Eau de boudin

Non, non, cet article ne parle pas d’un nouveau parfum pour filles moches, reste lecteur. Ce n’est pas un article drôle non plus qui épingle l’industrie de la mode. Non, je te parle de mon stage pour la dernière fois puisque ça y est, c’est terminé. Et j’avoue que la fin me laisse un petit goût amer.

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Durant 6 mois de ma vie, j’aurais donc été rédactrice pour une asso. Oui, rédactrice et non plus stagiaire grâce à mon nouveau contrat, cool. Le bilan est globalement positif, j’ai appris plein de choses, je me suis un peu frottée aux joies de la comm, milieu que je ne connaissais pas trop… Donc, oui, j’ai appris. J’ai rencontré des gens sympas, j’ai pu travailler sur pas mal de sujets, y compris des sujets auxquels je connais pas grand-chose et mon press book a encore pris du volume. Seulement voilà, ça s’est terminé en eau de boudin et je suis un peu déçue. En fait, à l’heure où j’écris ces lignes, je suis même assez énervée.

 

Tout allait bien jusqu’à mi août puis, là, ça a commencé à un poil se gâter. Déjà, en août, je n’avais plus trop de nouvelles des gens mais bon, c’est l’été, ça va passer. Un peu avant la fin de ce long mois, je reçois un coup de fil de Simon, le président de l’asso (pas celui avec qui je fricote, ne confondons pas) : « ouais, écoute, on va peut-être aller à la Rochelle aux universités d’été du PS et si on y va, on te prend avec nous. » Moi, je suis assez ravie de la nouvelle parce que bosser chez moi, c’est quand même pas le top. Bon, la semaine se passe et le jeudi, je dois aller chez Michel récupérer mon salaire de juillet. Et là, j’apprends qu’il part à la Rochelle avec Simon… sans moi. Bon, ok, l’asso n’a pas de moyens, je peux comprendre. Je m’assois au passage sur l’université d’été de l’UDF à la Grande Motte aussi mais bon, pas les moyens, pas les moyens…

 

Ca aurait été anecdotique si ça en était resté là. Mais en septembre, je me suis sentie carrément exclue de l’asso alors que je suis quand même une des pierres fondatrices puisque je suis là depuis le début ! Plus personne ne répond aux mails que j’envoie, je suis juste tenue au courant des réunions. Autant vous dire que ça vous motive pas une Nina, tout ça, je commence un peu à lâcher prise et à accumuler le retard (je sais, c’est pas bien). Je suis quand même réquisitionnée pour le meeting de Jack Lang car il reste une place et que le dimanche, hein, y a pas foule pour se déplacer. Bon, ce meeting m’aura au moins servi à rencontrer Simon (celui avec qui je fricote, pas le président de l’asso !) mais bon, vu que j’ai été prévenue un peu à la dernière minute, je suis pas super à l’aise. Et puis des tas de projets semblent se mettre en place et personne ne se donne la peine de me mettre au courant.

 

Mi septembre, dernière réunion où ma présence est requise, je me sens limite de trop. On me demande plus mon avis sur rien, on ne me demande pas où j’en suis, je me demande limite ce que je fais là. Je trouve quand même des contacts pour des parrainages et tout ça, je n’ai pas fini mon stage et je reste dans l’asso jusqu’à mi octobre… A ce que je croyais. Fin septembre, un mercredi matin, coup de téléphone de Simon (le président de l’asso, pas celui… vous suivez ?) : « Oui, faut qu’on se voie ce week-end pour signer ton contrat, vu que tu finis vendredi. » Pif, paf, dans ma gueule ! Bon, je n’insiste pas : je voulais rester pour organiser une soirée débat mais je sentais que j’aurais pas mon mot à dire sur le sujet donc autant laisser tomber et j’ai déjà d’autres choses de prévues donc c’est pas grave, je gagne 15 jours de vacances sur ce que j’ai prévu. Le jeudi, coup de fil de Michel car le lendemain, je devais aller aux Assises de la jeunesse au Conseil économique et social et je n’avais reçu aucune invitation.

« Tu vas à la réunion ce soir ?
– Heu… oui.

– Ok, ben tu verras avec Simon et Isa pour demain, où vous vous retrouvez. »

Bon, je file voir ma boîte mail : aucune news de la réunion. J’envoie un mail pour demander des infos, personne ne me répond. A 20h, je décrète que si réunion il y a, je n’irai pas. De toute façon, si réunion il y a eue, je n’ai pas été conviée. Et ça me fout franchement en colère : je suis encore en stage chez eux, merdouille ! Ca ne se fait pas de me foutre à l’écart, comme ça. Surtout que dans la même journée, j’ai voulu me connecter au Monde pour faire ma revue de presse et Simon a changé ses codes donc je n’ai plus accès au service abonnés. Bordel, je commence à en avoir sérieusement marre.

 

Vendredi, je retrouve Simon et Isa aux Assises de la jeunesse, toute la journée à écouter des gens parler mais c’était intéressant, quand même. Simon part entre midi et deux, je lui demande son nouveau mot de passe pour Le Monde. Autant vous dire que ni le nouveau ni l’ancien ne fonctionnaient quand j’ai voulu me connecter. Bon, je quitte Isa à la fin de la journée, j’ai encore du boulot en retard à finir. Mais je prends mon temps. Je finis de retaper l’interview d’Emilie Maume (bon, ok, j’ai pris un peu une semaine de vacances) et quand je veux le mettre sur l’éditeur du site, mon code ne marche plus. Je veux envoyer un mail de mon adresse de l’asso : ma boîte n’existe plus. Je veux accéder à notre site d’archives en ligne pour récupérer un document : le code n’est plus le bon. En gros, en une semaine, ils ont changé tous les codes et je n’ai plus accès à rien. Bref, pour eux, je n’existe plus, fin de l’histoire.

 

Et non, pas fin de l’histoire ! D’abord, je vais terminer tout ce que je leur dois et le leur envoyer (quand même) mais surtout, je vais leur rappeler que je n’ai pas encore signé mon contrat… et qu’ils me doivent encore 600 euros ! Vu l’état de mes finances, j’en ai VRAIMENT besoin, surtout que merde, j’ai bossé, je me suis tapée un meeting un dimanche soir, une journée au CES dans une ambiance surchauffée, je mérite mon argent. De toute façon, je n’ai rien signé et si je veux, je peux faire retirer tous mes textes du site, vu qu’ils n’ont aucune cession sur mes droits d’auteurs. Et sans mes textes, le site va paraître très vite.

 

Bref, je trouve dommage que cette expérience qui me plaisait tant se termine ainsi, surtout que je suis pas du genre revendicatrice. Mais mes 600 euros, ils me les doivent et je les aurai !

La drague en boîte

Deuxième volet de « la drague vue par une fille qui n’aime pas ça ». Après la rue, voici un haut lieu de drague : la boîte de nuit. Des hommes et des femmes parés pour l’occasion et gigotent sur des musiques endiablées. Toute cette sueur active fortement les phéromones, on espère ramener un(e) partenaire de brouette pour terminer la nuit. Après tout, la pénombre, des mouvements en rythme tel un prélude à l’amour, l’alcool, les strass… Tous les ingrédients sont réunis ! Sauf que c’est pas une raison pour nous croire forcément consentantes.
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En boîte, les discussions sont impossibles, il faut l’admettre donc on ne se base que sur ce que l’on peut juger : le physique. Après une conversation hautement philosophique « Et c’est quoi ton nom ? Nina et toi ? Jean-Paul. », on danse, on se tripote, on se mélange la langue et plus si affinités (dans les toilettes, la voiture ou même dans un lit, tant qu’on y est !). Du coup, des tas de jeunes loups (ou louves, d’ailleurs) affamé(e)s hantent ces lieux à la recherche du bon coup. Sauf que tout le monde n’est pas là pour ça, il faut savoir décoder les signes. Il y a deux ans, le prof de communication politique nous a expliqué que des sociologues avaient décrypté la drague en boîte et ils avaient révélé que contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les femmes qui donnent le coup d’envoi de la séduction, en se trémoussant d’une certaine façon, en se touchant les cheveux…
 
A bien y penser, ce n’est pas faux. Bon, moi, les cheveux, je les touche tout le temps donc ce n’est pas nécessairement un indice (ben oui, quand je danse, ils me viennent dans la figure, faut bien que je les repousse). Mais si en boîte, un monsieur m’intéresse, je lui envoie des regards assez explicites… Je dirais même que je cherche son regard avec insistance et je vois : s’il n’y répond pas, je laisse tomber. A l’inverse, si je vois qu’un gars me dévore des yeux et qu’il ne me plaît pas, j’essaie de lui faire comprendre que je suis pas intéressée, le mieux étant en lui tournant le dos. Mais la plupart ne comprennent pas.
 
Il y a de tout en boîte dont certains mecs qui ont du mal à comprendre que non, c’est non et qui insistent lourdement. Quand je suis allée en boîte il y a un peu plus d’un mois, je me suis retrouvée aux toilettes avec deux filles, mortes poules, l’une d’elles commence à se lamenter sur les mecs car un jeune homme éconduit l’avait griffée… et pas qu’un peu, elle avait une sacrée estafilade sur la figure. Non mais on rêve ! Certaines se prendront des « pétasses » ou « salopes » très galants, ça donne vraiment envie de connaître le monsieur. Parce que c’est pas parce que monsieur vient pécho que toutes les filles doivent tomber à ses pieds et se faire traiter de la sorte si elles osent dire non.
 
Cet été, je suis allée en boîte avec Linga et Athéna : une Asiatique, une Antillaise et une châtain, bonjour le trio. On a passé la soirée à se faire entreprendre : trois filles ensemble, le pied. A un moment, un mec m’attrape la main (non mais ça va oui ? On n’a pas élevé les cochons ensemble mon gars). « Hé tu danses avec moi ?
– Non, suis avec mes copines.
– Et alors ?
– Et alors je veux danser avec elles, pas avec toi. »
Le problème quand on est qu’entre filles, c’est que nous sommes les proies faciles de tous les dragueurs, surtout les acharnés. Parce qu’apparemment, quand on n’est qu’entre filles, on est forcément en chasse. Et bien non, moi, je vais en boîte avec mes copines pour m’amuser. Si j’avais eu envie de danser avec monsieur, je lui aurais envoyé des signes. Et puis on me prend pas par la main, non mais !
 
Y en a qui privilégient à la quantité à la qualité : je me jette sur toute la chair fraîche environnante, y en a bien une qui va céder. Toujours lors de ma dernière virée en boîte hétéro, j’ai assisté à la chasse d’un pauvre type qui se jetait sur toutes les nanas et se prenait râteau sur râteau, forcément. Alors, là, j’entends les mâles qui hurlent : « ben alors quoi ? On a le droit de draguer qu’une nana par soirée ? » Je vous réponds : si je vois un mec draguer une nana, se prendre une veste et venir joyeusement m’entreprendre quelques minutes après, c’est clair qu’il va se prendre un vent. Hé oui, je ne suis pas une femme parmi tant d’autres, je suis un individu. La drague, c’est pas comme l’usine, ça marche pas à la chaîne. Quel crédit vais-je donner à un mec qui se jette sur moi avant tout parce que je suis de la chair fraîche ? Si je lui dis non, il va attaquer une autre fille, ça fait toujours plaisir…
 
Dans ma courte vie, je ne suis sortie qu’une fois avec un mec en boîte. J’étais dans ma période Pierre, un type m’accoste (enfin, vient danser devant moi) et comme j’étais résolue à mélanger ma langue ce soir-là, me suis pas faite prier. Sauf qu’il devait faire deux mètres et moi beaucoup moins. A un moment, je lui demande son prénom (oui, après avoir visité sa cavité buccale, la te-hon) et il me répond Pierre donc je l’indique discrètement à Gauthier quelques mètres plus loin qui explose de rire. Résultat, on a passé la soirée à se rouler des pelles sur la piste de danse à tel point que quand on s’est décollé, à un moment, des gens ont applaudi (la te-hon bis). Résultat : ben rien, fin de la soirée, fin de l’histoire. Le lundi, j’ai croisé un mec à la fac qui lui ressemblait terriblement, j’ai jamais su si c’était lui ou pas mais vu qu’il était équipé d’une greluche, j’ai jamais osé demandé. En même temps, deux jours plus tard, je sortais avec Guillaume 1er du nom donc ça n’avait plus d’intérêt. Ceci étant, je ne crois pas que je puisse trouver le géniteur de mes trois enfants en boîte. Peut-être me trompe-je mais c’est tellement la foire aux bestiaux que les histoires qui naissent là sont souvent éphémères. De toute façon, je ne veux plus sortir avec un mec en
boîte. Pas tant par principe que par souci technique : en boîte, il fait sombre, j’ai pas mes lunettes donc le Brad Pitt de la boîte pourrait se révéler être Jean-Louis Bidochon le lendemain au réveil. Avec ou sans alcool dans mon sang.
 
Je n’aime pas la drague en boîte. J’ai un peu l’impression que c’est le marché aux bestiaux, faut à tout prix se trouver une moitié sinon, la soirée est gâchée. Personne ne peut concevoir qu’on va en boîte juste pour danser ou pour passer un bon moment entre amis ? Pourquoi sommes-nous tous censés être là pour « choper » ? Hé oui, moi, si je vais en boîte, c’est avant tout pour transpirer un peu, pour me défouler, quel bonheur ! C’est sans doute pour ça que j’aime bien aller en boîte gay, au moins, je suis peinarde (quoique ça dépend de la boîte).
 
Autre question : pourquoi la discothèque est-elle à ce point l’ennemie de la galanterie ? Ok, il est difficile (voire impossible) de discuter en boîte, mais c’est pas une raison pour entamer la relation par une main au cul. Au passage, mon fessier n’est pas un espace public, on ne s’y balade que sur autorisation. Qu’est-ce qui pousse les mecs à croire que la discothèque est un lieu propice aux attouchements de toute sorte ? Je n’aime pas qu’on me touche, je déteste qu’un mec que je ne connais pas vienne se coller à moi alors que je ne lui envoyé aucun signe d’intérêt. Je me souviens quand j’étais allée en boîte avec mes collègues de mon premier stage, un mec était arrivé derrière moi et m’avait enlacée, s’agitant dans tous les sens derrière moi. Quand il a vu que je m’étais transformée en statue, il m’a lâchée, le tout sous le regard étonné d’un collègue. NON MAIS CA VA PAS ! Je veux bien danser collée serrée mais avec le partenaire que j’ai choisi, sans que ça engage quoi que ce soit au passage. En juillet, j’étais sortie en boîte avec des copains de Clara et je m’étais amusée à faire du frottis-frotta avec l’un d’entre eux. Un pur jeu de part et d’autre, on s’est bien amusés et voilà. Le problème, c’est que les trois-quarts des mecs pensent que le frottis-frotta mène à la brouette donc je ne le ferai jamais avec un inconnu. Alors qu’il ne me l’impose pas, merci.
Bref, la drague en boîte, ça me fait penser à la drague sur meetic : on se choisit uniquement sur des critères physiques et comme on pense que, comme la plupart des gens sont là pour choper, on se dispense des règles élémentaires de séduction. Erreur, erreur. Voilà pourquoi je ne vais jamais en boîte hétéro, ou alors avec mon pénis accompagnateur (un mâle qui joue le rôle de mon mec pour faire fuir les lourdauds, Gauthier, en général).

Mystères

Week-end nostalgie, je suis de retour chez mes parents pour une courte période. Dans cette maison où j’ai débarqué un soir de juillet alors que j’avais 13 ans, abandonnant derrière
moi l’appartement de mon enfance, celui dont je rêve encore, parfois… Mais je m’égare.
 mysteres
Avec Gauthier et une copine, l’autre jour, on parlait de télé dans sa chambre : ado, je n’en ai pas eu. Quand je vois aujourd’hui que je la regarde jusqu’à 3 heures du matin
(quoi qu’ils ont enlevé Nikita, ces connards de Teva !), je remercie mes parents de m’avoir interdit d’en avoir une au pied de mon lit : j’aurais certainement raté mes brillantes études scolaires si l’écran lumineux avait pénétré mon espace. A la place, le soir, je lisais ou j’écrivais,c’était tellement mieux. De temps en temps, tout de même, je passais ma première partie de soirée devant la télé pour regarder des émissions comme X-files mais surtout Mystères.
 
Je sais pas si vous vous souvenez mais à la fin des années 80, début des années 90 sont apparues des émissions appelées « reality show ». On prenait des gens ordinaires à
qui il arrivait des choses extraordinaires, on les faisait (mal) jouer dans des reconstitutions particulièrement… réaliste ? Non, en fait, je voulais dire drôle. Tout a commencé avec « La nuit des héros » présentée par le mec de la météo (Laurent Cabrol, il me semble) puis TF1  a débauché le Cabrol pour faire sa propre « nuit des héros » donc on en avait deux pour le prix d’une. Mais ma préférée, celle que je ne ratais sous aucun prétexte, c’était Mystères, toujours sur TF1.
 
Cette émission était présentée par M. Alexandre Baloud, journaliste transfuge de je ne sais plus où et qui a totalement disparu après, peut-être enlevé par des extraterrestres… Moi, je dis, l’homme à la cigarette n’est pas loin. Ce monsieur était d’une sobriété par croyable mais avait dû être formé par Jean-Claude Bourret car il semblait croire fermement aux reportages qu’il présentait. Tout y est passé : fantômes, OVNI, envoûtement, sorcellerie, voyance, reconstitution de la vie de saints, Dieu, sa sœur… Enfin, bref, il y avait à boire et à manger. Le format est, si je me souviens bien, de quatre petits films par émission. Parfois, le 4ème, c’était une rediffusion. D’autres avaient été achetés à une chaîne américaine et pour faire plus vrai, on avait laissé les témoins en VO, une voix française couvrant leurs propos à contretemps comme si c’était de la traduction instantanée (vous savez, on laisse toujours le « well, you know… » avant d’entamer la traduction « vous savez… »). Je me souviens de quelques histoires que voici.
 
Le sang dans la maison
Beaucoup de gens se souviennent de cette histoire, diffusée lors de la première émission : les taches de sang qui apparaissent dans la maison, que ce soit sur les murs, sur
les meubles ou sur les vêtements. Je crois que ça se passait en Alsace, mettons chez Jeannine et Robert (je me souviens pas du tout de leur nom en vrai, mais on s’en fout). Jeannine est femme au foyer et, un jour, en faisant le ménage, elle trouve des traces de sang sur le mur. Bon, dans le film, on la voit troublée. A mon avis, sur le coup, elle s’est dit : « fais chier, Robert, je me casse le cul à faire le ménage toute la journée pour que ce soit nickel et l’autre, il me pastiche tout ! ». Bon, elle nettoie mais… les taches reviennent (musique angoissante) ! Donc ils appellent la police qui a un très bon réflexe : analyser le sang pour vérifier que c’est pas celui du chien. Je veux pas dire mais la seule fois où j’ai trouvé du sang chez moi, j’ai de suite pensé à Kenya et j’avais raison ! Oui parce qu’un chien, ça remue la queue donc s’il est blessé là, faut pas s’étonner de trouver des tâches de sang partout.
Mais non, c’est du sang… humain (musique qui fait trop peur) ! Bon, les flics pensent de suite qu’un voisin fait une mauvaise blague. Perso, j’aurais pensé que le Robert avait la main un peu lourde sur la Jeannine et qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour appeler au secours. Bon, dans la reconstitution, ils passent direct au détecteur de blagueur : ils nettoient la maison puis saupoudrent de la farine partout sur le sol : si y a un blagueur qui vient, il va laisser des traces, ahahah ! Et bien le lendemain, y avait toujours de la farine mais aussi du sang donc les flics vont creuser dans la cave (sous les ordres d’un exorciseur ou un médium, je sais plus) et ils trouvent plein de cadavres : charmant ! Enfin, ils enlèvent les cadavres et je sais plus si les taches de sang arrêtent d’apparaître ou pas.
 
Les OVNIS
Je groupe car y en a eu plein des histoires d’OVNIS. D’abord, Roswell. Hé oui, la première que j’en ai entendu parler, c’était là. Un reportage super bien fait, avec une belle reconstitution et tout, j’étais sciée. N’empêche que c’est moche, un alien…
Ensuite, il y avait les OVNIS en forme de triangle qu’on a vu partout, pourchassés par les avions belges et qui ont survolé toute la France, y compris Toulouse. Alors, là, j’ai été profondément dégoûtée : un OVNI  a daigné passé au-dessus de ma tête et je ne l’ai même pas vu ! Du coup, je passais des heures à scruter le ciel la nuit. Fallait me voir quand on allait dîner chez ma mamie paternelle (3/4 d’heures de voiture par l’autoroute), collée à la fenêtre le nez en l’air, le cœur battant au moindre avion qui passe… Et bien, raté ! Pourtant, l’autre soir, j’ai vu un truc, un lumière qui passait dans le ciel mais je l’ai vue par hasard et je m’en souviens juste maintenant parce que j’écris l’article. En fait, je pense que c’était un petit avion privé, Roissy n’est pas hyper loin.
Il y avait aussi l’histoire de l’OVNI tout rond tout mignon qui se pose devant un paysan du sud (je sais plus où exactement, en Provence, par là). Là, la scène était rejouée par le vrai paysan qui était médusant dans ce rôle : quand l’OVNI apparaissait, il bloquait. Hop, cerveau éteint, plus rien. On voyait le petit truc qui arrivait, se posait dans le jardin et repartait en laissant une trace ronde. On revoyait la scène une bonne dizaine de fois car l’action dure deux minutes au mieux, la petite fiction devait faire une vingtaine de minutes avec les témoignages des personnes concernées. Mais le mieux, c’était le paysan qui n’était pas né pour être acteur. Déjà, on le voit qui ratisse tranquille puis il regarde vers le ciel d’un air tout à fait naturel style : « je regarde en l’air car je pressens qu’un OVNI va arriver ». Hop, le v’la et l’autre n’a pas l’air étonné du tout. Il faut savoir que dans le sud, c’est courant, un OVNI qui se pose dans votre jardin. Et une fois qu’il est là, l’autre, il n’y a plus une seule lueur d’intelligence dans son regard, une statue de cire se serait montrée plus
expressive. Alors, forcément, vous imaginez les pauvres aliens, ils arrivent là et voient l’autre, ils repartent en informant la base qu’ils n’ont trouvé aucune trace d’intelligence sur notre planète.
 
Les trucs religieux
Là, aussi, il y a eu du lourd, de la vie de Padre Pio à l’histoire de Fatima. Je dois cependant avouer que j’ai plus appris sur l’histoire religieuse du XXe siècle en regardant
Mystères qu’en allant au catéchisme. Bon, l’histoire qui m’a le plus marqué, c’est l’histoire de la petite Italienne, Graziella, je crois, qui avait une grave maladie et qui se mourrait dans son petit village d’Italie. Ses camarades, sympa, se sont cotisées pour lui payer un voyage à Lourdes (car la petite était pauvre) donc voici notre fillette qui part là-bas, on lui donne le bain, on lui fait boire de l’eau de Lourdes et tout mais sur le coup, elle garde sa maladie. Elle maigrit, elle peut plus marcher, c’est la fin. Elle rentre dans son petit village et sa maman continue à lui donner de l’eau de Lourdes parce qu’au prix du voyage, autant écouler le stock. Un jour, elle fait de la couture ou de la broderie dans la cuisine quand la petite Graziella arrive sur ses deux jambes et fait : « maman, j’ai faim ! ». Et bien oui, elle est guérie ! Bon, on la voit ensuite passer des examens à Lourdes pour qu’on authentifie son miracle puis le reportage se termine sur la jeune femme, aujourd’hui, en train de marcher dans l’église de Lourdes en passant sa main sur les messages de remerciements qu’il y a au mur d’un air qui se veut ému mais on sent bien qu’elle s’en fout.
Sinon, y avait aussi un reportage sur « Fatima », vous savez, les trois bergers portugais qui ont vu la Vierge pendant une guerre mondiale ! Même qu’elle a fait trois révélations, la dernière concerne la fin du monde et elle est consignée au Vatican. Jean-Paul II aurait dit ne pas vouloir la révéler au public tellement elle est terrifiante. Bon, il a bon dos de dire ça, il est mort, il la vivra pas avec nous, la fin du monde ! Je me souviens de ce reportage car, à un moment, il y avait un trucage tout pourri. La vierge fait des miracles je sais plus pourquoi. D’abord une aurore boréale, pas super courante au Portugal puis un jour, elle fait virer le ciel de couleur… Et là, le truqueur s’est contenté de passer des filtres de couleurs sur l’image du ciel, on aurait dit un clip pourri style années 80, manquaient plus que des « yo ! » inscrits en gros.
 
L’exorciste
Un de mes préférés, celui-là, même si on est très loin du film d’horreur du même nom. C’est l’histoire d’une dame, une bourgeoise vieillissante que l’on pressent chiante comme la pluie. Cette pauvre dame, il ne lui arrive que des malheurs, je ne sais plus trop quoi mais des choses horribles et elle va pas bien. Je ne sais plus précisément quels étaient ses malheurs mais un soir, on sonne à sa porte, elle regarde dans le judas et, horreur ! C’est un Noir à la mine peu joviale. Oh, elle a peur ! Elle re-regarde dans le judas et, là, le Noir a disparu. C’est sûr, quand un Noir sonne chez moi, je comprends de suite que j’ai été envoûtée…Mais bon, la dame, elle semble pas habituée à voir un homme de couleur dans son immeuble et elle a très peur. Autre scène, elle est couchée dans son lit et elle tourne et retourne, quelque chose la gêne. Elle se lève soudain, excédée et tire les draps de son lit et aaaaaaah, horreur : un ongle énorme, sale, traîne dans son lit. Bon, honnêtement, c’était mal filmé donc on la voit qui crie avec la musique qui fait peur mais j’avais pas compris le truc. Mais bon, puisqu’elle a peur d’un Noir, je me suis dit qu’il y avait un pli sur son drap et que ça la terrorisait. Non, en fait, y avait un ongle qui n’était même pas à elle. Bon, ça j’avoue, ça m’aurait fait froid dans le dos : un ongle même pas à moi dans mon lit, c’est dé-goû-tant. Bon, elle en peut plus, elle appelle une exorciseuse qui lui fait faire plein de trucs donc trois tours au dessus d’un seau rempli d’urine de fille vierge. Si j’avais su, je serais restée vierge, j’aurais vendu mon urine à prix d’or, vu comme cette qualité devient rare de nos jours. Bref, l’exorciseuse sort soudain une sculpture à la César de l’urine avec des trucs qui
sortent et qui ressemblent à des clous. Et bien voilà, quelqu’un a planté des clous dans un lieu stratégique de la maison pour lui porter malheur : sous la baignoire. Bon, voilà, la dame
paye et le malheur est enlevé, c’était son ex femme de ménage qui lui avait jeté un sort. Quand je vous dis qu’elle avait l’air chiante, la vieille…
 
L’écriture automatique
Il était une fois une dame qui avait perdu sa fille dans un accident, il me semble. Bon, elle est triste et c’est normal, elle se remet pas de la mort de sa petite. Sa chambre est restée en l’état. Puis, un jour, je ne sais plus comment, elle se demande si sa fille ne veut pas entrer en contact avec elle donc une amie voyante (ou pas loin) lui dit de guetter les signes. Un
soir, la dame lit et pif ! le portrait de sa fille tombe. Un signe ? Non, la dame a du mal à y croire donc elle décide de pas nettoyer le tabouret de piano de sa progéniture, pour voir. Un jour, swizzzz, la poussière s’est envolée ! Bon, là, c’est sûr, sa fille veut entrer en contact.
Donc tous les soirs à une heure précise, la dame s’assoit dans son salon, stylo à la main et elle attend… Rien…Rien… Puis un soir, le stylo agit ! Et voilà, sa fille lui écrit, elle lui raconte des trucs, je sais plus quoi. La dame est convaincue que c’est bien de sa fille qu’il s’agit : « elle fait des fautes d’orthographe alors que je n’en fais jamais ! ».
Du coup, après l’émission, qui a tenté l’expérience ? Moi, évidemment. Bon, et bien, j’ai dû rentrer en contact avec un gamin de 3 ans car j’ai fait de beaux gribouillis mais aucun mot n’est sorti de là…
 
La réincarnation
Je parle de cette histoire car elle m’a bien plu. C’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Marie, je crois, mais même si c’est pas ça, on s’en fout. Toute petite, Marie dessine Big Ben, comme ça, just for fun. Sauf qu’elle ne sait pas ce que c’est Big Ben, elle vit en France, elle est toute petite et ses parents n’ont manifestement aucun moyen de communication vers l’extérieur vu que sa mère s’extasie sur le dessin de la petite qui est censée n’avoir jamais vu la tour avec la grosse horloge. Je veux pas dire mais Big Ben passe au moins une fois par semaine à la télé et s’incruste régulièrement dans nos journaux… Bon, c’est pas grave, la maman inscrit sa petiote aux cours d’anglais et elle est trop forte, la Marie : à peine elle commence qu’elle est déjà bilingue. Moi qui n’arrive pas à aligner trois mots en suivant sans faute dans cette foutue langue, du haut de mes 25 ans, je déteste cette gosse. Bon, la demoiselle grandit et va vivre à Londres, elle rencontre un bel Anglais du nom de James et s’éprend de lui mais James meurt je sais plus comment. Du coup, Marie décide de tenter la régression pour connaître sa vie antérieure (moi non plus, le lien de cause à effet ne me paraît pas flagrant mais bon). Marie retourne dans sa vie antérieure, elle était une aristocrate anglaise ou un truc du genre et elle connaissait déjà James, et tout. Bon, là, y a un super plan de la fille en robe d’époque qui traverse un tunnel (genre Marie part à la découverte de sa vie antérieure)… Ben, elle a eu de la chance, Marie : grâce à son histoire, elle a pu enfiler une belle robe de princesse. Bon, en fait, cette histoire me plaisait bien parce que je suis une adepte de la réincarnation (l’idée de l’éternité au Paradis, je trouve ça chiant, honnêtement). En fait, ado, j’étais très drôle et super bien dans ma peau, j’avais hâte de mourir pour commencer une nouvelle vie, vous pensez bien que ce petit film m’avait parlé…
 
Une maison hantée
J’ai peu de souvenirs de celui-là, l’histoire classique d’une famille qui emménage dans une maison qui, en fait, est hantée. Y a le papa, la maman et les deux petites filles. Au passage, je trouve ignoble d’avoir fait joué les vraies gamines dans la reconstitution, elles n’ont pas été assez traumatisées, remettons-en une couche ! Donc, la maison est hantée, bouh ! La scène dont je me souviens, c’est qu’à un moment, l’aînée des petites filles se retrouve possédée, elle a les yeux exorbités (super trucage, au passage, ça foutait les jetons) et jette tout ce qui se trouve à sa portée par terre, y compris une table. Bon, sa mère finit par la calmer et finalement, ils vont dans le cimetière d’en face et découvrent une tombe ouverte pile dans l’alignement de la maison, ils la referment et fin de l’histoire. En fait, cette histoire m’a surtout marquée avec la gamine aux yeux exorbités, j’ai trouvé ça trop horrible.
 
Les pommes volantes
L’histoire qui a marqué la population, celle-là ! L’histoire d’un couple sans histoire qui se fait attaquer par un fantôme plus ou moins hostile… Je ne sais plus comment ça a commencé mais un jour, leur commode se met à trembler comme une feuille, ils ont peur, aaaaaaah ! Et la commode s’écroule comme un simple jeu de carte dans un bruit effroyable. Quand on vous dit que c’est de la merde, IKEA ! Ah non, c’est un fantôme qui est très méchant, il soulève le lit et un jour, ô drame, des pommes qui étaient dans la cave traversent les murs (ben oui, une pomme, ça traverse un mur, tu savais pas ?) et bombardent les pauvres gens attablés qui ne demandaient qu’à bouffer tranquille. Panique !
Bon, finalement, ils en ont marre des pommes et des lits volants donc ils déménagent mais ses connards de fantômes les suivent et là, scène d’anthologie : on voit le fils de
la maison travailler en écoutant le vieux transistor et, là, effets spéciaux de la mort qui tue. Le cameraman prend le transistor et le place devant la caméra avant de foncer vers le gamin qui se
fait donc attaquer pas l’objet en question. Nous sommes donc en présence d’esprits frappeurs, dans le sens premier du terme… Bon, un petit coup d’exorciste et hop, ils sont partis les méchants fantômes !
 
Mystères a bercé mon adolescence et m’a pendant pas mal de temps déconnectée de la réalité. Je passais mes nuits à scruter le ciel, à déterminer si le bruit que j’entendais était une manifestation surnaturelle ou juste un de mes parents qui allait aux toilettes. Cette émission a cependant eu le mérite de m’ouvrir l’esprit, j’ai lu beaucoup de livres sur le surnaturel, y compris le magazine « Mystères » qui reprenait les reportages de l’émission. Aujourd’hui, je regarde le ciel pour voir les étoiles (ce qui est difficile à Paris), les bruits nocturnes sont automatiquement attribués à Kenya. J’ai juste gardé ma passion pour la cartomancie.