Le snobisme géopolitique

Et je vous préviens : je vais être obligée de plaider coupable car je suis une passionnée de géopolitique.

 

Il y a quelques années, j’ai créé un blog d’actualités qui a vécu environ 5 jours. Le but : écrire quelques courts articles d’actualité factuels traitant de la politique étrangère… et française. Parce qu’on va pas se mentir : la politique française, ça m’ennuie. Parce que c’est de la politique politicienne, des petites phrases, des politiques stériles, des incompétents, toujours les mêmes têtes depuis que je suis née… Je n’y crois plus, je les méprise, je suis lassée. Alors qu’à l’étranger… ben, c’est très certainement pareil sur pas mal de ces points mais comme je le vois pas, ça m’intéresse de suite beaucoup plus. Mais au-delà de ça, s’intéresser à la politique étrangère, ça fait cultivé et intelligent…

Risk : allégorie de la géopolitique

L’intelligence de celui qui sait ce qu’il se passe ailleurs

J’ai toujours eu un réel intérêt pour la géopolitique et l’histoire des nations (au sens large du terme), je fais ma brillante en parlant de la révolution “citron” au Kirghizistan, en écho à la révolution orange de l’Ukraine (mais plus communément appelée révolution des tulipes, finalement), les délires mégalos de feu le dictateur du Turkménistan (il a fait une statue de lui en or qui tourne car il est si fort qu’il peut regarder le soleil direct dans les yeux et a envoyé son livre, le Ruhnama, sorte de Bible, dans l’espace) ou du Canada, ce pays si proche dont personne ne sait jamais rien in fine. Ouais, ça fait intelligent de savoir ce qu’il se passe à l’étranger et tiens, justement, c’est, je crois, le coeur du snobisme géopolitique : être (ou paraître brillant). J’eus un ami dans le temps qui se targuait d’être très intelligent et cultivé mais en fait, il s’arrangeait pour amener la conversation sur son sujet de prédilection pour paraître brillant puisque les personnes en face, moins au fait du sujet, écoutaient sans intervenir. C’est toujours drôle de voir que s’y connaître un peu en actualité des les pays étrangers vous fait de suite atteindre un statut de personne “cultivée” alors que vos commentaires ne volent peut-être pas plus hauts que ceux qu’on pourrait avoir au “café du commerce” rapport à la politique française mais vu qu’on ne maîtrise pas les paramètres, ça passe crème.

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Mais non, j’ai un amour pour un pays étranger, c’est pour ça que je m’y intéresse

Ce que j’appellerais aussi “l’herbe est plus verte ailleurs”. Choisissez quelques uns de vos amis, peu importe lesquels, je vais pas trop me mouiller qu’ils ont tous un pays de prédilection, un pays où ils rêvent d’aller visiter ou vivre parce que c’est mieux qu’en France. Moi, par exemple, je serais pas contre l’idée de partir vivre en Suède, Canada, Grèce ou Espagne pour différentes raisons que j’exposerai pas ici car on s’en fout mais en gros “la France, j’en ai marre, allons voir ailleurs si l’herbe est plus verte”. Parce que nos politique sont tous pourris, qu’il n’y a plus de travail et que les Français sont tous des cons, t’as qu’à voir les dernières élections (j’exagère à dessein). Sauf que… la fuite en avant est rarement une bonne solution. On ne voit les choses que de façon macroscopique, on n’est pas englués dans le quotidien, les petits scandales politiques qui s’égrènent au fil des jours. Je suis de plus en plus amère vis à vis de nos politiques français (c’est le moins que l’on puisse dire) mais je ne suis pas dupe : ce n’est pas forcément mieux ailleurs. Reste l’attirance pour une autre culture que je comprends tout à fait mais si je devais suivre mes élans culturels, j’irais vivre en Italie… le pays où la sphère politique est encore plus moisie que chez nous.

France Italie géopolitique

En France, on est quand même en démocratie, c’est moins grave qu’en… [choisissez votre pays en conflit, la liste est assez longue]

En France, il n ‘y a pas d’urgence, pas de danger, on en reste à la politique politicienne, tout va bien. Alors oui mais non. Si je me réfère à mes communautés, il me semble avoir vu beaucoup d’indignation lorsque les manifestations étudiantes du Québec ont été durement réprimées ou lors de la volonté du gouvernement espagnol d’interdire les manifestations. Alors que quand ça arrive en France, grosse indifférence. J’en ai déjà parlé sur la manifestation lors de la COP21. Déjà, j’ai généré quasi aucun trafic sur cet article par rapport à d’habitude, démontrant une certaine indifférence de mes communautés vis à vis de ce sujet… Alors peut-être est-ce parce que l’écologie ne leur parle pas, peut-être parce qu’ils ont bien assimilé la rhétorique de la terreur (moins de liberté pour plus de sécurité, promis, c’est pour ton bien) alors même que l’on a déjà voté une bonne dizaine de lois liberticides en 5 ans et qu’on n’a jamais eu autant de morts que depuis qu’on est censés être mieux protégés. Peut-être juste parce qu’on est en France et que ce n’est pas une dictature, arrête d’exagérer. C’est vrai, nous avons encore pu exercer nos droits citoyens pas plus tard que le week-end dernier, suite à une campagne lamentable où on nous a encore pris pour des débiles “vote pour nous sinon la bête immonde” (on dirait un chantage affectif de parents sadiques sur leurs gosses “dors sinon le monstre va venir te manger”) mais oui, on a pu voter, avoir un choix entre différents partis… sauf que l’Histoire nous a appris que la privation de droits ne venaient pas toujours par coup d’Etat, c’est souvent du progressif. Croire qu’en France, on risque rien, c’est d’une naïveté… et je me permets de le dire parce que j’ai été tout aussi naïve (je peux plaider coupable sur tous les éléments de l’article, pour rappel), parce que je trouvais le village des Indignés français ri-di-cule à l’époque du Printemps Arabe. Pourtant, il est désormais temps de s’indigner car notre riante démocratie fait la gueule. Je dis pas qu’on sera en dictature demain mais il faut rester vigilant quoi qu’il arrive… même si la pente est douce, elle peut nous amener au fond.

(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l'image)
(c) Je ne sais pas mais trouvé sur Associazione culturale Zenit (clic sur l’image)

Voilà, fin de mes articles politiques, on va passer à Noël maintenant, sauf si une news me met encore la rate au court bouillon. Mais ne vous inquiétez pas : dans mes résolutions 2016, il va y avoir « ouvrir encore plus ma gueule » #spoiler

Les gens trop bien sont faits pour être malheureux

Sauf à tomber eux-mêmes sur des gens bien. L’autre jour, je parlais d’un garçon de ma connaissance que nous appellerons James. Sur le papier, James est grand et beau, une très bonne situation, intelligent, cultivé, intéressant, généreux et très sympa. Sans doute qu’il a des défauts, je ne le connais pas suffisamment pour les avoir vus. Ne vous emballez pas mesdemoiselles, James est en couple. Mais pourtant, je me dis que James est typiquement le genre de mecs qui est plus fait pour souffrir que faire souffrir, alors même qu’il a tous les atouts pour briser des tonnes de cœurs.

Alors voilà, les gens trop bien sont-ils faits pour être malheureux ? Scannez votre entourage, tous. Vous n’avez pas une personne, homme ou femme, qui cumule les sales histoires amoureuses alors que sur le papier, il/elle a tous les atouts dans sa main pour être heureux ? Moi, si j’en n’avais qu’une… J’en ai toute une collection. Et je me demande pourquoi, oh oui, pourquoi ? En pensant à James, j’ai cru entrevoir une explication et ça marche avec mes amis « bien et qui souffrent ». Déjà, James est victime du syndrome du trophée, je dirais. La première fois que j’ai dit James, je me suis dit « miam, j’en ferais bien mon 4 heures ». Mais en faire un petit ami ? Ohlala, non. Bon, la question ne se posait pas vu qu’il avait déjà sa copine, on est dans la fiction mais un mec beau comme ça, on l’imagine plus dans le rôle du prédateur que de l’homme d’une vie.

Explication deuxième qui découle de la première : ces gens bourrés de qualité sont effrayants. Imaginons que j’ai un James à la maison. Je le regarderais avec les yeux de l’amour, je l’écouterais parler pendant des heures mais si je repère pas vite les défauts dans cette cuirasse de perfection, je vais commencer à vite paniquer : merde, il est trop bien pour moi. Toutes les filles vont le vouloir, se jeter sur lui, il va peut-être rencontrer une fille mieux que moi, aaaaaaaah ! Oui, une fille, ça psychote pas mal quand on s’y met. Donc soit je prends confiance en moi et surtout en lui (rappelons que nous parlons d’un mec bien et super loyal) et tout va bien, soit je vais finir par le plaquer pour un mec moins parfait et moins angoissant, quelque part.

Explication troisième qui naît de la douceur de caractère de James et ses amis du genre. En général, ces personnes ont une grande générosité et une grande préoccupation pour autrui. Donc ce n’est pas le genre à provoquer une sale rupture, il fera les choses tout en douceur. Et d’ailleurs, en général, ce genre de personnes ne rompt quasi jamais, sans que je sache bien pourquoi.

Conclusion : je suis intimement persuadé que James est programme plus pour souffrir que pour faire souffrir, ce qui me désole. Ce qui peut le sauver ? Tomber sur quelqu’un d’aussi bien qui l’appréciera à sa juste valeur et se verra faire autre chose avec lui que de l’épingler à son tableau de chasse. Alors, oui, c’est possible, James en est la preuve. Mais James a rencontré sa belle après 30 ans comme quoi, il lui aura fallu du temps.

La mélodie du bonheur

Par Diane

Françaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes, aujourd’hui est un grand jour: j’ai trouvé la recette du bonheur. Si.

Il se trouve que ça a l’air d’être une constante chez le moindre organisme vivant doté d’un cerveau et d’une conscience; homme, femme, enfant,vieux, jeune, socialiste,mexicain ou comptable: le bonheur.

Pascal, quand il pense, dit: « tous les hommes recherchent d’être heureux; cela est sans exception…C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre… », et oui, on est prêt à faire tout et n’importe quoi pour quelques gouttes d’endorphines dans le cortex: être con, stupide, intelligent, spirituel, borné, infidèle ou martyre,  quitter femme et
enfants, lécher les bottes d’un dictateur,  trahir son meilleur ami, tout sacrifier pour son meilleur ami,manger de la gelée à la menthe, bref, quoi qu’il fasse faire pour avoir sa dose, jusqu’à ce qu’on soit satisfait, et que notre petit bonheur se fasse de nouveau la malle pour laisser place à un énoooorme vide fait de déprime et de désespoir, qu’on va se dépécher de vouloir effacer derechef, etc etc.

Alors après, qu’est ce que le bonheur, si on commence à disserter là dessus on est franchement pas couché et moi j’ai un quota d’heures de sommeil à respecter, donc je me permettrais de zapper cavalièrement la question, étant donné qu’on doit pouvoir trouver environ 45784 réponses différentes, et qu’on aille chercher son bonheur chez Régine, dans le droit des affaires (non mais franchement…) ou dans la choucroute congolaise, ça me regarde pas laissez moi tranquille j’aime pas la choucroute. (N.B: raindrops on roses and whiskers on kittens, bright copper kettles and warm wollen mittens, brown paper packages tied up with strings, these are a few of my favourite things…)

Mais LA question la plus intéressante et la plus pragmatique étant surtout: comment le bonheur? Alors là, on peut aller à la bibliothèque et lire Platon, aristote, epicure, Spinoza, Diderot, cyrulnik, Comte, sponville et j’en passe… mais là, ça dépasserait quand même gravement mon quota d’heures de sommeil, surtout que je n’ai pas trouvé la recette magique chez Platon epicure Spinoza Diderot Cyrulnik Comte-Sponville et j’en passe, que nenni (et pas seulement le cheval), mais chez Poe. Edgar Haleine Poe, qu’il l’avait mauvaise contre l’atroce angoisse despotique des longues soirées d’hiver (veuillez m’excuser chers lecteurs pour l’ignoble jeu de mots qui s’est glissé dans la proposition précédente, moi je cherche le bonheur dans les jeu de mots) et qu’il a énoncé, dans une de ses nouvelles, une théorie intéressante.

Dans cette nouvelle, (intitulée le domaine d’Arnheim), le naratteur raconte la vie de son ami Ellison, qui s’est avéré avoir traversé la vie favorisé par une « brise de prospérité » et totalement heureux, et il nous révèle la recette du bonheur d’Ellison, qui s’avère être le résultat d’un « système préconçu ».

Il apparaît alors qu’Ellison a vécu sa vie invariablement selon 4 principes, qu’il jugeait être les quatre conditions élémentaires de félicité.

….je vous sens, lecteurs, je vous sens trépigner d’impatience et tout fébriles d’émotion extatique devant l’imminence de la révélation qu’Edgar a offerte au monde aveuglé par trop de choucroute congolaise et d’épisodes de desperate housewives. (non mais sérieusement, susan est vraiment trop gourde, ça commence à m’exaspérer, et j’ai envie de foutre la tête de la fille de Tom dans le
caniveau. Ahhh jvous jure, heureusement qu’il y a Lynette. J’ai grand espoir qu’elle finisse par effectivement foutre la tête de la fille de Tom dans le caniveau). Je ne jouerai donc pas plus longtemps avec vos petits nerfs fragiles et m’en vais vous livrer les quatre ingrédients de la fameuse recette du bonheur selon Poe:

1/La simple condition physique, du libre exercice en plein air. La prise en compte du corps donc, qui doit s’épanouir au contact de la nature et ainsi permettre un terrain fertile pour l’harmonie avec l’esprit. (et là je me demande: et pour ceux qui ont le rhume des foins??) J’sais pas pour vous, mais pour moi c’est mal barré, enfant de la pollution (le nez au vennnt, je respire à fonnnnd),
mais effectivement je reconnais qu’à chaque fois que je m’évade de ma banlieue Nord pour aller m’enterrer dans un endroit tout désert et tout vert où ça capte même pas le WIFI (voire-j’ose à peine le dire- le téléphone), eh bien je ressens une certaine béatitude sereine à déambuler parmi les petits chemins qui sentent la noisette et l’herbe mouillée.

2/L’amour de la femme. Bon, là, je vous sens venir, « ouiiiii c’est n »importe quoiiii, l’amour ça apporte que des emmerdeeees, ça rend malheureux, toutes des salopes/tous des connards (rayez la mention ridicule) fais chier bordel mieux vaut être seul que mal accompagné et puis zut ». Certes, vous n’avez pas tout à fait tort, mais déja laissez moi vous dire que ce n’est pas une raison pour
être vulgaire, et ensuite il est avéré que, au bout du compte, quoiqu’on puisse râler et dire, on rêve tous de l’autre, et quand on se remémore les moments les plus heureux de notre vie, bah c’était rarement des moments où on était seul…

3/La troisième condition (la plus difficile à réaliser selon Ellison) est le mépris de toute ambition. Alors j’imagine qu’on pourrait placer dans cette case tout ce qui est « le pouvoir/l’argent/la célébrité n’apportent pas le bonheur »…, et surtout dans le sens  où l’ambition n’est jamais satisfaite, qu’on veut toujours plus, et qu’on reste bloqué dans un sentiment de « manque » à combler etc…et qu’au final l’attitude la plus raisonnable semblerait d’essayer tout simplement d’aimer ce qu’on a et ce qu’on est, sans passer sa vie à se soucier de ce que l’on
pourrait avoir/être.

4/L’objet d’une poursuite incessante. Avoir dans la vie quelque chose pour laquelle on se passionne et pour laquelle on se fixerait un but. Ellison, pour sa part, a pour « objet de poursuite incessante » la création de ce qu’il nomme un « jardin-paysage », une forme nouvelle de beauté où il se donnerait pour mission de corriger les défauts de composition d’un paysage, créer une sorte de paradis naturel fait pour charmer les sens.

Bref, voilà ma découverte du jour, faites-en ce qu’il vous (en)chante!


Découvrez Charles Trenet!

Il jouait du pipeau debout

par Lucas

C’est l’histoire d’un plongeon du haut d’une fadaise…

Chers lectrices, chers lecteurs, aujourd’hui vous avez droit à un Lucas en mode Simplet et Naïf.
A quoi se reconnait le Lucas ainsi transformé me demanderez-vous en arborant un sourire inquiet ?
Oh c’est bien simple, le bon Lucas croit qu’un job va lui tomber tout cru sur le nez parce que vous comprenez il a fait une Maîtrise de Droit des Affaires puis une école de Commerce  dans la riante patrie du champagne (Reims Management’s Cool)… Ouhai même que.
Comme le godelureau a orné son CV de quelques stages épars justifiant d’une expérience de ouf gueudin, il arrive la gueule enfarinée chez les recruteurs pour demander plein de kilo-euros. Recruteurs qui le remettent vite fait à sa place une fois qu’il a avoué que son pire défaut est d’être un peu trop perfectionniste et autres réparties sempiternelles…

Du coup, Lucas postule via Internet. Il reçoit même des mails de son école pour des offres. Voire pire. Pour le… Salon des Hauts Potentiels. (là dans un Walt Disney ou un Tim Burton, c’est le moment où un éclair traverse la scène et fait un grand bruit terrifiant)

Le Salon des Hauts Potentiels (éclair/bruit terrifiant), je vous l’ai déjà  évoqué en 3 lignes dans un article intitulé L’Etre d’embauche publié le 3 août 2007… Allons bon, Hauts Potentiels… C’est quoi ce truc ! ?

Le Salon des Hauts Potentiels est tout bêtement un événement à la con au Palais Brongniart (La Bourse).
Un truc qui a lieu tous les ans à la mi-juin, qui dure deux jours et où des boites qui ne sont pas nécessairement dans le besoin recherchent des jeunes ayant moins de dix ans d’expérience. Des jeunes dont trouver un job est un besoin nécessaire (redondance folklorique) et qui sont donc pret à tout pour ça. Je n’arrive pas à piger si, pour les boites, ce salon sert à répondre à un besoin pressant de main d’œuvre qualifiée ou si c’est vraiment pour trouver des gens qui valent le coup et qui pourront être embauchés à un poste donné. Peut-être les deux…
En tout cas, le Salon des Hauts Potentiels, c’est moooooooortel (éclair/bruit terrifiant).

Vous allez au Palais Brongniart avec votre sourire 10000 watts et vos espoirs. Au préalable vous avez choppé une invitation sur le site du Salon. Ouhai l’invite c’est pour faire style on ne prend pas n’importe qui dans ce salon. Sauf que n’importe qui ayant Internet et une imprimante peut l’avoir son invite. Et le bac + 5 qui passe par là par hasard qui veut rentrer ? Ah bah non, il n’a pas d’invitatioooooons.
Déééééébile.
Salon des Hauts Potentiels : Le Salon des Cadres, Bac + 5 et MBA…
Super le sous titre.

Il y a deux ans, en revenant de Milan, j’n’avais pas pris de CV pour y aller mais seulement mon invite et une caméra.
Je m’étais posté à l’entrée du Palais Brongniart, en haut des escaliers et j’y étais allé au culot en interpellant les jeunes qui rentraient ou sortaient dudit Palais.

Bonjour, vous pouvez répondre à une interview qui sera diffusée sur le site GrandeZecolesPointCom ?
(note de Lucas : pipeau intégral…) Oui ? Vous êtes partante ? Bon on ne fera qu’une seule prise. Quel est votre prénom ? Ursuline ? Trop sexy. J’adoooooore. On peut se tutoyer ? (elle avait mon age mais c’était pour jouer mon personnage) Bon Ursuline, si tu le souhaites ton visage sera flouté et tu peux utiliser un pseudo ? Non ? C’est bon ? Tu es prête ? Allez c’est parti.
Trois, Quatre…

(voix de George Clooney en mode méga Lover)

Bonjour Ursuline, peux-tu nous expliquer en quoi tu es un Haut Potentiel ?

Et là, sans déconner, ce fut le Draaaaaame (éclair/bruit terrifiant).
Cinquante personnes questionnées et toutes ont été décontenancées.
Sauf un mec, qui m’a répondu du tac au tac :
« Parce que je suis moins con que la moyenne : d’autres questions ? »
Réponse canon. Le mec m’a remis à ma place sans pitié. Il a mon respect à vie et je vous parie qu’il sera patron d’une grosse boite dans les 20 prochaines années. Cette réponse, c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là malgré tout…

Et pour les autres ?
Le temps de réaction pour se remettre sur les rails variait de 2 à 20 secondes. Et la réponse était unanime :
Je suis un Haut Potentiel parce que j’ai un Bac + 5.
Authentique et Affligeant.
A croire que plus on étudie, plus on est abêti…
Et en originalité t’as un BEPC moins 15 ?

Pas un mec, pas une nana capable de me répondre franchement :
« Parce que je suis intelligent et que je suis graaaave motivé » (eh oui en France on ne se met pas en avant, c’est mal d’assumer son talent)
ou même une boutade du style :
« Parce que je le vaux bien« .

Des qu’on crée les aspects d’un cadre officiel (et encore c’était uniquement pour un soi disant site web) les gens ont tellement peur de donner une mauvaise image qu’ils sont tétanisés ! C’est le règne du recruteur lobotomiseur. Ça m’exaspère !

Hier je suis allé à un rdv d’embauche. A l’accueil, c’est une stagiaire qui m’a conduite jusqu’aux bureaux. Quand je lui ai dit mon prenom ds l’ascenseur elle a souri : « Ah c’est vous ! M. Raoul va vous recevoir dans 10 mns. Vous savez, il nous a tous forwardé votre lettre de motivation ! Il a adoré. Il a dit que c’était la première fois qu’il recevait une vraie lettre de motivation et pas un tissu de conneries » !
Le même Monsieur Raoul qui me dit une demi heure plus tard qu’il est d’accord pour m’embaucher mais que le conseil en stratégie en
Banque va me tuer et que vue ma LM j’ai mieux à faire que ça…
Surréaliste l’entretien…

Tout ça pour dire…

Cette année, j’irais bien au Palais Brongniart avec un CV bidon de chez bidon disant que j’ai un DESS en lettres classiques, que j’ai fait un mémoire sur le rôle des virgules dans l’œuvre de Stendhal,et qu’en préparant l’agrégation j’ai eu une illumination. Que j’ai envoyé tout balader pour passer 6 mois dans les bouquins de Manadgemeunte histoire de me farcir le pgm d’une école de commerce et que maintenant que j’ai tout assimilé je me lance sur le marché du travail et donc que je suis un haut potentiel…
Un vrai.
Rien que pour voir leurs gueules

« C’est une blague ? »
« Bah non pas du tout. Je vous donne l’impression de blaguer ? » Vous n’aimez pas les convertis ? Vous êtes intégristes ?
 » Je suis dubitatif. Comment calcule t-on la VAN d’une entreprise ? »
 » Dans un milieu avec impôt ou sans impôts ? Si c’est pour vous ressortir du Modigliani et Miller, on a ptete mieux à faire, non ? Si vous n’aimez pas les profils atypiques la queue derrière moi est encore longue et ya surement des tas de gens monocordes et malléables Manifestement, c’est ce que vous recherchez. Au revoir Mada…
« Non, c’est bon, restez… »

Comme je suis toujours à la recherche d’un boulot, si je vais au Salon dans 15 jours, il va falloir que je me retienne pour ne pas foutre des baffes à tout le monde. J’insiste comme un gros lourd mais un seul mot qualifie les gens dans ces moments là : pusillanime. Pourquoi ?

1) Parce que la crainte de faire mauvaise impression inhibe tout naturel. Et quand on cherche un job, chose vitale pour son existence, on ravale ses réflexes. Pourtant combien de recruteurs vus à des conf à l’école m’ont dit que c’est exactement ce qu’ils cherchaient…
2) Parce que la culture française taxe de fanfarons les gens qui se mettent en avant même s’ils ont toute légitimité pour le faire. C’est assimilé à de la vantardise et en France, là ou la religion reine c’est le culte de la Modestie voire de la Médiocrité, ce genre d’action est hérétique…
Je n’irai pas plus loin je suis trop blasé.

Je peux quand même avoir vos avis les gens ?

Bordel, t’’es où Prince charmant ?

La semaine dernière, j’ai lu le jouissif « Princesses ou amazones » d’Olivia Elkaim, prêté par ma Summer préférée. Je l’ai avalé en deux jours chrono mais faut avouer que mes tribulations sénécéfiques m’ont bien aidées. Non parce que ¾ d’heure pour aller à un entretien (quand tout se passe bien n’est-ce pas), ça veut dire ¾ d’heure pour en revenir (cf remarque précédente) donc plein de temps pour lire. Sans oublier que je suis rentrée chez mes parents donc 6h de train (mais j’ai dormi quasi 4h sur les 6).

Donc, dans ce livre, Oliv’ se demande pourquoi ses amies et elle, trentenaires ou presque, belles et merveilleuses, ne trouvaient pas le only one. Plusieurs explications sont avancées mais une a particulièrement retenu mon attention et mon cerveau s’est mis à chauffer : voilà un bon sujet d’article. En gros, si on trouve pas, c’est qu’on est trop exigeantes. Il faut que the only one soit parfait : bon au pieu, intelligent, beau, une bonne situation donc riche (ben ouais, ça va de pair), viril et sensible, romantique, indépendant mais câlin, intellectuel et sportif, bricoleur, patient, sociable mais pas toujours collé avec sa bande de copains… Bon, la liste est infinie. Sauf que faut se rendre à l’évidence, les filles, il n’existe pas, ce mec là. Prenons l’exemple de Barbara, dans le roman, l’amazone ultime : elle couche avec 4 ou 5 mecs différents pour allier leurs qualités car aucun ne se suffit à lui même. Un n’est pas bon amant, un autre l’agace rapidement, un 3e est marié… Et patati et patata. Mais l’homme parfait n’existe pas (tout comme la femme parfaite, d’ailleurs).

Notre célibat est-il notre faute ? Moi, non, je me fais toujours larguer… Parce qu’à chaque mec que je rencontre, y a toujours un truc qui me gêne dans mon modèle d’homme idéal. Mais je passe outre ce souci, surtout que c’est souvent peu important. Bon, c’est clair qu’il y a des trucs qui feraient chier genre il est nul au pieux (mais si je lui dis ce que je veux et qu’il me dit ce qu’il veut, on pourrait trouver un juste milieu), il n’a pas lu un livre depuis la 6e (mais le plaisir de la lecture, ça s’apprend et il aura droit de m’initier à un truc qui lui plaît), il aime pas les chats (personne ne résiste au charme incontestable de Kenya), il est resté au XIXe siècle et pense que la place d’une femme, c’est à la maison (il est sérieux là ? Bon, là, faut pas déconner non plus), c’est le sosie de David Martin, le mec qui présente le loto et les soupes Liebig ou Knorr et qui a l’air de beaucoup postillonner (eurk !). Bon mais quand même, je suis pas si difficile que ça.
Mais il est vrai que la libération de mœurs nous a permis d’essayer avant de trouver. En gros, on n’a pas encore trouvé le only one, c’pas grave, on va coucher avec d’autres mecs en attendant. Bien entendu, je ne condamnerai pas cette pratique puisque a) j’en fais autant, b) je ne crois pas en la quête du only one quoi qu’il en soit. Mais parfois, les filles qui se lamentent sur leur célibat ou leur lose sentimentales me saoulent. Le classique : elles courent après un mec qui n’en a rien à foutre d’elles et l’idéalisent au maximum et jettent ceux qui veulent d’elles comme des kleenex. Parce que celui qu’on l’a n’a pas (encore ?) n’a pas pu faire preuve de son imperfection. On l’image Jude Lawesque dès le réveil, la sensualité d’un George Clooney, la bestialité d’un Sawyer, le membre de Rocco, la virilité rassurante d’un Brad Pitt, que sais-je encore ? Alors que celui que l’on a, on sait que le matin, il se lève avec son caleçon qui lui arrive à mi-fesses, fesse qu’il s’empresse de gratter avec vigueur de la main gauche tandis que la main droite en fait autant sur sa joue recouverte de barbe et ça fait scratch scratch (moi, j’aime bien la barbe de 3 jours, remarque). On sait que le matin, il a des épis et une haleine pas top fraîche (comme si nous, on sentait le Hollywood dans la bouche au réveil, tiens). Même que quand il va pisser, il rabaisse MEME PAS la lunette des chiottes. Or, en tant que single, nous, on n’est pas habituées à vérifier si la lunette est baissée et on manque de se péter le coccyx en atterrissant violemment DANS la cuvette.
Sauf que, je le répète, l’homme parfait n’existe pas. Même mon papa, il laisse la lunette relevée des fois alors qu’il a vécu 24 ans avec trois femmes. Et qu’il est toujours avec sa chère épouse, d’ailleurs (ma môman). Mon pôpa, qui est un homme qui s’est quand même pas mal impliqué dans notre éducation, faisait la cuisine quand ma mère bossait et est le roi des crèpes, il a des défauts d’hommes genre quand il est plongé dans son Equipe, il en fout plus une même quand sa fille aînée essaie désespérément de sauver le carpaccio de deux fauves affamées (bon, ok, les fauves, c’est Kenya et Clio mais bon…). Que mon papa, quand je regarde dors devant Sex and the city, il zappe sur le foot sans me demander mon avis. Que des fois, il voit pas que ma mère est allée chez le coiffeur. Ni ma sœur ni moi d’ailleurs alors que je suis passée des cheveux longs châtains clair à un carré roux.
N’empêche que j’aurais un mec aussi bien que mon papa, je serais la plus heureuse des princesses.

Triste vie

Par Gauthier

Je suis en manque de tout, de sexe, d’alcool, de drogue, d’amour, d’argent, de sommeil, de fun… Et j’en oublie!!! Par contre je suis en overdose de pollution, de Paris, de parisiens, de mon boulot, de stress, de manque de tout 😉 (en overdose de manque? C’est joliment dit non?). Bref c’est fou ce que je rigole en ce moment… En fait si je rigole. La moindre occasion je la saisis: Nina qui dit une bêtise, Nina qui fait une bêtise, Nina qui dit qu’elle va faire une bêtise!

 

Putain je viens de me rendre compte que si j’avais pas ma Nina, je me serais ouvert les veines depuis longtemps… Mais ça on le savait, Sainte Nina priez pour nous pauvres pécheurs (YES C’EST BON LE PECHE!!!!). Enfin je ne vais pas vous faire l’hagiographie de Nina, faut pas déconner non plus. Parlons de moi… Après tout, nous sommes là pour ça, non?

 

Bon je voulais faire un article triste, mais en l’espace de 2 min (le temps d’écrire ces deux paragraphes), mon humeur a changé, et je suis tout content (ne me demandez pas pourquoi, je suis lunatique, je suis incapable de savoir pourquoi je suis heureux ou malheureux…). Je vais quand même vous parler de mes déboires sentimentaux.

 

Présentation des personnages:

 

L’ex : Une année tumultueuse passée ensemble, je le trompe, je le largue, je l’aime pas, puis je l’aime, il s’éloigne, il revient, mais reste « loin », puis part définitivement. Moralité: je passe 4 ans à déprimer à la simple mention de son prénom (que j’adore, et j’arrête pas d’en rencontrer d’autres en plus, et ils sont tous beaux!!!). Mais on garde contact. La relation se normalise avec le temps, même si de temps en temps je pète un plomb parce que je l’aime.

 

L’américain : Il passe un mois dans ma vie, un mois de rêve, un mois d’insouciance, il ne fallait surtout pas penser au lendemain, puisque il repartira à Seattle… Un mois à me promener main dans la main avec LE mec parfait, beau, intelligent, qui fait des études de Sciences Politiques et de journalisme, et surtout qui me dit qu’il « m’aime beaucoup »…

 

Le Gauthier : névroso-psycho-socio-déprimo-alcoolo-sexo-pathe (en rémission? nan…)

 

Donc les personnages sont plantés, le décors aussi, passons au déroulement de l’action… Le Gauthier se retrouve en phase d’intense reflexion post-traumatique (je rappelle donc l’incident de préservatif et la trithérapie préventive d’un mois qui s’en suivit pour ceux qui prenne le blog en route), il a du temps pour réfléchir, puisqu’il ne baise plus. Oui conscience de merde qui m’interdit de baiser avant d’avoir les resultats définitifs en juillet grrrrr

 

Et là il se repasse ses films. Je suis sûr que vous faites pareil. On s’ennuie, on trouve la vie triste et morne, et on se repasse les moments de joies et d’extases (réelles ou pas…). Moi je me repasse donc successivement de folles nuits de sexe, et de fous moments de romantisme… Alors j’avoue que quand je repense à mes folles nuits de sexe c’est plutôt le soir avant d’aller au lit, quand je vois que le mien est complètement vide, et que je n’ai que ma main droite pour me faire du bien. Les moments de romantismes surgissent plutôt quand je passe le long de la Seine la nuit et que je me rends compte que personne ne tient cette foutu main justement, et que je suis seul à profiter de la fraîcheur de la soirée et du romantisme de la ville de Paris (à la tombée du jour cette ville devient un décors pour film!!!! C’est flippant!).

 

Bref le gaugau il est tout seul, tout seul, tout seul… Et ça lui pèse… Alors il déconne! L’américain ne donne pas de nouvelles. Il m’envoie un mail au moment de mon anniversaire, pour me demander mon adresse postale « au cas où il ait quelque chose à m’envoyer », ça sent le cadeau à plein nez ça!!!! Depuis je dors dans ma boite aux lettres, alors ok j’ai l’habitude de vivre dans un petit appartement, mais passer un mois dans une boite aux lettres ça laisse des traces… Bref comme vous pouvez le soupçonner à ce jour je n’ai toujours rien reçu 🙁 Et en plus je n’ai plus de nouvelles. Trois semaines sans le moindre mail, et c’est long. Alors ok on ne s’est rien promis, il n’y avait rien à promettre, 10 000km c’est de la SF… Mais il devait (peut-être) revenir passer quelques jours cet été, et (sûrement) venir faire une année d’étude à la Sorbonne à partir de cet automne. Alors moi qu’est-ce que je fais? Je joue ma pénélope… Mais bon comme je sais pas tricoter c’est beaucoup moins glamour… Enfin je reçois un mail pour me dire « je vais bien, je travaille beaucoup, je sais pas si je pourrais venir te voir, on en reparle, bisous, tu me manques », je résume mais à peine… Moralité: je suis remonté dormir dans mon lit, je déteste ma boite aux lettres…

 

L’ex s’est beaucoup inquiété quand il a su pour mon état de sérologie incertaine… Il m’a fait (un peu) la morale, et il m’a dit qu’il était là si je voulais en parler, si j’avais besoin d’aide, blablabla… Moi pas bien, moi malheureux, moi tout seul, moi vouloir calin de mon ex… (si en fait il y a une logique dans l’enchainement psychologique de ces faits, mais cet enchainement est très personnel, ça c’est sûr!). Donc je commence à l’appeler, le texter, le mailer, bref lancement du plan « harcèlement de l’ex ». Je l’aime beaucoup, c’est un garçon adorable, mais il a un énorme défaut: quand il bosse, il bosse. Et donc je peux passer 3 semaines à l’appeler tous les jours, s’il n’a pas le temps/envie de répondre, il ne le fera pas, quelque soit la raison de mon appel (j’ai déjà essayer le chantage au suicide dans des grands moments de déprime, ben ça marche pas non plus… Peut-être qu’il me connait suffisemment pour savoir que c’est du bluff!). Donc voilà je passe 15 jours sans news… Et un matin je sors de boite completement bourré, et le gentil ex overbooké m’avait laissé un message « désolé de pas avoir répondu, je suis en week end, on se voit bientôt », quelque chose dans le style… Gentil, pas trop froid, mais certainement pas chaud… Et là j’explose, et je l’insulte par texto! Bon certes il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas trop garder, sinon ça sort n’importe quand, et moi je me suis retenu pendant 1 ans de l’insulter, mais c’est vrai que depuis j’ai plus rien à lui reprocher. Mais il a fallut que ça sorte là, à ce moment-là precisemment… Il s’en est pris plein la gueule le pauvre. Et moi j’ai eu très honte pendant 4 jours. Puis après refléxion je me suis dit « vaut mieux tard que jamais », donc ça tombe pas du tout dans les temps, mais au moins il sait ce que j’ai eu sur le coeur pendant des mois et des mois. Bon je ne suis pas sûr de le revoir tout de suite, mais il semblerait qu’il ne m’en veuille pas, et qu’il mette ça sur le compte de l’alcool… Tant mieux pour moi…

 

Voilà donc je pars un peu en vrille… Et pour couronner le tout, je me fais draguer par des hommes… Si si si si, des hommes, c’est dégueulasse non? (Je crois que je déraille…). Enfin pas tant que ça non plus. Mais bon ça reste virtuel! Ben oui: je peux pas baiser, et je me vois pas tomber amoureux, alors que faire? Il faut attendre Pénélope, il faut attendre…

 
Gauthier-Pénélope

Le jeu de l’’amour et du hasard

Comme je m’en suis rendue compte à plusieurs reprises, la vie est pleine de surprises, parfois elles sont très agréables. Dans ma vie amoureuse, le hasard fait curieusement les choses, j’en suis la première étonnée.
 
J’ai parlé à plusieurs reprises de mon « correspondant virtuel » qui, en deux mois, a pris beaucoup de place dans ma vie. Bien plus que je n’aurais cru au départ. Tout est parti d’un mail anodin atterri sur ma boîte, je reconnais ce jeune homme, je l’ai déjà croisé au détour des blogs. Il s’appelle Guillaume et il vit en Bretagne. Dès le départ, il cumule les qualités : le prénom de mon ex et il vit dans la région de mes ancêtres. On discute innocemment et il me propose en plaisantant d’aller passer un week-end chez lui. Innocemment, il me donne son identifiant meetic. Comme j’ai gardé un pseudo bidon, je vais jeter un œil. Je rêve : il a des faux airs de Bertrand, mon fantasme de l’été 2004.
 
Il est mignon, il vit en Bretagne mais tout de même : je vais pas débarquer chez un inconnu comme ça, ma maman m’a toujours dit de pas parler aux inconnus… (si elle savait, la pauvre !) Du coup, Guillaume me propose un jeu : il va se dévoiler par mail pour me donner une irrésistible envie d’aller passer un week-end chez lui. Ce petit jeu tombe pile au bon moment : je suis en vacances chez mes parents, Arnaud est loin et omet de me donner de ses nouvelles.
 
Le jeu s’emballe à une vitesse hallucinante, on commence à se livrer des choses très personnelles, les baisers virtuels deviennent de plus en plus osés. Joueuse, je préfère ne pas lui donner mon adresse MSN au départ afin de poursuivre ses longs échanges épistolaires. Je suis assez troublée par cette histoire car j’ai vécu à peu près la même chose il y a 6 ans avec Pierre, l’amant pervers. Tout avait commencé par des mails anodins, de plus en plus intimes, de plus en plus chauds, jusqu’à la rencontre… Et là, la magie avait volé en éclat : ce n’était pas mon cœur qui l’intéressait mais une autre partie de mon anatomie, les « je t’aime » susurrés dans le combiné téléphonique se sont transformés en déclarations beaucoup moins tendres… Du coup, je ne sais pas quoi penser : d’un côté, il me plaît, de l’autre, Arnaud n’est pas loin et, enfin, il y a mon passé. Chat échaudé craint l’eau froide.
 
J’essaie donc de me préserver mais, en même temps, j’aime me confier à lui. Dès que j’avais la moindre contrariété, je lui envoyais un mail pour lui raconter, cherchant son soutien que j’ai toujours obtenu, que ce soit dans mes histoires de sexe foireuses ou lorsque j’ai eu la peur de ma vie à cause de mon diplôme que je pensais avoir raté (petite digression au passage : Clara m’a appris mardi que nous n’étions que 5 sur les 12 à avoir eu notre diplôme…). Un soir, il me laisse un message sur un blog : et si nous nous aventurions tous les deux sur MSN. En vérité, il avait trouvé mon identifiant MSN par hasard quelques temps auparavant (il me l’avait avoué)mais avait attendu mon accord pour me rajouter. Nous voici donc à discuter sur MSN, la magie est toujours là. Je lui confie que ça me fait plaisir que ma relation avec Arnaud n’ait pas distendu les liens entre nous. Mais je n’ose pas trop lui en parler. Durant l’été, il avait lui-même échangé quelques baisers avec de jolies demoiselles et même plus. J’en avais éprouvé une pointe de jalousie et je m’étais trouvée stupide sur le coup : il ne me doit rien, il est normal qu’il vive sa vie de son côté.
 
Cependant, ce passage sur MSN a eu un effet pervers, de mon côté : je me rendais compte à quel point ce garçon, en plus d’être mignon, était touchant et intelligent, ce qui ne gâche rien. Mais je dois garder en tête que je suis une patate mariée. Pendant mon séjour chez mes parents, je reçois une lettre manuscrite de lui dans laquelle il me confie des choses très personnelles (dont je ne parlerai pas ici, ce n’est pas la peine de demander des précisions). Au fur et à mesure que je lis ses mots, je suis de plus en plus bouleversée, son histoire me rappelle tant une personne qui m’est très proche et qui a beaucoup souffert. Je lisais la lettre en même temps que nous discutions sur MSN puis, après avoir « digéré » ses révélations, je le lui avoue. Nous en parlons, je suis plus troublée que jamais… A ce moment-là, j’avoue qu’Arnaud n’occupe plus la première place dans mes pensées. Au moment de se dire au revoir, Guillaume me dit : « je t’embrasse sur la joue. » J’hésite quelques instants puis lui réponds une phrase qui peut paraître provocante : « Sur le net, tu peux m’embrasser où tu veux. »
 
Je vais me coucher mais ne dors pas, mes pensées sont confuses, ça tourbillonne dans ma tête. Guillaume m’avait annoncé quelques temps plus tôt qu’il venait sur Paris à la fin du mois d’octobre. Je vais donc le voir… J’en ai incontestablement envie mais Arnaud ? Que suis-je censée faire ? Après je ne sais combien d’heures d’intense cogitation, je prends une décision : quoi qu’il arrive, j’embrasserai Guillaume, il ne peut en être autrement. Je ne pourrai pas lui donner plus mais je ne peux lui donner moins. Ce baiser, je nous le dois, en quelques sortes.
 
Retour sur Paris et l’incroyable se produit : Arnaud s’efface de ma vie. Je rentre le lundi et découvre que mon petit ami n’est pas venu me chercher à la gare, qu’il ne m’appelle pas pour savoir si je suis bien rentrée et me voilà très énervée. Je raconte mes « malheurs » à Guillaume qui finit par me demander s’il peut m’appeler. Après un jeu de charade débile (« mon premier est le premier » « 01 ! »), nous voilà en possession de nos numéros respectifs. Il m’appelle donc et on reste une bonne heure à discuter. Mon moral remonte en flèche même si je ressens une certaine culpabilité vis-à-vis d’Arnaud (si j’avais su…). Le mercredi, il se connecte entre midi et deux et me dit : « ce soir, je dors à Roissy ». Roissy… la ville où y a un aéroport ? C’est à dire à quelques dizaines de kilomètres de chez moi ? Que suis-je censée faire ? Après tout, je suis toujours officiellement avec Arnaud… Enfin, je crois. J’avais prévu ce soir-là de rencontrer Banana donc je lui propose de se joindre à nous. Je suis quand même extrêmement troublée : comment se fait-ce que les choses coïncident à ce point ? Par quel merveilleux hasard le premier s’en va alors que le second arrive ?
 
Finalement, Guillaume a eu des soucis de navette entre les aéroports et ne peut nous rejoindre, ce n’est peut-être pas plus mal : je ne sais pas ce qu’il va se passer avec Arnaud et je n’ai pas envie de me mettre dans une situation compliquée (déjà que…).
 
Quelques jours plus tard, me voilà officiellement célibataire et les choses s’accélèrent : nos conversations jusque là mesurées deviennent franchement enflammées. Puisque je suis célibataire, il pourra venir dormir chez moi, dans mon lit… Certaines de nos conversations font naître une douce chaleur dans le creux de mes reins mais je n’en dirai pas plus.
 
Comme je ne veux pas lui mentir, je lui « parle » des mes brouettes actuelles sans trop entrer dans les détails. Je lui parle de l’atroce comportement de Benoît et il m’avoue être déçu que je l’aie revu. Là, je ne peux absolument rien dire pour me défendre, il a entièrement raison. Cependant, cette histoire de brouette l’a remué car elle a fait remonter en lui des souvenirs douloureux et là, je m’en veux. Je m’en fiche de m’être fait avoir par un connard mais blesser Guillaume, ça me déchire le cœur.
 
Voilà, il arrive aujourd’hui par le train de 16h15, j’espère que le train sera à l’heure sinon, mes poumons vont en prendre un sacré coup. Je ne sais pas à quoi m’attendre et je n’ai pas envie d’y penser, je veux prendre cette histoire telle qu’elle vient. Il est vrai que Guillaume est une synthèse incroyable d’hommes que j’ai pu côtoyer avant : même prénom que mon ex, ressemblance physique avec Bertrand, même relation épistolaire qu’avec Pierre, il vit en Bretagne (Laurent et Arnaud sont Bretons), il est brun aux yeux verts comme la majorité des hommes qui m’ont plu… Je ne sais qu’en penser, peut-être est-ce juste un formidable hasard. Peut-être est-ce autre chose.
 
 
NB : Comme Guillaume est sur Paris jusqu’à lundi, je ne sais pas si je passerai beaucoup de temps ici, il y  aura un article quotidien mais je ne répondrai peut-être pas immédiatement aux comms… Mais j’y répondrai tôt ou tard, ne vous inquiétez pas.