F2 25m² – 580 HC

 

Y a des fois où j’ai tendance à croire au Père Noël. Quand on me propose un F2 pour 580 euros HC (620 TCC), Je me dis « oh ouah, trop bien ! ». Il est situé à Vernoise les Collines, juste à côté de Lavande sur Seine donc on y va. Bon, le côté 25 m² m’interpelle un peu quand même mais allons y gaiement.

Rendez-vous est pris samedi à 10h30. Comme je dois m’y rendre en bus, je pars bien en avance car un samedi de vacances, j’ai un peu peur. D’autant que la ligne qui m’amène juste devant l’appart est la même que celle que j’attends désespérément devant la piscine et qui ne passe jamais. Point positif : situation intéressante, à quelques centaines de  mètres d’une gare SNCF, pas très loin d’une station de métro et donc juste à côté de la ligne de bus qui me ramènerait direct de la piscine.

Arrivée à 10h, je pars donc chercher un café. Oh, sympa, y a un boulodrome, c’est rigolo. Bon, par contre, l’immeuble ne paie pas de mine mais à voir. Je vais à la gare et trouve un café type PMU. Ahem, j’ai pas vu de supérette, par contre. 10h30, me revoici devant l’immeuble, je rencontre le dynamique agent immobilier qui me broie la main en me saluant, tout va bien. L’appart est au premier étage. Sans ascenseur mais pas grave vu que ce n’est qu’au premier. Je rentre dans l’appart et là, je déchante : à ma gauche, un placard sans porte. A ma droite, la pièce principale avec un évier et un frigo « mais ne vous inquiétez pas, le frigo ne reste pas ». Ah ben raté, là, précisément, je m’inquiète. Et c’est quoi ces traces sur le mur ? « Y a eu un dégât des eaux mais l’appart sera rafraîchi dès que tout sera sec ». Okayyyyyyyy… « Mais euh… y a pas de cuisine. » « Ah, si vous voulez, je peux demander au proprio d’installer des plaques et un frigo ». Ah ben il a intérêt de le faire, oui, ça c’est sûr. Mais encore, là, c’est gentillet, pénétrons maintenant dans ce qui fait
office de chambre et de salle de bain.

Le proprio a installé un lit mezzanine pour gagner de la place, pourquoi pas. Traîne là un vieux bahut qui devrait rester. Ben si je devais m’installer là, il dégagerait aussi sec. Vue imprenable sur le toit de l’abri vélo en béton recouvert de mousse. Mouais. Mais là, je me retourne et je découvre le pompon : les lieux de toilette. D’un côté, un lavabo plutôt sympa avec un grand miroir et des spots. Jusque là, tout va bien. Mais les toilettes et la douche, là, j’ai envie de pleurer. Les toilettes sont rangées dans un coin de la chambre et juste à côté, la cabine de douche. En gros, en sortant de la douche, j’ai une chance sur deux de mettre les pieds sur la cuvette. Cuvette qui a une vue imprenable sur la chambre. En gros, si j’ai quelqu’un dans la chambre, je peux plus faire pipi, je suis pudique, voyez-vous.

Bon, ok, je vais partir, vite. Je salue l’agent immobilier qui me propose de le rappeler si je suis intéressée. Il ne me demande rien, ni mon salaire, ni mes garanties, rien. Sous-entendu : « ok, j’ai bien vu que tu es toute atterrée, je sais que tu ne veux pas cet appart. » Bien vu monsieur, je n’en veux pas de cet appart. En plus, j’ai attendu le bus une plombe, pour changer. Foutue ligne. Tant pis, je ne serais pas voisine du boulodrome mais ce n’est pas très grave, je suis nulle en pétanque.

Me voici de retour chez moi, légèrement déprimée de m’être levée si tôt (pour un samedi) pour un taudis pareil. Bon, c’est à ce moment là que j’ai commencé à envisager de visiter aussi des studios parce que les T2, ça ne le fait pas, là. 

Les gens trop bien sont faits pour être malheureux

Sauf à tomber eux-mêmes sur des gens bien. L’autre jour, je parlais d’un garçon de ma connaissance que nous appellerons James. Sur le papier, James est grand et beau, une très bonne situation, intelligent, cultivé, intéressant, généreux et très sympa. Sans doute qu’il a des défauts, je ne le connais pas suffisamment pour les avoir vus. Ne vous emballez pas mesdemoiselles, James est en couple. Mais pourtant, je me dis que James est typiquement le genre de mecs qui est plus fait pour souffrir que faire souffrir, alors même qu’il a tous les atouts pour briser des tonnes de cœurs.

Alors voilà, les gens trop bien sont-ils faits pour être malheureux ? Scannez votre entourage, tous. Vous n’avez pas une personne, homme ou femme, qui cumule les sales histoires amoureuses alors que sur le papier, il/elle a tous les atouts dans sa main pour être heureux ? Moi, si j’en n’avais qu’une… J’en ai toute une collection. Et je me demande pourquoi, oh oui, pourquoi ? En pensant à James, j’ai cru entrevoir une explication et ça marche avec mes amis « bien et qui souffrent ». Déjà, James est victime du syndrome du trophée, je dirais. La première fois que j’ai dit James, je me suis dit « miam, j’en ferais bien mon 4 heures ». Mais en faire un petit ami ? Ohlala, non. Bon, la question ne se posait pas vu qu’il avait déjà sa copine, on est dans la fiction mais un mec beau comme ça, on l’imagine plus dans le rôle du prédateur que de l’homme d’une vie.

Explication deuxième qui découle de la première : ces gens bourrés de qualité sont effrayants. Imaginons que j’ai un James à la maison. Je le regarderais avec les yeux de l’amour, je l’écouterais parler pendant des heures mais si je repère pas vite les défauts dans cette cuirasse de perfection, je vais commencer à vite paniquer : merde, il est trop bien pour moi. Toutes les filles vont le vouloir, se jeter sur lui, il va peut-être rencontrer une fille mieux que moi, aaaaaaaah ! Oui, une fille, ça psychote pas mal quand on s’y met. Donc soit je prends confiance en moi et surtout en lui (rappelons que nous parlons d’un mec bien et super loyal) et tout va bien, soit je vais finir par le plaquer pour un mec moins parfait et moins angoissant, quelque part.

Explication troisième qui naît de la douceur de caractère de James et ses amis du genre. En général, ces personnes ont une grande générosité et une grande préoccupation pour autrui. Donc ce n’est pas le genre à provoquer une sale rupture, il fera les choses tout en douceur. Et d’ailleurs, en général, ce genre de personnes ne rompt quasi jamais, sans que je sache bien pourquoi.

Conclusion : je suis intimement persuadé que James est programme plus pour souffrir que pour faire souffrir, ce qui me désole. Ce qui peut le sauver ? Tomber sur quelqu’un d’aussi bien qui l’appréciera à sa juste valeur et se verra faire autre chose avec lui que de l’épingler à son tableau de chasse. Alors, oui, c’est possible, James en est la preuve. Mais James a rencontré sa belle après 30 ans comme quoi, il lui aura fallu du temps.

Bordel, t’’es où Prince charmant ?

La semaine dernière, j’ai lu le jouissif « Princesses ou amazones » d’Olivia Elkaim, prêté par ma Summer préférée. Je l’ai avalé en deux jours chrono mais faut avouer que mes tribulations sénécéfiques m’ont bien aidées. Non parce que ¾ d’heure pour aller à un entretien (quand tout se passe bien n’est-ce pas), ça veut dire ¾ d’heure pour en revenir (cf remarque précédente) donc plein de temps pour lire. Sans oublier que je suis rentrée chez mes parents donc 6h de train (mais j’ai dormi quasi 4h sur les 6).

Donc, dans ce livre, Oliv’ se demande pourquoi ses amies et elle, trentenaires ou presque, belles et merveilleuses, ne trouvaient pas le only one. Plusieurs explications sont avancées mais une a particulièrement retenu mon attention et mon cerveau s’est mis à chauffer : voilà un bon sujet d’article. En gros, si on trouve pas, c’est qu’on est trop exigeantes. Il faut que the only one soit parfait : bon au pieu, intelligent, beau, une bonne situation donc riche (ben ouais, ça va de pair), viril et sensible, romantique, indépendant mais câlin, intellectuel et sportif, bricoleur, patient, sociable mais pas toujours collé avec sa bande de copains… Bon, la liste est infinie. Sauf que faut se rendre à l’évidence, les filles, il n’existe pas, ce mec là. Prenons l’exemple de Barbara, dans le roman, l’amazone ultime : elle couche avec 4 ou 5 mecs différents pour allier leurs qualités car aucun ne se suffit à lui même. Un n’est pas bon amant, un autre l’agace rapidement, un 3e est marié… Et patati et patata. Mais l’homme parfait n’existe pas (tout comme la femme parfaite, d’ailleurs).

Notre célibat est-il notre faute ? Moi, non, je me fais toujours larguer… Parce qu’à chaque mec que je rencontre, y a toujours un truc qui me gêne dans mon modèle d’homme idéal. Mais je passe outre ce souci, surtout que c’est souvent peu important. Bon, c’est clair qu’il y a des trucs qui feraient chier genre il est nul au pieux (mais si je lui dis ce que je veux et qu’il me dit ce qu’il veut, on pourrait trouver un juste milieu), il n’a pas lu un livre depuis la 6e (mais le plaisir de la lecture, ça s’apprend et il aura droit de m’initier à un truc qui lui plaît), il aime pas les chats (personne ne résiste au charme incontestable de Kenya), il est resté au XIXe siècle et pense que la place d’une femme, c’est à la maison (il est sérieux là ? Bon, là, faut pas déconner non plus), c’est le sosie de David Martin, le mec qui présente le loto et les soupes Liebig ou Knorr et qui a l’air de beaucoup postillonner (eurk !). Bon mais quand même, je suis pas si difficile que ça.
Mais il est vrai que la libération de mœurs nous a permis d’essayer avant de trouver. En gros, on n’a pas encore trouvé le only one, c’pas grave, on va coucher avec d’autres mecs en attendant. Bien entendu, je ne condamnerai pas cette pratique puisque a) j’en fais autant, b) je ne crois pas en la quête du only one quoi qu’il en soit. Mais parfois, les filles qui se lamentent sur leur célibat ou leur lose sentimentales me saoulent. Le classique : elles courent après un mec qui n’en a rien à foutre d’elles et l’idéalisent au maximum et jettent ceux qui veulent d’elles comme des kleenex. Parce que celui qu’on l’a n’a pas (encore ?) n’a pas pu faire preuve de son imperfection. On l’image Jude Lawesque dès le réveil, la sensualité d’un George Clooney, la bestialité d’un Sawyer, le membre de Rocco, la virilité rassurante d’un Brad Pitt, que sais-je encore ? Alors que celui que l’on a, on sait que le matin, il se lève avec son caleçon qui lui arrive à mi-fesses, fesse qu’il s’empresse de gratter avec vigueur de la main gauche tandis que la main droite en fait autant sur sa joue recouverte de barbe et ça fait scratch scratch (moi, j’aime bien la barbe de 3 jours, remarque). On sait que le matin, il a des épis et une haleine pas top fraîche (comme si nous, on sentait le Hollywood dans la bouche au réveil, tiens). Même que quand il va pisser, il rabaisse MEME PAS la lunette des chiottes. Or, en tant que single, nous, on n’est pas habituées à vérifier si la lunette est baissée et on manque de se péter le coccyx en atterrissant violemment DANS la cuvette.
Sauf que, je le répète, l’homme parfait n’existe pas. Même mon papa, il laisse la lunette relevée des fois alors qu’il a vécu 24 ans avec trois femmes. Et qu’il est toujours avec sa chère épouse, d’ailleurs (ma môman). Mon pôpa, qui est un homme qui s’est quand même pas mal impliqué dans notre éducation, faisait la cuisine quand ma mère bossait et est le roi des crèpes, il a des défauts d’hommes genre quand il est plongé dans son Equipe, il en fout plus une même quand sa fille aînée essaie désespérément de sauver le carpaccio de deux fauves affamées (bon, ok, les fauves, c’est Kenya et Clio mais bon…). Que mon papa, quand je regarde dors devant Sex and the city, il zappe sur le foot sans me demander mon avis. Que des fois, il voit pas que ma mère est allée chez le coiffeur. Ni ma sœur ni moi d’ailleurs alors que je suis passée des cheveux longs châtains clair à un carré roux.
N’empêche que j’aurais un mec aussi bien que mon papa, je serais la plus heureuse des princesses.