Les histoires les plus courtes sont les plus indigestes

Des hommes, j’en ai connus, des liaisons, j’en ai eues. Même des relations amoureuses où l’autre avait une place particulière dans ma vie, une place de choix. J’étais prête à faire des concessions, faire une place dans ma vie. Mais parfois, l’histoire tourne court, gros eau de boudin dans laquelle on se noie. Pourtant, y a-t-il de quoi faire un drame ?

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Octobre 2012, le prince charmant se mue en crapaud. Du jour au lendemain, je me prends une rupture en pleine face sans que rien ne m’eut permis de m’y attendre. 5 mois plus tard, je digère pas tout. Je suis lucide, je n’aimais pas ce garçon, j’étais bien avec lui et j’avais envie de construire quelque chose. J’étais amoureuse d’une image que j’avais mais une image fausse. Bon bref, dès octobre, je dis ça à la naturopathe. Mais ça me reste un peu en travers quand même. Je pouvais même plus regarder une série avec Jeremy Sisto parce que je trouvais qu’il avait des airs et je reste troublée dès que j’entends un accent latin (oui, mon ex est Italien pour ceux que ça intéresse). Bref, je digère pas bien parce que… dans la masse à avaler, y a plein de regrets.

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Janvier 2011. Début du marasme avec rupture amoureuse. Cette rupture, c’est moi qui l’ai provoquée en posant un ultimatum que je savais fatal. Mais l’histoire était arrivée au bout. Je dors pas mal et là, je rêve de mon ex… Pas celui de cette rupture mais un de 2006 dont je n’avais manifestement pas tout digéré. Pourquoi ? Parce que j’ai des regrets (c’était marqué quelques lignes plus haut, si t’as pas trouvé tout seul, va te servir un café).

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Des regrets, des regrets mais des regrets de quoi ? De pas avoir eu réellement une chance. Une chance de juste voir si ça pouvait marcher ou non. Je ne sais si ces hommes auraient pu m’offrir une grande et belle histoire mais j’ai juste pas eu l’occasion d’aller au bout. Et ça, ça me rend dingue. Et ça rend la rupture indigeste. J’en parlais autrefois avec je ne sais plus laquelle de mes amies et on se disait qu’on mettait souvent plus de temps à se remettre d’une courte histoire que d’une longue, établie. Facile : une relation courte où tu y crois, t’es en plein dans la passion et dans ta lune de miel et là, vlan, dans ta gueule, c’est terminé. Hier encore, Chéri d’amour vous envoyait des SMS enflammés, aujourd’hui, c’est fini. Hier encore, prince-charmant-devenu-crapaud voulait caler son emploi du temps sur le mien pour qu’on ait les mêmes soirs de dispo pour se voir. Le lendemain, j’avais droit à un baratin de merde sur “je ne sais plus, je ne sais pas et puis hop, tiens, j’ai pas digéré la rupture d’avec mon ex dont je n’ai jamais trouvé utile de te parler en 3 mois”. Comment veux-tu te préparer à ça ? Surtout que pardon mais le coup de l’ex, je suis pas conne, je sais très bien que c’est une excuse bidon, un vrai “c’est pas toi, c’est moi”. Même si le connard pointe et atomise le prince charmant, reste le regret de cette semi relation qui ne m’a pas permis de réaliser nos projets. Comme ce week-end qu’on devait faire en amoureux. Comme ce voyage en Russie quand il aurait fini d’écrire sa thèse. De bien jolis rêves. Qui t’empoisonnent un peu.

matrioshka

Au fond, ce qui nous rend cette rupture difficile, ce n’est pas une question d’Amour, sans doute un peu d’orgueil mais surtout la projection idyllique de la relation que nous avions. Nous n’avons pas eu le temps de se rendre compte que l’Autre était aussi imparfait que vous. Ce n’est pas l’absence de l’autre qui nous empoisonne mais ce qu’on aurait aimé qu’il soit pour nous.

La carte de visite, le Graal ultime

Dans le joyeux monde du marketing digital, on joue beaucoup aux chaises musicales et les employés embarquent et débarquent à toute vitesse. Trop vite pour que l’on suive en tout cas. Ainsi, il arrive régulièrement qu’en rendez-vous client ou presta, une personne rougisse légèrement à l’heure des changements de cartes de visite « je viens d’arriver, j’en ai pas encore… »

Pour ma part, j’ai un léger problème relationnel avec les cartes de visite, j’oublie toujours de les donner mais passons. J’aime cependant bien ce petit rituel de la carte de visite car aujourd’hui, en obtenir de le part de son entreprise est fort en symbole. On a quand même investi quelques dizaines d’euros pour écrire sur un bout de carton mes coordonnées et le fait que j’appartenais à la maison. Obtenir ses cartes de visite, c’est un peu comme passer le test HIV dans une relation amoureuse, c’est un signe d’engagement. Ma boîte et moi, on est suffisamment engagés pour avoir nos deux noms sur une même carte…

Du coup, ne pas avoir sa propre carte peut avoir quelque chose d’humiliant. Même si on est en pleine lune de miel (les premiers mois sont toujours idylliques… Comme dans une relation amoureuse), on sent tout de même poindre la possibilité d’une porte de sortie, un « oui, on est bien tous les 2 mais je suis pas encore sûr… ». Professionnellement parlant, ça s’appelle une période d’essai : 1, 3, 6, parfois 12 mois où on s’aime mais on reste un peu sur la réserve. On ne sait jamais, un amour récent est si fragile.

Et puis un jour, elles arrivent. Dans leur petite boîte transparente, elles trônent sur votre bureau. Oh, on sait bien qu’on ne les distribuera pas toutes (surtout quand on n’est pas commercial et que, comme moi, on oublie d’en donner) mais voilà, c’est la petite tape sur l’épaule de ton entreprise qui te dit « je crois en toi, je crois en nous ». La carte de visite, c’est la matérialisation de la relation, une sorte d’alliance en papier glacé ou papier recyclé. D’ailleurs, si vous voulez mon avis, je préfère ces dernières. Petite boîte chérie, inscrivons notre amour au panthéon pro en respectant l’environnement, s’il te plaît. Vous avez désormais votre Graal entre les mains, un petit rectangle qui signifie que oui, vous en êtes. Et que vous distribuerez négligemment lors des rendez-vous clients en adressant un sourire mi-consolateur mi-condescendant à celui avouant qu’il n’en a pas encore…

Pourquoi personne ne pense jamais à fêter ça, tiens ? Ça changerait des pots de départ toujours un peu déprimants…

Et puis, cerise sur le gâteau, ça nous fournit plein de marques pages.

This is a bad, bad timing

Faut que j’arrête les titres pourris, je suis sûre que ça nuit à mon karma.

L’amour, aaaaah, l’amour, que ne lit-on pas sur lui. L’amour, voyez-vous, c’est une question de feeling. Un jour, vous êtes là, sereins, et il vient vous percuter, tel une révélation divine que vous n’attendiez pas ou plus. Braoum l’amour, c’est comme l’éclair, tu sais pas où ça va tomber, c’est pas pour rien qu’on parle de coup de foudre. Et ben pardon mais tout ça, ce sont des conneries.


Perso, je ne crois pas au coup de foudre mais passons, c’est pas le sujet de l’article. Non, moi, je veux parler de timing. Parce que oui, l’amour est une question de timing selon moi et autant vous dire que j’ai la palme de la lose en la matière.


Déjà je souhaite atomiser le concept d’âme soeur. Âme soeur au singulier, je crois plutôt à des âmes soeurs. Et je ne crois pas que l’âme soeur corresponde uniquement au domaine amoureux, on peut aussi parler d’âme soeur en terme d’amitié ou de création artistique, par exemple. Deux individus complémentaires qui se rencontrent et partagent une affinité particulière. En terme d’amour, je pense donc qu’il n’y a pas qu’une seule personne qui puisse me correspondre à la perfection mais une multitude. Déjà je ne pense pas que mon âme soeur d’il y a dix ans soit la même qu’aujourd’hui car j’ai changé et pas dit que mon âme soeur ait suivi le même chemin. Puis pardon mais sur 7 milliards d’individus, ça vous déprime pas de penser qu’il y en a qu’une pour vous ? Et si on passe à côté, on sera passés à côté de sa vie privée ? Youhou, il est où le pont le plus proche que j’aille direct m’y jeter ? Bref, le concept d’âme soeur au singulier pue, fin de la démonstration.


Donc il y a plusieurs personnes qui nous correspondent et même que certaines sont célibataires. Mais ça ne veut pas forcement dire qu’elles sont disponibles. En gros, si t’as pas le timing, t’es mort et moi, je l’avoue, je l’ai jamais. Par exemple, j’ai rencontré un gars fort chouette avec moult qualités tant physiques que morales, une personnalité un peu originale… Bref, ça aurait pu être le coup de foudre mais j’ai vite freiné des 4 fers car je ne peux ignorer l’énorme obstacle dans cette relation : SON EX. En majuscule, oui. Parce qu’en gros, ils ont passé 5 ans ensemble, ont acheté un appart ensemble et après la rupture, ont tenté une colocation. Or vu toutes les affaires de la jeune fille qui traîne dans l’appart, tu sens la rupture plus que fraîche. Ça plus d’autres histoires assez difficiles qui font passer ma propre année 2011 pour une petite promenade de santé. Donc autant dire que je n’ai pas de place dans sa vie (et son global manque de réactivité à mes invitations me le confirment).


Et parlons de cette sublime âme soeur que l’on croise un beau matin d’été (ou un pluvieux matin froid d’automne), c’est lui ou elle, c’est toi, c’est nous, love at the first sight comme on dit sauf que, voilà, l’amour, il te frappe toi mais trop pas de chance, il l’a frappé(e) la semaine dernière avec une autre âme soeur. Donc il est en pleine lune de miel métaphorique et même si vous êtes faits l’un pour l’autre, là, de suite, il/elle est fait pour quelqu’un d’autre. Alors, oui, on peut mettre son mal en patience mais rien ne dit qu’il/elle reviendra sur le marché des célibataires. Lose ultime.


Mais de l’autre côté, un homme pourrait-il en avoir une dans la mienne actuellement ? Si on considère que le lundi, c’est chorale, mardi plongée, jeudi sport avec les coupines, re plongée le vendredi même si j’arrive pas à me motiver (c’est plus loin et l’eau est froide). Le week-end, je ménage du temps pour mes cercles d’amis hors plongée, je dois faire le ménage, avancer dans mon tricot… Et encore, j’ai plus de contrats annexes. Ajouté à ça la folie furieuse qu’est mon boulot actuellement (tête dans le guidon jusqu’en 2012), je le mets où le mec de l’histoire ? Non, pas là… (enfin, je dis pas non de façon absolue hein mais c’est pas le sujet !). Oui je chouine sur le timing mais je l’ai pas non plus. De toute façon, 2011 m’a épuisée, je vais finir l’année tout doux et on reprendra un rythme plus serein en 2012.

Tout ça pour dire qu’avoir le feeling, c’est bien mais si t’as pas le timing, tu pourras rien faire. Et là, tu pourras soupirer comme moi et dire que, de toute façon, la vie est une pute.

Welcome à TGGP

Je suis officiellement salariée à TGGP (très grand groupe de presse pour les nouveaux arrivants) depuis fin octobre. Déjà 9 mois et je ne vois toujours pas le temps passer. Même si la lune de miel est terminée et qu’il y a des jours plus sans qu’avec, globalement, tout va bien. Au bout de ces 9 mois, j’ai eu donc droit au séminaire d’intégration. Mais quand ma sœur fait le sien en Tunisie, moi, je le fais au siège de TGGP en petite couronne, juste à côté de chez moi. Côté exotisme, on repassera.

Etaient conviés les employés engagés au 2e semestre 2007 dans les branches publicité et numérique. Dès le départ, on perd donc Simon embauché avant. Avec Ioulia, on se tâte et on finit par accepter vu que nos copains y vont. On ne se voit plus trop souvent depuis que mon service est parti sur un autre site (enfin, on se fait un déj une fois par semaine quand même) donc l’occasion était trop belle. Mercredi, je me lève à l’aube de l’hiver (c’est-à-dire qu’en hiver, à cette heure là, il fait encore nuit, c’est pour faire un peu ma
Cosette), je me prépare et pars, pas super en avance. J’arrive en vue de l’arrêt de bus et le bus est déjà là. Je dois traverser une grande avenue fréquentée. Un, deux trois, je pique un sprint. La chauffeuse me voit et rouvre les portes. A Toulouse, les chauffeurs attendaient rarement les coureurs, la RATP, c’est pas tous des vilains. Je note au passage qu’il est beaucoup plus facile de courir 100 mètres à plat que 50 en pente. Même pas essoufflée.

Arrivée à TGGP, je retrouve Ioulia, Scarlett et Louise. Oh super, du café ! Je me prends une grosse tasse (contrairement aux autres), ce qui me fait passer pour la caféïnomane de service. Un de nos collègues qui s’appelle Guillaume à qui j’ai parlé une demi-douzaine de fois arrive à notre table, salue les gens et me regarde : « on ne se connaît pas… ». Pan, dans ma gueule. « Heu ben si, on travaille sur ce site là ensemble, je suis la troisième du bureau avec Ioulia et Simon.

– Ah… Mais c’est parce que t’es dans l’ombre et que je suis pas physionomiste ».

Tiens, je viens de perdre mon ego, elle commence bien cette journée.

C’est parti pour le séminaire. Au menu : 4h de blabla avec une pause au bout de 2 heures. Plusieurs DG de la boîte (dont le nôtre) viennent présenter leur secteur. L’idée de la réunion est de nous présenter les secteurs d’activité de la boîte, des fois qu’on ait envie de bouger. Pas de chance, la branche qui m’intéresse n’a pas droit à un discours même si le responsable fait un peu le maître de cérémonie. Boss ultime fait un discours puis on nous présente les branches télé, radio, pub, numérique… A côté de moi, Louise, enceinte de 5 mois qui se caresse le ventre dès qu’on nous passe des vidéos avec de la musique forte car sa petite s’agite. J’ai été passablement traumatisée par le volet « je suis à côté d’une femme enceinte » mais je suis rassurée : elle m’a appris qu’on pouvait quand même boire du café pendant la grossesse mais juste un peu. Ouais, j’ai des questions essentielles.

2h de blabla, retour au buffet pour un deuxième gros café car je sens que je vais défaillir, je mange aussi des petits viennoiseries. Je suis parée pour affronter la suite. C’est reparti pour un tour. Les intervenants se succèdent, je lâche un peu. A un moment, il commence à se passer des trucs bizarres sur scène et tout à coup, je suis plus là… Oh non, j’ai fermé les yeux ! J’aligne les micro siestes mais je suis pas la seule, Louise aussi. Sauf qu’on se fait remarquer par le responsable de la comm interne (service que je vise pour dans 2 ans) et Louise, elle, elle est enceinte alors que moi, pas du tout. Est-ce que le fait que mes règles arrivent justifient un assoupissement pendant un séminaire ?

Enfin, après 4 heures de docile écoute, nous sommes récompensés par un déjeuner. Toute la bande (ceux cités au dessus plus Joy, Lena, Pauline, Philippe et une fille que je connais pas) se retrouve à la même table avec une RH qui anime le déjeuner. Pendant qu’on se pète le bide (ils se sont pas moqués de nous, il me faut du riz noir), elle nous parle un peu de mobilité interne, on lui expose les problèmes qu’on rencontre genre le bureau de la stagiaire commandé il y a deux mois et demi et toujours pas arrivé, l’abonnement aux magazines que j’ai demandé à mon arrivée et que j’ai jamais reçus, ce genre de choses.

Bilan : une matinée, c’est un peu trop dense et surtout, on est forcément restés entre nous, aucune « activité » ne favorisant les mélanges. Alors qu’on serait allés en Tunisie, il y aurait eu plein de mélanges.