le vrai paysan qui était médusant dans ce rôle : quand l’OVNI apparaissait, il bloquait. Hop, cerveau éteint, plus rien. On voyait le petit truc qui arrivait, se posait dans le jardin et repartait en laissant une trace ronde. On revoyait la scène une bonne dizaine de fois car l’action dure deux minutes au mieux, la petite fiction devait faire une vingtaine de minutes avec les témoignages des personnes concernées. Mais le mieux, c’était le paysan qui n’était pas né pour être acteur. Déjà, on le voit qui ratisse tranquille puis il regarde vers le ciel d’un air tout à fait naturel style : « je regarde en l’air car je pressens qu’un OVNI va arriver ». Hop, le v’la et l’autre n’a pas l’air étonné du tout. Il faut savoir que dans le sud, c’est courant, un OVNI qui se pose dans votre jardin. Et une fois qu’il est là, l’autre, il n’y a plus une seule lueur d’intelligence dans son regard, une statue de cire se serait montrée plus
expressive. Alors, forcément, vous imaginez les pauvres aliens, ils arrivent là et voient l’autre, ils repartent en informant la base qu’ils n’ont trouvé aucune trace d’intelligence sur notre planète.
 
Les trucs religieux
Là, aussi, il y a eu du lourd, de la vie de Padre Pio à l’histoire de Fatima. Je dois cependant avouer que j’ai plus appris sur l’histoire religieuse du XXe siècle en regardant
Mystères qu’en allant au catéchisme. Bon, l’histoire qui m’a le plus marqué, c’est l’histoire de la petite Italienne, Graziella, je crois, qui avait une grave maladie et qui se mourrait dans son petit village d’Italie. Ses camarades, sympa, se sont cotisées pour lui payer un voyage à Lourdes (car la petite était pauvre) donc voici notre fillette qui part là-bas, on lui donne le bain, on lui fait boire de l’eau de Lourdes et tout mais sur le coup, elle garde sa maladie. Elle maigrit, elle peut plus marcher, c’est la fin. Elle rentre dans son petit village et sa maman continue à lui donner de l’eau de Lourdes parce qu’au prix du voyage, autant écouler le stock. Un jour, elle fait de la couture ou de la broderie dans la cuisine quand la petite Graziella arrive sur ses deux jambes et fait : « maman, j’ai faim ! ». Et bien oui, elle est guérie ! Bon, on la voit ensuite passer des examens à Lourdes pour qu’on authentifie son miracle puis le reportage se termine sur la jeune femme, aujourd’hui, en train de marcher dans l’église de Lourdes en passant sa main sur les messages de remerciements qu’il y a au mur d’un air qui se veut ému mais on sent bien qu’elle s’en fout.
Sinon, y avait aussi un reportage sur « Fatima », vous savez, les trois bergers portugais qui ont vu la Vierge pendant une guerre mondiale ! Même qu’elle a fait trois révélations, la dernière concerne la fin du monde et elle est consignée au Vatican. Jean-Paul II aurait dit ne pas vouloir la révéler au public tellement elle est terrifiante. Bon, il a bon dos de dire ça, il est mort, il la vivra pas avec nous, la fin du monde ! Je me souviens de ce reportage car, à un moment, il y avait un trucage tout pourri. La vierge fait des miracles je sais plus pourquoi. D’abord une aurore boréale, pas super courante au Portugal puis un jour, elle fait virer le ciel de couleur… Et là, le truqueur s’est contenté de passer des filtres de couleurs sur l’image du ciel, on aurait dit un clip pourri style années 80, manquaient plus que des « yo ! » inscrits en gros.
 
L’exorciste
Un de mes préférés, celui-là, même si on est très loin du film d’horreur du même nom. C’est l’histoire d’une dame, une bourgeoise vieillissante que l’on pressent chiante comme la pluie. Cette pauvre dame, il ne lui arrive que des malheurs, je ne sais plus trop quoi mais des choses horribles et elle va pas bien. Je ne sais plus précisément quels étaient ses malheurs mais un soir, on sonne à sa porte, elle regarde dans le judas et, horreur ! C’est un Noir à la mine peu joviale. Oh, elle a peur ! Elle re-regarde dans le judas et, là, le Noir a disparu. C’est sûr, quand un Noir sonne chez moi, je comprends de suite que j’ai été envoûtée…Mais bon, la dame, elle semble pas habituée à voir un homme de couleur dans son immeuble et elle a très peur. Autre scène, elle est couchée dans son lit et elle tourne et retourne, quelque chose la gêne. Elle se lève soudain, excédée et tire les draps de son lit et aaaaaaah, horreur : un ongle énorme, sale, traîne dans son lit. Bon, honnêtement, c’était mal filmé donc on la voit qui crie avec la musique qui fait peur mais j’avais pas compris le truc. Mais bon, puisqu’elle a peur d’un Noir, je me suis dit qu’il y avait un pli sur son drap et que ça la terrorisait. Non, en fait, y avait un ongle qui n’était même pas à elle. Bon, ça j’avoue, ça m’aurait fait froid dans le dos : un ongle même pas à moi dans mon lit, c’est dé-goû-tant. Bon, elle en peut plus, elle appelle une exorciseuse qui lui fait faire plein de trucs donc trois tours au dessus d’un seau rempli d’urine de fille vierge. Si j’avais su, je serais restée vierge, j’aurais vendu mon urine à prix d’or, vu comme cette qualité devient rare de nos jours. Bref, l’exorciseuse sort soudain une sculpture à la César de l’urine avec des trucs qui
sortent et qui ressemblent à des clous. Et bien voilà, quelqu’un a planté des clous dans un lieu stratégique de la maison pour lui porter malheur : sous la baignoire. Bon, voilà, la dame
paye et le malheur est enlevé, c’était son ex femme de ménage qui lui avait jeté un sort. Quand je vous dis qu’elle avait l’air chiante, la vieille…
 
L’écriture automatique
Il était une fois une dame qui avait perdu sa fille dans un accident, il me semble. Bon, elle est triste et c’est normal, elle se remet pas de la mort de sa petite. Sa chambre est restée en l’état. Puis, un jour, je ne sais plus comment, elle se demande si sa fille ne veut pas entrer en contact avec elle donc une amie voyante (ou pas loin) lui dit de guetter les signes. Un
soir, la dame lit et pif ! le portrait de sa fille tombe. Un signe ? Non, la dame a du mal à y croire donc elle décide de pas nettoyer le tabouret de piano de sa progéniture, pour voir. Un jour, swizzzz, la poussière s’est envolée ! Bon, là, c’est sûr, sa fille veut entrer en contact.
Donc tous les soirs à une heure précise, la dame s’assoit dans son salon, stylo à la main et elle attend… Rien…Rien… Puis un soir, le stylo agit ! Et voilà, sa fille lui écrit, elle lui raconte des trucs, je sais plus quoi. La dame est convaincue que c’est bien de sa fille qu’il s’agit : « elle fait des fautes d’orthographe alors que je n’en fais jamais ! ».
Du coup, après l’émission, qui a tenté l’expérience ? Moi, évidemment. Bon, et bien, j’ai dû rentrer en contact avec un gamin de 3 ans car j’ai fait de beaux gribouillis mais aucun mot n’est sorti de là…
 
La réincarnation
Je parle de cette histoire car elle m’a bien plu. C’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Marie, je crois, mais même si c’est pas ça, on s’en fout. Toute petite, Marie dessine Big Ben, comme ça, just for fun. Sauf qu’elle ne sait pas ce que c’est Big Ben, elle vit en France, elle est toute petite et ses parents n’ont manifestement aucun moyen de communication vers l’extérieur vu que sa mère s’extasie sur le dessin de la petite qui est censée n’avoir jamais vu la tour avec la grosse horloge. Je veux pas dire mais Big Ben passe au moins une fois par semaine à la télé et s’incruste régulièrement dans nos journaux… Bon, c’est pas grave, la maman inscrit sa petiote aux cours d’anglais et elle est trop forte, la Marie : à peine elle commence qu’elle est déjà bilingue. Moi qui n’arrive pas à aligner trois mots en suivant sans faute dans cette foutue langue, du haut de mes 25 ans, je déteste cette gosse. Bon, la demoiselle grandit et va vivre à Londres, elle rencontre un bel Anglais du nom de James et s’éprend de lui mais James meurt je sais plus comment. Du coup, Marie décide de tenter la régression pour connaître sa vie antérieure (moi non plus, le lien de cause à effet ne me paraît pas flagrant mais bon). Marie retourne dans sa vie antérieure, elle était une aristocrate anglaise ou un truc du genre et elle connaissait déjà James, et tout. Bon, là, y a un super plan de la fille en robe d’époque qui traverse un tunnel (genre Marie part à la découverte de sa vie antérieure)… Ben, elle a eu de la chance, Marie : grâce à son histoire, elle a pu enfiler une belle robe de princesse. Bon, en fait, cette histoire me plaisait bien parce que je suis une adepte de la réincarnation (l’idée de l’éternité au Paradis, je trouve ça chiant, honnêtement). En fait, ado, j’étais très drôle et super bien dans ma peau, j’avais hâte de mourir pour commencer une nouvelle vie, vous pensez bien que ce petit film m’avait parlé…
 
Une maison hantée
J’ai peu de souvenirs de celui-là, l’histoire classique d’une famille qui emménage dans une maison qui, en fait, est hantée. Y a le papa, la maman et les deux petites filles. Au passage, je trouve ignoble d’avoir fait joué les vraies gamines dans la reconstitution, elles n’ont pas été assez traumatisées, remettons-en une couche ! Donc, la maison est hantée, bouh ! La scène dont je me souviens, c’est qu’à un moment, l’aînée des petites filles se retrouve possédée, elle a les yeux exorbités (super trucage, au passage, ça foutait les jetons) et jette tout ce qui se trouve à sa portée par terre, y compris une table. Bon, sa mère finit par la calmer et finalement, ils vont dans le cimetière d’en face et découvrent une tombe ouverte pile dans l’alignement de la maison, ils la referment et fin de l’histoire. En fait, cette histoire m’a surtout marquée avec la gamine aux yeux exorbités, j’ai trouvé ça trop horrible.
 
Les pommes volantes
L’histoire qui a marqué la population, celle-là ! L’histoire d’un couple sans histoire qui se fait attaquer par un fantôme plus ou moins hostile… Je ne sais plus comment ça a commencé mais un jour, leur commode se met à trembler comme une feuille, ils ont peur, aaaaaaah ! Et la commode s’écroule comme un simple jeu de carte dans un bruit effroyable. Quand on vous dit que c’est de la merde, IKEA ! Ah non, c’est un fantôme qui est très méchant, il soulève le lit et un jour, ô drame, des pommes qui étaient dans la cave traversent les murs (ben oui, une pomme, ça traverse un mur, tu savais pas ?) et bombardent les pauvres gens attablés qui ne demandaient qu’à bouffer tranquille. Panique !
Bon, finalement, ils en ont marre des pommes et des lits volants donc ils déménagent mais ses connards de fantômes les suivent et là, scène d’anthologie : on voit le fils de
la maison travailler en écoutant le vieux transistor et, là, effets spéciaux de la mort qui tue. Le cameraman prend le transistor et le place devant la caméra avant de foncer vers le gamin qui se
fait donc attaquer pas l’objet en question. Nous sommes donc en présence d’esprits frappeurs, dans le sens premier du terme… Bon, un petit coup d’exorciste et hop, ils sont partis les méchants fantômes !
 
Mystères a bercé mon adolescence et m’a pendant pas mal de temps déconnectée de la réalité. Je passais mes nuits à scruter le ciel, à déterminer si le bruit que j’entendais était une manifestation surnaturelle ou juste un de mes parents qui allait aux toilettes. Cette émission a cependant eu le mérite de m’ouvrir l’esprit, j’ai lu beaucoup de livres sur le surnaturel, y compris le magazine « Mystères » qui reprenait les reportages de l’émission. Aujourd’hui, je regarde le ciel pour voir les étoiles (ce qui est difficile à Paris), les bruits nocturnes sont automatiquement attribués à Kenya. J’ai juste gardé ma passion pour la cartomancie.

Le jeu de l’’amour et du hasard

Comme je m’en suis rendue compte à plusieurs reprises, la vie est pleine de surprises, parfois elles sont très agréables. Dans ma vie amoureuse, le hasard fait curieusement les choses, j’en suis la première étonnée.
 
J’ai parlé à plusieurs reprises de mon « correspondant virtuel » qui, en deux mois, a pris beaucoup de place dans ma vie. Bien plus que je n’aurais cru au départ. Tout est parti d’un mail anodin atterri sur ma boîte, je reconnais ce jeune homme, je l’ai déjà croisé au détour des blogs. Il s’appelle Guillaume et il vit en Bretagne. Dès le départ, il cumule les qualités : le prénom de mon ex et il vit dans la région de mes ancêtres. On discute innocemment et il me propose en plaisantant d’aller passer un week-end chez lui. Innocemment, il me donne son identifiant meetic. Comme j’ai gardé un pseudo bidon, je vais jeter un œil. Je rêve : il a des faux airs de Bertrand, mon fantasme de l’été 2004.
 
Il est mignon, il vit en Bretagne mais tout de même : je vais pas débarquer chez un inconnu comme ça, ma maman m’a toujours dit de pas parler aux inconnus… (si elle savait, la pauvre !) Du coup, Guillaume me propose un jeu : il va se dévoiler par mail pour me donner une irrésistible envie d’aller passer un week-end chez lui. Ce petit jeu tombe pile au bon moment : je suis en vacances chez mes parents, Arnaud est loin et omet de me donner de ses nouvelles.
 
Le jeu s’emballe à une vitesse hallucinante, on commence à se livrer des choses très personnelles, les baisers virtuels deviennent de plus en plus osés. Joueuse, je préfère ne pas lui donner mon adresse MSN au départ afin de poursuivre ses longs échanges épistolaires. Je suis assez troublée par cette histoire car j’ai vécu à peu près la même chose il y a 6 ans avec Pierre, l’amant pervers. Tout avait commencé par des mails anodins, de plus en plus intimes, de plus en plus chauds, jusqu’à la rencontre… Et là, la magie avait volé en éclat : ce n’était pas mon cœur qui l’intéressait mais une autre partie de mon anatomie, les « je t’aime » susurrés dans le combiné téléphonique se sont transformés en déclarations beaucoup moins tendres… Du coup, je ne sais pas quoi penser : d’un côté, il me plaît, de l’autre, Arnaud n’est pas loin et, enfin, il y a mon passé. Chat échaudé craint l’eau froide.
 
J’essaie donc de me préserver mais, en même temps, j’aime me confier à lui. Dès que j’avais la moindre contrariété, je lui envoyais un mail pour lui raconter, cherchant son soutien que j’ai toujours obtenu, que ce soit dans mes histoires de sexe foireuses ou lorsque j’ai eu la peur de ma vie à cause de mon diplôme que je pensais avoir raté (petite digression au passage : Clara m’a appris mardi que nous n’étions que 5 sur les 12 à avoir eu notre diplôme…). Un soir, il me laisse un message sur un blog : et si nous nous aventurions tous les deux sur MSN. En vérité, il avait trouvé mon identifiant MSN par hasard quelques temps auparavant (il me l’avait avoué)mais avait attendu mon accord pour me rajouter. Nous voici donc à discuter sur MSN, la magie est toujours là. Je lui confie que ça me fait plaisir que ma relation avec Arnaud n’ait pas distendu les liens entre nous. Mais je n’ose pas trop lui en parler. Durant l’été, il avait lui-même échangé quelques baisers avec de jolies demoiselles et même plus. J’en avais éprouvé une pointe de jalousie et je m’étais trouvée stupide sur le coup : il ne me doit rien, il est normal qu’il vive sa vie de son côté.
 
Cependant, ce passage sur MSN a eu un effet pervers, de mon côté : je me rendais compte à quel point ce garçon, en plus d’être mignon, était touchant et intelligent, ce qui ne gâche rien. Mais je dois garder en tête que je suis une patate mariée. Pendant mon séjour chez mes parents, je reçois une lettre manuscrite de lui dans laquelle il me confie des choses très personnelles (dont je ne parlerai pas ici, ce n’est pas la peine de demander des précisions). Au fur et à mesure que je lis ses mots, je suis de plus en plus bouleversée, son histoire me rappelle tant une personne qui m’est très proche et qui a beaucoup souffert. Je lisais la lettre en même temps que nous discutions sur MSN puis, après avoir « digéré » ses révélations, je le lui avoue. Nous en parlons, je suis plus troublée que jamais… A ce moment-là, j’avoue qu’Arnaud n’occupe plus la première place dans mes pensées. Au moment de se dire au revoir, Guillaume me dit : « je t’embrasse sur la joue. » J’hésite quelques instants puis lui réponds une phrase qui peut paraître provocante : « Sur le net, tu peux m’embrasser où tu veux. »
 
Je vais me coucher mais ne dors pas, mes pensées sont confuses, ça tourbillonne dans ma tête. Guillaume m’avait annoncé quelques temps plus tôt qu’il venait sur Paris à la fin du mois d’octobre. Je vais donc le voir… J’en ai incontestablement envie mais Arnaud ? Que suis-je censée faire ? Après je ne sais combien d’heures d’intense cogitation, je prends une décision : quoi qu’il arrive, j’embrasserai Guillaume, il ne peut en être autrement. Je ne pourrai pas lui donner plus mais je ne peux lui donner moins. Ce baiser, je nous le dois, en quelques sortes.
 
Retour sur Paris et l’incroyable se produit : Arnaud s’efface de ma vie. Je rentre le lundi et découvre que mon petit ami n’est pas venu me chercher à la gare, qu’il ne m’appelle pas pour savoir si je suis bien rentrée et me voilà très énervée. Je raconte mes « malheurs » à Guillaume qui finit par me demander s’il peut m’appeler. Après un jeu de charade débile (« mon premier est le premier » « 01 ! »), nous voilà en possession de nos numéros respectifs. Il m’appelle donc et on reste une bonne heure à discuter. Mon moral remonte en flèche même si je ressens une certaine culpabilité vis-à-vis d’Arnaud (si j’avais su…). Le mercredi, il se connecte entre midi et deux et me dit : « ce soir, je dors à Roissy ». Roissy… la ville où y a un aéroport ? C’est à dire à quelques dizaines de kilomètres de chez moi ? Que suis-je censée faire ? Après tout, je suis toujours officiellement avec Arnaud… Enfin, je crois. J’avais prévu ce soir-là de rencontrer Banana donc je lui propose de se joindre à nous. Je suis quand même extrêmement troublée : comment se fait-ce que les choses coïncident à ce point ? Par quel merveilleux hasard le premier s’en va alors que le second arrive ?
 
Finalement, Guillaume a eu des soucis de navette entre les aéroports et ne peut nous rejoindre, ce n’est peut-être pas plus mal : je ne sais pas ce qu’il va se passer avec Arnaud et je n’ai pas envie de me mettre dans une situation compliquée (déjà que…).
 
Quelques jours plus tard, me voilà officiellement célibataire et les choses s’accélèrent : nos conversations jusque là mesurées deviennent franchement enflammées. Puisque je suis célibataire, il pourra venir dormir chez moi, dans mon lit… Certaines de nos conversations font naître une douce chaleur dans le creux de mes reins mais je n’en dirai pas plus.
 
Comme je ne veux pas lui mentir, je lui « parle » des mes brouettes actuelles sans trop entrer dans les détails. Je lui parle de l’atroce comportement de Benoît et il m’avoue être déçu que je l’aie revu. Là, je ne peux absolument rien dire pour me défendre, il a entièrement raison. Cependant, cette histoire de brouette l’a remué car elle a fait remonter en lui des souvenirs douloureux et là, je m’en veux. Je m’en fiche de m’être fait avoir par un connard mais blesser Guillaume, ça me déchire le cœur.
 
Voilà, il arrive aujourd’hui par le train de 16h15, j’espère que le train sera à l’heure sinon, mes poumons vont en prendre un sacré coup. Je ne sais pas à quoi m’attendre et je n’ai pas envie d’y penser, je veux prendre cette histoire telle qu’elle vient. Il est vrai que Guillaume est une synthèse incroyable d’hommes que j’ai pu côtoyer avant : même prénom que mon ex, ressemblance physique avec Bertrand, même relation épistolaire qu’avec Pierre, il vit en Bretagne (Laurent et Arnaud sont Bretons), il est brun aux yeux verts comme la majorité des hommes qui m’ont plu… Je ne sais qu’en penser, peut-être est-ce juste un formidable hasard. Peut-être est-ce autre chose.
 
 
NB : Comme Guillaume est sur Paris jusqu’à lundi, je ne sais pas si je passerai beaucoup de temps ici, il y  aura un article quotidien mais je ne répondrai peut-être pas immédiatement aux comms… Mais j’y répondrai tôt ou tard, ne vous inquiétez pas.