Le complexe de la nullité

On m’a toujours appris à être une bonne élève. Mes parents, bien qu’assez cools en soit, me répétaient qu’il était important d’avoir des bonnes notes, d’avoir une mention au bac… J’avoue que 8 ans après la fin de mes études (et bim !), ça me fait un peu sourire. Non parce que mon bac, mes 2 bac+4 et mon bac+5, ils me servent à rien. Même pas à décorer mes toilettes vu que mes deux derniers diplômes, je les ai jamais récupérés… Du coup, bonne élève oblige, j’ai développé une sorte de complexe de la nullité. Ou comment je n’ose pas me lancer dans certaines aventures de peur d’être nulle. Quoi que je fasse.

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A présent que j’ai terminé mes études, l’apprentissage se fait par plaisir. Les activités ne sont pas anodines : la plongée, domaine où je m’en sors bien car j’ai toujours été aquatique et la chorale puisqu’on m’a toujours dit que je chantais bien. Mais y a d’autres activités qui pourraient me tenter mais où je n’ose me lancer. Outre le manque de temps car j’ai un travail qui me prend toute la journée, j’ai peur d’être nulle. Irrémédiablement nulle. C’est une possibilité, ne nous mentons pas. Oui, on peut bosser dur, il y a des domaines dans lesquels on ne sera jamais doués, c’est comme ça. Par exemple, j’ai des doutes sur mes capacités à faire un jour un dessin correct pour cause de mauvaise intelligence spatiale sans parler de mes mains fébriles.

gribouillis

Gribouillis by (c)moi

Mais… mais peut-être qu’en fait, je pourrais être douée, une fois passée l’étape de la prise de conscience et le lâcher prise. Non parce que c’est toujours ça le problème : on veut tellement bien faire qu’on s’applique trop à recopier, répéter ce que l’on voit ou entend et on ne se lâche pas. Les élèves appliqués sont rarement les meilleurs, admettons le. La question est ainsi la suivante : doit-on se lancer dans une activité dans laquelle on se sait quelques compétences ou se jeter là où on se sait nul et avoir, peut-être, une bonne surprise (tout en gardant en tête que rien n’est garanti). J’ai eu quelques jolies surprises sur mes compétences, des talents que je ne me savais pas forcément. Par exemple les langues. Je me suis toujours pensée un peu nulle (aujourd’hui encore…). Or je peux soutenir une conversation en anglais et en italien sans soucis. Bon, faudrait que je travaille ça un peu plus mais c’est super encourageant. De la même, pendant des années et des années, je me suis crue pas sportive pour un sou et pas douée dans le domaine. Aujourd’hui, je fais 5 à 7h de sport par semaine et je suis une bonne nageuse (enfin, tout dans les jambes, rien dans les bras, je nage plus vite le crawl sans eux, c’est un peu problématique).

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En fait, ce complexe de la nullité n’est-il pas qu’un prétexte pour ne pas se mettre en danger ? Enfin, relativement, personne n’est mort d’avoir loupé un dessin…Se confronter à sa nullité, réelle ou supposée, c’est possiblement se rendre que… ben oui, on est vraiment pas bon. Et personne n’a envie de s’en rendre compte. Pourtant, il n’y a rien de grave. Je suis vraiment nulle en dessin ? Je comptais pas en faire mon métier. Je n’arriverai jamais à danser correctement malgré mon hyperlaxie ? Même remarque que précédemment et je ne suis pas allée en boîte depuis… septembre 2011. Parfois, c’est un peu frustrant car on aimerait s’en sortir, faire de beaux dessins ou des tableaux à offrir ou je ne sais quoi mais ça n’a rien de grave. Il faut savoir surmonter sa peur de la nullité pour se rendre compte de l’étendue de ses compétences. Même si savoir bien nager, coudre, jongler… ne me servira pas à priori, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Je vous raconterai un jour l’histoire de mon ancien collègue magicien ou comment une marotte peut t’ouvrir de belles portes.

 

Ce que font les filles sous la douche

Oh, le vilain titre racoleur, là, je plaide coupable. Mais s’il y a un moment particulièrement orgasmique de la journée, c’est bien la douche.
 
Il faut parfois être privé de quelque chose pour en apprécier pleinement la saveur. Pendant presque deux mois, je me suis douchée avec juste un filet d’eau chaude, cette activité devenait une pure question d’hygiène, je n’y prenais plus aucun plaisir. Puis ma chaudière fut réparée et là, quelle douche, mes enfants ! Elle dura facilement un bon quart d’heure. Quand l’eau chaude, propulsée par une sacrée pression (je ne savais pas que j’avais de la pression) qui vient frapper ma peau, mais quel délice ! J’avais oublié à quel point c’était bon de sentir son corps s’abandonner à la douce chaleur, sentir la vapeur d’eau me rentrer dans les narines… Bref, je pense que si je devais faire un classement des meilleures douches de ma vie, celle-là serait dans les premières places.
 
La douche est la dernière chose que je fais avant d’aller me coucher, une bonne façon de terminer la journée. Je ne suis pas du tout douche du matin : une fois passée sous la douche, l’idée de mettre un orteil dehors me traumatise complètement. La douche est un pur moment égoïste où on se prélasse, tous les sens sont en éveil. L’odeur du savon, la mousse qui glisse paresseusement sur votre corps pendant qu’on se lave, la peau qui devient douce…
 
Tout aussi plaisant, son corollaire : le bain. Je ne peux m’empêcher, quand je me glisse dans mon bain, de laisser échapper un petit soupir de contentement : oh que c’est bon ! J’avoue que l’une de mes occupations préférées de ma vie de célibataire, c’est de barboter dans mon bain bouillant à l’eau rendue laiteuse par la poudre faite pour avec un magazine à la con, un manga ou un bouquin. Mais un bain à deux, c’est bien aussi !
 
Bon, mais revenons-en un peu au titre de l’article : que font les filles sous la douche ? Il y a un mythe assez répandu de la demoiselle qui se masturbe sous la douche grâce au concours du pommeau. J’avoue tout à fait que sous la douche, je me lave, je me délasse mais point barre. Pourtant j’ai du plaisir quelque part, rien que lorsque l’eau chaude caresse mon corps et c’est un moment que j’ai du mal à partager.
 
Si je regarde en arrière, je n’ai partagé ma douche qu’avec des hommes avec qui j’avais développé une certaine intimité. Un copain de brouette, je n’ai même pas envie de partager ce moment-là avec lui, j’attends d’être peinarde pour me laver. Quelque part, je n’aime pas me laver devant autrui. Même quand je me brosse les dents, ça m’emmerde qu’on me regarde, un peu d’intimité, que diable ! Pour mon corps, c’est pareil. C’est un peu les coulisses du spectacle, si j’ose dire. C’est là où je me fais belle, que je nettoie mon corps et mes cheveux pour paraître toute rutilante quand je sors. Bon, j’avoue que cette idée est bizarre.
 
 Avec un petit ami ou un amant très proche, j’avoue que j’adore me doucher avec lui (ou prendre un bain). La première fois que j’ai pris une douche avec Guillaume 1er du nom, j’ai dû insister, il trouvait ça bizarre. J’avais déjà expérimenté la chose avec Pierre le pervers qui me démontrait par A+B les bienfaits du pommeau de douche et son grand jeu était de couper l’eau chaude à la main car l’eau glacée, c’est bon pour la peau. Du coup, je poussais de grands cris et essayait d’échapper aux jets froids, qu’est-ce qu’on s’amuse ! Finalement, Guillaume 1er a trouvé ça très amusant. Chez mes parents, la salle de bain du haut, dédiée aux enfants de la famille, n’est équipée que d’une cabine de douche donc à deux là-dedans, on se frotte, on se frôle et, immanquablement, à un moment, je sentais poindre un truc dur dans le dos… Curieusement, je me souviens pas qu’on se soit douchés à deux ailleurs que chez mes parents, sans doute parce qu’il était douche du matin et moi douche du soir. Il n’y avait que le week-end où on se douchait un peu n’importe quand, selon l’heure du lever et du coucher.
 
La plupart de mes petits amis ne rechignent pas à une douche mixte sauf Arnaud qui n’avait jamais dû tenter l’expérience. Première soirée chez lui, on brouette joyeusement puis après le câlin postcoïtal que j’affectionne tant, il m’annonce qu’il va se doucher. « Super, fis-je, je viens avec toi ! » Et là, il m’a regardée très étonné : mais quelle est donc cette demoiselle aux mœurs étranges ? Je me suis donc incrustée dans sa baignoire… Et rien. Chacun de son côté, on se savonne, on se shampouine, il m’a gentiment rincée avec le jet mais absolument rien d’érotique. Certes, on venait de faire l’amour comme des fous mais c’est pas une raison pour se tripoter un peu, non mais !
 
J’aime laver mon partenaire de douche, lui passer mon éponge (oui, je me lave avec une éponge) sur tout le corps, insister sur certaines zones, le rincer, et qu’il en fasse autant pour moi. De façon générale, la douche est un bon préliminaire ou une bonne façon de conclure une brouette. L’avantage d’une douche précoïtale, c’est qu’on est sûr de la propreté de son partenaire. Bon, à ma connaissance, je n’ai jamais eu de relations sexuelles avec un monsieur fâché avec l’hygiène (disons qu’ils étaient toujours propres quand ils passaient entre mes mains) donc je n’ai jamais eu à me plaindre. Mais si le monsieur exhale des odeurs franchement écoeurantes, il peut se brosser pour avoir droit à la brouette (rien de sale en moi), à une fellation (rien de sale en moi), ou même à une soupe de langue (Hum !). Je ne suis pas une nazie de l’hygiène mais il y a des choses avec lesquelles j’ai du mal. Donc se doucher avec son partenaire, c’est être sûre d’éviter ce genre de mésaventures. Et même si la douche ne dégénère pas en brouette, ça reste un agréable moment intime à partager, selon moi. Le seul souci, c’est de croire qu’une douche à deux peut faire gagner du temps (les deux prennent la douche en même temps donc logiquement…) parce qu’on se frotte, on se tripote, ça fait durer un peu la douche.
Enfin, moi, ça m’arrange, c’est mon propriétaire qui paie l’eau et j’ai décidé de le faire cracher au maximum (oui, il y a un jeu de mot atroce dans cette phrase, je le confesse).
 
Mais quand même, le must du must, ça reste le bain à deux. C’est d’ailleurs une scène assez courante dans les films un peu chauds comme dans « Une liaison pornographique » avec Sergi Lopez et Nathalie Baye, à un moment, ils prennent un bain et je sais plus qui tripote l’autre avec son pied mais ça plaît beaucoup. Donjuju a aussi fait une planche sur le sujet. Personnellement, je n’ai jamais fait l’amour vraiment dans une baignoire mais de longs jeux érotiques, ça oui et j’aime bien. A la base, je suis une fille aquatique, j’ai su nager avant de savoir écrire, j’ai toujours aimé ça. Donc mélanger eau et sexe, c’est un cocktail affolant. L’eau rend la peau douce et parfumée, pour peu qu’on ait mis de la poudre de bain dedans (ce que je fais toujours), on est alanguis, totalement détendus… Et après, je m’étonne de faire des rêves érotiques qui se déroulent dans ma baignoire !
 
A force de parler de jeux coquins dans l’eau, j’ai chaud… Je vais calmer mes ardeurs sous la douche !