Petit guide pour blogueurs en mal de célébrité

L’autre jour, je suis allée à la FNAC et, en furetant dans les rayon informatique et communication (c’est pas le même, de rayon), j’ai remarqué qu’il n’existait aucun guide sur les blogs. Alors moi, je vais vous en pondre un, avec tout l’humour et la dérision qui me caractérise. Parce que toi aussi, deviens une star du blog !
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Alors commençons par la forme, avant d’attaquer le fond. Quand un visiteur arrive sur ton blog, qu’est-ce qu’il voit ? Le design. Ben oui, il va pas commencer direct par lire,
par être attiré par les mots, ce qui l’attrape, c’est la couleur. Avant ce blog était rose et kitsch mais j’ai arrêté parce que je sais que toi, lecteur, tu es censé lire des trucs pour ton boulot et tu auras du mal à faire croire que sur un site tout rose, tu lis une analyse géopolitique de la situation au Kirghizstan. Enfin, moi, je pourrais t’en parler de la révolution citron, nom donné suite à la révolution orange d’Ukraine et la révolution des roses de Géorgie. Moi, la Slavie, c’est mon trip. Mais bon, c’est pas trop le ton du blog donc respire, je t’en parlerai pas. Du coup, j’ai mis un fond bleu, plus discret, mais qui annonce la couleur puisque c’est quand même un lit défait. Donc imaginons que je suis une lectrice lambda et que je tombe sur un blog où 58 gifs animés me sautent à la gueule tandis qu’un mp3 démarre. Là, si je suis au boulot, je ferme DE SUITE la page. Quand je suis chez moi aussi. Parce que les gifs animés à base de chatons, de nounours et de petits cœurs, ça fait un peu « jeune fille de 14 ans qui raconte qu’elle a trop craqué sur Bryan, son camarade de classe mais qu’elle sait pas trop comment lui dire ». Moi, l’adolescence, j’en suis sortie, la mienne m’a amplement suffi. Quant à la musique, non ! Quand je surfe, il m’arrive régulièrement d’écouter MA musique et mine de rien, j’aime pas qu’on m’impose un titre… Surtout que Jorane se marie mal avec Leslie… Si tu veux faire découvrir la musique que tu aimes, envoie les gens sur ta playlist radioblog ou rajoute un module musique qu’on déclenche que si on veut mais n’impose pas, c’est gentil. A propos d’imposer, la pub, c’est pas top. Surtout si elle clignote ! Ca attire l’œil et du coup, on a tendance à soit cliquer dessus, soit fermer la fenêtre. Pas bon !

 

Bon, arrivons au fond, au texte, à ce que vous offrez. Bon, ce qui marche, c’est la BD : lue en 38s chrono, farpait. Sauf qu’il y a des gens, genre moi, qui savent pas dessiner. Donc on écrit. Idéalement, faut pas que l’article soit trop long mais moi, j’aime en faire des tartines (bien que mes articles aient raccourcis, si si ! On est passé de deux pages word bien garnies à un page et demi, voire une page un quart). Oui, j’aime donner des conseils que je suis pas. Alors donc, je disais : l’article. Déjà, que vont voir les gens en premier ? Le titre, bravo, tu es intelligent, lecteur. Enfin, sauf si y a une photo, dans ce cas, c’est ce qui attire l’œil. Mais c’est pareil que pour le titre : faut rester dans le sujet ! Donc, pour le titre, comme je disais dans un précédent article, il y a deux façons de faire : soit du racoleur (« je suis une chaudasse qui pratique fellation et sodomie ») soit du en lien avec l’article. Bon, des fois, je plaide coupable, j’aime bien mettre un titre un peu racoleur mais rien ne sert de vendre du « rêve » (« jeunes salopes nues ») si on parle ensuite de sa collection de timbres. Parce que oui, ça va attirer les googlonautes qui veulent se palucher mais ils reviendront pas. Or la réussite d’un blog, c’est aussi la fidélisation d’un lectorat ! Après, tu as tout à fait le droit de mettre des mots clés hyper recherchés sur la toile si tu en parles vraiment, c’est pas interdit.

 

Après le contenu. Perso, en tant que lectrice, je dirais que l’entame est hyper importante car c’est ce qui me donne envie de continuer à lire… ou pas. Genre une phrase de 20
lignes avec 3 virgules, même pas je vais jusqu’au bout. Bon la question essentielle est : de quoi parler pour me faire bien voir. Fauuuuuuuuux ! Un blog, on le fait d’abord pour soi, faut savoir être égoïste dans la vie. On peut faire un blog sur sa vie ou ses passions, au choix, voire pour le boulot aussi. Bref, peu importe. Mais il faut se faire plaisir. Je pourrais faire un blog foot ou manga, j’aurais pleiiiiiiiin de visiteurs… Mais qu’est-ce que je m’en tape ! Donc dans ce cas, je ferais des articles médiocres et les visiteurs ne feraient que passer, aucun intérêt. Parce que mine de rien, un article qui vient des tripes, qui vient du cœur, ça se sent. Y a pas de règle en soi, on écrit comme on veut (dans le respect de la langue française, quand même) mais si on ne prend pas de plaisir à écrire, le lecteur ne prendra aucun plaisir à lire, c’est garanti. De toute façon, un blog, c’est un investissement de temps et la première personne qui doit en être satisfaite, c’est son auteur !

 

La prochaine fois, je te parlerai des relations publiques et pi tout ça !

Pauvre petite chose

Par Mister BigCertains d’entre vous entendent parler de Mister Big, voient mon nom apparaître de ci de là, et, pour les plus curieux qui ont cliqué sur les archives, je représente aussi quelques rares articles. Le pourquoi du comment de cette présence épisodique est simple : la vie et ses déboires. En ce moment, mon meilleur ami vit une de ces périodes difficile où tout semble s’acharner sur lui. Moi, je l’ai vécu entre septembre 2005 et Janvier 2006. Il me semble vous avoir promis, dans une de mes rares apparitions (qui a dit « j’ai vu la vierge ??? »), de vous raconter le pourquoi du comment. Et bien le voilà.

Prenez un Mister Big heureux en amour, avec un CDI lui permettant de poser le préavis de départ de son appart pour aménager avec son cher et tendre, des zozios qui chantent, le soleil qui brille, etc etc… Ca, c’était moi l’été dernier. Et là, cruel comme un enfant qui arrache ses ailes à une mouche pour voir combien de temps elle va survivre sans, le destin a décidé que j’étais trop gâté depuis trop longtemps et m’a fait payé mon bonheur au prix fort.

Premier acte : je te quitte. Pour moi, le vent a tourné le temps d’un WE. J’étais casé, suffisamment alcoolique pour sortir presque tous les WE avec Gauthier, le reste du temps partagé entre son boulot et l’homme que j’aimais, et tout semblait parfait. Fin octobre, je devais quitter ma coloc pour me créer un nid douillet avec mon homme. Et là, à la mi-septembre, sans crier gare, en rentrant d’une journée passée avec des amis, voilà que j’entends un « je ne t’aime plus, ça peut plus durer comme ça ». Un coup de vent sur un château de carte, et vlan, plus rien ! J’étais largué. Lui, le lendemain, prenait le train pour rentrer chez papa-maman et me laissait seul avec un préavis pour nulle part et un hébètement sans fin face à ce qui me tombait sur la gueule. Bon, vous me direz, on se fait tous larguer. Avoir son univers entier qui s’effondre, c’est probablement arrivé à tous ceux qui lisent ces lignes, on y survit. Ca, je suis d’accord avec vous. Mais ce n’était que le premier acte.

Acte deux : tu m’passes ton portable ? Environ 15 jours après m’être fait méchamment lourdé, Gauthier me sort un vendredi soir et on noie nos pensées dans la vodka, mère au sein si réconfortant quand tout va de travers… 5h du mat : faudrait que je rentre, je bosse à midi (hé oui, même le samedi !) Qu’à cela ne tienne : je vais rentrer à pieds, 20 minutes de marche, ça va me dégriser. Je bise tout le monde et hop ! Je décolle… je fais 100mètres, et là, au rond point, une voiture s’arrête, un jeune homme d’obédience nord-africaine (oui, on appelle ça du politiquement correcte, car si j’avais dit un reubeu, on m’aurait traité de raciste ! mais j’y peux rien, moi, si je me suis po fait agressé par un suédois !!!) descend du coté passager et m’apostrophe en me disant « ma voiture est tombée en panne ! Tu peux me passer ton portable ? » « heu… j’ai plus de forfait, désolé ! » D’habitude, ça suffit pour que le type me lâche. Ben pas ce coup-là !  Il continue à m’importuner, moi j’avance, puis d’un coup, je sens une main sur mon épaule gauche genre « tu vas me regarder que tu le veuilles ou pas ! », je tourne légèrement la tête, et, sûrement soucieux que ma coupe de cheveux tienne en place, le type me pulvérise une grande giclée de laque ! Sauf que la laque, c’était une bombe lacrymo, et que c’est pas mes cheveux qui étaient visés, mais mes yeux. Et il avait bien calculé son coup : il me l’a collé à deux centimètres de l’œil gauche et m’en a pulvérisé sur toute la gueule ! Mais pas de chance, suis pas un pédé, moi ! La surprise passée, je me retourne et je lui lance un « t’avais bien calculé ton coup, connard ! » Enfin… courageux, mais pas téméraire, le gars ! Il était déjà en train de courir à toutes jambes pour retourner retrouver son pote dans la voiture soit disant en panne ! Tout fout le camp ! Il m’agresse et oublie même d’essayer de me faucher mon portable que je tiens pourtant dans la main ! Bref… il aura fallu 8 à 10 secondes pour que la lacrymo commence à faire effet, mais après, elle a pas fait semblant de brûler ! Heureusement pour moi, la mère d’un pote habitait la rue d’à coté, donc j’ai foncé chez elle, je l’ai réveillé et j’ai rincé tout ça ! Aucune de mes lentilles n’avaient disparu, mes yeux allaient mieux, et le lendemain, me suis réveillé avec le plus merveilleux peeling qui ne m’ait jamais été fait ! En un mois, je me retrouve largué puis agressé. Ca commence bien.

Acte trois : Toit et moi. Entre toutes ces émotions (car, en plus de ça, mon ex m’a joué pendant presque deux mois le grand jeu du « je sais plus si je sais que je sais pas si je sais vraiment si j’aurais pas mieux fait de savoir avant car au final je me demande si je t’aime pas toujours ») et mon boulot, me voilà arrivé à la fin de mon préavis et toujours pas d’appartement en vue ! Premier novembre : Mister Big remplit un garde meuble et amène ses dernières affaires chez la mère du pote qui m’avait recueillit après l’agression. Que cette femme soit canonisée ! Elle m’a hébergé pendant un mois, et ça m’a énormément aidé ! Mais en décembre, elle avait de la famille qui arrivait, je pouvais pas rester. Un copain connaissant mon problème m’avait proposé une colocation provisoire, je bondis donc sur l’occasion : je prends mon baluchon sous le bras et je passe décembre chez lui. Mais là aussi, chaque chose a une fin. Début janvier, toujours SDF, j’échoue chez Océane chez qui j’avais déjà dormi quelques WE. Mais, détail intéressant, elle aussi lâchait son appart, donc j’avais jusqu’à la fin janvier pour trouver quelque chose, même une vieille niche pour chien, sinon c’était vraiment la rue ! Chez Emma, je repère quelques offres sympa d’appart sur internet, je visite, je visite, mais rien. Je dois en visiter un dernier. Mais le jour même, on m’appelle une heure avant pour me dire « ben on a pas encore récupéré les clefs, on vous prévient dès qu’on les a ». J’étais en deuxième position pour le visiter. Je vais à l’endroit, je regarde l’immeuble, et, me sentant aculé, je décide de prendre le susdit appart sans même l’avoir visité, vu que je n’étais pas prioritaire pour le voir et donc le prendre. Je n’avais jamais fait ça de ma vie, mais aux grands maux les grands remèdes : je joue la Causette à l’agence, qui accepte, puis refuse, mais me promet (-craché-juré !) de me le faire visiter en tout tout premier ! Je visite, je signe ! Et voilà comment j’ai enfin mis fin à presque trois mois de SDFisme mondain.

A tout ceci je rajouterai d’importants problèmes d’argent en Novembre, des pressions à mon boulot de merde, Gauthier qui part pour Paris, mon ex qui me tourmente, et même des morpions en décembre, tant qu’à y être. Mis bout à bout, tout ça, ça use, et ça use même beaucoup. J’étais assez souvent dans un état second, j’ai même décompressé une fois au boulot (pour plus de définitions, demandez à Emma, c’est elle l’infirmière psy !), et je lançais même un « qu’est-ce que je serais mieux si j’étais mort » à l’occasion. Heureusement, ceux qui me connaissent vous le diront, j’ai un moral solide et une personnalité assez prononcée pour dire ce genre de chose mais jamais passer à l’acte ! C’était une sorte d’exutoire à mes idées noires. D’ailleurs on riait beaucoup de nos malheurs avec Gauthier à l’époque en les abordant de façon tragi-comique genre « je me suiciderai jamais, mais si un bus avait la bonne idée de perdre le contrôle et de me faucher au passage, ça serait pas une mauvaise idée… » Bref, je ferai pas un « acte quatre » pour tout ça, mais j’ai été à deux doigts de la dépression nerveuse, et c’est bien parce que j’ai une volonté d’acier, un moral à tout épreuve et des gens qui m’entourent que j’ai réussi à dépasser tout ça ! Maintenant, je finis de me reconstruire, que ça soit au niveau de mon cocon à moi (mon appart, en gros !) comme de penser les plaies de mon cœur et de réaliser tout ce qui m’est arrivé en l’espace de quelques mois. Le prochain acte sera de réellement faire quelque chose de ma vie. Dans l’immédiat, je garde mon boulot de merde le temps de finir de me reconstruire (et surtout de tout payer !) et après, je tente de trouver ma voie. Mais ma priorité number one maintenant, c’est d’être égoïste et de ne penser qu’à moi. J’ai toujours pensé aux autres, taché de leur faire plaisir, tout sacrifié pour mon mec, et voilà où ça m’a mené ! Je passe en premier, désormais. Quand je vivrai la vie que je veux vivre, là, je pourrai penser aux autres.

Voilà en gros un aperçu de la vie de Mister Big et de ses petits tracas. Présentations et explications faites, je vais enfin pouvoir plus participer à ce blog !

L’’amour fait souffrir, pas le sexe

L’autre soir, je glandais devant une émission qui m’exaspère : Paris Dernière. Je lui consacrerai un article du
dimanche plus tard. En gros, le principe de l’émission : le présentateur, Frédéric Taddéï, filme les nuits parisiennes avec sa caméra numérique, c’est brut, à peine monté, à peine intelligible, aussi. Il erre dans les hauts lieux de la nuit parisienne et retrouve plein de « stars ». Curieusement, je l’ai jamais vu entrer dans le PMU du coin mais passons.

 
Un soir, M. Taddéï entre dans un café et trouve une femme de type hispanique dont je n’ai pas vu le nom et c’est bien dommage car je l’ai trouvée très intéressante. Cette femme est écrivaine et vient d’Argentine ou de Colombie, je ne sais plus trop, elle est très belle et parle beaucoup de sexe dans ses ouvrages si j’ai bien compris. D’ailleurs, lecteur, si tu vois de qui je parle, merci de me le dire, ça me fera plaisir. Donc au début, je souris : encore une de ses écrivains pseudo libertins que Tadéï fréquente et qui vont finir par se montrer ridicule. Et bien pas du tout. D’abord, je suis charmée par son accent et sa voix très douce, son discours est assez amusant. Puis Taddéï l’entraîne dans la rue, ils vont voir des artistes de rue au pied de Beaubourg puis à un moment, elle dit : « Tu vois, on ne peut jamais souffrir par le sexe alors qu’on souffre toujours par l’amour ». Pour une fois, cette émission aura produit une phrase intelligente.
 
Que de cœurs brisés
En ce moment, je rencontre surtout des hommes qui ont beaucoup souffert à cause d’une (ou plusieurs) femme(s). J’ai toujours du mal avec les gens qui souffrent, j’ai toujours envie de les sortir de là mais je ne sais pas forcément comment m’y prendre… Mais dès que je vois un petit cœur abîmé, c’est plus fort que moi, faut que j’agisse. Et je ne console pas que les hommes. Je me souviens avoir passé une demi-heure sur un banc de ma future ville (ouais, j’étais encore Toulousaine, en transit) à consoler Anne et à la persuader que ce connard qui la fait pleurer ne mérite pas tant de peine. Non parce que c’était vraiment un connard, un du genre égoïste qui ne peut pas vous aimer puisqu’il n’aime que lui, de toute façon. Actuellement, pendant que je rédige cet article, je discute avec Guillaume (mon ex) de ses peines de cœur et j’en apprends de belle, d’ailleurs ! Et moi de lui dire que ça va aller, de profiter de la vie… Après tout, je dois être à peu près la seule personne de ma connaissance à ne pas avoir vécu une rupture très difficile…
 
J’ai vu ma sœur Alice perdre 13 kilos en un mois quand Anthony l’a quittée il y a trois ans. Je crois que ce fut la période de ma vie où je fus le plus proche de ma sœur, on s’appelait quotidiennement, elle voulait mon avis sur Anthony et sa nouvelle pouffe (non mais qu’est-ce qu’elle était fade, il avait vraiment pété un boulon, quitter ma sœur pour cet espèce
d’engin anorexique, beurk !). Sauf que moi, je ne suis pas du tout experte en « je veux récupérer mon ex » puisque je n’ai jamais voulu en récupérer un. Quand c’est fini, c’est fini. Il faut savoir tourner la page et je m’arrange pour le faire assez vite mais d’autres ont du mal, la douleur reste vive. Et plus les gens se sont investis dans la relation et plus ça fait
mal. Chaque fois, je me dis qu’ils n’ont pas mérité ça, qu’ils sont tombés sur des connards (ou connasses) qui ne les méritaient pas. Des fois, je leur dis, ils me croient ou pas mais ça console pas. Et quelque part, ça m’énerve de les voir pleurer pour des gens qui ne le méritent pas mais c’est toujours facile à dire quand on est hors de l’histoire.
 
Pas de pénis ou de vagins brisés (ou c’est vraiment pas de chance)
L’avantage avec les histoires purement sexuelles, c’est qu’on ne donne à l’autre que tendresse et affection (ce qui est déjà pas mal, me diras-tu). Au vu de mes deux dernières relations de ce type, je sais qu’on peut avoir une réelle complicité au-delà du sexe mais ce n’est pas pour autant que je vais donner mon cœur si facilement. Comme j’expliquais l’autre jour sur MSN à quelqu’un, je m’emballe vite mais je mets du temps à aimer. Exemple : Arnaud, je me suis vite emballée mais, Dieu Merci, je ne suis pas tombée amoureuse. Le plan brouette, quand il se passe bien, permet d’avoir ma dose de tendresse et d’affection, je peux m’endormir dans les bras chaleureux d’un homme sans me poser les terribles questions : « M’aime-t-il ? Ets-il sincère avec moi ou ne suis-je qu’un vagin ambulant ? Plaira-t-il à mes parents ? Est-ce qu’il va arrêter de ronfler avant que je lui file un coup de pied ? ». Non, je m’endors juste avec la dernière question en tête parce que pas mal d’hommes ronflent, quand même… Et puis quand on voit les quelques connards que j’ai croisés sur ma route récemment, on se dit que j’ai bien fait de pas tomber amoureuse d’eux. Sinon Gauthier aurait eu beaucoup de travail pour rafistoler mon petit cœur.
 
Pourquoi faut-il être deux pour être heureux ?
Pourquoi ne pas contenter de ces relations sexuelles puisque elles sont non seulement agréables mais qu’elles nous permettent d’avoir notre dose de câlins plus ou moins coquins ? Pourquoi faut-il qu’on soit accro à l’amour ? D’où vient cette nécessité de construire quelque chose à deux ? Et si j’arrêtais mes questions rhétoriques ?
 
Hé oui, l’amour est une drogue : on est dans un état euphorique tant qu’on en prend mais si on doit se sevrer, c’est particulièrement difficile. Si je repense à mes belles années avec Guillaume, quand tout allait merveilleusement bien entre nous, on ne pouvait pas se passer l’un de l’autre. En fait, Guillaume, il m’a trouvée à la fac (car il faut dire ce qui est,
c’est lui qui m’a trouvée, moi, je ne l’avais pas vu. Le seul mec que j’ai jamais repéré au RU, c’était un beau brun aux yeux verts sans doute gay, on aurait dit un ange) et on passait nos journées ensemble. Du matin 8h30 (dire que je me levais si tôt à l’époque !) au soir 17h30, main dans la main, séparés uniquement par mes cours que j’ai beaucoup séchés, avouons-le. Au bout d’un an, nous avons dû affronter l’hostilités de pétasses malveillantes qui ne supportaient pas notre bonheur : « ah mais Nina et Guillaume, quand ils s’embrassent, ça nuit à ma liberté » (ça, c’est véridique, y en a une qui a vraiment dit ça, la même qui, l’année suivante, se faisait lécher la pilule par un mec devant les amphis d’histoire). Puis il y a eu l’épisode Fabien dont je parlerai bientôt qui a un peu menacé notre couple avant qu’on se retrouve. Quand j’étais avec lui, j’étais belle. Tout le monde me le disait, filles comme garçons et ça me faisait un peu bizarre, je suis pas habituée… On ne vivait pas ensemble mais presque, il passait tout son temps chez moi et je ne supportais pas qu’il s’en aille.
 
C’était agréable de ne jamais être seule, dans les bons et les mauvais moments. Je crois que Guillaume est le seul à m’avoir vue pleurer sans la moindre retenue, ce que j’ai beaucoup de mal à faire en temps normal. Pour moi, pleurer est une marque de faiblesse et je ne veux pas me montrer sous ce jour-là. Je sais, c’est con mais je ne pleure en public que pour les enterrements et encore. Avec Guillaume, c’était facile, je pouvais me laisser aller. C’est le seul à avoir réussi à me faire pleurer de joie, véritablement, dans un restaurant (je lui ai foutu la honte au passage). Premier anniversaire de notre relation, on se fait un resto. Il ne va pas bien du tout car on évolue dans une ambiance pourrie et son meilleur ami lui a mis les points sur les i à cause d’une histoire ridicule qui m’a profondément énervée (en gros, la copine du meilleur ami a léché l’oreille de Guillaume et le meilleur ami en question en a voulu à Guillaume d’avoir dit : « Hé, elle m’a léché l’oreille ! ». Mais mon avis dans l’histoire, tout le monde s’en foutait parce qu’il me semble que la personne qui devait être outrée là-dedans, c’était moi). Bref, j’aurais eu le meilleur ami en face de moi, je lui en aurais collée une pour avoir choisi pile le jour de notre anniversaire pour faire son caca mou. Donc ambiance un peu morose, j’essaie de lui remonter le moral en taillant un costard pas possible à son pote que je n’ai jamais beaucoup aimé, de toute façon… Il faut savoir qu’après la rupture, alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps, une brusque illumination m’a soudain consolée : je ne verrai plus certains de ses potes. Je m’égare ! Donc, on parle et puis tout à coup, il commence à me sortir des circonvolutions alambiquées. Oui, il faut savoir que Guillaume est le genre de mec incapable d’aller à l’essentiel. Donc, il parle, il parle, je fronce les sourcils en me demandant où il voulait bien en venir et là, je comprends (enfin) qu’il est en train de m’expliquer qu’il m’aime et comment il s’en est rendu compte. Donc, il me lâche « je t’aime ». Ma réponse : « Mais je le savais, c’est pas parce que tu le disais pas que… bouhouhou ! » ET me voilà à pleurer comme une fontaine sans trop comprendre pourquoi, les gens nous regardent bizarres et Guillaume me demande gentiment d’arrêter parce que nos voisins pensent qu’il vient de me plaquer.
 
Bref quatre ans et demi de sourires et de larmes, de haut et de bas, de discussions au beau milieu de la nuit pour savoir comment on appellerait nos enfants. A envisager notre avenir à deux. Puis j’ai évolué, lui non et c’est peut-être là que le bât a blessé, je ne sais pas. De « je te suivrai où tu iras », il m’a dit : « je n’ai pas envie de partir vivre à Lille ou à Strasbourg ». En gros, la seule ville où il me suivait, c’était Toulouse, là où nous étions déjà. Bref, à force de s’éloigner l’un de l’autre, on a fini par se perdre. Mais Guillaume sera toujours le premier, le seul pour l’instant, que j’ai aimé et à qui j’ai dit je t’aime en le pensant.
 
Franchement, être en couple, c’est dur, et je ne me sens pas actuellement le courage de relever le défi. C’est très exaltant de construire quelque chose à deux, j’en conviens, de faire confiance en un autre au point de se livrer à lui sans masque ni artifice. Mais ma dernière tentative a été à tel point infructueuse (je parle d’Arnaud, là) que, pour l’heure, je préfère me contenter de mes sympathiques brouettes. Au moins, là, je ne souffre pas et, je l’espère, je ne fais souffrir personne. Et puis comme ça, je multiplie les expériences pour ne rien regretter plus tard. Moi je dis : « vive la brouette ! »

Pensée de vingtenaire

Par Anne

Le célibat à 25 ans
Une chose est sûre, en ce qui me concerne, ce n’est pas un choix mais un manque d’occasion ,car si elle s’était présentée je l’aurais chopée au vol  avant qu’elle ne m’échappe. C’est bien la seule chose dont je sois sûre car aux autres questions existentielles qui apparraissent chaque jour, je ne connais pas vraiment la réponse:

-Suis-je une espèce née pour être/ vivre seule?

-Est-ce que je suis trop…bizarre/instable/ immature/ indépendante/ égoiste/ exigeante… ?

-Vais-je trouver un jour quelqu’un avec qui partager sinon ma route, au moins un bout.

-Est-ce que je ne mérite pas de trouver quelqu’un?

 

Et les questions de comparaison avec les gens en couple:

-Comment font les autres pour y arriver? (ça semble si facile!)

-Quelle est la différence entre elle et moi, en quoi suis-je diférente des autres femmes?

Le temps de se poser toutes ces questions et j’ai pris 5 ans dans la gueule!

Je ne suis pas ce que je pensais que je serai il y a 10 ans de ça. A part le job (merci ma bonne étoile) je n’ai pas la maison, le jardin ni le poulallier, ni le mari qui passe la tondeuse, ni le gosse qui laisse trainer ses jouets pouet pouet dans toutes les pièces de la maison. Je me contente de mon 30m², je supporte mes voisins bruyants, la rue qui bourdonne 20h sur 24h. Mais je ne lâcherai mon appart pour rien (sauf pour la maison et le reste). Ici est ma vie. La ville. Mes amis, les innombrables terrasses de café, les cinés, les théâtres, les indénombrables magasins, le bord de l’eau et les tam-tam, les glaces d’Octave, la salsa… je ne sais pas si je pourrais échanger tout ça, tout de suite, plus tard,oui, quand on sera toutes et tous (les vagins d’abord) casés, la routine et qu’on n’aura plus le temps de rien faire.

Il y a un temps pour tout, je m’en fous de ressembler à une barrique pendant 9 mois, de crier, de pleurer pour délivrer un colis de 4 kg auquel je changerais des milliers de couches au cours de ses 2 ou 3 premières années, qui ne voudra plus me faire de bisous à partir de 8 ans et qui me fera la gueule de 12 à 18 ans, qu’est-ce que c’est à côté de l’emerveillement de le voir et de le faire grandir, de lui donner de l’amour, les petites choses de la vie qui nous font sourire à un moment inattendu, est-ce que ça ne vaut pas un bon film, une vodka coca en terrasse, des commérages de langues de vipère ou encore une soirée en boite?

Peut-on trouver le temps d’être à la fois maman, épouse (ou concubine quoi), femme et copine?