Ok, 2011, je t’ai comprise

Fin 2010, j’avais pris une résolution : je vais devenir plus égoïste. Mission pas vraiment remplie donc la vie m’a filé un coup de main : elle m’a littéralement pété le genou.

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La semaine dernière, visite d’Anne, meilleure amie depuis 1983 et fidèle soutien. On papote pour se mettre à jour sur nos vies respectives et elle le décrète : « quelque part, c’est bien que tu te sois cassée la jambe, ça te permet de rester loin de Paris et de te reposer, tu en avais grand besoin ! ». Oui, je vais pas revenir sur ce que j’appelle le Marasme (ouais avec majuscule, ma vie est un roman), j’ai morflé, oui, la plupart des piliers de ma vie se sont effondrés mais d’autres ont surgi. La nature a horreur du vide comme on dit, les
places abandonnées ne le furent pas longtemps. Et début juin, je clamais que ça y était, 2011 commençait pour moi. J’ai crié victoire trop vite. Une chute d’un bar plus tard (cette chute est en train de faire de moi une légende), je suis donc réduite à poursuivre cette année 2011 alitée ou à trois pattes. Mon été sera entre parenthèse, les crushes à étudier de près que j’avais avant de partir risquent de
s’éteindre. Afin, si tant est qu’il y ait quelque chose à éteindre, j’ai même pas pu explorer ces pistes pour la plupart. Ca craint. Et inutile d’envisager d’en avoir de nouveaux entre temps vu que mon été va se résumer à maison-travail-kiné (une femme)-travail-maison. De toute façon, avec mon attelle, j’ai vachement envie de tenter le kama-sutra, tiens. “Bon alors moi, je m’allonge sur le dos et je bouge pas trop, surtout la jambe gauche et si tu appuies dessus, je te castre à vie. T’as envie ? Non ? C’est bizarre…”

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Donc vie amoureuse (avec un petit a) entre parenthèse, ok. Sans compter que j’ai un peu calculé les calories que j’absorbe en ce moment (sans excès aucun, jamais mangé autant de légumes de ma vie. Mais j’ai pas compté le mariage encore) et celles que je dépense (à peu près aucune), va falloir diéter sec et reprendre le sport dès que possible. Ou trouver un amoureux des loukoums, au choix. Oui parce que ça aussi, c’est entre parenthèse : pas de sport. Bon, bientôt, je vais pouvoir faire du vélo et de la piscine chez le kiné (celle de Paris, je sais pas si elle en a une, de piscine) mais les exercices ne sont pas violents donc c’est pas du vrai sport. Moi qui avais trouvé un super truc pour la rentrée, j’espère ne pas avoir à trop attendre. Et y a la plongée aussi, j’aimerais bien un peu l’étrenner mon niveau 2 quand même. 

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Heureusement, y a des trucs que je peux quand même faire avec ma patte folle. Genre travailler. Oui, imaginez que je suis partie en vacances le 10 juin, je devrais revenir à mon poste le 24 juillet. Un mois et demi d’absence, ça fait long, surtout quand on n’est pas dans la boîte depuis très longtemps. Tiens, marrant, le 24 juillet, je fêterai justement mes 6 mois dans l’entreprise, youhou ! Mais je me démerde, je télétravaille et j’ai même rendu un doc qui a été très apprécié (alors que je le trouvais bâclé vu que le mariage de ma soeur prend beaucoup de temps et que j’ai pas pu commencer à bosser avant 23h en moyenne. Je suis un peu fatiguée, oui). La semaine prochaine, je vais avancer sur le projet au long cours qui était en pause pour manque de temps. Dommage, j’ai pas tous mes docs mais je vais pouvoir faire des trucs. Puis je vais écrire aussi, ça fait du bien de retrouver une forme plus romancée. J’ai déjà écrit 6 pages et vu que je vais pas sortir de l’été, je vais pouvoir avancer. 

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En fait, je crois que la vie m’a trouvée sans doute trop prompte à me déclarer guérie de mon marasme. Encore un peu de calme, jeune fille ! Oui, je sais, c’est débile mais laissez-moi un peu justifier tout ça, merci. Je laisse les dossiers et les drames parisiens à leur place et quand je rentrerai, je serai plus à même de faire le tri dans mes relations, ceux qui m’ont agréablement surprise par leur sollicitude et ceux qui m’ont déçue par leur silence. Comme on dit, c’est dans l’adversité que tu comptes tes vrais amis. Même si okayyyy, en matière d’adversité, on peut faire bien pire qu’un genou cassé. Mais tout de même.

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Alors quand j’abandonnerai enfin mes béquilles pour reprendre ma petite vie, j’aurai eu droit à des vacances mentales de deux mois, une petite pause qui, finalement, va me permettre de repartir sereinement. Et d’attendre 2012 parce que je crois que 2011, en fait, elle m’aime pas.

Je suis résolue !

Comme j’ai quand même une formation journaliste (même si elle est loin), je ne peux m’empêcher de me vautrer gaiement dans les marronniers donc après le bilan 2010, je vous présente les résolutions 2011, tataaaaaaaaaan ! Je sais, c’est insupportable ce manque de surprise mais j’ai besoin de mes petits rituels. Et celui des résolutions (que je ne tiens jamais), ça me permet de me motiver un peu pour l’année qui s’en vient. Année qui commence, comme les autres, par 3 mois d’hiver. Youhou !

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Reprenons un peu ma liste des résolutions 2010. J’avais dit « vie privée en avant », j’ai moyen réussi. Oui, j’ai trouvé un super amoureux, je fais de la plongée et je sors pas mal mais j’ai été super rongée par le boulot (mais j’ai pas repris de lexomil, soulignons-le). J’ai voulu apprendre à dessiner, échec. J’ai voulu progresser sous photoshop, échec. J’avais dit que je lancerais mon auto entreprise, échec mais c’est pas plus mal car le loup est sorti du bois depuis. J’ai aussi dit que je serais plus rigoureuse et méthodique, semi échec (je le fais bien au travail mais pas du tout dans ma vie privée). Faire plus de sport, réussite, chanter une demi-heure par jour, échec, trouver un mec bien, réussite, ne plus jouer à yahoo ! jeux échec total. Mouais donc c’est pratique, je vais pouvoir reprendre les mêmes pour 2011. Mais détaillons un peu.

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J’aurais voulu être une artiste

Faut vraiment que je bosse là-dessus. Avec Chloé, on est résolues à trouver un cours de photo pour commencer parce que j’ai quand même eu un top objectif pour Noël pour mon appareil (Gwouigwoui, si tu passes par ici, tu avais raison pour le Tamron, merci bien) et que j’en ai envie, pour l’essentiel. Non que je pense avoir un talent incroyable en photo mais comme je l’ai déjà expliqué, ça me pousse à fouiller les coins et recoins pour trouver un angle de vue qui me plaît, un moment insolite et c’est pas si mal. D’ailleurs, maintenant, j’ai un flickr (pas très bien rangé, faut que je réorganise tout ça sérieusement). Et le dessin, faut que je fasse quelque chose. Non parce que quand je vois ce que ma mère dessine au bout de 3 mois de cours à raison d’un cours par semaine, je suppute qu’il y a une hérédité quelque part.

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2011, année égoïste

Ma vraie résolution cette année, c’est celle-ci, je deviens égoïste. Enfin, relativement, je ne vais pas laisser les gens que j’aime dans le marasme si ma main peut les aider à en sortir, bien entendu. Mais je me concentre aussi sur moi et sur mon bien-être. Parce que je suis épuisée, à fleur de peau et que ça ne peut pas continuer. Ceci implique donc plus de sport et aussi des massages en institut (mais tu peux m’en faire aussi chéri, les tiens sont encore mieux). Il suffit que j’économise 70 à 80 € par mois et à moi le massage d’une heure. J’en ai besoin. Et ne crachons pas sur les saunas/hammam. Et tout ça passe aussi par la réorganisation de mon appart, victime n°1 de ma fatigue 2010. Je vais le réaménager, hop là ! Parce que mine de rien, actuellement, je suis dans une période chiante où j’ai toute légitimité à revendiquer un « moi d’abord ». Je l’ai conseillé à une copine aussi qui est encore plus près du bout du rouleau que moi. Elle m’a expliqué qu’elle comptait un peu faire le ménage dans sa vie et éloigner ceux qui ne sont là qu’en parole et encore. Pas faux. Bon, pour ma part, j’ai pas de « faux amis » à sortir de ma vie (ou je ne les ai pas identifiés mais pas dans mon cercle premier, ça, j’en suis sûre) mais je vais apprendre à plus dire « moi aussi, j’ai besoin de soutien, là » plutôt que de jouer les « hé, tu vas pas bien ? Pas de soucis, je suis là pour toi ! ». Ignorer les problèmes ne les a jamais résolus. Et puis en 2011, je travaille mon sommeil, par la même occasion. Une amie de l’Amoureux m’a expliqué qu’elle avait aussi des problèmes de sommeil et son docteur lui a conseillé ceci : se coucher tous les soirs à 1h pour se lever tous les matins à 8h, semaine comme week-end et surtout, SURTOUT, ne pas jouer avec le snooze. Vous savez, ce truc qui refait sonner le réveil toutes les 9 minutes et dont j’abuse depuis 15 ans au bas mot. Lui, lui, il me crève ! Et le lit, c’est juste pour dormir, on lit sur le canapé. Ok. Je vais donc faire ça. Et tenter de m’organiser un petit rituel du matin. Du genre je me lève, je me prépare et je me laisse 30 mn pour boire un café, lire ou écrire. Il le faut !

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Ecrire et lire

Et donc, je termine là-dessus. En 2010, ma production littéraire est allée décroissant. J’ai écrit deux romans de 4 pages (enfin, je me suis arrêtée en page 4) et je n’écris même plus régulièrement pour le blog. Donc mon style s’en ressent et, drame ultime, je commence à faire de vilaines fautes. Stop ! Donc en 2010, j’abandonne le rythme quotidien (tout est relatif ces derniers temps) de ce blog pour passer à un article tous les 2 jours, en moyenne. Ca va me dégager du temps pour soit vivre soit écrire autre chose. Ensuite, parallèlement à ça, j’ai décidé en mon for intérieur de m’abonner à des magazines. Parce que le marchand de journaux, je n’y vais jamais. Sont élus : Management, Stratégies, Pour la science (même si je comprends pas toujours tout) et un féminin mais j’ai pas décidé lequel. Je suis tentée par Grazia. Je sais, ça manque cruellement de newsmag mais j’ai pas le temps de les lire en hebdo. Peut-être le mensuel de rue89 mais je l’ai jamais trouvé en kiosque.  Non parce que le problème, c’est que si je lis un newsmag hebdo, je ne lis plus que ça et j’ai aussi envie de lire des romans. Un féminin, c’est beaucoup plus vite lu (surtout que dans les pages mode, y a pas de texte).

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Vœux pieux ? Sans doute, surtout pour le côté « je me lève dès la sonnerie du réveil ». Mais si je peux appliquer déjà quelques trucs, ce sera pas si mal.

PS : Oui, c’est ma maman qui a dessiné la dame toute nue. Tant de talent, ça m’émeut aux larmes (sinon ma dépression va bien merci)

Si Adriana n’est pas là, c’est Nina qui s’en occupera

Dans la série « je ne sais pas dire non à une nouvelle expérience (n’impliquant pas un saut à partir d’un pont ou d’avion) », dimanche, j’ai testé pour vous la quête pour la Croix Rouge. Et sociologiquement, c’est passionnant. A noter avant de continuer que cette collecte concerne les antennes locales de la Croix Rouge donc je préfère que les commentaires ne se transforment pas en débat sur la Croix Rouge en général, merci.

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Faire la quête pour la Croix Rouge est une chose relativement aisée puisqu’il s’agit d’une institution connue, les gens ne sont pas dans un rapport de méfiance, surtout que je portais une sublime chasuble orange fluo. Plus sexy tu meurs surtout qu’elle était évidemment trop grande pour moi. Rendez-vous était pris à 15h avec Matthieu, le pote qui allait m’initier à la quête. Avec lui Josseline, la coordinatrice qui m’explique quelques trucs. Sourire, politesse, inciter sans trop insister, le but n’est pas non plus d’énerver les gens. Et c’est parti, on se pose dans l’utilitaire Croix-Rouge, Josseline nous cherche un bon point de chute pour ramasser un max de tune. Premier essai : juste à côté du métro Courcelles. Nous faisons normalement la quête mais ce n’est guère juteux, peu de voitures au feu. Alors on vient nous récupérer et là, on nous jette direct sur les Champs-Elysées. Enfin moi sur la rue de la Boétie et Matthieu sur les Champs vu qu’il est plus expérimenté et surtout qu’il fait 1m95 donc on le voit de plus loin.

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Là, les choses sérieuses commencent, y a beaucoup de voitures. Règle n°1 : on se met côté conducteur, on sourit, on se présente, on demande des sous, on remercie, on sourit, on salue. On ne rentre dans aucune polémique, on n’a pas le temps mais pour ma part, je n’y ai pas eu droit, à peine un jeune homme qui m’a dit qu’il fallait soutenir Israël (je suis pas sûre que la Croix Rouge du 8e se sente particulièrement concernée mais bon…) et un qui m’a dit « Donner à la Croix-Rouge ? Surtout pas ! ». Okayyyy ! Mais à part ça, rien.

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On peut observer de façon très précise les comportements humains. Première constatation : être une jolie fille avenante, ça aide. Et non, je ne me la raconte pas. Ceci étant, j’ai pu noter que Matthieu avait quant à lui son petit succès auprès des femmes et jeunes filles, comme les deux qui lui couraient après en gloussant pour lui donner des pièces. Mais du coup, j’ai pu pas mal récolter, je dirais dans les 300 € même si j’ai pas eu mon résultat final. Et figurez-vous que 300 € en pièces, ça pèse beaucoup. A la fin de la journée, j’avais mal au bras, mal aux jambes (pendant 4h, remonter et descendre les files de voitures, ça fait du kilométrage quand même), je suis sale comme un peigne, j’ai du dépôt sableux sur la peau, je pue. Mais curieusement, malgré ma crasse et ma chasuble orange, certains me font encore du charme, me demandant mon numéro. Y a même un cycliste qui s’est arrêté juste pour me dire que j’étais très jolie
(mais je m’en fiche, il n’a rien donné). Donc la quête de la Croix-Rouge peut être une façon intéressante de rencontrer un homme, notez.

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La quête permet aussi de prendre la mesure de l’effet incitatif. En gros, si la première voiture donne, vous savez que les suivantes vont suivre : effet incitatif. Par contre, si la première et la deuxième ne donnent rien, ce feu s’avèrera peu fructueux. Il y a des comportements humains fascinants. Ceux qui s’excusent sincèrement de ne donner que quelques euros (moi, je trouve ça déjà très bien), ceux qui sont sincèrement désolés de ne pas avoir de monnaie. Il y a aussi ceux qui refusent de donner avec un « non merci » qui m’amuse beaucoup. Je ne veux pas te donner d’argent, mec, je veux que, toi, tu m’en donnes ! Mais le must, ce sont ceux qui nous ignorent avec la grande technique du « je tripote mon téléphone » ou « je parle à mon voisin et je suis très très concentré sur lui/elle ». Sachant que je portais une chasuble orange fluo, j’ai du mal à croire qu’on ne m’ait pas vue… Mais le must de l’indélicatesse reste les fenêtres que l’on voit se fermer au fur et à mesure qu’on s’approche. Je comprends que les gens ne donnent pas, c’est un choix, pas de soucis, je ne juge pas. Par contre, un petit sourire ou même un signe de tête serait plutôt le bienvenu car le plan du « lalala, je ne te vois pas » ou « je refuse même que tu puisses me parler » me gonfle légèrement.

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Enfin, quelques phrases entendues plusieurs fois : « non merci », « bon courage mademoiselle », « tu me donnes ton numéro et je te
donne des sous », « j’ai pas grand-chose (et vlan, une pièce de 2 €) », « il est où l’autocollant ? Ouééééé ! » et j’ai eu droit à peu près 38 fois à la blague « hééééé, elle est où Adriana », ce à quoi je répondais : « j’en suis la version minuscule ». Après tout, je suis presque blonde et presque grande…

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Bref, une expérience intéressante qui m’a légèrement laissée sur le carreau, j’étais littéralement épuisée dimanche soir quand j’ai déboulé chez mon amant chouchou du moment (mais j’ai eu le droit de me reposer pendant qu’il passait la serpillère et même à manger une tarte à la fraise meringuée qui remettrait d’aplomb n’importe quelle quêteuse). Deux jours après, j’ai lamentablement mal au biceps droit, ce qui me fait penser que je dois retourner rapidement à la salle de sport. Mais ça reste un bon moment, un chouette souvenir car au-delà des sous rapportés, ce que je retiens, c’est surtout les sourires, les gentilles attentions des gens. Ca, d’un point de vue égoïste, ça fait un bien fou. Même si j’étais épuisée physiquement (enfin, bon, j’exagère peut-être un peu), moralement, ça m’a bien reboostée.

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L’an prochain, je remets ça !

Donner un sens à sa vie

Par LucasMercredi dernier j’ai diné avec mes parents dans un très bon restaurant chinois, référencé par le guide Michelin (oui, il y avait deux « baguettes »… Bon OK j’arrête l’humour de merde.)
Ce qui est intéressant c’est que nous sommes allés là bas parce que mon père voulait fêter un truc.
Ce jour là, cela faisait 30 ans qu’il s’était installé à N’enterre Pas Tes Rêves, en tant que médecin spécialiste.
Ma sœur et moi on lui a donc demandé ce à quoi il rêvait à 30 ans, il y a 30 ans…

Mon père est issu d’un monde ouvrier.
Il s’est construit lui-même. Mais il a eu la chance de croiser des gens motivants.
Intelligent, bucheur, il a d’abord eu un prof qui l’a poussé vers un lycée généraliste puis plus tard il a croisé deux personnes qui sont devenues des amis et qui lui ont donné des outils (bouquins, auteurs, réflexions) pour mieux comprendre le monde et vivre mieux.

Mon père, fondateur des Jeunesses Communistes à Bagneux à l’age de 12 ans, puis militant au PC jusqu’à 30 ans, a voté Sarko aux dernières élections.

En fait, aujourd’hui, la seule conviction qui l’anime c’est vouloir être heureux et en phase avec sa vision de la vie.
Et pour répondre à cette demande, Sarko lui a paru plus en accord avec les impératifs de la société moderne qu’un PS, sclérosé, archaïque et à coté de la plaque.

Qui lui en voudrait ?
Qui lui en voudra ?

Pire, ne peut on pousser la logique plus loin et dire que tout communiste est un égoïste qui s’ignore car dans tout communiste c’est le fait d’utiliser la collectivité pour améliorer son sort personnel qui prime… (OK, je vais un peu loin. Certes, il y a des gens bienveilllants et généreux. Mais rappelez vous l’échec de Owen avec ses collectivités… C’est un peu déprimant tout de même.)

Mais au-delà de tout ça, et pour revenir au sujet qui était « ce à quoi rêvait mon paternel à 30 ans », ce qui nous a étonné, ma sœur et moi, c’est que cette question, sur le sens à donner son existence, est restée en suspension. Mon père n’avait plus de rêves à 30 ans, plus d’idéal.

Pourquoi se lever le matin et « faire l’effort de » ?
Comment se coucher le soir et être serein ?
Pour quelle raisons faire des efforts ?

Dans sa réponse, il a donc eu un pragmatisme effrayant.

Quand on a un boulot passionnant, des revenus importants, qu’on bosse 15 heures par jour, ce qu’on cherche c’est tout bonnement à ne pas être triste ou anxieux.
Je ne dis pas que mon père se noie dans le travail pour éviter de penser à des choses qui pourraient le soucier.
Je dis qu’il se noie dans le boulot parce que (je résume, bien sûr) il y trouve un réconfort intellectuel et des revenus importants qui lui permettent ensuite le week end de faire ce que bon lui semble et offrir à sa famille un cadre de vie adéquat.

Exit Mère Teresa, exit les bons samaritains, exit toute cette hypocrisie chrétienne de l’aide de ton prochain. (mais d’ailleurs, la plupart des mémés croyantes qui vont à l’église ne le font-elles pas uniquement pour être accueillies au paradis ? N’y a-t-il pas une malhonnêteté intrinsèque et essentielle dans cet abonnement à la messe en vue d’être bien vue de Dieu et obtenir son F2 au paradis ?)

Pour autant je pense à Nina qui a serré les dents avant de trouver un boulot qui lui plaise vraiment. Je pense à un copain qui a eu le courage de se lancer dans un domaine passionnant (le cinéma) et d’en baver le temps nécessaire avant d’être reconnu pour ses qualités. Belle preuve d’abnégation.

Mais je pense surtout à une amie.

Une nana brillante, un caractère bien trempé, une personnalité incroyable.
Pour tout vous dire alors que j’étais dans mon coma, j’ai rêvé à deux reprises que j’allais chez ses parents pour la demander en mariage.
Aujourd’hui, Aphrodite est avocate dans un cabinet prestigieux.
Mais il y a encore quelques années, dans des moments de tristesse ou de doute, elle parlait de lâcher le Droit, d’être infirmière pour donner un peu de sens à sa vie…
Parfois, je pense à elle et je me demande :

« Est-elle heureuse aujourd’hui ? A-t-elle trouvé une réponse ? Un quotidien qui l’empêche de penser à l’absurdité de tout ça…  »

On en revient toujours à Camus et le Mythe de Sisyphe.

Alors…
Que penser ?
A quoi bon vouloir chercher une raison d’être et exister ?
Faut-il vivre sans se poser de questions histoire d’être serein ?

Si vous avez des remarques, elles sont les bienvenues.

Cette salope de Blanche Neige

 Par Lucas

Tu te rappelles lectrice, tu te rappelles lecteur ?
Petite fille ou petit garçon avant l’ère de la Game Boy,
Quand le soir venu un membre de ta famille te racontait une histoire…
Et qu’il fallait te la répéter 15 fois par an…
Raconte-moi Cendrillooooooon…
Ou Blanche Neige.
Avec un nom pareil, était-elle vraiment aussi pure ?

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Mine de rien, Blanche Neige, c’est un peu l’école de la vie.
Le Prince Charmant c’est un peu le mari idéal qui arrive avec sa Jaguar et sa Breitling.
La Reine Mère c’est un peu la méchante patronne qui veut niquer le prolétariat des mineurs et  des femmes de ménage sans voir leurs qualités cachées (Blanche Neige, le livre de chevet d’Arlette Laguiller)
Mais je vais trop vite. Revenons à Bogossito.

Le Prince Charmant c’est le mec qui a fait l’école du Louvre ou un 3eme cycle de malade ou une école d’ingénieux (classée « X », c’est le top) ou une Business Cool à Joy in Josas et qui a trouvé un taff de winner et une raison, certes oppressante, mais trrrrès bien payée de se lever le matin.

C’est aussi un type qui a signé pour vivre plein d’aventures avec des tas de méchants ou avec les entreprises concurrentes de sa boite. Il va surmonter des taaaaas d’épreuves : doper les ventes d’un produit, zigouiller le vilain pas beau,  auditer une boite, tuer un dragon, lancer un nouveau produit, passer au dessus d’un précipice, améliorer les marges, sauver la gentille des griffes du méchant qui de toute façon comme tout méchant va crever à la fin, etc…

Seulement voila le CPB ou PCJ (charming prince beginner ou Junior) n’a pas le temps de trouver chausson de vair à son pied. Bah oui, il est tellement pris, qu’il risque bien de jamais le trouver le chausson en rentrant du taff, comme à l’accoutumée, après minuit. Du coup, le BPC il est sur Meetic mais ça les frères Grimm ils se sont bien gardés de le dire. Ils ont préféré nous faire croire que pour chopper des meufs, le BPC il faisait des promenades. Bah ouhai c’est la drague des boulevards tchip tchip tchip, tchip tchio deu houa. D’toute façon, même s’il  trouve la nana,  il ne va pas la garder longtemps. Eh ouhai, mon p’tit prince : les nanas faut être présentes pour elles. C’est elles les stars. Si t’es pas assez attentionné, pas assez à l’écoute, elles vont ailleurs chercher  meilleure chaussure à leur pied. Allez retourne donc voir Bianca…

Et tu sais quoi, Raoul (oui, Raoul le Prince Charmant, c’est trop glamour) tu peux chanter la chanson qu’on trouve à la fin du CD Emilie jolie, version de 1979. Attend je te donne le premier vers et je te fais une version New Wave, rien que pour toi,

Je ne suis qu’un prince charmant, un prince débutant,
Avec  ma carte bleue mon épée et mon Aston Martin fidèle canasson
Pour chopper une meuf qui ne pense qu’au pognon
Laquelle va exiger de se marier
Sous le régime de la communauté
Pour divorcer deux ans plus tard
Et me piquer la moitié de mes avoirs…

Quelle salope cette Blanche Neige…
Je comprends mieux pourquoi on a jamais eu de Blanche Neige II, le Retour.

Et justement, Blanche Neige, pendant que le BPC trottine,  elle fait quoi ?
Eh bah elle fait sa pretty woman ! En esperant trouver un mec blindé, c’est à dire en faisant un peu de ménage chez les riches propriétaires de mine de diamants (hé, pas conne Bianca…).
Elle virevolte entre les 7 péchés capitaux pour donner une image glamour de sa personne.  Elle veut être parfaite alors pour cela elle conchie Atchoum, Dormeur, Prof, Simplet, Grincheux, Timide et  Joyeux,

car Bianca Snow, elle renie le fait d’être
Versatile, Paresseux, Suffisant, Bête, Acariâtre, Lâche et trop Optimiste.

Enfin elle en donne surtout l’impression mais si on analyse les sous entendus certains esprits affutés vont nous dire qu’en fait c’était une grosse chaudasse…
Ils étaient forts ces Frères Grimm tout de même…

Et puis n’oubions pas que Bianca, elle va faire preuve d’humanité et d’audace en goutant la pomme empoisonnée c’est à dire aux fruits défendus. Comme quoi il faut toujours oser braver les interdits et se lancer : la chance sourit aux audacieux.

Et pendant ce temps là je ne vous parle pas de la Reine Mère !!
Celle-là même qui cherche à se convaincre qu’elle est biotifoule alors que c’est une vieille peau, moche et acariâtre, une femme  que son mari trompe surement avec les servantes qui passent.
Une vioque qui se fait câliner par son miroir, symbole même du gigolo.

Chuis blasé : on n’a pas assez étudié la Reine Mère dans une logique freudienne…

Et même si elle est self centered, égoïste en son miroir, sclérosée sur elle-même et complètement aigrie, c’est surtout une mal baisée complètement dèg de voir sa belle-fille chopper le premier beau gosse qui passe par là. Jane Austen, sors de cet artiiiiiicle !!
Et on oublie l’absence du père !!
C’est peut-être ça aussi qui a poussé Blanche à s’amouracher du premier beau gosse venu. Pas de père, donc pas d’Œdipe au pays de Bianca.

Voila, c’était plus une ébauche d’étude qu’une réelle philosophie.
Dans le cadre scolaire de ma bizness cool, j’avais un cours de Micro-Economie où le Partiel comptait 50% et l’autre moitié était une note donnée sur un dossier à rendre, sujet au choix.
J’avais choisi la « Microéconomie de la Chope », sport élémentaire à Sup de Co.

« Marie-Raoulette veut optimiser sa fonction de séduction et utilise du maquillage et de la course à pied pour en produire sur un marché saturé en offres concurrentielles… »

C’était une étude très serieuse. Le prof s’était pissé dessus… D’ailleurs, je me demande s’il ne serait pas intéressant de faire une étude sociologique, psychologique et politique des schtroumpfs. Je donne des idées aux étudiant(e)s en psycho qui nous lisent. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est évidemment pour moi !

Courrier des cœurs : réponse à Angel

Cette semaine, Ange nous a posé la question suivante : « Peut-on oublier son vrai grand Amour ? Voilà, il y a déjà 10 ans, je suis sorti avec une fille que l’on nommera M. Nous étions au lycée, le temps des amourettes comme on dit, mais pas pour nous. Des sentiments très forts existaient, pourtant nous n’avons pas couché ensemble. La relation en elle-même n’a pas duré exceptionnellement longtemps, deux fois deux mois avec entre les deux un an de séparation. Nous sommes restés en contact les années suivantes, jusqu’à ce qu’elle coupe les ponts il y a 5 ans environ => silence radio total.

Malgré de multiples tentatives de ma part, elle n’a jamais répondu à mes courriers et mes souhaits de nous retrouver…

Il y a environ 4 ans, après de nombreuses années de souffrances, je me suis mis un coup de pied au cul comme on dit, et j’avais accepté la situation, le fait que je l’avais perdu, qu’il fallait que je me fasse une raison. Et j’ai pu enfin avancer dans ma vie sentimentale, qui n’était jusque là qu’une recherche perpétuelle d’une clone de M. Les filles avec qui je suis sorti présentait une part de M, un trait de caractère etc.

Depuis, j’ai même réussi à aimer de nouveau « un nouvel grand amour », ça fait quatre et demi que nous sommes ensemble. Nous allons même avoir un tit bout de chou bientôt.

Nos sentiments sont forts, et notre couple solide. Dans ma tête, tout était clair, elle avait réussi à effacer M de ma mémoire.

Il y a un an environ, j’avais retrouvé la trace de M, j’avais même écris une lettre pour tenter de renouer le contact, mais je n’ai jamais trouver le courage pour l’envoyer. Et puis, je me suis décidé il y a quelques mois. A ma grande surprise, cette fois-ci, elle a accepté de me répondre. Nous avons donc renoué contact, après tant d’années de silence. Quelques mails au début, puis j’ai proposé de nous revoir il y a deux jours. Elle a accepté.

Nos retrouvailles étaient géniales, notre complicité toujours intacte, et elle, toujours aussi jolie. Je ne devais rester qu’une heure, nous avions du mal à nous quitter après deux heures de discussion à se raconter nos vies durant ces années de silence. Je lui ai annoncé que j’attendais un enfant. Elle, ça fait 3 ans qu’elle est avec son copain.

Tout serait beau si je n’avais pas cette sensation étrange d’avoir louper quelque chose, à un moment, j’ai dit que « nous nous sommes connus trop tôt, c’est dommage, ça aurait pu être magnifique » et elle a acquiescé, me confortant dans ma réflexion. Comme si notre Amour aurait pu être splendide si nous nous étions connu quelques années plus tard…

Depuis, tout un tas de questions trottent dans ma tête… Ai je vraiment louper le coche ? Existe-il une possibilité pour qu’on se remet
ensemble ? Avec un bébé en route, puis je vraiment abandonner mes responsabilité et quitter ma copine ? En serais-je capable ?

Dans quel cas serais-je le plus heureux ? celui d’être père mais toujours avec cette idée d’avoir louper le véritable grand Amour ou celui de vivre le grand Amour en brisant un couple plutôt solide ?

 A l’aide… »


La cellule love and sex s’est penché sur ce cas épineux, voici ce que nous en avons pensé :

Bobby :  Question difficile et délicate, et comme je suis tout jeune et pas assez expérimenté, je me garderai bien de te donner une
opinion (il y a dix ans, j’ignorais ce qu’était une érection). Toutefois, dans ce genre de situation « remords » VS « regrets », je préfère penser que ce est arrivé devait arriver ainsi. Bon, je suis pas en train de dire « c’est le destin », parce qu’on va me rire au nez.  Imaginons donc que la vie suit un chemin rectiligne. Parfois, on est face à deux voies différentes. On se dit donc qu’on a le choix, et que c’est notre liberté humaine qui nous permets de sélectionner un des deux embranchements. Et pourtant, sur la ligne du temps, on ne choisit qu’un seul des deux chemins ; quand on regarde l’ensemble de notre vie, on n’a donc pas vraiment le choix. Le VRAI choix, la vraie liberté, ça serait de pouvoir tester les deux chemins et de revenir dans le temps pour emprunter le meilleur en connaissance de cause. Bref, tout ça pour dire que je ne crois pas aux « j’ai raté le coche ». Tu as suivi TA ligne, TA voie. (désolé pour cette digression pseudo philosophique, mais une fois j’ai entendu un monsieur que j’estime beaucoup dire qu’il avait l’impression d’avoir manqué plein de coches dans sa vie, et qu’il espérait avoir une deuxième vie pour tout refaire mieux, parce qu’il trouvait la première gachée. Non, je suis pas d’accord. On a qu’une seule vie, du moins à ce qu’on en sait, et ta vie, jusqu’à maintenant, ça m’a l’air pas si mal, avec une copine et un bébé en route) Pour la suite, je n’en sais rien, je laisse mes camarades t’aiguiller selon leur bon sens. Pour le passé, par pitié, n’ait jamais de regrets. C’est inutile, et ça gâche la vie.

Jane : Tu te poses des questions, tu t’interroges… Et si… Mais le fait est que pendant toutes ces années où tu as tenté de garder le contact, elle n’a jamais répondu. Recommencer pour faire différemment? Je ne vois pas comment… Après 2 heures passées avec ton ex, il est normal d’avoir de la nostalgie, de se rappeler du bon vieux temps, de la passion d’un amour de jeunesse, de se demander en souriant « et si… » Mais le fait est que ta vie, c’est sans elle que tu l’as fait, ce que tu appelles le grand amour, est-ce ton amour de jeunesse qui te sourit en disant que ça aurait pu être bien, ou est-ce une relation de plus de 4 ans, une relation que tu dis toi-même stable et solide, avec bientôt un enfant?

Tatiana : Je pense que c’est normal que tu te poses des questions. Je suppose que cette fille c’est ton 1er amour ? C’est donc normal que tu ne l’ais pas oubliée. Mais sache que tu ne pourras jamais avoir la même chose avec elle qu’à l’époque où tu sortais avec. Vous avez du beaucoup changer tous les deux et c’est impossible de faire revivre le passé. Alors oui vous avez toujours cette complicité mais je pense qu’elle est surtout due à des souvenirs communs et la nostalgie d’une époque heureuse. Aujourd’hui tu as enfin trouvé
quelqu’un qui te fait ressentir des choses aussi fortes que ce que tu as vécu avec cette fille donc ne va pas tout gâcher pour un truc qui si ça se trouve n’en vaut pas la peine. Tu as fantasmer cette fille pendant des années mais si ça se trouve au bout de 2 mois avec elle tu t’apercevrais que vous n’avez plus rien en commun. Et puis tu as construit quelque chose avec ta copine, quelque chose basé sur l’avenir et non sur un passé. Donc réfléchis bien avant de faire une belle connerie.

Summer : Si ça avait été le grand amour vous seriez encore ensemble et la question ne se poserait pas selon moi. Mais comme j’en ai déjà parlé avec Nina, je pense de plus en plus que l’âme sœur n’existe pas, qu’on peut aimer de façon bien différente plusieurs personnes.  Je comprends qu’elle est compté pour toi, et je suis persuadée que tu as fantasmé ta vie avec elle, parce que oui, c’est du fantasme, tout ça, ça n’est pas la réalité. Le truc qui me fait un pincement au cœur, c’est que ce fantasme passerait manifestement avant ta relation avec ta copine actuelle, relation longue et manifestement sérieuse. Alors à partir de là je me demande si quelque part tout ça, ce n’est pas finalement une peur de t’ engager pour de bon? Sans aucun jugement, je pense que M n’est qu’un prétexte et que tu sais que ce ne sera jamais pareil. Mais si tu tentes parce que tu veux t’en persuader pour de bon une fois pour toute, quelque chose que finalement tu sais déjà, mesure bien que tu risques de perdre beaucoup, trop même, je pense qu’il y a des choses qu’il ne vaut mieux jamais savoir, je pense également que ça préservera la magie de ton histoire avec M et je pense également qu’avoir un bébé c’est la plus belle chose qui soit même si ça fait foutrement peur.

Diane : Arfff làlà….le « grand amour »….

Pour te dire le fond de ma pensée, je pense que cette fille n’est pas ton « grand amour » mais ton grand fantasme. Comme tu l’as dit toi même, vous n’avez été que peu de temps ensemble, et le reste du temps n’a été alimenté que par l’idée que tu te faisais d’elle. Comme dirait mon pote Henri, tu as graaaave cristallisé mon cher! A chaque fois que la réalité te décevait, tu appelais ton fantasme préféré au rapport, et te persuadais petit à petit que mon dieu damned bullshit tu as peut -être raté l’eden, le bonheur, le nirvana total. Et aujourd’hui, pouf, tu es dans une situation sacrément « sérieuse », une situation qui, disons le, ne laisse pas forcément bcp la place au fantasme, et du coup de peur te voir échapper tes petits rêves de prince charmant, tu es allé cherché le fantasme là où il était, cad dans l’image que tu t »étais petit à petit formé de ta copine de lycée. Et elle, cette fois ci elle a répondu, parce que j’imagine qu’elle aussi elle doit être en manque de fantasme. (après 4 ans de relation, on perd un peu le côté passionnel du début, et il y a pas mal de gens qui ne le
supportent pas). N’oublions pas qu’elle t’a ignoré pendant moultes années avant, parce qu’elle avait son quota de rêves à ce moment là.

Donc oui, je comprends que ça soit agréable de rêver un peu, que la réalité puisse être effrayante, mais il semble que tu aies envie de t’engager dans une voie carrément dangereuse, et qui n’en vaut pas le coup. (si tu réalises ton fantasme, il n’en est plus un, et du coup il perd tout son intérêt) Sans oublier que il serait tout de même un tantinet connard et égoiste de laisser tomber ta compagne et ton enfant même pas encore né pour un fantasme de midinette… enfin moi jdis ça hein…

Lucas : Je dois dire que ce genre de situation me laisse pensif. Admettons que tu abandonnes ta compagne. As tu pensé au fait que depuis toutes ces années tu as peut-être sublimé M., sublimé cette relation somme toute fugace (deux fois deux mois). Avec ta compagne, vous avez crée un couple, une complicité, une cohérence et maintenant tu as en plus une responsabilité de père. Le fait de tout casser va t’inciter à chercher des réponses, un idéal chez l’autre et peut-être te rendre compte qu’au delà des instants magiques deci-de là, le quotidien n’est pas aussi merveilleux. En outre, tes histoires n’ont jamais abouti à une vie de couple… Je te rappelle qu’un couple c’est moins une idylle qu’un compromis de tous les jours ou chacun supporte les dafauts de l’autre en se disant qu’il y pire et que les qualités compensent.
Ouep, trop glamour.
Maintenant tu peux très bien (MODE gros salaud ON) raconter tout ça à M, lui mettre sur la table tout ton ressenti, voire lui écrire une lettre pour tout déballer (sans mettre de mots « amour fou » mais simplement les sensations qui te traversent, plus ou moins faciles à definir) et avoir une relation parallele pendant un mois, un an, une vie. Peut-être avez vous besoin de ça tous les deux pour vous rendre compte qu’en fin de compte…
Ca me rappelle la scene de 4 mariages et un enterrement avec Hugh Grant à l’église et son frère muet qui interrompt la ceremonie au moment où Hugh va dire oui pour lui rappeller que la femme qu’il aime c’est pas la pouffe à coté de lui mais Andy Mc Dowell…

Nina : Alors, déjà, je ne comprends pas cette volonté de reprendre encore contact. Tu as construit ta vie à côté, il est dommage de chercher à tout prix à fuir. Sauf que maintenant, tu as pas mal de responsabilités et partir maintenant serait la pire des choses, surtout en te basant sur des si. Honnêtement, si tu avais dû vivre quelque chose de merveilleux avec ton ex, ça se serait passé, vous êtes sortis deux fois ensemble et ça n’a pas duré, je pense que les choses sont donc claires. En 5 ans, vous avez changé tous les deux, rien n’indique que vous avez encore des choses en commun, vous êtes devenus des étrangers l’un pour l’autre. Ce que tu ressens est, à mon avis, plus de la nostalgie que de l’amour. Et je pense que tu devrais te recentrer sur ta copine actuelle qui vit une période importante de sa vie et qui a besoin de ton soutien.

Si tu as, toi aussi, une question love and sex, il est temps de te manifester par comm, mail ou facebook, même, si tu veux. N’hésite plus !

 

Mélanine, t’es pas ma copine

Oyé, oyé ! En ce lundi 14 juillet ferié, je suppose que peu d’entre vous squattent leur écran et je dirais qu’ils ont bien raison. Moi-même, je suis sans doute ailleurs à l’heure qu’il est. Magie du net, quand on y pense, être là sans être là… Enfin, cet article léger de jour férié n’abordera pas cet aspect ésotérique de la blogosphère donc passons à l’essentiel : mon problème récurent avec le soleil.

C’est en juillet 79, sur le canapé de l’appart en bord de mer de la famille Bartoldi que je fus conçue. Je sais, c’est bizarre de savoir où on a été, à priori, conçu, surtout quand on vient de passer une semaine à poser ses fesses sur ledit canapé. Bref, au moment où la fusion entre le spermatozoïde et l’ovule s’est faite (selon une intervention divine bien sûr), le partage des gênes a eu lieu. Ca aurait pu donner à peu près ça :

« Bon alors, couleur des yeux, on a quoi ?

– Beaucoup de bleu, un peu de vert chez la mamie maternelle.

– Bon, on reste au bleu. Cheveux ?

– Châtain clair limite blond ou châtain clair plus foncé.

– Bon, on fait du châtain clair tout court, mettez une mèche blonde, tiens. Couleur de peau ?

– On a du blanc, peau très blanche du père ou peau moins blanche de la mère.

– Bof, on a déjà mis plein de couleur, on va en rester là, moi, j’en ai marre. »

Et voilà ! Depuis 28 ans, j’ai la mélanine flemmarde. Pourtant, j’ai un père catalan, une mère à moitié bretonne, j’ai une relation passionnelle avec l’eau mais non, ma peau déteste le soleil. Petite pourtant, je bronzais… Après être passée par l’étape coup de soleil qui fait mal bien sûr, mais quand même. En grandissant, ça vire au n’importe quoi. D’ailleurs, je n’avais pas réellement bronzée depuis 2004 à peu près. L’an dernier, en vacances de travailleuse (celles où j’ai légitimement le droit de ne rien faire), j’ai essayé de bronzer, je
m’étalais au soleil pour lire mais au bout de 3 jours, non seulement j’avais aucune trace du maillot (alors que je bronzais avec) mais en plus, j’avais une allergie au soleil avec de jolis plaques grattantes dans le dos.

Cette année, j’ai un bronzage qui ne ressemble à rien : blanc de blanc par endroits, rouge écarlate à d’autres avec option « je peux pas dormir dans certaines positions parce que ça fait très mal ». C’est pas comme si je me protégeais pas, en plus, mains indice 30, c’est pas encore suffisant, apparemment.  Je suis un peu déçue, quand même, moi qui me voyais déjà revenir sur Paris la mine splendide, avec cette douce couleur de caramel blond qui était la mienne quand j’étais enfant. Raté.

J’espère désormais qu’il pleuvra tout l’été comme ça, je serai pas la seule à être blanche. Je sais, c’est égoïste mais vous n’avez qu’à expliquer ça à mes foutus gênes.

L’agitation du mouchoir blanc

Parfois dans la vie, on est un peu triste et on se dit qu’on est stupide d’être triste pour « si peu ». Mais le si peu, c’est une chose très relative. Hier soir, j’étais sur MSN (en hors ligne, je précise pour ceux qui m’auraient pas vue connectée) quand ma Vicky vient me parler. Et là « ce soir, j’ai besoin de ton soutien affectif : je tue Vicky ».


Curieusement, ça m’a un peu minée. Je respecte sa décision et ne ferait pas de chantage affectif pour qu’elle reprenne son blog, ce serait ridicule. Mais ce soir, j’ai le sentiment de fin d’époque. Oh, personnellement, la Vicky, je continuerai à la voir, on a déjà deux week-end en amoureuses de prévu, des soirées… Donc techniquement, la fille derrière la blogueuse ne me manquera pas puisqu’on continuera à se voir. Mais quand même, Vicky, c’était un peu ma chouchoute de la blogosphère, ma chérichounette à moi. Quelque part, c’est normal que je vive bien mon célibat, j’ai tout l’amour et l’affection dont j’ai besoin. Quand ça va, on se voit, quand ça va pas aussi, elle m’a même vue pleurer (ce qui est assez rare vu qu’en général, je pleure en cachette… Quoi que bon, là, j’ai pas pleuré depuis un bail mais je vais pas aller me forcer non plus). Elle est arrivée dans ma vie pile au bon moment, quand j’étais au fond de trou sous la vase. Depuis, je suis devenue quelqu’un de bien à mes yeux (enfin, mieux qu’avant) et je me dis qu’elle est pas étrangère à tout ça.

Bon, fin de l’éloge de la personne, elle n’est pas morte en vrai, c’est juste son blog. Mais tu vois, la blogosphère, c’est pas rose. Souvent, ça sent mauvais et ça ressemble à un mauvais épisode des feux de l’amour. Machin s’est engueulé avec truc qui déteste bidule. Et vas-y que ça trolle, ça règle ses comptes à mots couverts ou pas…Alors du coup, je me sens bien dans notre coin, avec les copains vingtenaires et les blogs amis (lesquels ? Mate les liens). Je suis un peu sortie des histoires de blogs compliquées et c’est pas plus mal.

Mais quelque part, je la comprends, Vicky. Y a des jours où ça saoule d’être Nina, aussi. D’un autre côté, ce blog reste mon bébé et pour le moment, j’ai aucune raison d’arrêter. Je m’expose plus vraiment, je raconte parfois des conneries sur ma vie sur mon autre blog mais à coup d’un article par semaine (alors que j’en ai plein en préparation en train de moisir mais, incroyable, travailler prend du temps). Mais je me sers plus du blog pour me psychanalyser parce qu’en fait, tout va plutôt bien dans ma vie. J’ai parfois la sensation que le personnage de Nina se dissout un peu et du coup, ça m’a redonné un nouvel élan. Sans parler des séries, ça m’amuse, ça, surtout celle de l‘homme. Faut que je prépare des trucs pour l’été, d’ailleurs, genre une saga comme celle de Marine mais là, de suite, j’ai pas l’inspiration.

Mais revenons en à Vicky, quelle égocentrique cette Nina ! Ca me chafouine bêtement que la demoiselle quitte notre blogobulle, sans doute une espèce de nostalgie. D’un autre côté, de façon totalement égoïste, je me dis que Vicky, je la partagerai plus avec ses centaines de lecteurs. Juste avec Babysitter et la girlie team mais là, ça va, je veux bien prêter.

Bye bye ma chérichounette. On se retrouve  dans la real life très vite ! Tu veux manger quoi dimanche au fait ? En attendant, je garde ton araignée, qu’elle se sente pas abandonnée !

J’ai un chat

Suite de mon one woman show fictif, je m’amuse.

En tant que femme indépendante des années 2000, j’ai un chat. D’ailleurs, c’est une chatte. Bon alors, je préviens les 3 du fonds qui rigolent dès qu’on prononce le mot chatte que dès que j’utiliserai ce mot dans le sketch qui suit, je parle bien de mon chat, pas de mon minou… Enfin, je veux dire, de mon sexe. D’ailleurs, les femmes sont tellement associées au chat que même leur sexe porte des noms de félin, c’est fou ça. Pourtant, à ma connaissance, aucune vulve n’a jamais griffé personne… Ou alors, le pauvre mec n’a vraiment pas eu de bol.
« Aaaaaaaaaaaaaah [cri de douleur], chérie, je viens de retrouver le faux ongle que tu avais perdu ! ». Quelle idée ! 

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Souvent, la femme célibataire a un chat. Ou une chatte. Et là, je vous pose la question : pourquoi ? Personne ne sait ? Non mais moi non plus, si je vous pose la question, c’est que je veux une réponse ! Bon, si personne ne sait, je vais vous proposer mon interprétation toute personnelle. Accrochez vous, ça va faire mal ! Une femme grandit dans l’idée qu’elle sera mère donc devra s’occuper d’un petit être sans défense incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Sauf que la femme indépendante des années 2000 n’a pas le temps de se reproduire, fonder une famille, tout ça. Déjà, trouver un mec qui veut bien s’installer avec nous, c’est une course d’endurance alors si vous lui parlez bébé, c’est sûr qu’il va nous piquer un sprint pour sortir direct de notre vie. De toute façon, la femme indépendante des années 2000 a bien compris qu’il fallait être égoïste, individualiste, nombriliste, égocentrique, consumériste et tout ça. Alors je vois pas trop comment je pourrais caser un bébé dans le tableau. Le chat est une bonne alternative. Ou la chatte, toujours.

Un chat, déjà, on le récupère, il est déjà né, il n’a pas squatté notre utérus pendant 9 mois et c’est quand même un bon argument ça. Non parce que la grossesse, ça prend du temps alors que là, paf, le chat est déjà né ! Ensuite, le chat faut le nourrir mais un peu de croquettes dans sa gamelle et il se démerde tout seul. Un petit pipi ? Vous lui faites une jolie litière et il va au popo quand il a envie. Et en plus, un chat, ça fait des câlins, on peut lui parler comme à un bébé, il vous prendra pas pour une débile… Enfin, si, des fois, la mienne, elle me regarde d’un air atterré mais je feins de ne pas le remarquer. Et l’avantage du chien, c’est qu’un chat fait sa vie tout seul dans son coin et vous pouvez découcher pour passer une nuit torrrrrrrrrrrrrride avec Pietro, le chat s’en fout, du moment que la gamelle est pleine, la litière propre et qu’il aura son rab de câlins le lendemain. S’il le réclame sinon un chat ne veut pas de câlins.

Mais l’erreur est de croire que le chat est juste une peluche dotée d’un estomac. Et d’un système digestif mais ça, on n’en parle pas, c’est saaaaaaaaale ! Parce qu’un
chat, ça a son caractère. Une chatte encore plus. Un chat ne supporte pas que vous fassiez autre chose que d’admirer sa superbe, sa façon délicate de se toiletter et de se lécher partout. Et quand je dis partout… Par exemple, ayez l’audace de trafiquer sur votre ordinateur pendant que ce petit être délicat est en action, vous pouvez être sûr qu’il piétine votre clavier 2 minutes après. Même aux toilettes, on n’a pas la paix. Exemple : après une dure journée de labeur, j’aime trôner quelques instants pour évacuer tous les cafés absorbés au bureau. Je rentre dans l’appart, gratouille au chat qui me raconte avec enthousiasme sa journée « miaou miaou miaouuuuuuu ! ». Moi aussi ma louloute. Je jette manteau et sac, déboutonne le pantalon et ô délivrance, me voici sur le trône. Sauf que le chat n’est pas d’accord. Elle ne m’a pas raconté toute sa journée. Donc elle arrive et tente une incruste sur mes cuisses en ronronnant et
me regardant avec ses yeux humides et plein d’amour pour pas que je lui refuse l’accès à mes cuisses. Mais il y a des moments pour faire des câlins, minette et là, je te jure, c’est pas le moment. Mais rien à faire, je la pose par terre, elle revient aussi sec à l’attaque. Et je vous jure que tous les chats font ça ! Et quand vous ramenez un mec ? Là, c’est pire ! Tableau : Pietro et vous sur le canapé, yeux dans les yeux, main dans la main mais pas encore sexe dans le sexe, on discute, là. Donc vous êtes dans votre bulle d’amour et d’hormones avec Pietro quand votre félin, agacé d’être ainsi ignoré, attaque. Hop, le voici qui bondit sur le canapé, se love sur ses genoux ou entre vous deux. Et quand le rapprochement se fait torride (voire franchement porno), le chat ne se privera pas pour intervenir. Hé oui, c’est comme ça.

En fait, à partir du moment où vous avez un chat, c’est simple : vous ne vivez plus seule chez vous avec un chat, c’est le chat qui vit seul avec vous. Vous êtes chez lui et respectez son espace, ses horaires, son câlin, ses croquettes. Sinon, il n’hésitera pas à vous sauter violemment dessus à 7h30 le dimanche matin. Quoi que quel que soit le contexte, il n’hésitera pas à vous sauter dessus tôt le matin, quel que soit le jour de la semaine !

Le vendredi 13 porte-t-il bonheur ou malheur ?

(version audio en fin d’article)

Le vendredi 13, c’est un jour béni pour la Française des jeux, on vous dit que c’est un jour de chance et que tout ira bien, youpi. Alors j’ai décidé de vous présenter mon vendredi 13 pour voir si c’est vrai ou pas. Mais avant, je dois poser plein de trucs.

 

Vendredi dernier, 6 avril, c’était mon anniversaire, donc. Me voilà âgée de 27 ans. C’est con comme un simple changement de chiffres modifie la perception que vous avez de vous et de votre vie, je vous jure. A 26 ans, j’étais une loseuse, à 27, une battante. J’attendais une réponse pour un boulot qui me plaisait énormément mais je pense qu’il y avait un souci dès le départ : où je me sous-estime ou les messieurs qui m’ont convoquée me surestiment. Disons que le boulot était peut-être un peu trop élevé pour une débutante. On me l’aurait donné, j’aurais assumé sans trembler mais c’est vrai que c’est trop beau pour commencer avec des responsabilités, des gens à gérer, tout ça. En gros, je commençais direct vers le haut de l’échelle. Vendredi, donc, le téléphone sonne, sonne, sonne puisque tout le monde me souhaite mon anniversaire, je vais mourir d’angoisse ! 12h : « bonjour, Mme d’une mairie loinloin, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » ben oui madame ! 14h, mail : « Bonjour, monsieur d’une agence de comm, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » Ben oui monsieur ! Donc voilà, jeudi, grosse journée en perspective.

 

Ma journée de jeudi. Partie à 10h de chez moi, je prends le train puis le métro jusqu’à Vaugirard, dans le 15e. L’entretien se déroule comme dans un rêve, le genre d’entretiens que j’adore où on devient super potes avec le recruteur, je suis à l’aise, lui aussi, tout va bien. Du coup, mon sourire est spontané et j’oublie mes cheveux oranges. Puis j’ai mis le joli sautoir de ma mamie. Il me demande de lui rendre un rédactionnel, je lui précise que je dois aller à un autre entretien donc j’ai jusqu’au lendemain matin. Ok ! Réponse ? Le lendemain, le vendredi 13, donc. De là, je pars jusqu’à Montparnasse où je mange en lisant le Nouvel Obs, histoire de me la jouer intello à deux balles. 13h, je repars prendre le RER à Châtelet. Arrivée à Nanterre, je me rends compte que j’ai pas un billet pour aller jusqu’à Cergy donc je descends vite acheter un nouveau billet. 8 euros l’expédition en zone 5, youpi. Arrivée à Cergy, terminus, le bus part sous mon nez donc 20 mn d’attente, je vais boire un coca. C’est bon, j’ai encore le temps. Je prends finalement le bus (hop, encore quelques sous de moins) et 6 minutes plus tard, me voilà devant une mairie toute neuve qui sent encore la peinture du Val d’Oise. C’est mignon ce coin du Val d’Oise, ça fait très campagne. Je serais pétée de tune, j’achèterais bien une petite maison dans le coin pour des week-end semi campagnards (mais je suis pas du tout pétée de tune). Bon, l’entretien commence avec 45 mn de retard, je poireaute dans un bureau avec mon Nouvel Obs. Là, un couple de djeuns arrivent dans le bureau pour voir l’employée qui y était, la maman de la fille, et ils viennent me taper la bise. Je suis un peu étonnée mais bien amusée par cette scène. Bon entretien on ne peut plus classique avec deux femmes à base de « vos qualités, vos défauts ». J’ai un rédactionnel à faire pour mardi, réponse le 23.

Donc revenons au vendredi 13. Je devais donc avoir une réponse pour l’entretien de la veille, celui du matin. Je me lève pour envoyer mon rédactionnel et on croise les doigts. Ce jour-là, j’avais trois rendez-vous de programmés : 14h, Summer, 16h30 Lola et en début de soirée, l’asso pour être payée (enfiiiiiiiiiiin). 10h, texto de Summer « j’ai un dégât des eaux chez moi, on se voit pas ». Bon, le vendredi 13, c’est la lose. Je finis mon rédactionnel et je l’envoie. Je devais écrire un article expliquant les flux RSS (mais simplement, hein) et imaginer une animation pour un site pour ado. Au début, je voulais faire un truc sur les présidentielles genre « si tu étais président, tu ferais quoi ? » mais trop casse gueule. Ado, on a souvent les idées politiques de ses parents et ça aurait pu vite partir aux disputes en comm et autres donc à éviter. Ma sœur me fait parvenir la newsletter des 0-25 ans qui identifient les tendances. J’aperçois un truc sur Levi’s. Levi’s -> fringues. Crée tes propres fringues ? Fringues -> déguisement. Déguises-toi et montre nous ça ? Plus trop d’actu… Déguisement -> super héros. Evidemment, bingo ! Entre la sortie de Spiderman 3 et l’arrivée imminente d’Heroes sur TF1, c’est dans l’air du temps. Ok, je fais mes trucs et j’envoie. Maintenant, j’attends.

Ma sœur passe sa journée à me mailer/appeler/MSNer car elle a oublié son portable. D’habitude, elle est plus zen. 15h et des brouettes, téléphone, c’est le président de l’asso : « ouais ben désolée, pfff, pfff, on peut pas se voir ce soir, pfff, pfff, j’ai un dégât des eaux, pfff, pfff, je te laisse, pfff, je te rappelle ! ». Alors on résume : 2 des 3 personnes que je dois voir ont une fuite d’eau donc :

– je porte la poisse
– c’est le vendredi 13 qu’est pourri

– c’est une excuse à la mode (enfin, je dis pas ça pour Summer car elle n’avait pas de raison de pas me voir, heing !).

16h30, je retrouve Lola qui n’a pas eu de fuite d’eau. On discute, ma sœur appelle (encore), on discute, téléphone sonne, un numéro bizarre genre 3577.

« Allo ?

– Oui, Nina, c’est Claude (le recruteur du jeudi matin). Bon, j’ai une bonne nouvelle pour vous. C’est bon, vous êtes prise. Tu commences lundi ? »

Là, je me sens toute bizarre, je le raconterai plus tard car cet article est déjà long, ce qu’est la sensation de passer de chômeuse à travailleuse.

Alors voilà, lundi à 9h, je commence ma vie « d’animatrice de communauté » et en CDI, s’il vous plaît ! C’est un boulot très intéressant où il faut des qualités rédactionnelles puisqu’il y a de l’écrit mais faut aussi avoir des idées pour animer des communautés, mettre en place des concours, animations, organiser des chats et communiquer autour de tout ça. Bref, beaucoup de choses. Je bosserai pour une agence de comm qui travaille pour un opérateur qui a la même couleur que mes cheveux. Du coup, forcément, la vie de ce blog risque d’en pâtir, je sais pas encore à quel niveau. Je pense que l’article quotidien sera encore gérable mais bon, je répondrai plus aux comms aussi souvent. Mais je continuerai d’y répondre, promis.

Donc réponse : le vendredi 13, il porte chance qu’à moi mais de façon complètement égoïste, je suis ravie, ravie, ravie.


(article dédié à E. puisque c’est elle qui m’avait fait parvenir l’annonce pour cet emploi)